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dimanche 14 juin 2026

La FIFA, l’organisation sportive la plus puissante du monde !

 

La Fifa est perçue comme une machine à générer des milliards de dollars. Mais ça n’est pas le cas, et ce, en raison d’un élément essentiel : le modèle financier de la FIFA fonctionne par cycles de quatre ans, centrés autour de la Coupe du monde. Et dans ce modèle, les années sans tournoi mondial sont presque toujours déficitaires.

Un bénéfice net par année ou par cycle ?

Les états financiers récents de la FIFA montrent des pertes de plusieurs millions de dollars US en 2023 (390 M$), en 2024 (616 M$) et en 2025 (248 M$), soit des pertes cumulatives pour ces trois années de 1 254 millions.


François Brouard, Author provided (no reuse)


Ainsi, les années qui précèdent la Coupe de monde sont marquées par des produits limités, car les contrats majeurs se concrétisent surtout l’année du tournoi mondial, par des investissements massifs pour les activités liées au football et à son développement ainsi qu’à des dépenses administratives récurrentes.

Mais en extrapolant sur les résultats de l’année 2022, celle de la Coupe du monde au Qatar, l’année 2026 devrait être profitable avec la tenue du tournoi mondial, qui se déroule en partie au Canada. On parle de plus d’un milliard de dollars de bénéfice net sur le cycle de quatre ans en utilisant l’année 2022 au lieu de 2026.

Les très rentables Coupe du monde

La FIFA tire l’essentiel de ses revenus de la Coupe du monde. Par exemple, en 2025, les droits de retransmission télévisée ont généré un revenu d’un milliard de dollars, comparativement à près de trois milliards en 2022, année du tournoi au Qatar. Même tendance pour les droits marketing (un milliard comparativement à près de 1,5 milliard en 2022), pour les droits d’exploitation de licence (97 millions comparativement à plus de 270 millions en 2022), pour les produits des droits d’hospitalité et de la billetterie (410 millions contre près d’un milliard en 2022).

Le même scénario est attendu pour 2026, en mieux. On s’attend à plus de 10,9 milliards de dollars de revenus, un sommet historique. Cela se compare avantageusement avec les sept milliards de revenus du tournoi mondial au Qatar en 2022 et avec le 5,3 milliards de celui en Russie en 2018.

Cette Coupe du monde 2026, qui sera la plus vaste et la plus lucrative de l’histoire, marque un tournant majeur. Organisée conjointement par le Canada, le Mexique et les États‑Unis, elle est soutenue par un marché nord‑américain extrêmement lucratif. Elle sera la plus grande de l’histoire, avec une expansion à 48 équipes (contre 32 pour les précédentes) et 104 parties (contre 64 en 2022). Elle aura une visibilité mondiale sans précédent.

Les actifs de la FIFA : un coussin solide

Même en période déficitaire, la FIFA reste loin d’être en difficulté.

Elle bénéficie d’une trésorerie solide, conçue pour absorber les fluctuations du cycle. Elle a des actifs financiers importants, des réserves stratégiques, et des investissements diversifiés dans le développement du football mondial.


François Brouard, Author provided (no reuse)

Au 31 décembre 2025, la trésorerie et les équivalents de trésorerie sont de plus d’un milliard de dollars, avec 974 millions en encaisse et comptes bancaires et plus de 206 millions en dépôt à terme inférieurs à 3 mois.

Les actifs financiers totalisent plus de cinq milliards de dollars, dont 3,3 milliards en actifs courants et 2,4 milliards en actifs non courants. Ce type d’actifs comprend des titres de créances, des dépôts, des fonds de placement, des fonds du marché monétaire, des placements en actions et des prêts.

Les réserves stratégiques totalisent près de 2,7 milliards de dollars et comprennent le capital de l’association pour plus de quatre millions et des réserves spéciales aux fins des objectifs statutaires de la FIFA et du football de clubs, pour plus de 2,5 milliards.

Ces actifs et réserves sont justement prévus pour absorber les années déficitaires et garantir la stabilité financière de l’organisation. Ils jouent un rôle essentiel en permettant de maintenir les opérations courantes, de respecter les engagements à long terme et de préserver la capacité d’investissement, même lorsque les revenus fluctuent.

En constituant un coussin financier solide, l’organisation se protège contre les imprévus et assure la continuité de ses services sans compromettre sa mission. On pourrait même s’interroger si le coussin est trop confortable.

Une stratégie long terme maîtrisée

Ainsi, les pertes enregistrées par la FIFA de 2023 à 2025 ne doivent pas être perçues comme un signe de faiblesse, mais plutôt comme une conséquence logique et attendue de son modèle financier.

L’organisation fonctionne selon un cycle quadriennal où les années précédant la Coupe du monde sont traditionnellement déficitaires, en raison des investissements massifs nécessaires à la préparation du tournoi, au développement des infrastructures, au soutien des fédérations membres et au financement de programmes mondiaux.

Ainsi, selon les projections, la FIFA devrait enregistrer plus d’un milliard de dollars de bénéfice net sur le cycle de quatre années 2023‑2026, confirmant la solidité de son modèle économique.

Grâce à des actifs solides, des réserves financières importantes et une capacité d’investissement soutenue, la FIFA demeure l’une des organisations sportives les plus puissantes au monde. Son modèle, fondé sur des cycles d’investissement et de rendement, lui permet non seulement d’assurer sa stabilité financière, mais aussi de continuer à soutenir le développement du football à l’échelle mondiale.

En ce sens, les déficits temporaires ne sont pas un signal d’alerte, mais la preuve d’une stratégie long terme maîtrisée, qui continue de renforcer la position dominante du football sur la scène sportive et économique internationale.

Francois Brouard

mondafrique.com