Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies, vidéos ou articles d'auteurs d'attentats, afin d'éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est les combattre !

mardi 13 novembre 2018

Affaire Khashoggi: le contenu des valises des tueurs




Des seringues, des défibrillateurs ou encore des talkies-walkies : le quotidien proche du pouvoir turc Sabah a publié mardi des images révélant selon lui le contenu des valises de l'équipe envoyée d'Arabie saoudite pour tuer le journaliste Jamal Khashoggi.

La diffusion de ces images survient au lendemain de la publication d'un article du New York Times décrivant le contenu d'un enregistrement audio dans lequel l'un des responsables du meurtre demande à un interlocuteur au téléphone de «dire à son patron» que l'opération était terminée.

Le nom du «patron» n'est pas donné, mais selon le quotidien, des responsables des services de renseignement américains estiment qu'il s'agit du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Les images publiées par Sabah mardi correspondent au scan des valises des personnes reparties à bord des vols privés.

Elles contenaient, selon le quotidien progouvernemental, 10 téléphones, 5 talkies-walkies, deux seringues, deux défibrillateurs, un appareil brouilleur, trois grosses agrafeuses et un objet coupant ressemblant à un bistouri.

Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé les «plus hauts niveaux du gouvernement saoudien» d'avoir commandité cette opération, a confirmé samedi l'existence d'un enregistrement du meurtre, qu'il dit avoir partagé avec Washington, Ryad, Paris, Berlin et Londres.

«Cet enregistrement est épouvantable. Même un membre du renseignement saoudien a été si choqué qu'il a dit en l'écoutant: «Il doit avoir pris de l'héroïne, seul quelqu'un qui est sous héroïne peut faire cela»», a déclaré le chef de l'Etat turc à des journalistes à bord de l'avion le ramenant de Paris où il se trouvait ce week-end, selon Sabah.

AFP

Affaire Grégory : le livre de Murielle Bolle contient des "attaques calomnieuses" et des "mensonges"


L'ouvrage «Briser le silence», dans lequel Murielle Bolle dit révéler la vérité, 34 ans après le drame de l'affaire Grégory, est en vente depuis quelques jours. Cet ouvrage, écrit avec la romancière Pauline Guéna, ainsi que les interviews données dans le cadre de sa promotion «arrivent opportunément pour leurs auteurs au moment où le Conseil constitutionnel doit se prononcer (...) sur la garde à vue et les dépositions de Murielle Bolle de 1984», estime le colonel de gendarmerie à la retraite Etienne Sesmat dans un communiqué.

Âgée de 15 ans à l'époque des faits, Murielle Bolle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche d'avoir enlevé Grégory Villemin avant de se rétracter. Une volte-face, toujours au cœur de l'affaire. «En tant qu'ancien responsable des enquêteurs visés par les attaques calomnieuses et les mensonges qui jalonnent cet ouvrage, je tiens à officiellement et fortement dénoncer cette basse manœuvre», écrit l'ex-militaire.

Quand ils l'interrogent en 1984, affirme Murielle Bolle dans son récit, les gendarmes la traitent de «menteuse», la menacent d'aller «en maison de correction». Persuadée qu'ils sont «tout-puissants», elle finit par «lâcher» des oui et des non, «en fonction de ce qu'ils veulent», écrivent les auteurs. Le colonel Sesmat assure au contraire que «les plus grandes précautions avaient été prises pour entendre la jeune Murielle et recueillir ses révélations» et «s'assurer de son bien-être psychologique», poursuit-il.

«Je ne peux pas admettre ni supporter que les gendarmes soient présentés comme des gens sans honneur ni morale, extorquant par la menace et les intimidations violentes les révélations d'une gamine de 15 ans», ajoute le gendarme à la retraite. Évoquant la tentative de suicide de Murielle Bolle, il affirme encore que, selon lui, elle n'a pas attenté à ses jours après l'assassinat de Bernard Laroche par le père de Grégory fin mars 1985, comme indiqué dans le livre, mais le 5 novembre 1985, jour de l'incarcération de son beau-frère.

En juin 2017, Murielle Bolle a été mise en examen pour le rapt mortel de Grégory, tout comme Jacqueline et Marcel Jacob, grand-tante et grand-oncle de l'enfant, et incarcérée pendant 38 jours. «À 48 ans. Alors que je suis grand-mère», dit-elle dans son livre. Ces mises en examen ont été annulées en avril pour des questions de procédure. Le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité à l'initiative de ses avocats, dira le 16 novembre si ses droits fondamentaux ont été respectés lors de sa garde à vue.

lundi 12 novembre 2018

Projet d’attentat contre Emmanuel Macron : quelques questions


Les quatre suspects dans l’affaire du projet d’attaque visant Emmanuel Macron sont passés aux aveux lors de leur garde à vue à la DGSI, nous apprend notamment France 2. Les quatre hommes ont détaillé le plan que Jean-Pierre B., le meneur présumé, avait prévu pour attaquer au couteau le président de la République, mercredi 7 novembre, durant les commémorations du 11 Novembre à Charleville-Mézières (Ardennes). À partir de ce que France 2 rapporte, j’ai essayé, avec le peu d’éléments que nous possédons, d’explorer le sujet et de me poser, comme enquêteur, les bonnes questions relatives à cette tentative.

La première porte sur le personnage central, un certain Jean Pierre B.. Il anime une page Facebook : « Les Barjols 38 ». Or, en argot, les barjols, ou barjots, sont des personnes farfelues, folles, qui ont l’habitude de prendre des risques, de faire des choses dangereuses. Avouer que prendre un tel pseudo en projetant de perpétrer une action violente, c’est envoyer un message lumineux à la DGSI.

Sur cette page, peu d’écrits, rien depuis le 6 octobre (peut-être effacés par les services). Par contre, le 3 septembre, un long texte loufoque dans lequel franceinfo a extrait cette phrase révélatrice : « Je cherche des patriotes, des vrais, pas des figurants. » Un vrai James Bond, ce JP. Quelques phrases plus loin, il explique : « Je vous laisse une semaine pour m envoyer un message en mp ( message privé ) à la suite de cela. Je procèderais à un nettoyage de cette page […]. » Voilà un apprenti terroriste qui communique avec ses affidés « secrètement » en message privé et même par téléphone (dixit France 2). Autant passer par les petites annonces, c’est plus simple.

Il y a une autre phrase, du 11 juillet, celle-ci, que la radio n’a pas révélée. Le mis en examen y indique : « Pourquoi vouloir verser le sang alors que nous sommes capables de changer notre pays uniquement par solidarité ? »

Alors, Jean-Pierre B. cache-t-il son jeu ou a-t-il changé de mode d’action ? Mystère.

Autre question suscitée par une information communiquée par l’AFP : « Lundi, tout s’accélère. Jean-Pierre B. prend la route avec un autre homme pour rejoindre Bouzonville, en Moselle. Dans cette commune de 3.500 habitants proche de Charleville-Mézières, ils retrouvent deux autres complices et passent la nuit à leur domicile. » Pourquoi ne pas agir en solo ? Pourquoi faire venir un homme de plus alors qu’une seule action est programmée ? C’est absurde car cela entraîne automatiquement l’inculpation du deuxième individu. De plus, voilà deux touristes qui, au lieu de dormir sous de faux noms dans un endroit discret (sous tente, dans un hôtel, dans un gîte), vont faire étape chez deux complices, matérialisant ainsi l’implication de ceux-ci.

Dernière question, celle sur le couteau. D’après France 2, « un couteau en céramique a été retrouvé dans sa voiture, il devait l’utiliser le jour même pour poignarder le Président lors de son bain de foule ». Or, impossible de poignarder avec un couteau en céramique : on ne peut que couper ou trancher. De plus, ces couteaux sont réalisés pour couper des choses non dures comme fruits ou légumes, car étant d’une grande fragilité, le moindre choc les brise. Enfin, Jean-Pierre B. aurait eu l’intention d’utiliser ce type d’ustensile non métallique pour tromper la détection du portique. Or, pour un bain de foule à l’extérieur, il n’est jamais prévu de portique, sauf cas exceptionnel.

En conclusion, soit ces terroristes sont des pieds nickelés, soit (plus inquiétant) ils ont pu être manipulés. Quant à dire que la vie du président de la République a été vraiment en danger, c’est une autre question…

J.-P. Fabre Bernadac
Ancien officier de Gendarmerie
Diplômé de criminologie et de criminalistique

dimanche 11 novembre 2018

Affaire Khashoggi : le corps jeté dans les canalisations après avoir été dissous


Les meurtriers du journaliste Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat saoudien d'Istanbul, se sont débarrassés de son corps en le jetant dans des canalisations après l'avoir dissous dans de l'acide, a rapporté samedi le quotidien turc Sabah.

L'examen des prélèvements effectués dans les canalisations de la résidence du consul saoudien à Istanbul a permis de détecter des traces d'acide, écrit le quotidien progouvernemental sans citer de sources.

Les enquêteurs estiment que le corps de l'éditorialiste critique du pouvoir de Ryad a été dissous dans de l'acide et qu'une fois une consistance assez liquide obtenue, les auteurs du crime l'ont déversé dans les canalisations, poursuit Sabah.

Parallèlement, le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé samedi l'existence d'enregistrements portant sur le meurtre, affirmant les avoir partagé notamment avec Ryad, Washington et Paris.

"Nous avons donné les enregistrements, nous les avons donnés à l'Arabie saoudite, nous les avons donnés à Washington, aux Allemands, aux Français, aux Anglais", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse télévisée. La présidence a ensuite précisé que les enregistrements ont été écoutés, mais qu'aucun document écrit n'a été partagé.

De son côté, un haut responsable turc a affirmé lundi, sous couvert de l'anonymat, que des "nettoyeurs" saoudiens, dont un chimiste et un expert en toxicologie, ont été envoyés à Istanbul pour effacer les preuves du meurtre du journaliste.

Avant que la dissolution du corps ne soit évoquée, les enquêteurs turcs ont examiné plusieurs pistes, fouillant notamment, outre le consulat et la résidence du consul toute proche, une vaste forêt située à la lisière d'Istanbul.

Sur Twitter, la fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, s'est dite "incapable d'exprimer (son) chagrin d'apprendre que (le corps de Khashoggi) a été dissous".

"Ils t'ont tué et ont découpé ton corps, nous privant, moi et ta famille, de conduire une prière mortuaire et de t'enterrer à Médine comme souhaité", a-t-elle ajouté, dans un message publié jeudi en arabe, en turc et en anglais.

ATS

mercredi 7 novembre 2018

80 Go de données sur le nucléaire français ont été piratées…


Une enquête menée par le Monde a révélé en juin dernier que deux sites nucléaires français, la centrale de Fessenheim et le site d’enfouissement des déchets de Bure, avaient été la cible d’un piratage d’envergure. Malgré la mobilisation d’importants moyens, ses auteurs n’ont toujours pas été identifiés.

Courant juin 2018, 80 giga-octets de données confidentielles en lien avec le site d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo de Bure (Meuse) et la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) dérobés sur les serveurs de la société Ingérop, un groupe d’ingénierie technique impliqué dans le projet polémique Cigéo, étaient dévoilés par un mystérieux groupe de hackers. Ces derniers avaient pris soin d’avertir les employés de l’entreprise du piratage quelques jours avant que les données confidentielles ne soient mises en ligne sur un blog intitulé « Les Monstres de Cigéo ».

Pour rappel, le projet Cigéo vise à enfouir à environ 500 mètres de profondeur les déchets radioactifs les plus dangereux du parc nucléaire français, ce qui suscite évidemment l’indignation de nombreuses organisations environnementales et lanceurs d’alerte, qui estiment que les risques pour la santé humaine et l’environnement sont largement sous-estimés par les pouvoirs publics et les entreprises impliquées dans ce projet d’envergure. En septembre dernier, le gouvernement a lancé une consultation publique portant notamment sur la gestion des déchets radioactifs.

Les données piratées concernaient non seulement les deux sites nucléaires de l’est de la France, mais également plusieurs centres pénitentiaires français. Selon le Monde, il s’agissait majoritairement d’éléments « confidentiels, mais pas si sensibles », puisque les plans précisant l’emplacement de caméras de vidéosurveillance dans plusieurs prisons avait été réalisés dans le cadre d’un appel non remporté par Ingérop. Toutefois, les leaks incluaient également un fichier listant les parcelles concernées par le projet Cigéo et le nom de leurs exploitants accompagnés des mentions « maitrisé », « maîtrisable » ou « difficile à maîtriser », ce qui s’apparente pour certains à du fichage.

En dépit des enquêtes menées conjointement par la section du Parquet de Paris spécialisée sur la cybercriminalité et celui de Cologne, les auteurs de ce piratage d’envergure n’ont pour l’heure toujours pas été identifiés. Selon l’enquête du Monde, les documents en question auraient été dérobés bien avant juin 2018, et le directeur scientifique d’Ingérop estime que l’attaque « était d’un certain niveau sans être exceptionnelle » et ne serait pas nécessairement l’œuvre des « Monstres de Cigéo ».

Yann Contegat

lundi 5 novembre 2018

Football Leaks: les liens troubles entre un procureur valaisan et Gianni Infantino


Les nouvelles révélations des "Football Leaks" embarrassent un procureur valaisan et le Ministère public de la Confédération. Il aurait notamment obtenu un rendez-vous et des informations internes en faveur du président de la FIFA Gianni Infantino.

A force de voir le destin de la FIFA lié à celui du Haut-Valais, il n'est pas très étonnant de voir Brigue apparaître comme un des épicentres d'une enquête menée tout d'abord par le Spiegel en Allemagne et reprise notamment en Suisse par les journaux de Tamedia. On y découvre trois Hauts-Valaisans en train de se rendre mutuellement service.

Au centre de cette triangulation, Gianni Infantino, successeur de Sepp Blatter à la FIFA.

En 2016, alors qu'il vient d'être élu, il craint d'être éclaboussé par une perquisition du Ministère public de la Confédération (MPC) au siège de l'UEFA à Nyon, son ancien employeur. C'est là qu'entre en scène un ami de jeunesse de Brigue, le procureur Rinaldo Arnold. Dans un e-mail daté d'avril 2016, le magistrat valaisan indique à son ami "Gianni" qu'il peut l'aider: "Si tu veux, je peux essayer de faire en sorte que le MPC diffuse un communiqué de presse qui expliquerait qu'il n'y pas de procédure contre toi".

Des informations internes au MPC

Selon le Spiegel, le procureur haut-valaisan a obtenu des informations internes de la part du chef de la communication du MPC, André Marty, un autre Haut-Valaisan. Rinaldo Arnold écrit notamment à Gianni Infantino :"André m'a aussi dit qu'il va y avoir une réunion dans les prochains jours entre le Ministère public de la Confédération et la FIFA…".

Rinaldo Arnold conteste avoir usé de sa fonction dans ses échanges avec Berne. "M. Marty est un ami et c'est à ce titre que je l'ai contacté", affirme le Haut-Valaisan. C'est grâce à ce même lien qu'il revendique d'avoir favorisé une rencontre au sommet entre Gianni Infantino et le procureur général de la Confédération Michael Lauber.

De son côté, le MPC conteste tout lien personnel de son chef de la communication André Marty avec Rinaldo Arnold.

Le procureur général valaisan s'intéresse à l'affaire

Le procureur général valaisan Nicolas Dubuis a confirmé à la RTS qu'il va se saisir de cette affaire sans donner plus de détails. Il s'agira non seulement de déterminer si le procureur Arnold a usé de sa fonction dans ses contacts avec Berne mais aussi s'il a bénéficié d'avantages indus.

Son ami Gianni Infantino lui a en effet offert plusieurs accès à des matches de prestige et l'a invité à un congrès de la FIFA à Mexico. "Je ne vois pas de problèmes à avoir accepté ces invitations faites par un ami à titre privé", a indiqué à la RTS Rinaldo Arnold. "Je tiens à préciser que j'ai payé les vols et les nuits d'hôtel de ma poche."

Cette affaire va sans doute avoir aussi des suites politiques. Selon le site de la Walliser Bote, le Parti socialiste du Haut-Valais va intervenir devant le Grand Conseil.

Ludovic Rocchi

Affaire Khashoggi : des "Nettoyeurs" sont venus "effaccer" les preuves 9 jours après le meurtre


Des agents ont été envoyés en Turquie par l’Arabie saoudite pour «effacer» les preuves du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, tué dans le consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre, a rapporté lundi le quotidien turc Sabah. Onze personnes, dont un chimiste et un expert en toxicologie, sont arrivées à Istanbul le 11 octobre, soit neuf jours après la disparition de l’éditorialiste, affirme le quotidien progouvernemental, citant «des sources de confiance».

Effacer les preuves

Selon Sabah, à partir du 12 octobre, le chimiste et l’expert en toxicologie se sont rendus «régulièrement» au consulat pendant une semaine. Ils ont également entrepris d’effacer toute trace du meurtre dans la résidence du consul, proche du consulat. Les deux hommes, venus, selon Sabah, avec une «prétendue équipe d’investigation», ont quitté la Turquie le 20 octobre.

Une délégation saoudienne s’est en effet rendue en Turquie le 12 octobre pour des entretiens portant sur l’enquête sur le sort du journaliste, collaborateur du Washington Post. Selon Sabah, les enquêteurs turcs n’ont eu accès au consulat et à la résidence qu’après que le chimiste et l’expert en toxicologie se furent «débarrassés» du corps et eurent entrepris d’effacer toute trace. Le consulat a été fouillé une première fois dans la nuit du 15 au 16 octobre, et la résidence le 17.

Corps dissous ?

Malgré les efforts déployés par les enquêteurs turcs, le corps de Jamal Khashoggi n’a toujours pas été retrouvé. Un conseiller du président Recep Tayyip Erdogan, Yasin Aktay, a évoqué vendredi la possibilité que le corps du journaliste ait été dissous dans de l’acide.

«Nous voyons à ce stade qu'ils ne se sont pas contentés de le démembrer, ils s'en sont débarrassés en le dissolvant», a déclaré au quotidien «Hürriyet» Yasin Aktay, conseiller du président Recep Tayyip Erdogan au sein de l'AKP, parti au pouvoir. «Selon les dernières informations dont nous disposons, la raison pour laquelle ils ont découpé le corps, c'est pour le dissoudre plus facilement», a-t-il ajouté.

AFP

jeudi 1 novembre 2018

Daech inflige une lourde défaite aux Kurdes dans l’est de la Syrie


Au début du mois de septembre, la coalition internationale, menée par les États-Unis, avait annoncé à grand renfort de publicité l’assaut final contre l’un des derniers réduits de Daech dans l’est de la Syrie. C’était à Hajine, dans la province de Deir ez-Zor.

Le début de l’offensive ne s’était pas trop mal passé. Les Kurdes, regroupés avec quelques combattants arabes (anciens islamistes recrutés par les Américains) au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS), avaient progressé de plusieurs kilomètres. Des villages avaient été repris. Le soutien aérien américain était massif et les hommes de Daech reculaient non sans combattre vigoureusement, comme toujours d’ailleurs.

L’affaire semblait entendue et les Américains prédisaient que la réduction de cette poche n’était qu’une question de jours.

Mais, comme souvent, la dure réalité syrienne a rattrapé les illusions américano-kurdes. Daech s’était replié, certes, mais dans des terrains difficiles d’accès, parsemés de grottes, de collines et de vallées. Ses combattants attendaient le moment propice.

Il est venu la semaine dernière à la faveur d’une tempête de sable. L’aviation américaine était clouée au sol et plusieurs centaines d’islamistes ont brutalement contre-attaqué, semant la panique chez les FDS. Ces derniers ont abandonné en une journée toutes les positions conquises les semaines précédentes, laissant près d’une centaine de morts sur le terrain, sans compter des dizaines de disparus. Une fois de plus, les kamikazes ont été redoutablement efficaces.

Cerise sur le gâteau : cette petite victoire va permettre à Daech de faire la jonction avec d’autres groupes présents en Irak, le long de la frontière syrienne.

Les FDS ont quitté la zone et se sont repliés vers le nord. Un de leurs responsables a annoncé que des renforts étaient attendus et que l’offensive reprendrait avec de nouvelles unités. Mais il a reconnu qu’une des causes de cette défaite était la parfaite connaissance du terrain par Daech alors que ses hommes le découvraient.

C’est bien là tout le problème : les Kurdes occupent depuis plusieurs mois le sud-est de la Syrie, qui n’est peuplé que d’Arabes. Traditionnellement, une occupation kurde est toujours totalitaire et les observateurs ont constaté que de nombreux villages arabes ont fait preuve de neutralité bienveillante vis-à-vis de Daech, tant les exactions kurdes étaient insupportables.

Voilà bien longtemps que Russes et Syriens demandent aux Américains de retirer leurs supplétifs et de permettre à l’armée syrienne, dont c’est tout de même le pays, de pouvoir passer l’Euphrate et d’affronter eux-mêmes Daech.

Une tentative de mercenaires russes et afghans issus de la minorité chiite, il y a quelques mois, avait provoqué un violent bombardement américain. Une centaine de personnes avaient été tuées. Aujourd’hui, c’est un peu l’arroseur arrosé, et cette défaite ne doit pas faire grand-peine aux Russes et aux Syriens.

Elle repose, en tout cas, le problème de l’occupation de près du tiers du territoire syrien par les Américains et leurs alliés kurdes. Mais ne pas laisser les mains libres à Poutine est une obsession croissante aux États-Unis. Quel qu’en soit le prix.

Antoine de Lacoste

Un journaliste écrivant sur l'affaire Alstom victime d'un cambriolage troublant

Un journaliste de L'Obs qui s'apprêtait à sortir un livre sur l'affaire Alstom a été victime d'un mystérieux cambriolage à son domicile. Seuls les ordinateurs qui se trouvaient dans l'appartement auraient disparu.

Selon les informations révélées par le magazine Closer, Matthieu Aron, journalite de L'Obs et ancien patron de l'investigation à Radio France, a été victime d'un cambriolage à son domicile parisien. Seuls des ordinateurs auraient été dérobés dans son appartement, le 21 octobre. Ce journaliste de 55 ans écrit un livre d'enquête sur l'affaire Alstom.

C'est son épouse, Marie-France Etchegoin, journaliste également et ancienne responsable des pages enquêtes de L'Obs, qui a constaté l'effraction. Après une rapide inspection des lieux, les propriétaires ont constaté que leurs objets de valeur étaient toujours là. En revanche, plusieurs ordinateurs personnels, d'après Closer, avaient disparu.

Ces disparitions inquiètent tout particulièrement leur propriétaire dans la mesure où Matthieu Aron travaillait sur un livre d'enquête à paraître en janvier prochain. Son objet : l'affaire Alstom, avec la vente des activités énergie du français Alstom au groupe américain General Electric il y a quatre ans pour 12 milliards de dollars en 2014, qui continue à déchaîner passions et suspicions.

Le livre de Mathieu Aron est coécrit avec Frédéric Pierucci, ancien cadre de haut niveau d'Alstom, qui a été arrêté et emprisonné aux Etats-Unis pendant deux ans pour des faits de corruption qui se sont déroulés en Indonésie entre 2002 et 2009. Il est, selon L'Obs, «celui qui a payé pour tous les autres responsables de cette vaste affaire de corruption» dévoilée par L'Obs il y a trois ans. Pour ces faits de corruption en Indonésie, mais aussi en Arabie saoudite, en Egypte et aux Bahamas, Alstom avait accepter de payer une amende record de 630 millions d'euros à la justice américaine.

L'enquête menée par Mathieu Aron mettrait aux prises, selon Closer, le ministre de l'Economie au moment de la vente des activités énergie d'Alstom Emmanuel Macron et son prédécesseur à ces mêmes fonctions Arnaud Montebourg qui, lui, s'était opposé au rachat d'un fleuron de l'industrie française. Cette opposition a disparu avec l'éviction du ministre du gouvernement Valls au profit de l'actuel président de la République.

En avril, une commission d'enquête parlementaire a tenté de dissiper les interrogations sur cette affaire très sensible.

Toujours selon Closer, le livre de Matthieu Aron était, jusqu'alors, quasiment terminé. Il a été rédigé sur l'ordinateur Hewlett-Packard de l'auteur, lequel n'aurait pas été protégé par un mot de passe. Les deux ordinateurs qui auraient été dérobés contenaient aussi les coordonnées de nombreuses personnalités du monde de la justice et de la politique.

Le parquet de Paris a saisi la police judiciaire pour mener l'enquête.

«La guerre fantôme»



Les journalistes David Gendreau et Alexandre Leraître ont enquêté sur le passage sous pavillon américain de trois quarts de l’activité d'Alstom. Pot-de-vin, corruption, arrestations, ramifications politiques : ce documentaire sur la vente du fleuron industriel français ressemble à s'y méprendre à un roman d'espionnage.

«Scandale industriel», ou encore «opération américaine de guerre économique» : les deux journalistes ont expliqué comment, sous couvert de lutter contre la corruption, les autorités américaines utilisent leur justice pour «torpiller» les concurrents des entreprises américaines.

TF121

La Chine développe un satellite pour détecter les sous-marins en plongée




Thales a mis au point le système « BlueScan ». Devant équiper les futures frégates de taille intermédiaire [FTI], cette solution, basée sur l’intelligence artificielle et le big data, devrait « décupler les capacités de détection acoustiques » et aider « les opérateurs à prendre la meilleure décision en temps réel dans chacune de leurs missions décisives », promet l’électronicien français.

D’autres moyens de détection sont à l’étude. En 2014, il fut avancé qu’un sous-marin nucléaire pouvait être repéré grâce à l’émission, par leur chaufferie, de particules élémentaires appelées neutrinos/antineutrinos. Cela étant, en l’état actuel de la technique, cette possibilité n’est que théorique, les moyens nécessaires pour détecter de telles particules étant hors de portée pour une utilisation opérationnelle.

À l’époque, Laurent Collet-Billon, alors Délégué général pour l’armement, estima que le recours à une telle technologie était « peu envisageable ». En revanche, avait-il ajouté, « il sera sans doute aussi possible, à terme, de détecter depuis l’espace le fouillis de surface provoqué par le déplacement d’un sous-marin navigant même à très faible vitesse et à grande profondeur, alors que le phénomène est quasiment indécelable aujourd’hui. »

Détecter des sous-marins depuis l’espace? C’est exactement l’objectif du projet chinois « Guanlan » [qui signifie « observer les grandes vagues »]. La révélation de ce projet, le mois dernier, est passée relativement inaperçue. Sauf pour Emmanuel Chiva, le directeur de l’Agence de l’innovation de défense, qui en a fait un analyse sur son blog.

Ainsi, ce projet Guanlan, qui mobilise pas moins d’une vingtaine d’universités et d’instituts de recherche sous l’égide du laboratoire pour les sciences et les technologies mariens de Qingdao, vise à doter un satellite d’un LIDAR [Laser Imaging Detection And Ranging] et un radar micro-ondes afin de pouvoir détecter des objets sous-marins jusqu’à 500 mètres de profondeur.

Système composé d’un émetteur laser, d’un récepteur optique, d’un photodétecteur qui transforme la lumière en signal électrique et de moyens électroniques de traitement du signal, le LIDAR utilise de la lumière (du spectre visible, infrarouge ou ultraviolet) pour détecter des objets. D’où son usage pour la détection de sites archéologiques enfouis sous la végétation, la reconstruction 3D d’environnements ou la télémétrie.

Reste à savoir où pointer ce LIDAR. D’où le radar micro-ondes, qui va détecter les perturbations de la surface de l’eau et permettre ainsi à définir une zone de recherche. Cependant, cette approche a quelques limites, comme par exemple les conditions météorologiques (nuages).

« Les LIDAR peuvent être diffractés, notamment lorsqu’ils traversent des milieux de températures ou de salinité différents – les expérimentations réalisés par les États-Unis ou la Russie n’ont pas été concluants au-delà de 200 m de fond », souligne Emmanuel Chiva, qui se veut très prudent sur la mise au point d’une telle technologie. Et il n’est pas le seul.

Interrogé par le quotidien South China Morning Post, un chercheur de l’Institut d’optique et de mécanique de Shanghai ayant tenu à garder l’anonymat a parlé de « mission impossible ». Les scientifiques impliqués dans ce projet « ne seront pas en mesure de sortir de l’obscurité gardée par Mère Nature, à moins, bien sûr, qu’ils ne soient comme Tom Cruise, dotés d’armes secrètes », a-t-il dit.

Cela étant, un membre des équipes scientifiques associées au projet Guanlan a expliqué au même journal que si les autorités chinoises avaient accepté de financer ces recherches, c’est parce qu’elles reposaient sur une « approche novatrice qui n’a pas encore été essayée ».

Un autre chercheur impliqué dans ce programme, Zhang Tinglu, a affirmé que la « cible principale » du satellite serait la « thermocline », c’est à dire la couche entre les eaux de surface (plus chaudes et oxygénées) et les eaux profondes (plus froides, anoxiques et plus salées). Là, les commandants de sous-marins savent que la détection acoustique y est plus difficile… Sauf pour un faisceau laser.

Autre chercheur galement impliqué dans ce projet, Song Xiaoquan, a expliqué qu’il s’agissait de « rendre la couche supérieure de la mer plus ou moins transparente ». Et d’ajouter : « Parfois, il peut ne pas y avoir suffisamment de lumière pour atteindre 500 mètres et revenir, mais nous pouvons toujours essayer de déterminer ce qui se trouve là-bas en prenant une mesure indirecte à une profondeur inférieure. » En attendant, un tel système est loin de devenir opérationnel. « Il y a encore beaucoup de problèmes que nous devons résoudre », a-t-il admis.