Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

samedi 30 mai 2026

L'Ukraine a lancé une attaque contre un centre de renseignement électronique du FSB

 

Le SBU (Service de sécurité ukrainien) a déclaré avoir détruit un important centre de renseignement électronique russe dans la région de Krasnodar dans la nuit du 28 au 29 mai. Selon la partie ukrainienne, ce centre aurait pu servir à guider des attaques de missiles et de drones contre l'Ukraine. L'attaque visait à affaiblir la capacité de Moscou à mener les récents raids aériens sur les villes ukrainiennes.

Selon un message diffusé sur Telegram, l'opération a été menée par les forces spéciales du centre « Alpha » du SBU, à l'aide de drones d'attaque à longue portée, contre une installation du FSB. La cible, située dans le district de Temryuk, près de la côte de la mer Noire, servait à recueillir des renseignements et à appuyer des frappes de missiles et de drones contre l'Ukraine.

Le SBU a souligné : « Des opérations spéciales comme celles-ci sont d’une importance stratégique majeure car elles affaiblissent la capacité de la Russie à contrôler l’espace aérien, limitent la coordination entre les systèmes de défense aérienne et réduisent la capacité de l’ennemi à attaquer l’Ukraine. La destruction des centres de renseignement électronique offrira aux drones ukrainiens davantage d’opportunités d’opérer plus efficacement, tout en compliquant la protection des installations militaires russes situées en profondeur derrière les lignes de front. »

Selon le communiqué du SBU, l'attaque a touché plusieurs bâtiments et systèmes d'antennes appartenant à un centre de renseignement électromagnétique du FSB, spécialisé dans l'écoute des communications et le soutien aux opérations offensives russes contre l'Ukraine.

La partie ukrainienne affirme que cette installation pourrait avoir été impliquée dans la surveillance des communications militaires ukrainiennes, la supervision du trafic des signaux satellitaires et l'aide au réglage des trajectoires de vol des drones et des missiles ciblant les infrastructures ukrainiennes.

Le SBU n'a pas divulgué le nombre ni les types de drones utilisés afin de préserver le secret de l'opération, mais a décrit cela comme une « réponse précise » aux attaques russes successives contre des villes ukrainiennes et des infrastructures critiques.

Selon l'agence de presse Ukrinform, les forces de défense ukrainiennes ont récemment mené de nombreuses attaques contre des cibles russes clés dans des zones de conflit telles que Zaporijia, Kharkiv, Donetsk, Lougansk, Dnipropetrovsk et Soumy.

Plus tôt ce mois-ci, le SBU a également mené une opération de drone à longue portée ciblant la station de production et de distribution de pipelines de Vtorovo dans la région de Vladimir en Russie, dans la nuit du 23 au 24 mai.

L'opération, menée par l'unité des forces spéciales « Alpha », a provoqué un incendie d'environ 800 mètres carrés dans une installation située à environ 200 kilomètres à l'est de Moscou.

Le centre de Vtorovo est considéré comme l'une des principales sources de carburant pour le réseau de réserves stratégiques de la Russie. Cette installation est particulièrement importante car elle est directement reliée au système de pipelines dédié qui approvisionne quotidiennement en carburant les trois principaux aéroports internationaux de Moscou : Sheremetyevo, Domodedovo et Vnukovo.

Selon les évaluations des services de renseignement ukrainiens, la perturbation de cette voie de transit pourrait avoir un impact significatif sur le réseau de distribution de carburant de la Russie, qui dessert à la fois l'aviation civile et les opérations de transport militaire.

danviet.vn

Ormuz, la vraie victoire stratégique de l’Iran


Alors que Washington présente l’accord en cours avec Téhéran comme un succès diplomatique, une autre lecture émerge. Dans une analyse remarquée publiée dans le New York Times, Thomas L. Friedman soutient que les États-Unis pourraient avoir neutralisé une partie du programme nucléaire iranien tout en renforçant durablement le principal levier stratégique de la République islamique : le détroit d’Ormuz.

Les guerres ne produisent pas toujours les résultats attendus. Il arrive même qu’elles révèlent à l’adversaire des formes de puissance dont il n’avait pas pleinement mesuré la portée. C’est précisément la thèse développée par le chroniqueur du New York Times Thomas L. Friedman dans une analyse particulièrement sévère de la stratégie américaine face à l’Iran.

Pour Friedman, la question n’est plus vraiment de savoir si les frappes américaines et israéliennes ont affaibli le programme nucléaire iranien. Elles l’ont fait, au moins partiellement. La véritable interrogation est ailleurs : qu’a appris l’Iran de cette confrontation ? Et surtout, quel nouvel équilibre stratégique en ressort ?

L’éditorialiste estime que Donald Trump pourrait obtenir un accord limitant les capacités nucléaires iraniennes, notamment par l’abandon ou le transfert de l’uranium enrichi à un niveau proche de l’usage militaire. Un tel résultat éloignerait effectivement la menace immédiate d’une bombe atomique iranienne.

Mais Friedman refuse de considérer cette éventualité comme une victoire complète. Car, selon lui, le prix politique et géostratégique pourrait être considérable.

Il rappelle qu’un accord de ce type impliquerait probablement un allégement progressif des sanctions économiques et des restrictions imposées aux exportations pétrolières iraniennes. Autrement dit, une nouvelle manne financière pour un régime qu’il décrit comme profondément répressif.

Plus encore, il considère que Washington risque de reproduire, sous une autre forme, l’esprit de l’accord nucléaire conclu sous Barack Obama en 2015 puis dénoncé par Donald Trump en 2018.

Le paradoxe est saisissant : après avoir présenté pendant des années cet accord comme une catastrophe, l’administration Trump pourrait finalement revenir à une formule comparable, tout en ayant engagé entre-temps une guerre coûteuse et déstabilisatrice.

L’arme absolue n’est peut-être plus nucléaire

Mais l’argument le plus original de Friedman concerne le détroit d’Ormuz.

Depuis des décennies, les débats stratégiques autour de l’Iran tournent essentiellement autour du nucléaire. La bombe atomique est devenue le symbole de la menace iranienne. Pourtant, selon le chroniqueur américain, la guerre récente a mis en lumière une réalité différente.

L’Iran a démontré qu’il possédait peut-être une capacité de nuisance plus immédiatement efficace que l’arme nucléaire elle-même.

Friedman résume cette idée dans une formule appelée à marquer les esprits. Selon lui, Téhéran a découvert qu’il disposait désormais d’une véritable « arme de perturbation massive ».

La fermeture du détroit d’Ormuz a constitué le tournant stratégique du conflit. En bloquant temporairement cette voie maritime par laquelle transite près d’un cinquième du pétrole mondial transporté par mer, l’Iran a provoqué une onde de choc sur les marchés énergétiques internationaux.

Le message envoyé au monde est simple : même affaibli militairement, même sous sanctions, même confronté à la supériorité technologique américaine et israélienne, le régime iranien conserve la capacité de perturber le cœur du système énergétique mondial.

C’est là que Friedman porte son attaque la plus sévère contre Donald Trump et son équipe.

Selon lui, la Maison-Blanche aurait sous-estimé la transformation des conflits contemporains. À l’image de l’Ukraine face à la Russie, l’Iran a montré que des moyens relativement peu coûteux – drones, missiles de croisière, embarcations rapides – pouvaient produire des effets stratégiques disproportionnés.

Friedman imagine même ce qu’aurait pu répondre Volodymyr Zelensky si Trump lui avait demandé comment l’Ukraine avait réussi à résister à une puissance militaire largement supérieure. La réponse aurait tenu en quelques mots : les drones ont changé les règles du jeu.

Dans cette lecture, l’Iran n’a pas besoin d’égaler les États-Unis sur le plan militaire conventionnel. Il lui suffit d’être capable de perturber suffisamment longtemps les flux énergétiques mondiaux pour imposer un coût économique colossal à ses adversaires.

Une victoire tactique américaine, un gain stratégique iranien ?

L’autre conséquence majeure soulignée par Friedman concerne les monarchies du Golfe.

Les frappes contre certaines infrastructures énergétiques de la région ont rappelé aux producteurs arabes que leur prospérité demeure vulnérable. Même lorsque les systèmes de défense fonctionnent, même lorsque les installations sont protégées, le simple risque de perturbation suffit à provoquer des pertes économiques considérables et à faire grimper les prix de l’énergie.

Dans ce contexte, les alliés arabes de Washington ont davantage intérêt à la stabilité qu’à une nouvelle escalade militaire.

L’Iran le sait.

Et c’est précisément ce qui renforce sa position de négociation.

Friedman va même plus loin. Selon lui, l’un des grands perdants de cette séquence pourrait être la crédibilité américaine elle-même. Les alliés des États-Unis observent une administration capable d’alterner menaces de « reddition sans conditions », frappes militaires massives puis retour à une logique de compromis diplomatique.

Cette imprévisibilité nourrit l’incertitude régionale.

Pour autant, l’éditorialiste ne minimise pas les succès militaires obtenus contre les infrastructures nucléaires iraniennes. Il reconnaît que l’affaiblissement du programme atomique constitue un objectif légitime et potentiellement bénéfique pour la stabilité régionale.

Mais il estime que la question fondamentale demeure sans réponse : les États-Unis ont-ils réellement modifié le rapport de force stratégique au Moyen-Orient ?

Ou bien ont-ils simplement déplacé le centre de gravité de la puissance iranienne ?

Car si le nucléaire reste un sujet central, la guerre a révélé autre chose : la capacité de Téhéran à exercer une pression mondiale à travers l’énergie.

C’est sans doute la leçon la plus importante de cette crise. Pendant des années, le monde a regardé les centrifugeuses iraniennes. Aujourd’hui, il regarde Ormuz.

Et c’est peut-être là que réside le véritable paradoxe de cette guerre : en cherchant à neutraliser la menace nucléaire iranienne, Washington et ses alliés ont peut-être contribué à démontrer au monde entier que la ressource stratégique la plus redoutable de Téhéran n’était pas enfouie dans ses installations nucléaires, mais flottait déjà à la surface du Golfe.

vendredi 29 mai 2026

Soudan : l’étau se resserre sur les Émirats arabes unis

 

Après des années de silence occidental, les accusations visant Abu Dhabi dans la guerre du Soudan se multiplient. Dernier dossier explosif : le recrutement de mercenaires colombiens pour combattre aux côtés des Forces de soutien rapide d’Hemedti.

Le ton a changé brutalement. Dans un rapport explosif, la Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP), think tank proche de l’État allemand, vient d’accuser les Émirats arabes unis d’alimenter les conflits africains en soutenant groupes armés et milices.

Quelques jours plus tard, Human Rights Watch révèle l’existence d’un réseau de mercenaires colombiens recrutés et formés par Abu Dhabi pour combattre au Soudan aux côtés des RSF de Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti. Plusieurs témoignages d’anciens combattants commencent à émerger.

Dernière charge en date : à Washington, le sénateur démocrate Chris Van Hollen accuse ouvertement les Émirats d’avoir « aidé à recruter des mercenaires pour soutenir les RSF génocidaires ». Le parlementaire américain appelle même à suspendre les ventes d’armes à Abu Dhabi tant que les Émirats continueront, selon lui, à alimenter la guerre soudanaise. Un véritable séisme diplomatique au moment où Abu Dhabi apparaît déjà fragilisé par les conséquences régionales de la guerre contre l’Iran.

Les Colombiens d’Hemedti

Au centre de ces nouvelles accusations : un réseau de mercenaires colombiens recrutés depuis 2024 par une société de sécurité basée à Abu Dhabi, Global Security Services Group. Selon Human Rights Watch, plusieurs centaines d’anciens soldats et policiers colombiens auraient été formés dans des bases militaires émiraties, notamment dans les régions d’Al Dhafra et Al Wathba, avant d’être déployés au Soudan pour appuyer les Forces de soutien rapide.

Ces hommes auraient participé à la dévastatrice bataille d’El-Fasher au Darfour au cours de l’année 2025, en assurant coordination d’artillerie, opérations de drones ou appui technique. Certains affirment avoir été recrutés sous de faux prétextes, croyant partir travailler comme gardes de sécurité sur des sites pétroliers aux Émirats, avant de se voir transférés, via la Libye, sur le théâtre soudanais.

Khartoum accuse directement Abu Dhabi d’organiser et de financer ces déploiements. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des mercenaires colombiens tués ou capturés. Les Émirats, eux, démentent officiellement toute implication.

Le précédent du Yémen

En réalité, ces recrutements font partie du mode opératoire émirati. Lors de la guerre au Yémen, Abu Dhabi avait déjà massivement recruté d’anciens militaires colombiens. Entre 2010 et 2015, quelques 2000 hommes avaient été intégrés dans des structures paramilitaires financées par Abu Dhabi afin de combattre les Houthis au sein de la coalition arabe.

Les Colombiens sont particulièrement recherchés pour leur expérience de la contre-guérilla acquise pendant des décennies de guerre contre les FARC. Bien entraînés, relativement peu coûteux et facilement mobilisables via des sociétés militaires privées, ils représentaient une solution idéale pour cette monarchie du Golfe qui ne dispose pas de troupes, compte tenu de sa faible population.

Le modèle a été reproduit au Soudan. Externaliser la guerre, sous-traiter les combats les plus sales et maintenir un déni plausible : pendant des années, cette option a permis aux Émirats d’agir discrètement dans les conflits régionaux. Mais au Soudan, la machine

commence à se retourner contre eux. Les mercenaires colombiens sont devenus la preuve visible d’une guerre menée par procuration. Et derrière les hommes de main d’Hemedti, c’est désormais Abu Dhabi qui apparaît en pleine lumière.

mondafrique.com

Penser la stratégie. L’improvisation stratégique peut-elle s’enseigner ?

 

La notion de « coup d’œil » occupe depuis longtemps une place privilégiée au cœur de la littérature stratégique consacrée au « génie » militaire. C’est fréquemment le cas aux États-Unis, en particulier dans les ouvrages qui discutent inlassablement des mérites comparés des « artistes » instinctifs qu’étaient Napoléon, Lee ou Patton.

Dans ces études, l’expression apparaît en français, suivant l’emploi qu’en fait Clausewitz dans De la Guerre, où il note que deux qualités sont indispensables au chef qui veut « […] faire face de manière sûre au perpétuel conflit avec l’inattendu » : d’une part, le coup d’œil lui – même, c’est-à‑dire l’aptitude du commandant militaire à visualiser instantanément les possibilités qu’offre une situation tactico – opérative donnée ; et, d’autre part, la résolution, nécessaire au stratège pour faire aboutir son intuition en convainquant ses subordonnés et ses supérieurs de l’utilité de la manœuvre qu’il a « visualisée ». Cette seconde qualité n’est pas la moindre des deux, dans la mesure où le coup d’œil, vue d’ensemble « instantanée » répondant à la cinétique constamment changeante du théâtre des opérations, est aussi décrit par Clausewitz comme la capacité à reconnaître rapidement « […] une vérité que l’esprit aura ordinairement tendance à négliger, ou qu’il ne percevra qu’après une longue réflexion ». Les stratèges (et les tacticiens) doués (ou qui s’estiment doués) de ce fameux coup d’œil devront être d’autant plus résolus à imposer leur solution qu’ils seront souvent les seuls à en discerner la nécessité dans le brouillard de la guerre.

Il est toujours difficile pour un esprit imaginatif de convaincre les esprits procéduraux de ce que l’on pourrait appeler la justesse quantique de sa solution intuitive : cette dernière n’ayant pas été planifiée ou longuement délibérée, elle peut en effet paraître relever de l’improvisation non justifiée – et donc dangereuse, voire irresponsable, du moins aux yeux des planificateurs qui se sont usés à concevoir avant la guerre des scénarios stratégiques en calculant leurs probabilités d’occurrence, dans le cadre d’une architecture systémique faite de centres de gravité et de points décisifs savamment articulés. Et, réflexion faite, ces derniers ont-ils complètement tort ? Une armée, qu’il s’agisse de préparer la guerre ou de la conduire, peut-elle se rendre dépendante à l’excès du « génie » supposé de certains de ses chefs, ou de la réputation qu’ont certains d’entre eux à improviser stratégiquement ? 

Posée en ces termes, la question risque d’obscurcir ce que recouvre le concept d’improvisation en stratégie. Si l’on réduit le coup d’œil au génie, l’« improvisateur stratégique » serait finalement le chef doué d’un talent particulier pour innover de manière instinctive afin de répondre instantanément à l’impréparation tactique et technique de son propre camp lorsque celui-ci, surpris par les aléas de la manœuvre adverse, voit l’intégralité de sa planification devenir inopérante. Le problème est que l’improvisation n’est pas seulement la réponse à l’impréparation ; elle est aussi et surtout l’art de s’échapper de procédés provisoirement stériles, tout en restant conscient de la valeur des principes sur lesquels ils reposent. Un rapide détour par l’art musical permet de prendre conscience de cette tension créatrice. Compositeur prolifique, professeur au Conservatoire national supérieur de Paris et titulaire de l’orgue de Notre-Dame de Paris, Thierry Escaich est le représentant principal de l’école française d’improvisation. Tous les ans, à la collégiale de Saint – Donat – sur – l’Herbasse, des élèves du monde entier viennent se former avec lui à l’art d’innover instinctivement en faisant dévier une ligne mélodique des rails qui semblent avoir été tracés pour elle, jusqu’à paraître s’en affranchir en l’oubliant.

Il y a là un profond paradoxe, qui ne peut a priori qu’intéresser les stratégistes : en matière musicale, ce qui relève de l’instinct, par nature rebelle aux règles, s’enseignerait-il donc ? Le critique musical Frédéric Munoz parle à propos de l’art d’Escaich de « […] folles envolées virtuoses et racées », où « les thèmes grégoriens sont une réelle source d’inspiration, aux côtés de poèmes, ou tout simplement de libre inspiration ». Tout cela, note-t‑il néanmoins, « […] relève de l’imaginaire au plus haut point, mais soutenu par une maîtrise totale de la forme. On ne peut s’empêcher de penser à la réflexion de Widor à Vierne à propos du jeune Dupré improvisant à Saint-Sulpice : “Vous êtes sûr qu’il improvise ? ça semble écrit !” (1) »

À consulter le programme des cours d’improvisation de Thierry Escaich qui ont eu lieu à la fin d’août 2025, on vérifie en effet que les deux niveaux proposés aux stagiaires se fondent d’abord sur une maîtrise formelle préalable : « Travail sur des formes simples, dans un langage classique et plus actuel » pour le premier niveau ; « Approfondissement des grandes formes de l’improvisation : passacaille, symphonie, étude des langages harmonique et rythmique » pour le deuxième. Ici, rien ne semble relever de la pédagogie spontanéiste pure. On songe, en revenant au fracas moins mélodieux du champ de bataille, à l’avertissement bien connu de Bonaparte décrivant son art propre : « Sur le champ de bataille, l’inspiration n’est le plus souvent qu’une réminiscence… Ce n’est pas un génie qui me révèle tout à coup, en secret, ce que j’ai à dire ou à faire, c’est la réflexion, c’est la méditation. »

Cette capacité à varier les procédés sans s’écarter des principes est l’une des justifications de l’enseignement militaire. En équilibrant les parts respectives de la théorie stratégique, des leçons historiques et des progrès technologiques, il n’écarte pas la possibilité que certains chefs militaires se révèlent plus doués que d’autres pour improviser face à l’inattendu, en laissant l’imagination prendre le pouvoir dans l’exécution. Il s’assure simplement, au travers d’un « travail sur des formes simples, dans un langage classique et plus actuel », associé à une valorisation du commandement par l’intention, que l’improvisation stratégique, aussi « inspirée » soit – elle, ne trahisse jamais l’accord majeur entre le but politique et l’exécution militaire, quelles que soient les circonstances.

Note

(1) Frédéric Munoz, « Improvisations au sommet par Thierry Escaich », Res Musica, 1er novembre 2008.

Olivier Zajec

areion24.news

Un ex-espion de la CIA arrêté avec 40 millions en lingots d'or !

 

David Rush, ex-cadre de l'agence de renseignement extérieur est aussi poursuivi pour avoir indûment reçu quelque 77'000 dollars en tant que réserviste de la marine américaine et avoir menti sur ses diplômes et sa carrière.

Le FBI a saisi par ailleurs 2 millions de dollars en cash et 35 montres de luxe à son domicile.

Le document décrit M.Rush comme un ancien cadre supérieur d'une agence gouvernementale américaine, détenteur d'une habilitation «top secret» et ayant accès à des informations classifiées.

Il est présenté mercredi par les médias américains, dont le New York Times, comme un ex-cadre de la CIA.

Selon le témoignage d'un enquêteur du FBI daté du 20 mai que l'AFP a pu consulter, l'ancien agent a déposé entre novembre et mars dernier plusieurs demandes au gouvernement «afin d'obtenir une quantité importante de devises étrangères et des dizaines de millions de dollars en lingots d'or pour des dépenses liées à son travail».

Les autorités n'ont pas trouvé trace de justification de l'utilisation des espèces ou des lingots. Et une perquisition à son domicile a permis de découvrir son trésor de guerre.

L'avocate de l'accusé n'a pas répondu aux questions des médias américains. «Bien que de nombreux éléments de l'affaire demeurent inconnus, elle soulève des questions sur l'efficacité des vérifications des antécédents de Rush effectuées par le gouvernement américain», estime le Washington Post.

ATS