Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mercredi 4 novembre 2026

L’Ukraine intègre l’arsenal de l’Europe, par l’Europe… et pour l’Europe ?

 

Établie dans l’urgence en 2022, la coopération entre l’Ukraine et les pays du continent a changé de nature au cours des années et des évolutions du conflit. D’une logique de perfusion répondant, souvent maladroitement, aux impératifs opérationnels, le soutien fait désormais place à une intégration industrielle véritablement décisive : les coentreprises se multiplient, tout comme les structures de maintenance. La production en commun s’oriente de plus en plus vers l’innovation. Et voilà que le centre de gravité de la BITD se déplace vers l’est.

Lorsque la Russie lance son invasion à grande échelle de l’Ukraine en février 2022, la priorité des États européens est de répondre à l’urgence opérationnelle. Les premières livraisons d’armement reposent essentiellement sur des stocks nationaux disparates, quand ceux-ci sont disponibles : missiles antichars, systèmes de défense aérienne, véhicules blindés, artillerie et munitions sont transférés au compte-gouttes afin de permettre aux forces ukrainiennes de contenir l’offensive russe, tandis que les planificateurs et observateurs européens se perdent en calculs d’apothicaire, sans que puissent même être évités de multiples épisodes d’hésitations et de blocages politiques. Dans cette première phase de la crise, la coopération industrielle reste de facto très limitée. Les industriels européens assurent principalement la remise en état des matériels livrés, la production de pièces de rechange, et planifient difficilement l’augmentation des cadences afin de reconstituer les arsenaux nationaux.

Sans surprise, ce modèle montre rapidement ses limites, une fois ces stocks européens réduits à néant, tandis que certains matériels dévoilent leur inadaptation à ce type de conflit (sur ces points, ce sont les États de l’ex-Pacte de Varsovie, avec leurs stocks de matériels d’origine soviétique, qui s’en seront le mieux sortis). Dans le même temps, et malgré de longs débats antérieurs sur la « haute intensité », le continent prend conscience que les délais de production concernant l’ensemble de la gamme de munitions sont incompatibles avec le rythme de consommation sur le front. Et encore plus inquiétant, avec la production russe. La guerre d’Ukraine agit ainsi comme un révélateur des fragilités structurelles de la Base industrielle et technologique de défense européenne (BITD), et par nécessité, comme un accélérateur de sa transformation.

Au-delà de l’assistance, vers l’intégration industrielle

À partir de 2023, le bilan est fait (1) partout en Europe que le modèle du soutien à l’Ukraine (dans un contexte où cette dernière planifie alors une grande contre-offensive) doit radicalement évoluer. Sous injonction politique, une seconde phase s’amorce, les industriels européens ne se contentant plus de produire pour l’Ukraine, mais avec l’Ukraine, qui passe de bénéficiaire à véritable partenaire. Des projets de centres de maintenance sont annoncés à proximité du théâtre d’opération, en Pologne principalement, afin de réduire les délais de remise en condition des matériels lourds occidentaux comme les chars Abrams ou Leopard 2. Le géant allemand Rheinmetall inaugure une coentreprise avec Ukrainian Defense Industry (UDI) initialement centrée sur la maintenance des chars Leopard et blindés Marder ou Fuchs, puis par la suite sur la production de munitions, tandis que le franco-allemand KNDS ouvre une filiale à Kiev pour le soutien des systèmes CAESAR, Leopard, AMX-10RC ou PzH 2000. Le groupe tchèque Czechoslovak Group (CSG), acteur majeur aujourd’hui de l’industrie de défense d’Europe centrale, participe quant à lui à la montée en puissance des chaînes d’approvisionnement, en s’appuyant sur un réseau de fournisseurs répartis entre la République tchèque, la Slovaquie et l’Ukraine. Pour tous ces acteurs du terrestre, l’artillerie et les munitions constituent rapidement un nouvel axe d’effort, face à une consommation inédite d’obus de 155 mm, en particulier durant certaines phases critiques du conflit. À cette époque, il est encore surtout question de partenariats portant sur la réparation, l’assemblage ou la fabrication locale de composants, mais cette phase aura permis de rapprocher certaines capacités industrielles du front tout en limitant les flux logistiques avec l’Europe occidentale.

La dynamique va prendre une dimension plus profonde en 2024 alors que le retour de Donald Trump à la Maison Blanche à la fin de cette même année instituera la menace perpétuelle d’un couperet pesant sur le vital, mais déjà vacillant soutien américain. Les coopérations euro-ukrainiennes s’étendent désormais à la production conjointe de drones, de capteurs et radars, de systèmes de guerre électronique, et, le plus critique, de certains systèmes de défense aérienne. De grands groupes comme Thales (avec notamment un triple accord signé en juin 2024, concernant une coentreprise ainsi que des services et formation dans le domaine de la guerre électronique), l’allemand Hensoldt ou le suédois Saab, sont tous présents en soutien de l’Ukraine, avec une activité qui continue de s’intensifier en 2025, puis 2026. Les projets témoignent d’un changement d’échelle dont l’objectif est de favoriser l’intégration des capacités industrielles locales aux chaînes de valeur des pays partenaires.

Incidemment, ces coopérations vont s’inscrire dans une logique de complémentarité, les entreprises européennes qui apportent des capacités d’investissement, des procédés industriels et plateformes commerciales de fournisseurs, ou même les précieuses certifications OTAN, trouvant en Ukraine une expérience opérationnelle sans équivalent de la haute intensité, dans sa forme la plus contemporaine. En quatre ans en effet, l’industrie ukrainienne s’est imposée comme un nouveau standard, y compris dans le domaine de l’innovation, la recette tenant dans le développement accéléré des systèmes, l’adaptation permanente aux contre-mesures électroniques, l’innovation incrémentale à un rythme très soutenu, ainsi que le rôle clé du retour d’expérience immédiat concernant les équipements employés au combat. À ce stade, l’enjeu pour le continent n’est plus tant de fournir l’industrie de l’armement ukrainienne que de se nourrir de son expérience. Nous y reviendrons.

« Build with Ukraine », héritage du modèle danois

Tenir un inventaire aussi rigoureux qu’exhaustif des coopérations industrielles entre l’Ukraine et ses partenaires européens demeure un exercice délicat. Les annonces de partenariat se sont multipliées, par dizaines, sans que toutes aient encore débouché sur des réalisations concrètes, le pays restant sous la menace quotidienne des frappes russes. De plus, dès 2022, une partie croissante du soutien est réalisée via le processus surnommé « modèle danois », consistant non plus à fournir des équipements issus d’arsenaux occidentaux qui furent rapidement épuisés pour la plupart, mais à financer directement la production en Ukraine. Cette approche choisie par plusieurs partenaires au déclenchement de la crise (initialement les petits pays qui, comme le Danemark ou les États Baltes, ne disposaient pas de stocks importants, mais se sont finalement retrouvés en haut de la liste des contributeurs) a permis selon le ministère de la Défense ukrainien de réunir près de 35 milliards de dollars entre 2022 et 2025. Elle préfigure l’initiative actuelle Build with Ukraine (2) lancée par Kiev mi-2025 et activement soutenue en premier lieu par Berlin, Londres… et le Danemark. Celle-ci vise à renforcer l’association des capacités de l’industrie européenne aux nouveaux savoir-faire productifs et opérationnels ukrainiens.

Selon les autorités locales, les projets industriels engagés avec les partenaires européens depuis le lancement de Build with Ukraine représentent déjà près de cinq milliards de dollars d’investissements, tandis que le président Volodymyr Zelensky annonçait en février 2026 la création de dix hubs internationaux d’exportation (à commencer par Londres, Berlin et Copenhague) destinés à mettre en relation industriels, investisseurs et acheteurs. C’est dans ce cadre qu’au Royaume-Uni, l’entreprise ukrainienne Ukrspecsystems a inauguré en 2026 une usine et un centre d’essais, soutenus par un investissement de 200 millions de livres, afin d’y produire les drones PD‑2 et Shark. Le même Royaume-Uni produit aussi sur son sol des drones intercepteurs Octopus, en soutien aux 29 entreprises ukrainiennes qui disposent déjà d’une licence accordée par l’État. Les accords, souvent confidentiels, se sont également multipliés en Pologne, dans les pays baltes et scandinaves, aux Pays-Bas, et surtout, en Allemagne, où l’on y voit un vrai levier de renforcement de la BITD nationale concernant les nouvelles technologies.

Et justement, les phases récentes du conflit ont bien évidemment consacré la place des drones, et plus globalement, de la robotique de combat, cela toujours sous les contraintes considérables imposées par la guerre électronique sur le terrain. Si bien que l’écosystème ukrainien d’innovation, estimé à plus de 800 acteurs de taille diverse, devient une référence dans le domaine, perfectionnant le développement rapide de drones aériens, terrestres et navals, de munitions téléopérées et de systèmes de brouillage, tout en maîtrisant le cycle du retour d’expérience acquise sur le front. En matière de coopération, cette révolution de la robotisation du champ de bataille génère une vigoureuse interpénétration avec les fameuses « Defense Tech » du continent, une multitude de PME et de start-ups – notablement françaises – spécialisées dans les technologies numériques, l’IA, et en particulier les systèmes d’armes autonomes. Ici, et l’alors que l’Europe se cherche en vain une DARPA (la toute-puissante agence américaine pour l’innovation de défense) depuis une décennie, c’est Brave1, la jeune agence centrale (3) de coordination des technologies de défense en Ukraine qui est devenue l’interlocuteur de référence, y compris pour la France qui lance « Brave1 France » en mars 2026.

De la réciprocité des besoins

Voilà donc qu’au tournant de l’année 2026, dans la BITD, le terme de soutien à l’Ukraine a progressivement disparu pour laisser place à celui de « coproduction », dans une relation qui apparaît plus symétrique que jamais. L’apport européen demeure déterminant, les grands industriels maîtrisant la production en série, l’intégration des systèmes les plus lourds et complexes, ou surtout, les précieuses chaînes d’approvisionnement mondialisées. Ces partenaires disposent également d’une capacité d’investissement que l’industrie ukrainienne, malgré sa nette montée en puissance, n’est pas en mesure de mobiliser sans parrainage. De plus, les nouveaux instruments de financement européens comme EDIP (European defence industry programme), SAFE (Security action for Europe), ou les programmes de soutien à l’innovation duale, visent précisément à mettre ces moyens au service de projets conjoints. L’annonce en juin dernier de deux programmes européens (Commission européenne, France et Finlande) d’un montant de 343 millions d’euros consacrés au développement de technologies duales avec l’Ukraine illustre cette volonté d’inscrire la coopération dans une perspective de long terme dépassant le seul cadre du soutien militaire durant le conflit. Cette somme pourrait à court terme monter à 700 millions d’euros, dans le but d’irriguer l’industrialisation des systèmes de drones et de robots terrestres mais aussi « l’aviation, les technologies de navigation et de communication avancées » (4).

En retour, nous l’avons vu, l’Ukraine apporte une ressource extrêmement recherchée qu’est le retour d’expérience permanent, probablement sans équivalent depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Au sein de ce que l’on surnomme allégrement le laboratoire ukrainien, les drones, les systèmes de guerre électronique ou les logiciels de commandement évoluent au rythme des adaptations imposées par les contre-mesures russes, ce qui se compte en semaines. Une capacité d’innovation incrémentale qui contraste fondamentalement avec les cycles de développement occidentaux traditionnellement étalés sur plusieurs années, et désormais estampillés, non sans ironie, comme modèle « temps de paix ». Cette boucle courte entre le front, les bureaux d’études et les ateliers constitue l’un des principaux enseignements industriels du conflit, tant pour les historiques que pour les start-ups. Il faut d’ailleurs remarquer que ces dernières, quand elles sont présentes en Ukraine, le revendiquent publiquement comme une véritable labellisation couvrant toutes les phases de développement et d’expérimentation des systèmes, bien au-delà de la notoire mention combat proven, qui ne concernait-elle que des produits catalogue.

Un tel niveau d’hybridation dans la coopération est aujourd’hui en mesure d’infuser et transformer la BITD, ce qui répond de façon adéquate à un impératif stratégique : la crédibilité de la dissuasion conventionnelle européenne face à la Russie dans l’hypothèse d’une confrontation future dépendra autant de sa capacité à produire rapidement que de sa faculté à intégrer l’innovation issue d’un conflit où Moscou est déjà protagoniste et apprenant depuis plus de trois ans (5).

Aussi et enfin, les chaînes d’approvisionnement de défense entre les Européens et l’Ukraine tendent de plus en plus à s’organiser selon une logique régionale, fondée sur des partenariats industriels plutôt que sur de simples relations client-fournisseur (6). L’Ukraine apparaît donc moins comme un bénéficiaire de l’aide occidentale que comme un futur maillon essentiel. Et c’est soudainement le centre de gravité de la BITD qui bascule à l’est.

L’Ukraine en nouveau fer de lance de la BITD ? 

L’édition 2026 du salon de l’armement terrestre Eurosatory aura été particulièrement révélatrice du fait que l’industrie ukrainienne de défense, qui disposait en ce mois de juin à Paris de stands d’exposition de tout premier rang, est aujourd’hui pleinement structurée et prête à rayonner. Et cela d’autant plus que, preuve de maturité, les partenariats avec les industriels européens ont franchi un jalon supérieur avec des accords de coproduction portant sur – outre l’arrivée en masse des systèmes UGV – des armements de pointe absolument structurants dans la stratégie ukrainienne, à savoir les missiles (discussions intergouvernementales avec la France pour la production sous licence du missile de croisière SCALP de MBDA ; intérêt de l’allemand Diehl quant au nouveau produit phare ukrainien, le FP‑5 Flamingo de Fire Point) et les défenses anti-missiles sur le haut du spectre (partenariat entre Hensoldt et Fire Point sur le système de défense antimissile balistique Freyja). Dans la foulée, Airbus Defence and Space rejoignait à son tour la cohorte le 30 juin en signant un accord de principe avec Brave1, le géant européen se félicitant même d’avoir été choisi pour rejoindre le programme « Test in Ukraine ». 

Plus de quatre ans après le début de l’invasion, le temps de l’exode industriel et humain semble donc bien loin pour l’Ukraine, tout comme celui de sa dépendance quasi-totale à l’aide occidentale. Cette trajectoire reste évidemment conditionnée par quelques incertitudes, la première concernant la sécurité des investissements industriels dans un contexte de guerre prolongée et d’attaques régulières contre les infrastructures critiques, sans oublier une corruption endémique qui demeure encore et toujours facteur de préoccupations et de blocages. Une seconde incertitude porte davantage sur la soutenabilité financière de ces coopérations, largement dépendantes des décisions politiques prises dans les chancelleries à l’Ouest. Une troisième limite pourrait toucher à la question du seuil de propriété intellectuelle et de partage des technologies que les Européens sont prêts à franchir, dans un contexte où il n’est plus seulement question de survie, mais désormais aussi de perspectives stratégiques. En effet, la récente crise du Golfe a montré que l’expertise ukrainienne en matière de high-low mix était reconnue et demandée, signe annonciateur d’un monde où le produit de ces coopérations « temps de guerre » disposera d’un avantage comparatif tout à fait déterminant sur les marchés internationaux, quand bien même cela se fera parfois au détriment des partenaires qui ont contribué à l’établir.

Ultime signal d’un possible phénomène de ringardisation de la BITD historique, en ce mois de septembre, le cluster Brave1 organise à Lviv, en territoire ukrainien, et toujours en pleine guerre (une donnée qui ne cesse de surprendre), son troisième Defence Tech Valley Summit. Avec comme slogan : « World’s only defense summit that doesn’t feel like a museum ».

Notes

(1) Rapport d’informations : Mission Flash sur le bilan du soutien à l’Ukraine, Assemblée nationale, 8 novembre 2023.

(2) « Build with Ukraine: Kyiv’s new approach to defence industrial cooperation with European partners », OSW Centre for Eastern Studies, 27 avril 2026.

(3) Brave 1 Defense Tech Cluster https://​brave1​.gov​.ua/en

(4) « EU and Ukraine launch new €343 million programmes to develop dual-use technologies », 27 juin 2026 – https://​mod​.gov​.ua/​e​n​/​n​e​w​s​/​e​u​-​a​n​d​-​u​k​r​a​i​n​e​-​l​a​u​n​c​h​-​n​e​w​-​3​4​3​-​m​i​l​l​i​o​n​-​p​r​o​g​r​a​m​m​e​s​-​t​o​-​d​e​v​e​l​o​p​-​d​u​a​l​-​u​s​e​-​t​e​c​h​n​o​l​o​g​ies

(5) John Kennedy, Stuart Dee, Daniel Hill, « Tooling up together – How Europe and Ukraine can improve defence industrial collaboration », Rand Corporation, décembre 2025.

(6) Sophia Besch, « From Production to Procurement: How Europe and Ukraine Are Transforming Defense Supply Chains », Carnegie, 10 décembre 2025.

Thomas Schumacher

areion24.news

Les meilleures forces spéciales du monde

 

À l’aune de la qualité de ses opérateurs et de sa réputation auprès des grands spécialistes, la meilleure unité d’opérations spéciales au monde est aujourd’hui le 1st Special Forces Operational Detachment-Delta (1er détachement opérationnel des forces spéciales-Delta), connu sous le nom de Delta Force, avec 98 points sur 100. Elle conserve la première place dans trois des quatre critères évalués ; ce n’est que si l’on mesure exclusivement la réputation qu’elle cède la place au SAS britannique.

La CIA, deuxième. La Ground Branch de la Division des activités spéciales de la CIA (Central Intelligence Agency) — la force paramilitaire clandestine de l’agence — occupe la deuxième place (94,5). Elle recrute principalement parmi les vétérans de la Delta Force et du DEVGRU (Naval Special Warfare Development Group), et de nombreux spécialistes américains considèrent ses agents comme l’élite des unités de mission spéciale ; en matière de sélection et de notoriété, elle est à égalité avec la Delta Force. Ce qui la place un demi-cran derrière, c’est que son historique, en raison de la nature clandestine de son travail, est beaucoup moins vérifiable.

Les trois unités présentées dans la vidéo. Delta (98), la SEAL Team 6 — officiellement DEVGRU — (94,25) et, à plus de trente points, les Marine Raiders du MARSOC (Marine Forces Special Operations Command) (65,5). Delta surpasse le DEVGRU en termes de performances avérées et de renommée ; le DEVGRU est supérieur en matière de polyvalence. Les Marine Raiders, unité de deuxième rang américaine, ne jouent pas dans la même catégorie.

En dehors des États-Unis, le SAS (Special Air Service) britannique (94) est pratiquement à égalité avec le DEVGRU et constitue la meilleure unité militaire non américaine ; il est suivi par les unités opérationnelles du Mossad (91,5) et de la Sayeret Matkal (90,5). Six unités dépassent les 90 points : trois américaines, deux israéliennes et une britannique.

Ce qui n’est pas pris en compte. La légitimité — enquêtes judiciaires, scandales, contrôle parlementaire — relève de la souveraineté des États qui emploient ces unités, et non de la qualité du corps d’intervention ; elle n’entre donc pas en ligne de compte. L’écosystème de soutien (aviation spéciale, satellites, commandement interarmées) n’est pas non plus pris en compte, car il mesure la capacité de l’État et non celle de l’opérateur. Ces deux facteurs sont analysés, mais ils n’influencent pas le classement.

L’Ukraine est aujourd’hui l’école la plus rude du métier et la Russie, son contre-exemple : des forces spéciales utilisées comme infanterie d’assaut qui, selon des documents américains divulgués en 2023, ont été décimées au cours des premiers mois de l’invasion, et une unité clandestine du GRU, la 29155, surtout célèbre pour ses échecs.

L’Espagne, par l’intermédiaire du Commandement conjoint des opérations spéciales, dispose d’unités compétentes et bien considérées au sein de l’OTAN, dont elle dirige le commandement des opérations spéciales pour la deuxième année consécutive. Sa position est toutefois limitée par l’absence de combats de haute intensité et par une renommée internationale inférieure à sa valeur réelle.

Le classement mondial intégré des vingt-cinq unités évaluées, accompagné de son analyse de sensibilité, est présenté dans un document séparé.

Pourquoi il n’existe pas de classement officiel

Aucun ministère de la Défense, organisme international ni centre d’études sérieux ne publie de classement des unités d’opérations spéciales. Celles qui circulent sur les réseaux sociaux — comme celle qui est à l’origine de cette étude — confondent souvent la rigueur du processus de sélection, la renommée et l’efficacité.

La rigueur de la sélection est ce qu’il y a de plus photogénique ; la renommée dépend du cinéma, des mémoires des vétérans et de la proximité avec le marché éditorial anglo-saxon ; l’efficacité est précisément ce que le secret empêche de mesurer.

Quatre biais faussent toute comparaison et il convient de les nommer avant de tenter de les corriger :

  • Le secret : les succès ne sont connus que tardivement, voire jamais ; les échecs, parfois plus tôt, à la suite de fuites ou d’enquêtes. Ce biais est extrême dans les unités des services de renseignement, dont les meilleures opérations sont, par définition, celles qui ne sont jamais révélées.
  • Le biais médiatique anglo-saxon : les unités américaines et britanniques sont surreprésentées dans les livres, les films et les documentaires ; les unités norvégiennes, polonaises ou françaises sont sous-représentées par rapport à leur valeur réelle.
  • L’asymétrie des opportunités : une excellente unité d’un pays qui ne participe pas aux combats ne dispose d’aucun historique vérifiable. Son classement reflète ce manque de preuves, et non nécessairement une qualité inférieure.
  • La propagande : les données diffusées au sujet de leurs propres unités par les services de renseignement militaires ukrainiens, les Forces de défense d’Israël ou le Kremlin sont, par définition, partiales. Elles sont utilisées ici avec cette mise en garde expresse.

À ces mises en garde s’ajoute une objection de fond, formulée il y a soixante-dix ans par l’un des grands généraux britanniques du XXe siècle. Le maréchal William Slim, vainqueur de la campagne de Birmanie, a soutenu dans ses mémoires (Defeat into Victory, 1956) — je le résume au style indirect — que les unités spéciales ont tendance à se transformer en « armées privées » qui drainent les meilleurs hommes des unités régulières. C’est, paradoxalement, le meilleur argument pour évaluer ce que l’on évalue ici : la qualité de ces hommes.​

Méthodologie : qualité de l’opérateur et réputation

L’étude évalue chaque unité selon six critères regroupés en deux piliers. Le premier, la qualité de l’opérateur (65 % de la note), est mesurée par la rigueur de la sélection et de la formation, par les performances démontrées lors d’opérations réelles — succès et erreurs d’exécution compris —, par l’étendue de ses compétences et par son expérience récente du combat.

Le second, la réputation auprès des grands spécialistes (35 %), tient compte de l’avis des commandants alliés, des analystes et des unités homologues, ainsi que de l’influence de chaque unité en tant que modèle pour les autres. Chaque critère est noté de 0 à 10 et la somme pondérée donne une note sur 100.

Critère Poids Ce qu’il mesure Principaux indicateurs

  • Pilier I. Qualité de l’opérateur 65 %
  • Sélection et formation 25 % Exigences d’accès et qualité du vivier de recrutement au sein d’unités déjà d’élite ; durée et rigueur de la formation
  • Performances opérationnelles avérées 20 % Exécution d’opérations d’une complexité maximale ; succès et erreurs d’exécution documentés par des sources indépendantes
  • Polyvalence 10 % Éventail des compétences : action directe, prise d’otages, reconnaissance, guerre non conventionnelle, milieu maritime, clandestinité
  • Expérience de combat récente 10 % Rythme opérationnel 2020-2026 : opérations connues dans le cadre de guerres et de crises en cours
  • Pilier II. Réputation parmi les spécialistes 35 %

Réputation auprès des spécialistes 25 % Prestige auprès des commandants, des analystes et des unités homologues Avis documentés de commandants alliés ; sélection en tant que partenaire dans des opérations conjointes

Influence doctrinale 10 % Valeur en tant que modèle pour d’autres unités Généalogie d’autres unités ; qui forme qui

Deux facteurs ne sont délibérément pas pris en compte. La légitimité — enquêtes pour crimes de guerre présumés, scandales disciplinaires, missions dissimulées au Parlement — relève de la souveraineté et de la responsabilité politique des États, et non de la qualité du corps d’armée. Les erreurs d’exécution comptent, car elles reflètent l’expertise des opérateurs ; les conséquences juridiques et politiques de leurs actes, non. L’écosystème de soutien — aviation spéciale, renseignement d’origine électromagnétique et d’imagerie, commandement interarmées — détermine de nombreuses opérations, mais il évalue l’État et non l’unité ; il est analysé dans le texte et dans les leçons finales, sans modifier la note.

Les unités militaires et les unités paramilitaires des services de renseignement sont comparées dans le même tableau, car les unes et les autres se disputent les mêmes hommes et agissent souvent de concert. Les unités de police d’intervention sont évaluées séparément, car leur mission — intervenir sur leur propre territoire sous contrôle judiciaire — est différente ; les unités de soutien, comme le 160e régiment d’aviation des opérations spéciales américain, sont analysées, mais ne sont pas notées.

La notoriété est le critère le plus subjectif ; c’est pourquoi elle est publiée séparément, afin que le lecteur puisse la corriger. Pour vérifier la solidité du résultat, celui-ci a été recalculé selon trois pondérations alternatives — qualité de l’opérateur uniquement, notoriété uniquement et combat renforcé —, reprises dans le document du classement mondial. Sources : documentation officielle, presse de référence et publications spécialisées. Date de référence : 1er novembre 2026.

États-Unis : un système, pas des unités

Une architecture née d’un échec

Les États-Unis ne disposent pas de « certaines » forces spéciales : ils disposent d’un système, et ce système est né d’un désastre. En avril 1980, l’opération Eagle Claw, destinée à secourir les otages de l’ambassade américaine à Téhéran, s’est soldée dans le désert iranien par la mort de huit militaires et la destruction de plusieurs appareils, sans que la force n’ait même atteint la capitale. De cet échec sont nés le JSOC, créé la même année ; le 160e régiment d’aviation des opérations spéciales ; et, en 1987, le SOCOM.

Au sein de ce système, il convient de distinguer deux niveaux. Le premier — le « tier one » — est constitué des unités de mission spéciale du JSOC : Delta, DEVGRU, le 24e Escadron de tactiques spéciales et l’ISA. Le deuxième niveau — les Bérets verts, les équipes SEAL, les Marine Raiders et le 75e Régiment Ranger — se déploie dans le monde entier, forme les forces alliées et alimente le premier en candidats. Au sommet de la pyramide de recrutement se trouve la force paramilitaire de la CIA.

Le SOCOM résume sa doctrine en cinq principes, appelés « SOF Truths ». Deux d’entre eux constituent le fondement de la présente étude :

Le système n’est pas exempt de tensions. En 2023, l’Armée de terre a prévu de supprimer environ 3 000 postes au sein de son commandement des opérations spéciales, bien que le secrétaire à la Défense ait ordonné de préserver les Bérets verts ; en 2024, les commandements ont reconnu que l’ensemble devait réduire ses effectifs d’environ 5 000 hommes en cinq ans. La demande, quant à elle, n’a cessé de croître : deux opérations de premier plan en territoire hostile en à peine trois mois en 2026 en témoignent.

Classement des unités américaines

N° Unité Sélection. Rendement Vers. Exp. Ren. Infl. Note

1 Delta Force (1st SFOD-D) 10 10 9 10 10 9 98,0

2 CIA : Ground Branch (SAC) † 10 9 10 8,5 10 8 94,5

3 DEVGRU (SEAL Team 6) 10 9 10 9,5 9,5 8 94,25

4 Bérets verts (Forces spéciales) 8 8 9 7,5 8 10 82,5

5 24e Escadron de tactiques spéciales 9 8 6 9 7 6 77,0

6 Équipes SEAL (hors DEVGRU) 8 7 8 7 7,5 7 74,75

7 75e régiment de Rangers 7 8 6 9 7 7 73,0

8 Marine Raiders (MARSOC) 7 7 8 6 6 5 65,5


Le reste du monde : les unités militaires

Royaume-Uni : le précurseur

SAS (Special Air Service)

Fondé en 1941 par David Stirling dans le désert nord-africain, le SAS est le précurseur des forces spéciales modernes : le Delta, le SASR australien, le SAS néo-zélandais et une grande partie des unités européennes s’inspirent de son modèle, et sa devise — « Who Dares Wins » (qui ose gagne) — est sans doute la plus imitée au monde.

Son palmarès comprend l’assaut de l’ambassade d’Iran à Londres en mai 1980 (opération Nimrod), retransmis en direct ; l’opération Barras en Sierra Leone (2000), au cours de laquelle il a libéré des militaires britanniques pris en otage ; et une campagne de centaines de raids contre Al-Qaïda en Irak entre 2003 et 2009. Son processus de sélection, commun avec le SBS, reste la référence mondiale, et aucune unité ne jouit d’une plus grande renommée parmi les spécialistes : c’est la seule à obtenir la note maximale à la fois en termes de renommée et d’influence.

Le régiment fait l’objet de l’enquête indépendante relative à l’Afghanistan, présidée par le magistrat Sir Charles Haddon-Cave, qui examine les exécutions présumées de détenus lors de raids nocturnes entre mi-2010 et mi-2013, ainsi que leur éventuelle dissimulation.

L’enquête, qui avait coûté 58 millions de livres jusqu’en mars 2026, n’a pas encore publié ses conclusions et a subi un nouveau retard en septembre, lorsque le ministère de la Défense a fourni près de cent millions de documents qu’il avait initialement écartés. Il s’agit d’une question de souveraineté et de responsabilité de l’État britannique qui, selon les critères de cette étude, n’est pas prise en compte. Selon ces critères, le SAS occupe la quatrième place mondiale, à un demi-point de la CIA et à un quart de point du DEVGRU.

SBS (Special Boat Service)

Il s’agit de l’unité maritime des forces spéciales britanniques, dont la sélection s’effectue conjointement avec celle du SAS, de sorte que la qualité de ses opérateurs est comparable. Le 14 juin 2026, le Royaume-Uni a arraisonné dans la Manche le pétrolier Smyrtos, appartenant à la « flotte fantôme » russe — ce réseau de navires battant pavillon de complaisance qui transportent du pétrole brut russe en contournant les sanctions —, lors de la première opération de ce type menée par Londres.

Officiellement, l’opération a été menée par les Royal Marines du 42e Commando, validé en février en tant que groupe opérationnel maritime des forces spéciales ; selon la publication spécialisée Navy Lookout, l’assaut a très probablement été mené par le SBS. Londres ne confirme jamais les interventions de ses forces spéciales, ce qui réduit leur historique vérifiable.

Israël : l’excellence née de la guerre permanente

Israël place trois unités militaires — outre celles du Mossad — parmi les dix premières au monde. L’explication est simple : depuis le 7 octobre 2023, ses forces spéciales opèrent sans interruption à Gaza, au Liban, en Syrie et en Iran, à un rythme que seules les unités ukrainiennes ont connu au cours de ce siècle.

Sayeret Matkal (Unité de reconnaissance de l’état-major)

Créée en 1957 et relevant de la Direction du renseignement militaire (Aman), c’est l’unité qui a formé plusieurs Premiers ministres et qui incarne le modèle israélien d’opération guidée par le renseignement loin du territoire national. Son opération emblématique, le sauvetage d’Entebbe (Ouganda, 1976), au cours duquel son chef, Yonatan Netanyahu, a trouvé la mort, continue d’être étudiée dans toutes les académies.

Son histoire comporte également des échecs douloureux : Ma'alot (1974), où plus de vingt otages, pour la plupart des écoliers, ont trouvé la mort ; l’accident de Tze’elim (1992), au cours duquel cinq militaires ont trouvé la mort lors d’un entraînement en vue d’une opération contre Saddam Hussein ; ou encore l’opération secrète découverte à Khan Yunis (2018), qui a coûté la vie à un lieutenant-colonel. Sa sélection compte parmi les plus exigeantes au monde. Les médias de l’opposition iranienne lui ont attribué, ainsi qu’à Shaldag, une participation au sauvetage des Zagros ; les Forces de défense israéliennes l’ont catégoriquement démenti et cette étude n’en tient pas compte.

Shayetet 13 (Flottille 13)

Ce commando naval israélien est l’équivalent fonctionnel du DEVGRU et du SBS, avec une sélection extrêmement exigeante. Il a intercepté en haute mer des cargaisons d’armes iraniennes destinées à des organisations terroristes — le Karine A en 2002, le Francop en 2009 — et, en novembre 2024, il a capturé à Batroun, au nord du Liban, un responsable naval de l’organisation terroriste du Hezbollah. Il compte parmi ses opérations l’embuscade d’Ansariya (Liban, 1997), au cours de laquelle douze de ses hommes ont trouvé la mort, ainsi que l’abordage mouvementé du Mavi Marmara (2010).

Shaldag (Unité 5101)

Fondée en 1974 par Muki Betser avec des vétérans du Matkal, puis transférée à l’Armée de l’air, cette unité combine les missions de commandos, de reconnaissance spéciale, de désignation d’objectifs pour l’aviation et de sauvetage au combat. Son palmarès compte un exploit récent et documenté : l’opération « Muchos Caminos », le 8 septembre 2024, au cours de laquelle une centaine de commandos de la Shaldag et vingt spécialistes du sauvetage de l’Unité 669 ont volé à bord de quatre hélicoptères CH-53 sur environ 200 kilomètres à l’intérieur de la Syrie, ont passé un peu plus de deux heures et demie au sol, ont détruit une usine souterraine de missiles de précision construite par l’Iran près de Masyaf, puis sont revenus sans un seul blessé. En mars 2026, le chef de l’armée de l’air israélienne, le général Tomer Bar, a informé ses subordonnés que ses unités spéciales menaient des missions secrètes en soutien à la campagne contre l’Iran. Sa moindre notoriété internationale, fruit de sa discrétion, la place derrière le Matkal et le Shayetet.

France : l’école du Sahel

COS (Commandement des Opérations Spéciales)

La France a unifié ses forces spéciales militaires le 24 juin 1992, après que la guerre du Golfe eut révélé de graves lacunes en matière de coordination. Le COS dirige, entre autres unités, le 1er RPIMa, le 13e RDP, spécialisé dans la reconnaissance en profondeur, et les commandos navals, dont le Commando Hubert, composé de plongeurs de combat.

Son expérience au Sahel est la plus intense d’Europe occidentale depuis le début de ce siècle : en 2019, le Commando Hubert a libéré quatre otages au Burkina Faso au prix de la vie de deux de ses sous-officiers, et en juin 2020, les forces françaises ont neutralisé au Mali le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelmalek Drukdel. Selon les chiffres communiqués au Parlement, le COS représente environ 10 % des effectifs français déployés à l’étranger, avec une part marginale du budget de la défense.

Europe du Nord et Pologne

FSK (Forsvarets Spesialkommando)

Créée en 1982, cette unité norvégienne est probablement la plus sous-estimée au monde par le grand public et l’une des plus appréciées par les spécialistes. En Afghanistan, elle a opéré dès 2001 aux côtés du Delta Force et des SEAL, et l’amiral William McRaven, alors à la tête du JSOC, a classé les forces spéciales norvégiennes parmi les meilleures au monde. Elle fait figure de référence alliée en matière de guerre arctique, un domaine que la proximité de la péninsule de Kola, base de la Flotte du Nord russe, rend stratégique. En 2014, elle a créé la Jegertroppen (Troupe des chasseurs), première unité d’opérations spéciales exclusivement féminine, avec des taux d’abandon avoisinant les 96 %, similaires à ceux de la FSK elle-même. Sa limite réside dans le manque d’expérience : la Norvège n’a pas connu la guerre et son historique public est court.

GROM (Grupa Reagowania Operacyjno-Manewrowego)

Créée le 13 juillet 1990 par le lieutenant-colonel Sławomir Petelicki et héritière des « Cichociemni » — les parachutistes polonais largués sur la Pologne occupée pendant la Seconde Guerre mondiale —, l’unité s’est attiré le respect des Américains en Irak en mars 2003, lorsqu’elle a pris, aux côtés des SEAL, les terminaux pétroliers de Khor al-Amaya et de Bassorah sans tirer un seul coup de feu. Elle a participé à l’évacuation de Kaboul en 2021 et a accueilli son nouveau chef, le colonel Krzysztof Mila, le 1er avril 2026. Sa renommée parmi les spécialistes dépasse son expérience récente du combat, qui est limitée.

Le Commonwealth

SASR (Special Air Service Regiment, Australie)

En termes de qualité des opérateurs, de sélection et de réputation parmi les spécialistes, le SASR figure parmi les meilleures unités au monde ; selon les critères de cette étude, il occupe la treizième place, à égalité de points avec le COS français. Le rapport Brereton (2020) a mis en évidence des preuves crédibles de 39 homicides illégitimes d’Afghans lors de 23 incidents imputables à 25 militaires, pour la plupart issus du régiment, et le 2e escadron a été dissous ; Ben Roberts-Smith, titulaire de la Croix de Victoria et militaire le plus décoré du Commonwealth, a été arrêté le 7 avril 2026, inculpé de cinq chefs d’accusation de meurtre qualifiés de crimes de guerre, et bénéficie de la présomption d’innocence. Il s’agit là de faits d’une gravité extrême pour la souveraineté et la responsabilité de l’État australien, que cette étude ne mentionne pas.

JTF2 (Joint Task Force 2, Canada). Unité discrète et compétente, créée en 1993, ayant acquis de l’expérience en Afghanistan et en Irak, où l’un de ses tireurs a abattu en 2017 un combattant de l’État islamique à environ 3 500 mètres, le tir le plus long jamais confirmé de l’histoire. La politique canadienne de confidentialité limite l’accès au public à son historique.

Russie : la leçon à ne pas suivre en matière d’utilisation des forces spéciales

Spetsnaz du GRU et du KSSO

Les brigades « spetsnaz » du GRU et du KSSO (Commandement des forces d’opérations spéciales), créé en 2013, ont joué un rôle central dans l’annexion de la Crimée en 2014 — les « petits hommes verts » sans insignes — et sont intervenues en Syrie. En Ukraine, le commandement russe les a déployées comme infanterie d’assaut au cours des premiers mois de l’invasion.

Selon des documents des services de renseignement américains divulgués en 2023, quatre des cinq brigades revenues d’Ukraine à la fin de l’été 2022 avaient subi des pertes importantes ; l’une d’entre elles ne comptait plus que 125 hommes en service actif sur les 900 déployés, et Washington estimait que leur reconstitution pourrait prendre jusqu’à une décennie. En octobre 2026, deux groupes de sa 10e brigade sont tombés dans une embuscade tendue par les services de renseignement ukrainiens. La perte de cadres chevronnés et de prestige parmi les spécialistes s’explique par une approche qui privilégie la gestion plutôt que les effectifs bruts.

Allemagne : trente ans de crise

KSK (Kommando Spezialkräfte)

Créé en 1996 à Calw, le KSK fête ses trente ans sans avoir atteint la renommée de ses homologues britanniques ou français. En 2020, après la découverte de matériel nazi, d’armes et d’explosifs dans la propriété de l’un de ses sous-officiers, la ministre Annegret Kramp-Karrenbauer a dissous l’une de ses quatre compagnies de combat — environ soixante-dix hommes — et imposé plus de soixante mesures de réforme.

L’unité se réoriente aujourd’hui vers la défense collective de l’Alliance et forme les forces spéciales ukrainiennes, dont elle reconnaît tirer des enseignements à son tour ; sa mauvaise réputation tient à un passé de combat limité et à un prestige international qu’elle n’a pas encore retrouvé. C’est, à petite échelle, le portrait d’une Europe qui, pendant deux décennies, n’a pas pris au sérieux sa propre défense.

Espagne : une efficacité sans vitrine

MCOE (Commandement conjoint des opérations spéciales)

L’Espagne regroupe ses forces spéciales militaires sous l’égide du MCOE, dont le siège se trouve à Retamares (Madrid), qui coordonne le MOE (basé à Alicante), la FGNE et l’EZAPAC. Ses missions récentes — formation des forces spéciales irakiennes depuis 2015, en Afghanistan, au Mali, en République centrafricaine, ainsi que l’évacuation du Soudan en 2023 — témoignent de sa fiabilité et de son excellente réputation auprès des alliés.

En 2026, l’Espagne a dirigé pour la deuxième année consécutive le Commandement des opérations spéciales de la Force de réaction alliée de l’OTAN lors de l’exercice Steadfast Dart 26, le plus grand exercice multidomaine de l’Alliance cette année-là.

Un ancien chef d’état-major de la Défense est allé jusqu’à les classer « parmi les meilleures », juste derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. Il s’agit d’une auto-évaluation que les données ouvertes ne permettent pas de confirmer, bien qu’elles ne la contredisent pas non plus en ce qui concerne la qualité des opérateurs. Ce qui les relègue dans ce classement, c’est l’absence de combats de haute intensité et une renommée internationale inférieure à leur valeur réelle ; ce sont les investissements et la visibilité qui fixent la limite, et non les hommes.

Unités pour lesquelles les données sont insuffisantes

Sont exclues du classement, faute d’antécédents vérifiables, des unités probablement très compétentes — la 707e brigade des missions spéciales sud-coréenne, les forces spéciales turques, très actives en Syrie et en Irak, les Para SF et les commandos navals MARCOS indiens, ou encore les unités jordaniennes — ainsi que d’autres dont la capacité réelle reste une inconnue : les unités chinoises, issues d’une armée sans expérience de la guerre depuis les années 1980, et les unités iraniennes, au service d’un régime oligarchique-djihadiste qui a toujours préféré agir par l’intermédiaire d’organisations terroristes plutôt qu’avec ses propres unités.

Classement du reste du monde

N° Unité Sélection Rendement Exp. Ren. Infl. Note

1 SAS (22 SAS) 10 9 9 7 10 10 94,0

2 Mossad : Césarée et Kidon † 9,5 9 8 10 9,5 8 91,5

3 Sayeret Matkal 10 9 8 9 9 8 90,5

4 SBS 10 8 9 7 9 7 86,5

5 Shayetet 13 10 8,5 8 9 8 6 85,0

6 Shaldag (Unité 5101) 9 8,5 7 9,5 8 6 82,0

7 FSK 9 8 8 6 8,5 7 80,75

8 COS (1er RPIMa, 13e RDP, C. Hubert) 8 8 9 8 7,5 7 78,75

9 SASR 9 8 8 5 8,5 6 78,75

10 DGSE : Service Action † 8,5 6,5 9 7 8 6 76,25

11 HUR : unités spéciales † 6 8 8 10 7 8 74,5

12 GROM 8 7 8 5 8 7 74,0

13 JTF2 8 7 8 5 7,5 5 70,75

14 MCOE (MOE, FGNE, EZAPAC) 7 6 8 5 6 6 63,5

15 KSK 8 6 7 4 6,5 4 63,25

16 Spetsnaz du GRU et du KSSO 6 5 6 8 5 4 55,5

17 GRU : Unité 29155 † 6 4 6 7 3 3 46,5


Les forces clandestines des services de renseignement

Aucun classement sérieux ne peut ignorer les unités paramilitaires des services de renseignement. De nombreux spécialistes les placent au-dessus des unités militaires, et cet argument est fondé : elles recrutent parmi les meilleurs vétérans de ces dernières, leur dispensent une formation aux techniques clandestines et opèrent sans uniforme, sans couverture et, souvent, sans possibilité de sauvetage. La difficulté qu’elles posent pour une étude comme celle-ci est inversement proportionnelle à leur valeur : leurs antécédents vérifiables sont, par définition, les plus rares.

CIA

La Ground Branch de la Division des activités spéciales. La Division des activités spéciales est la branche chargée des opérations secrètes de la CIA. Son Groupe des opérations spéciales comprend des départements aérien, maritime et terrestre ; le département terrestre, la Ground Branch, est la force paramilitaire clandestine la plus connue au monde. Elle ne compte qu’une centaine d’agents, bien moins que le Delta ou le DEVGRU, et recrute principalement parmi les vétérans de ces deux unités, auxquels elle exige en outre un diplôme universitaire et la formation clandestine dispensée par l’agence. Elle peut recevoir des ordres directement du président ou du Conseil de sécurité nationale. De nombreux experts américains en matière de sécurité considèrent ses agents comme l’élite des unités de mission spéciale, et l’ancien directeur de la CIA, Leon Panetta, a qualifié son action au Pakistan d’arme la plus efficace contre les dirigeants d’Al-Qaïda.

Son palmarès connu est extraordinaire. L’équipe Jawbreaker, dirigée par Gary Schroen, a été la première à entrer en Afghanistan après le 11 septembre et, aux côtés des Bérets verts, a conduit l’Alliance du Nord à la chute du régime taliban ; ses équipes sont entrées au Kurdistan irakien avant l’invasion de 2003 et ont participé, avec le Delta Force, à la force qui a capturé Saddam Hussein. L’opération contre Ben Laden de 2011 a été menée sous l’autorité de la CIA. En 2026, l’agence a maintenu pendant des mois une équipe à Caracas sans être détectée, a localisé le pilote abattu dans les Zagros et, selon diverses informations, a contribué à organiser la réunion au cours de laquelle le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a trouvé la mort le 28 février ; les sources ouvertes ne précisent pas quelle part de ces missions revenait à la Ground Branch. Son palmarès comprend Tora Bora (2001), d’où Ben Laden s’est échappé, ainsi qu’une longue liste d’agents tombés au combat que l’agence honore sans les nommer.

Selon les critères de cette étude, la Ground Branch est la deuxième meilleure unité au monde (94,5). Elle est à égalité avec la Delta Force en matière de sélection et de renommée, et la surpasse en polyvalence ; elle se classe un demi-cran derrière en termes de performances vérifiables et d’expérience documentée, non pas en raison d’une infériorité avérée, mais parce que la majeure partie de son travail est invisible. Ceux qui accordent pleinement crédit à ce qui ne peut être vérifié auront des arguments pour la placer en tête, comme le soutiennent bon nombre de spécialistes.

Mossad

Les unités opérationnelles. Les services secrets israéliens ne reconnaissent pas la structure de leurs unités d’action ; les sources ouvertes mentionnent la division Césarée, chargée des opérations à l’étranger, et sa section Kidon. Son bilan récent est sans égal : le vol à Téhéran de plus de cent mille documents des archives nucléaires iraniennes (2018) ; l’élimination du physicien Mohsen Fajrizadé à l’aide d’une arme télécommandée (2020) ; l’explosion simultanée de milliers de balises et de radios appartenant à des membres de l’organisation terroriste Hezbollah (2024) ; l’installation, pendant des mois, de bases clandestines de drones et de missiles en Iran, à partir desquelles ses agents ont attaqué des batteries antiaériennes et des lance-missiles au début de l’offensive israélienne de juin 2025 ; et, selon diverses informations, la collaboration avec les États-Unis dans l’opération qui a mis fin à Khamenei en 2026. Ses échecs sont tout aussi célèbres — Lillehammer (1973), Amman (1997), Dubaï (2010) —, et en 2026, l’insurrection interne que le service espérait provoquer en Iran n’a pas eu lieu. Il occupe la cinquième place mondiale (91,5).

DGSE Service Action

Le Service d’action de la DGSE française s’organise en trois centres : le CPES de Cercottes, pour les agents clandestins ; le CPIS de Perpignan, pour les commandos spéciaux ; et le CPEOM de Quélern, pour les plongeurs de combat. Il recrute principalement parmi les parachutistes et les forces spéciales de l’armée de terre et fait preuve d’une grande polyvalence. Son histoire publique est toutefois marquée par deux échecs : le naufrage du Rainbow Warrior à Auckland (1985), qui a conduit à l’arrestation de ses agents, et la tentative ratée de libération de l’agent Denis Allex en Somalie (2013), au cours de laquelle deux commandos et l’otage ont trouvé la mort. Ses succès, qui existent bel et bien, restent classés secrets. Elle occupe la quinzième place (76,25).

HUR

Les unités spéciales des services de renseignement militaires ukrainiens. Les unités spéciales de la HUR relèvent d’un service de renseignement et possèdent plus d’expérience de combat réel que n’importe quelle autre force au monde. Leurs groupes — Timur, Bratstvo, Shamanbat, au sein desquels combattent des Tchétchènes opposés à Moscou, ou les « Fantômes » qui opèrent en Crimée — ont multiplié en 2026 les incursions en profondeur : en avril, ils ont détruit en Crimée des vedettes de débarquement et un avion amphibie Be-12 ; le même mois, Bratstvo a traversé le lit asséché du réservoir de Kajovka et capturé un officier du GRU ; entre février et avril, ils ont infligé de lourdes pertes à l’unité tchétchène Ajmat dans la région de Soumy après avoir placé un dispositif d’écoute dans son quartier général ; et en octobre, ils ont tendu une embuscade à deux groupes de Spetsnaz russes.

La quasi-totalité de ces informations provient de la HUR elle-même et n’a pas fait l’objet d’une vérification indépendante, ce qui, ajouté à une sélection moins rigoureuse que celle de ses homologues occidentaux, explique sa dix-septième place (74,5). Par ailleurs, il convient de mentionner l’opération « Telaraña » menée par le SBU en juin 2025, au cours de laquelle des drones dissimulés dans des camions ont atteint des bombardiers stratégiques stationnés sur des bases situées à des milliers de kilomètres du front.

GRU

L’unité 29155. Il s’agit de l’unité de sabotage et d’assassinat à l’étranger des services de renseignement militaires russes. On lui attribue les explosions des dépôts de munitions de Vrbětice (République tchèque, 2014), l’empoisonnement d’un trafiquant d’armes en Bulgarie (2015), la tentative de coup d’État au Monténégro (2016) et l’attaque à l’agent neurotoxique contre Sergueï Skripal à Salisbury (2018), ainsi que des cyberattaques contre l’Ukraine pour lesquelles la justice américaine a poursuivi plusieurs de ses officiers en 2024. Presque toutes ces opérations ont échoué — les victimes ont survécu, le coup d’État a été avorté — et leurs agents ont été identifiés, nom et photo à l’appui, par des journalistes d’investigation. C’est la dernière place du classement (46,5) : la preuve que le manque de scrupules ne remplace pas la qualité.

Les unités qui ne sont pas notées. Le Royaume-Uni dispose d’un escadron mixte issu de ses forces spéciales qui travaille pour le MI6 — appelé « Escadron E » —, sur lequel il n’existe pas suffisamment d’informations publiques ; l’Espagne ne dispose pas de force paramilitaire connue au sein de ses services de renseignement.

N° Unité Sélection Rendement Vers. Exp. Ren. Inf. Note

1 CIA : Ground Branch (SAC) 10 9 10 8,5 10 8 94,5

2 Mossad : Césarée et Kidon 9,5 9 8 10 9,5 8 91,5

3 DGSE : Service Action 8,5 6,5 9 7 8 6 76,25

4 HUR : unités spéciales 6 8 8 10 7 8 74,5

5 GRU : Unité 29155 6 4 6 7 3 3 46,5


Les grandes unités de police antiterroristes sont, dans leur domaine, aussi sélectives que les unités militaires, mais leur mission — intervenir sur leur propre territoire, selon les règles d’engagement policières et sous contrôle judiciaire — empêche de les comparer dans le même tableau. Elles sont ici évaluées de manière qualitative.

Six leçons tirées de la période 2024-2026

La frontière entre l’armée et les services de renseignement s’est estompée :

Les grandes opérations de ces dernières années — Ben Laden en 2011, Caracas et les Zagros en 2026, la campagne israélienne en Iran — ont associé des unités militaires de premier plan à des services de renseignement qui les précèdent, les guident et agissent parfois à leur place. Le général Stanley McChrystal, qui a commandé le JSOC entre 2003 et 2008, l’a résumé dans Foreign Policy (2011) : « It takes a network to defeat a network » (il faut un réseau pour vaincre un réseau).

C’est l’écosystème qui décide, même s’il ne marque pas de points :

À Caracas, plus de 150 appareils et des mois de travail de la CIA, de la NSA et de la NGA ont permis de soutenir quelques dizaines d’opérateurs. Dans les Zagros, selon le président Trump, 155 appareils ont été mobilisés, dont 64 chasseurs et 48 avions-citernes ; Reuters a rapporté que la centaine de militaires de la base improvisée s’est retrouvée, pendant environ deux heures, sans possibilité immédiate d’évacuation, et les appareils détruits ont coûté environ 300 millions de dollars, des pertes que le général Kenneth McKenzie, ancien chef du Commandement central, a jugées acceptables.

À Masyaf, des dizaines d’avions israéliens ont couvert 120 commandos. Un bon opérateur sans ce soutien reste un bon opérateur ; avec ce soutien, il devient une capacité stratégique.

Le sanctuaire aérien a pris fin :

Le F-15E des Zagros a été abattu par un missile portable, probablement d’origine chinoise selon un expert américain, et un A-10 a également été abattu pendant l’opération de sauvetage. Plusieurs analystes y ont vu les limites de la supériorité aérienne, et l’un d’entre eux a affirmé que le sauvetage de personnel avait cessé d’être une obligation tactique pour devenir un impératif stratégique lié à la réputation nationale. En Ukraine, le drone rend tout mouvement visible : l’invisibilité, matière première des forces spéciales, est aujourd’hui une denrée rare.

La légitimité est une question de souveraineté :

Les enquêtes sur le SAS en Afghanistan, les poursuites contre Roberts-Smith, la crise du KSK ou la mission du DEVGRU en Corée du Nord ne mesurent pas l’expertise de leurs opérateurs, mais la responsabilité des États qui les emploient et de ceux qui les commandent. C’est pourquoi ils n’entrent pas en ligne de compte dans l’évaluation. Leur effet réel se situe à un autre niveau : ils conditionnent la marge de manœuvre politique dont dispose chaque gouvernement pour employer ses meilleurs éléments.

Le scalpel n’est pas un couteau multifonctions :

L’amiral William McRaven a démontré dans Spec Ops (1995) qu’une petite force ne parvient à prendre le dessus sur une force plus importante que pendant un court laps de temps et uniquement si l’opération est simple, secrète, répétée, surprise, rapide et dotée d’un objectif clair ; en dehors de ces conditions, l’avantage s’évapore.

Une analyse du Cato Institute datant de mars 2026 a averti que Washington avait tendance à utiliser le « bistouri » de ses forces spéciales comme s’il s’agissait d’un outil multifonction, et a jugé extrêmement risquée l’idée de raids visant à s’emparer de l’uranium enrichi iranien. La guerre en Iran le confirme : le succès tactique, aussi brillant soit-il, ne remplace ni une stratégie ni la planification de l’après-conflit.

L’Europe dispose d’opérateurs, pas de systèmes :

Les Britanniques, les Français, les Norvégiens, les Polonais et les Espagnols comptent des hommes de premier ordre, et le SAS et le SBS figurent parmi les sept meilleurs au monde.

Presque aucun pays européen ne dispose cependant de l’aviation spéciale, des services de renseignement et des moyens qui transforment un bon opérateur en une capacité stratégique. L’abordage du Smyrtos démontre que, lorsqu’il y a une volonté politique, les capacités existantes sont efficaces ; la pénurie de facilitateurs dans le reste du continent montre à quel point il est coûteux de ne pas avoir eu cette volonté pendant vingt ans.

Conclusions

À l’aune de la qualité de ses opérateurs et de sa réputation parmi les grands spécialistes, la Delta Force est la meilleure unité d’opérations spéciales au monde (98,0).

Elle est suivie de très près par la Ground Branch de la CIA (94,5), dont les agents sont pour la plupart d’anciens membres de la Delta Force et du DEVGRU et dont le classement exact dépend de la crédibilité accordée à des informations non vérifiables. Le DEVGRU et le SAS complètent, pratiquement à égalité, le groupe de tête ; le Mossad et le Sayeret Matkal ferment la marche de ce groupe restreint d’unités dépassant les 90 points. Les Marine Raiders, troisième unité de la vidéo à l’origine de cette étude, constituent une bonne force de deuxième niveau qui n’aurait jamais dû être comparée aux deux autres.

Si l’on devait résumer cette étude en une phrase : les meilleurs opérateurs du monde se répartissent entre une douzaine de pays et une poignée de services secrets, mais seuls deux ou trois États disposent du système permettant de transformer leur qualité en résultats stratégiques.

atalayar.com

mardi 3 novembre 2026

Ports et corridors d’Afrique de l’Est : recomposition géoéconomique et rivalités de puissance dans l’océan Indien

 

L’Afrique de l’Est apparait aujourd’hui comme l’un des espaces les plus stratégiques de la mondialisation contemporaine. Le sommet Africa Forward, qui s’est tenu à Nairobi, au Kenya, les 11 et 12 mai 2026, l’a confirmé, s’inscrivant dans le sillage d’un élan continental impulsé par les Africains pour les Africains lors du sommet The Africa We Build, les 23 et 24 avril 2026, toujours à Nairobi.

Dans ce contexte, les ports de Mombasa (Kenya), Dar es-Salaam (Tanzanie), Maputo, Beira ou Nacala (Mozambique), associés aux grands corridors ferroviaires et routiers reliant l’intérieur du continent à l’océan Indien, structurent désormais un système logistique essentiel pour les échanges énergétiques, miniers et manufacturiers. Dans cette région, le contrôle des interfaces maritimes conditionne directement l’intégration des économies nationales aux chaines de valeur mondiales et redéfinit les équilibres mondiaux.

Cette montée en puissance des infrastructures portuaires et des corridors s’inscrit dans un contexte de transformation rapide des flux mondiaux. La croissance démographique, l’urbanisation accélérée des métropoles côtières, l’augmentation des besoins énergétiques et l’intensification des échanges avec l’Asie renforcent la centralité de l’océan Indien dans l’économie mondiale.

Ces dynamiques ont été renforcées par l’inscription du projet des nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative — BRI) dans la Constitution chinoise en 2018, qui a poussé les investissements de Pékin plus au sud du continent, dans une stratégie de présence intégrée. D’autre part, les effets du conflit entre Israël et le Hamas ont détourné une partie des routes maritimes d’approvisionnement stratégique de l’Europe du détroit de Bab el-Mandeb (-70 %) vers le sud, le long de la côte est du continent, afin de passer par le cap de Bonne-Espérance (+89 %). Le canal du Mozambique enregistrait ainsi en 2024 l’équivalent du volume de trafic du rail d’Ouessant. Les ports est-africains deviennent des points de passage stratégiques où convergent intérêts commerciaux, rivalités géopolitiques et enjeux de souveraineté.

Dans ce contexte, les investissements étrangers jouent un rôle déterminant. La Chine, les États-Unis, les Émirats arabes unis (EAU), l’Inde ou encore la Turquie cherchent à consolider leurs positions dans la région par le financement d’infrastructures, la gestion portuaire, la maitrise des données logistiques et le contrôle des chaines d’approvisionnement. Les ports et corridors d’Afrique orientale ne sont donc plus de simples équipements de transport : ils deviennent des instruments de puissance et des espaces de compétition systémique.

Infrastructures stratégiques et montée en puissance des ports est-africains

Les infrastructures portuaires de l’Afrique de l’Est connaissent une transformation profonde liée à la croissance rapide des échanges régionaux et internationaux. Plus de 90 % du commerce extérieur africain transite aujourd’hui par voie maritime (1), ce qui confère aux ports un rôle décisif dans la compétitivité économique des États et dans le fonctionnement des arrière-pays enclavés.

En Tanzanie, le port de Dar es-Salaam constitue aujourd’hui l’un des principaux hubs régionaux. Le projet « Dar es-Salaam Maritime Gateway », soutenu par la Banque mondiale, l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et DP World, a permis d’approfondir les quais à 14,5 mètres et de moderniser les terminaux à conteneurs. Le temps d’attente des navires est passé de quarante-six jours en mai 2024 à zéro en novembre de la même année, puis à 1,46 jour en mai 2026. Le volume de fret est passé de 18 millions de tonnes en 2021-2022 à 27,7 millions de tonnes en 2024-2025, avec un objectif de 30 millions de tonnes fin 2026 (2).

Au Kenya, le port de Mombasa demeure l’infrastructure logistique dominante de l’Afrique orientale. En 2025, il a traité 45,5 millions de tonnes de marchandises, mais a surtout atteint un niveau de transit de 15,88 millions de tonnes, soit une hausse de plus de 19 %. Le corridor nord, qui lui est associé, dessert l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud et l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Environ 80 % des marchandises ougandaises transitent par Mombasa, illustrant la dépendance structurelle des États enclavés à l’égard des infrastructures littorales kényanes, mais aussi la vulnérabilité du port kényan aux effets économiques de l’instabilité liée aux conflits armés et à la menace terroriste grandissante dans ces pays.

Le Mozambique développe également un ensemble portuaire de premier plan autour de Maputo, Beira et Nacala. Le port de Nacala bénéficie des investissements de la JICA, particulièrement présente sur toute la côte est-africaine ainsi qu’à Madagascar, notamment dans le port de Toamasina. Ces investissements ont contribué à la remise à niveau du troisième port mozambicain en matière de longueur d’accueil à quai et de profondeur. Avec une capacité de 250 000 EVP (équivalents vingt pieds) par an, adossé à son corridor ferroviaire et routier, il structure désormais les flux régionaux de céréales, d’engrais ou encore de carburant. Les projections indiquent une multiplication par dix des flux portuaires à Nacala d’ici à 2030.

En Tanzanie encore, Bagamoyo est conçu comme un mégaport capable d’accueillir les plus grands porte-conteneurs, avec 28 postes d’amarrage et une profondeur prévue de 20 mètres. Avec un investissement de 10 milliards d’euros porté par le consortium China Merchants Company et State General Fund Sultanate of Oman, sa capacité devrait atteindre 20 millions d’EVP par an à l’horizon 2045. Ces projets traduisent la volonté des États est-africains de capter une part croissante des flux maritimes mondiaux et de repositionner l’Afrique orientale sur les routes indo-océaniques. Or ces routes dépendent aussi des compagnies maritimes : à cet égard, l’annonce de 700 millions d’euros d’investissement par CMA CGM dans les infrastructures kényanes constitue un signal fort.

La concurrence portuaire régionale s’intensifie à travers de nouveaux projets structurants de corridors, remarquablement interconnectés dans une perspective d’intégration régionale.


Corridors terrestres et intégration régionale

Le corridor de transport Port de Lamu-Soudan du Sud-Éthiopie (LAPSSET) est sans doute la meilleure illustration de cette dynamique. Considéré comme une colonne vertébrale de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), vaste marché commun exempt de droits de douane devant regrouper à terme 55 pays du continent, il doit connecter l’Éthiopie et le Soudan du Sud à l’océan Indien par le port de Lamu (Kenya), inauguré en 2021 à partir de financements chinois. La capacité actuelle de Lamu est de 1,2 million d’EVP. Le projet LAPSSET vise à créer une plateforme multimodale structurante. L’intégration du corridor et de la zone économique spéciale (ZES) repose sur la synergie entre le port, les routes, les chemins de fer et les parcs industriels. L’Éthiopie y voit une alternative à Djibouti — une option confortée par les tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb — tandis que les Émiriens, par l’intermédiaire d’AD Ports Group, y confirment leur stratégie d’expansion et d’influence le long de l’océan Indien occidental. Toutefois, de nombreux retards sont liés à des obstacles sociaux, environnementaux et sécuritaires. Lamu incarne donc une ambition régionale encore freinée par des contraintes locales.

Par ailleurs, les corridors nord, central et de Nacala constituent aujourd’hui les principaux axes de circulation régionale. Ils associent infrastructures ferroviaires, réseaux routiers, plateformes douanières et ZES. Le corridor nord, centré sur Mombasa, demeure l’axe logistique le plus actif de la région. Il assure l’essentiel des échanges de l’Ouganda, du Rwanda et du Soudan du Sud avec les marchés mondiaux. Le corridor central, connecté au port de Dar es-Salaam, connait une forte progression, qui traduit l’amélioration des infrastructures tanzaniennes, mais aussi le repositionnement stratégique de Dar es-Salaam face à Mombasa. Le corridor de Nacala, qui relie le port de Nacala au Malawi, à la Zambie et à la zone minière de Moatize, au Mozambique, joue un rôle clé dans les exportations minérales et agricoles.

Ces corridors sont gérés par des institutions régionales spécialisées. L’Autorité de coordination du transit et du transport du corridor nord (en anglais NCTTCA) supervise le transit via Mombasa. Créée en 1985, elle regroupe sept pays membres — Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi, RDC, Soudan du Sud et Éthiopie — et œuvre à l’harmonisation des réglementations douanières. L’Agence de facilitation du transport et du transit du corridor central (en anglais CCTTFA) coordonne les opérations le long du corridor de Dar es-Salaam. Elle regroupe la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et la RDC, et s’attache à réduire les temps de transit et les couts logistiques. Ces cadres institutionnels contribuent à sécuriser les flux commerciaux, à renforcer la coopération entre les États et à améliorer la fluidité globale des échanges régionaux.

L’importance géopolitique des corridors tient également à leur capacité à structurer les territoires. Les ZES implantées le long des axes ferroviaires favorisent la concentration industrielle et la spécialisation régionale. À Mtwara, dans le Sud de la Tanzanie, la création d’une ZES vise à attirer les investissements liés au gaz naturel, au ciment et à l’agroalimentaire.

Ces perspectives et enjeux suscitent l’intensification des rivalités entre puissances étrangères autour des infrastructures est-africaines.

La Chine et la diplomatie des infrastructures

La Chine occupe une position centrale dans la transformation des infrastructures est-africaines. Ses investissements concernent les ports, les chemins de fer, les zones industrielles, les infrastructures énergétiques et les plateformes logistiques. Cette présence vise à renforcer l’intégration de l’Afrique orientale dans les réseaux commerciaux indopacifiques. Les investissements chinois prennent des formes variées : prêts concessionnels, partenariats public-privé, prises de participation directes ou assistance technique. Les entreprises publiques chinoises jouent un rôle majeur dans la construction et la gestion des infrastructures régionales. Le chemin de fer à écartement standard reliant Mombasa à Nairobi constitue l’un des projets emblématiques de cette stratégie. Financé à 90 % par des prêts chinois, pour un montant de 3,6 milliards de dollars, il réduit fortement les délais de transport entre le port kényan et l’intérieur du pays. Toutefois, les systèmes de maintenance, les logiciels ferroviaires et certaines données logistiques portuaires demeurent sous contrôle d’entreprises chinoises.

La présence de Pékin s’étend également aux ressources stratégiques. Au Mozambique, les entreprises chinoises participent à l’exploitation du charbon et du gaz naturel dans le bassin septentrional. En Tanzanie, elles investissent dans l’or, les diamants et les projets gaziers. Les corridors ferroviaires et les ports servent alors de prolongement logistique à l’exploitation des ressources minières et énergétiques.

La stratégie chinoise ne repose cependant pas uniquement sur les infrastructures visibles. Il faut également relever l’importance croissante des systèmes numériques et des plateformes de données logistiques, en particulier des logiciels de gestion portuaire sous maitrise chinoise dans les 78 ports du continent dont la Chine est financeur, constructeur ou gestionnaire. La maitrise des flux d’information devient un levier stratégique aussi important que le contrôle physique des infrastructures. Les infrastructures portuaires et les corridors ne sont plus seulement des outils économiques : ils constituent désormais des instruments d’influence géopolitique.

Rivalités internationales et recompositions géopolitiques

L’Afrique de l’Est est devenue un espace central de rivalités entre puissances mondiales et régionales. Les États-Unis privilégient une approche centrée sur les normes numériques, la sécurisation des chaines d’approvisionnement stratégiques et la sécurité maritime. Les programmes « Africa Partnership Station » et « Cutlass Express » renforcent les capacités navales du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique, tout en intégrant des dispositifs de cybersécurité destinés à limiter l’influence technologique chinoise. Les investissements chinois apparaissent aussi comme une réponse géoéconomique à la géostratégie états-unienne, comme l’illustre la revitalisation des corridors de TAZARA (Tanzania-Zambian Railway Authority) et de Dar es-Salaam. L’axe chinois offre ainsi une alternative à l’écoulement vers l’est des ressources zambiennes par l’océan Indien, en se connectant à la ville charnière de Kapiri Mpochi, sur le corridor de Lobito, tenu à l’ouest par les États-Unis pour une ouverture sur l’Atlantique (3).

Les EAU développent quant à eux une diplomatie portuaire fondée sur les concessions de long terme et la maitrise des données logistiques. À travers DP World, Abou Dhabi investit massivement à Dar es-Salaam ou Maputo. Ces investissements associent modernisation des terminaux, numérisation des infrastructures et intégration des flux commerciaux régionaux à des réseaux logistiques transnationaux dominés par les opérateurs du Golfe. La Turquie et l’Inde adoptent des stratégies plus ciblées, mêlant coopération sécuritaire, investissements portuaires et diplomatie économique. Comme les autres, ces puissances intermédiaires profitent de l’intensification des échanges dans l’océan Indien pour renforcer leur présence dans les espaces littoraux africains. Les ports et corridors deviennent ainsi des dispositifs de projection de puissance.

Développements, dépendances et souveraineté

Les investissements étrangers dans les ports et corridors est-africains produisent des effets ambivalents. D’un côté, ils favorisent la modernisation des infrastructures, stimulent les échanges commerciaux et renforcent l’intégration régionale. Les projets portuaires créent des emplois, attirent des investissements industriels et améliorent les capacités logistiques des États. Les infrastructures contribuent également à l’émergence de nouveaux espaces industriels. Les ZES développées autour des ports de Mtwara, Lamu ou Bagamoyo cherchent à attirer les activités manufacturières, énergétiques et logistiques. Les corridors deviennent ainsi des axes de structuration économique et territoriale.

Toutefois, cette dynamique génère de nouvelles formes de dépendance. L’endettement lié aux grands projets d’infrastructures, la dépendance technologique et le contrôle étranger des systèmes logistiques réduisent parfois les marges de manœuvre des États africains. Les critiques visant certaines concessions de longue durée traduisent ces inquiétudes. Les enjeux environnementaux constituent un autre facteur de tension. Les projets portuaires et ferroviaires provoquent des débats croissants autour des impacts écologiques, notamment dans les zones côtières et les espaces protégés. Certains projets ferroviaires tanzaniens ont suscité des critiques en raison de leur proximité avec des réserves naturelles, tout comme l’oléoduc East African Crude Oil Pipeline (EACOP), destiné à acheminer le pétrole ougandais vers le port de Tanga (Tanzanie). Ces freins locaux et citoyens interrogent l’inclusion by design des visions du développement portées par les sociétés civiles dans ces mégaprojets continentaux.

Les États est-africains cherchent désormais à transformer la concurrence entre puissances étrangères en levier de développement. Les stratégies de diversification des partenaires, les renégociations contractuelles et le renforcement des institutions régionales témoignent de cette volonté de préserver une certaine autonomie stratégique.

Un nouveau pôle logistique et énergétique mondial

La montée en puissance de la façade est-africaine repose sur une convergence croissante entre développement des infrastructures logistiques, extraction et valorisation des ressources énergétiques.

Pour le Kenya, les perspectives offertes par le secteur pétrolier modifient profondément l’échelle des ambitions régionales. Les autorités kényanes ont approuvé un programme d’investissement de 6,1 milliards de dollars destiné à l’exploitation de six gisements représentant 326 millions de barils de pétrole sur une période de vingt-cinq ans. À ces perspectives s’ajoute le potentiel stratégique du gisement de South Lokichar, dont les réserves sont estimées à 585 millions de barils. L’importance croissante de ces ressources explique l’intérêt porté aux capacités régionales de transformation et d’exportation. Le projet de mégaraffinerie de 650 000 barils par jour envisagé par Aliko Dangote, riche homme d’affaires kényan, témoigne de cette évolution.

La concurrence entre les ports de Tanga et de Mombasa pour accueillir une telle infrastructure révèle que les ports ne constituent plus seulement des plateformes commerciales, mais deviennent des maillons essentiels d’une future chaine de valeur énergétique régionale associant le Kenya, l’Ouganda, le Soudan du Sud et la RDC. Si l’on ajoute à cela les gisements gaziers offshore du bassin de la Rovuma, situé dans le Nord du Mozambique, et ceux du Sud tanzanien, c’est un pôle énergétique mondial qui émerge. Plus de 50 milliards de dollars d’investissements logistiques, portuaires et énergétiques se concentrent sur un littoral de 1 000 kilomètres entre Mombasa et Pemba (Mozambique).

Les investissements engagés dans les infrastructures portuaires, l’exploration des ressources et les capacités de raffinage traduisent l’émergence progressive d’un espace régional dont la compétitivité logistique pourrait être durablement renforcée par la valorisation de ses ressources énergétiques. L’Afrique de l’Est apparait ainsi comme un espace où se redéfinit la relation entre mondialisation logistique, souveraineté nationale et rivalités géopolitiques.

Notes

(1) Expertise France, « SCOPE Africa : Sécurisation des corridors, des ports et des échanges en Afrique de l’Ouest et du Centre », 17 octobre 2025 (https://​rebrand​.ly/​2​u​o​t​djh).

(2) Afrique diplomatique, « Trafic portuaire : Dar es Salaam dépasse le seuil des 27,7 millions de tonnes », 26 aout 2025 (https://​rebrand​.ly/​r​5​6​s​v64).

(3) Alexander Stonor, Les corridors africains : nouveaux champs de bataille géopolitiques, géostratégiques et économiques, note du programme Énergie et matières premières, janvier 2025 (https://​rebrand​.ly/​e​1​a​k​1n3).

Jérôme Vellayoudom

areion24.news

Le renseignement syrien arrête une cellule qui visait la raffinerie de Homs

 

La Direction générale du renseignement syrien, en coopération avec les Forces de sécurité intérieure, a déjoué un attentat terroriste visant la raffinerie de Homs, tramé par une cellule affiliée à la milice du Hezbollah, arrêté des membres de la cellule impliqués et saisi des engins explosifs en leur possession, qui étaient destinés à cibler la raffinerie.

Les forces de sécurité intérieure ont déclaré mardi, sur Telegram, que le complot terroriste avait été déjoué grâce à une surveillance attentive et que l’opération s’inscrivait dans le cadre des efforts déployés par les services de sécurité pour traquer les cellules terroristes, déjouer leurs plans et protéger les installations vitales et les actifs économiques du pays.

sana.sy

lundi 2 novembre 2026

Le Corps des gardiens de la révolution démantèle une cellule liée à des services de renseignement étrangers

 

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé, ce samedi, le démantèlement d'une cellule composée de deux individus et liée à des services de renseignement étrangers, dans la province de Kermanshah, dans l'ouest du pays. Des armes, des munitions et des équipements de communication par satellite ont été saisis en leur possession.

L'agence de presse iranienne « Mehr », citant un communiqué du service des relations publiques du CGRI, a rapporté que les services de renseignement de la brigade des commandos « Ansar al-Rasoul » (que la paix soit sur lui), rattachée aux forces terrestres, ont réussi à démanteler cette cellule dans la ville de Javanrud, dans la province de Kermanshah.

Le communiqué précise que l'opération a permis la saisie de dix terminaux de communication par satellite « Starlink », dix fusils de type « Kalachnikov », ainsi que 5 000 cartouches de munitions réelles.

saba.ye