Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

dimanche 12 juillet 2026

Explosion à Monaco: l'officier des services de renseignement ukrainiens revient soudainement sur ses aveux

 

Vladyslav Reut, l’agent des services de renseignement militaires ukrainiens (HUR) qui avait avoué avoir assassiné la principale suspecte dans le cadre de l’explosion à Monaco, est soudainement revenu sur ses déclarations. Il affirme désormais que ce n’est pas lui, mais son complice présumé, Vitaliy Zhykovych, qui a tiré les coups de feu mortels. Ce revirement bouleverse complètement cette affaire déjà mystérieuse, tandis que le mobile de l’attaque reste toujours incertain.

Jeudi, Vladyslav Reut et Vitaliy Zhykovych ont comparu menottés et cachés par leurs capuches devant le tribunal de Kiev, entourés d’agents de sécurité armés et cagoulés. Les deux hommes, recroquevillés, ont ensuite été enfermés dans le box vitré des accusés.

L’un et l’autre sont soupçonnés du meurtre d’Anastasiia Berezovska, une Ukrainienne de 39 ans désignée par les autorités monégasques comme la principale suspecte de l’attaque à la bombe ayant secoué la principauté méditerranéenne. Elle a été retrouvée morte mardi dans une forêt près de Kiev, avec plusieurs impacts de balles tirées à bout portant dans la tête.

Cette affaire est particulièrement sensible en Ukraine, Vladyslav Reut étant un officier actif et décoré du service de renseignement militaire ukrainien (HUR). Vitaliy Zhykovych est quant à lui un ancien policier.

De l’aveu au déni total

Au départ, la messe semblait être dite. Vladyslav Reut avait avoué avoir abattu Berezovska et avait même conduit la police jusqu’à la tombe dans la forêt, comme en attestent les enquêteurs. Mais devant le tribunal, il a complètement changé sa version des faits. “Je veux dire la vérité”, a-t-il déclaré avant d’accuser Vitaliy Zhykovych d’avoir exécuté la femme. Lui-même aurait refusé de tirer.

Vladyslav Reut a ensuite raconté au tribunal comment les deux hommes avaient pris la direction de Kiev avec sa BMW pour aller chercher Anastasiia Berezovska. Selon lui, elle devait être “mise à l’abri” en raison d’une “affaire criminelle”, sans donner plus de précisions sur ce point.

Une fois cela fait, ils se seraient tous les trois rendus en voiture sur un chemin forestier près du village de Yuriv, à l’ouest de Kiev. Selon Vladyslav Reut, c’est là que Vitaliy Zhykovych lui a ordonné d’abattre Anastasiia Berezovska. “Il a dit: ‘C’est elle ou nous’”, assure l’agent du HUR.

Vladyslav Reut affirme qu’il a refusé, après quoi Vitaliy Zhykovych aurait lui-même abattu la jeune femme de quatre balles. “Le premier coup de feu l’a touchée à l’arrière de la tête. Elle s’est effondrée. Puis il s’est approché d’elle et a tiré à nouveau. Je me trouvais à quelques mètres de là à ce moment-là”, a-t-il affirmé. Par la suite, les deux hommes auraient creusé une tombe ensemble et caché son corps. L’arme et ses effets personnels auraient été jetés dans un lac voisin.

Deux patriotes ukrainiens

Si cette version était vraie, pourquoi Vladyslav Reut a-t-il d’abord avoué lui-même le meurtre? Selon lui, il aurait été menacé par Vitaliy Zhykovych, d’où ces fausses confessions. “Il a dit que ma famille courrait un danger s’il lui arrivait quelque chose”, a-t-il déclaré.

Devant le tribunal, l’officier a également cherché à se présenter avec insistance comme un patriote. “J’ai combattu des ennemis (de l’Ukraine, ndlr) pour défendre mon pays. Je n’aurais jamais tué délibérément une civile innocente”, a-t-il déclaré.

L’avocat de Vitaliy Zhykovych a toutefois immédiatement rejeté ses explications. Selon lui, il est absurde qu’un ancien agent de rang subalterne puisse donner des ordres à un officier du renseignement. Zhykovych a également été décrit par son avocat comme un “patriote” qui combattait depuis 2014 dans l’est de l’Ukraine et qui a ensuite contribué à la défense de la région de Kiev après l’invasion russe.

Les deux suspects restent provisoirement en détention. Le juge a refusé de les libérer sous caution.

Explosion à Monaco

Cette affaire de meurtre épaissit un peu plus l’affaire qui a secoué Monaco la semaine dernière. Une bombe avait alors explosé à l’entrée d’un immeuble situé tout près de la frontière française. La cible présumée était Vadim Ermolaev, un homme d’affaires ukrainien fortuné mais controversé.

Ermolaev a fait fortune dans l’immobilier et le commerce du cognac et du vin. Après l’annexion de la Crimée par la Russie, il a continué à exercer ses activités dans la région, ce qui a conduit le président ukrainien Volodymyr Zelensky à lui imposer des sanctions en 2023.

Lors de l’explosion, Vadim Ermolaev a été blessé, tout comme son fils de 13 ans et sa compagne. Selon les médias locaux, l’état de santé de cette dernière reste critique.

Deux jours après l’attentat, Anastasiia Berezovska a pris un bus depuis la Pologne pour se rendre en Ukraine. Quatre jours plus tard, elle a été officiellement désignée comme principale suspecte par le parquet de Monaco.

“La piste russe”

Le mobile d’Anastasiia Berezovska reste pour l’instant un mystère. Selon le procureur, l’un des suspects aurait fourni des informations sur un mobile possible, mais ces détails sont pour l’instant tenus secrets car ils pourraient nuire à l’enquête s’ils étaient révélés.

Au tribunal, l’avocat de Vitaliy Zhykovych a évoqué l’existence possible d’une “piste russe”. Selon lui, des agents ukrainiens ont déjà été recrutés par Moscou par le passé. “Nous avons malheureusement déjà eu affaire à beaucoup de ces traîtres”, a-t-il déclaré. L’avocat n’a toutefois fourni aucune preuve à l’appui de cette affirmation. D’autres hypothèses, allant de la corruption au crime organisé, font également l’objet d’une enquête. “Tous les scénarios sont examinés”, a déclaré le procureur à la BBC.

Cette affaire fait polémique à Kiev. Cela intervient alors que l’Ukraine tente actuellement d’obtenir un soutien supplémentaire de la part de l’Occident dans le cadre de la guerre contre la Russie.

7sur7.be

L’Australie mise sur le magazine Vogue pour recruter de nouveaux agents

 

L'ASIS, service de renseignement extérieur australien, mène une campagne de communication inédite pour élargir son recrutement, avec un objectif assumé : attirer davantage de femmes et de profils issus de la tech.

L'un des services de renseignement les plus discrets au monde s'affiche désormais au grand jour. L'Australian Secret Intelligence Service (ASIS), chargé du renseignement extérieur australien, multiplie depuis quelques semaines les apparitions publiques pour recruter, avec une cible précise : les femmes issues des métiers de la tech et des sciences, selon la chaîne publique australienne ABC

Le signe le plus visible de ce virage s'est manifesté début juin lorsque l'agence est devenue partenaire de Vogue Codes, un sommet dédié aux femmes dans les sciences et la technologie organisé par Vogue Australia. Elle a aussi ouvert un compte Instagram, refondu son site et envoyé sa directrice générale, Kerri Hartland, s'exprimer sur des podcast. 

Une main-d'œuvre diversifiée 

Kerri Hartland est l'une des trois seules personnes de l'agence dont le nom peut être rendu public. Dans une déclaration à ABC, elle a résumé sa démarche. « Nous ne cherchons pas seulement des qualifications, nous cherchons des qualités », a-t-elle expliqué, citant les compétences relationnelles et la capacité à capter l'ambiance d'une pièce. Un autre bon connaisseur des services australiens, cité anonymement par ABC, résume l'enjeu de façon plus abrupte : « On ne peut pas se contenter de recruter des intellos coincés. » L'agence dit vouloir « une main-d'œuvre diversifiée » dont les points de vue renforcent son action.

Ce défi n'est pas propre à l'Australie. Le MI6 britannique et la CIA peinent eux aussi à attirer une nouvelle génération, le premier visant également les femmes des filières scientifiques. Chris Taylor, chercheur à l'Australian Strategic Policy Institute, souligne la concurrence du secteur privé sur un marché très tendu de jeunes talents. Il pointe une contrainte propre au métier : l'interdiction, y compris après le départ du service, de rendre son travail public. Impossible, donc, de célébrer ses réussites sur les réseaux sociaux, à rebours d'une époque qui valorise la reconnaissance.

parismatch.com

Au moins 500 Suisses se sont engagés dans l'armée israélienne depuis 2023

 

Cinq Suisses ayant combattu pour Israël sous enquête

La justice militaire suisse a ouvert des enquêtes préliminaires sur cinq Suisses partis combattre avec l'armée israélienne après l'attaque du Hamas en Israël en 2023, rapporte vendredi «Le Courrier». Au total, plus de 500 Helvètes se sont engagés dans les rangs des forces israéliennes, selon la plateforme britannique de recherche Declassified UK, mais leur identité exacte reste inconnue des autorités suisses.

 Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) indique dans le journal ne disposer d'aucune donnée sur le nombre de Suisses ayant combattu pour Israël. La loi suisse autorise un ressortissant suisse, établi dans un autre Etat, dont il possède aussi la nationalité, à y accomplir un service militaire, explique la justice militaire. Au moins deux Suisses sont morts lors d'opérations militaires dans l'enclave palestinienne de Gaza depuis octobre 2023, selon le DFAE.

blick.ch

jeudi 9 juillet 2026

Le Brésil a ordonné l'expulsion de l'agent russe Sergueï Tcherkasov

 

Le gouvernement brésilien a autorisé l'expulsion d'un ressortissant russe, accusé par les Etats-Unis de s'être fait passer pour un étudiant brésilien en Europe afin de recueillir des informations sur l'Ukraine.

Détenu au Brésil depuis 2022, Sergueï Vladimirovitch Cherkasov est au coeur d'un différend entre Washington, qui réclame son extradition pour espionnage, et Moscou, qui le recherche pour trafic de stupéfiants. La décision du gouvernement brésilien ne précise pas vers quel pays Cherkasov, âgé de 40 ans, sera expulsé.

Brasilia exige que le Russe purge la peine de 15 ans de prison qui lui a été infligée en 2022 ou obtienne une autorisation de la justice avant de quitter le pays, selon la décision publiée lundi au Journal officiel. Cherkasov avait été arrêté aux Pays-Bas en avril 2022, alors qu'il se faisait passer pour un étudiant brésilien en master.

La police néerlandaise a prouvé qu'il était un agent de la Direction centrale des renseignements des forces armées russes (GRU), qui cherchait à s'infiltrer au sein de la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, afin d'influer sur des procédures concernant les crimes de guerre en Ukraine.

Il s'est fait passer pour un étudiant

Il avait alors été immédiatement expulsé vers le Brésil, où il avait été condamné à 15 ans de prison pour usurpation d'identité. La même année, Moscou avait demandé son expulsion vers la Russie, où il est recherché pour trafic de stupéfiants.

En 2023, les Etats-Unis l'ont accusé d'avoir agi comme agent d'une puissance étrangère pendant ses études dans ce pays entre 2018 et 2020 et ont demandé au Brésil son extradition. Selon Washington, Cherkasov s'était fait passer pour un étudiant en troisième cycle dans une université afin de recueillir des informations sur des citoyens américains et de les transmettre à ses supérieurs russes.

AFP

mercredi 8 juillet 2026

Mali : les djihadistes relancent l’offensive à Anéfis

 

Plus de deux mois après l’offensive du 25 avril, le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont relancé les hostilités en frappant simultanément plusieurs localités maliennes. Trois jours après le début des combats, la situation demeure évolutive. Au fil des heures, Anéfis s’est imposée comme le principal théâtre d’affrontements.

Les combats éclatent simultanément à Anéfis dans la région de Kidal (voir l’image ci dessus) , à Gao et à Sévaré, mais aussi à Konna et Kouakourou dans le centre du pays.

Comme Mondafrique l’écrivait le 26 juin dernier, depuis plusieurs semaines une nouvelle offensive d’envergure était annoncée au Mali. Gao, Tombouctou, Mopti, Sévaré, Anéfis, voire Bamako figuraient parmi les cibles évoquées. Les autorités maliennes s’y attendaient et les Russes d’Africa Corps aussi.

Lorsque les premières attaques sont lancées à l’aube du 4 juillet contre plusieurs positions militaires, le scénario semble d’abord rappeler celui du 25 avril. Ce jour-là, le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) avaient créé la surprise en multipliant les attaques coordonnées à travers le pays. La chute de Kidal, la mort du ministre de la Défense Sadio Camara et les lourdes pertes infligées aux FAMa avaient alors provoqué un véritable choc politique et militaire.

Le 4 juillet s’est déroulé différemment. Dans la capitale épargnée, les assauts n’ont pas produit l’effet de sidération observé au printemps. Cependant, l’offensive à l’intérieur du pays n’en a pas été moins importante et une nouvelle fois, elle a été minutieusement préparée.

Le scénario du 4 juillet 

Le 4 juillet à l’aube, le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé une série d’attaques au Nord, au Centre et au Sud du Mali.  Les combats éclatent simultanément à Anéfis dans la région de Kidal, à Gao et à Sévaré, mais aussi à Konna et Kouakourou dans le centre du pays. Plus au sud, la prison de Kéniéroba, située à 80 km de Bamako, est également visée. Dans la journée, l’état-major malien affirme avoir repoussé les attaques menées à Konna, Kouakourou et Somadougou grâce à l’appui de l’aviation et des éléments d’Africa Corps. Quelques heures plus tard, le JNIM revendique plusieurs opérations menées à Kéniéroba, Kouakourou, dans la région de Konna, à Sofara ainsi que plusieurs attaques contre les chasseurs dozo et le bombardement de Léré. Un élément retient toutefois l’attention : l’organisation ne mentionne pas Anéfis. Or, trois jours après le début de l’offensive, c’est toujours autour de cette localité que se concentrent les combats les plus importants.

Anéfis, le verrou du Nord

Située à 240 kilomètres de Gao, Anéfis occupe une position stratégique sur l’axe menant vers Kidal. Depuis la perte de cette dernière le 25 avril, la reconquête de Kidal est devenue un objectif politique majeur pour les autorités maliennes. Dans ce contexte, le contrôle d’Anéfis revêt une importance particulière. Sans cette localité, toute perspective de retour à Kidal est compromise.

C’est là que se concentrent actuellement les principaux combats. Le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) contrôlent la ville mais pas le camp militaire où demeurent retranchés les soldats maliens et les éléments d’Africa Corps. Les affrontements se poursuivent et la situation évolue d’heure en heure.

Si l’encerclement devait durer, l’hypothèse de nouvelles négociations ne pourrait être exclue. Lors de l’offensive du printemps, les Russes avaient quitté Kidal puis Tessalit dans le cadre d’accords négociés. Selon une source sécuritaire, ils s’étaient alors engagés à évacuer dans les deux mois les camps de Tessalit, Aguelhock et Anéfis. Or ce délai est désormais dépassé et seul Tessalit a effectivement été abandonné.

Cette situation explique en partie l’intensité des combats actuels. Pour Africa Corps, un nouveau retrait après Kidal et Tessalit constituerait un revers difficile à assumer. Pour le JNIM et le FLA, la prise d’Anéfis apparaît au contraire comme une étape cruciale dans la poursuite de leur agenda militaire et politique.

L’agenda du JNIM

À ce stade, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de l’offensive du 4 juillet qui est toujours en cours. Les combats se poursuivent à Anéfis, tandis que de nouveaux affrontements sont signalés dans le grand camp militaire de Gao.

Selon plusieurs contacts maliens, les groupes armés poursuivent toujours le même objectif : provoquer la chute des autorités maliennes. En réalité, il ne s’agit que de finir le travail commencé le 25 avril. En effet, malgré plusieurs succès militaires, le JNIM et ses alliés n’étaient pas parvenus à atteindre leur but : faire tomber le président Assimi Goïta.

Mais cette fois, la méthode est différente. Là où l’offensive du 25 avril visait à provoquer en une journée un choc politique et militaire pour précipiter l’effondrement du pouvoir, celle du 4 juillet paraît s’inscrire dans un temps plus long. La bataille d’Anéfis, les combats qui se poursuivent à Gao et la pression exercée simultanément sur plusieurs fronts suggèrent une campagne appelée à se prolonger.

Maïssata Koné-Dubois

mondafrique.com