Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mardi 11 août 2026

Trump évacué de son avion et caché dans le camion du traiteur par le Secret Service

 

Pour le retour de Donald Trump après le sommet de l'OTAN à Ankara, en juillet, la Maison-Blanche aurait eu recours à une ruse très inhabituelle en raison de la menace iranienne. Il est monté dans l'avion présidentiel devant les caméras mais aussitôt, selon le «Washington Post», il en est ressorti. Il serait monté dans un véhicule de catering (le service de traiteur pour les repas à bord) arrimé au Boeing 747 afin de rejoindre discrètement un appareil militaire plus petit, qui s'est envolé vers le Royaume-Uni.

Le même manège, en sens inverse, s'est produit à l'arrivée sur la base militaire de Mildenhall (GB), selon le «New York Times».¨

Employés de la Maison-Blanche pas au courant

Certains employés de la Maison-Blanche qui étaient dans l'avion gouvernemental en Turquie ne savaient même pas que Trump n'était pas à bord. Tout comme le groupe de journalistes, qui accompagne régulièrement le président lors de ses voyages.

La Maison-Blanche n'a pas commenté. Le directeur de la communication, Steven Cheung, a toutefois rappelé que, comme Trump l'a récemment dit, il y avait beaucoup d'ennemis de l'Amérique qui en ont après lui. «Nous utilisons tous les moyens à notre disposition» pour faire face à ces menaces, a-t-il ajouté.

Trump avait déjà remplacé l'Air Force One

Ce voyage avait déjà intrigué les observateurs. Trump s'était rendu en Turquie avec le nouvel avion gouvernemental offert par le Qatar. Puis il avait été révélé que le président utiliserait l'ancien avion gouvernemental pour le retour. Des médias avaient suggéré que le cadeau controversé n'avait pas reçu toutes les installations de sécurité de l'ancienne machine, une hypothèse qu'a semblé confirmer le président dans ses déclarations ultérieures.

Pendant le sommet de l'OTAN en Turquie – un pays voisin de l'Iran –, Trump avait minimisé l'importance du changement d'avion. Il volerait avec l'ancien appareil «pour (se rappeler du) bon vieux temps». Interrogé à Ankara sur les préoccupations de sécurité, il avait déclaré aux journalistes: «Je suis la cible No 1 pour l'Iran.» Les États-Unis ont attaqué l'Iran avec Israël le 28 février, tuant le Guide suprême de la République islamique le jour même.

Quel avion s'appelle Air Force One?

Air Force One désigne normalement l'avion dans lequel se trouve le président américain. La désignation peut donc s'appliquer aux deux avions gouvernementaux de type Boeing 747. Le plus petit avion militaire avec lequel Trump a quitté la Turquie a utilisé un autre nom pour ne pas révéler la manœuvre de diversion.

Konstantin Furrer

Arnaud Gallay

20min.ch

L'Allemagne veut autoriser le BND à mener des mesures actives contre des adversaires étrangers

 

Le gouvernement fédéral veut étendre considérablement les pouvoirs du Service fédéral de renseignement (BND) et lui permettre pour la première fois de mener ce que l’on appelle des mesures actives contre des adversaires étrangers. C’est ce que rapporte le journal Welt. Un projet de loi correspondant visant à réformer le droit du renseignement doit être adopté par le cabinet mercredi.

À l’avenir, le BND ne devra plus seulement collecter des informations, mais sera également autorisé, sous certaines conditions, à agir lui-même contre des menaces. Sont notamment prévues des actions dans le cyberespace et des accès à des systèmes informatiques adverses. Des interventions réelles doivent également être rendues possibles. Le journal cite comme exemples la neutralisation d’armes livrées ou des interventions dans leur production. La condition préalable est une situation de menace spécifique.

En outre, le BND doit disposer de davantage de possibilités en matière de renseignement stratégique des télécommunications, de stockage intermédiaire des données recueillies et d’accès à des serveurs étrangers. De telles mesures pourraient également être mises en œuvre sur le territoire national lorsqu’il existe des liens clairs avec l’étranger. La coopération avec la Bundeswehr doit également être renforcée.

Parallèlement, le contrôle est réorganisé. Le Conseil de contrôle indépendant, composé de juges fédéraux, devra à l’avenir également contrôler les mesures de surveillance qui relevaient jusqu’à présent de la compétence de la commission G-10.

Le Bundestag et le Bundesrat doivent examiner le projet dès le mois de septembre. Si tout se déroule comme prévu, la loi pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027.

weltwoche.ch

lundi 10 août 2026

Le chef du renseignement militaire néerlandais a pu être suivi à la trace via l’application sportive Strava

 

En 2025, le directeur du renseignement militaire néerlandais [MIVD – Militaire Inlichtingen- en Veiligheidsdienst pour Service du Renseignement et de la Sécurité Militaires], le vice-amiral Peter Reesink avait mis en garde contre une trop grande naïveté face à «l’audace croissante» des services russes.

Et de confier au quotidien de Volkskrant, que, lorsqu’il tenait une conférence, il imposait aux participants de laisser leurs téléphones portables à l’extérieur de la salle de réunion. «Certains s’interrogent encore sur la réelle nécessité de cette mesure. Une meilleure sensibilisation est certainement nécessaire», avait-il alors estimé.

Mais le vice-amiral Reesink a visiblement oublié les principes qu’il demande aux autres de suivre…

Il y a longtemps que l’on sait que l’application Strava, qui se décrit comme étant une sorte de «réseau social des sportifs» en leur permettant de se suivre mutuellement et d’évaluer leurs performances respectives, pose des problèmes en matière de sécurité opérationnelle [SECOPS], notamment à cause de sa fonction de géolocalisation.

En effet, en 2018, il apparut qu’il était assez facile de localiser et de suivre des militaires abonnés à cette application, grâce à sa carte «Global Heat Map». À l’époque, le ministère français des Armées avait rappelé la «nécessité de respecter les règles élémentaires de sécurité des systèmes d’information» et de désactiver, notamment, les fonctions de géolocalisation. Son homologue néerlandais était allé plus loin en interdisant l’utilisation de Strava dans ses rangs.

Seulement, cette consigne a du mal à être respectée; En 2025, le radiodiffuseur Omroep Gelderland avait recensé environ 900 militaires utilisant Strava à proximité des bases et autres casernes implantées dans la province de Gueldre. Mais le directeur du MIVD en personne fait aussi partie du lot.

Ainsi, de Volkskrant a déterminé qu’il a été possible de suivre les activités sportives du vice-amiral Reesing, de savoir qu’il effectuait quotidiennement le trajet entre son domicile et son bureau à bicyclette et de connaître ses lieux et ses dates de permissions entre 2018 et 2026.

«Il est remarquable que le directeur du MIVD ait lui-même partagé publiquement des informations sensibles en matière de protection de la vie privée, en pleine période de menaces accrues» a ironisé le quotidien.

Après avoir été sollicité par ce dernier au sujet de cette affaire, le vice-amiral Reesing a expliqué qu’il ignorait que son compte Strava était encore actif alors qu’il avait «supprimé l’application». En attendant, son compte est passé de «public» à «privé» et ses données ne sont plus accessibles.

Un porte-parole du ministère néerlandais de la Défense a fait savoir que le directeur du MIVD regrettait cette situation et que, «avec le recul, il sait désormais ce qu’il convient de faire». À commencer par supprimer son compte Strava.

opex360.com

Utilisé par les Royal Marines, un drone de surface aurait discrètement envoyé des données en Chine

 

Depuis mars, les Royal Marines mettent en œuvre le drone de surface [USV] K3 Scout, acquis à vingt exemplaires auprès de Kraken Technology Group, pour 12 millions de livres sterling, dans le cadre du programme Beehive.

D’un déplacement de 2,5 tonnes pour une longueur de 8,4 mètres, cette embarcation sans équipage peut être rapidement reconfigurée en fonction des missions qui lui sont confiées, comme la lutte antisurface, la surveillance, la protection des forces ou encore le transport. D’une endurance de 30 jours, elle peut naviguer à la vitesse maximale de 55 nœuds.

Début juillet, le ministère britannique de la Défense [MoD] s’est félicité d’une «première mondiale» après qu’un K3 Scout a été largué en pleine mer par un avion de transport A400M de la Royal Air Force [RAF], depuis une altitude de 400 mètres. Et cela grâce au système UMCADS [Universal Maritime Aircraft Aerial Delivery System], développé par Capewell.

Mais le K3 Scout vient de faire parler de lui pour une tout autre raison. Selon des informations du quotidien The Telegraph, la caméra dont il est équipé aurait envoyé des données à un serveur basé en Chine, par l’entremise d’un logiciel de type «Heartbreat», lequel permet de vérifier le bon fonctionnement d’un matériel.

Dès la découverte de cette faille, avance le journal, le MoD a supprimé «toute connectivité Internet des caméras» utilisés par ces USV. Mais cela «fait craindre que la Chine ait tenté d’espionner les forces britanniques, après des années d’avertissements sécuritaires concernant la menace que représente ce pays», souligne-t-il.

Pour équiper les K3 Scout destinés aux Royal Marine, Kraken Technology Group s’est procuré les caméras en question auprès d’un autre fournisseur, lequel aurait donné toutes les assurances nécessaires en termes de sécurité.

Au fait de ce dossier, un responsable de la défense britannique a dénoncé un «manquement majeur» en matière de contrôle. «Nous avons perdu confiance en cette plateforme», a-t-il dit, dans les pages du Telegraph.

Cela étant, le MoD a relativisé la portée de cette affaire, après avoir reconnu qu’une faille avait bien été découverte lors d’une «évaluation de routine de la vulnérabilité cybernétique» des K3 Scout. «Une enquête approfondie n’a révélé aucune preuve d’accès, de compromission ou de transmission externe des données», a assuré un porte-parole.

Et d’insister : «Nos processus d’assurance et de test sont conçus pour identifier et traiter rapidement les vulnérabilités potentielles, et nous continuons à mener des activités de sécurité de routine sur l’ensemble de nos systèmes et équipements».

De son côté, Kraken Technology Group s’est aussi voulu rassurant. «Nous savons que certaines caméras tierces conformes à la loi NDAA comportaient un petit nombre de composants provenant de l’extérieur du Royaume-Uni. […] Suite à un audit complet réalisé conjointement avec la Royal Navy, nous sommes convaincus qu’aucune information sensible n’a jamais été partagée en dehors des canaux prévus et que toutes les vulnérabilités potentielles ont été identifiées et corrigées», a expliqué un porte-parole.

Quoi qu’il en soit, cette affaire n’est pas une première pour le MoD. En avril, il a en effet été rapporté qu’une enquête avait été ouverte après que la British Army a utilisé des imprimantes 3D de facture chinoise pour fabriquer des munitions rôdeuses lors d’un exercice au Kenya.

Le ministre britannique délégué à l’Industrie de défense, Luke Pollard, avait alors expliqué que les investigations portaient sur d’éventuelles implications en matière de cybersécurité et notamment sur la façon dans les données étaient stockées, transmises et protégées.

opex360.com

L’Europe a découvert à Ceuta sa vulnérabilité face aux réseaux sociaux

 

Soixante mille migrants se sont jetés à la mer après la propagation d’une rumeur sur les réseaux sociaux. Ce jour là, plus de soixante-dix ont trouvé la morts, et l’Europe s’est fissurée. Un continent qui refuse encore de voir ce que ses propres ingénieurs ont construit en acceptant la dictature des écrans et len cultivant ‘indifférence au sort des jeunesses du continent africain.




Il aura fallu moins de temps qu’il n’en faut pour visionner un film. Entre la nuit du 30 et l’après-midi du 31 juillet 2026, entre cinquante et soixante mille êtres humains se sont jetés à l’eau, ont couru, nagé, escaladé, pour franchir quelques centaines de mètres de frontière entre le Maroc et Ceuta. Il n’y avait pas de guerre. Il n’y avait pas de famine soudaine. Il n’y avait pas de tremblement de terre. Il y avait un message WhatsApp, une rumeur judiciaire déformée, une carte de distances de nage partagée dans un groupe Facebook, et l’indifférence rentable des algorithmes qui ont fait le reste .


Le bilan s’élève à plus de soixante-dix morts côté espagnol, et à une dizaine côté marocain — des chiffres qui, dans toute autre circonstance, feraient la première page de tous les journaux du monde pendant des semaines . Ici, la nouvelle a duré trois jours. Puis autre chose a pris sa place. C’est peut-être la partie la plus glaçante de cette histoire : nous nous sommes habitués à ce que des dizaines de milliers de vies basculent sur la foi d’un mensonge viral, comme on s’habitue à un bulletin météo.


« La désinformation ciblée peut désormais produire, en moins de vingt-quatre heures, un choc humain et politique équivalent à celui d’une opération de force »


Une frontière tombée sans qu’un coup de feu ne soit tiré

Ce qui s’est passé à Ceuta n’a rien d’un accident. Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, n’a pas mâché ses mots dans Le Grand Continent : il s’agit selon lui de la première attaque hybride algorithmique de grande ampleur jamais menée contre une frontière extérieure de l’Union européenne. Le mécanisme est d’une simplicité effrayante. Un arrêt technique du Tribunal suprême espagnol, rendu le 29 juin 2026 sur les refoulements en mer, a été délibérément travesti en promesse de régularisation pour quiconque atteindrait Ceuta à la nage. Une seconde rumeur, plus précise encore, annonçait une ouverture de la frontière à vingt-deux heures précises .

Le vecteur de cette manipulation porte un nom : « Hraga Ceuta », un groupe Facebook de plus de vingt mille membres, actif dès le 27 juillet, où l’on échangeait cartes de distances à la nage, conseils logistiques, adresses de taxis et cagnottes pour acheter des kayaks. TikTok, Instagram et WhatsApp ont fait le reste, relayant en boucle un contenu que personne, à aucun moment, n’a jugé utile de ralentir, de vérifier, ou simplement de signaler. Ce groupe a disparu après la crise. On ne sait toujours pas si c’est Meta qui l’a supprimé, ou ses propres organisateurs qui ont effacé les traces .

Voici le chiffre qui devrait hanter chaque décideur européen : en septembre 2024, une vidéo comparable, vue cinq cent mille fois, avait mobilisé quelques milliers de candidats au passage. Vingt-deux mois plus tard, avec des métriques de diffusion totalement inconnues , parce qu’aucune plateforme n’a daigné les publier , dix fois plus de personnes se sont jetées à l’eau. Entre ces deux dates, qu’est-ce qui a changé ? Les algorithmes de recommandation, eux, n’ont pas ralenti. Ils ont accéléré.

Le confort coupable de nos plateformes

Voilà l’irritant de cette affaire, et il faut le dire sans détour : aucune des grandes plateformes concernées n’a communiqué la moindre métrique sur la circulation de ces contenus. Aucune demande formelle d’accès aux données n’a été rendue publique par la Commission européenne. Le Digital Services Act existe depuis des années, avec des articles précis, le 34 sur l’évaluation des risques systémiques, le 35 sur les mesures d’atténuation, le 36 sur la réponse aux crises, le 40 sur l’accès des chercheurs aux données , et pourtant, face à la première attaque hybride algorithmique documentée de l’histoire de l’Union, ce même arsenal est resté au fond d’un tiroir .

Ce silence n’est pas une négligence technique. C’est un choix. Chaque minute de viralité supplémentaire nourrit l’engagement, l’engagement nourrit les revenus publicitaires, et les revenus publicitaires n’ont que faire de savoir si le contenu qui les génère pousse des adolescents marocains à se jeter dans une mer qu’ils ne savent parfois pas nager. Meta, TikTok, X : aucune de ces entreprises n’a émis le moindre communiqué reconnaissant sa part de responsabilité dans la propagation de la rumeur. Le silence des plateformes est devenu, de fait, une politique.

Un continent qui regarde ailleurs pendant que sa jeunesse se noie

Il serait trop facile de réduire Ceuta à une simple manipulation numérique. La rumeur n’a fait qu’allumer une mèche déjà posée depuis des années. La moitié de la population marocaine a moins de trente et un ans, et le taux de chômage des quinze-vingt-quatre ans y dépassait 37% en 2025, grimpant à plus de 45% dans les zones urbaines comme Fnideq, précisément le point de départ de la ruée . Cette région souffre depuis 2019 de la fermeture du commerce transfrontalier avec Ceuta, privant des milliers de familles d’un gagne-pain licite. Une génération entière a grandi sans perspective, prête à croire n’importe quelle promesse, même la plus absurde, même la plus mortelle.

L’Union européenne verse au Maroc près de cinq cents millions d’euros au titre de la coopération migratoire pour la période 2021-2027, dont cent cinquante-deux millions signés en 2023 . Cet argent achète du contrôle physique aux frontières. Il n’achète aucun contrôle de la frontière informationnelle, cette zone grise numérique où se fabriquent désormais les crises humanitaires les plus meurtrières. Voilà l’aveuglement stratégique de Bruxelles : financer des barrières en acier tout en laissant les barrières numériques totalement à découvert.


« Ce que l’Europe protège avec des barbelés, 

elle continue de laisser sans défense face aux algorithmes »


Ce que Ceuta annonce pour demain

Ce précédent n’est pas isolé, et il ne le restera pas. Ce qui s’est produit à Ceuta peut se reproduire à Melilla, aux Canaries, à Lampedusa, ou à n’importe quelle autre porte d’entrée de l’Europe, avec la même rapidité et le même déni de responsabilité collective. La guerre hybride des migrants menée par le Bélarus et la Russie depuis 2021 aux frontières polonaise, lituanienne et finlandaise apparaît aujourd’hui comme une version artisanale, presque rudimentaire, comparée à ce qui vient de se produire au détroit de Gibraltar : plus rapide, plus virale, plus démultipliée, et surtout, beaucoup moins attribuable à un État identifiable .

Et c’est bien là le cœur du problème pour l’avenir : un acteur étatique hostile, un réseau de passeurs organisé, ou même un simple groupe d’individus mal intentionnés disposant d’une poignée de comptes influents peuvent désormais provoquer, en une nuit, une crise humaine et politique qu’il faudrait autrefois des mois de préparation militaire pour orchestrer. Le règlement européen 2024/1359 sur l’instrumentalisation migratoire, entré en pleine application le 12 juin 2026, définit précisément cette situation où un acteur hostile encourage un mouvement de population pour déstabiliser un État membre . Le texte existe. Il reste à l’appliquer avec la même vitesse que celle des rumeurs qu’il est censé combattre.

Si l’Europe ne construit pas rapidement une doctrine de riposte hybride algorithmique , attribution technique rapide, sanctions diplomatiques graduées, conditionnalité stricte de l’aide migratoire à la coopération numérique des pays de transit , alors Ceuta restera dans les mémoires non comme un accident tragique, mais comme le brouillon d’une méthode appelée à se répéter. La prochaine fois, le nombre pourrait être plus grand. Le bilan humain aussi. Et la question qui devrait obséder chaque capitale européenne n’est plus de savoir si cela se reproduira, mais quand, et où. Pendant que les commissions se réunissent, que les rapports s’empilent et que les plateformes continuent d’engranger des profits sur le silence, des adolescents marocains continuent de mourir en Méditerranée pour un mensonge qu’un algorithme a jugé rentable de leur montrer. C’est cela, la véritable urgence de Ceuta. Pas la migration en elle-même , vieille comme l’humanité , mais la vitesse effrayante avec laquelle un continent tout entier peut désormais être manipulé, déstabilisé, et endeuillé, à la vites

mondafrique.com