Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

vendredi 16 octobre 2026

Renvoi de l'ambassadrice des États-Unis en Grèce

 

Les partis d'opposition grecs ont demandé mercredi des explications au gouvernement conservateur après le renvoi de l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, accusée d'avoir été impliquée dans des intérêts économiques, en particulier dans le secteur énergétique du pays.

Dimitris Mantzos, chargé des affaires étrangères au principal parti de l'opposition grecque, Pasok (socialiste), a appelé le gouvernement à «s'expliquer» sur ces révélations «concernant des menaces présumées d'ingérence directe dans la vie politique et le fonctionnement démocratique de la Grèce».

Le président américain Donald Trump a renvoyé mardi l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, 57 ans, ex-fiancée du fils aîné de M. Trump, fragilisée par une série de révélations compromettantes du quotidien américain Wall Street Journal (WSJ) qui évoquent notamment de présumés conflits d'intérêts et manquements à l'éthique.

«Kimberly Guilfoyle avait un rôle de médiation ou de promotion d'intérêts économiques bénéficiant d'un accès privilégié, notamment dans le secteur de l'énergie», a déclaré Dimitris Mantzos.

«Quelle est la position du gouvernement face aux évolutions susmentionnées ?», a-t-il demandé. «Le ministère des Affaires étrangères a-t-il jamais convoqué à ce jour l'ambassadrice des États-Unis afin qu'elle fournisse des explications sur les incidents susmentionnés ?»

Le Pasok comme d'autres partis d'opposition avaient demandé au gouvernement grec la semaine dernière, lors d'une visite officielle du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à Athènes, des détails sur «le contenu, l'objectif et l'utilité des accords énergétiques, de défense et autres qui ont été conclus» entre la Grèce et les États-Unis.

Le Pasok rappelle que M. Rubio «avait alors exprimé le plein soutien du gouvernement des États-Unis à l'ambassadrice aujourd'hui révoquée», malgré les révélations du WSJ dans une série d'articles sur cette ancienne animatrice de la chaîne américaine conservatrice Fox News devenue une figure du mouvement trumpiste Make America Great Again.

«Une affaire des États-Unis»

Le parti de gauche radicale Syriza a accusé le gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis d'"avoir choisi le silence» et de «s'être même abstenu d'exiger publiquement des explications» auprès des États-Unis.

Pour le gouvernement, la question du renvoi de l'ambassadrice américaine est «une affaire des États-Unis» et «n'affecte pas les relations gréco-américaines», a affirmé le vice-président du gouvernement Kostis Hadzidakis lors d'un entretien mercredi à la télévision publique Ertnews.

De nombreux journaux grecs - qui avaient suivi de près Kimberly Guilfoyle depuis son arrivée en Grèce en décembre 2025, un an après sa nomination par Donald Trump - font leur une mercredi sur le scandale.

«Les coulisses d'une +expulsion+, Guilfoyle quitte les lieux après 339 jours», titre ainsi le quotidien Ta Nea (centre), rappelant «les voyages» de Kimberly Guilfoyle avec des entrepreneurs grecs. «Kimberly Guilfoyle: des flashes à la chute brutale de la favorite de Trump», a écrit le site d'information To Vima. «Fin de partie pour Guilfoyle», titre le quotidien Kathimerini (droite) s'interrogeant sur «les scénarios» de sa succession.

Dans la conjoncture actuelle en matière d'approvisionnement énergétique, la Grèce veut contribuer au transport du gaz naturel en Europe de l'Est, en particulier via son port d'Alexandroupoli (nord-est) où arrive le gaz liquéfié (GNL) américain.

En outre, Athènes a récemment signé des accords avec deux consortiums menés par les géants énergétiques américains Chevron et ExxonMobil pour des forages exploratoires dans des zones maritimes du sud et de l'ouest du pays.

Lors de sa visite à Athènes, Marco Rubio a annoncé un accord bilatéral sur le partage d'informations concernant le trafic de drogue et le terrorisme.

De son côté, le gouvernement grec a annoncé «des ventes (par les États-Unis) de matériel militaire d'un montant de quatre milliards de dollars (3,575 milliards d'euros) pour soutenir la planification de défense à long terme de la Grèce».

AFP

Ronen Bar, ancien directeur du Shin Bet, porte plainte contre Netanyahu

 

La plainte allègue que Netanyahu a diffusé des informations diffamatoires à son encontre afin de se dédouaner des lacunes en matière de sécurité qui auraient pu conduire le Hamas à attaquer Israël le 7 octobre 2023.

Le journal israélien Haaretz a rapporté le 14 octobre 2026 que Ronen Bar, ancien directeur du Shin Bet (service de sécurité intérieure israélien), avait déposé une plainte réclamant 3 millions de shekels d'indemnisation, soit l'équivalent de plus de 975 000 dollars.

Selon l'article, Bar aurait affirmé avoir averti le Premier ministre Netanyahu plus de 20 fois au sujet de l'évolution de la situation dans la bande de Gaza, et aurait également suggéré de prendre des mesures proactives pour contrer le Hamas.

Selon Bar, le 7 octobre 2023, avant les attaques du Hamas, il a demandé à son équipe d'informer directement le secrétaire militaire du Premier ministre de la situation. Or, la plainte allègue que Netanyahu n'a ni rappelé Bar ni interféré dans le processus décisionnel, même après le début des attaques.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux en septembre, Netanyahu a écrit que Bar avait discuté de tous les signes avant-coureurs avec les chefs militaires, mais avait décidé de ne pas appeler ni de faire rapport de la situation au Premier ministre.

Bar et Herzi Halevi, alors chef d'état-major des Forces de défense israéliennes, ont démissionné pour assumer la responsabilité de leur incapacité à empêcher les attaques.

Netanyahu a clamé à plusieurs reprises son innocence, attribuant la responsabilité aux services de renseignement et à l'armée.

vietnam.vn

Une société israélienne aurait mené une opération d’espionnage via des pubs en ligne

 

L’agence de publicité numérique israélienne Discover-Tech a espionné des internautes à l’aide d’un vaste système de publicités en ligne qui lui servait à suivre ses cibles et à pirater leurs appareils, ont affirmé deux groupes de chercheurs dans la journée de jeudi.

Ses services ont permis à la société israélienne Candiru – entreprise de logiciels espions figurant sur la liste noire du gouvernement américain -, ainsi qu’à d’autres entreprises de surveillance israéliennes, d’accéder à des plateformes publicitaires gérées par Google, Comcast, le russe Yandex et d’autres. C’est ce qu’ont révélé des rapports distincts publiés par le groupe canadien de vigilance numérique Citizen Lab et la société new-yorkaise Confiant, spécialisée dans la sécurité en matière de publicité.

Ces rapports montrent comment le secteur de la publicité en ligne, qui suscite depuis longtemps des inquiétudes quant à la protection de la vie privée, peut également servir de vecteur à des campagnes d’espionnage de grande envergure.

« Le mode de fonctionnement actuel de la publicité en ligne constitue une menace systémique pour la sécurité », a expliqué Wolfie Cristl, chercheur senior au Citizen Lab, à Reuters. « Cette menace pèse aussi bien sur les États que sur le secteur privé, la société civile et tout un chacun. »

Les publicités en ligne de Discover-Tech, qui portent souvent sur des produits courants tels que des téléphones ou des écouteurs, ont été diffusées sur plus de 120 000 sites web et 75 000 applications grâce à ses différents partenariats, indique Citizen Lab.

Les utilisateurs qui ont visité des sites ou utilisé des applications contenant ces publicités malveillantes ont pu être identifiés et suivis par Discover-Tech, laquelle a parfois également tenté de récupérer les numéros de téléphone de certains utilisateurs de smartphones, précisent les chercheurs. Pour que l’espionnage ait lieu, il suffisait que les publicités s’affichent sur un site web.

Certaines publicités ont été utilisées pour installer des logiciels espions de Candiru sur les appareils des utilisateurs, selon les deux groupes de recherche. Confiant a pour sa part précisé que les publicités qu’il associait à Candiru ne représentaient qu’une infime fraction du volume total de Discover-Tech.

Discover-Tech, société fondée en 2020, n’a pas répondu aux messages laissés via son formulaire de contact. Le message envoyé via LinkedIn et les e-mails adressés à son directeur général, Dekel Boni, sont également restés sans réponse.

Reuters n’a pas réussi à joindre les propriétaires de Candiru. En 2021, le département américain du Commerce a inscrit Candiru sur sa liste noire pour avoir prétendument fourni des logiciels espions qui ont été utilisés à des fins malveillantes contre des responsables gouvernementaux, des journalistes, des militants et des universitaires.

fr.timesofisrael.com

Les CUBITA, les six futurs pivots de l’avenir agricole et alimentaire mondial

 

Vingt-cinq ans après la première apparition de l’acronyme BRIC, aujourd’hui BRICS+ (1), regardons vers le prochain quart de siècle avec les CUBITA. Inventé et introduit dans Le Déméter 2026 : Appétits stratégiques et pivots agricoles (2), ce concept propose une nouvelle grille de lecture des équilibres agricoles et alimentaires mondiaux, en mettant l’accent sur six États considérés comme des pivots stratégiques à moyen et long terme : la République démocratique du Congo (RDC), l’Ukraine, le Brésil, l’Indonésie, la Turquie et l’Australie.

Ces six pays représentent 15 % de la surface émergée du globe, 10 % de la population, 6 % du PIB, 30 % des exportations agricoles et 12 % de la production céréalière mondiale. Par leur taille territoriale et démographique, par l’abondance de leurs ressources naturelles, mais aussi par leur potentiel de déstabilisation, ces États sont appelés à jouer un rôle pivot, positif comme négatif, à l’horizon 2050. De leurs choix, de leurs orientations et de leurs actions dépendront des équilibres agricoles, alimentaires, environnementaux et géopolitiques dépassant le cadre même de leurs frontières.

Un club hétérogène mais déterminant

Les CUBITA ne constituent pas un regroupement institutionnel ni un « club » de puissances dominantes, mais un ensemble hétérogène, aux dynamiques et aux caractéristiques distinctes. Les différences sont d’abord géographiques — six pays répartis sur cinq continents —, puis économiques, avec des écarts importants de PIB : 2 280 milliards de dollars en 2025 pour le Brésil, contre 93 milliards pour la RDC ; démographiques, avec 39 millions d’habitants en Ukraine contre 286 millions en Indonésie en 2025 ; et, enfin, politiques. Ils partagent toutefois un point commun : leurs trajectoires nationales à venir ne sont pas nécessairement celles que l’on perçoit aujourd’hui et sont susceptibles de provoquer des effets de bascule, à travers plusieurs variables stratégiques qui méritent notre vigilance : foncières et écologiques, démographiques et culturelles, productives et exportatrices, logistiques et conflictuelles, climatiques et politiques. Pris séparément, ces facteurs existent ailleurs. Combinés aux enjeux agricoles et alimentaires, ils peuvent produire des instabilités aux répercussions globales.

RDC : un géant agricole en devenir sous contrainte

Dotée d’un immense potentiel agricole — avec seulement 10 % de ses 80 millions d’hectares de terres arables exploités (contre 25 millions en France) —, d’importantes ressources naturelles (deuxième forêt tropicale mondiale, 60 à 80 % des réserves mondiales de coltan, fleuves, etc.) et humaines — 113 millions d’habitants en 2025, avec un doublement attendu dans les vingt-cinq prochaines années —, la RDC pourrait jouer un rôle clé dans la sécurité alimentaire africaine ainsi que dans la transition énergétique et climatique globale. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le pays pourrait alimenter entre deux et trois milliards d’êtres humains en 2030, soit environ un tiers de la population mondiale (3). Malgré ces atouts, la RDC se heurte à des fragilités structurelles majeures : pauvreté persistante, instabilité politique, problèmes de gouvernance et défis sécuritaires. Ce pays de 2,3 millions de kilomètres carrés — près de quatre fois la superficie de la France — saura-t-il faire de ses ressources un moteur de développement régional ? Quelles trajectoires sont possibles pour ce géant minier et agricole, entre crise politique et sécuritaire, diversification économique, croissance démographique et potentiel forestier ?

Ukraine : front agricole disputé, Europe alimentaire en suspens

Puissance exportatrice de grains (blé, orge, colza, etc.) et pivot logistique en mer Noire, l’Ukraine joue un rôle clé dans la sécurité alimentaire planétaire. Outre cette puissance céréalière, le développement de nouvelles cultures, comme le soja (trituration) et les pois (alimentation du bétail), destinés à l’exportation, ainsi que la transformation locale du maïs (biocarburants, alimentation animale), pourraient contribuer à faire de ce pays un pilier de la souveraineté alimentaire européenne et un acteur agricole incontournable à l’échelle mondiale. Par ailleurs, l’Ukraine dispose de ressources minières stratégiques pour la transition énergétique (titane, lithium, fer, manganèse), pour l’heure inexploitées, qui suscitent l’intérêt des États-Unis dans leur compétition avec la Chine. L’issue de la guerre avec la Russie (depuis février 2022), l’orientation politique et diplomatique du pays, ainsi que ses capacités agricoles auront des répercussions par-delà les frontières du Vieux Continent. Entre intégration européenne, rapprochement avec les États-Unis, la Chine ou les BRICS+, son avenir pourrait redessiner la carte géopolitique, agricole et énergétique mondiale.

Brésil : architecte des transitions agroclimatiques mondiales

Combinant ressources stratégiques (agriculture, forêts, hydroélectricité, etc.), poids économique et présence diplomatique multilatérale, le Brésil pourrait jouer, demain, un rôle renforcé dans la gouvernance mondiale. D’un point de vue agricole, d’abord, par le renforcement de ses exportations et la valorisation des synergies entre productions alimentaires et énergétiques ; ensuite, par sa capacité à influencer le cadre réglementaire environnemental et climatique international. La reconnaissance de ses modèles agricoles tropicaux, son mix énergétique décarboné à 50 % — avec un objectif possible de 90 % en 2050 — et ses productions bas carbone pourraient lui permettre de transformer sa trajectoire climatique et agro-industrielle en véritable levier géopolitique. D’ici à 2050, une combinaison de variables internes et externes sera susceptible d’influencer le succès, ou l’échec, du Brésil dans sa capacité à faire reconnaitre des normes tropicales capables de reconfigurer les standards climatiques et les rapports Nord-Sud.

Indonésie : plateforme des équilibres régionaux

Par sa position géographique, son poids démographique et ses ressources, l’Indonésie occupe une place centrale dans les chaines de valeur énergétiques et alimentaires mondiales. Quatrième pays le plus peuplé du monde — 286 millions d’habitants en 2025, 320 attendus en 2050 — et première économie de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), le pays s’affirme comme un leader dans l’Indopacifique. Son rôle de pivot dépasse toutefois le cadre régional : ce vaste archipel contrôle les détroits stratégiques de Malacca, de la Sonde et de Macassar, par lesquels transite 40 % du commerce maritime mondial. Par ailleurs, le pays dispose d’importantes ressources minières (premier exportateur de charbon, 25 % des réserves mondiales de nickel), agricoles (premier producteur et exportateur d’huile de palme) et forestières (troisième forêt tropicale mondiale) essentielles à la sécurité alimentaire et à la transition énergétique. En revanche, des fragilités internes, notamment en matière de gouvernance et de dépendance aux ressources, pourraient fragiliser ce rôle. Dans le prochain quart de siècle, trois voies s’ouvrent donc pour le pays, entre transition verte, économie de rente et fragmentation de la nation, avec, pour chacun des scénarios, des répercussions sur le reste du globe.


Turquie : puissance multiforme, pivot hydropolitique et agrogéopolitique

À la croisée de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Asie, la Turquie s’impose comme un État pivot géopolitique, agricole et climatique. Tout d’abord, sa politique extérieure multiforme, oscillant entre alliances traditionnelles et diversification de ses partenariats, lui permet de construire un leadership régional et de jouer un rôle d’interface entre les blocs géopolitiques. De plus, son important potentiel agricole et alimentaire (fruits, farine, etc.), renforcé par une politique hydrique ambitieuse, pourrait lui permettre de réduire sa dépendance à l’extérieur et de consolider sa position clé dans la sécurité alimentaire régionale. Ces facteurs seront également influencés par la gouvernance du pays, ainsi que par sa capacité, ou non, à peser davantage dans la transition climatique. La Turquie apparait ainsi comme un acteur à la fois central et instable : ses choix peuvent contribuer à stabiliser la région ou, au contraire, à accentuer les déséquilibres.

Australie : exportateur sous pression climatique et géopolitique

Exportateur majeur de céréales (blé, colza), de viande (bovine, ovine) et de produits laitiers, l’Australie joue un rôle indispensable dans les échanges mondiaux, notamment dans l’approvisionnement alimentaire de l’Asie. Cette position pourrait être renforcée par l’augmentation de la demande, portée par la croissance démographique de cette région, mais aussi par l’ouverture de nouveaux marchés, notamment en Afrique. Ce modèle, qui repose sur une politique commerciale de libre-échange, pourrait toutefois être affecté, d’ici à 2050, par plusieurs facteurs externes, dont le changement climatique (stress hydrique, feux, maladies, etc.) et les tensions géopolitiques et commerciales. L’adaptation technologique, agricole et politique de l’Australie sera donc déterminante dans les échanges mondiaux de demain et dans la sécurité alimentaire de nombreuses régions du monde.

De multiples autres pays auraient pu être candidats à cet acronyme géométrique, en raison de leur poids géoéconomique sur l’échiquier agricole et alimentaire mondial : Chine, Inde, Mexique, Vietnam, Russie, Maroc, Nigeria, Canada, Afrique du Sud, Argentine, Kazakhstan, Japon, ou encore les pays de l’Union européenne, pour n’en citer que quelques-uns. Mais, au-delà des spécificités nationales, le concept des CUBITA met en évidence une idée centrale : ces pays ne sont pas nécessairement les plus puissants aujourd’hui, mais ils pèseront disproportionnellement sur les équilibres agricoles et alimentaires mondiaux, et seront tous déterminants dans les prochaines années. Dans un contexte marqué par la croissance de la demande alimentaire, les incertitudes climatiques et les tensions commerciales, leurs choix politiques, économiques et environnementaux auront des répercussions par-delà leurs frontières. S’ils parviennent à stabiliser leurs trajectoires et à engager des transitions durables, ils pourront agir comme des amortisseurs des crises globales. En revanche, des dérives politiques, économiques ou climatiques pourraient en faire des foyers d’instabilités majeurs. Dans un monde en recomposition, les CUBITA invitent à prendre de la hauteur et à regarder loin pour anticiper les évolutions possibles, mais aussi pour comprendre les tensions qui structureront et reconfigureront, demain, les cartes agricoles et alimentaires mondiales.

Notes

(1) Groupe composé de 10 pays du « Sud global » : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Émirats arabes unis, Éthiopie, Iran, Indonésie.

(2) Les informations de cet article proviennent de : Sébastien Abis (dir.), Le Déméter 2026 : Appétits stratégiques et pivots agricoles, Institut de relations internationales et stratégiques, IRIS Éditions, 2026.

(3) Louise André, « En 2030, la RDC pourrait nourrir 3 milliards de Terriens, si… », ReliefWeb, 26 mars 2015 (https://​tinyurl​.com/​5​6​u​4​4​7​cbi).

Anaïs Marie

areion24.news

L'Iran et le Liban sont en état d'alerte face aux opérations de renseignement israéliennes en ligne

 

Le 14 octobre, les médias qataris ont rapporté qu'un compte Instagram se prétendant appartenir au Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, avait publié des informations en arabe, encourageant les internautes à les contacter par des canaux sécurisés.

Ce compte vérifié opère sous le nom @themossad_official et publie des informations de recrutement en arabe libanais familier.

Cette page présente également des articles d'actualité épinglés avec des titres en arabe tels que « Liban », accompagnés d'images d'hommes armés ; « Israël » ; « Le Mossad a besoin de vous ! » ; « Défendez-vous » ; et « Pensez à votre avenir ».

En août 2025, la Direction générale de la sécurité libanaise a mis en garde les citoyens contre toute interaction avec ce compte Instagram.

Les pièges de l'emploi frauduleux

Au Liban, les responsables de la sécurité ont mis en garde contre des tentatives de recrutement via les réseaux sociaux qu'ils soupçonnent d'être menées par les services de renseignement israéliens.

En janvier 2025, le journal libanais Al Akhbar a rapporté que des agents des services de renseignement israéliens tentaient de recruter des citoyens libanais par le biais de fausses offres d'emploi proposant des salaires élevés et un contact direct via WhatsApp.

Le général de brigade à la retraite Mounir Chehade a déclaré que ces efforts de recrutement ciblaient des zones disposant d'importantes bases de soutien au Hezbollah, notamment la banlieue sud de Beyrouth, le sud du Liban et la vallée de la Bekaa.

Toujours en janvier 2025, la Direction générale de la sécurité libanaise a mis en garde les citoyens contre toute interaction avec une page Facebook appelée SAWA, soupçonnée d'être une façade du Mossad pour recruter des citoyens libanais.

De même, en décembre 2025, un autre journal libanais, L'Orient Today, a rapporté que les services de sécurité du pays avaient mis en garde les citoyens contre toute interaction avec un site de médias sociaux appelé « Unité 504 ». Ce site prétendait représenter une unité de renseignement de l'armée israélienne et affirmait être à la recherche de recrues.

Ces inquiétudes sont apparues suite aux arrestations de personnes accusées d'avoir fourni des informations sensibles à Israël. En octobre 2025, les médias ont rapporté que les autorités libanaises avaient arrêté 32 personnes soupçonnées d'avoir fourni à Israël des informations utilisées pour attaquer des dirigeants du Hezbollah.

Concentrez-vous sur la base de soutien du Hezbollah

Selon Wissam Nassif Yassin, chercheur universitaire et politologue , les services de renseignement israéliens utilisent l'arabe dialectal libanais sur ces plateformes afin d'éviter les soupçons et de faciliter la communication. Il explique : « Les Israéliens ciblent tous les niveaux de la société car ils estiment pouvoir aborder chaque personne de manière unique, étant donné l'intégration profonde du Hezbollah au sein de la société libanaise. Ils s'intéressent d'abord aux membres de ce groupe, puis à l'entourage qui soutient la résistance, et enfin aux groupes environnants. »

Bien qu'Israël ait remporté des succès significatifs dans ses opérations de renseignement au Liban, Yassin estime que la majorité des Libanais refusent toujours de coopérer avec Israël.

Il a également évoqué les capacités de contre-espionnage propres au Hezbollah, affirmant que le groupe possède une expérience en matière de détection et de contrecarrage des activités de renseignement israéliennes.

La guerre du renseignement

Le recours aux plateformes numériques pour recruter des fournisseurs de renseignements potentiels fait également partie de la guerre de renseignement qui se poursuit entre Israël et l'Iran et qui s'est intensifiée parallèlement au conflit militaire entre les deux pays.

Hassan Ahmadian, professeur associé de sciences politiques à l'université de Téhéran, décrit la situation actuelle comme l'une des périodes les plus intenses d'activités d'espionnage depuis le début du conflit qui oppose les deux pays. Il a déclaré : « Il s'agit d'une guerre de renseignement. La confrontation entre l'Iran et Israël dure depuis des décennies, mais ces dernières années, elle a atteint son paroxysme. Les deux camps mènent des opérations de renseignement. Ce conflit tendu est permanent. »

Les efforts de recrutement israéliens en Iran se font parfois par le biais d'offres d'emploi publiées sur les réseaux sociaux.

La diffusion publique de telles opportunités peut servir des objectifs psychologiques en plus du recrutement d'informateurs, renforçant ainsi le message selon lequel Israël possède d'importantes capacités de renseignement en Iran.

Parallèlement, l'Iran mène également ses propres activités de contre-espionnage. En octobre 2024, les autorités israéliennes ont annoncé l'arrestation de sept citoyens israéliens accusés d'espionnage au profit de l'Iran, pour avoir recueilli des renseignements sur des installations militaires et d'autres sites sensibles.

Dans une autre affaire, l'ancien ministre israélien de l'Énergie, Gonen Segev, a été arrêté en 2018 pour espionnage au profit de l'Iran. Il a plaidé coupable et a été condamné à 11 ans de prison en 2019.

Conséquences juridiques graves

Les autorités libanaises et iraniennes ont averti qu'elles imposeraient de lourdes sanctions à quiconque interagirait avec des comptes israéliens.

En juillet, le journal iranien Kayhan a rapporté que le ministère iranien du Renseignement avait mis en garde contre des comptes de réseaux sociaux créés par le Mossad pour exploiter des informations et diffuser de la désinformation à la suite de récentes opérations de sécurité. Le ministère a affirmé que le Mossad avait même prodigué des conseils médicaux aux blessés des combats afin de recueillir des renseignements sensibles.

Ce même mois, le pouvoir judiciaire iranien a averti que l'envoi d'images ou d'informations à des réseaux considérés comme hostiles pouvait entraîner une peine de 10 à 15 ans de prison, de lourdes amendes, ainsi que le risque de poursuites judiciaires et de peine de mort.

Au Liban, coopérer avec Israël peut entraîner une peine d'emprisonnement.

Face à l'escalade des affrontements clandestins dans le cyberespace, les experts estiment que peu d'éléments laissent présager une amélioration de la situation. Ahmadian a déclaré : « Je suis convaincu que la guerre de renseignement entre les deux camps ne cessera jamais. Cette guerre se poursuivra et continuera d'influencer l'ensemble du conflit. »

Thuy Duong

vietnam.vn