Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mardi 9 juin 2026

Le SRC recense actuellement 44 personnes à risque en Suisse

 

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) recense aujourd'hui 44 personnes à risque en Suisse, a indiqué lundi le Conseil fédéral en réponse à une question de Barbara Steinemann (UDC/ZH). Le 28 mai dernier, un homme lié à la mosquée radicale An'Nur a agressé au couteau des passants à la gare de Winterthour (ZH).

Sont recensées tant les personnes motivées par le djihadisme que celles qui soutiennent et encouragent d’autres formes de terrorisme, a précisé le gouvernement à l'issue de l'heure des questions au Conseil national. Un très petit nombre, moins de 10, bénéficient du statut de réfugié, ajoute-t-il.

Les personnes à risque mettant en danger la sécurité intérieure et extérieure du pays se trouvent pour la plupart en Suisse depuis plusieurs années.

Dans sa réponse, le gouvernement précise qu'il convient de distinguer ces personnes de celles qui ont récemment déposé une demande d’asile en Suisse et pour lesquelles des indices d'une menace potentielle ont été constatés dans le cadre du contrôle de sécurité. Dans ce cas de figure, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) transmet sans délai le dossier d’asile au SRC.

Le SRC publie régulièrement le nombre de cas qu’il traite dans le cadre de sa mission de lutte contre le terrorisme.

ATS

La Suisse a commandé 32 obusiers automoteurs Donar 10×10 de 155 mm auprès de KNDS Deutschland

 

En 2024, KNDS Deutschland noua un partenariat avec General Dynamics European Land Systems [GDELS] en vue d’intégrer son système AGM [Artillery Gun Module] dérivé du RCH155 et doté d’un canon de 155 mm [cal. 52] sur le Piranha Heavy Mission Carrier [HMC], une variante du véhicule de combat d’infanterie [VCI] du même nom reposant sur un châssis 10×10 et dotée de «technologies avancées» censées lui garantir une «mobilité tout-terrain» ainsi que de meilleurs «capacités de franchissement».

«Grâce à ce robuste châssis multibras 10×10, aucun support vertical n’est nécessaire pour le tir, comme c’est le cas avec les autres obusiers à roues conventionnels. L’AGM permet une autonomie complète de l’ensemble du système en matière de commandement, de navigation et de contrôle de tir ainsi que des options opérationnelles entièrement nouvelles grâce à sa stabilité», avaient vanté les deux industriels, lors de l’annonce de leur coopération. Et d’insister également sur la capacité de ce véhicule, depuis appelé Donar 10×10, à «tirer en mouvement».

Deux ans plus tôt, au titre de son programme «Artillerie Wirkplattform und Wirkmittel 2026», la Suisse avait présélectionné l’obusier automoteur Archer 8×8 [de BAE Systems Bofors] et le système RCH 155 AGM de KNDS Deutschland [Krauss Maffei Wegmann, à l’époque] en vue de remplacer ses M109 KAWEST, acquis auprès des États-Unis dans les années 1960.

Reposant sur deux plateformes possibles, à savoir l’ARTEC Boxer le Piranha IV, la proposition allemande fut finalement retenue.

«Après l’évaluation détaillée des essais, des clarifications et des offres, le choix du modèle s’est porté sur le système AGM Artillery Gun Module sur Piranha IV de l’entreprise KNDS Deutschland. Compte tenu des offres reçues et de l’évaluation de nombreux aspects tactiques, techniques, logistiques, commerciaux, qualitatifs et de durabilité, le système choisi correspond à l’offre la plus avantageuse», avait en effet annoncé le département suisse de la Défense, de la Protection de la population et des sports, en novembre 2024.

Restait alors à conclure les négociations contractuelles et à notifier la commande à la filiale allemande de KNDS. Ce qui a pris du temps puisqu’il aura fallu attendre près de dix-huit mois pour voir ce marché se concrétiser.

En effet, le 8 juin, Armasuisse, l’Office fédéral de l’armement de la Confédération, a annoncé la commande de trente-deux Piranha IV 10×10 du «du fabricant suisse GDELS-Mowag», dotés du système AGM de KNDS Deutschland. Le montant du contrat, qui «prévoit également l’acquisition de moyens destinés à la logistique des munitions, aux systèmes d’instruction et de simulation, aux pièces de rechange, à la documentation et à l’outillage», n’a pas été précisé.

«Grâce à ce contrat, KNDS met en œuvre le plus important projet d’acquisition de systèmes d’artillerie mené par la Suisse depuis des années. Nous sommes reconnaissants non seulement pour cette commande significative, mais aussi pour le partenariat de longue date et la confiance fondamentale que nous témoignent la communauté des utilisateurs suisses», s’est félicité Florian Hohenwarter, le PDG de KNDS Deutschland. Et d’ajouter que l’industriel «fournira bien plus que de simples obusiers sur roues» car «en tant que fournisseur de systèmes», il propose une «solution opérationnelle complète et adaptée aux besoins de ses clients».

D’une masse 40 tonnes, le Piranha IV 10×10 est en mesure de porter une charge utile de 17 tonnes. Sa variante «artillerie» [ou Donar 10×10] est mise en œuvre par un équipage de deux ou trois artilleurs. «Grâce à son système de suspension multibras, aucune stabilisation mécanique n’est requise pendant le tir», ce qui lui donne la possibilité de tirer en mouvement. Enfin, il dispose d’une capacité dite MRSI [Multiple Round Simultaneous Impact / multiples coups, impacts simultanés ou méthode de tir dite « malouine »].

opex360.com

dimanche 7 juin 2026

Les enjeux géostratégiques du gazoduc Nigeria-Europe

 



Lancé en 2016 puis relancé en 2023, le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), long d’environ 6 000 km, devrait traverser 13 pays africains sur la façade atlantique pour acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian jusqu’au royaume chérifien. De là, il doit être connecté au Gazoduc Maghreb Europe (GME)

Le gazoduc reliant le Nigéria à l’Europe devrait offrir une capacité entre 30 et 33 milliards de mètres cubes gazeux. Le Nigeria est le   premier réservoir de gaz en Afrique 5.9OO milliards de mètres cubes gazeux. Comme le démontre une importante étude de l’IRIS , il  est l’objet d’enjeux géostratégiques importants pour la région, notamment de la rivalité entre  l’Algérie  et le Maroc. 

Concernant l’Algérie , la  5ᵉ Réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet de Gazoduc transsaharien (TSGP) d’une capacité de 30 milliards de mètres cubes gaz en vitesse de croisière,  traverse trois pays le Nigeria, le Niger et l’Algérie . Une réunion  a eu lieu  à Alger le 03 juin 2026 ayant  rassemblé le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, le ministre d’État nigérian des Ressources pétrolières chargé du Gaz, , ainsi que le ministre nigérien du Pétrole, le PDG de Sonatrach,  les responsables de la compagnie nigériane NNPC et de la société nigérienne Sonidep,  ayant  pris part aux travaux, aux côtés d’experts des trois pays.

Il a   été  adopté le rapport final de l’étude de faisabilité réalisée par le bureau d’études PENSPEN, cette adoption du rapport final selon un communiqué du ministère  algérien des hydrocarbures devant permettre de passer aux prochaines phases de mise en œuvre, à travers le lancement des études d’ingénierie détaillées, ainsi que l’achèvement des différentes dispositions techniques, financières et institutionnelles nécessaires, l’Algérie ayant  annoncé le lancement des travaux de réalisation du tronçon algérien. le gazoduc passant par l’Algérie, le projet TSGP- sa longueur est de 4 128 km, dont 1 037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger ( aucune réalisation à ce jour, le Niger n’ayant pas de financement comptant sur l’Algérie) et 2 310 km en Algérie. Il reste à réaliser 100 km au Nigeria, la totalité du tracé au Niger ainsi que 700 km en Algérie, soit un total de 1 641 km.  En 2020, une étude de l’Institut français des relations  internationales (IFRI) à évalué ce projet entre  18-20 milliards de dollars, tandis que d’autres sources avancent un montant moindre, entre 14 et 15 milliards de dollars pour une durée n’excédant pas 5 ans .

Concernant le  Gazoduc Nigeria-Maroc (ou Gazoduc Afrique Atlantique) le  mémorandum d’entente (MoU)  a été signé le 15 septembre 2022 à Rabat.  paraphé entre l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC)  qui vise  à transporter le gaz nigérian ,  une moitié  dédiée aux pays d’Afrique de l’Ouest et au Maroc, et l’autre moitié acheminée vers l’Europe Il  longera  la côte ouest-africaine prévu initialement à   5660 km  mais selon les dernières études  devant s’étendra sur près de 6 900 kilomètres le long de la côte ouest-africaine, en combinant des segments terrestres (onshore) et maritimes (offshore) pour relier le Nigeria au Maroc.  Il  traversera 13 pays de la façade atlantique africaine, à savoir la Gambie, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Mauritanie et le Sahara occidental. Son délai de réalisation est estimé à 8/10 ans, pour un coût d’environ  25 milliards de dollars.

Selon la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) le chantier en accord avec le gouvernement du Nigeria   est encadré par des accords multilatéraux signés avec la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) où  la signature le dernier trimestre  2026  de l’Accord Intergouvernemental (IGA) devrait  structurer le consortium et lancer les travaux de ce corridor gazier  avec l’appui de consortiums financiers internationaux  dans le cadre d’ une joint-venture entre l’Office national des hydrocarbures et des mines  (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company   ( NNPC)

Cependant , la rentabilité   du projet Nigeria-Europe repose sur cinq conditions que ce soit pour l’Algérie ou le Maroc :

Premièrement, la concurrence internationale  influe sur la rentabilité de ce projet notamment à travers le le développement des  GNL(marché spot)  qui concurrence les canalisations, marquées par des contrats à moyen et long terme, les récents accord Europe USA pour l’approvisionnement en gaz de schiste pour 250 milliards de dollars par  an ,  en cas de résolution du conflit avec l’Ukraine du retour du gaz russe, premier réservoir mondial plus de 35.000 milliards de mètres cubes gazeux,  avec des coûts bas où la capacité du South Stream de 63 milliards de mètres cubes gazeux, du North Stream1 de 55 et du North Stream2 de 55 milliards de mètres cubes gazeux, le retour de l’Iran en cas d’accord du récent conflit 2me réservoir mondial 32.000 milliards de mètres cubes gazeux devant le Qatar 20.000 milliards de mètres cubes gazeux,    sans compter  le plus grand concurrent de l’Algérie et du Maroc ,  la Libye premier réservoir de pétrole de l’Afrique 44 milliards de barils et plus de 1500 milliards de mètres cubes gazeux exploité à peine à 10%  , proche de l’Europe et pour une population ne dépassant pas 7 millions d’habitants, expliquant sa déstabilisation du fait de  convoitises étrangères,  le Mozambique , plus de 5000 milliards de mètres cubes gazeux de réserve, misant sur les exportations massives de  GNL, et la mise en exploitation récente de l’important gisement Mauritanie /Sénégal à l’Île de la Tortue. Et l’on devra prendre en compte   l’émergence de nouveaux  pays africains, les réserves prouvées de gaz naturel en Afrique  selon des estimations variant entre   15.000/20.000  milliards de mètres cubes, représentant  entre 8/10%  des réserves mondiales estimées à 188.000 milliards    positionnant le continent parmi les acteurs clés de la carte énergétique mondiale.

Deuxièmement, lié au facteur précédent,  aussi, outre les impacts de l’efficacité énergétique,  analyser l’évolution du marché international des différentes sources ‘énergie l’énergie substituables au gaz et   une étude sérieuse de  faisabilité pour  la détermination du seuil de rentabilité avant de trancher sur l’opportunité de s’engager dans ce projet.

Troisièmement,  la sécurité constitue un enjeu majeur, le projet traversant plusieurs zones instables, particulièrement pour le tracé passant soit par l’Algérie ou  le Maroc. Ces zones peuvent compromettre la fiabilité du projet en raison de la présence de groupes armés susceptibles de perturber la fourniture et l’approvisionnement en gaz. Il sera donc nécessaire d’impliquer les États traversés dans des négociations pour l’octroi du droit de passage (paiement de royalties) et d’évaluer les risques économiques, politiques, juridiques et sécuritaires.

Quatrièmement, , la mobilisation du savoir-faire et du financement pose problème, notamment en raison de la situation économique de bon nombre de pays , lourdement endettés. Il serait donc nécessaire d’impliquer d’éventuels groupes internationaux dans le financement du projet.

Cinquièmement, il sera indispensable d’associer un partenaire européen, principal client du gazoduc. Sans son accord, il sera difficile de rentabiliser ce projet et devant tenir compte de la politique énergétique européenne qui mise sur la transition énergétique pour couvrir ses besoins à 50% entre 2030/2035. Car actuellement, nous , nous assistons à une ambiguïté du Nigeria vis-à-vis de ce projet, qui doit  éclaircir définitivement sa position et choisir soit l’Algérie, soit le Maroc, ayant signé plusieurs mémorandums ,en rappelant qu’un mémorandum n’est pas un contrat définitif, tant avec le Maroc qu’avec l’Algérie mais en n’oubliant jamais que le principal client c’est l’Europe qui n’a pris, pour l’instant aucun engagement à travers la commission européenne, la seule habilitée.

En conclusion le projet du gazoduc pour des questions de rentabilité est plus avantageux pour l’Algérie mais  l’avenir du gazoduc Nigeria -Europe via l’Algérie ou via le Maroc  ou les deux à la fois  relève certes de facteurs  économiques, du cout, du prix futur du gaz, des concurrents les canalisations étant un marché segmenté , du  mix énergétique dont le poids du GNL qui connait une baisse des couts et  beaucoup plus flexible s’alignant sur le marché spot,  et de  la transition énergétique ,  mais également d’importants enjeux géostratégiques dans la  recomposition régionale.

Abderrahmane MEBTOUL

mondafrique.com

La Chine face au défi démographique

 

La Chine est entrée dans une phase de déclin démographique historique : en quoi ce tournant démographique marque-t-il une rupture dans l’histoire contemporaine du pays ?

La population chinoise a commencé à diminuer dans les années 2020, marquant un tournant historique dans la dynamique démographique du pays après des décennies de croissance. Comme beaucoup d’autres pays, la Chine a traversé au XXe siècle ce qu’on appelle en démographie la « transition démographique » (1), une période de forte augmentation de la population due à la baisse de la mortalité. Cette période se caractérise principalement par la réduction de trois types de mortalité : la mortalité infantile, celle des enfants et adolescents, ainsi que la mortalité maternelle, c’est-à-dire celle des femmes lors de l’accouchement ou peu après. Ces avancées ont été rendues possibles grâce aux progrès médicaux, pharmaceutiques et hygiéniques, observés en Chine comme ailleurs dans le monde.

Dans ce contexte, la Chine a connu une croissance démographique soutenue depuis le milieu du XXIe siècle. Cependant, cette évolution n’a pas été linéaire. À la fin des années 1950, la politique de surcollectivisation imposée par Mao Zedong a entrainé une période de surmortalité, souvent appelée les « trois années noires ». En 1960, la population chinoise a même enregistré une baisse à cause de cette crise. Depuis le début des années 2020, on observe une rupture nette, tant en chiffres absolus qu’en chiffres relatifs.

En effet, la Chine a enregistré, depuis 2022, plus de décès que de naissances. Ce phénomène indique une dynamique de dépopulation. De plus, avec un solde migratoire négatif, l’immigration ne peut nullement compenser ce déficit naturel. Ainsi, la population chinoise est engagée dans un processus de diminution qui semble inéluctable, compte tenu des tendances actuelles.

D’un autre côté, en termes relatifs, la Chine a perdu son titre de pays le plus peuplé du monde. Pendant des décennies, elle était sans conteste en tête de liste. En 1950, sa population était supérieure de 57 % à celle de l’Inde, qui était alors le deuxième pays le plus peuplé. Cependant, en raison d’un « hiver démographique » caractérisé par une fécondité en dessous du seuil de remplacement des générations depuis 1991, la croissance démographique de la Chine a considérablement ralenti par rapport à celle de l’Inde. Ainsi, en 2023, un tournant majeur a eu lieu : l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde, dépassant la Chine.

Les derniers chiffres montrent une baisse de la natalité et une accélération du vieillissement : quelles sont, selon vous, les causes profondes de ce phénomène au-delà de la politique de l’enfant unique ?

La baisse de la natalité en Chine trouve sa racine principale dans la politique stricte dite de « l’enfant unique », mise en place par les autorités entre 1979 et 2015. Cette politique, imposée par un système administratif rigoureux, interdisait aux femmes d’avoir le nombre d’enfants qu’elles désiraient. Cependant, au-delà de cette réglementation, plusieurs autres éléments expliquent la diminution continue de la fécondité dans le pays.

Tout d’abord, la chute du nombre de naissances au cours des décennies passées a entrainé une réduction du nombre de femmes en âge de procréation. Ainsi, une fécondité affaiblie, appliquée à une population féminine moins nombreuse, entraine mécaniquement une nouvelle baisse des naissances.

Un autre effet secondaire de la politique de l’enfant unique est la forte préférence culturelle pour les garçons. La Chine fait face aux conséquences du déficit significatif de naissances féminines. Dans un premier temps, ce phénomène a conduit à des pratiques violentes : certaines familles faisaient disparaitre les nouvelles-nées, parfois en les plongeant dans de l’eau bouillante. Par la suite, l’avènement des échographies a facilité le recours massif à des avortements sélectifs lorsque le fœtus était une fille. Et le déficit de filles a accentué la chute de la natalité.

Une troisième cause souvent négligée concerne les « populations flottantes ». La République populaire de Chine maintient un système de passeport intérieur, le hukou, qui régule les déplacements et l’installation à l’intérieur du pays. De nombreux migrants internes, vivant illégalement dans les villes, sont des résidents irréguliers. Par conséquent, leurs éventuels enfants ne sont pas reconnus par l’État et n’ont pas accès aux services de santé ni au système éducatif. Cette situation pousse ces populations, estimées à près de 300 millions de personnes, à limiter fortement leur fécondité.

L’urbanisation rapide est un autre facteur clé à considérer. Pendant la période communiste, de 1949 jusqu’aux années 1970, le gouvernement était opposé à l’expansion urbaine. Cependant, à partir des années 1980, le Parti communiste chinois a lancé un vaste mouvement d’urbanisation. Cela a entrainé une hausse des prix de l’immobilier et deux conséquences négatives sur la natalité. D’une part, nombre de jeunes actifs vivent maintenant en ville, loin de leurs parents restés à la campagne, ce qui prive les familles d’un soutien pour la garde d’éventuels enfants. D’autre part, une norme sociale bien ancrée exige que les jeunes hommes soient propriétaires d’un logement avant de se marier, ce qui retarde l’âge du mariage et diminue ainsi les chances d’avoir une grande famille.

Quels effets concrets cette évolution démographique a-t-elle déjà sur l’économie chinoise, notamment en termes de marché du travail, de consommation et d’innovation ?

Les changements démographiques en Chine ont déjà un impact significatif sur le marché du travail, et ces effets devraient s’accentuer dans les années à venir. La population active du pays a commencé à diminuer depuis le milieu des années 2010. Étant donné que la création de richesses dans un pays est, toutes choses égales par ailleurs, liée à la taille de sa population active, cette baisse soulève des inquiétudes quant à un éventuel ralentissement de la capacité de production de richesses.

Le succès économique de la Chine a largement reposé sur un vaste réservoir de main-d’œuvre rurale à bas cout, qui était abondant. Cependant, ce réservoir de travailleurs peu couteux est en train de s’épuiser. Selon les principes de l’offre et de la demande, cette diminution devrait inévitablement entrainer une augmentation des salaires par rapport aux périodes précédentes. Le marché du travail connait donc une véritable transformation : après une phase d’expansion continue de la population active et d’une main-d’œuvre rurale nombreuse, le pays a, depuis le milieu des années 2010, entamé une ère marquée par la raréfaction de cette ressource et le déclin de la population active.

En ce qui concerne la consommation, les changements sont tout aussi profonds. La structure des marchés de consommation est étroitement liée à la pyramide des âges : les besoins des jeunes, des adultes et des personnes âgées sont très différents. Ainsi, la répartition démographique de la population chinoise influence directement l’évolution de ces marchés.

Une autre question cruciale concerne les capacités d’innovation dans une société vieillissante. Au-delà de la diminution numérique de la population active, la Chine devra également faire face à un vieillissement de cette même population, avec une augmentation du pourcentage de travailleurs âgés de 50 ans ou plus et une baisse relative de ceux de moins de 50 ans.

Pékin a mis en place des mesures pour encourager les naissances (assouplissements, aides financières, campagnes de valorisation) : pourquoi ces politiques peinent-elles à inverser la tendance ?

Ces politiques ont peu de chances de changer la donne, car la Chine a créé une situation où « l’hiver démographique » — c’est-à-dire une très faible fécondité — est presque devenu la norme. Les raisons de cette faible natalité sont déjà bien connues, mais il est particulièrement difficile de les inverser. Que ce soit à cause de la politique d’urbanisation, des choix en matière de logement, ou encore du manque de qualité de vie, ces problèmes ne se résolvent pas du jour au lendemain.

La Chine fait face à ce que certains appellent la « dynamique du célibat », dans un pays où les naissances hors mariage ne sont pas acceptées. C’est un point crucial, surtout si l’on compare avec la France, qui a un des taux les plus élevés de naissances hors mariage au monde. En Chine, seul le mariage peut mener à la natalité.

Or la tendance actuelle montre une baisse du nombre de mariages et un âge de mariage de plus en plus tardif, ce qui n’encourage pas la fécondité. De plus, il y a un défi intergénérationnel : les jeunes qui souhaitent avoir des enfants n’ont souvent pas la chance d’avoir des grands-parents à proximité pour les aider pour la garde et l’éducation. En effet, la plupart des personnes âgées vivent encore à la campagne. Ce phénomène est particulièrement visible lors du Nouvel An chinois, quand plusieurs centaines de millions de personnes quittent les villes pour retourner dans leur région d’origine.

Observe-t-on des disparités démographiques entre villes et campagnes, et quelles conséquences ces différences peuvent-elles avoir sur la cohésion sociale et le développement régional ?

En Chine, la principale disparité démographique se manifeste surtout avec les différences ethniques. La majorité de la population appartient au groupe Han, tandis que 55 minorités ethniques regroupent environ 120 millions de personnes. Cependant, les évolutions démographiques des dernières décennies montrent une augmentation relative de l’importance de ces minorités pour deux raisons principales. D’abord, lors de l’instauration de la politique de l’enfant unique (1979-2015), ces minorités ont réussi à convaincre le gouvernement central à Pékin que cette restriction menaçait leur survie. En conséquence, elles ont obtenu le droit d’avoir deux enfants, même pendant cette période de rigueur en matière de natalité. Ensuite, il y a un instinct de survie au sein de ces communautés : la volonté de ne pas disparaitre les a poussées à maintenir un indice de fécondité relativement élevé.

Cependant, cette dynamique démographique est en tension avec la politique d’intégration nationale des autorités chinoises, qui cherchent à « siniser » certaines régions où les minorités sont majoritaires. C’est particulièrement vrai pour le Tibet (2) et le Xinjiang, où le gouvernement central encourage l’installation de populations Han pour diminuer la proportion démographique des minorités locales.

Existe-t-il un risque que cette évolution démographique affecte la stabilité politique intérieure du régime, notamment face aux attentes d’une population vieillissante et à une jeunesse en pleine mutation ?

Il est évident que la Chine, qui n’est pas une démocratie et où il est difficile de réaliser des sondages, ne permet pas de connaitre avec précision l’opinion de sa population. Cependant, certains signes montrent qu’une partie des citoyens n’est pas satisfaite du régime actuel. Deux attitudes illustrent ce mécontentement. La première concerne les Chinois qui ont réussi sur le plan économique et qui préfèrent investir massivement à l’étranger plutôt que de contribuer au développement de leur propre pays. La seconde se manifeste par une émigration persistante, malgré le contrôle strict exercé par Pékin aux frontières. Chaque année, des Chinois choisissent de quitter le pays, estimant que les conditions politiques, économiques et sociales sont meilleures en Amérique du Nord, en Europe ou dans d’autres régions jugées plus attrayantes.

Un mécontentement se mesure donc avec l’émigration et pourrait s’intensifier sous l’effet de deux dynamiques. La première est liée à la jeunesse, qui, bien que moins nombreuse, est en position de revendiquer davantage de la part des autorités. Si celles-ci ne parviennent pas à répondre à ses attentes, cette jeunesse pourrait exprimer ouvertement son insatisfaction. Un exemple frappant est la demande d’abolition du système du hukou (permis de résidence intérieure), que les jeunes Chinois soutiennent largement. D’ailleurs, le régime a annoncé à plusieurs reprises son intention de le supprimer, sans jamais passer à l’acte. Pékin y trouve un intérêt économique évident : la présence de centaines de millions de travailleurs peu rémunérés constitue une main-d’œuvre bon marché qui soutient la compétitivité des exportations chinoises. Malgré le caractère autoritaire du régime, cette jeunesse pourrait donc être amenée à se mobiliser.

La seconde dynamique est liée au vieillissement de la population. De plus en plus de Chinois ont des besoins spécifiques en raison de leur âge, et on se demande si le gouvernement sera capable de répondre à ces attentes de manière efficace. Ces défis pourraient, à long terme, influencer la stabilité politique intérieure, même avec le style autoritaire qui caractérise la gouvernance du pays. En outre, des tensions semblent également surgir au sein du Parti communiste chinois. Au cours des derniers mois, des débats animés auraient opposé ceux qui soutiennent un régime très autoritaire à ceux qui pensent qu’il est essentiel de mieux répondre aux besoins de la population.

À moyen terme, comment la Chine compte-t-elle compenser la diminution de sa main-d’œuvre ? La Chine pourrait-elle s’ouvrir à l’immigration ?

Face à cette évolution démographique qu’est la baisse de sa population active, Pékin a mis en place deux types de réponses.

La première consiste à investir massivement dans la robotisation. Les autorités souhaitent tirer parti des technologies d’automatisation et d’intelligence artificielle pour continuer à générer de la richesse, même avec une main-d’œuvre en déclin.

La seconde réponse se manifeste par un allongement progressif de la durée d’activité. À la fin de l’année 2024, Pékin a décidé de repousser l’âge légal de départ à la retraite. À partir du 1er janvier 2025, cet âge pour les hommes sera progressivement relevé de 60 à 63 ans, engendrant ainsi trois années supplémentaires d’activité. Pour les femmes, le système maintient une distinction entre les ouvrières et celles du secteur tertiaire, considérées comme exerçant des professions moins exigeantes. L’âge de départ à la retraite des ouvrières sera repoussé de 50 à 55 ans, tandis que celui des autres catégories professionnelles féminines passera de 55 à 58 ans. En parallèle, la durée minimale de cotisation pour bénéficier d’une pension a été augmentée. Cependant, il est important de rappeler qu’une part significative de la population active ne bénéficie pas du système de retraite, notamment les travailleurs dits « flottants », ces migrants internes qui échappent encore aux dispositifs de protection sociale.

Face à la baisse de la population active, plusieurs pays occidentaux se tournent vers une autre solution : encourager une immigration choisie. Cependant, cette option se révèle plus délicate dans le cas de la Chine. Pour attirer des travailleurs étrangers, un pays doit être séduisant, ce qui est difficile dans le cadre du régime autoritaire de Pékin. Bien qu’il existe une immigration, elle reste marginale et souvent liée au déséquilibre entre les sexes causé par la politique de l’enfant unique. Certains Chinois fortunés se sont ainsi tournés vers des familles pauvres du Vietnam pour « acheter » des épouses vietnamiennes, ce qui a engendré des tensions diplomatiques entre la Chine et le Vietnam, ce dernier dénonçant fermement ces pratiques.

De plus, l’environnement régional ne propose pas de véritable réservoir de main-d’œuvre. L’ensemble de l’Asie orientale fait face à une dynamique similaire de déclin démographique. Le Japon, la Corée du Sud (3) et Taïwan voient également leur population active diminuer. Même si l’on envisageait une réunification forcée de Taïwan par Pékin, l’île ne constituerait pas une solution durable au manque de travailleurs. Seuls quelques pays, comme les Philippines, où le vieillissement démographique est plus récent (4), pourraient encore représenter une source potentielle de main-d’œuvre.

Ce ralentissement démographique modifie-t-il la place et l’image de la Chine sur la scène internationale, notamment face à des puissances aux dynamiques démographiques différentes, comme l’Inde ou les États-Unis ?

Le fait que l’Inde soit devenue le pays le plus peuplé du monde complique sérieusement la perspective d’une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU). Depuis plusieurs années, cette réforme est à l’étude pour améliorer la représentativité au sein de l’institution, en tenant compte non seulement du poids démographique et géopolitique de l’Inde, mais aussi en renforçant la voix du continent africain. Pour que cette réforme soit vraiment représentative, il faudrait que l’Inde obtienne un siège permanent avec droit de veto, étant donné qu’elle est maintenant le pays le plus peuplé de la planète. Cependant, la Chine semble avoir de fortes réticences à l’idée de voir son voisin, avec qui les relations sont parfois tendues, renforcer sa position sur la scène internationale.

Cela entraîne donc des répercussions géopolitiques directes. Sur le plan international, malgré ces changements démographiques, la Chine reste le deuxième pays le plus peuplé du monde. Elle conserve ainsi un poids démographique important qu’elle peut continuer à valoriser dans ses relations internationales, même si elle doit maintenant faire face à la montée en puissance d’autres États. Cette réalité est particulièrement évidente au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), où Pékin a accepté l’élargissement du groupe à de nouveaux membres dont l’importance démographique devient significative.

Si la tendance actuelle se poursuit, à quoi ressemblera la société chinoise en 2050, et comment ce facteur démographique pourrait-il redessiner à la fois la politique intérieure et la stratégie globale de la Chine ?

Il est quasi-certain que d’ici 2050, la Chine continuera de faire face à un dépeuplement. Selon l’ampleur de ce phénomène, on pourrait parler de pertes allant de 100 à 300 millions d’habitants. Cependant, il est difficile de donner une estimation précise, car ces chiffres ne sont que des projections démographiques. En plus de cette diminution de la population, le vieillissement constitue un autre défi majeur. D’ici 2050, un tiers des Chinois pourraient avoir 65 ans ou plus, à moins que des événements exceptionnels, comme des épidémies, ne viennent perturber cette tendance. Une telle évolution entraînera inévitablement une augmentation des besoins en santé et en services sociaux. L’évolution de l’âge médian illustre bien ce changement démographique : il est passé de 22 ans en 1950 à 39 ans aujourd’hui, et il se rapproche lentement des 50 ans.

En 2050, plusieurs scénarios sont possibles, mais certains enjeux se démarquent. Le premier est la capacité du gouvernement de Pékin à gérer ces transformations de manière satisfaisante pour la population. Si les insatisfactions montent, il y aurait un risque que le pouvoir central tente de détourner l’attention de ses propres faiblesses en adoptant une posture agressive à l’extérieur, en mobilisant le sentiment nationaliste pour masquer ses échecs internes. Un autre aspect à considérer est la montée en puissance des pays du Sud. Depuis les années 1980, la Chine s’est affirmée comme une véritable force géopolitique sur la scène mondiale. Cependant, si d’autres nations parviennent à établir une gouvernance plus efficace dans les décennies à venir, elles pourraient devenir de redoutables concurrents. Ainsi, deux dynamiques clés se dessinent. D’une part, il y a l’insatisfaction interne qui pourrait mener soit à une dérive belliqueuse, soit à des bouleversements politiques significatifs, pouvant aller jusqu’à un changement de régime. D’autre part, s’ils sont bien gouvernés, des pays comme le Brésil, l’Indonésie ou le Nigéria deviendraient des compétiteurs géopolitiques sérieux.

Déclin démographique chez le géant chinois


Notes

(1) Gérard-François Dumont, Géographie des populations : concepts, dynamiques, prospectives, Paris, Armand Colin, 2023.

(2) Gérard-François Dumont, « Démographie du Tibet : quels scénarios géopolitiques ? », Diplomatie, n° 63, juillet-aout 2013.

(3) Gérard-François Dumont, « Corée du Sud : vers l’« implosion démographique », Diplomatie, n° 132, mars-avril 2025.

(4) J.-F. May, T. Sosorburam et J.-A. Goldstone, « Pays émergents et politiques de population : les exemples du Kenya, du Mexique et des Philippines », Les Analyses de Population & Avenir, septembre 2025, n° 55 (https://​doi​.org/​1​0​.​3​9​1​7​/​l​a​p​.​055).

Marc Chami

Gérard-François Dumont

areion24.news

Un avion de combat de nouvelle génération inconnu a été photographié aux abords de la «Zone 51»

 



Pour annoncer la diffusion d’un documentaire tourné dans les environs de la fameuse «Zone 51» [ou Groom Lake], un site ultra confidentiel où sont développés les projets hautement classifiés des forces armées américaines [appelés «black programs»], la chaîne Youtube «Project Fear» a publié une image thermique montrant un avion qui était jusqu’alors totalement inconnu.

Depuis, même si la vidéo dont il a été tiré a été diffusée afin de démontrer son authenticité, laquelle a été confirmée par des spécialistes sollicités par les sites The Aviationist et The War Zone, ce cliché est encore loin de convaincre tout le monde…

Quoi qu’il en soit, l’appareil en question présente des similitudes avec le X-36A développé par McDonnell Douglas dans les années 1990, peu avant son rachat par Boeing. Bien que prometteur, il fut abandonné après avoir effectué 31 vols d’essais effectués sous l’égide de la NASA.



Outre le X-36A, cet avion «mystère» semble reprendre des éléments du démonstrateur «Bird of Prey», également développé par McDonnell Douglas à la même époque.

Quoi qu’il en soit, avec son bord de fuite en dents de scie, son large nez, ses grands plans canard, il serait tentant de penser qu’il s’agisse d’un prototype du futur F-47, l’avion de 6e génération développé par Boeing dans le cadre du programme NGAD [Next Generation Air Dominance] de l’US Air Force. Seulement, le vol inaugural de cet appareil est prévu en… 2028.

Cela étant, en septembre 2020, Will Roper, alors secrétaire adjoint à l’Air Force chargé des acquisitions, de la technologie et de la logistique, fit savoir qu’un démonstrateur du NGAD avait déjà volé.

«Nous avons déjà construit et fait voler un démonstrateur du programme NGAD. Nous avons battu des records en le faisant. […] Nous sommes prêts à construire l’avion de nouvelle génération avec une approche inédite», avait-il affirmé, en faisant référence à la «Digital Century Series initiative», une approche reposant sur l’ingénierie numérique censée permettre de développer très rapidement de nouveaux avions de combat.




 En 2023, The War Zone rapporta que trois démonstrateurs différents avaient été développés au titre du NGAD.

Puis, l’an passé, l’US Air Force et la DARPA, l’agence du Pentagone dédiée à l’innovation, confirmèrent que deux avions expérimentaux [ou X-Planes], conçus dans le cadre de l’Aerospace Innovation Initiative, lancée pour préparer le NGAD, avaient volé pour la première fois respectivement en 2019 et en 2022.

La forme en «sapin de Noël» de cet avion mystérieux présente des similitudes avec le DP21, un concept d’avion de combat élaboré dans les années 1980 par Darold Cummings, un ingénieur ayant travaillé sur le YF-23 BlackWidow, du temps où il était employé par Northrop. Le rapprochement a été fait par The War Zone, qui a cité un article publié par ce dernier sur le réseau social LinkedIn, il y a quelques mois.

«J’ai été embauché par Bob Sandusky en 1982 comme concepteur en chef du programme Northrop ATF [YF-23]. Début 1983, Bob m’a expliqué que Northrop avait tenté de développer un chasseur à quatre pointes [comme le B-2], mais que cela s’était avéré impossible, un chasseur à aile volante étant irréalisable. Je lui ai dit que je pouvais en concevoir un, et il m’a encouragé à essayer. La seule solution consistait à utiliser une série de surfaces fortement inclinées [55 degrés] sur toute la longueur de l’appareil. Le résultat fut le DP-21, créé en juin 1983», avait raconté M. Cummings, en y joignant les plans qu’il avait élaborés à l’époque ainsi que des images réalisées grâce à l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, il est aussi possible que cet «avion mystère» soit lié au programme F/A-XX de l’US Navy, pour lequel Boeing et Northrop Grumman sont en lice.

En tout cas, ce n’est pas la première fois qu’un avion inconnu évoluant dans les cieux américains est photographié par hasard. Comme en 2008, quand un appareil ayant un petit air de famille avec le prototype d’intercepteur XF-108 Rapier fut «surpris» en Californie, alors qu’il volait en direction du Nevada [et donc soit vers Groom Lake, soit vers le Tonopah Test Range]. En 2014, deux «spotters» texans fixèrent sur la pellicule une «aile volante», alors inconnue [et qui l’est toujours à ce jour].

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