Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

lundi 21 septembre 2026

Exercice MOBILO 26

 


Avec l'exercice MOBILO 26, l'Armée suisse cherche à entraîner le déplacement de troupes de la Suisse romande vers la Suisse orientale. Dans ce cadre, un convoi d'artillerie quittera Romont mardi. Il passera notamment par les districts de la Broye et du Lac.

L'armée précise que les véhicules pourront par endroits causer quelques ralentissements sur les routes. Des nuisances sonores sont également possibles lors des déplacements de nuit. Aucune fermeture de route n'est prévue et la sécurité des usagers de la route est garantie.

Nathan Gendre

Frapp.ch

Affaire Kaspersky: des incertitudes subsistent au sein du SRC

 

L’ancienne division «Cyber» du Service de renseignement de la Confédération (SRC) n’est pas encore tirée d’affaire. Le rapport publié lundi sur l’enquête commandée à l’été 2025 conclut certes que les faits survenus au sein du SRC ont été «suffisamment élucidés», mais émet néanmoins des réserves.

«Certaines incertitudes subsistent quant aux soupçons pesant sur l’ancienne collaboration entre la division Cyber et (la société russe de cybersécurité) Kaspersky», a indiqué devant la presse lundi l’avocat Dominique Müller, du cabinet indépendant Lenz & Staehelin, qui a mené l’enquête.

Le résumé du rapport et le Département fédéral de la défense (DDPS) ne fournissent guère de précisions supplémentaires sur les éventuelles fuites de données. A la suite d’une plainte déposée par l’autorité de surveillance pour soupçon d’espionnage, le Ministère public de la Confédération (MPC) enquête en effet depuis plus d’un an pour déterminer si des informations classifiées ont été systématiquement transmises à Kaspersky et si elles ont pu, par ce biais, parvenir aux services secrets russes.

«L’enquête du MPC (…) est toujours en cours. Je ne peux pas m’exprimer à ce sujet», a déclaré le chef du DDPS Martin Pfister à Berne.

Pas de suppressions de données «à grande échelle»

Le DDPS indique que l’enquête administrative n’avait révélé, au-delà des accusations déjà connues, aucun nouvel élément de fond ni indice solide laissant supposer l’existence d’activités de renseignement politique interdites.

Aucun indice de suppression de données «à grande échelle» n’a par ailleurs été mis en évidence. De tels agissements avaient également été reprochés à d’anciens collaborateurs du SRC dans le cadre de l’affaire Kaspersky.

Il y a un peu plus d’un an, la radio-télévision alémanique SRF avait révélé, sur la base d’un rapport secret du SRC, que des services de renseignement amis avaient alerté le service suisse dès 2021 sur de possibles fuites de données. Martin Pfister avait alors chargé le cabinet d’avocats Lenz & Staehelin de mener une enquête, qui vient de s’achever.

Plusieurs rapports internes et externes avaient déjà été consacrés aux faits présumés, qui se sont déroulés entre 2015 et 2020. Selon le DDPS, les recommandations qui en ont découlé ont été «globalement mises en œuvre». La dernière enquête a également confirmé ce constat, comme cela a été précisé lundi devant les médias à Berne.

L’importance de la transformation

Selon le DDPS, la mise en œuvre de ces recommandations s’inscrit également dans le cadre de la réorganisation du domaine cyber et du SRC. Cette transformation doit s’achever à la fin de cette année. L’objectif est de créer un service plus léger et plus efficace, doté de compétences, de processus et de structures mieux définis, précise le département.

L’Autorité de surveillance indépendante du service de renseignement de la Confédération (AS-Rens) avait auparavant constaté de graves lacunes dans la gestion et la direction du personnel du SRC.

La dernière enquête administrative a confirmé «certaines lacunes dans la culture de confiance au sein du SRC», liées aux réorganisations passées, tout en portant une appréciation positive sur le DDPS et le SRC.

Le SRC a procédé à des améliorations considérables et poursuit ses efforts en ce sens, a souligné le directeur du SRC Serge Bavaud. Parmi les mesures prises figure un nouveau règlement encadrant le signalement de comportements présumés inappropriés ou de dysfonctionnements liés à la sécurité.

«Aller de l’avant»

Martin Pfister s’est dit «très heureux» du résultat de l’enquête. «Nous pouvons désormais aller de l’avant sans blocages ni incertitudes».

Le chef du DDPS a rappelé que les cyberattaques visant des cibles suisses sont devenues nettement plus nombreuses et plus graves ces dernières années. Elles touchent les institutions publiques, les organismes de recherche, les entreprises et les infrastructures critiques. De plus en plus souvent, les cyberattaques utilisent également des systèmes informatiques situés en Suisse comme relais pour mener des attaques contre des pays tiers.

«Au vu de cette situation, nous avons besoin d’un service de cybersécurité en qui nous pouvons réellement avoir confiance et qui travaille en toute transparence. Grâce à l’enquête, nous savons désormais que c’est bien le cas», a conclu M. Pfister.

ATS

Quatre chaînes américaines, n’assureront plus le suivi images de Donald Trump, en soutien à CNN


En soutien à CNN, les quatre autres chaînes américaines constituant le « pool » présidentiel, à savoir CBS, ABC, NBC et Fox News, ont annoncé, lundi 21 septembre, qu’elles cessaient de participer à ce dispositif permettant un suivi télévisuel des déplacements de Donald Trump, selon un communiqué commun des cinq groupes.

« Il est vital pour le grand public de recevoir des informations correctes et indépendantes concernant le gouvernement. Aucune administration ne devrait restreindre l’accès d’un organisme de presse parce qu’elle n’est pas d’accord avec sa couverture », ont écrit les cinq chaînes du « pool » dans un communiqué.

Plus tôt dans la journée, les chaînes de télévision américaines CNN, MS NOW et le média en ligne Politico avaient annoncé avoir fait part à l’administration Trump de leur décision de porter plainte au nom de la liberté de la presse, afin que leurs journalistes retrouvent l’accès à la Maison Blanche, dont ils sont privés depuis trois jours.

« Ce matin, nous avons notifié au gouvernement que nous engageons aujourd’hui une procédure judiciaire pour défendre nos droits au nom du premier amendement et du principe selon lequel le gouvernement ne décide pas ce que la presse publie », ont déclaré conjointement les organes de presse dans un communiqué sur X.

Peu après cette déclaration, Donald Trump a réagi en contestant mener une offensive contre la « presse libre ». Dans un message publié sur son réseau, Truth Social, il a dit s’en prendre aux « FAUSSES INFORMATIONS, quelque chose qui s’est propagé comme un cancer au sein de nos chers Etats-Unis d’Amérique ». « Cela constitue une menace pour notre sécurité nationale et doit être stoppé, MAINTENANT ! », a-t-il écrit.

Le président américain avait annoncé, vendredi, une interdiction « avec effet immédiat », de ces médias, les accusant d’écrire « de fausses histoires tout le temps ». « D’autres médias propagateurs de fausses informations suivront », avaient menacé le président américain sur son réseau, Truth Social, dans une escalade spectaculaire de sa guerre contre les médias.

Pas de suivi à New-York

« Ils peuvent toujours rendre compte de ce qu’il se passe à la Maison Blanche. Ils peuvent toujours consulter les rapports publics. Ils peuvent toujours (…) parler aux membres de l’administration ainsi qu’à des personnes extérieures (…) », a affirmé le vice-président américain, J. D. Vance, lundi après-midi. « Ce que le président Trump a dit, c’est : nous n’allons pas vous accorder un accès privilégié à la Maison Blanche si vous vous livrez à ce qui s’apparente, dans les faits, à de la propagande. »

Selon l’agence Associated Press, aucun « pool » de presse télévisé des chaînes américaines ne devrait accompagner Donald Trump lundi soir, alors qu’il se rend à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies. CNN avait été désigné pour couvrir le déplacement du président américain, mais le média a, de fait, été écarté par la Maison Blanche.

lemonde.fr

dimanche 20 septembre 2026

Iran: Un homme accusé d’avoir transmis des renseignements au Mossad exécuté

 

Un homme a été exécuté en Iran pour avoir transmis aux services de renseignements israéliens des informations relatives aux sites de missiles iraniens pendant la guerre, ont rapporté samedi les autorités judiciaires.

« La peine de mort a été appliquée à l’encontre de Hossein Pedaran qui avait fourni au Mossad des informations sur des sites de missiles dans la province d’Ispahan » située dans le centre de l’Iran, a indiqué Mizan, l’organe de presse de la justice iranienne.

Le pouvoir judiciaire, qui a accusé Hossein Pedaran « d’espionnage et de coopération en matière de renseignement » en faveur d’Israël, n’a fourni aucune information sur la date de son arrestation ni sur celle de son procès.

La justice assure que la peine de mort a été « confirmée par la Cour suprême ».

En août déjà, le pouvoir judiciaire avait annoncé l’exécution de deux hommes accusés d’avoir « transmis les coordonnées de sites militaires et de sécurité sensibles » à Israël.

L’Iran est le deuxième pays au monde après la Chine à procéder au plus grand nombre d’exécutions, selon des groupes de défense des droits humains.

Les autorités iraniennes ont intensifié les arrestations et les exécutions, tant celles directement liées à la guerre qui a débuté le 28 février que celles relatives aux manifestations qui ont secoué tout le pays et atteint leur paroxysme en janvier.

Des sites de missiles ont été bombardés dans tout l’Iran au cours du conflit. La province d’Ispahan, qui abrite également des installations nucléaires, a été l’une des régions les plus durement touchées.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a été tué au début de la guerre, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une campagne de bombardements surprise contre l’Iran.

Selon les États-Unis et Israël, cette guerre avait pour objectif d’éliminer les menaces que représentent les programmes nucléaires et balistiques de l’Iran, ainsi que d’affaiblir les capacités militaires du pays.

La Turquie retire son agrément à une banque iranienne

Par ailleurs, la Turquie a retiré samedi l’agrément de la banque iranienne Mellat, une institution financière semi-privée soumise depuis des années à des sanctions occidentales, a annoncé le Journal officiel turc.

Cette mesure intervient près de deux semaines après que Washington a sanctionné une banque turque pour ses liens présumés avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien. On ignore toutefois pour l’instant si ces deux événements sont liés.

Cette décision a fait suite à une mesure prise par l’autorité de régulation bancaire turque à l’encontre de cette banque basée à Téhéran, qui fournit un soutien financier au gouvernement iranien et qui est soumise à des sanctions américaines, européennes et britanniques, comme l’indique OpenSanctions, une base de données open source répertoriant les entités visées par de telles dispositions.

Le gouvernement iranien est également le principal actionnaire de la banque, a-t-il précisé.

Pour justifier le retrait de l’agrément de la banque Mellat, l’autorité de régulation turque a invoqué l’article 71b de la loi bancaire, qui stipule que « la poursuite des activités de l’entité constitue une menace pour les droits des déposants et des détenteurs de fonds de participation, ainsi que pour la sécurité et la stabilité du système financier ».

La banque Mellat est depuis longtemps visée par des sanctions occidentales en raison d’accusations selon lesquelles Téhéran chercherait à se doter de capacités nucléaires militaires sous le couvert d’un programme nucléaire civil.

Ces sanctions avaient été levées dans le cadre de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les puissances mondiales. Mais les États-Unis sont sortis de cet accord en 2018, réimposant alors des sanctions économiques.

La banque a de nouveau été sanctionnée par les États-Unis et les pays du Golfe en 2019 après qu’elle a été désignée comme une des entités liées aux Gardiens de la révolution.

L’intervention de l’autorité de régulation bancaire turque précède de peu la rencontre prévue mardi entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Un rapport généré par l’IA a failli provoquer un conflit avec la Chine

Par ailleurs, un rapport des services de renseignement américains élaboré à l’aide de l’intelligence artificielle a failli déclencher un conflit militaire entre Washington et Pékin dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. Ce rapport avait en effet identifié à tort un navire chinois comme transportant des composants nucléaires à destination de l’Iran, a indiqué CNN.

Selon ce rapport, l’armée américaine s’était préparée à saisir le navire, et des avions militaires étaient déjà en vol lorsque des responsables, après une analyse plus approfondie des renseignements, ont découvert qu’un chatbot avait mal identifié la cargaison.

CNN a déclaré ne pas être en mesure de déterminer ce que le navire transportait réellement.

Selon certaines informations, un analyste militaire américain aurait interrogé le chatbot au sujet de renseignements provenant du Commandement des opérations spéciales du Pacifique (US Special Operations Command Pacific), basé à Hawaï.

Le bot a répondu en s’appuyant à la fois sur des informations disponibles publiquement et sur des données confidentielles collectées électroniquement. Pour CNN, il est difficile de déterminer si ce chatbot est un produit commercial ou gouvernemental.

Des pirates informatiques étrangers ciblent des réseaux d’eau américains

Lors d’un incident sécuritaire distinct, des pirates informatiques étrangers ont pris pour cible et manipulé deux petits réseaux d’eau privés du Colorado en août dernier. Les autorités de l’État ont toutefois déclaré ne pas être en mesure d’identifier les responsables.

Ces incidents ont touché deux réseaux desservant chacun moins de 200 personnes, a fait savoir Ally Sullivan, porte-parole du gouverneur du Colorado, Jared Polis.

« Il n’y a eu aucune incidence sur la sécurité publique ni sur les services d’approvisionnement en eau », a affirmé Sullivan.

Les pirates ont réussi à modifier les paramètres des installations. Ils ont notamment désactivé l’accès à distance et les alarmes, et modifié les cycles de pompage, a ajouté Sullivan.

« Il s’agissait d’incidents de courte durée. Les risques ont été rapidement maîtrisés par les exploitants eux-mêmes, qui ont ensuite alerté l’État », a poursuivi Sullivan. « À notre connaissance, ni les processus de traitement ni la qualité de l’eau n’ont été affectés chez l’un ou l’autre de ces exploitants. »

Bien que les autorités du Colorado n’aient pas attribué ces incidents à l’Iran, Sullivan a pointé du doigt un phénomène plus large de cyberactivités soutenues par Téhéran et visant les infrastructures hydrauliques américaines.

Le bureau du gouverneur « n’est pas en mesure de confirmer quels acteurs étrangers auraient pu être impliqués. Nous avons toutefois connaissance des efforts déployés actuellement à l’échelle nationale par un groupe soutenu par l’Iran pour accéder aux réseaux d’eau potable et d’assainissement », a précisé Sullivan.

Ces incidents sont survenus plusieurs semaines après une vague plus large de cyberattaques qui avaient ciblé les équipements d’une centaine d’entités du secteur de l’eau dans une dizaine d’États, selon un avis publié en août par l’Agence américaine de cyber-sécurité et de sécurité des infrastructures (CISA).

Des experts en cyber-sécurité ont indiqué que ces attaques antérieures présentaient des similitudes avec des activités déjà observées et liées à l’Iran, qui visaient des automates programmables, ces dispositifs informatiques utilisés pour contrôler les machines au sein des réseaux d’infrastructures critiques.

Le FBI a déclaré dans un communiqué en date du 30 juillet que certaines attaques antérieures avaient « perturbé le fonctionnement des réseaux d’approvisionnement en eau », notamment du fait de la modification d’adresses IP et de mots de passe, « rendant impossible la visualisation, et dans certains cas le fonctionnement, des équipements connectés dans les installations ciblées ».

fr.timesofisrael.com

Les Houthis portent la guerre jusqu’à Riyad

 

La première attaque contre Riyad depuis la reprise des hostilités entre l’Arabie saoudite et les Houthis marque un nouveau seuil. En frappant au cœur du royaume et en menaçant ses infrastructures pétrolières, le mouvement yéménite pro-iranien étend une guerre dont les répercussions touchent désormais directement la sécurité énergétique mondiale.

Les explosions entendues samedi 19 septembre à Riyad ont rappelé à l’Arabie saoudite une vulnérabilité que plusieurs années d’accalmie avaient contribué à reléguer au second plan. La coalition dirigée par le royaume a confirmé qu’un missile balistique tiré par les Houthis avait visé la capitale avant d’être intercepté. Près de l’aéroport international King Khalid, des flammes et une importante fumée noire ont été observées autour d’un dépôt de carburant où un réservoir portant le logo de Saudi Aramco a pris feu. Les Houthis ont revendiqué des frappes menées à l’aide de missiles et de drones contre des « sites sensibles » à Riyad ainsi que contre des installations pétrolières à Yanbu. L’étendue exacte des dégâts revendiqués par le mouvement n’a pas pu être vérifiée indépendamment.

Le symbole est important. Riyad n’avait plus été directement menacée depuis la reprise, en juillet, des affrontements opposant les Houthis au royaume. Jusqu’à présent, leurs attaques avaient surtout concerné le sud saoudien, les installations énergétiques et les axes maritimes. Porter de nouveau la menace sur la capitale revient à démontrer que la profondeur stratégique du territoire saoudien peut être atteinte malgré les systèmes de défense aérienne déployés par le royaume.

Washington mesure manifestement le risque. Le département d’État américain a averti ses ressortissants que le conflit pouvait connaître une « escalade rapide ». Donald Trump, qui devait passer le week-end à Camp David, est rentré samedi soir à Washington sans que la Maison Blanche fournisse d’explication à ce changement de programme. Rien ne permet donc d’établir publiquement un lien direct entre ce retour anticipé et les événements en Arabie saoudite, mais leur concomitance intervient dans une phase de forte tension régionale.

Riyad pris entre le Yémen et les routes du pétrole

La portée de l’offensive houthie ne se mesure toutefois plus uniquement à la distance parcourue par ses missiles. Depuis plusieurs semaines, le mouvement a considérablement renforcé ses positions dans l’ouest du Yémen. Ses forces ont progressé sur la côte de la mer Rouge, se sont emparées de territoires stratégiques et ont étendu leur présence autour du détroit de Bab el-Mandeb, l’un des passages essentiels reliant l’océan Indien à la mer Rouge et au canal de Suez. Reuters a notamment fait état de la prise de Mokha et de l’île de Mayyun, ou Perim, située au milieu du détroit.

Cette avancée transforme la nature du rapport de force avec Riyad. L’Arabie saoudite doit désormais protéger simultanément ses villes, ses infrastructures énergétiques et ses débouchés maritimes. Yanbu joue à cet égard un rôle particulièrement sensible. Le port de la mer Rouge est le débouché occidental de l’oléoduc Est Ouest qui permet au brut saoudien d’éviter le détroit d’Ormuz. Or cette infrastructure a elle-même été perturbée par des attaques récentes, réduisant la marge de manœuvre du royaume au moment même où le trafic maritime régional devient plus risqué. Reuters estimait récemment que l’arrêt de cet axe pouvait affecter jusqu’à 4 % de l’offre pétrolière mondiale.

La conséquence est déjà visible sur les marchés. Le Brent a dépassé les 100 dollars le baril au cours des derniers jours, tandis que les coûts du transport maritime et de l’assurance augmentent à mesure que se cumulent les risques autour d’Ormuz et de Bab el-Mandeb.

Le coût humain augmente parallèlement. L’Organisation internationale pour les migrations recensait, au 18 septembre, plus de 112 000 personnes déplacées à l’intérieur du Yémen, dont plus de 100 000 en une dizaine de jours, ainsi que près de 3 000 personnes ayant fui vers Djibouti.

Une guerre yéménite redevenue régionale

La nouvelle phase du conflit place aussi Washington devant un choix délicat. L’Arabie saoudite reste un partenaire stratégique majeur des États-Unis et un acteur central du marché pétrolier. Mais l’administration Trump s’est jusqu’à présent gardée d’entrer directement dans la confrontation entre Riyad et les Houthis. Selon Reuters, Mohammed ben Salmane avait sollicité une aide militaire américaine après les dernières avancées du mouvement yéménite. Washington n’a pas accepté de participer directement aux frappes, tout en maintenant une coopération en matière de renseignement et d’identification des cibles.

Cette retenue illustre la difficulté américaine à empêcher l’élargissement du conflit sans ouvrir un front supplémentaire. Les Houthis sont soutenus depuis des années par l’Iran, mais disposent également de leur propre agenda politique et militaire au Yémen. Les réduire à un simple relais de Téhéran ne suffit donc pas à expliquer leur capacité de résistance ni les gains territoriaux réalisés depuis le début de septembre.

Le mouvement cherche désormais à convertir ses succès militaires en capacité de pression régionale. En menaçant Riyad, Yanbu et les routes de navigation, il agit sur plusieurs niveaux à la fois : sécurité intérieure saoudienne, exportations énergétiques, trafic maritime et coût économique du conflit.

Pour l’Arabie saoudite, qui avait consacré plusieurs années à réduire son exposition directe à la guerre du Yémen, le retour des missiles au-dessus de Riyad constitue ainsi moins un épisode isolé qu’un changement d’échelle. Pour Washington, l’avertissement sur une possible « escalade rapide » traduit la même inquiétude : une guerre longtemps circonscrite au territoire yéménite est de nouveau susceptible de se confondre avec la confrontation régionale plus large autour de l’Iran, tout en touchant l’un des centres névralgiques de l’économie mondiale.

mondafrique.com