Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies, vidéos ou articles d'auteurs d'attentats, afin d'éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est les combattre !

jeudi 25 avril 2019

Ice, le chien du CPA 10 qui a neutralisé un jihadiste au Sahel


Ice, par Richard Nicolas-Nelson / armée de l’Air


La semaine passée, un cérémonie a été organisée a l’Hôtel de ville de Paris pour mettre à l’honneur des chiens servant dans les forces françaises. L’un d’eux, Ice, le berger malinois d’un sergent-chef du Commando Parachutiste de l’Air n°10 [CPA 10], s’est vu décerner le trophée du « chien d’intervention » pour sa conduite exceptionnelle au Mali.

En effet, Ice et son maître furent sollicités, avec leur équipe du CPA 10, pour mener une mission « complexe » visant à arrêter le chef d’un groupe jihadiste. Leur hélicoptère à peine posé, les commandos se lancèrent à l’assaut d’un campement où étaient supposés se trouver les terroristes. Seulement, l’un d’eux réussit à s’échapper en moto, laissant quatre de ses compagnons derrière lui.

Puis, l’ordre fut donné à l’équipe du CPA 10 de se lancer à la poursuite du fuyard. Ce dernier eut le temps de parcourir 1 km et de réfugier dans un autre campement, situé dans une oasis très boisée, ce qui empêcha l’hélicoptère de se poser dans des conditions optimales de sécurité. Les commandos équipèrent Ice pour le mettre à terre [selon une procédure qui n’a pas été précisée] avant de s’infiltrer en corde lisse.

Seulement, avec l’obscurité et le nuage de sable causé par les pales de l’hélicoptère, les conditions de visibilité étaient très difficiles, même acec des jumelles de vision nocturne. Mais pas pour Ice qui, resté silencieux, repéra et neutralisa le terroriste avant que ce dernier eut le temps de tenter quoi que ce soit. Ce qui permit sa capture par les commandos. Mais le berger malinois ne s’arrêta pas en si bon chemin : grâce à son flair, il permit de découvrir deux caches d’armes.

Cette histoire met ainsi en lumière ce que peuvent apporter les chiens aux opérations spéciales. Et les distinctions qui ont été décernées à Ice tendent à le démontrer : il est en effet « titulaire » de médaille de bronze de la défense nationale et de la médaille d’outre-mer avec agrafe Sahel et agrafe Moyen-Orient.

« À force d’entraînement, nous avons senti la montée en puissance de ces nouvelles méthodes de travail avec le chien au centre. Tout le groupe les a adoptées et pour certaines missions nous ne pouvons pas nous en passer », explique le maître de Ice, sur le site de l’armée de l’Air.

Ainsi, poursuit le sous-officier, « pendant quelques mois, nous lui avons appris à déposer un drone télécommandé dans les étages supérieurs d’un bâtiment. Cela permet de préserver les opérateurs. Il va très vite dans la cage d’escalier et de surcroît il est silencieux. Nous avons la recopie image. Et si nous détectons un individu, nous pouvons lui donner l’ordre à distance de le neutraliser en attendant notre arrivée. »

L'armée attend toujours son nouveau lance-mine


Lance-mines Cobra


En septembre 2016, le Parlement a approuvé l'achat d'un nouveau système de mortier. Le programme d'armement prévoit d'acheter 32 lance-mines Cobra, développés par Ruag. Ceux-ci doivent être montés sur des chars Piranha de la compagnie Mowag. L'ensemble doit être acheté pour 404 millions de francs.

Les nouveaux mortiers sont destinés à remplacer les lance-mines de 12 centimètres qui ont été désaffectés en 2009. Ils doivent être livrés entre 2018 et 2022.

La livraison risque pourtant de ne pas se faire dans les délais. Un retard qui s'explique par des problèmes techniques, précise à Keystone-ATS une porte-parole de Ruag Kirsten Hammerich, confirmant une information des journaux Tamedia de mercredi. Elle n'a pas pu se prononcer sur une date de livraison.

Trois ans de retard

Armasuisse part du principe que la livraison aura lieu entre 2024 et 2025, selon sa porte-parole Jacqueline Stampfli. L'état d'avancement du projet ne permet pas encore de conclure un contrat en série. Les essais nécessaires n'ont pas encore été effectués, précise Mme Stampfli à Keystone-ATS. Ce contrat sera signé dès que le statut du projet le permettra. La livraison du prototype est pour l'instant retardée de 34 mois.

Selon Ruag, un prototype du lance-mine Cobra, présenté à la foire aux armes Idex à Abu Dhabi en 2015, a été remis à Mowag en décembre 2018. Si les essais techniques du prototype et les essais avec les troupes sont couronnés de succès, un contrat de série pourrait être conclu, souligne la porte-parole.

Ruag n'a pas non plus fourni d'informations concrètes sur les coûts occasionnés par le retard. Les coûts de développement se sont avérés plus élevés que prévu. Toutefois, les dépassements seraient supportés par Ruag et n'auraient donc pas d'incidence sur le facture finale du projet.

La porte-parole de l'entreprise d'armement ne s'est pas non plus prononcée sur une amende de 726'000 francs, que Ruag a dû payer à Mowag suite au retard, selon les informations de Tamedia. Elle a mentionné la clause de confidentialité du contrat.

Portrait du djihadiste en Suisse


A l’occasion de son inventaire 2018, Fedpol révèle quelques statistiques sur les «voyageurs du djihad» de Suisse. La police fédérale dévoile aussi la facilité de se procurer des produits explosifs dans le pays.

Qui sont les djihadistes de Suisse partis faire la guerre en Syrie? Si les informations disponibles sur ces individus sont souvent peu fiables, la police fédérale a pu dégager quelques tendances au fil de ses investigations. Elle les révèle dans son rapport 2018. Portrait-robot.

Un homme d’une trentaine d’années au passé difficile

Les «voyageurs du djihad» de Suisse sont répartis de manière relativement homogène entre les différentes régions linguistiques helvétiques: environ deux tiers d’entre eux sont Alémaniques, plus d’un tiers sont Romands et un faible pourcentage est Suisse italien. Leur profil est avant tout masculin (plus de 80%), urbain et trentenaire (32 ans d’âge moyen). La moitié des individus analysés disposent en outre d’un passeport suisse, dont 50% sont double-nationaux. Environ deux tiers des djihadistes domiciliés en Suisse sont nés à l’étranger. C’est toutefois en Suisse que la plupart d’entre eux se sont radicalisés, indique Fedpol, qui ajoute que la «grande majorité» de ces derniers fréquentait une mosquée en Suisse. La plupart étaient musulmans d’origine.

Leur parcours de vie est souvent chaotique. La moitié des cas analysés ont vécu un «événement traumatique» durant leur vie (problèmes de santé, grave accident, guerre dans leur pays d’origine), et un tiers a un passé criminel (stupéfiants, violence conjugale, brigandage). Les deux tiers ont commencé un apprentissage ou une école spécialisée, la moitié sans aller au bout. Un cinquième d’entre eux n’a suivi que l’école obligatoire, sans toujours la terminer. Quelques-uns ont fréquenté l’université. Quel que soit leur niveau de formation, 50% des individus étudiés n’avaient ni emploi ni formation au moment de partir.

Des produits en vente libre en Suisse

Dans le même rapport, Fedpol souligne que, contrairement à l’Union européenne qui a réglementé ces produits depuis 2014, la Suisse n’interdit pas la vente de substances permettant la fabrication d’explosifs présentes dans des produits du quotidien. Le peroxyde d’hydrogène, qui peut être utilisé comme agent de blanchiment, antiseptique, mais également pour la propulsion de fusées – ou pour fabriquer des bombes – est ainsi en vente libre dans les pharmacies helvétiques.

Or, dit Fedpol, le risque que des terroristes – suisses ou étrangers – profitent de cette faille est «réel». Conscient du problème, le Conseil fédéral devrait proposer une réforme législative au parlement cette année pour mieux réglementer la vente de ce type de produit.

Fedpol mobilisé notamment avec les attentats de Strasbourg

La lutte contre le terrorisme a continué d'occuper fedpol l'année dernière. L'auteur des attentats de Strasbourg en décembre dernier était connu des services de police en Suisse, mais pour des cas de délinquance. L'identification des individus radicalisés reste difficile, reconnaît la police fédérale.

Le parcours du terroriste de Strasbourg est emblématique du parcours des individus radicalisés, écrit fedpol dans son rapport annuel publié jeudi. Les facteurs déclencheurs de la radicalisation sont difficiles à déterminer, même si la Suisse a mis en place un paquet d'instruments à disposition des autorités cantonales et fédérales.

Chaque cas est unique, mais pour trouver des réponses, la police fédérale a notamment analysé le profil des personnes parties de la Suisse pour faire le djihad. Selon les chiffres du Service du renseignement de la Confédération, elles sont un peu moins d'une centaine.

L'âge moyen des djihadistes qui se sont rendus dans une zone de conflit entre 2012 et 2018 est de 32 ans. Près de la moitié sont Suisses et la moitié de ceux-ci ont une double nationalité. Au moins un tiers des cas analysés montre un passé criminel (atteintes à la propriété, histoires de moeurs, stupéfiants, ou crimes violents).

Moins d'expulsions

Avec l'augmentation de la menace djihadiste, la police fédérale a ordonné cinq expulsions l'année dernière, rappelle fedpol. En 2017, 13 expulsions avaient été ordonnées. Sur les cinq expulsions sollicitées l'année dernière, deux n'ont pas pu être mises en oeuvre. Il s'agit de personnes menacées de torture ou de mort dans leur pays à leur retour, explique la police fédérale. Au total, cinq Irakiens ayant fait l'objet d'une demande d'expulsion depuis 2016 se trouvent dans cette situation en Suisse. Fedpol a en outre prononcé 106 interdictions d'entrées. Parmi ces cas, 78 étaient motivés par des activités liées au terrorisme contre 140 en 2017.

Faux billets

Le rapport présente aussi les activités de fedpol en matière de criminalité économique, de crime organisé, de lutte contre le hooliganisme ou de faux monnayage. On y apprend que le montant annuel des faux billets découverts en Suisse, toutes devises confondues, s'est élevé entre 4 et 5 millions de francs entre 2006 et 2018. Un chiffre stable, selon fedpol.

Les contrefaçons en francs ont atteint un demi-million de francs. Un résultat peu important selon fedpol en regard des 72 milliards de francs en circulation. La monnaie helvétique est particulièrement difficile à falsifier, relève le rapport.


Rapport Fedpol 2018


Boris Busslinger

mercredi 24 avril 2019

Tchap: à peine lancée, déjà piratée







Alors qu’elle vient d’être lancée, l’application Tchap a déjà été infiltrée par un expert en cybersécurité…. Cette application de messagerie privée est utilisée par le gouvernement.

Tchap est une nouvelle application de messagerie destinée exclusivement aux membres du gouvernement. Avec cette alternative, tous peuvent communiquer de façon privée et sans risques de voir leurs échanges être divulgués. Cependant, ses premières heures d’utilisation ont été le théâtre d’une très mauvaise surprise. Une adresse mail est en effet nécessaire pour se connecter. Or, Elliot Alderson, un expert en cybersécurité, a réussi à pirater l’application et ce sans difficulté malgré le fait qu’il ne possédait pas d’adresse mail pour s’y connecter…

Face à cette faille de sécurité importante, l’expert a réagi très vite. Il a alerté les développeurs de l’application sur Twitter afin qu’ils règlent le problème. L’équipe de développement a corrigé ce détail : « la messagerie vient d’être lancée, il s’agit d’une phase de démarrage. Le plus important est que l’on ait pu identifier et corriger cette faille au plus vite. »

La Russie lance le « Belgorod »







Lors d’un discours prononcé devant le Parlement russe, le président Poutine leva le voile sur plusieurs nouvelles armes « invincibles », dont des missiles hypersoniques et un drone sous-marin à capacité nucléaire. Ce dernier fit l’objet d’une « fuite », visiblement organisée, en novembre 2015, quand la chaîne de télévision NTV diffusa un reportage sur une réunion entre le chef du Kremlin et des généraux à Sotchi. Et l’une des séquences montra subrepticement les plans d’un système ayant la forme d’une torpille et appelé « Status-6 Oceanic Multipurpose System ».

Avant même la confirmation par M. Poutine de l’existence de ce ce drone nucléaire, appelé « Poséidon », les États-Unis prirent très au sérieux ce projet russe au point de l’évoquer dans leur dernier document détaillant leur posture nucléaire [NPR], publié en février 2018. En effet, un tel engin, par ailleurs difficilement détectable et doté d’une ogive thermonucléaire de 2 mégatonnes, donnerait à la Russie un moyen de passer outre les défenses anti-missiles.

Mais encore fallait-il à la marine russe un sous-marin susceptible de mettre en oeuvre ce drone « Poséidon ». Son choix se porta sur un submersible de la classe Oscar II, en l’occurrence le K-139 Belgorad.

Un choix à la fois logique et relativement peu coûteux dans la mesure où la construction de ce sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière, commencée en 1992, n’était accomplie qu’à 76% en 2006, année où il fut décidé d’arrêter les frais. Mais, six ans plus tard, l’état-major russe décida de relancer le chantier de ce navire pour l’affecter à des « missions spéciales », dans le cadre du projet 09852. Et comme il n’était pas achevé, les modifications à apporter pour lui permettre de tenir son nouveau rôle s’en trouvèrent plus aisées.

Cependant, et encore récemment, il n’était pas question d’associer le Belgorod à des drones sous-marins à capacité nucléaire. Du moins officiellement. En avril 2017, le journal Izvestia, citant un expert militaire, avait expliqué que ce sous-marin « polyvalent » mettrait en oeuvre des « bathyscaphes et des systèmes télécommandés. » Et d’ajouter qu’il pourrait être à des fins militaires et pacifiques, comme pour poser des câbles sous-marins ou participer à l’exploration géologique du plateau arctique. Puis, sa mise en service fut annoncée pour 2018… Ce qui était fantaisiste.

En effet, selon les agences de presse russe, le K-329 Belgorod a officiellement été mis à flot le 23 avril, au cours d’une cérémonie organisée au chantier naval Sevmach, à Severodvinsk. Le directeur de ce dernier, Mikhaïl Budnichenko, a assuré, à cette occasion, que le constructeur naval et les entreprises associées à ce projet tiendront les délais relatifs à la mise en service de ce sous-marin. Et cela, « avec une qualité irréprochable ».

Le lancement de ce sous-marin avait été annoncé en février dernier par le président Poutine.

« Avant nous n’en parlions pas, mais aujourd’hui nous pouvons le dire. Ce printemps sera mis à l’eau le premier sous-marin nucléaire, porteur de ce système autonome. Le calendrier est respecté », avait-il en effet annoncé en évoquant les drones sous-marins à capacité nucléaire Poséidon.

D’après l’agence TASS, les caractéristiques opérationnelles exactes de ce « sous-marin à usage spécial ont été classifiées et sont inconnues à ce jour ». Cela étant, ce nouveau sous-marin serait plus long d’une trentaine de mètres que les autres navires de la classe Oscar II [188 mètres contre 158, ndlr]. De quoi lui permettre, comme l’a confié une source industrielle, d’emporter jusqu’à 6 drones « stratégiques » Poséidon.

Après des essais en mer, le K-329 Belgorod, dont l’équipage a déjà été formé, devrait entrer en service vers la fin de l’année 2020.

Première analyse



La marine russe a poursuivi sa tendance à limiter l'accès des photographes à son dernier lancement de sous-marin. Le projet 09852 Belgorod a été lancé aujourd'hui au chantier naval "Sevmash" de la JSC Production Association (PO) à Severodvinsk. Le photographe de presse vétéran Oleg Kuleshov a pris quelques photos de haute qualité de la poupe. Bien que limités, ils fournissent des informations sur le sous-marin secret.

La poupe est traditionnellement l’une des parties les plus sensibles du bateau car la conception des vis (hélices) est depuis longtemps un élément clé de la furtivité et, inversement, de l’identification acoustique de bateaux individuels. Cependant, pour Belgorod, ils sont éclipsés par les modifications importantes et secrètes apportées à la coque massive.

A. Tube pour réseau de sonars passifs tractés rétractables selon OSCAR-II
B. Vis à vis (hélice), probablement 7 pales pour plus tard OSCAR-II
C. Lames d'atténuateur de vortex
D. Gouvernails inférieurs modifiés et renforcés par rapport à OSCAR-II
E. Ardennes, voir ci-dessous

Belgorod est un énorme sous-marin, juste derrière le célèbre SSBN de la classe TYPHOON. Il s'agit d'un bateau étiré de classe OSCAR-II modifié pour transporter à la fois les sous-marins "mission spéciale" de plongée en plongée profonde à propulsion nucléaire et la nouvelle torpille autonome Poseidon Intercontinental à propulsion nucléaire (2м39 "Poseidon" (Посейдон) / 'Status-6' ( Статус-6 / 'Skif' (Скиф) variante lancée sur le fond marin / OTAN: KANYON).

La principale caractéristique photographiée qui soulève des questions est un renflement de la coque inférieure. Cela peut concerner des propulseurs orientables rétractables pour une tenue précise de la position.








Le Belgorod est le plus grand sous-marin du monde. La longueur de Belgorod de 184 mètres sera de 11 mètres plus longue que celle du plus grand sous-marin de missile balistique nucléaire de Russie appartenant à la classe Akula (ou classe Typhoon), dont un seul est en service actif dans la marine russe.

Les médias russes affirment que Belgorod "est destiné à la réalisation de missions de recherche. Il transportera des véhicules inhabités hauturiers et des bathyscaphes, ainsi que du matériel scientifique spécial. Il sera engagé dans l'étude du fond du plateau arctique russe, à la recherche de minéraux profondeurs, et aussi la pose de communications sous-marines ".

L'autre bête est un "sous-marin à ailes" prévu appelé "sous-marin de levé sismique pour les opérations dans l'Arctique". Ce sous-marin est également appelé le sous-marin Arctic Research.

Ce sous-marin étrange déplacera 13 280 tonnes, ce qui en fait le plus grand sous-marin de recherche civil jamais construit. Le sous-marin mesurera 442 pieds de long et aura une vitesse maximale de 12,6 nœuds.

L'aspect le plus remarquable du sous-marin est la présence de deux ensembles de récepteurs sonar en forme d'ailes qui ressemblent à des ailes d'avion. Les ailes se rétractent dans la coque et sont conçues pour recevoir les signaux sonar émis par la coque du navire.

Les structures des ailes permettent au sous-marin à ailes de visualiser son environnement dans toutes les directions, alors qu’il navigue sous l’eau à seulement trois nœuds. Ils mesurent près de 50 mètres de long, ce qui confère au sous-marin une envergure d’environ 100 mètres.

"C'est beaucoup plus que n'importe quel avion qui ait jamais volé", selon HI Sutton, spécialiste des sous-marins et auteur du site Web Covert Shores .

Un graphique réalisé par Sutton montre que le sous-marin aura une "envergure" encore plus longue qu'un avion gros porteur à réaction A380 d'Airbus.




La fameuse fuite de média 'Status-6' de novembre 2015. Le projet 09852 Belgorod est présenté en haut à gauche. Notez qu’en plus de la torpille Status-6 (OTAN: KANYON), elle représente un sous-marin de poche sous le Belgorod et une charge utile à l’arrière.


Le plus grand sous-marins au monde, le projet unique 09852 KC-139 Belgorod (KS-139 "елгород") jouera un rôle clé dans la construction d'infrastructures militaires au fond de l'Arctique, ainsi que dans la nouvelle centrale nucléaire Poséidon Intercontinental. -Torpille autonome armée. Il s’agit d’un sous-marin de missiles de croisière OSCAR-II inachevé qui est en train d’être converti pour servir de sous-marin hôte de missions spéciales (connu sous le nom de projet 09852). Il sera équipé par la marine russe mais opéré sous GUGI, la direction secrète Direction Deep Seaorganisation. Afin de mener des missions spéciales secrètes, il embarquera un sous-marin midget de plongée profonde, de grandes charges utiles et la nouvelle arme à torpille nucléaire stratégique KANYON (Status-6). Le projet a débuté en 2010 et les travaux de réfection ont commencé en 2012 et devraient être achevés cette année.


 Comparaison de taille sous-marine


Les illustrations originales ont été commandées à l'origine par Janes Intelligence Review de IHS Markit


Déclaration du constructeur naval traduite couvrant le travail sur Belgorod



Réseau de détection de sous-marins 'HARMONY'

En novembre 2017, les médias russes ont baptisé Harmony (Гармония) le terme "réseau mondial de sonars sous-marins". J'avais précédemment utilisé provisoirement « SHELF » (), qui est le nom du générateur d'énergie nucléaire.

Les analyses suggèrent que la principale mission spéciale de Belgorod consistera à placer secrètement de grands systèmes sous-marins sur le fond de la mer. La Russie travaille sur un nouveau réseau de détection de sous-marins multicapteurs, similaire au système classique SOSUS de la marine américaine, destiné à détecter les sous-marins opérant dans l'Arctique à des distances égales ou supérieures à 100 km. Selon les sources citées dans les médias russes ( Izvestia , 20 juillet 2016), le nouveau complexe comportera des « capteurs sous-marins » (réseaux de sonar et éventuellement des détecteurs de pression / de sillage) et des bouées de sonar, et communiquera avec les stations de contrôle par satellite. Le système lui-même, ou ses composants, portent le nom de code HARMONY.



L'océan Arctique comprend deux bassins au milieu, divisés en deux par une énorme crête montagneuse. Les bassins sont entourés d' étagères où le fond de la mer tombe d'environ 1 000 m à environ 4 000 m. Étant donné que les sous-marins de petite taille transportés par Belgorod peuvent plonger à environ 1 000 m, ces étagères représentent le bord de l’emplacement où les réseaux de capteurs pourraient être placés. De plus, il existe des zones avec des pics de montagne à moins de 1 000 m où des tableaux pourraient être placés.

Ce système nécessitera la mise en place exacte d’une série de constructions sous-marines. Le placement sous la banquise (ce qui est implicite) sera extrêmement complexe, surtout si l’on tient compte de la nécessité de mettre le système sous tension. Les câbles de la rive sont difficiles à placer sans des navires de surface au-dessus, ce qui est à la fois impraticable et indiscret, et ils sont vulnérables au traçage et aux interférences USN. La réponse est que les planificateurs russes l’ont inventée pour installer une série de centrales nucléaires autonomes. Ces ATGU ( installation automatisée de la génératrice à turbine nucléaire ) seront placées à l’arrière du sous-marin et placées par le sous-marin intermédiaire (voir ci-dessous).

Sous-marin midget de plongée profonde et ATGU

L'ATGU est doté d'un réacteur à eau sous pression intégré, d'une installation de générateur à turbine de petite taille, d'un simple circuit thermohydraulique et d'un minimum d'équipements auxiliaires. Il est enfermé dans un « Energokapsule » cylindrique de 14 m de long et 8 m de diamètre.





Selon les fabricants, le réacteur intégré permet une disposition simplifiée du chemin de circulation, réduisant la résistance à l'écoulement. Ceci fournit un niveau de puissance relativement élevé lorsqu’il fonctionne sur une circulation naturelle (au moins 65% du maximum). Il s’agit toujours d’un réacteur à faible densité relativement petit, à 44 kW / l. Il présente des flux thermiques modérés et d'importantes réserves d'ébullition de liquide de refroidissement.

L’ATGU est une installation polyvalente destinée à des applications terrestres et sous-marines, et est susceptible d’être considérée comme ayant des applications civiles même si elle est transportée par un sous-marin de la Marine. Il se connecte à un ou plusieurs capteurs par un câble relativement court (et donc léger). Tous les systèmes de capteurs de grande taille sont susceptibles d'être transportés sur le dos de Belgorod de la même manière que l'ATGU.

Sous-marin midget de plongée profonde L’ATGU et d’autres charges utiles seront placées au fond de la mer par un sous-marin midget de grande profondeur à propulsion nucléaire, appelé une centrale nucléaire profonde. La Russie a utilisé des sous-marins hôtes plus grands pour maintenir en place les sous-marins midget de sa mission spéciale depuis les années 1980. L’approche russe consiste à amarrer le sous-marin midget à la face inférieure du sous-marin hôte, le rendant ainsi invisible pour les observateurs lorsqu’il est à la surface. Ce positionnement est en fait utilisé depuis les années 1960, lorsque les capsules de plongée profonde étaient remorquées sous des sous-marins spécialement modifiés. Cet arrangement a été poursuivi avec l’émergence dusous-marin de poche nucléaire à propulsion nucléaire de la classe Ray-X du Projet 1851dans les années 1980. Le rayon X était un équivalent proche du NR-1 de l'US Navysubmersible et mesure 44 m (145 pi) de long et est équipé de pinces et de manipulateurs.



Il existe actuellement trois sous-marins de petite taille ACS opérationnels avec la marine russe qui sont conçus pour être transportés par des sous-marins hôtes:

AC-21, un bateau amélioré de la classe Project 18511 Halibut ( PALTUS ). Environ 55 m de long et peut probablement plonger à environ 1 000 m (3 000 pi) par rayon X
AC-35, le deuxième projet 18511 PALTUS . Légères différences à la première.
AC-31, Projet 10831 Losharik . Considérablement plus grand à 70m et probablement plus profond.


Poséidon Torpille autonome à propulsion nucléaire et à propulsion nucléaire 



Poséidon est la plus grosse torpille jamais développée dans un pays. Avec un diamètre d'environ 2 mètres et une longueur de plus de 20 mètres, il est environ deux fois plus gros que les missiles balistiques lancés par un sous-marin et trente fois plus gros qu'une torpille «lourde» classique.

Bien que certains analystes aient suivi la conversion vers Belgorod depuis environ 2010, elle n’a fait la une (indirectement) que de gros titres en novembre 2015 lorsqu’elle est apparue sur la tristement célèbre présentation «fuite» de STATUS-6 . Le sous-marin était représenté en haut à gauche et indiquait qu’il transporterait six des nouvelles torpilles stratégiques à armement nucléaire, connues auparavant sous le nom de Skif (OTAN: KANYON). Ces torpilles mesurent 24 m de long et 1,6 m de diamètre, elles sont conçues pour frapper les villes côtières. Ils peuvent être considérés comme un SLBM mais sous une forme de torpille.

Lorsqu’ils ont été révélés pour la première fois dans la fuite, de nombreux observateurs n’ont pas tardé à rejeter le KANYON, qu’il jugeait peu pratique. Les spécifications énoncées, notamment la tête militaire, semblaient «optimistes». Et bien qu'il soit presque impossible de contrer avec les systèmes d'armes actuels, cela n'avait aucun sens en tant qu'arme de première frappe , car elle est relativement bruyante et lente; même à une vitesse incroyable de 60kt, il faudrait des jours pour atteindre une cible. Il ne convient pas non plus pour frapper des cibles en mouvement, telles que des groupes de combat armés, bien que les Russes présentent cette arme comme une arme à rôles multiples. L’option restante, ce qui a du sens, est une seconde frappe.arme destinée à être mise à feu à titre de représailles. Les difficultés pour y faire face ne peuvent être rendues encore plus difficiles en cas de guerre nucléaire, et le système peut probablement fonctionner sans entrée satellite, le rendant ainsi moins vulnérable que les SLBM / ICBM ( peut être débattu ).

Son déploiement sur Belgorod n’est pas simple. Structurellement, le sous-marin est idéal avec des missiles massifs de chaque côté de la coque qui seront maintenant vides. Celles-ci sont plus que suffisantes pour que les tubes KANYON, qui seront probablement inclinés, soient projetés latéralement, minimisant ainsi les modifications de la coque avant et évitant de compromettre les espaces sonar. Et le gigantesque sous-marin dispose probablement d’une réserve suffisante pour transporter le système, ainsi que la charge utile du sous-marin midget et de l’ATGU.

Cependant, transporter un sous-marin de mission spéciale et une charge utile, et porter une arme stratégique sont des missions contradictoires. Certains diraient qu'ils s'excluent mutuellement. Que le bateau soit prévu pour les deux missions semble clair, la question est de savoir comment? Il est possible qu’elle se déploie dans un rôle ou dans un autre, selon le motif de la patrouille, couvrant le seul autre sous-marin KANYON, construit à cet effet P.09851 KHABAROVSK .

Véhicules sous-marins automatiques (AUV)



Belgorod utilisera presque certainement des UUV (AUV en russe). Ceux-ci transportent une gamme de sonars, y compris un balayage latéral, et sont capables de cartographier le fond de la mer en détail et de localiser des éléments tels que des épaves et des matrices de capteurs.

Le Belgorod sera équipé du Harpsichord-2P-PM (Клавесин-2Р-ПМ) amélioré, qui peut être logé dans un hangar humide derrière la voile, où la bouée de communication tractée est située sur l'OSCAR-II.

Avant la conversion: Classe OSCAR-II 

La classe OSCAR-II est un grand sous-marin à missiles de croisière (SSGN) conçu pendant la guerre froide pour éliminer les groupements tactiques de porte-avions de la marine américaine. Ce sont des bateaux énormes et coûteux, chacun coûtant environ la moitié d'un porte-avions. Ce sont les deuxièmes plus grands sous-marins jamais construits, derrière le SSBN Project 971 TYPHOON .



La classe OSCAR-II est équipée d'une formidable batterie de 24 missiles anti-navires supersoniques P-700 GRANIT . Celles-ci ont une portée de 340 nm et peuvent porter une ogive thermonucléaire de 500 kt.




La taille immense du sous-marin est évidente dans ces plans. Notez que la passerelle située à l'intérieur des portes extérieures de la trappe du missile lorsqu'elle est complètement ouverte, visible à gauche, est presque perdue dans l'image de droite. La coque a cinq ponts dans certains compartiments.

mardi 23 avril 2019

Daesh revendique les attentats de Pâques commis au Sri Lanka


Le bilan des attentats coordonnées qui ont visé des églises et des hôtels de luxe au Sri Lanka n’a malheureusement pas cessé d’être revu à la hausse depuis Pâques. Ainsi, selon le dernier decompte officiel, ces attaques ont fait 320 tués et au moins 500 blessés.

Pour rappel, dans une premier temps, trois églises où était célébrée la messe de Pâques ainsi que trois hôtels – Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury – ont été visés quasi-simultanément par des attentats suicides. Selon la police sri-lankaise, deux frères appartenant à l’organisation islamiste National Thowheeth Jama’ath [NTJ], auraient joué un rôle clé dans ces attaques.

Par la suite, deux autres explosions ont été signalées à Dehiwala [banlieue sud de Colombo] et à d’Orugodawatta [banlieue nord]. La première a été causée par un terroriste ayant pris la fuite après que le sac à dos rempli d’explosif qu’il portait n’a pas explosé contre l’objectif qu’il voulait atteindre [un hôtel, en l’occurrence]. La seconde est le fait de l’épouse de l’un des frères impliqués dans la première vague d’attentat. A priori, elle aurait actionné des explosifs à l’arrivée des forces de l’ordre, tuant ainsi ses deux enfants ainsi que trois policiers.

Plus tard, les autorités sri-lankaises ont fait état de la découverte de 87 détonateurs dans la gare de bus privée Bastian Mawatha de Pettah, situé à mi-chemin des trois hôtels et de l’église Saint-Antoine visés par les terroristes.

Puis, ce 23 avril, le vice-ministre srilankais de la Défense, Ruwan Wijewardene, a affirmé que les « les investigations préliminaires ont révélé que ce qui s’était passé au Sri Lanka avait été commis en représailles à l’attaque contre les musulmans de Christchurch » [commise le 15 mars dernier, par un activiste d’extrême-droite, ndlr]. Toujours selon ce responsable, le NTJ aurait entretenu des relations avec le Jamaat-ul-Mujahideen India [JMI], un groupe islamiste radical affilié au Jamaat-ul-Mujahideen Bangladesh.

Seulement, planifier et exécuter une telle opération terroriste ne s’improvise pas. Il faut beaucoup de moyens et une certaine expérience. Certes, une alerte concernant les projets du NTJ aurait été transmise à la police sri-lankaise dix jours avant ces attaques. Pour autant, cette organisation, jusqu’alors connu pour avoir commis des dégradations sur des symboles religieux bouddhiste, n’a a priori pas l’envergure pour organiser des attentats aussi meurtriers. Ce qui suppose une aide extérieure, comme celle que reçut de la part d’al-Qaïda le groupe jihadiste indonésien « Jemaah Islamiyah », lors des attentats de Noël 2000 [une trentaine d’églises visées dans 11 villes du pays].

Créée en septembre 2014, al-Qaïda en guerre sainte dans le sous-continent indien [AQIS], émanation de l’organisation fondée par Oussama ben Laden, aurait pu apporter une aide matérielle, voire opérationnelle, au NTJ. Mais le commandement général d’al-Qaïda aurait ordonné à ses partisans d’éviter de s’en prendre aux lieux de culte.

Reste donc une autre possibilité : l’État islamique. D’ailleurs, ce 23 avril, ce dernier a revendiqué les attentats commis au Sri Lanka via Amaq, son agence de propagande. Et pour appuyer sa revendication, il a diffusé les photographies des « kamikazes ».

Si l’organisation a pu se montrer opportuniste par le passé, cette revendication est crédible pour plusieurs raisons.

Ainsi, la nature des cibles et le mode opératoire suivi au Sri Lanka rappelle celui des attentats commis en mai 2018 contre trois églises de Surabaya [Indonésie] par les membres de trois familles liées au mouvement Jamaah Ansharut Daulah, lequel a fait allégeance à l’EI.

À l’époque, le chef de la police indonésienne, Tito Karnavian, avait expliqué que l’une des raisons de l’activation de ces cellules terroristes « familiales » était la conséquence de la pression subie par l’EI au Moyen-Orient.

Par ailleurs, en novembre 2016, Wijeyadasa Rajapakshe, alors ministre sri-lankais de la Justice, avait suscité la polémique en affirmant que « 32 musulmans sri-lankais issus de familles bien éduquées » avaient rejoint l’État islamique en Syrie. « Nous exhortons Wijeyadasa Rajapakshe à fournir les preuves et à prendre des mesures immédiates contre quiconque aurait pu violer les lois du pays, sans distinction d’appartenance ethnique ou de religion », avait alors répondu le Conseil musulman du Sri Lanka, alors que le pays connaissaient des tensions inter-religieuses.

Plus globalement, les attentats de Pâques, commis quasiment un mois après la chute du « califat physique » de l’EI, s’inscrivent dans une offensive appelée « Revanche pour le Cham » ayant débuté le 9 avril. D’ailleurs, d’autres attaques ont été revendiquées par l’organisation jihadiste avant celles perpétrées au Sri Lanka. Le 21 avril, elle a revendiqué un attentat contre le ministère afghan de la Communication puis celui contre un quartier général des services de sécurité saoudiens au nord de Riyad.

dimanche 21 avril 2019

En 2016, un rapport accablant sur la sécurité de Notre-Dame a été classé 'confidentiel défense'


En 2016, le rapport d’un chercheur italien, spécialiste des questions d’incendie, alertait sur le risque majeur de catastrophe pour la cathédrale de Paris. Problème: commandité par le CNRS, ce document accablant aurait été mis sous le boisseau…

Les vulnérabilités de Notre-Dame étaient-elle déjà connues ? Oui, selon Paolo Vanucci, professeur en ingénierie mécanique, spécialiste des questions d’ingénierie mécanique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

En 2016, le CNRS, le Centre national de la recherche scientifique, avait commandé un projet dans le but d'évaluer les risques d'attentats sur plusieurs monuments parisiens. Parmi eux, la cathédrale Notre-Dame de Paris. Paolo Vannucci faisait alors partie des équipes de recherche qui ont révélé la fragilité de la structure.

Un seul point d'eau pour la charpente, et encore

Dans ce rapport figuraient également des mises en garde sur la possibilité d'un incendie au niveau de la toiture, si une attaque terroriste était perpétrée. "En vérité, il n'y avait pratiquement aucun système anti-incendie, notamment dans les combles où il n'y avait aucun système électrique pour éviter les risques de court-circuit et d'étincelle. J'imagine qu'on avait installé quelque chose de provisoire dans le cadre des travaux de réfection, mais je n'en suis pas sûr", raconte le professeur.

Aucune protection non plus pour la charpente, Paolo Vanucci évoque seulement "un point d'eau" qui serait situé entre les deux tours. Loin de la charpente pour agir vite et efficacement donc. Ainsi, le CNRS a été informé de ces découvertes. Un rapport dans lequel était également mentionnée la possibilité que la foudre puisse déclencher un embrasement de l'édifice.

Le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore l’a détaillé dans un long article paru dès le 16 avril, soit au lendemain de l’incendie qui a mis à bas le toit de Notre-Dame de Paris: l’hypothèse d’un feu susceptible de dévaster la fameuse «forêt» de poutres, la charpente séculaire de la cathédrale. En France, personne n'en parle, le sujet est tabou !

Plus étonnant encore: ce rapport, dont l’auteur est un spécialiste de la structure des monuments historiques et de leur capacité à résister aux chocs sismiques ou thermiques, avait été commandité par le CNRS, le Centre national français de la recherche scientifique. Lequel n’a ni mentionné ce document, ni le nom de ce chercheur dans sa liste d’experts adressée aux journalistes le mardi 16 avril en fin d’après-midi, soit à peu près 24 heures après le sinistre. Il Sole 24 Ore cite en particulier un extrait du rapport selon lequel «la concentration de poussière, stratifiée au cours des siècles, peut avoir un effet explosif. Effet pouvant être activé par un court-circuit ou simplement par les fils électriques des systèmes d’alarme de l’échafaudage utilisé pour les travaux de rénovation»…

Un rapport classé «confidentiel-défense»

L’existence de ce rapport datant de 2016, demandé dans le contexte des attentats terroristes de novembre 2015 en France pour évaluer les risques encourus par Notre-Dame et d’autres monuments emblématiques, était connue des journalistes italiens basés à Paris.

Ce qui explique leurs critiques sévères, dès le lendemain de la catastrophe, sur la défaillance des procédures de sécurité dans la cathédrale. L’hebdomadaire français Marianne a finalement été le seul média hexagonal à publier ce jeudi 18 avril un entretien avec Paolo Vannucci. L’intéressé affirme au magazine que le risque d’incendie était particulièrement élevé, et que son rapport préconisait des mesures qui n’ont jamais été prises. Il révèle également que ce document aurait été classé «confidentiel-défense» par le gouvernement du premier ministre Manuel Valls, sans doute pour éviter sa divulgation et le risque de donner des idées à de potentiels terroristes.

«Nous avions dit en effet qu’en cas d’attaque, le risque d’un embrasement de la toiture existait et qu’il fallait absolument la protéger et installer un système d’extinction, explique Paolo Vannucci à Marianne. En vérité, il n’y avait pratiquement aucun système anti-incendie, notamment dans les combles, où il n’y avait aucun système électrique pour éviter les risques de court-circuit et d’étincelles. J’imagine qu’on avait installé quelque chose de provisoire dans le cadre des travaux de réfection, mais je n’en suis pas sûr. Au niveau de la charpente, lorsque nous avons fait notre recherche, il n’y avait aucune protection. Seulement un point d’eau dans la petite cour située entre les deux tours, donc à l’extérieur de la charpente. Nous avions donc alerté le CNRS sur les risques d’incendie. Nous avions aussi dit que même la foudre aurait pu déclencher un feu et qu’il fallait donc installer tout un système de prévention.» La réponse des autorités françaises a jusque-là été justement de dire qu’aucun dispositif électrique n’avait été installé dans les combles, précisément pour éviter les risques de court-circuit. L’existence de ce rapport n’a pour l’heure pas été divulguée officiellement.

La question du dysfonctionnement de l’alarme incendie de Notre Dame, qui s’est déclenchée une première fois à 18h20, donnant lieu à une inspection des lieux qui n’a rien donné, a en revanche été disséquée par l’équipe «Check News» du quotidien Libération: «Un dysfonctionnement sur le système d’alarme de la cathédrale a fait perdre un temps précieux aux agents de sécurité de Notre-Dame, écrivent les journalistes. A 18h20, la console reliée aux différents capteurs a détecté un incident, générant de facto une première alerte. Toutefois, le lieu associé à cette alerte n’était pas le bon et l’agent chargé de la vérification n’a donc rien constaté. Il a fallu attendre une seconde alerte, à 18h43, pour que l’agent identifie le lieu réel du départ du feu, localisé à l’angle de la flèche. D’où un appel d’urgence aux pompiers passé peu avant 18h50.»

La question de la responsabilité

Paolo Vannucci n’avait évidemment pas pris en compte, dans son rapport, le risque supplémentaire engendré par les travaux sur la flèche qui ont démarré en juillet 2018, soit deux ans après la parution de son étude. Il est toutefois surprenant que ce chercheur spécialisé dans les monuments historiques – son site web montre plusieurs études, dont l’une consacrée au Panthéon de Rome – n’ait pas été davantage sollicité depuis l’incendie. S’agit-il d’une mise à l’écart d’un expert dont les conclusions soulignent la responsabilité de l’Etat français, propriétaire de Notre-Dame de Paris et déjà accusé par de nombreux spécialistes d’avoir négligé l’entretien de ce chef-d’œuvre du patrimoine mondial, visité chaque année par plus de treize millions de personnes? Une quarantaine d’auditions par la police d’employés et de responsables des entreprises mobilisées sur le chantier ont déjà eu lieu. La société chargée des échafaudages s’est plusieurs fois exprimée pour nier toute responsabilité, et affirme que ses ouvriers ont respecté toutes les procédures de sécurité et qu’ils ont quitté les lieux vers 17h20, soit une heure avant le déclenchement de l’alarme.

La réponse de Paolo Vannucci à Marianne laisse en tout cas entendre que sa voix dissidente n’a guère été prisée en 2016: «Je ne comprends pas que l’on ne dise pas: d’accord, nous avons un rapport certes sensible mais que nous pouvons tout de même utiliser. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait? Je n’ai pas la réponse. A un moment donné, nous avons cessé de discuter avec le CNRS car nous avons compris que c’était inutile, nous nous sommes sentis impuissants. Nous avions également organisé une réunion au Ministère de l’éducation nationale et il y avait des représentants de plusieurs ministères. Par conséquent, le gouvernement était tout à fait au courant.»

L’heure des explications et des réponses est désormais venue, au moment où les dons pour financer la reconstruction de l’édifice atteignent des records.

Richard Werly

samedi 20 avril 2019

La France se dote de sa messagerie sécurisée "Tchap"... exclusivement réservée à certains agents ?


De nombreux internautes se sont montrés déçus de ne pouvoir s'inscrire sur l'application Tchap


La France a déployé sa messagerie privée sécurisée, Tchap, destinée à remplacer Telegram pour les échanges entre agents de l'Etat ou du gouvernement. Disponible via Apple et Google, l'application n'est accessible qu'à peu de personnes.

L'Etat vient de se doter de sa messagerie privée sécurisée, Tchap, destinée à se substituer aux traditionnels Whatsapp ou Telegram pour les communications des agents des services de l'Etat ou du gouvernement.

Conçue en collaboration avec New Vector, start-up franco-britannique, elle est «chiffrée de bout en bout», et est hébergée sur des serveurs de l'Etat, a expliqué Nadi Bou Hanna, directeur interministériel du numérique, le 16 avril. «Nous allons ajouter très rapidement la visiophonie et la téléphonie», a ajouté Nadi Bou Hanna.

La messagerie vient d'être rendue disponible sur les magasins d'applications d'Apple et Google. Mais elle n'est accessible qu'aux personnes disposant d'une adresse mail professionnelle en «@gouv.fr» ou assimilé. Il est aussi possible de s’inscrire avec un autre mail, à travers une invitation envoyée par une personne déjà membre. «L’armée, très impliquée dans le projet dès ses débuts, semble impatiente d’assister au lancement de cette messagerie», ajoute Tchap sur son site officiel.

De quoi frustrer certains, qui pensaient profiter d'une application française en la téléchargeant librement sur les «store». Ainsi, plusieurs citoyens se sont montrés très critiques, sur le Google store notamment, reprochant à l'application d'être trop restrictive.

Toutefois, l'application développée sur du code ouvert (open source) devrait être ponctuellement accessibles à des personnes extérieures aux services de l'Etat. Cela permettrait de fait la constitution de groupes de travail associant privé et public. Quant à savoir si l'application sera un jour ouverte à tous les citoyens...

Jusqu'à présent, les politiques, notamment les membres du gouvernement, ont effectivement l'habitude d'utiliser des applications de messagerie sécurisée comme Telegram, créée par des Russes et basée à Berlin. Mais le problème de fuite de données, comme cela a été le cas avec Facebook et le fait que les services ministériels se servent d'une application privée étrangère comme Telegram entraînent des craintes au sommet de l'Etat.

«Nous devons trouver un moyen d’avoir un service de messagerie cryptée qui n’est pas chiffré par les Etats-Unis ou la Russie. On pense forcément aux failles potentielles qui peuvent survenir, comme on l’a vu pour Facebook, alors il faut qu’on prenne les devants», avait expliqué pour Reuters une porte-parole de l'ancien secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, en avril 2018.

Depuis la campagne présidentielle, l'équipe d'Emmanuel Macron a en effet l'obligation de passer par Telegram pour évoquer les enjeux sensibles ou liés à l'argent. L'Obs affirmait même, en mars 2018, que le ministre de l'Action publique Gérald Darmanin était «accro» à cette messagerie.

Par ailleurs, l'ancien conseiller Alexandre Benalla confessait, en décembre 2018, qu'il échangeait régulièrement avec Emmanuel Macron en passant par Telegram, sur plusieurs sujets comme les Gilets jaunes.

Telegram a également été au cœur d'une manipulation de l'information, le proche conseiller d'Emmanuel Macron à l'Elysée Ismaël Emelien ayant utilisé la messagerie en 2018 pour transférer un montage vidéo trompeur à destination du responsable pôle e-influence d'En Marche Pierre Le Texier. Le but de la manœuvre était de propager sur les réseaux une vidéo mensongère afin de minimiser les actes d'Alexandre Benalla et de discréditer les victimes lors des événements du 1er mai 2018 place de la Contrescarpe. Toutefois, la supercherie a été découverte par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et révélée par Le Monde le 29 mars 2019.

Avec Tchap, le but semble clair : mettre fin à une dépendance Telegram. Paranoïaque ou non, l'Etat fera donc progressivement confiance à cette toute nouvelle application. Cette messagerie permettra-t-elle de mieux conserver certains secrets ?

Daesh projetait une attaque près d'un oléoduc en Suisse


Des réservoirs de pétrole se situant dans un port sur le Rhin étaient au cœur d'un projet d'attaque de l'organisation Etat islamique (EI) au mois de janvier dernier. Mais ils sont vides pour la plupart !



Les jihadistes espéraient y faire un «désastre». Des documents secrets émanant de forces dirigeantes de l'EI montrent comment la milice terroriste avait planifié des attaques en Europe. La Suisse faisait également partie des cibles, selon le Tages Anzeiger et 24 heures.

Les documents trouvés à Baghouz, et signés par le chef de Daesh, Abu Bakr al-Baghdadi (qui demeure toujours introuvable), indique que les attaques devaient être menées dans un TGV en Allemagne et près d'un oléoduc en Suisse. Le groupe terroriste voulait faire appel à des soldats étrangers. Si aucun attentat n'est pour l'instant à déplorer, quelques jours après cette découverte, un drapeau djihadiste a été retrouvé près d'un câble électrique saboté sur une ligne ferroviaire à Berlin.

Les documents - signés par six personnalités, dont le leader de l’EI, Abu Bakr al-Baghdadi - ont été récupérés en décembre dernier.

D'où viennent les données secrètes?

C'est en battant retraite lors de combats en Syrie que des hauts-dirigeants de l'EI ont abandonné un disque dur. Le Sunday Times a récupéré et analysé les données. On pouvait y voir, entre autres, une photo aérienne de 25 citernes situées dans les entrepôts pétroliers du port de Bâle sur le Rhin, qui se trouve à la frontière helvético-franco-allemande. L'objectif, selon ses documents, était de déclencher un «désastre économique». Les jihadistes avaient prévu de passer à l'acte en janvier.

Pourquoi le plan n'a-t-il pas été mis en oeuvre?

Selon le Tages Anzeiger, cité par 20 Minuten, les réservoirs en question sont vides et certains ont même été démantelés depuis la planification de l'attaque. Cependant d'autres citernes se trouvent à proximité du lieu visé. Par ailleurs, une porte-parole du service fédéral de renseignement a indiqué à 24 Heures ne disposer d'aucune information supplémentaire «sur les attaques éventuelles et le contenu de ces documents». Le service de renseignement se veut rassurant et note que l'EI est affaibli. Certaines questions restent cependant en suspens: L'attaque a-t-elle été empêchée par accident? Et les autorités étaient-elles au courant ou ont-elles été informées par le Sunday Times?

Les autres infos contenues sur le disque dur

Les documents secrets indiquent que les terroristes tentent toujours de frapper en Europe et au Moyen-Orient. Plusieurs cellules dormantes auraient été activées dans le but de pouvoir mener des actions terroristes, mais aussi de collecter des fonds pour le califat.

La Chine a mis au point un véhicule armé autonome pour les opérations amphibies




Si Pékin doit user de la force pour Taipeh revienne dans son giron, alors on suppose que l’Armée populaire de libération [APL] se prépare à mener une vaste opération amphibie… Or, Taïwan ne compte qu’une douzaine de plages où un débarquement serait possible. Et, évidemment, l’état-major taïwanais a pris toutes les dispositions défensives nécessaires pour tenter, le cas échéant, de refouler les forces chinoises.

D’où, sans doute, la mise au point du « Lézard marin », un véhicule armé autonome dédié aux opérations amphibie. Conçu par le Wuchang Shipbuilding Industry Group, filiale de China Shipbuilding Industry Corporation [CSIC], cet engin est sorti d’usine le 8 avril dernier et il aurait « passé avec succès les contrôles de livraison », affirme la presse chinoise.

Ayant l’apparence d’un bateau, ce drone de 12 mètres de long est propulsé par un hydrojet qui lui permet de naviguer à la vitesse maximale de 50 noeuds. À l’approche du littoral, il déploie quatre dispositifs de chenilles rétractables. Sur terre, il pourrait rouler à la vitesse de 20 km/h, grâce à un moteur diesel.



Ce concept n’est pas sans rappeler celui du Land-Wasser-Schlepper [LWS] imaginé en 1936 par Rheinmetall-Borsig pour les besoins de l’armée allemande… à la différence que ce véhicule était destiné à tracter des barges de débarquement et à assurer des missions de ravitaillement.



Cela étant, ce « Lézard marin » dipose de capteurs électro-optiques et d’un système radar. Côté armement, il peut être doté de deux mitrailleuses et surtout d’un système de lancement vertical lui permettant de tirer des missiles anti-navires et anti-aériens. Selon un responsable de l’entreprise qui l’a conçu, ce véhicule peut naviguer, éviter des obstacles et choisir des itinéraires de manière autonome.

En outre, selon le quotidien Hubei Daily, cet engin pourrait être laissé sur une île pendant 8 mois et engager le combat s’il en a reçu l’ordre. Mais ce point reste à prouver. Tout comme sa capacité à évoluer en essaim, car, évidemment, il ne servirait à rien d’engager un tel drone en petit nombre s’il s’agit de réduire des défenses adverses.



Aussi, les caractéristiques de ce « Lézard marin » interrogent. La première est que l’on ignore son comportement dans une mer agitée… Et puis on ne sait pas non plus quel est son degré de « survivabilité », c’est à dire sa capacité à résister aux assauts adverses. Une autre question porte sur son armement : pourquoi n’emporte-t-il pas de missiles anti-char? Et puisqu’il serait doté de capacités anti-navires et anti-aériennes, quels moyens a-t-il pour détecter ses cibles? Reçoit-il des données communiquées par d’autres plate-formes? Et, enfin, qui contrôle ses armes? L’homme est-il dans la boucle?

Si c’est le cas, alors cela suppose que les liaisons de données chinoises sont fiables et robustes. Dans le cas contraire, cela voudrait dire que ce Lézard Marin serait capable d’utiliser ses armes de façon autonome, grâce à de l’intelligence artificielle… Ce qui n’est guère rassurant.