Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

lundi 10 août 2026

Le chef du renseignement militaire néerlandais a pu être suivi à la trace via l’application sportive Strava

 

En 2025, le directeur du renseignement militaire néerlandais [MIVD – Militaire Inlichtingen- en Veiligheidsdienst pour Service du Renseignement et de la Sécurité Militaires], le vice-amiral Peter Reesink avait mis en garde contre une trop grande naïveté face à «l’audace croissante» des services russes.

Et de confier au quotidien de Volkskrant, que, lorsqu’il tenait une conférence, il imposait aux participants de laisser leurs téléphones portables à l’extérieur de la salle de réunion. «Certains s’interrogent encore sur la réelle nécessité de cette mesure. Une meilleure sensibilisation est certainement nécessaire», avait-il alors estimé.

Mais le vice-amiral Reesink a visiblement oublié les principes qu’il demande aux autres de suivre…

Il y a longtemps que l’on sait que l’application Strava, qui se décrit comme étant une sorte de «réseau social des sportifs» en leur permettant de se suivre mutuellement et d’évaluer leurs performances respectives, pose des problèmes en matière de sécurité opérationnelle [SECOPS], notamment à cause de sa fonction de géolocalisation.

En effet, en 2018, il apparut qu’il était assez facile de localiser et de suivre des militaires abonnés à cette application, grâce à sa carte «Global Heat Map». À l’époque, le ministère français des Armées avait rappelé la «nécessité de respecter les règles élémentaires de sécurité des systèmes d’information» et de désactiver, notamment, les fonctions de géolocalisation. Son homologue néerlandais était allé plus loin en interdisant l’utilisation de Strava dans ses rangs.

Seulement, cette consigne a du mal à être respectée; En 2025, le radiodiffuseur Omroep Gelderland avait recensé environ 900 militaires utilisant Strava à proximité des bases et autres casernes implantées dans la province de Gueldre. Mais le directeur du MIVD en personne fait aussi partie du lot.

Ainsi, de Volkskrant a déterminé qu’il a été possible de suivre les activités sportives du vice-amiral Reesing, de savoir qu’il effectuait quotidiennement le trajet entre son domicile et son bureau à bicyclette et de connaître ses lieux et ses dates de permissions entre 2018 et 2026.

«Il est remarquable que le directeur du MIVD ait lui-même partagé publiquement des informations sensibles en matière de protection de la vie privée, en pleine période de menaces accrues» a ironisé le quotidien.

Après avoir été sollicité par ce dernier au sujet de cette affaire, le vice-amiral Reesing a expliqué qu’il ignorait que son compte Strava était encore actif alors qu’il avait «supprimé l’application». En attendant, son compte est passé de «public» à «privé» et ses données ne sont plus accessibles.

Un porte-parole du ministère néerlandais de la Défense a fait savoir que le directeur du MIVD regrettait cette situation et que, «avec le recul, il sait désormais ce qu’il convient de faire». À commencer par supprimer son compte Strava.

opex360.com

Utilisé par les Royal Marines, un drone de surface aurait discrètement envoyé des données en Chine

 

Depuis mars, les Royal Marines mettent en œuvre le drone de surface [USV] K3 Scout, acquis à vingt exemplaires auprès de Kraken Technology Group, pour 12 millions de livres sterling, dans le cadre du programme Beehive.

D’un déplacement de 2,5 tonnes pour une longueur de 8,4 mètres, cette embarcation sans équipage peut être rapidement reconfigurée en fonction des missions qui lui sont confiées, comme la lutte antisurface, la surveillance, la protection des forces ou encore le transport. D’une endurance de 30 jours, elle peut naviguer à la vitesse maximale de 55 nœuds.

Début juillet, le ministère britannique de la Défense [MoD] s’est félicité d’une «première mondiale» après qu’un K3 Scout a été largué en pleine mer par un avion de transport A400M de la Royal Air Force [RAF], depuis une altitude de 400 mètres. Et cela grâce au système UMCADS [Universal Maritime Aircraft Aerial Delivery System], développé par Capewell.

Mais le K3 Scout vient de faire parler de lui pour une tout autre raison. Selon des informations du quotidien The Telegraph, la caméra dont il est équipé aurait envoyé des données à un serveur basé en Chine, par l’entremise d’un logiciel de type «Heartbreat», lequel permet de vérifier le bon fonctionnement d’un matériel.

Dès la découverte de cette faille, avance le journal, le MoD a supprimé «toute connectivité Internet des caméras» utilisés par ces USV. Mais cela «fait craindre que la Chine ait tenté d’espionner les forces britanniques, après des années d’avertissements sécuritaires concernant la menace que représente ce pays», souligne-t-il.

Pour équiper les K3 Scout destinés aux Royal Marine, Kraken Technology Group s’est procuré les caméras en question auprès d’un autre fournisseur, lequel aurait donné toutes les assurances nécessaires en termes de sécurité.

Au fait de ce dossier, un responsable de la défense britannique a dénoncé un «manquement majeur» en matière de contrôle. «Nous avons perdu confiance en cette plateforme», a-t-il dit, dans les pages du Telegraph.

Cela étant, le MoD a relativisé la portée de cette affaire, après avoir reconnu qu’une faille avait bien été découverte lors d’une «évaluation de routine de la vulnérabilité cybernétique» des K3 Scout. «Une enquête approfondie n’a révélé aucune preuve d’accès, de compromission ou de transmission externe des données», a assuré un porte-parole.

Et d’insister : «Nos processus d’assurance et de test sont conçus pour identifier et traiter rapidement les vulnérabilités potentielles, et nous continuons à mener des activités de sécurité de routine sur l’ensemble de nos systèmes et équipements».

De son côté, Kraken Technology Group s’est aussi voulu rassurant. «Nous savons que certaines caméras tierces conformes à la loi NDAA comportaient un petit nombre de composants provenant de l’extérieur du Royaume-Uni. […] Suite à un audit complet réalisé conjointement avec la Royal Navy, nous sommes convaincus qu’aucune information sensible n’a jamais été partagée en dehors des canaux prévus et que toutes les vulnérabilités potentielles ont été identifiées et corrigées», a expliqué un porte-parole.

Quoi qu’il en soit, cette affaire n’est pas une première pour le MoD. En avril, il a en effet été rapporté qu’une enquête avait été ouverte après que la British Army a utilisé des imprimantes 3D de facture chinoise pour fabriquer des munitions rôdeuses lors d’un exercice au Kenya.

Le ministre britannique délégué à l’Industrie de défense, Luke Pollard, avait alors expliqué que les investigations portaient sur d’éventuelles implications en matière de cybersécurité et notamment sur la façon dans les données étaient stockées, transmises et protégées.

opex360.com

L’Europe a découvert à Ceuta sa vulnérabilité face aux réseaux sociaux

 

Soixante mille migrants se sont jetés à la mer après la propagation d’une rumeur sur les réseaux sociaux. Ce jour là, plus de soixante-dix ont trouvé la morts, et l’Europe s’est fissurée. Un continent qui refuse encore de voir ce que ses propres ingénieurs ont construit en acceptant la dictature des écrans et len cultivant ‘indifférence au sort des jeunesses du continent africain.




Il aura fallu moins de temps qu’il n’en faut pour visionner un film. Entre la nuit du 30 et l’après-midi du 31 juillet 2026, entre cinquante et soixante mille êtres humains se sont jetés à l’eau, ont couru, nagé, escaladé, pour franchir quelques centaines de mètres de frontière entre le Maroc et Ceuta. Il n’y avait pas de guerre. Il n’y avait pas de famine soudaine. Il n’y avait pas de tremblement de terre. Il y avait un message WhatsApp, une rumeur judiciaire déformée, une carte de distances de nage partagée dans un groupe Facebook, et l’indifférence rentable des algorithmes qui ont fait le reste .


Le bilan s’élève à plus de soixante-dix morts côté espagnol, et à une dizaine côté marocain — des chiffres qui, dans toute autre circonstance, feraient la première page de tous les journaux du monde pendant des semaines . Ici, la nouvelle a duré trois jours. Puis autre chose a pris sa place. C’est peut-être la partie la plus glaçante de cette histoire : nous nous sommes habitués à ce que des dizaines de milliers de vies basculent sur la foi d’un mensonge viral, comme on s’habitue à un bulletin météo.


« La désinformation ciblée peut désormais produire, en moins de vingt-quatre heures, un choc humain et politique équivalent à celui d’une opération de force »


Une frontière tombée sans qu’un coup de feu ne soit tiré

Ce qui s’est passé à Ceuta n’a rien d’un accident. Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, n’a pas mâché ses mots dans Le Grand Continent : il s’agit selon lui de la première attaque hybride algorithmique de grande ampleur jamais menée contre une frontière extérieure de l’Union européenne. Le mécanisme est d’une simplicité effrayante. Un arrêt technique du Tribunal suprême espagnol, rendu le 29 juin 2026 sur les refoulements en mer, a été délibérément travesti en promesse de régularisation pour quiconque atteindrait Ceuta à la nage. Une seconde rumeur, plus précise encore, annonçait une ouverture de la frontière à vingt-deux heures précises .

Le vecteur de cette manipulation porte un nom : « Hraga Ceuta », un groupe Facebook de plus de vingt mille membres, actif dès le 27 juillet, où l’on échangeait cartes de distances à la nage, conseils logistiques, adresses de taxis et cagnottes pour acheter des kayaks. TikTok, Instagram et WhatsApp ont fait le reste, relayant en boucle un contenu que personne, à aucun moment, n’a jugé utile de ralentir, de vérifier, ou simplement de signaler. Ce groupe a disparu après la crise. On ne sait toujours pas si c’est Meta qui l’a supprimé, ou ses propres organisateurs qui ont effacé les traces .

Voici le chiffre qui devrait hanter chaque décideur européen : en septembre 2024, une vidéo comparable, vue cinq cent mille fois, avait mobilisé quelques milliers de candidats au passage. Vingt-deux mois plus tard, avec des métriques de diffusion totalement inconnues , parce qu’aucune plateforme n’a daigné les publier , dix fois plus de personnes se sont jetées à l’eau. Entre ces deux dates, qu’est-ce qui a changé ? Les algorithmes de recommandation, eux, n’ont pas ralenti. Ils ont accéléré.

Le confort coupable de nos plateformes

Voilà l’irritant de cette affaire, et il faut le dire sans détour : aucune des grandes plateformes concernées n’a communiqué la moindre métrique sur la circulation de ces contenus. Aucune demande formelle d’accès aux données n’a été rendue publique par la Commission européenne. Le Digital Services Act existe depuis des années, avec des articles précis, le 34 sur l’évaluation des risques systémiques, le 35 sur les mesures d’atténuation, le 36 sur la réponse aux crises, le 40 sur l’accès des chercheurs aux données , et pourtant, face à la première attaque hybride algorithmique documentée de l’histoire de l’Union, ce même arsenal est resté au fond d’un tiroir .

Ce silence n’est pas une négligence technique. C’est un choix. Chaque minute de viralité supplémentaire nourrit l’engagement, l’engagement nourrit les revenus publicitaires, et les revenus publicitaires n’ont que faire de savoir si le contenu qui les génère pousse des adolescents marocains à se jeter dans une mer qu’ils ne savent parfois pas nager. Meta, TikTok, X : aucune de ces entreprises n’a émis le moindre communiqué reconnaissant sa part de responsabilité dans la propagation de la rumeur. Le silence des plateformes est devenu, de fait, une politique.

Un continent qui regarde ailleurs pendant que sa jeunesse se noie

Il serait trop facile de réduire Ceuta à une simple manipulation numérique. La rumeur n’a fait qu’allumer une mèche déjà posée depuis des années. La moitié de la population marocaine a moins de trente et un ans, et le taux de chômage des quinze-vingt-quatre ans y dépassait 37% en 2025, grimpant à plus de 45% dans les zones urbaines comme Fnideq, précisément le point de départ de la ruée . Cette région souffre depuis 2019 de la fermeture du commerce transfrontalier avec Ceuta, privant des milliers de familles d’un gagne-pain licite. Une génération entière a grandi sans perspective, prête à croire n’importe quelle promesse, même la plus absurde, même la plus mortelle.

L’Union européenne verse au Maroc près de cinq cents millions d’euros au titre de la coopération migratoire pour la période 2021-2027, dont cent cinquante-deux millions signés en 2023 . Cet argent achète du contrôle physique aux frontières. Il n’achète aucun contrôle de la frontière informationnelle, cette zone grise numérique où se fabriquent désormais les crises humanitaires les plus meurtrières. Voilà l’aveuglement stratégique de Bruxelles : financer des barrières en acier tout en laissant les barrières numériques totalement à découvert.


« Ce que l’Europe protège avec des barbelés, 

elle continue de laisser sans défense face aux algorithmes »


Ce que Ceuta annonce pour demain

Ce précédent n’est pas isolé, et il ne le restera pas. Ce qui s’est produit à Ceuta peut se reproduire à Melilla, aux Canaries, à Lampedusa, ou à n’importe quelle autre porte d’entrée de l’Europe, avec la même rapidité et le même déni de responsabilité collective. La guerre hybride des migrants menée par le Bélarus et la Russie depuis 2021 aux frontières polonaise, lituanienne et finlandaise apparaît aujourd’hui comme une version artisanale, presque rudimentaire, comparée à ce qui vient de se produire au détroit de Gibraltar : plus rapide, plus virale, plus démultipliée, et surtout, beaucoup moins attribuable à un État identifiable .

Et c’est bien là le cœur du problème pour l’avenir : un acteur étatique hostile, un réseau de passeurs organisé, ou même un simple groupe d’individus mal intentionnés disposant d’une poignée de comptes influents peuvent désormais provoquer, en une nuit, une crise humaine et politique qu’il faudrait autrefois des mois de préparation militaire pour orchestrer. Le règlement européen 2024/1359 sur l’instrumentalisation migratoire, entré en pleine application le 12 juin 2026, définit précisément cette situation où un acteur hostile encourage un mouvement de population pour déstabiliser un État membre . Le texte existe. Il reste à l’appliquer avec la même vitesse que celle des rumeurs qu’il est censé combattre.

Si l’Europe ne construit pas rapidement une doctrine de riposte hybride algorithmique , attribution technique rapide, sanctions diplomatiques graduées, conditionnalité stricte de l’aide migratoire à la coopération numérique des pays de transit , alors Ceuta restera dans les mémoires non comme un accident tragique, mais comme le brouillon d’une méthode appelée à se répéter. La prochaine fois, le nombre pourrait être plus grand. Le bilan humain aussi. Et la question qui devrait obséder chaque capitale européenne n’est plus de savoir si cela se reproduira, mais quand, et où. Pendant que les commissions se réunissent, que les rapports s’empilent et que les plateformes continuent d’engranger des profits sur le silence, des adolescents marocains continuent de mourir en Méditerranée pour un mensonge qu’un algorithme a jugé rentable de leur montrer. C’est cela, la véritable urgence de Ceuta. Pas la migration en elle-même , vieille comme l’humanité , mais la vitesse effrayante avec laquelle un continent tout entier peut désormais être manipulé, déstabilisé, et endeuillé, à la vites

mondafrique.com

samedi 8 août 2026

L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont scellé un accord de défense mutuelle inédit

 

En septembre 2025, alors que l’Iran venait d’être visé par l’opération israélienne «Rising Lion» ainsi que par un raid mené par des bombardiers stratégiques américains B-2 Spirit, l’Arabie saoudite signa un accord de défense mutuelle avec le Pakistan, seul pays du monde musulman doté d’un arsenal nucléaire.

Visiblement, le royaume saoudien voulait d’autres garanties de sécurité que celles apportées par les États-Unis au titre du Pacte du Quincy, signé le 14 février 1945. Et il les a donc trouvées en se mettant sous la protection du parapluie nucléaire pakistanais, qu’il avait d’ailleurs en partie financé.

«Le nucléaire fait partie intégrante de cet accord, et le Pakistan se souvient que le royaume a largement financé son programme nucléaire et l’a soutenu lorsqu’il était sous sanctions», avait en effet confirmé Ali Shihabi, un analyste proche du pouvoir saoudien sollicité par l’AFP, à l’époque.

Pour rappel, devenu une puissance dotée en 1998, le Pakistan disposerait d’environ 170 ogives nucléaires. Son arsenal s’appuie sur des missiles sol-sol de moyenne portée, comme l’Ababeel [2 200 km] et le Shaheen-III [2 700 km] ainsi que sur une composante aéroportée, avec deux escadrons de JF-17 Thunder et un autre de F-16, capables de mettre en œuvre le missile de croisière Ra’ad [350 km de portée]. Enfin, Islamabad est en train de développer le missile mer-sol Babur III [450 km de portée] pour ses sous-marins de la classe Hangor, de conception chinoise.

Quoi qu’il en soit, cette alliance vient d’accueillir un troisième membre, à savoir la Turquie.

En effet, le 7 août, le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane, le Premier ministre pakistanais, Muhammad Sharif et le président turc, Recep Tayyip Erdoğan ont scellé un pacte de défense mutuelle lors du sommet de Makkah Al-Mukarramah [la Mecque].

Le fait que cet accord ait été signé dans cette ville peut être perçu comme étant un message d’unité adressé au monde musulman. D’autant plus que le rapprochement entre Riyad et Ankara aurait été impensable il n’y a pas si longtemps encore, leurs relations étant à couteaux tirés, en raison de leurs nombreux différends [affaire Khashoggi, mise au ban de du Qatar, proche allié de la Turquie, par les monarchies du golfe Persique, opposition entre la doctrine Wahhabite et celle des Frères musulmans, etc.].

Cependant, la détente entre les deux pays s’amorça en juillet 2023, l’Arabie saoudite ayant passé une importante commande de drones de conception turque. Elle avait été favorisé par le relatif effacement des États-Unis au Moyen-Orient durant le mandat du président Biden ainsi que par la guerre en Ukraine.

«Tandis que l’Arabie saoudite a fait preuve de prudence et ne s’est pas fermement rangée derrière l’une ou l’autre des parties au conflit, celui-ci met la Turquie dans une position embarrassante consistant à soutenir l’Ukraine sans s’opposer à la Russie», avait relevé la Fondation pour la recherche stratégique [FRS], dans une note publiée à l’époque. Cette situation, «intenable sur le long terme», ne fait qu’accroître la «nécessité»pour Ankara de «se rapprocher de ses voisins moyen-orientaux», dont Riyad, avait-elle ajouté.

Dans le détail, selon le communiqué conjoint publié par les trois pays signataires, l’accord de la Mecque «vise à renforcer la dissuasion collective face à tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre les trois». En outre, «il prévoit le renforcement de la coopération en matière de défense […] dans tous les domaines».

Le communiqué ne précise pas si ce pacte de défense mutuelle tient compte de l’arsenal nucléaire pakistanais. A priori, il n’y aurait aucune raison pour que ce soit le cas, la Turquie étant couverte par la force de frappe de l’Otan.

opex360.com

La Suisse envisage de nouer des coopérations industrielles avec le Japon dans le domaine militaire

 

Depuis 2014, grâce à l’impulsion donnée par le gouvernement de Shinzo Abe, la base industrielle et technologique de défense [BITD] japonaise s’émancipe peu à peu des règles qui lui avaient été posées après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Jusqu’alors limitée au marché domestique, elle tend désormais à être de plus en plus active à l’exportation, comme en témoigne le contrat qu’ a récemment obtenu Mitsubishi Heavy Industries pour construire onze frégates de type Mogami au profit de la Royal Australian Navy. En outre, elle participe désormais à des coopérations internationales, comme le Global Combat Air Programme [GCAP].

D’ailleurs, dans son rapport annuel qu’il a publié cette semaine, le ministère japonais de la Défense a préconisé un renforcement de l’industrie locale de l’armement et plaidé en faveur d’un effort accru en matière d’exportation d’équipements militaires. Et cela alors que, deux semaines plus tôt, le gouvernement de Sanae Takaichi avait adopté un «plan d’orientation économique» appelant à une «transformation des capacités de défense d’ici cinq ans».

«Le Japon doit avant tout renforcer son pouvoir diplomatique, consolider de manière proactive sa puissance de défense et, parallèlement, intégrer de manière organique ses capacités diplomatiques, de défense, économiques, technologiques, de renseignement et en matière de ressources humaines», indique ce document, selon un compte rendu du quotidien L’Opinion.

Pour la défense nippone, sept domaines sont prioritaires pour renforcer sa dissuasion, à savoir la frappe à longue portée, la défense aérienne et antimissile, les drones, le spatial, les systèmes de commandement et de contrôle, les armes à énergie dirigée et les missiles hypersoniques. L’un d’eux est-il susceptible d’intéresser la Suisse ?

En effet, le 7 août, l’Office fédéral de l’armement [Armasuisse] a fait savoir que son directeur, Urs Loher, venait d’effectuer un déplacement de trois jours au Japon pour évoquer de «possibles coopérations futures en matière d’armement».

Lors de son séjour, M. Loher a notamment eu des échanges avec l’ATLA [Acquisition, Technology and Logistics Agency], l’agence de l’armement du ministère japonais de la Défense et rencontré plusieurs entreprises locales, dont Mitsubishi Electric, Blue Innovation Co. Ltd, AirKamuy et Solafune.

Ces «visites ont […] été l’occasion de discussions sur une possible coopération, tout particulièrement dans le contexte de la stratégie en matière de politique d’armement du Conseil fédéral, qui vise notamment à intensifier également les futures coopérations d’armement avec des États démocratiques hors Europe, comme par exemple l’espace Asie-Pacifique», a expliqué Armasuisse.

Reste à voir quels pourraient être les domaines susceptibles de donner lieu à une coopération entre le Japon et la Suisse. Les activités des industriels rencontrés par M. Loher donnent des indices. Ainsi, spécialiste de l’électronique de défense, Mitsubishi Electric propose des solutions en matière de lutte antidrone tandis que Blue Innovation Co. Ltd s’intéresse à la robotique militaire, comme AirKamuy, qui développe notamment des drones aériens. Enfin, Solafune développe des plateformes dédiées à l’analyse du renseignement.

opex360.com