Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

jeudi 5 mars 2026

La Chine choisit de poursuivre l’escalade des tensions avec le Japon

 

La Chine a choisi de poursuivre l’escalade des tensions avec le Japon avec l’annonce par le ministère chinois du Commerce de l’inscription de vingt entités japonaises sur une liste noire interdisant l’exportation de biens à double usage (civil et militaire) sans autorisation spéciale, ainsi que le placement de vingt autres entreprises sur une liste de surveillance soumise à un régime de licences renforcé.

Officiellement, ces mesures visent des acteurs « participant au renforcement des capacités militaires du Japon » et seraient, selon Pékin, « justifiées, raisonnables et légales » afin de répondre à la « remilitarisation » et aux « ambitions nucléaires » attribuées à l’archipel. Dans les faits, elles ciblent des groupes industriels majeurs, des entreprises automobiles et énergétiques, ainsi que des institutions scientifiques et spatiales, au cœur de l’appareil technologique japonais.

Ces annonces s’inscrivent dans une séquence d’escalade entamée après les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi, en novembre, affirmant que le Japon pourrait intervenir militairement en cas d’attaque chinoise contre Taïwan menaçant directement son territoire.

Depuis, Pékin a multiplié les signaux de fermeté : interdiction générale des exportations de biens à double usage vers le Japon, restrictions sur certaines terres rares stratégiques, retards douaniers sur des produits alimentaires japonais, enquête antidumping sur le dichlorosilane, suspension des importations de produits de la mer et avertissements officiels déconseillant les voyages au Japon.

Cette escalade s’étend au terrain informationnel puisque OpenAI a révélé l’existence d’une tentative de campagne d’influence liée à la Chine visant à discréditer la dirigeante japonaise.

Au-delà de la rhétorique diplomatique, l’enjeu est désormais économique et stratégique. Les terres rares, dont la Chine demeure le fournisseur mondial quasi-exclusif, sont indispensables aux industries automobile, électronique, aéronautique et de défense. Une réduction prolongée des exportations pourrait, selon les estimations de Mizuho Research & Technologies, coûter entre 0,1% et 0,2% au PIB japonais si les flux étaient divisés par deux pendant six mois. Parallèlement, la chute brutale du tourisme chinois – en baisse de plus de 60 % en janvier 2026 par rapport à l’année précédente – pèse déjà sur certaines régions et a entraîné des pertes estimées à plusieurs centaines de millions de dollars.

Dans ce contexte, la montée des pressions chinoises ne relève plus d’incidents isolés mais dessine les contours d’une confrontation durable, où la coercition économique devient un instrument central de la rivalité stratégique. Pour Tokyo, qui justifie son réarmement par une situation sécuritaire jugée « la plus dégradée depuis 1945, » la question n’est plus seulement diplomatique, elle touche à la résilience industrielle du pays, à la solidité de ses alliances et à sa capacité à naviguer entre interdépendance économique et affirmation stratégique.

Pékin active l’arme économique

La riposte chinoise a pris la forme d’un dispositif juridique précis, calibré et immédiatement opérationnel. Le 24 février, le ministère chinois du Commerce a publié deux listes visant quarante entités japonaises, dans ce qui constitue clairement une nouvelle étape dans l’escalade engagée depuis les déclarations de la Première ministre Sanae Takaichi à l’automne. Officiellement, Pékin affirme répondre à la « remilitarisation » et aux « ambitions nucléaires » du Japon. Dans les faits, la sélection des cibles révèle une stratégie plus fine, à savoir frapper des acteurs au cœur de l’écosystème industriel et technologique nippon tout en soutenant que les échanges économiques « normaux » ne seraient pas affectés.

La première liste, la plus contraignante, regroupe vingt entités accusées de « participer au renforcement des capacités militaires du Japon. » Y figurent notamment des filiales de Mitsubishi Heavy Industries, dont Mitsubishi Shipbuilding, plusieurs sociétés de IHI Corporation, l’Académie nationale de défense ainsi que l’agence spatiale Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA).

Pour ces entités, interdiction d’exporter des biens à double usage depuis la Chine, arrêt immédiat des transferts en cours, et impossibilité pour des tiers étrangers de leur fournir des produits d’origine chinoise relevant de cette catégorie. Seule une autorisation spéciale du ministère du Commerce pourrait, en théorie, permettre une exception. Autrement dit, Pékin se réserve un pouvoir discrétionnaire total sur des flux technologiques souvent essentiels. L’impact boursier ne s’est pas fait attendre, Mitsubishi Heavy Industries a reculé de 3,1 %, IHI de 5,73 % et Kawasaki Heavy Industries de 4,02 % le jour de l’annonce. Un signal adressé autant aux investisseurs qu’aux dirigeants politiques.

En parallèle, vingt autres entités ont été placées sur une liste de surveillance. On y retrouve des constructeurs automobiles comme Subaru et Hino Motors, des fabricants d’équipements électriques tels que Nitto Denko et Yashima Denki, le groupe énergétique ENEOS ou encore l’Institute of Science Tokyo. Pour ces acteurs, chaque exportation de biens à double usage devra faire l’objet d’une demande individuelle, accompagnée d’un rapport d’évaluation des risques et d’un engagement écrit garantissant l’absence d’usage militaire. Pékin laisse entendre que ces entreprises pourraient être retirées de la liste sur demande, instaurant ainsi un mécanisme de pression modulable.

Le champ d’application est vaste. La liste chinoise des biens à double usage comprend plus de 800 articles répartis en dix catégories : produits chimiques, minéraux, composants électroniques, capteurs, systèmes de navigation, logiciels ou technologies aérospatiales. Elle inclut des équipements à usage civil courant, comme des caméras haute résolution, mais aussi des éléments stratégiques tels que les terres rares. Ces dernières sont cruciales pour des secteurs allant des véhicules électriques aux satellites, en passant par les semi-conducteurs et les armements de précision.

Si Pékin affirme que ces mesures « ne concernent qu’un petit nombre d’entités » et n’affectent pas les échanges commerciaux ordinaires, Tokyo y voit une décision « spécifiquement dirigée contre le Japon » et « inacceptable, » selon les termes du vice-secrétaire général du cabinet Kei Sato. Une protestation officielle a été adressée à l’ambassade de Chine le jour même.

Ces sanctions ciblées s’inscrivent dans une séquence plus large. En janvier, la Chine avait déjà annoncé une interdiction d’exportation de biens à double usage vers le Japon, sans en préciser la portée exacte. Elle a parallèlement suspendu les importations de produits de la mer japonais et encouragé ses ressortissants à éviter les voyages dans l’archipel. L’arme économique est ainsi activée sur plusieurs fronts, combinant restriction technologique, pression sectorielle et signal politique.

Cette montée en puissance intervient dans un contexte où la question de Taïwan est devenue le point nodal de la rivalité stratégique en Asie de l’Est. Depuis une décennie, le Japon a progressivement adapté son cadre juridique pour pouvoir agir dans des « situations menaçant sa survie, » y compris lorsque l’attaque viserait un pays « étroitement lié » à lui. Ce concept, introduit par la législation de sécurité de 2015, permettrait théoriquement une intervention en soutien des États-Unis si une crise autour de Taïwan compromettait la sécurité de l’archipel.

Or, c’est précisément cette évolution (défense renforcée, planification conjointe avec Washington, intégration accrue des capacités) que Pékin perçoit comme un glissement stratégique. Le décalage entre un cadre diplomatique hérité du communiqué conjoint de 1972 et une réalité sécuritaire profondément transformée a créé un fossé croissant entre défense et diplomatie. Les déclarations de Sanae Takaichi n’ont fait que rendre visible cette tension latente.

En ciblant des entreprises liées à la construction navale, l’aéronautique, l’énergie et la recherche scientifique, la Chine cherche à peser sur la capacité du Japon à consolider son appareil de défense et à soutenir l’alliance nippo-américaine. L’outil commercial devient un instrument de dissuasion indirecte, visant à renchérir le coût industriel et politique d’un alignement stratégique jugé hostile. Derrière l’apparente technicité des listes et des licences, c’est donc une bataille d’influence et de crédibilité qui se joue. Pékin envoie un message double, il dispose de leviers économiques puissants et il est prêt à les utiliser de manière ciblée pour façonner l’environnement stratégique régional selon ses intérêts.

Vers un affrontement durable entre la Chine et le Japon ?

Derrière cette rivalité diplomatique et ces mesures chinoises de représailles, la question centrale demeure économique : jusqu’où Pékin peut-il fragiliser la quatrième économie mondiale en activant le levier commercial et industriel ? Les mesures annoncées visent des segments technologiques sensibles et des groupes industriels majeurs, mais leur portée réelle dépendra autant de l’intensité de leur application que de la capacité d’adaptation de l’économie japonaise, qui n’aborde pas cette phase d’incertitude sans préparation. Les tensions commerciales sino-japonaises des années précédentes, ainsi que la pandémie, ont accéléré la diversification des chaînes d’approvisionnement et les stratégies de « friend-shoring. » Les entreprises japonaises les plus exposées ont déjà commencé à sécuriser des fournisseurs alternatifs, notamment en Asie du Sud-Est.

En outre, la relation économique entre Tokyo et Pékin demeure profondément interdépendante. Une escalade incontrôlée aurait un coût non négligeable pour l’économie chinoise elle-même, encore dépendante de certaines technologies et équipements japonais. La logique de coercition ciblée permet à Pékin de maintenir la pression sans compromettre totalement ses propres intérêts industriels. La véritable question est donc celle de la durée. Une restriction ponctuelle peut être absorbée ; une contrainte prolongée sur les terres rares ou certains composants critiques pourrait, en revanche, affecter la compétitivité industrielle du Japon et en ralentir l’innovation. La capacité du Japon à renforcer ses stocks stratégiques, à développer des substituts technologiques et à élargir ses partenariats commerciaux sera déterminante.

Dans le même temps, la gestion du risque passe par le maintien du dialogue. L’ambiguïté stratégique ne fonctionne comme outil de dissuasion que si elle s’accompagne d’une compréhension minimale des intentions respectives. Sans communication continue, l’ambiguïté peut se transformer en malentendu coûteux.

Pour l’économie japonaise, l’enjeu est double : amortir les chocs à court terme tout en s’adaptant à une rivalité structurelle appelée à durer. La vulnérabilité existe, notamment dans les secteurs technologiques dépendants de ressources critiques. Mais la profondeur du tissu industriel, la diversification progressive des chaînes d’approvisionnement et l’interdépendance persistante avec la Chine constituent autant de facteurs de résilience.

La succession de mesures commerciales, de protestations diplomatiques et de signaux politiques pourrait donner l’impression d’un basculement irréversible. Pourtant, parler de rupture supposerait un abandon clair du cadre qui, depuis plus d’un demi-siècle, structure les relations entre Tokyo et Pékin. Or ce cadre, aussi fragilisé soit-il, demeure formellement intact.

Depuis des années, le Japon renforce ses capacités de défense dans le cadre de l’alliance avec Washington, en intégrant parmi ses hypothèses de planification une crise dans le détroit de Taïwan. Dans le même temps, le langage officiel à l’égard de Pékin est resté largement fidèle aux formulations du communiqué conjoint de 1972 adopté lors de la reconnaissance par le Japon de la République populaire de Chine et l’établissement concomitant de relations diplomatiques.

Tant que les tensions demeuraient contenues, cette coexistence entre évolution sécuritaire et continuité diplomatique pouvait être maintenue. L’intensification des rivalités régionales et la montée en puissance militaire chinoise ont rendu cet équilibre de plus en plus précaire.

Une rupture durable supposerait soit un abandon explicite du principe d’ambiguïté stratégique par Tokyo, soit une décision chinoise de transformer la pression ciblée en embargo généralisé. À ce stade, ni l’un ni l’autre scénario ne semble privilégié. Le défi réside moins dans l’ambiguïté elle-même que dans le manque de compréhension partagée de ses contours.

La crise actuelle révèle donc l’épuisement d’un équilibre longtemps maintenu par le flou diplomatique. Pékin a démontré qu’il était prêt à mobiliser l’arme économique pour défendre ce qu’il considère comme ses intérêts fondamentaux. Tokyo, de son côté, cherche à adapter son cadre de sécurité à un environnement régional plus instable sans renoncer à la flexibilité stratégique que lui confère son alliance avec les États-Unis.

Entre interdépendance économique et rivalité stratégique, les deux puissances avancent désormais sur une ligne de crête. La question n’est peut-être pas celle d’une rupture brutale, mais celle d’une normalisation progressive de la tension, un état durable où coopération et coercition coexisteront, au rythme des crises et des ajustements. Mais sur ce terrain, rien n’est sûr.

 Sébastien Raineri

asialyst.com

La République islamique iranienne peut-elle encore tenir ?

 

« L’Iran sera incapable de résister longtemps aux frappes aériennes israélo-américaines », affirme le quotidien israélien Haaretz. Plusieurs jours après la décapitation du régime et la mort de l’ayatollah Khamenei, une question domine : combien de temps la République islamique peut-elle encore tenir ? Il est prévisible que le système survive un moment, que les hiérarques survivants arrivent à se maintenir au pouvoir et que le régime se radicalise, redoute le Wall Street Journal.

Aux lendemains de la décapitation de la République islamique d’Iran, à commencer par la « tête suprême », l’ayatollah Khamenei, la question essentielle qui se pose aujourd’hui est de savoir combien de temps peut tenir le régime et quels sont les scénarios plausibles pour les « jours d’après ».

Selon certains experts militaires, il est probable que Téhéran n’ait pas les moyens de résister très longtemps, car l’Iran va arriver, dans un futur relativement proche, à court de munitions. Si l’on en croit l’ancien commandant de la défense aérienne israélienne, le général Pini Yungman, cité dimanche par le quotidien Haaretz, « étant donné que les Iraniens ont déjà tiré entre 150 et 175 missiles sur Israël, en plus de leurs tirs sur les pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, ils en ont donc déjà utilisé environ 250 au total. Cela signifie qu’ils en ont encore assez pour maintenir cette pression pendant quelques jours, mais pas pendant des mois, ni même des semaines. »

L’Iran ayant tiré depuis cet entretien de nombreux missiles sur Israël et les pays voisins du Moyen-Orient, sans compter les drones, les derniers chiffres font penser que le régime de Téhéran a en effet bien dégarni ses stocks : plus de 500 missiles auraient été tirés. Selon le Jerusalem Post, les réserves balistiques iraniennes se monteraient à au moins 2 500, chiffres datant d’avant le début des frappes israélo-américaines.

Les jeux ne sont pas faits, cependant. Même si le régime de Téhéran semble bien être dans la situation d’un navire en perdition par gros temps, le bateau n’a pas encore coulé. Ainsi, le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdaran), véritable cœur du réacteur du système, reste en place et en position de force, au moins au plan politique : il possède une armée de 200 000 soldats, à quoi s’ajoute un million, voire plus, de « basijis », ou volontaires, véritables nervis de la « révolution », prêts à tout pour tuer, punir, réprimer.

Et s’il est évident que tous sont « largement surclassés en termes d’armement » par les États-Unis et Israël, comme le souligne le Wall Street Journal, le quotidien ajoute qu’il « faudra sans doute des semaines, voire des mois, de frappes aériennes supplémentaires et d’autres actions militaires pour paralyser cette organisation ». Résultat, « le régime iranien risque de se maintenir au pouvoir et de devenir encore plus répressif, car les radicaux ayant survécu aux premières frappes américaines et israéliennes pourraient déchaîner les milices armées des pasdarans dans l’espoir de s’accrocher au pouvoir ».

Si l’on fait se télescoper les affirmations de l’expert israélien et les prévisions du WSJ, on peut donc raisonnablement anticiper la situation suivante : l’Iran va être rapidement incapable de continuer à résister aux attaques aériennes faute de missiles, même si les forces de Téhéran les économisent, mais le régime peut survivre en termes de contrôle militaire et politique sur le terrain, compte tenu du fait qu’il est douteux, pour l’heure, que Donald Trump ose envoyer ses « boys » en Iran.

Les figures les plus radicalisées du régime

Quel scénario peut-on donc imaginer pour les semaines à venir et quelle forme pourrait prendre la transition si l’on écarte l’hypothèse d’un écroulement rapide du gouvernement et des institutions qui ont forgé la République islamique depuis son avènement, en 1979 ?

Le Wall Street Journal, dans un article très complet publié dimanche sur son site, estime également que l’actuel gouvernement, actuellement présidé par Massoud Pezechkian, qui a survécu aux frappes israélo-américaines et appelé à venger la mort du « Guide », pourrait « évoluer vers une forme de dictature militaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution ». Il est difficile d’imaginer l’émergence d’une figure comme Delcy Rodríguez, la vice-présidente vénézuélienne qui s’est alignée sur la ligne de Washington depuis la capture de Nicolás Maduro lors d’un raid américain début janvier, selon les analystes.

L’article du Journal cite à cet égard l’expert Mohammed Albasha, créateur d’une société de conseil en gestion de risques basée à Washington, qui estime que la mort de Khamenei « renforce les éléments les plus radicaux et militarisés du régime, aucune opposition organisée n’étant prête à saisir cette opportunité ». Il pense par ailleurs que « s’il existe des pragmatiques au sein des Gardiens, ceux-là ne sont peut-être pas prêts à renier une idéologie qu’ils défendent depuis des années », une réalité qui vaut surtout pour les plus âgés, qui ont fait leurs armes comme soldats durant la sanglante guerre Iran-Irak dans les années quatre-vingt.

Kasra Aarabi, chercheuse spécialisée sur les pasdarans, également citée dans le même article, enfonce le clou : « Les Gardiens de la révolution sont une force extrêmement radicalisée et endoctrinée : l’idée qu’ils changent de camp me semble donc improbable. »

Dans le New York Times, Sanam Vakil, la directrice du département Moyen-Orient du think tank londonien Chatham House, nuance le propos mais en arrive à des conclusions similaires : si elle estime que la République islamique « ne va pas survivre » à ces frappes israélo-américaines et que le Moyen-Orient « ne sera plus le même » après le samedi 28 février, le nouveau leadership « post-Khamenei » pourrait tout à fait être encore plus hostile à Washington que ne l’était son prédécesseur, tout particulièrement si le nouveau régime est dominé par les Gardiens de la révolution, même sous l’égide d’un dirigeant plus flexible que l’ayatollah mort sous les bombes.

Il faut dire qu’un tel dirigeant aura fort à faire pour prolonger l’existence d’un système profondément affaibli et qu’il lui faudra se concentrer, estime encore Mme Vakil, « sur les divisions internes du nouveau pouvoir, les questions de sécurité internes et le chaos économique ».

Seule certitude aujourd’hui : le régime, qui se préparait depuis des semaines, voire des mois, à une attaque américaine de plus grande ampleur que celle de la « guerre des 12 jours » en juin 2025, avait élaboré des plans d’urgence en cas de décès de Khamenei.

Pour le Wall Street Journal, les « successeurs potentiels, notamment Hassan Khomeini, petit-fils du fondateur du régime, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, ne possèdent ni son envergure ni ses relations au plus haut niveau ». Selon le WSJ, « l’une des possibilités envisagées serait de confier la direction du pays à deux hauts dignitaires religieux, épaulés par le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejei », si l’on en croit les affirmations de responsables non identifiés contactés par le quotidien new-yorkais.

Deux hommes avaient déjà émergé pour assurer la transition du pouvoir politique en attendant la nomination d’un nouveau « Guide de la révolution » : Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, et Mohammad Bagher Ghalibaf, l’actuel président du Parlement, étaient désormais considérés, en attendant de nouveaux développements, comme les deux hommes forts du régime.

Depuis longtemps pressenti pour succéder à son père, l’ayatollah Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei apparaît désormais comme le candidat pressenti pour reprendre le flambeau après avoir survécu aux frappes israélo-américaines. Second fils du Guide suprême, il n’occupe aucune fonction officielle au sein du gouvernement de la République islamique, mais serait, d’après Reuters, « connu pour entretenir des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution ».

Ou ce qu’il en reste.

Bruno Philip

mondafrique.com

Les dossiers d'Epstein montrent-ils qu'il travaillait pour la Russie ou une autre agence de renseignement ?

 

Les liens entre Jeffrey Epstein et les services de renseignement sont largement questionnés depuis les dernières révélations. A-t-il travaillé avec les services secrets russes ou israéliens ? The Cube vous répond.

Les dernières révélations dans l'affaire Epstein a soulevé une vague d'interrogations sur les liens du pédocriminel avec le monde du renseignement, suscitant de nombreuses spéculations sur ses liens avec la CIA, le Mossad et le Kremlin.

À la suite de la publication de ces nouveaux documents, le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé l'ouverture d'une vaste enquête sur Jeffrey Epstein, notamment sur ses liens éventuels avec les services de renseignement russes.

Si les dossiers donnent un aperçu des contacts de Jeffrey Epstein avec des personnalités russes de haut rang, dont certaines ont des liens avec les services de renseignement, et montrent qu'il a tenté d'organiser une rencontre avec le président Vladimir Poutine, ils ne contiennent aucune preuve directe qu'il travaillait pour un gouvernement étranger.

Les méthodes utilisées par l'ex-homme d'affaires, telles que l'installation de caméras vidéo pour filmer des personnes dans des situations compromettantes, présentent des similitudes avec celles utilisées par les services de renseignement russes.

Cela a conduit à des théories de plus en plus nombreuses selon lesquelles il aurait recueilli des informations sur les riches et les puissants pour les faire chanter, des informations connues sous le nom de "kompromat", en russe.

L'équipe de fact-checking d'Euronews, The Cube, analyse ce que ces dossiers révèlent exactement sur ses liens avec des politiciens et des fonctionnaires.

Les courriels de la Russie

Les dossiers montrent que Jeffrey Epstein a cherché à cultiver des liens avec des personnalités russes influentes, dont Sergei Belyakov, diplômé de l'Académie du Service fédéral de sécurité (FSB) de Russie et ancien vice-ministre de l'Économie.

En 2014, Sergei Belyakov est devenu président du forum d'affaires russe annuel connu sous le nom de Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Selon le journaliste et auteur Craig Unger, qui a mené des recherches approfondies sur les liens entre la Russie et certaines personnalités américaines, cet événement peut être qualifié de "Davos russe". "Il était considéré comme le 'Super Bowl' des pièges à miel", a-t-il déclaré au Cube.

Il a également dit penser que le président Donald Trump est un atout russe. "Beaucoup de milliardaires et de dirigeants mondiaux s'y présentaient, ainsi que beaucoup de jeunes femmes qui étaient là pour participer. Jeffrey Epstein était lié à tout cela", assure le journaliste.

Les dossiers contiennent peu de preuves de la participation de Jeffrey Epstein au forum de Saint-Pétersbourg lorsque Sergei Belyakov en était le président. Cependant, un courriel datant de 2015 montrerait l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, que le pédocriminel connaissait bien et qui a servi de 1999 à 2001, détaillait ses réunions au forum, y compris avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov.

Un courriel de suivi montre Ehud Barak le remerciant d'avoir "organisé tout cela".

Dans un autre échange datant de 2015, Jeffrey Epstein a demandé à Sergei Belyakov de recueillir des informations sur une femme russe qui, selon lui, essayait de faire chanter un homme d'affaires américain de premier plan.

Sergei Belyakov a alors fourni à Jeffrey Epstein une description des antécédents de cette femme, détaillant ses activités "sexuelles et d'escort" tout en soulignant ses "problèmes professionnels", qui, selon lui, pourraient être à l'origine de ses tentatives de chantage.

Dans un autre courriel, que Jeffrey Epstein semble s'être envoyé à lui-même et qui pourrait être un projet de réponse à la femme, le financier condamné lui a dit qu'il avait consulté "quelques amis du FSB" qui ont déclaré qu'elle serait "traitée de manière extrêmement sévère" si elle continuait à menacer des hommes d'affaires américains.

À d'autres occasions, Sergei Belyakov et Jeffrey Epstein ont également discuté des femmes, le second suggérant au premier d'envisager d'embaucher de "jolies femmes" comme rédactrices anglophones pour ses propositions d'affaires en 2016.

Jeffrey Epstein semble également avoir présenté Sergei Belyakov à des personnalités puissantes, notamment les hommes d'affaires américains Peter Thiel et Thomas Pritzker.

Sergei Belyakov n'était pas le seul Russe très en vue dans l'orbite du pédocriminel. D'autres documents montrent qu'il a rencontré Vitaly Churkin, un ancien diplomate russe qui a été représentant du pays aux Nations unies. L'homme d'affaires américain semble également avoir organisé un stage pour le fils de Churkin.

Selon Craig Unger, il n'a pas ciblé uniquement des contacts masculins. "Il faut également tenir compte des femmes qui travaillaient pour Jeffrey Epstein, dont beaucoup étaient liées à la Russie", a-t-il déclaré au Cube. "Maria Bucher [née Drakova], une Russe qui avait été à la tête de Nashi, le mouvement de jeunesse de Poutine, a travaillé comme attachée de presse pour Jeffrey Epstein lorsqu'elle s'est installée aux États-Unis."

"Vladimir Poutine a déjà déclaré que celui qui dirigera l'intelligence artificielle dirigera le monde", a ajouté Craig Unger. "Jeffrey Epstein tendait la main à de nombreuses personnalités de ce monde, comme Elon Musk et Peter Thiel, dont elle était l'un des intermédiaires." Néanmoins, rien ne prouve que Maria Bucher était une espionne pour la Russie.

À la poursuite de Poutine

Outre ses contacts avec des fonctionnaires russes, les dossiers montrent surtout que Jeffrey Epstein a tenté à plusieurs reprises d'entrer en contact avec le gouvernement russe et Vladimir Poutine, dont le nom apparaît plus de 1 000 fois dans les dossiers.

Le magnat américain a tenté de contacter le président russe par l'intermédiaire d'une série de contacts différents, dont l'ancien Premier ministre norvégien Thorbjørn Jagland. En mai 2013, Jeffrey Epstein a dit à Ehud Barak que Thorbjørn Jagland allait "voir Poutine à Sotchi". [sic]

Le pédocriminel a déclaré qu'il n'avait jamais rencontré Vladimir Poutine, mais qu'on lui avait demandé de le rencontrer "pour expliquer comment la Russie peut structurer des accords afin d'encourager les investissements occidentaux".

Dans un autre courriel, Thorbjørn Jagland a dit à Jeffrey Epstein qu'il informerait Vladimir Poutine qu'il était un contact utile.

En 2018, Thorbjørn Jagland lui a envoyé un courriel concernant l'organisation d'un séjour dans sa résidence de Moscou, où il prévoyait de rencontrer Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov. "Je suis juste désolé de ne pas être avec vous pour rencontrer les Russes", a répondu Jeffrey Epstein.

Les documents ne contiennent aucune preuve qu'il ait réussi à rencontrer Vladimir Poutine en personne.

En réponse à la masse d'allégations, y compris celle selon laquelle Jeffrey Epstein était une sorte d'atout russe, le Kremlin a déclaré qu'il ne voulait pas perdre de temps à répondre aux questions sur le sujet. Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré en février : "J'aimerais plaisanter sur de telles versions, mais ne perdons pas notre temps."

Un atout, pas un espion

Néanmoins, malgré l'absence de preuves que Jeffrey Epstein était un espion, certains estiment qu'il y a des raisons de croire qu'il était en fait un atout russe.

"Je pense qu'il s'agit d'un atout, pas d'un espion", a déclaré Craig Unger. "Un agent ou un espion est employé par une agence de renseignement. Il ou elle reçoit un salaire régulier. Il peut être chargé d'opérations spécifiques."

"Un agent de renseignement est quelqu'un qui est un contact de confiance, vous lui rendez service, il vous rend service. Jeffrey Epstein avait des liens avec les services de renseignement russes et israéliens. Il travaillait avec eux, mais en fin de compte, je pense qu'il se servait lui-même", a-t-il assuré.

Les législateurs américains ont également pris part à ces spéculations en émettant une série d'affirmations contradictoires. Certains pensent qu'il était un espion, comme le député républicain Thomas Massie, qui a affirmé que la raison pour laquelle les dossiers n'ont pas été divulgués dans leur intégralité est due à ses liens avec les services de renseignement américains et israéliens.

Les spéculations sur les liens entre Jeffrey Epstein et le Mossad ont été alimentées par un mémo du FBI datant de 2020, inclus dans les dossiers, selon lequel une source était convaincue qu'il "était un agent du Mossad coopté" qui "s'entraînait comme espion" pour le compte des services de renseignement israéliens.

L'amitié de longue date de Jeffrey Epstein avec l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, dont les détails sont apparus clairement dans les dossiers, a également soulevé des questions.

Les deux hommes ont entretenu des contacts réguliers, tandis qu'Ehud Barak s'est rendu à plusieurs reprises dans l'appartement de Manhattan du financier en disgrâce et s'est rendu une fois sur l'île privée, dans les îles Vierges américaines. Les documents révèlent également que Jeffrey Epstein était en contact avec Yoni Koren, l'assistant de longue date de Barak.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fermement rejeté les théories selon lesquelles il travaillait pour le Mossad, suggérant plutôt que les révélation prouvent "le contraire" et l'accusant d'œuvrer pour "saper la démocratie israélienne" afin de "renverser le gouvernement israélien élu". Des commentaires faits après la révélations d'échanges entre Ehud et Jeffrey Epstein au cours de la campagne de 2019 des élections législatives.

Les théories selon lesquelles Jeffrey Epstein travaillerait pour des agences de renseignement ont peut-être explosé avec la publication des dossiers, mais elles existent depuis longtemps. Les spéculations ont été alimentées par des rapports suspects et contradictoires sur l'accord qu'il a passé en 2008, par des questions de longue date sur la manière dont il a amassé sa vaste fortune malgré ses origines modestes, ainsi que par ses liens avec la délinquante sexuelle condamnée Ghislaine Maxwell, dont le père, Robert Maxwell, aurait été lié aux services de renseignement israéliens.

Estelle Nilsson-Julien

Tamsin Paternoster

fr.euronews.com

Logiciels espions : huit ans de prison pour quatre prestataires du « Watergate grec »

 

Plus de 90 politiciens d’opposition, ministres du gouvernement, employés des services de renseignement, procureurs, journalistes et hommes d’affaires avaient été espionnés entre 2020 et 2022. En 2024, la Cour suprême grecque avait innocenté le service de renseignement national et le gouvernement. Les quatre principaux prestataires viennent quant à eux d’être condamnés.

Quatre personnes liées au marchand de logiciels espions Intellexa ont été condamnées par un tribunal grec à des peines d’emprisonnement cumulées totalisant 126 ans et huit mois, mais dont seulement huit devront être purgés, précise eKathimerini, pour avoir espionné des dizaines de responsables politiques, hommes d’affaires, responsables militaires et journalistes.

L’affaire, surnommée « Predatorgate » ou « Watergate grec », avait éclaté en 2022 lorsque Nikos Androulakis, chef du principal parti d’opposition PASOK et membre du Parlement européen, avait découvert qu’un logiciel espion illégal appelé Predator, l’un des principaux concurrents du logiciel espion Pegasus de la société israélienne NSO, avait été installé sur son téléphone, rappelle Politico.

Reuters précise qu’un procureur avait également ouvert une enquête suite à la découverte, par un journaliste financier de CNN, Thanasis Koukakis, que son téléphone avait été infecté par le logiciel espion Predator de la société Cytrox, qui faisait partie du consortium Intellexa.

Des traces de Predator avaient ensuite été retrouvées dans les téléphones de plus de 90 Grecs, politiciens d’opposition, ministres du gouvernement, employés des services de renseignement, procureurs et hommes d’affaires, rappelle The Record.

L’exécution de leurs peines est suspendue à la procédure en appel

Cette affaire avait ébranlé le gouvernement de centre droit, entraînant le limogeage du chef du service national de renseignement (EYP) et du chef de cabinet du Premier ministre. L’administration, qui a nié toute malversation ou écoute téléphonique délibérée, avait néanmoins survécu à un vote de défiance en 2023, relève Reuters.

En 2024, la Cour suprême grecque avait innocenté l’EYP et les responsables politiques de tout acte répréhensible, et renvoyé les quatre accusés devant le tribunal correctionnel. Nikos Androulakis a depuis fait appel devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Lors du procès, les quatre prévenus, Tal Dilian (ancien officier militaire israélien et fondateur d’Intellexa), sa partenaire commerciale Sara Aleksandra Fayssal Hamou, Felix Bitzios (ancien administrateur adjoint et actionnaire d’Intellexa) et Yiannis Lavranos (dont la société Krikel a acheté le logiciel espion), ont nié avoir commis des actes répréhensibles.

Jeudi 27 février, le tribunal les a néanmoins déclarés coupables d’« atteinte à la confidentialité des communications téléphoniques », d’« altération répétée d’un système d’archivage de données à caractère personnel » et d’« accès illégal à un système d’information ou à des données ». L’exécution de leurs peines est suspendue dans l’attente de l’examen de la procédure en appel.

Intellexa, toujours en activité, en partie sanctionné aux États-Unis

« Ce fut une bonne journée pour la démocratie et l’État de droit en Grèce », a déclaré Thanasis Koukakis à l’AFP devant le tribunal, ajoutant que le verdict « ouvrait la voie » à d’autres poursuites contre des suspects dans la même affaire. D’autant que « la moitié du cabinet et des généraux de haut rang étaient sous surveillance de l’agence nationale de sécurité et du logiciel espion Predator ».

Le 18 février, Amnesty International avait cela dit révélé que Predator avait infecté le téléphone d’un éminent défenseur de la liberté de la presse en Angola en 2024, note The Record. En décembre, les chercheurs d’Amnesty avaient quant à eux découvert qu’un avocat pakistanais spécialisé dans les droits humains avait également été pris pour cible par Predator au cours de l’été 2025.

Le département du Commerce américain avait ajouté Intellexa et sa filiale Cytrox à sa liste noire en 2023. Les dirigeants et consultants d’Intellexa, dont Dilian et Hamou, avaient été sanctionnés par l’administration Biden en 2024. Mais l’administration Trump a annulé les sanctions contre Hamou et deux autres dirigeants d’Intellexa en décembre dernier, bien que Dilian figure toujours sur la liste noire.

Nexa (ex-Amesys), le sulfureux partenaire français d’Intellexa

En 2023, Amnesty International a également découvert que Predator avait été vendu à 25 pays, dont plusieurs régimes autoritaires, par un consortium d’entreprises européennes qui a contourné les règlements européens et internationaux via la filiale dubaïote de Nexa Technologies (ex-Amesys), le partenaire français d’Intellexa.

Les responsables de Nexa avaient été mis en examen en 2021 pour « complicité de tortures » et « disparitions forcées » en Libye, puis « pour complicité de torture et de disparitions forcées » en Égypte, avant d’être placés en 2022 « sous le statut plus favorable de témoin assisté, éloignant ainsi la menace d’un procès à leur encontre ». 

Nexa s’est depuis retirée du marché de la surveillance et du consortium Intellexa, et a été rachetée par Chapsvision, le nouveau champion français de la cybersurveillance, dont le modèle économique vise d’après ses dires à aider les handicapés mentaux à communiquer, comme nous l’avions relaté.

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16 cas d’espionnage depuis samedi : Le Shin Bet met en garde contre les tentatives de recrutement en ligne par l’Iran

 

La police et les services de renseignements intérieurs israéliens ont une nouvelle fois mis en garde jeudi contre les tentatives de recrutement et d’infiltration en Israël par les services iraniens via les réseaux sociaux.

« Le Shin Bet et la police réitèrent leur mise en garde au public contre tout contact en ligne avec des éléments des services de renseignement iraniens et contre l’exécution de missions à caractère sécuritaire à leur demande », indiquent les deux organes dans un communiqué commun.

« Au cours de l’année écoulée, […] les tentatives d’éléments du renseignement iranien de recruter des Israéliens via les réseaux sociaux se sont intensifiées, en vue de l’exécution de missions visant à recueillir des renseignements sur des cibles stratégiques, la localisation de personnes et des infrastructures critiques », explique ce communiqué.

Encore actuellement, alors qu’Israël bombarde quotidiennement l’Iran qui riposte avec des frappes de missiles, « des éléments iraniens s’efforcent de recruter des citoyens israéliens en ligne ».

L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet et la police agissent de concert « pour arrêter les Israéliens et résidents en Israël soupçonnés de maintenir des contacts avec des éléments des services de renseignement iraniens ».

Depuis le début des bombardements américains et israéliens sur l’Iran le samedi 28 février, le Shin Bet et la police « ont mis au jour seize affaires » de ce genre, avec des interpellations de citoyens israéliens actuellement « poursuivis pour de graves infractions sécuritaires », selon le même communiqué.

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