Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

dimanche 11 octobre 2026

L’armée française évalue un nouveau système de navigation pour les chuteurs opérationnels

 

Au moins à deux reprises, en juin 2022 et en mai 2023, l’armée de Terre lança, sous très faible préavis, une opération aéroportée [OAP] en Estonie, afin de démontrer sa capacité à «intervenir en urgence et à soutenir un allié». Et l’État-major des armées [EMA] les avait décrites comme un «acte de solidarité stratégique» envers ce pays, sous pression russe.

Cela étant, ces OAP furent menés dans un contexte où la guerre électronique n’avait pas encore pris l’importance [ou repris ?] qu’elle a actuellement.

«Les engagements récents, en particulier en Ukraine, ont démontré que la perte temporaire ou durable des communications suffit à désorganiser une unité, neutraliser un appui-feu ou rendre inopérants des systèmes pourtant technologiquement supérieurs», note l’armée de Terre, dans un document intitulé «Déclinaison capacitaire d’action aéroterrestre future».

Ce brouillage électronique peut affecter les signaux de géolocalisation par satellite [GNSS/GPS], comme c’est le cas en Estonie – plus généralement dans la région de la Baltique – depuis le début de la guerre en Ukraine. Et cela n’est pas sans conséquence pour les parachutistes, et plus particulièrement pour les chuteurs opérationnels.

«La géolocalisation est devenue un élément indispensable. En parallèle, les systèmes de navigation par satellite sont de plus en plus ciblés par des actions de brouillage ou de déni d’accès. Ce qui était autrefois considéré comme un risque ponctuel est désormais une réalité opérationnelle», souligne la Section technique de l’armée de Terre [STAT].

Or, poursuit-elle, «lorsque le GPS utilisé par le parachutiste devient indisponible, les conséquences peuvent être immédiates : perte de repères, dégradation de la connaissance de la situation, difficultés de coordination entre les chuteurs et augmentation des risques, dans un contexte déjà contraint qu’est l’infiltration sous voile [ISV]».

D’où l’intérêt du système NAVDAC [pour Navigation en Déni d’Accès], que l’Agence de l’innovation de défense [AID] a présenté lors de la dernière édition du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory.

Porté par le 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa], qui fait partie des forces spéciales de l’armée de Terre, ce dispositif permet de maintenir «l’affichage en temps réel du positionnement» et de connaître la position des forces amies [BFT – Blue Force Tracking] dans les zones où les signaux GNSS sont perturbés, depuis la phase aéroportée jusqu’aux opérations au sol.

«Ce système fédère des briques technologiques éprouvées [navigation, communications, énergie, EUD, intégration SIG] au sein d’une architecture unique, ergonomique, robuste et modulaire, garantissant la continuité de mission quel que soit le vecteur [aéroterrestre, nautique, motorisé, pédestre]», avait alors expliqué l’AID.

Le NAVDAC n’est pas encore opérationnel. Mais cela ne saurait tarder puisqu’il vient d’être évalué par le Groupement aéroporté [GAP] de la STAT. À cette occasion, celle-ci en a dit plus à son sujet.

«Le NAVDAC propose une approche globale de la navigation qui combine plusieurs technologies : navigation, communications sécurisées, systèmes d’information géographique et autonomie fonctionnent ensemble pour permettre aux opérateurs de naviguer sous voile, de nuit, sur plusieurs dizaines de kilomètres, en toute sécurité et en utilisant une GNSS chiffrée», a détaillé la STAT, via le média social LinkedIn.

L’évaluation de ce système a, semble-t-il, donné satisfaction. Étant donné que, quelles que soient les conditions, un parachutiste doit être immédiatement opérationnel dès sa mise à terre, le NAVDAC «intègre une solution ergonomique de fixation et de transition qui simplifie le passage de la phase de saut à l’équipement de combat, réduisant les manipulations et le temps nécessaire pour reprendre la mission», a relevé la STAT.

«Cette approche illustre une évolution importante des équipements militaires : la performance ne repose plus uniquement sur la technologie embarquée, mais également sur son intégration au plus près des besoins de l’utilisateur», a-t-elle conclu.

opex360.com

Les liens suisses dans le scandale d'espionnage qui secoue l'Allemagne

 

Hans Wegmüller avait sans doute imaginé sa retraite différemment. Dans sa maison située dans un quartier huppé de la banlieue bernoise, les rideaux restent tirés. Pendant ce temps, les gros titres se succèdent dans la presse.

Lorsque Blick tente de lui rendre visite, ce mercredi, c’est son épouse qui ouvre la porte. Hans Wegmüller n'avait auparavant pas répondu aux appels téléphoniques. Peut-on lui parler? «Non.» Est-il à l’étranger? «Non.» Où est-il alors? «Il ne s’exprime pas sur l’affaire», répond-elle.

L'ancien chef espion en détention provisoire

Cette semaine, Hans Wegmüller s’est retrouvé au coeur de l'affaire d'espionnage impliquant August Hanning. Mardi, des agents de la police criminelle fédérale ont arrêté l’ancien président du Service fédéral de renseignement allemand (BND) à son domicile en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il a été placé en détention provisoire. Le parquet fédéral allemand le soupçonne notamment d’avoir tenté de porter atteinte à la sûreté de l’Etat et d’avoir participé à des activités d’espionnage.

Entre 2010 et 2022, August Hanning aurait obtenu des informations sensibles et hautement confidentielles du BND, alors qu'il avait quitté ses fonctions depuis plusieurs années. Au total, près de 2000 documents seraient concernés. Il les aurait ensuite exploités à des fins lucratives dans le cadre de ses activités de consultant privé. Selon plusieurs médias, il aurait notamment entretenu des contacts avec des membres des services de renseignement azerbaïdjanais et chinois.

L’ancien patron du BND ne s’est pas encore exprimé publiquement sur les accusations portées contre lui. Son avocat reconnaît qu'August Hanning était en possession de documents confidentiels, mais assure qu’il ne les a pas transmis dans l'intention de porter préjudice à l'Allemagne. «Mon client fait l'objet de poursuites injustifiées», a-t-il déclaré. A ce stade, la présomption d’innocence reste de mise. Mais quel rôle Hans Wegmüller joue-t-il dans cette affaire?

Une société introuvable

Après son départ à la retraite, August Hanning a siégé au conseil d'administration de plusieurs sociétés suisses. Dès 2016, celui de l'entreprise de sécurité System 360 AG, puis, à partir de 2018 auprès de la société de conseil Pluteos AG. Les deux entreprises sont établies au bord du lac des Quatre-Cantons.

Selon le registre du commerce, Pluteos a son siège à proximité de la gare de Lucerne, au milieu des restaurants, des hôtels et des kebabs. Mais sur place, impossible de trouver la moindre trace de l’entreprise: pas même une sonnette à son nom. Des riverains se souviennent que Pluteos occupait autrefois des bureaux au quatrième étage de l’immeuble. Aujourd’hui, le nom d’une autre société figure à cet emplacement. Quant à la porte vitrée, elle est recouverte d’un film de plastique opaque.

Les documents du registre du commerce consultés par Blick révèlent qu'August Hanning a également fait appel à un ancien collègue des services secrets suisses: Hans Wegmüller. L’ancien espion bernois siégeait lui aussi au conseil d’administration de Pluteos AG depuis 2018.

«Cher August...»

Fin 2021, Hans Wegmüller a toutefois démissionné du conseil d’administration de Pluteos. Dans sa lettre de démission, datée du 27 octobre 2021, il invoque des raisons de santé. Il avait longtemps espéré pouvoir reprendre ses fonctions, mais une récente opération semble avoir définitivement compromis cette possibilité. «Je le regrette beaucoup», écrit-il, avant de remercier ses interlocuteurs pour «ces moments agréables» et d'exprimer l'espoir de les revoir «tout bientôt».

Le ton de la lettre témoigne d'une certaine proximité entre Hans Wegmüller et l'ancien patron du BND, aujourd'hui soupçonné d’espionnage. Hans Wegmüller s'adresse à lui en le tutoyant et commence son courrier par «Cher Auguste». Les deux hommes semblent bien se connaître. Au début des années 2000, ils dirigeaient simultanément les services de renseignement extérieurs de leurs pays respectifs. Après avoir quitté leurs fonctions, ils se sont tous deux tournés vers le conseil dans le secteur privé.

Bien qu'il ne siège plus au conseil d’administration de Pluteos, Hans Wegmüller figure toujours sur le site internet de l’entreprise. Il y est présenté comme conseiller dans le «renseignement économique international et les enquêtes de diligence», ainsi que dans l’«évaluation des risques personnels et commerciaux». Le montant de sa rémunération pour ces activités n'est pas connu.

Dans le cadre d’un précédent mandat, il avait toutefois perçu un peu plus de 130’000 francs d'honoraires, comme l’ont révélé les journaux de CH Media. Entre 2012 et 2015, Hans Wegmüller avait en effet conseillé l'ancien procureur général de la Confédération Michael Lauber, sur des questions de politique institutionnelle, de stratégie de sécurité et d’administration.

Au service du secteur privé

En 2008, dans une interview accordée à la SRF, peu avant son départ à la retraite, Hans Wegmüller expliquait pourquoi son expertise pouvait intéresser des clients privés. «Je connais ce service de fond en comble», déclarait-il après près de 30 ans passés au sein des services de renseignement suisses. Il envisageait alors de «peut-être encore soutenir l’une ou l’autre instance», précisant que «certains domaines à la périphérie du service de renseignement» continueraient à retenir son attention.

Pluteos a été fondée en janvier 2018, quelques mois après l'arrivée d'August Hanning et de Hans Wegmüller au sein du conseil d'administration. A l'origine de la société: deux hommes présentés comme ayant des liens avec la Russie, l'Allemand Samuel Danilowitsch, établi à Londres, et le Suisse Wolfgang Maute, spécialiste de la fiscalité du canton de Thurgovie.

En mai 2019, Samuel Danilowitsch s’est rendu à Moscou en compagnie d'August Hanning. Selon la «Schwäbische Zeitung», les deux hommes ont participé à un forum consacré aux transactions énergétiques et à la coopération économique, alors même que des sanctions contre la Russie étaient déjà en vigueur. Samuel Danilowitsch entretiendrait depuis longtemps des relations dans le secteur du négoce international des matières premières.

«Un mandat exotique»

L’expert fiscal suisse Wolfgang Maute a autrefois exercé comme juge de district à Frauenfeld et milité au PLR. En 2009, il expliquait au «Thurgauer Zeitung» conseiller l'ensemble Stradivari, basé à Kreuzlingen, qui se produisait également à Moscou. L'ensemble était financé par un oligarque russe. A l'époque, Wolfgang Maute reconnaissait que son mécène était peu connu en Suisse. «Je dois admettre que c’est aussi, pour moi, un mandat quelque peu exotique», confiait-il au journal.

Sur le site de Pluteos, Wolfgang Maute se présente comme un conseiller auprès de clients actifs dans les domaines des «enquêtes financières forensiques et du suivi des actifs». Certaines informations publiées sur son profil semblent toutefois dépassées. Il affirme notamment enseigner actuellement le droit fiscal international à l’Université de Zurich. Or, selon l'université, il n'y a assuré qu'un seul module, durant l'année 2017-2018. Il n'est plus en fonction depuis, précise l’université en réponse à notre demande de renseignements.

Wolfgang Maute n’a pas répondu aux questions de Blick. Son rôle dans les sociétés liées à August Hanning, semble néanmoins important. Wolfgang Maute siège également au conseil d’administration de System 360 AG, la société de sécurité liée à Pluteos. Elle est aussi établie à Lucerne, à seulement quelques minutes à pied du siège de Pluteos.

Perquisition à Lucerne

Sur place, des employés sont présents dans les locaux, mais aucun ne souhaite s’exprimer. Dans un courriel, la directrice Anne Mehle tient à préciser: «Notre entreprise n'a aucun lien avec les faits reprochés au Dr. August Hanning dans le cadre de cette procédure.» Elle ajoute qu'aucune mesure d'enquête ne vise System 360.

Pourtant, le 16 septembre 2025, la police a perquisitionné les locaux de Pluteos et de System 360 à Lucerne. La police cantonale lucernoise a confirmé l’intervention à Blick. Les autorités suisses agissaient à la demande des enquêteurs allemands chargés de l’affaire.

La procureure de Hambourg précise que les enquêteurs ont saisi, «pour examen», des supports de données, des téléphones portables, des ordinateurs portables ainsi que des documents papier.

Un enlèvement d’enfant ?

La perquisition menée en Suisse s'inscrivait dans le cadre d'une vaste opération policière, qui a également donné lieu à plusieurs interventions en Allemagne, notamment au domicile d'August Hanning. A l'époque, le parquet de Hambourg soupçonnait alors l'ancien patron du BND et la société System 360 d’avoir participé aux préparatifs d’un projet d'enlèvement d’enfant.

A ce jour, ces soupçons n'ont pas été étayés. En revanche, l'examen des dossiers et des supports informatiques a permis aux enquêteurs de découvrir les documents secrets du BND qui auraient été obtenus illégalement. C’est cette découverte qui a conduit, cette semaine, à l'arrestation d'August Hanning, soupçonné d’espionnage.

August Hanning et Hans Wegmüller ont tous deux occupé des postes de haut rang au sein des services de renseignement de leurs pays respectifs. Le passage d'anciens responsables du renseignement, parfois hautement décorés, au secteur privé soulève des questions fondamentales: comment éviter que des informations confidentielles ne soient divulguées et ne compromettent potentiellement la sécurité nationale?

Jusqu’à la fin de leur vie

En Suisse, le secret de fonction ne prend jamais fin. Les anciens collaborateurs du service de renseignement de la Confédération (SRC) sont tenus de préserver les informations confidentielles jusqu’à la fin de leur vie. «La violation reste punissable même après le départ du service», précise le SRC. Aucune disposition particulière ne s’applique aux anciens directeurs.

Le SRC le reconnaît également: les anciens collaborateurs ne sont pas obligés de déclarer leurs mandats dans le secteur privé. En Allemagne, la réglementation est différente. Les anciens fonctionnaires doivent déclarer, pendant une période pouvant aller jusqu'à cinq ans après leur départ, les activités privées en lien avec leurs anciennes fonctions. Confronté à l'affaire August Hanning, Berlin envisage désormais de renforcer encore ces règles.

En Suisse, le SRC ne semble toutefois pas juger nécessaire de modifier le système actuel. Interrogé sur le sujet, il indique avoir mis en place des «mesures de sécurité pour protéger ses informations» et assurer une formation régulière de ses collaborateurs. Le service ne précise cependant pas la nature de ces mesures.

Une affaire lucrative

La surveillance du SRC porte toutefois un regard plus critique sur le travail du service. En septembre 2025, elle a passé au crible les mesures de lutte contre l’espionnage. Blick a pu consulter le rapport d'audit, qui relève que le SRC ne prend que «peu de mesures spécifiquement destinées à réduire le risque d’espionnage», parmi ses collaborateurs actuels et anciens. En cas de soupçons d’espionnage, le service pourrait se montrer «encore plus vigilant» dans ses investigations. Même lorsque certains collaborateurs présentent des signaux d'alerte, «il est difficile pour le SRC de suivre une ligne stricte», constate le rapport.

Chez Pluteos, August Hanning, actuellement en détention, figure toujours comme président du conseil d’administration. Les affaires semblaient pourtant prospères. En 2025, sa filiale System 360 AG a réalisé un bénéfice de plus de 2,1 millions d’euros, qu'elle a intégralement redistribué à ses actionnaires sous forme de dividendes. On ignore qui en a profité. En Suisse, l'identité des actionnaires n'est pas une information publique. Le transfert du siège de la société allemande à Lucerne pourrait notamment s’expliquer par cette opacité.

De son côté, l'ancien chef du renseignement suisse Hans Wegmüller préfère garder le silence. Jusqu’à présent, il ne semble pas non plus faire l'objet de soupçons de la part des autorités suisses. Interrogé à ce sujet, le Ministère public de la Confédération indique qu’il n’est pas «concerné» par cette affaire. Une position qui rejoint celle de l’épouse d'Hans Wegmüller, selon laquelle son mari n’a «rien à voir avec tout ça».

Lukas Lippert

Robin Bäni

blick.ch

Le bras droit de l'ex-chef du BND arreté pour trahison

 

L'ancien chef de cabinet de l’ex-directeur du renseignement August Hanning a été placé en détention pour complicité de trahison. Manfred D. est accusé d’avoir obtenu des documents confidentiels du BND et de les avoir remis à Hanning contre rémunération.

Après l'arrestation mardi de l'ancien chef du service de renseignement extérieur allemand (BND), August Hanning, dans ce qui s'avère être le plus grand scandale d'espionnage de l'Allemagne, son fidèle confident et ex-directeur de cabinet, Manfred D., a lui aussi été placé en détention.

Les procureurs fédéraux accusent les deux hommes d'avoir utilisé pendant de nombreuses années des secrets d'État pour soutenir des activités de conseil privées et des intérêts étrangers, un crime qui constitue un acte de trahison.

Âgé de 64 ans, Manfred D. est poursuivi pour complicité et reste en détention provisoire, tandis que Hanning doit être présenté à un juge d'instruction, selon la presse allemande.

Manfred D. a auparavant été directeur de cabinet de l'ancien patron du renseignement August Hanning. Les deux hommes se connaissent depuis la fin des années 1990 et ont travaillé en étroite collaboration pendant de nombreuses années au BND puis au ministère de l'Intérieur.

Selon les procureurs, Manfred D. obtenait des documents classifiés auprès du service de renseignement et les transmettait à son ancien supérieur, Hanning, contre rémunération.

Cet arrangement serait en place depuis 2010

"Probablement au printemps 2010, les prévenus ont convenu que Manfred D. obtiendrait de manière continue des renseignements de valeur auprès du service fédéral de renseignement pour l'accusé Hanning, en contrepartie de paiements", a déclaré la procureure générale Ines Peterson.

Hanning aurait utilisé ces informations confidentielles pour préparer, entre autres, une analyse destinée à des services étrangers afin de percevoir des revenus privés en tant que consultant.

Les enquêteurs ont placé la propriété de Manfred D. sur écoute et l'ont surveillé pendant des mois dans le cadre d'une enquête très médiatisée.

L'Azerbaïdjan a démenti mercredi un article du magazine allemand Der Spiegel, repris par des médias allemands et étrangers, affirmant que Hanning aurait pu être en contact avec un agent azerbaïdjanais.

L'agence de presse d'État azérie APA a rapporté que Bakou avait rejeté les informations de Der Spiegel et qu'il avait "par le biais de ses services spéciaux et de ses canaux diplomatiques, transmis sa protestation à ce sujet à la fois à la chancellerie fédérale allemande et au ministère allemand des Affaires étrangères".

Dans le même temps, le Conseil des médias et de la radiodiffusion d'Azerbaïdjan a publié un communiqué rejetant ces informations comme étant "une désinformation infondée et une manipulation de l'information inacceptable".

De son côté, un haut responsable azerbaïdjanais a déclaré à la chaîne d'information internationale Anewz, basée à Bakou, que la chancellerie et des représentants de la communauté du renseignement allemande avaient confirmé par des canaux officiels que l'enquête en cours n'était en aucune façon liée à l'Azerbaïdjan.

"La tentative initiale d'associer l'Azerbaïdjan à cette affaire vient de Der Spiegel, et non d'une quelconque autorité officielle allemande d'enquête ou judiciaire", a déclaré ce responsable.

"Le parquet fédéral lui-même n'a publiquement mentionné ni l'Azerbaïdjan ni aucune institution azerbaïdjanaise en lien avec l'enquête", a-t-il ajouté.

Selon ce responsable, ces allégations risquent "de causer des dommages inutiles aux relations en plein essor entre l'Azerbaïdjan et l'Allemagne".

 Patrick Drews 

fr.euronews.com

Navi Pillay, un camouflet pour Trump

 

Donald Trump rêvait du Nobel de la paix. Oslo l’a attribué à Navi Pillay, ancienne juge internationale dont l’engagement incarne précisément ce que Washington malmène, entre les sanctions que le Président américain envisage contre la CPI et les projets d’exécution télévisée que le même a imaginés. Réponse de la bergère au berger, le comité norvégien a signé une satire politique que personne n’aurait osé écrire.

Le comité Nobel norvégien aurait passé l’année à la chercher qu’il n’aurait guère trouvé réponse plus exquise à Donald Trump. Le président a poursuivi ce prix avec une telle insistance que le site Axios y a vu sa « baleine blanche ». Il a fait campagne pour sa propre candidature, accumulé les nominations, égrené la liste des guerres qu’il affirme avoir terminées et dénoncé des prédécesseurs qui, à l’en croire, auraient reçu cette distinction sans la mériter. Benyamin Netanyahou est allé jusqu’à proposer son nom. Or, lorsque Oslo a ouvert l’enveloppe, le prix est revenu à nulle autre que Navanethem Pillay, juriste née en Afrique du Sud dans une famille tamoule d’origine indienne, ancienne juge de la Cour pénale internationale, ancienne titulaire du plus haut poste onusien consacré aux droits de l’homme, et présidente de la commission des Nations unies qui a conclu qu’Israël avait commis un génocide à Gaza. On soupçonne le comité Nobel de s’être découvert un certain goût pour l’humour noir.

Pillay, elle, n’en manque pas. Elle se trouvait à Nuremberg lorsqu’elle a appris la nouvelle. Sous les applaudissements, elle a remercié la salle avant de livrer ce qui restera sans doute le meilleur mot de cette saison Nobel : « Si vous applaudissez encore un peu, je pourrais bien partager ce prix avec Trump. » Nuremberg, entre toutes les villes, ne fait qu’ajouter à l’ironie : une ancienne juge internationale, distinguée pour une vie consacrée au principe selon lequel les gouvernements et leurs dirigeants doivent répondre de leurs actes devant le droit, plaisantait sur l’idée de partager son Nobel avec un président dont l’administration, quelques heures plus tard, frappait la Cour pénale internationale de sanctions massives. Il arrive que l’histoire surpasse les auteurs satiriques dans leur propre art.

La motivation du comité était d’une tout autre gravité. Le comité a averti que le droit international subissait une « pression considérable » et que ses institutions étaient « attaquées ». La politique de puissance progresse aux dépens des cadres juridiques. Les juges gardent « la mince ligne rouge qui sépare l’ordre du chaos ». Sa conclusion était d’une simplicité dévastatrice : « La paix exige la justice. » Le message n’avait nul besoin de nommer Trump.

Trump voulait le Nobel, Oslo a choisi son contraire

Le jour même où Pillay était distinguée, Washington imposait de lourdes sanctions à la CPI. Fidèle aux méthodes de son patron, qui menace les juges de la Cour suprême américaine, gardiens de la plus noble institution du pays, Marco Rubio a retourné ces mêmes méthodes vers l’extérieur en promettant de démanteler la CPI « brique par brique ». Deux visions concurrentes de l’ordre international se sont ainsi trouvées réunies dans une même séquence médiatique. Oslo a honoré la juge. Washington s’en est pris à la Cour. La première vision défendait la mince ligne rouge entre l’ordre et le chaos. La seconde s’emparait des briques.

Trump n’en poursuit pas moins sa baleine blanche en brandissant un bilan diplomatique imaginaire : un catalogue de conflits, dont certains sont nés de ses propres caprices, qu’il prétend désormais avoir réglés par la seule vertu de Donald J. Trump. Certaines de ces revendications contiennent une part de vérité. D’autres exigent des définitions héroïques des mots « terminé », « guerre » et parfois « paix ». Le spectacle ne serait que narcissique si la réalité alentour n’était pas aussi sombre. Trump se vante d’éteindre des guerres que ses politiques attisent. Il revendique le manteau d’artisan de paix alors que la coercition se substitue de plus en plus à la diplomatie et que la frontière entre la politique étrangère américaine et ses intérêts politiques, familiaux et commerciaux devient toujours plus difficile à situer. Le lobbying pour le Nobel se poursuit pourtant, comme si la paix n’était qu’un trophée de plus à acquérir, une consécration supplémentaire que le monde devrait, on ne sait trop pourquoi, à Donald Trump. C’est ce qui rend le prix décerné à Pillay plus intéressant qu’un énième exercice annuel destiné à l’agacer.

Le comité Nobel a pris parti dans un débat bien plus ancien. La paix n’est pas seulement l’absence provisoire de tirs négociée par des hommes puissants. Elle suppose aussi des institutions capables de les contenir. Une trêve peut arrêter une bataille et un accord suspendre un conflit, mais un monde où les puissants ne rendent de comptes que lorsqu’ils le veulent bien finit par cesser d’être un ordre international. Il ne s’agit pas pour autant d’idéaliser le droit international. Les juridictions internationales peuvent se montrer incohérentes, et le droit international peut être élastique et inégalement appliqué. Les grandes puissances échappent à des conséquences auxquelles les petits pays ne pourraient jamais se soustraire. Israël rejette avec véhémence la conclusion de génocide formulée par la commission que présidait Pillay, et des arguments sérieux existent tant sur cette conclusion que sur l’attitude des institutions internationales à l’égard d’Israël. Rien de cela n’atténue l’ironie, qui s’en trouve au contraire enrichie.

Netanyahou a proposé Trump pour le prix Nobel de la paix. Le comité a préféré honorer la femme qui a présidé la commission accusant le gouvernement de Netanyahou de génocide. Pillay a siégé à la CPI, l’institution que Trump frappe aujourd’hui de sanctions. Trump voulait le prix. Oslo a récompensé la tradition judiciaire que son administration s’emploie à démanteler. Un tel scénario serait refusé à Hollywood pour invraisemblance.

Quand la justice devient un spectacle de puissance

Pendant ce temps, un autre spectacle se déroule en Amérique. Son secrétaire à la Guerre a annoncé que Nidal Hasan, l’ancien psychiatre de l’armée de terre condamné pour le meurtre de 13 personnes et la tentative de meurtre de 32 autres à Fort Hood en 2009, serait fusillé en décembre, et le Pentagone prévoit de diffuser l’exécution en direct. Les crimes de Hasan sont monstrueux. La question n’est pas la compassion qu’il pourrait inspirer, mais ce qu’une république croit démontrer lorsque la justice devient spectacle, que le châtiment réclame un public et que l’État décide de mettre la mort à l’antenne. Ce n’est pas la plus belle heure de l’Amérique.

C’est le genre de tribune qu’une Peggy Noonan devrait signer dans le Wall Street Journal : la défense d’une Amérique dont les plus belles heures reposaient sur la dignité, la retenue et l’assurance plutôt que sur l’étalage barbare et théâtral de la puissance. Le moment présent n’en fait pas partie. L’Amérique a contribué à bâtir l’architecture internationale qui tenta, si imparfaitement que ce fût, de substituer la règle à la force, après avoir découvert pendant la Seconde Guerre mondiale ce que pouvait devenir un monde sans entraves. Voici désormais un secrétaire d’État américain qui menace de démolir une cour internationale « brique par brique », tandis qu’un secrétaire à la Guerre américain installe les caméras devant un peloton d’exécution. Voir ces images surgir dans la même séquence que le prix Nobel de la paix a quelque chose de discordant.

Washington peut légitimement contester la compétence de la CPI. Israël a parfaitement le droit de contester les accusations portées contre lui. La souveraineté est une réalité. Les juridictions peuvent outrepasser leur mandat. Les institutions internationales méritent l’examen critique plutôt que la révérence. Mais contester une institution n’est pas célébrer sa destruction, de même qu’infliger un châtiment n’est pas en faire un spectacle. Cette différence porte un nom : la civilisation.

Ce qui nous ramène à Trump et à sa baleine blanche. Il se pourrait qu’il se soit mépris sur la nature du prix, comme il se méprend si souvent sur tout le reste. Le prix Nobel de la paix n’est pas une statuette couronnant l’ensemble d’une carrière, remise aux présidents capables d’aligner suffisamment de rencontres, d’accords et d’interventions. Dans ses meilleurs jours, et il n’en a certes pas toujours connu, il distingue quelque chose de plus difficile : le refus de l’idée que la puissance suffit à conférer le bon droit. Cette année, le comité a trouvé une manière singulièrement élégante de le dire.

Trump voulait le Nobel. Netanyahou l’a proposé. Rubio s’en est pris à la cour où siégea naguère la lauréate de cette année. Hegseth a préparé les caméras pour un peloton d’exécution. Et à Nuremberg, Navi Pillay a écouté les applaudissements et proposé de partager son prix avec Donald Trump, pourvu que la salle applaudisse un peu plus fort. La salle aurait dû continuer. Car cette année, outre la personne de Pillay, le comité Nobel a récompensé une idée que le nouveau monde des puissants tient de plus en plus pour désuète : que les juges doivent rester indépendants, que les institutions doivent survivre aux politiciens qui s’acharnent contre elles, que la force ne fait pas le droit du seul fait qu’elle dispose de la plus grosse armée, et que la paix sans la justice finit par devenir la paix imposée par le plus fort du moment.

Le système que défendait le comité n’a jamais été parfait. Les grandes puissances ont souvent échappé à leurs responsabilités. Mais au droit imparfait, il faut répondre par un meilleur droit, non par la loi de la jungle. Et c’est là que réside la plaisanterie la plus noire du comité Nobel. Donald Trump a passé des années à faire campagne pour le prix Nobel de la paix. En le lui refusant pour le décerner à une femme qui incarne presque tout ce que son administration combat, le comité lui a adressé une réponse plus éloquente que n’aurait pu l’être aucune motivation officielle.

Félicitations donc à Navi Pillay, et félicitations, pour une fois, au prix Nobel de la paix. Cette année, le prix Nobel de la paix revient au prix Nobel de la paix. Il s’est enfin récompensé.

 Nicolas Beau

mondafrique.com

Le co-pilote du vol de Flydubai planifiait une attaque suicide sur l'aéroport de Tel Aviv

 

Le co-pilote omanais du vol de Flydubai à destination de Tel Aviv, qui avait attaqué le pilote provoquant un atterrissage d'urgence fin septembre en Arabie saoudite, planifiait une attaque suicide sur l'aéroport de Ben Gurion, a affirmé vendredi le procureur des Emirats arabes unis.

Ce co-pilote s'est inspiré des attentats du 11 septembre, et «a affirmé avoir agi seul, sans l'implication d'autres personnes», a indiqué le procureur général émirati, Hamad Saif Al Shamsi dans un communiqué, ajoutant que l'enquête se poursuivait «afin de vérifier cette affirmation».

Le co-pilote remplissait toutes les exigences de sécurité requises lors de son embauche, a ajouté vendredi le procureur émirati. «Il remplissait les conditions professionnelles et de sécurité requises à l'embauche, comme la détention d'une licence de pilote, la présentation d'un certificat de bonne conduite et la soumission aux vérifications requises», a affirmé Hamad Saif Al Shamsi. «Aucune de ces procédures n'a révélé d'indices laissant supposer ses opinions extrémistes», a-t-il ajouté.

AFP