Le 25 mars, le chef de l’US CENTCOM, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, l’amiral Brad Cooper, a assuré que les tirs de missiles et de drones iraniens avaient diminué de plus de 90 % depuis le lancement de l’opération «Fureur épique».
«Nous avons endommagé ou détruit plus des deux tiers des sites de production de missiles, de drones et de navires de guerre iraniens. Nous sommes sur le point d’éliminer complètement l’industrie militaire iranienne», a-t-il affirmé, via une vidéo diffusée par l’US CENTCOM.
Cependant, citées par l’agence Reuters, cinq sources proches du renseignement américain ont nuancé le propos de l’amiral Cooper en affirmant que, après un mois de guerre, les forces américaines n’avaient détruit qu’environ un tiers de l’arsenal iranien de drones et de missiles. Et d’ajouter qu’un autre tiers aurait été «probablement endommagé ou enfoui dans des tunnels et des bunkers souterrains».
Quoi qu’il en soit, les forces iraniennes ont encore des ressources, comme en témoignent les attaques qu’elles ont lancées contre plusieurs infrastructures industrielles à Bahreïn et aux Émirats arabes unis au cours de ces dernières heures. En outre, le 27 mars, elles ont de nouveau visé la base aérienne «Prince Sultan», située près de Riyad [Arabie Saoudite], à 600 km de l’Iran.
Deux semaines plus tôt, cinq avions ravitailleurs KC-135 Stratotanker de l’US Air Force avaient été endommagés lors d’une attaque de la base saoudienne. Visiblement, elle n’a pas servi d’avertissement. En effet, des images fournies par le satellite européen Sentinel-2, utilisant l’imagerie infrarouge à ondes courtes [SWIR] ont suggéré que plusieurs KC-135 Stratotanker avaient été touchés lors de la frappe iranienne du 27 mars, au cours de laquelle au moins dix militaires américains ont été blessés, dont deux grièvement.
Des responsables saoudiens et américains ont confirmé, auprès du Wall Street Journal, que la base «Prince Sultan» avait été visée par un missile iranien ainsi que par plusieurs drones et que «plusieurs avions ravitailleurs» de l’USAF avaient été endommagés.
Mais les KC-135 Stratotanker n’ont pas été les seuls appareils visés. En effet, plus tard, le magazine spécialisé Air & Space Forces a révélé qu’un avion de détection et de commandement aéroporté E-3B/G AWACS avait aussi été touché lors de cette attaque. Sollicité, l’US CENTCOM s’est refusé à faire le moindre commentaire.
Cela étant, des photographies prises par les sous-officiers de l’US Air Force et ensuite diffusées sur les réseaux sociaux ont montré que la partie arrière de l’AWACS en question – l’E-3G Sentry n°81-0005 – avait été totalement détruite.
Évidemment, la perte de cet AWACS est un coup dur pour les forces américaines. Six appareils de ce type avaient été déployés au Moyen-Orient avant le déclenchement des opérations contre le régime iranien. Pour rappel, grâce à leur puissant radar, les E-3 Sentry sont indispensables aux opérations aériennes, dans la mesure où ils sont en mesure d’établir une situation tactique sur environ un million de km² et de la partager avec les autres aéronefs engagés. En outre, ils peuvent servir de relais de communication.
Par ailleurs, la flotte d’E-3 Sentry de l’USAF connaît d’importants problèmes de disponibilité, en raison de son âge. Sur les trente-et-un appareils livrés, quinze ont récemment été retirés du service, faute de pouvoir assurer leur entretien.
Reste à voir si la perte de cet E-3 Sentry va affecter la planification des opérations américaines au-dessus de l’Iran. Cependant, au moins cinq avions de guet aérien E-2D Advanced Hawkeye de l’US Navy ont été récemment envoyés au Moyen-Orient, afin de renforcer les moyens de détection et de commandement aéroporté. En outre, la force aérienne israélienne [IAF] dispose de deux G550 CAEW ainsi que de deux B-707 EL/M-2075 Phalcon.