Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

lundi 9 mars 2026

Affaire Epstein: une gardienne de prison sème le doute sur sa mort

 

De nombreuses zones d'ombre planent encore sur la sombre affaire Epstein. Malgré la publication de millions de documents par la Justice américaine en janvier 2026, un élément clé de l'enquête continue à alimenter les soupçons: les circonstances de la mort du criminel sexuel. 

De nouvelles révélations viennent aujourd’hui raviver le mystère. La dernière gardienne de prison à avoir vu Jeffrey Epstein vivant se retrouve désormais au cœur des investigations du FBI. En plus d'avoir falsifié des rapports, l'employée du centre correctionnel où était incarcéré Epstein aurait effectué plusieurs transactions suspectes dans les mois précédant sa mort, rapporte le «Telegraph» le dimanche 8 mars. 

Virements suspects

Sept ans après le décès de Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule au Metropolitan Correctional Center de New York en août 2019, le doute persiste. Qu'est-il réellement arrivé au célèbre milliardaire à la tête d'un trafic sexuel qui a ébranlé les Etats-Unis? Suicide? Assassinat? De nouveaux éléments troublants révélés par le FBI viennent remettre en question les résultats de l'enquête, qui avait classé le décès d'Epstein comme un suicide.

Tova Noel, gardienne dans la prison où était incarcéré le financier déchu, est la dernière personne à l'avoir vu en vie. Elle représente donc un élément clé pour élucider ce qu'il s'est passé la nuit du 10 août 2019 dans la cellule de Jeffrey Epstein, située à seulement 4,5 mètres du bureau des gardiens. Catégorisée comme Person of Interest du FBI, Tova Noel a attiré l'attention des enquêteurs en effectuant 12 virements d'argent «suspects» en cash au cours des mois ayant précédé la mort d'Epstein, selon les documents du département américain de la Justice (DoJ). 



En novembre 2019, la banque de la gardienne signale au FBI un «rapport d'activité suspecte», assurant que le premier versement en espèces a été effectué par leur cliente en octobre 2018. Moins de deux semaines avant la mort d'Epstein, elle se rend à un guichet automatique et effectue un dernier dépôt de 5000 dollars sur son compte bancaire. 

La mystérieuse nuit du 10 août

Pourtant, si Tova Noel a été licenciée, ainsi que son collègue Michael Thomas, elle n'a jamais été interrogée sous serment sur ces transactions bancaires. Son départ de la prison n'avait aucun lien avec ces versements, mais faisait suite à de graves accusations concernant la nuit de la mort du criminel. 

Le soir du 9 août 2019, à 19h49, Jeffrey Epstein retourne dans sa cellule après une visite chez son avocat. Il est escorté par Tova Noel et un autre agent. A 22h, les deux agents manquent le comptage quotidien, mais signent un rapport qui atteste du contraire. Les deux gardiens auraient falsifié des documents afin d'affirmer qu'ils avaient vérifié l'état de Jeffrey Epstein la veille de son suicide. Or, les images de vidéosurveillance montrent qu'aucun des deux employés n'aurait rendu visite au milliardaire pendant plus de huit heures, dans une cellule située juste à côté de leur bureau. Les poursuites pénales engagées contre les deux collègues ont été abandonnées.

A 22h40, une mystérieuse silhouette orange apparaît sur une vidéo de surveillance près de la cellule du financier déchu, transportant du linge. L'inspecteur général du ministère de la Justice identifie Tova Noel et précise que c'était «la dernière fois qu'un agent correctionnel s'est approché de la seule entrée de l'étage SHU», où était enfermé Epstein. Mais la gardienne a déclaré n'avoir «jamais distribué de draps» car ceux-ci avaient déjà été fournis par l'équipe précédente. Elle a témoigné ignorer pourquoi Epstein disposait de draps supplémentaires dans sa cellule. L'autre gardien dormait entre 22h et minuit. 

Des recherches Google troublantes

Un autre élément troublant remet en question l'implication de Tova Noel dans la mort de Jeffrey Epstein. A 5h42, la gardienne effectue une recherche Google et tape «dernières nouvelles sur Epstein en prison». 5h52: elle réitère la même recherche sur son navigateur. A 6h30, moins de 40 minutes plus tard, son collègue Michael Thomas découvre le délinquant sexuel inanimé dans sa cellule. 

Dans son rapport d'expertise de 66 pages, le FBI met en évidence ces recherches internet qui coïncident avec le décès soudain du prisonnier. Mais Tova Noel nie avoir effectué ces recherches, malgré l'historique révélé par son ordinateur de fonction. Elle a également nié toute implication dans la mort du criminel sexuel.

«Mademoiselle Noel a tué Jeffrey»

Pourtant, parmi les documents publiés par le ministère de la Justice, des notes du FBI révèlent un entretien avec un détenu anonyme qui affirme que des gardiens du Metropolitan Correctional Center auraient discuté de la dissimulation de la mort d'Epstein le matin de son décès. Un rapport manuscrit de cinq pages indique que le détenu a déclaré s'être réveillé dans la nuit du 10 août en entendant du bruit dans «l'unité de logement spéciale» où Epstein était détenu, et avoir entendu des agents crier «Respirez! Respirez!» vers 6h30. 

Le détenu a ajouté avoir entendu quelqu'un dire «tu as tué ce type» au petit-déjeuner devant les autres détenus. La note mentionne qu'une gardienne aurait répondu: «s'il est mort, on va étouffer l'affaire et il aura un alibi – mes officiers.» Dans les couloirs, la rumeur circulait déjà parmi les prisonniers: «Mademoiselle Noel a tué Jeffrey.» 

Léa Perrin

blick.ch

Derrière les frappes iraniennes, l’ombre du renseignement russe

 

La Russie a transmis à l’Iran des informations concernant le positionnement militaire états-unien dans le Golfe persique et au Moyen-Orient après le début des frappes israélo-américaines : c’est l’information exclusive qu’a publiée, vendredi 6 mars, le Washington Post. Le grand quotidien de la capitale des États-Unis s’appuie sur « trois sources proches des milieux du renseignement », sans préciser ni nommer, comme c’est l’usage, les personnes à l’origine de ces informations.

Moscou un allié de l’Iran avec lequel la Russie a forgé d’étroits liens économiques et stratégiques — a ainsi donné au régime de Téhéran « la position des moyens militaires américains », informations concernant en priorité les navires de guerre et les avions, écrit le quotidien, dont l’une des sources précise qu’« il semble s’agir d’un effort d’envergure ».

Le « scoop » est intéressant : même si Donald Trump semble toujours pencher du côté de Vladimir Poutine lorsqu’il s’agit de trouver un chemin vers la paix en Ukraine, la Russie poursuit une stratégie de type guerre froide à l’égard de Washington en aidant en sous-main l’ennemi numéro un des États-Unis.

Selon les analystes cités anonymement par le Washington Post, la fourniture de renseignements russes serait visible dans le « mode opératoire des frappes iraniennes contre les forces américaines, [les Iraniens ayant ciblé] les infrastructures de commandement et de contrôle, les radars et les structures temporaires, comme celle du Koweït où six militaires ont trouvé la mort ». Le journal révèle également que le bureau de la CIA dans l’ambassade américaine en Arabie saoudite, à Riyad, « a été touché et détruit ces derniers jours ». Il ajoute, citant Dara Massicot, spécialiste des forces armées russes à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, que « l’Iran effectue des frappes très précises contre les radars : [les Iraniens] agissent de manière très ciblée. Ils s’attaquent aux centres de commandement et de contrôle ». Tout cela illustrerait donc la possibilité d’une aide russe à l’Iran en matière de renseignement militaire.

Le positionnement militaire des forces américaines

Cette aide serait cruciale : le régime des mollahs a besoin de ce genre d’informations militaires, car l’Iran ne possède pas de capacités satellitaires lui permettant de connaître avec précision le positionnement militaire des forces des États-Unis. Toujours selon Mme Massicot, « les images fournies par les capacités spatiales beaucoup plus avancées de la Russie sont extrêmement précieuses — d’autant plus que le Kremlin a perfectionné son propre système de ciblage après des années de guerre en Ukraine ».

Le quotidien américain cite aussi une autre experte, Nicole Grajewski, spécialiste de la coopération irano-russe au Belfer Center de la Harvard Kennedy School : selon elle, les frappes iraniennes ont atteint au début de la guerre « un haut niveau de sophistication », tant dans les cibles visées par Téhéran que dans leur capacité, dans certains cas, à submerger les défenses américaines et alliées. Faut-il donc voir là aussi la main de Moscou dans ces capacités nouvelles ? C’est ce que les sources du Washington Post laissent entendre.

Ce « coup de main » russe aux Iraniens pourrait avoir des implications plus larges : cette aide contribuerait peut-être à redéfinir, toujours selon le Washington Post, « la manière dont différents pays s’engagent dans une guerre par procuration depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022 ». Tout au long de ce conflit, les adversaires des États-Unis, notamment l’Iran, la Chine et la Corée du Nord, ont fourni à la Russie une aide militaire directe ou un soutien matériel à son importante industrie de défense. « De leur côté, les États-Unis ont livré à l’Ukraine des équipements militaires d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars et ont partagé des renseignements sur les positions russes afin d’améliorer le ciblage des frappes aériennes de Kiev. »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a sauté sur l’occasion pour se positionner comme allié indéfectible des États-Unis. La coopération américano-ukrainienne ayant pour le moins vacillé depuis le retour au pouvoir du magnat des affaires américain, il a annoncé sur « X » que l’administration Trump a « sollicité » une « assistance » pour se protéger des drones de fabrication iranienne, utilisés à foison par les Russes contre l’Ukraine… et au Moyen-Orient depuis le début des frappes américaines et israéliennes. Belle revanche pour celui que Donald Trump humilia dans le Bureau ovale l’année dernière : Zelensky a précisé, avec une satisfaction à peine voilée, que Kiev enverra des « spécialistes » pour répondre à la demande de Washington.

Soutien rhétorique

Aide russe ou pas, l’Iran ne peut cependant compter que sur lui-même en ce début de conflit : ses alliés traditionnels ainsi que les pays avec lesquels Téhéran entretient des relations cordiales ou de « proximité intéressée » ne se bousculent pas pour soutenir un régime menacé dans son existence même. La Turquie, l’Inde et la Chine ont apporté un soutien « essentiellement rhétorique », et rien de plus, affirme ainsi le New York Times.

Ankara et Delhi entretiennent pourtant des liens relativement étroits avec Téhéran « en termes commerciaux et stratégiques », relève le quotidien new-yorkais. La Chine a besoin de l’Iran pour son pétrole, Pékin étant très dépendante de Téhéran à cet égard. La Corée du Nord, le Venezuela et la Russie « considèrent [que l’Iran] est un allié dans sa lutte contre l’influence occidentale et ont conspiré avec l’Iran pour développer des technologies militaires et contourner les sanctions ».

Mais la guerre a changé la donne : aucun de ces « alliés » n’a les moyens ou la volonté de défendre plus qu’il n’est nécessaire le régime du défunt ayatollah Khamenei. « Ils pourraient eux-mêmes devenir la cible » de représailles commerciales ou militaires de la part des États-Unis, écrit le New York Times, qui constate : « Ces amis, partenaires ou voisins de l’Iran n’ont que de belles paroles à offrir » à Téhéran.

Même les fameux « proxys » de l’Iran ne peuvent plus faire grand-chose pour leur mentor perse : le Hezbollah, de nouveau sous les tirs d’Israël depuis le début des frappes sur l’Iran, est durablement affaibli ; même chose pour son « homologue » palestinien, le Hamas, décimé par Tsahal durant deux années de guerre à Gaza ; quant aux Houthis du Yémen ou aux milices chiites irakiennes, « si elles peuvent viser des forces américaines positionnées en Irak, de telles attaques risquent fort peu d’influer sur le cours de la guerre à l’intérieur de l’Iran ».

Et le New York Times de conclure : « Sans alliés véritables, l’Iran est en train de mener une guerre bien solitaire… »

Bruno Philip

mondafrique.com

Les nombreuses caméras de surveillance insécurisées sont une bénédiction pour les services de renseignement

 

Pendant des décennies, les armées ont fait confiance aux satellites, drones et espions humains pour la reconnaissance et la surveillance. Mais à l’ère de l’électronique grand public bon marché et insécurisée, une nouvelle arme redoutable a fait son apparition: la caméra de surveillance au quotidien.

La firme de sécurité Check Point, basée à Tel Aviv, a publié mercredi une enquête sur des centaines de tentatives de piratage de caméras grand public au Moyen-Orient. Nombre de ces tentatives ont coïncidé avec les récentes frappes de missiles iraniens contre des cibles en Israël, au Qatar et à Chypre. Selon Check Point, un groupe de pirates informatiques entretenant des liens avec les services de renseignement iraniens serait à l’origine de ces attaques. Cela laisse supposer que l’armée iranienne utilise des caméras civiles pour sélectionner des cibles, planifier des attaques ou évaluer les dégâts après une frappe.

De leur côté, les armées israélienne et américaine font exactement la même chose. La semaine dernière, le Financial Times a révélé que l’armée israélienne avait eu accès à la ‘quasi-totalité’ des caméras routières de Téhéran, la capitale iranienne. En collaboration avec la CIA, ces images ont servi à coordonner la frappe aérienne qui a tué le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Des sources israéliennes ont expliqué comment elles avaient cartographié le quotidien des gardes entourant le dirigeant grâce aux images provenant directement de caméras routières. ‘Nous avons appris à connaître Téhéran aussi bien que Jérusalem’, a déclaré une source.

Simple et efficace

D’après Check Point, le piratage des caméras de sécurité est devenu un élément essentiel de la guerre moderne. Non seulement les informations qu’elles fournissent, s’avèrent extrêmement précieuses, mais il est également relativement simple de les pirater, car les propriétaires des caméras effectuent rarement les mises à jour de sécurité. Et il ne s’agit pas seulement de négligence: dans de nombreux cas, les caméras restent en service même après leur fin de vie. Or ces problèmes sont difficiles à résoudre, car les responsables de la sécurité – le fabricant et le propriétaire – ne sont pas directement touchés par l’espionnage.

Check Point a toutefois déterminé que des hackers avaient exploité une série de vulnérabilités connues dans des modèles de caméras de sécurité populaires lors de récentes cyberattaques iraniennes. Il est même question de problèmes pour lesquels des correctifs étaient disponibles. Lisez aussi: Deux centres de données d’AWS aux Emirats touchés par des drones

En Ukraine également, les autorités avertissent depuis des années déjà que la Russie pirate les caméras grand public pour espionner les mouvements de troupes. Le service de renseignement ukrainien, le SSU, affirme avoir déjà désactivé 10.000 caméras connectées à internet, afin d’empêcher la Russie de les utiliser pour diriger des frappes de missiles. Parallèlement, l’Ukraine elle-même recourt à cette technique: les images d’une attaque contre un sous-marin russe dans la baie de Sébastopol semblaient provenir directement d’une caméra de surveillance piratée.

Sebastien Marien

datanews.levif.be

Comment de faux recruteurs chinois ciblent des responsables politiques sur LinkedIn

 

Les services de renseignement britanniques ont alerté les parlementaires après la découverte de profils LinkedIn liés au renseignement chinois. Derrière des offres de conseil bien rémunérées, l’objectif serait de collecter des informations non publiques.

Le profil est soigné, la photo, celle d’une jeune femme souriante, le nom anglicisé. Amanda Qiu se présente comme directrice d’un cabinet de recrutement basé à Pékin, avec six ans d’expérience et des intérêts affichés pour le ministère britannique des Transports. Shirly Shen, elle, co-dirige une association censée aider des étudiants à découvrir la Chine, depuis Hangzhou. Deux profils LinkedIn en apparence anodins, sauf que le renseignement britannique affirme qu’ils appartiennent à des officiers du renseignement chinois.

Mardi 18 novembre 2025, le service de contre-espionnage britannique a diffusé une alerte officielle auprès des membres du Parlement, transmise par les présidents de la Chambre des communes et de la Chambre des lords. Message : ces deux profils ont été utilisés pour approcher « à grande échelle » des élus et des pairs, dans le but de collecter des informations non publiques sur le gouvernement et ses politiques.

Le ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, a confirmé l’opération devant les Communes dans la journée. « Il s’agit d’une tentative clandestine et calculée d’une puissance étrangère d’interférer dans nos affaires souveraines », a-t-il déclaré. Selon lui, la campagne est conduite par un groupe d’officiers du renseignement chinois agissant derrière des sociétés-écrans ou de faux recruteurs.

« Expert du politique ou de l’économie »

Les cibles sont d’abord sollicitées pour rédiger des rapports géopolitiques en qualité de « consultants indépendants ». Le paiement proposé peut atteindre 20 000 euros, en espèces ou en cryptomonnaie. Les informations demandées doivent être « non publiques », « sensibles », « en temps réel » ou « off the record ». Des signaux d’alerte listés dans la fiche d’information que le MI5 a jointe à son message.

L’ambassade de Chine à Londres a rejeté l’ensemble des accusations, les qualifiant de « pure fabrication et de diffamation malveillante ». Ce n’est pas la première fois que ce type d’affrontement éclate entre Pékin et Londres sur le terrain de l’espionnage.

Martin Lagrave

parismatch.com

Espions, sabotage et frappes ciblées contre les défenses antiaériennes iraniennes

 

En juin 2025, Israël a mené une offensive d'une ampleur inédite contre l'Iran, neutralisant en quelques heures 300 cibles militaires stratégiques. Cette opération reposait sur des années de préparation clandestine menée par le Mossad.

La capacité d'Israël à frapper en profondeur sur le territoire iranien repose sur un réseau d'espionnage construit depuis des décennies. Le 13 juin 2025, cette infrastructure clandestine s'est activée pour neutraliser les défenses antiaériennes et les sites de missiles avant l'offensive aérienne israélienne. L'opération clandestine du Mossad en Iran a mobilisé plus de 100 agents déployés simultanément, une première dans l'histoire du service de renseignement israélien.

Des agents iraniens recrutés par haine du régime

Bon nombre de ces recrues ont reçu une formation spécialisée pour manipuler des systèmes d’armement guidés et des drones explosifs. ProPublica indique que le renseignement israélien a mis en place des canaux de communication sécurisés. Grâce à eux, les opérations pouvaient être coordonnées sans attirer l’attention des services iraniens. De plus, les agents ont opéré par cellules indépendantes pour limiter les risques de démantèlement.

Leur mission principale consistait à placer des équipements militaires à proximité immédiate des sites stratégiques iraniens. Ces agents ont également fourni des renseignements en temps réel sur les mouvements des forces armées iraniennes, permettant aux planificateurs israéliens d'affiner leurs cibles. La dimension humaine de cette opération a joué un rôle déterminant dans sa réussite.

Le recrutement s'est étendu sur plusieurs années, avec un pic d'activité avant l'offensive de juin 2025. Les agents ont été payés via des circuits financiers opaques pour éviter toute traçabilité. Certains ont donc agi par conviction idéologique, d'autres pour des raisons financières ou personnelles.

Drones et missiles dissimulés pendant des mois dans le territoire ennemi

Le Mossad a orchestré une campagne d'infiltration d'armement sur le sol iranien bien avant le déclenchement de l'offensive. Selon le WSJ cité par The Times of Israel, des centaines de quadricoptères explosifs ont été introduits en Iran via des canaux commerciaux légitimes. Ces drones ont été dissimulés dans des valises, des camions de marchandises et même des conteneurs maritimes.

Ces équipements ont été entreposés dans des caches disséminées sur le territoire iranien, notamment près de Téhéran et dans les provinces abritant des installations militaires sensibles. Les agents locaux ont assuré la maintenance et la surveillance de ces stocks pendant des mois. Par ailleurs, Euronews évoque la mise en place d’une véritable base de drones en territoire ennemi. Elle permettait de lancer des frappes immédiates sans engager d’appareils venus de l’extérieur.

Dans le même temps, des systèmes d’armement guidés ont été installés près de certaines batteries de défense antiaérienne iraniennes. Leur positionnement n’était pas anodin. Ils pouvaient être activés à distance au moment jugé opportun. Une telle logistique exigeait une coordination étroite entre les agents sur place et les centres de commandement israéliens.

L’objectif consistait à contourner les défenses iraniennes en frappant depuis l’intérieur. Les drones dissimulés ont ainsi permis de neutraliser plusieurs cibles sans exposer l’aviation israélienne. De plus, l’emploi de technologies civiles détournées a rendu la détection beaucoup plus difficile pour les services de renseignement adverses.

L'opération clandestine du Mossad en Iran frappe 300 cibles en quelques heures

Dans la nuit du 13 juin 2025, les équipes infiltrées ont déclenché les dispositifs installés à l’avance. L’opération a été menée de façon quasi simultanée. Selon Axios, les frappes ont d’abord ciblé les batteries de défense aérienne, les dépôts de missiles balistiques et plusieurs installations nucléaires. En quelques heures, près de 300 objectifs ont été touchés. L’Iran s’est ainsi retrouvé privé d’une part importante de sa capacité de riposte.

Sur le terrain, des agents ont ensuite guidé les drones vers leurs cibles. En parallèle, ils transmettaient des informations en temps réel aux forces aériennes israéliennes. Cette coordination entre sabotage interne et frappes aériennes a rapidement semé la confusion dans le commandement iranien. Déjà fragilisés par les premières attaques, les systèmes antiaériens ont eu du mal à suivre. Les raids qui ont ensuite frappé le territoire ont donc rencontré une défense désorganisée.

L’opération a surtout révélé l’ampleur de l’infiltration israélienne en Iran. Le Mossad semble avoir pénétré des cercles sécuritaires pourtant réputés difficiles d’accès. Sous l’effet du sabotage, Téhéran a dû revoir une grande partie de ses protocoles de sécurité intérieure. Plusieurs généraux des Gardiens de la révolution figuraient aussi parmi les cibles. Leur disparition a encore compliqué la chaîne de commandement.

Cette offensive marque un tournant dans les méthodes de guerre hybride combinant espionnage humain, sabotage prépositionné et frappes conventionnelles. Les capacités de riposte iraniennes ont été réduites de manière significative, retardant toute réponse militaire coordonnée. L'opération a également mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures critiques face à des menaces internes coordonnées sur une longue période.

Auriane Polge

science-et-vie.com