Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mardi 6 octobre 2026

Un ancien chef du renseignement extérieur allemand a été arrêté pour trahison

 

Que des agents de renseignement se fassent prendre pour avoir transmis des informations confidentielles à une puissance étrangère, que ce soit contre de l’argent, par chantage ou par sympathie idéologique, c’est assez commun. Du moins, les cas de ce genre sont relativement nombreux dans l’histoire. En revanche, qu’un ancien «maître-espion» soit soupçonné de trahison est très rare. Il y a cependant des précédents, comme celui du colonel Alfred Redl : ce chef du contre-espionnage de l’Empire austro-hongrois avait été «retourné» par la Russie peu avant le début de la Première Guerre Mondiale.

Quoi qu’il en soit, une affaire du même ordre nourrit le scandale outre-Rhin. Patron du renseignement extérieur allemand [BND, pour Bundesnachrichtendienst, renseignement extérieur] entre 1998 et 2005, August Hanning a été arrêté par l’Office fédéral de police criminelle [BKA] pour «espionnage présumé à des fins de trahison». C’est en effet ce qu’a confirmé le Parquet fédéral allemand, via un communiqué diffusé ce 6 octobre.

Plus précisément, M. Hanning est «fortement soupçonné d’espionnage constitutif de trahison, de collecte de renseignements relevant du secret d’État, de tentative de haute trahison» ainsi que d’avoir eu des «activités d’agent pour le compte d’un service de renseignement étranger».

Ayant rejoint les arcanes de l’État fédéral allemand après avoir soutenu une thèse de doctorat en droit de l’environnement, August Hanning approcha le monde de l’espionnage au début des années 1990, en devenant un proche collaborateur de Bernd Schimdbauer, alors commissaire du Service fédéral de renseignement. Se disant apolitique, il prit les rênes du BND en 1998, qu’il quittera sept ans plus tard pour rejoindre le ministère de l’Intérieur en tant que secrétaire d’État.

Mis à la retraite à la 2009, M. Hanning siègea au conseil de surveillance de la société publique Bundesruckerei et entama une carrière d’homme d’affaires en fondant l’entreprise Hanning Consult et en prenant la tête du cabinet de conseil britannique G3 en Russie.

Puis, il devint membre du directoire de la société de sécurité System 360 AG, avant de prendre la présidence de Pluteos AG, la maison mère, ainsi que du conseil d’administration du Forum germano-azerbaïdjanais [DAF pour Deutsch-Aserbaidschanisches Forum], une structure spécialisée dans l’influence. Enfin, en 2017, il rejoignit le conseil de surveillance de la banque lettone PNB Banka.

Son passé à la tête du BND étant lointain, M. Hanning a pu bénéficier du concours d’un certain Manfred D., également arrêté sur la base des mêmes soupçons. Ce dernier était son chef de cabinet quand il dirigeait le renseignement extérieur allemand. Fonction qu’il a occupée, après une brève interruption, de 2012 à 2026. «À ce titre, il a eu accès à de nombreux documents classifiés», souligne le Parquet fédéral.

«Au printemps 2010, l’accusé aurait convenu que Manfred D. se procurerait régulièrement des informations précieuses auprès du BND pour son compte, en échange d’une rémunération. Hanning devait pouvoir exploiter ces informations dans le cadre de son activité de consultant, qu’il avait entre-temps entamée. Au fil des années – jusqu’en juin 2022, selon l’état actuel de l’enquête – Manfred D. a fourni à Hanning près de 2 000 documents, dont un grand nombre classifiés. Ces documents étaient exclusivement destinés à un usage interne au BND», a-t-il ensuite détaillé.

Les enquêteurs sont parvenus à établir que M. Hanning a utilisé des informations classifiées obtenues auprès de Manfred D. pour rédiger une note destinée à un agent d’un service de renseignement étranger, que le Parquet fédéral n’a pas jugé utile de préciser à ce stade.

En outre, l’ancien chef du BND aurait été «en contact étroit» avec une autre agence de renseignement, à laquelle il aurait fourni des «informations politiques pendant plusieurs années, en partie basées sur des documents» fournis par Manfred D., a-t-il poursuivi.

Ces faits ont été découverts par hasard, des documents compromettants ayant été saisis lors d’une perquisition effectuée au domicile de M. Hanning en 2025, au titre d’une enquête sur le rôle de l’une de ses sociétés dans l’enlèvement, au Danemark, de deux enfants pour le compte de leur propre mère, à savoir Christina Block, l’héritière du milliardaire Eugen Block, surnommé le «roi du steak» outre-Rhin.

En attendant, le président de la commission de contrôle parlementaire des services de renseignement, Marc Henrichmann, n’a pas eu de mots assez durs à l’endroit de M. Hanning, d’autant plus que cette affaire est de nature à susciter une crise de confiance entre le BND et ses partenaires.

«Un ancien dirigeant [du BND] qui divulgue des informations secrètes […] ne se contente pas de bafouer ses obligations, il trahit aussi toutes les valeurs des services de sécurité allemands. Quiconque s’allie aux ennemis de notre démocratie libérale sera découvert. Nous ne tolérerons aucune trahison de secrets», a-t-il réagi, dans un message cité par l’AFP.

opex360.com

Après l’hypercompétition, l’ère des titans numériques ?

 

Dominer le reste du monde par la technologie : telle est l’ambition qu’affiche désormais, sans ambiguïté, l’administration américaine dans sa course ouverte avec son grand rival chinois. Cette ambition hégémonique se joue sur le terrain de l’intelligence artificielle (IA) et d’une alliance inédite avec les géants de la technologie, lesquels poursuivent leurs propres logiques de domination et exercent une influence croissante sur l’appareil d’État. Après avoir déployé les stratégies d’innovation disruptive, d’hypercompétition et de sphères d’influence théorisées par le stratégiste américain Richard D’Aveni, ces acteurs étendent progressivement leur emprise sur le monde physique et acquièrent une dimension résolument géopolitique.

Dans un précédent article de Diplomatie (1), consacré aux révolutions technologiques et au pouvoir d’industrie, nous avions montré que la compétition entre grandes puissances tend à se structurer autour de la maitrise de l’innovation, de la science et des technologies critiques, des dynamiques qui marquent le retour d’un capitalisme politique dans lequel les politiques industrielles, la recherche et l’innovation deviennent des instruments centraux de puissance géoéconomique.

La transformation du paysage des confrontations ne se limite plus à la rivalité entre États. Une nouvelle mutation affecte, en parallèle, la structure même du pouvoir géoéconomique. En effet, les géants technologiques qui dominent aujourd’hui les infrastructures numériques globales tendent à acquérir une capacité d’influence comparable à celle des États eux-mêmes : en contrôlant ces plateformes, leurs données et l’architecture technologique qui structure l’économie numérique, ils s’imposent comme des acteurs centraux de la puissance internationale. Ce phénomène marque l’émergence d’un capitalisme des monopoles, dans lequel quelques entreprises contrôlent les infrastructures de l’innovation contemporaine. La compétition géoéconomique ne se joue plus seulement dans l’industrie ou le commerce, mais dans la maitrise des couches énergétiques et technologiques indispensables à l’IA, nouveau « socle » de l’économie mondiale.

Nous défendons ici l’hypothèse que l’ère de l’hypercompétition, décrite par Richard D’Aveni (2) au début des années 1990, constituait une phase transitoire vers un capitalisme de monopoles infrastructurels, aujourd’hui porté par les plateformes numériques pour l’IA.

La guerre des capitalismes

La rivalité des grandes puissances n’oppose plus des systèmes idéologiques antagonistes, comme durant la guerre froide. Elle met en concurrence plusieurs variantes du capitalisme lui-même — ce que D’Aveni nomme la « guerre des capitalismes » (3). Il distingue quatre formes fondamentales d’organisation économique : le capitalisme du laisser-faire, fondé sur la primauté des marchés ; le capitalisme social, intégrant des mécanismes de redistribution ; le capitalisme managé, caractérisé par une coordination étroite entre l’État et les entreprises ; et le capitalisme philanthropique, mobilisant les ressources privées pour soutenir la recherche et les infrastructures sociales.

Le capitalisme stratégique consiste, pour un État, à combiner ces différentes formes afin d’accroitre sa puissance économique et technologique. L’économie cesse alors d’être un simple mécanisme d’allocation des ressources pour devenir un instrument de stratégie nationale, transformation que D’Aveni considère comme l’une des plus significatives du capitalisme contemporain.

La compétition internationale repose, dans ce cadre, sur plusieurs dynamiques structurelles que D’Aveni rassemble sous l’expression des « 4 C » : la compétition entre systèmes économiques, la combinaison d’institutions adaptées aux spécificités nationales, le contrôle des politiques industrielles et l’extension de sphères d’influence capables d’attirer d’autres pays dans un bloc économique cohérent. Ces quatre processus s’articulent en un système de puissance intégré, où chaque dimension renforce les autres et où la frontière entre politique économique et stratégie géopolitique devient de plus en plus difficile à tracer.

C’est dans ce contexte que les grandes entreprises technologiques cessent d’être de simples acteurs économiques. Elles tendent désormais à structurer des écosystèmes industriels entiers, combinant plateformes numériques, IA et, demain peut-être, infrastructures de production manufacturière, transformation précisément anticipée par D’Aveni dans ses travaux sur la révolution pan-industrielle (4).

La prophétie des titans technologiques

L’ère de l’hypercompétition décrite dans les années 1990 reposait sur l’idée que les avantages concurrentiels étaient temporaires et constamment remis en cause par l’innovation. La stratégie consistait moins à défendre une position dominante qu’à générer continuellement de nouveaux avantages éphémères. Ses travaux ultérieurs sur la révolution pan-industrielle marquent une rupture avec ce paradigme : l’hypercompétition n’aurait été qu’une étape transitoire, un mécanisme de sélection darwinien précédant l’émergence d’un capitalisme radicalement concentré.

La révolution pan-industrielle imaginée par D’Aveni reposait sur la capacité de certaines entreprises à intégrer simultanément plusieurs technologies de rupture — fabrication additive, IA, plateformes numériques et infrastructures de données — afin de contrôler des écosystèmes industriels entiers. Elle reconfigurait les fondements mêmes de la production : en permettant la production locale d’objets complexes sans recourir aux longues chaines d’assemblage traditionnelles, elle réduisait l’importance du travail manuel et fragilisait les modèles économiques des pays ayant bâti leur développement sur l’avantage comparatif de la main-d’œuvre à bas cout.

D’Aveni anticipait ainsi une transformation profonde de la structure du pouvoir économique. Les pan-industriels n’exerceraient pas nécessairement leur domination sur un marché unique, mais sur une multiplicité de secteurs interconnectés via leurs plateformes. La notion classique de monopole sectoriel devient alors insuffisante : à travers des « sphères d’influence industrielles », ces entreprises seraient susceptibles de contrôler simultanément les flux d’information, les infrastructures de production et les standards technologiques d’un écosystème entier — une forme de domination structurelle que les instruments traditionnels du droit de la concurrence, conçus pour démanteler des monopoles dans des marchés bien définis, peinent à appréhender.

Cette concentration soulève des défis considérables pour les États. Les outils réglementaires hérités du XXe siècle semblent inadaptés à des entreprises dont l’influence traverse de multiples secteurs et législations. La régulation devrait cibler non plus seulement la taille des entreprises, mais les abus de pouvoir liés au contrôle des plateformes et des données. L’ascension de ces nouveaux titans pose par ailleurs des questions fondamentales de gouvernance : leur capacité financière et technologique pourrait leur permettre d’exercer une influence considérable sur les politiques publiques, par le lobbying ou le contrôle de certaines infrastructures d’information. Ils accumuleraient ainsi une puissance économique supérieure à celle de nombreux États-nations.

Si la vision de D’Aveni reposait initialement sur le potentiel de la fabrication additive, l’évolution technologique récente suggère qu’une dynamique similaire est actuellement portée par les progrès accélérés de l’IA. Les hyperscalers (5), qui investissent actuellement des centaines de milliards dans les data centers (centres de données), apparaissent comme les précurseurs d’un capitalisme pan-industriel dans lequel quelques entreprises pourraient dominer à la fois l’économie et la sécurité du monde à travers leur maitrise du « stack technologique » (« pile », en français) que représentent ces plateformes numériques.

Dominer la « pile numérique », un enjeu majeur de souveraineté

La diffusion rapide de l’intelligence artificielle (IA) dans un nombre croissant de fonctions et systèmes a fait de cette technologie un enjeu majeur, tant pour la compétitivité industrielle que pour la défense. En conséquence, la question de la maitrise des infrastructures technologiques nécessaires est devenue un enjeu clé de souveraineté. Le graphique ci-dessous offre une vision globale des nombreuses « couches technologiques » nécessaires au contrôle de cette technologie révolutionnaire. À ce jour, et compte tenu de la mondialisation extrême des chaines de valeur impliquées, aucun État ne domine totalement cette infrastructure globale. Mais la Chine comme les États-Unis mobilisent toutes leurs forces pour y parvenir, et l’Europe doit se positionner. P.C.B.


La bataille pour la « pile technologique » de l’IA

Plusieurs analystes observent que la compétition internationale tend à s’organiser autour de deux grandes architectures technologiques rivales, structurées respectivement par les États-Unis et la Chine (6), chacun développant un écosystème intégré associant entreprises, institutions de recherche, infrastructures industrielles et politiques publiques. Cette dynamique pourrait conduire à une bifurcation du système technologique mondial, dans laquelle les infrastructures numériques, les standards techniques et les plateformes d’IA se diviseraient en deux blocs géopolitiques distincts — scénario que nous considérons comme possible à l’horizon de la prochaine décennie si les trajectoires actuelles se maintiennent.

L’architecture américaine repose principalement sur l’écosystème de la Silicon Valley et sur la puissance financière du capital-risque : des entreprises comme Nvidia, Microsoft, Amazon ou Google contrôlent une part considérable des capacités mondiales de calcul nécessaires à l’entrainement des systèmes d’IA. Cette concentration pose la question de la souveraineté numérique de l’Europe, dont les données sont majoritairement hébergées sur des serveurs américains. Le débat n’est pas nouveau, mais il s’est particulièrement développé depuis l’arrivée de la nouvelle administration dirigée par Donald Trump (2017-2021, et depuis 2025), qui n’a pas caché ses projets de domination énergétique et numérique (voir encadré). Pour l’économie mondiale, le renforcement d’une dépendance à l’architecture technologique américaine conférerait aux États-Unis un levier d’endiguement technologique sans équivalent dans l’histoire.

La Chine, qui a, elle, perçu ce risque depuis longtemps, construit patiemment son propre modèle d’infrastructure totalement autonome. Celui-ci, étroitement contrôlé par l’État, vise à réduire la dépendance aux technologies étrangères, tant dans le domaine énergétique que dans ceux des semi-conducteurs, du cloud et des nouveaux centres de calcul pour l’IA. Cette infrastructure s’étend, elle aussi, à l’échelle internationale à travers le projet des nouvelles routes numériques de la soie. Face à l’expansion de son rival, la réponse américaine s’est traduite par des restrictions technologiques à l’exportation, imposées sous la première administration Trump, puis par le CHIPS and Science Act de 2022 sous Joe Biden (2021-2025). Le plan national pour l’IA adopté en janvier 2025 illustre la rapidité avec laquelle la rivalité technologique se transforme progressivement en confrontation géopolitique directe.

La confrontation se joue aussi sur le terrain des sphères d’influence et sur la capacité des belligérants à définir les standards technologiques qui structureront l’économie numérique mondiale. Les entreprises et les États qui contrôlent les plateformes dominantes disposent d’un pouvoir considérable et orientent les futures conditions d’exploitation des données par l’IA. Une ONG bruxelloise (7) a ainsi calculé que les acteurs de la technologie américains disposent de plus de lobbyistes à Bruxelles que le Parlement européen ne compte de députés.

La compétition pour l’IA apparait ainsi moins comme une simple course technologique que comme un enjeu de souveraineté, passant par le contrôle des infrastructures qui organiseront l’économie mondiale du XXIe siècle et, avec elle, les rapports de force politiques, militaires et normatifs entre puissances. Toute stratégie de résistance pour l’Europe implique donc le développement d’infrastructures de calcul sinon équivalentes, du moins capables de répondre aux besoins les plus stratégiques. La prise de conscience, trop tardive, de cet enjeu a conduit Bruxelles à lancer plusieurs initiatives pour le développement de moyens de calcul mutualisés et d’usines pour l’IA. Plus récemment, un plan visant à établir des standards technologiques pour l’open source a été lancé afin de limiter la dépendance structurelle aux logiciels et services proposés par les plateformes américaines dominantes.

Ce basculement vers la dépendance marque le passage d’une logique concurrentielle à une logique de puissance, dans laquelle les entreprises deviennent des opérateurs d’infrastructures stratégiques. On passe du monopole économique à l’hégémonie infrastructurelle.

Légitimation stratégique du monopole

L’idéologie concurrentielle qui a longtemps dominé la pensée économique occidentale est aujourd’hui contestée par certains acteurs centraux de la Silicon Valley. Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, et proche soutien de Donald Trump, a formulé l’une des critiques les plus radicales de la concurrence comme principe organisateur du capitalisme contemporain. Dans son essai consacré à l’innovation et à la création de monopoles (8), il soutient que la concurrence parfaite est économiquement destructrice : dans un marché parfaitement concurrentiel, les entreprises réduisent leurs marges au minimum, limitant leur capacité à investir dans l’innovation de long terme. Le monopole technologique, à l’inverse, dégage les profits nécessaires à des investissements massifs en recherche et développement.

Les entreprises véritablement innovantes ne cherchent donc pas à rivaliser sur des marchés saturés, mais à créer des marchés entièrement nouveaux où elles occupent une position dominante durable. Cette conception stratégique articule plusieurs principes : construire d’abord un marché étroit mais contrôlable ; développer un avantage technologique décisif, rendant la concurrence structurellement difficile ; exploiter ce que Thiel nomme le last mover advantage (« l’avantage du dernier entrant »), c’est-à-dire devenir l’infrastructure dominante d’un secteur plutôt que le premier entrant dans un marché contestable ; et transformer l’innovation initiale en standard industriel. Cette approche revient à concevoir l’entreprise non comme un acteur parmi d’autres, mais comme l’architecte d’un écosystème technologique dont elle fixe les règles.

Cette critique s’inscrit dans un débat plus large sur la transformation du capitalisme numérique. De nombreux travaux ont souligné que les marchés numériques tendent structurellement vers la concentration : les effets de réseau, les économies d’échelle liées aux données et les couts élevés de changement de plateforme créent des dynamiques d’accumulation qui rendent la concurrence durable difficile à maintenir. Le développement des plateformes numériques américaines au cours de ces deux dernières décennies le confirme avec une régularité frappante.

Thiel radicalise cette lecture : plutôt que de considérer le monopole comme une défaillance du marché nécessitant une régulation, il le présente comme le résultat normal et souhaitable de l’innovation technologique. La stratégie des entreprises consiste alors moins à affronter leurs concurrents qu’à construire les conditions structurelles de leur disparition — une logique qui, transposée à l’échelle géopolitique, éclaire d’un jour nouveau les ambitions hégémoniques des grandes puissances technologiques et la nature profonde de la rivalité sino-américaine.

Le technomilitarisme ou la convergence des projets de domination

La recherche de positions dominantes par les deux hégémons comme par les grandes entreprises technologiques ne constitue pas seulement une stratégie économique. Elle s’inscrit dans une transformation plus large des rapports entre innovation, puissance publique et sécurité nationale. Une convergence marque l’émergence d’un nouveau régime de puissance que plusieurs analystes désignent sous le terme de technomilitarisme : un système dans lequel les infrastructures numériques, les plateformes de données et les capacités d’IA sont directement intégrées dans les architectures de puissance des États.

Cette vision traduit une inflexion de la doctrine stratégique américaine : pendant plusieurs décennies, l’innovation technologique était pensée comme un moteur de croissance économique dans un système extrêmement libéral. Elle est désormais conçue comme un instrument central de puissance géopolitique. Ce déplacement marquerait potentiellement la fin du « consensus de la Silicon Valley » — une vision largement libertarienne reposant sur l’ouverture des marchés mondiaux, la circulation globale des capitaux et une certaine distance vis-à-vis des institutions militaires (9). La montée des rivalités géopolitiques et l’importance stratégique de l’IA, des semi-conducteurs et des infrastructures cloud ont profondément modifié cet équilibre. Des sociétés comme Palantir, SpaceX ou Anduril illustrent cette nouvelle génération d’entreprises directement intégrées aux stratégies de défense — incarnation concrète d’un complexe militaro-industriel reconfiguré.

Cette reconfiguration conduirait à une transformation structurelle du capitalisme : la concentration croissante du capital technologique renforce la convergence d’intérêts entre grandes entreprises, institutions financières et appareil d’État. Historiquement fondée sur les industries d’armement traditionnelles — aéronautique, électronique militaire, nucléaire —, l’architecture de la puissance intègre désormais les plateformes de données, les systèmes d’IA, les infrastructures cloud et les systèmes autonomes : précisément les domaines où les monopoles technologiques privés exercent leur emprise la plus forte.

Du monopole économique à l’hégémonie infrastructurelle

Parallèlement, la mondialisation elle-même se reconfigure en un réseau d’infrastructures stratégiques, et les États qui en contrôlent les nœuds critiques disposent d’une capacité inédite de coercition géoéconomique. Les politistes américains Henry Farrell et Abraham Newman (10) ont magistralement démontré la transformation progressive des réseaux de communication bancaires, des systèmes de paiement et des plateformes numériques en instruments de pression internationale. Cette logique se manifeste dans l’usage croissant des sanctions économiques et des restrictions technologiques, les États-Unis ayant mobilisé leur domination sur ces infrastructures pour imposer des mesures coercitives à plusieurs États ou entreprises étrangères, transformant des dépendances économiques en leviers politiques.

Les monopoles technologiques acquièrent ainsi une dimension géopolitique nouvelle : les plateformes numériques, les infrastructures cloud et les systèmes d’IA deviennent des points de contrôle stratégiques dans les réseaux économiques mondiaux. Leur maitrise permet d’influencer les chaines d’approvisionnement, de définir les standards technologiques et d’exercer un pouvoir structurel sur l’économie mondiale — ce que nous proposons de désigner comme un risque d’hégémonie infrastructurelle, distincte de l’hégémonie industrielle du XXe siècle par son invisibilité relative et par la difficulté qu’ont longtemps éprouvée les États, en particulier européens, à en mesurer les effets.

Face à ces dynamiques, une nouvelle grille d’analyse devient indispensable pour les entreprises comme pour les États confrontés à ces risques géoéconomiques. Elle intégrerait les différentes dimensions à prendre en compte : actifs critiques (données, talents, technologies, matières premières) ; dépendances et goulets d’étranglement des chaines de valeur (énergie, finance, normes, cloud) ; armes géoéconomiques (contrôles à l’exportation, sanctions, bataille normative) ; espace informationnel où se déploient influence et désinformation ; cybersécurité et résilience des infrastructures ; dynamiques sociales conditionnant la stabilité politique et l’acceptabilité des transformations technologiques. Une telle grille ne constituerait pas un simple inventaire analytique, mais dessinerait les contours d’une politique de puissance adaptée à l’âge des monopoles technologiques.

L’Europe dispose sur ce terrain d’un levier stratégique singulier : ses valeurs politiques et environnementales. Dans une économie numérique gouvernée par la logique de puissance et la course à l’innovation, la capacité à intégrer la protection des libertés individuelles, la préservation de l’environnement et la durabilité des écosystèmes dans la conception même des technologies constitue un facteur de différenciation que ses rivaux ne peuvent aisément reproduire. La construction d’une troisième voie numérique européenne (11) ne peut se limiter à combler un retard technologique : elle suppose de concevoir un modèle articulant souveraineté industrielle, sécurité économique et respect des principes démocratiques qui fondent le projet européen.

Dans la guerre des capitalismes qui se déroule sous nos yeux, l’Europe pourrait jouer un rôle singulier — celui d’un pôle technologique fondé non seulement sur une volonté de puissance économique et militaire, mais sur la durabilité écologique, la protection des libertés et la gouvernance démocratique des infrastructures numériques. Lorsque les architectures technologiques façonnent l’ordre international, cette articulation entre innovation, valeurs et volonté de puissance pourrait s’avérer l’un des déterminants les plus durables de l’économie mondiale du XXIe siècle — et, au-delà, de la forme que prendront nos sociétés.

Notes

(1) Patrick Cappe de Baillon, Philippe Clerc, « Révolutions technologiques et pouvoir d’industrie : le nouveau visage des confrontations mondiales (Chine, États-Unis, Union européenne) », Diplomatie, n°129, septembre-octobre 2024, mis en ligne le 20 novembre 2024 (https://​tinyurl​.com/​m​t​r​x​d​npj).(2) Richard A. D’Aveni, Hypercompetition: Managing the Dynamics of Strategic Maneuvering, Free Press, 1994.

(3) Ibid., Strategic Capitalism: The New Economic Strategy for Winning the Capitalist Cold War, McGraw-Hill Education, 2012.

(4) Ibid., The Pan-Industrial Revolution: How New Manufacturing Titans Will Transform the World, Houghton Mifflin Harcourt, 2018.

(5) L’expression hyperscalers désigne les fournisseurs de centre de données dotés de capacité de stockage et de traitement massifs et capables de s’adapter rapidement à l’évolution de la demande. Les géants de la technologie américains et chinois dominent largement ce marché.

(6) Lire à ce sujet : Graham Allison, Kevin Klyman, Karina Barbesino, Hugo Yen, The Great Tech Rivalry: China vs the U.S., Harvard Kennedy School Belfer Center for Science and International Affairs, 7 décembre 2021 (https://​tinyurl​.com/​2​h​v​4​j​y85).

(7) Corporate Europe Observatory, « Big Tech lobby budgets hit record levels », 29 novembre 2025 (https://​tinyurl​.com/​y​h​j​8​e​487).

(8) Peter Thiel, De zéro à un : Comment construire le futur, JC Lattès, 2016.

(9) Distance très relative, si l’on considère le rôle qu’a toujours joué la commande publique américaine, y compris celle de la Défense, dans le développement de ses champions technologiques.

(10) Henry Farrell, Abraham Newman, « The Weaponized World Economy: Surviving the New Age of Economic Coercion », Foreign Affairs, vol. 104, n°5, 19 aout 2025 (https://​tinyurl​.com/​y​k​u​e​2​9zn).

(11) Brooke Tanner, Andrew W. Wyckoff, « Making the case for a third AI technology stack », Brookings, 12 septembre 2025 (https://​tinyurl​.com/​y​c​8​b​3​z59).

Patrick Cappe de Baillon

Philippe Clerc

areion24.news

lundi 5 octobre 2026

Le BND constate une «escalade» de la «guerre de l’ombre» russe

 

Le chef du renseignement extérieur allemand a accusé lundi la Russie d’intensifier sa «guerre de l’ombre» contre l’Allemagne, accroissant le risque d’un conflit armé.

«L’Allemagne est en danger de se retrouver entraînée dans un conflit violent avec la Russie», a déclaré Martin Jäger, président du BND face aux députés de la commission de contrôle des services de renseignement.

Membre de l’OTAN, l’Allemagne est devenue le premier soutien de l’Ukraine, et est devenu à ce site, selon le gouvernement, la cible privilégiée d’actions hostiles russes, allant de campagnes de désinformation à la tentative d’assassinat en passant par l’espionnage.

M. Jäger a cité la tentative d’attentat au drone contre un avion de transport ukrainien dans l’aéroport de Leipzig en août, pour laquelle des agents russes sont les principaux suspects.

Cet événement n’est qu’un «exemple», selon M. Jäger pour qui la Russie est le pays qui pose la «menace la plus directe, la plus large et la plus concrète» contre l’Allemagne car elle s’oppose à la «projection de la puissance hégémonique russe en Europe».

Le BND ne voit actuellement pas d’indice concret que la Russie préparerait une attaque d’ampleur contre l’OTAN, mais juge plausible, en particulier dans les pays baltes, des «activités militaires de basse intensité de la Russie» Sinan Selen, le chef du renseignement intérieur (BfV) a insisté sur le fait que les opérations russes incluaient, au-delà de l’espionnage classique, «le sabotage et des opérations d’assassinat» visant plus particulièrement «l’industrie militaire et les infrastructures militaires».

Le chancelier allemand Friedrich Merz, en visite dimanche à Kiev, a promis de continuer à soutenir l’Ukraine afin aussi de protéger l’Europe, alors que l’AfD, parti d’opposition pro-russe et d’extrême droite réclamant la fin de l’aide à Kiev, gagne du terrain en Allemagne.

«C’est une grande illusion que de croire que la confrontation avec la Russie cessera avec la fin de la guerre en Ukraine», a mis en garde aussi le chef du renseignement extérieur.

Risques liés aux technologies chinoises

Le service de renseignement intérieur allemand a également mis en garde contre les risques liés à l’essor des technologies chinoises en Allemagne, jugeant qu’elles pouvaient menacer la souveraineté technologique et la sécurité du pays.

Les produits technologiques chinois, à l’instar des voitures, permettent de «potentiels abus, allant des fuites de données à la possibilité de désactivation complète», a déclaré Sinan Selen, le chef de l’office de protection de la Constitution BfV, lors d’une audience publique annuelle des chefs des services de renseignement devant une commission parlementaire.

Selon lui, la dépendance croissante à l’égard de technologies étrangères pose un défi pour «la résilience» du pays.

Interrogé sur les voitures chinoises, dont les ventes progressent rapidement en Allemagne sur le segment de l’électrique, il a dit observer cette situation «avec grande inquiétude».

Il redoute une «fuite de données, susceptibles d’être également exploitées à mauvais escient».

«Si l’on garde ensuite à l’esprit la disponibilité de ces données non seulement au sein de l’entreprise mais aussi au sein d’instances étatiques, il en résulte un vecteur sécuritaire auquel nous devons accorder une attention bien plus grande», a-t-il conclu.

Le gouvernement allemand a adopté en 2023 sa première stratégie sur la Chine, annonçant vouloir réduire les risques liés aux dépendances excessives et favoriser la diversification des chaînes d’approvisionnement.

Mais en 2026, Pékin reste le premier partenaire commercial de l’Allemagne en raison des importations depuis la Chine.

noovo.info

Stratégie militaire allemande : l’Europe comme langage, l’OTAN comme horizon ?

 

La publication, en avril 2026, de la première stratégie militaire allemande depuis 1945 marque incontestablement un tournant dans la politique de défense de Berlin (1). Elle consacre un changement de doctrine appuyé sur l’ambition affichée dès 2022 et la Zeitenwende de faire de la Bundeswehr l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe (2). Mais ce tournant signifie-t-il une avancée allemande en matière de défense européenne ?

Derrière le vocabulaire de la responsabilité continentale vis-à-vis de l’Europe, c’est d’abord un projet national, étroitement arrimé à l’OTAN, qui se donne à lire dans ce document stratégique inédit. Cette orientation s’inscrit dans un cadrage stratégique désormais explicite, où la Russie est désignée comme la menace immédiate principale pour la sécurité allemande, européenne et transatlantique. Si Berlin parle d’Europe, la coalition semble toutefois d’abord penser le réarmement en termes de capacités nationales et d’intégration atlantique. Cela résume le paradoxe central du document : la stratégie allemande mobilise le langage de l’Europe, mais elle le fait dans une architecture où la Bundeswehr reste l’instrument principal, où l’Alliance atlantique demeure le cadre de référence, et où la PSDC (Politique de sécurité et de défense commune) n’apparaît pas réellement comme horizon politique autonome.

Une stratégie de réarmement nationale plus qu’européenne

Le premier trait frappant de cette stratégie est sa logique de réarmement national. Le texte allemand organise la montée en puissance de la Bundeswehr selon trois horizons temporels : la capacité à combattre immédiatement, l’augmentation des capacités dans un second temps, puis la supériorité technologique à plus long terme. Ce calendrier est articulé à un profil capacitaire qui agrège les objectifs de l’OTAN et les objectifs nationaux, ce qui montre que la planification militaire allemande pense d’emblée le renforcement national dans un cadre allié. Cette gradation dit bien l’essentiel : il s’agit de rendre l’Allemagne militairement plus robuste, plus disponible et plus crédible, sans forcément chercher un renforcement de l’autonomie stratégique européenne. 

Les objectifs quantitatifs fixés par cette stratégie vont d’ailleurs dans le même sens national avant tout. Plusieurs analyses relèvent l’ambition d’accroître fortement les effectifs (environ 460 000 soldats à l’horizon 2035, dont 260 000 militaires d’active et 200 000 réservistes, contre un peu plus de 180 000 militaires d’active aujourd’hui), de moderniser l’ensemble des capacités et de replacer la Bundeswehr au centre d’une logique de puissance conventionnelle. La stratégie met aussi l’accent sur la logistique, la mobilité, la résilience, la protection des infrastructures et les capacités de frappe à longue portée, autant d’éléments qui visent à donner à l’Allemagne une profondeur stratégique propre. Autrement dit, l’Europe est invoquée comme horizon politique de légitimation, mais le cœur du projet reste la reconstitution d’un outil militaire national négligé depuis plus de trois décennies. En ce sens, la stratégie allemande relève moins d’une européanisation de la défense que d’une nationalisation européenne de la sécurité. La logique de défense du territoire et de sécurité collective reprend ainsi clairement le pas sur les cadres d’emploi plus expéditionnaires qui avaient dominé l’après-guerre froide (3).

Un atlantisme toujours structurant

Le second trait majeur de cette stratégie militaire est la persistance d’un ancrage atlantiste prépondérant. Le texte place explicitement l’OTAN au cœur de l’architecture de sécurité européenne, et la défense du territoire de l’Alliance y est présentée comme une priorité stratégique. L’Allemagne se veut davantage responsable au sein de l’Alliance, mais sans remettre en cause la hiérarchie des cadres : l’OTAN reste le niveau de coordination politique et militaire le plus structurant. Le déploiement durable d’une brigade allemande en Lituanie sur le flanc oriental de l’Alliance illustre d’ailleurs concrètement ce recentrage sur la défense collective et la dissuasion face à la Russie. Ainsi, malgré les aléas de la relation transatlantique introduits par le second mandat Trump depuis 2025, le document insiste sur le rôle essentiel des États-Unis, sur la nécessité de préserver la crédibilité de la dissuasion alliée et sur la coopération étroite avec les partenaires de l’Alliance. La défense européenne invoquée par Berlin ne se confond pas avec un approfondissement de la PSDC, laquelle demeure fondamentalement intergouvernementale et limitée dans ses possibilités d’intégration.

Sur le plan capacitaire et industriel également, les choix capacitaires allemands – comme notamment celui du F-35 – sont particulièrement significatifs : ils répondent aux exigences du partage nucléaire de l’OTAN, mais confirment aussi combien la crédibilité stratégique recherchée par Berlin continue d’être pensée à travers des dépendances capacitaires extra-européennes, démontrant les limites d’un discours sur l’autonomie stratégique qui ne se traduit pas nécessairement par un renforcement de l’industrie européenne de défense. 

Dès lors, si la stratégie militaire allemande d’avril 2026 constitue bien un tournant en inscrivant l’Allemagne dans une logique de retour à une capacité d’action qui se veut décisive en Europe, le vocabulaire européen omniprésent sert surtout à légitimer un projet de réarmement national et de consolidation du cadre atlantique. C’est là tout le paradoxe de cette stratégie : une Allemagne plus armée et plus ambitieuse, mais dont l’autonomie stratégique demeure d’abord conditionnée par l’OTAN, bien plus qu’elle ne s’inscrit dans un projet de renforcement de la PSDC pourtant nécessaire pour crédibiliser l’Union sur le plan stratégique.

Notes

(1) Ministère fédéral de la défense, « Concept global de la défense militaire. Stratégie militaire et plan pour les forces armées – Responsabilité vis-à-vis de l’Europe », 22 avril 2026, https://​www​.bmvg​.de/

(2) Delphine Deschaux-Dutard, « Les politiques de défense allemande et française face aux révolutions militaires en cours : convergence ou divergence stratégique ? », Revue de Défense Nationale, n°891, juin 2026.

(3) Eric-André Martin, « La modernisation de la Bundeswehr : un retour aux fondamentaux ? », IFRI, Notes du Cerfa nº 171, octobre 2022.

areion24.news

Al-Qaïda appelle à multiplier les attaques dans les avions


Le drame s'est noué mercredi en plein vol: le copilote d’un appareil Flydubai, Hamam al-Hammami, 29 ans, a violemment attaqué le commandant de bord avec une hache, avec la ferme intention de faire s’écraser l’avion. Face à la gravité des faits, les Emirats arabes unis ont officiellement qualifié cette agression d’acte terroriste ce samedi.

Dans la foulée, Al-Qaïda s’est emparée de l’affaire pour en faire un instrument de propagande. L’organisation terroriste salue l’acte perpétré par al-Hammami et exhorte ses partisans à commettre d'autres attaques contre des avions de ligne. Le mot d'ordre est clair: cibler en priorité les ressortissants israéliens et américains. Lors de cette tentative de crash, l'appareil de Flydubai, qui reliait Dubaï à Tel-Aviv, transportait d'ailleurs de nombreux passagers israéliens.

 Natalie Zumkeller

blick.ch