L'aggravation de la situation géopolitique et la frustration des collaborateurs constituent «un risque considérable» pour le Service de renseignement de la Confédération. Son autorité de surveillance parvient à cette conclusion dans un nouveau rapport.
Le mécontentement des collaborateurs du Service de renseignement de la Confédération (SRC) face à la restructuration en cours pourrait être exploité par les services de renseignement étrangers, écrit l'Autorité de surveillance indépendante des activités de renseignement (AS-Rens) dans un rapport publié cette semaine.
Ces services pourraient ainsi chercher à obtenir des informations classifiées ou influencer des institutions chargées de la politique de sécurité, poursuit le rapport. La radio publique alémanique (SRF) a été la première à en faire état vendredi, dans son émission «Heute Morgen».
Potentiel d'amélioration
Selon l'AS-Rens, le service de renseignement pourrait faire preuve d'une plus grande vigilance dans le traitement des cas suspects à l'interne. Le SRC a du mal à adopter une ligne stricte, même lorsque certains collaborateurs présentent des risques.
Il existe aussi un potentiel d'amélioration dans les contrôles de sécurité appliqués lors du processus de recrutement. De plus, trop peu de mesures spécifiques sont prises pendant ou après la fin d'une relation de travail pour réduire le risque d'espionnage. L'AS-Rens formule plusieurs recommandations sur ces différents points.
Révision législative attendue
D'une manière générale, la commission de surveillance a jugé que les directives et mesures internes du SRC étaient conformes à la loi. Elle apprécie le fait que le SRC mise sur la révision prochaine de la loi sur le renseignement pour remédier aux lacunes constatées.
Fin janvier, le Conseil fédéral a adopté le projet de révision de la loi sur le renseignement à l'intention du Parlement. Il souhaite ainsi donner au SRC davantage d'instruments pour détecter précocement les menaces, mais également renforcer la surveillance du service.
Le MPC enquête
L'AS-Rens a analysé les incidents de sécurité survenus entre 2023 et juillet 2025. Aucun cas d'espionnage impliquant un employé du SRC n'a été découvert. Selon le rapport, les fuites d'informations vers la presse pourraient être utilisées à des fins de déstabilisation. L'AS-Rens se félicite que le SRC fasse appel aux autorités pénales dans de tels cas.
Le Ministère public de la Confédération (MPC) enquête actuellement sur un cas présumé d'espionnage au sein du SRC qui s'est produit avant cette période. Il s'agit de la transmission d'informations sensibles provenant du service cyber du SRC à la Russie.
ATS