La Commission consultative des nominations de haut rang a réapprouvé la nomination du général de division Roman Gofman à la tête du Mossad – une réapprobation qui a été donnée après que le panel a écouté les témoignages de deux personnalités qui s’étaient trouvées au cœur d’une affaire controversée qui avait impliqué Gofman lors de son service en tant que commandant de la 210e division de Tsahal, en 2022.
Trois des membres de la Commission ont estimé que la désignation de Gofman devait être confirmée tandis que son président, Asher Grunis, ancien président de la Cour suprême à la retraite, a exprimé son désaccord, affirmant que l’incident en question nécessitait des éclaircissements supplémentaires.
Les nouvelles délibérations de la Commission ont eu lieu à la demande de la Haute Cour de justice dans le sillage d’une audience consacrée à des recours dénonçant la nomination de Gofman. Les requérants soutenaient qu’il avait menti au sujet de cette affaire, ce qui constituait une violation du code de conduite éthique des hauts fonctionnaires.
« Le Premier ministre rejette catégoriquement l’opinion minoritaire qui a laissé entendre que la question devait être examinée plus en détail, et il déclare avec force que le général Gofman a été soumis à une épreuve injuste, alors que toute cette affaire n’avait finalement abouti à rien », a dit le Bureau du Premier ministre (PMO) en réponse à la décision prise par la Commission.
Le Bureau a ajouté que Netanyahu demandait à la Haute Cour de rejeter désormais les requêtes contre la nomination de Gofman pour lui permettre de prendre ses fonctions sans délai.
Il semble peu probable que la Cour intervienne davantage dans cette affaire, la Commission ayant répondu à la demande du tribunal qui souhaitait obtenir une vision plus complète de l’affaire et le panel ayant maintenu sa décision initiale d’approuver la nomination.
Ori Elmakayes assiste à une audience de la Cour Suprême sur un recours contre la nomination du général de division Roman Gofman comme chef du Mossad, le 12 mai 2026. (Yonatan Sindel/Flash90)
Ori Elmakayes, l’individu au cœur des recours contre la nomination du général de division Roman Gofman à la tête du Mossad, reproche au comité des nominations d’avoir ignoré les faits qu’il a présentés.
En 2022, la 210e division de Tsahal, alors sous la direction de Gofman, avait autorisé Ori Elmakayes à diffuser des informations confidentielles sur sa chaîne Telegram dans le cadre d’une opération d’influence en ligne. Elmakayes, qui était alors âgé de 17 ans – donc mineur – avait ensuite été arrêté et mis en examen pour espionnage quand le Shin Bet avait pris connaissance des informations diffusées, sans savoir qu’il travaillait pour l’armée israélienne.
Elmakayes n’avait été innocenté que 18 mois plus tard – une période durant laquelle Gofman n’avait informé ni le Shin Bet ni le parquet qu’Elmakayes travaillait pour l’armée israélienne.
Gofman a fait l’objet d’une enquête de l’armée israélienne concernant cette opération d’influence en mai 2022. Une sanction disciplinaire a été inscrite à son dossier à la suite de cet incident. Les auteurs du recours auprès de la Cour Suprême l’accusent d’avoir menti en affirmant qu’il n’était pas au courant de l’identité d’Elmakayes ni de l’existence de cette opération d’influence.
Elmakayes a écrit sur X qu’il avait signalé au Comité consultatif des nominations de haut niveau qu’il avait rencontré un officier de la 210e division, lequel lui fait présenté des excuses pour l’avoir « laissé tomber ». Cet officier aurait admis avoir montré le canal Telegram d’Elmakayes à Gofman, et avoir informé ce dernier de l’interpellation d’Elmakayes quelques jours seulement après son placement en détention.
« Gofman était au courant depuis le début de l’opération et de mon canal Telegram, il l’a approuvée, et pourtant, il a menti lors de l’enquête menée par le général de brigade Gimmel, en mai 2022 — une enquête qui a ouvert la voie à mon arrestation abusive », a écrit Elmakayes.
« La majorité des membres du comité continuent d’ignorer délibérément les faits et les documents qui leur ont été soumis, lesquels attestent de l’existence de documents classifiés qui m’ont été envoyés par la division, ainsi que de la connaissance qu’avait Gofman de mon identité. Ils ne les citent pas et ne les abordent pas, afin de rester en marge de la vérité et de permettre une nomination qui représente un danger pour la sécurité de l’État », a-t-il ajouté.
Gofman lui-même est cité dans l’avis majoritaire du comité consultatif, qui a une nouvelle fois validé sa nomination, pour se plaindre d’une lettre déposée par le chef sortant du Mossad, David Barnea, dans laquelle ce dernier critique vivement le comportement et la nomination de Gofman.
Le comité a indiqué que, selon Gofman, la lettre de Barnea reposait sur des « non-faits » et lui avait « causé du tort au niveau international », ce qui l’inquiétait vis-à-vis de ce que les chefs du renseignement d’autres pays pourraient penser de lui.