Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

jeudi 1 janvier 2026

Selon le Pentagone, la Chine aurait l’ambition de se doter de neuf porte-avions avant 2035

 

Quand en 1998, l’Ukraine vendit le porte-avions Varyag à la Lot Chong Agency pour en faire un casino flottant à Macao, on était loin de se douter que cette transaction allait marquer l’essor des capacités aéronavales de la marine de l’Armée populaire de libération [APL].

Remis à neuf, ce porte-avions en configuration STOBAR [Short Take-Off But Arrested Recovery] fut admis au service actif en 2012, sous le nom de CNS Liaoning. La construction de son presque jumeau, le CNS Shandong fut lancée quasiment au même moment. Cette année, ces deux navires ont manœuvré pour la première fois ensemble aux abords du Japon.

Puis, en novembre, la marine chinoise a pris possession de son troisième porte-avions, à savoir le CNS Fujian. Plus imposant que avec ses 80 000 tonnes de déplacement pour une longueur de 316 mètres, il se distingue des deux précédents de par sa configuration dite CATOBAR [Catapult Assisted Take-Off But Arrested Recovery], c’est-à-dire qu’il est équipé d’au moins trois catapultes, en l’occurrence électromagnétiques [ou EMALS], et de brins d’arrêt.

Dans le même temps, avec une industrie navale capable de mettre à l’eau l’équivalent de la flotte française tous les quatre ans, la composante navale de l’APL a dépassé l’US Navy en nombre de navires. Ce qui fait qu’elle n’a aucune difficulté pour escorter ses porte-avions… qui seront bientôt quatre.

En effet, en mars 2024, l’amiral Yuan Huazhi, son commissaire politique, a affirmé que la Chine allait « bientôt construire son quatrième porte-avions et répondre à la question de savoir s’il sera doté d’une propulsion nucléaire ».

« Nous construisons des porte-avions pour protéger notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale », avait-il dit, avant d’estimer qu’ils devraient aussi « naviguer plus loin des eaux côtières chinoises ».

Effectivement, pour assurer une permanence aéronavale en mer lointaine, le nombre minimum requis est de quatre porte-avions.

Quoi qu’il en soit, des photographies du chantier naval de Dalian récemment diffusées via les réseaux sociaux suggèrent que la Chine a lancé la construction de son quatrième porte-avions et que celui-ci sera doté d’une propulsion nucléaire. Voire de son cinquième, si l’on en juge par l’imagerie satellitaire.

En effet, selon cette dernière, il semble que la Chine serait sur le point de lancer la construction d’un porte-avions à propulsion classique, probablement une version améliorée du CNS Fujian, au chantier naval de Jiangnan, près de Shanghai.

Jusqu’à présent, il a été prêté à la Chine l’intention de se doter de six porte-avions. Ce chiffre a d’ailleurs été repris par l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], lors d’une récente audition parlementaire.

« En 2010, il y avait 27 porte-avions dans le monde. En 2030, il y en aura 37. On assiste à une prolifération dans ce domaine : les Turcs veulent en construire, les Espagnols veulent en obtenir, les Italiens veulent construire un porte-avions nucléaire, les Indiens veulent passer au porte-avions à catapulte, les Chinois ont reçu leur troisième, construisent leur quatrième et veulent aller à six, les Américains en sont toujours à onze », a-t-il en effet détaillé.

Mais d’après la dernière évaluation du Pentagone sur les capacités de l’APL [.PDF], son ambition serait en réalité bien plus élevée puisqu’elle aurait l’objectif d’en aligner neuf d’ici 2035. Soit presque autant que l’US Navy, qui en compte onze [ce nombre est exigé par la loi fédérale américaine, ndlr].

« La marine chinoise vise à produire six porte-avions d’ici 2035, pour un total de neuf », avance ce rapport, sans donner plus de précisions.

Par ailleurs, ce dernier souligne l’évolution significative des capacités mises en œuvre par les groupes aériens embarqués chinois, grâce à l’entrée en service du chasseur multirôle J-15T, de l’avion de guerre électronique J-15DT, du chasseur-bombardier dit de 5e génération J-35, de l’hélicoptère de lutte anti-sous-marine Z-20 et du pendant de l’E-2D Advanced Hawkeye américain pour le guet aérien, à savoir le KJ-600.

Évidemment, une flotte chinoise dotée de neuf porte-avions ne peut que donner lieu à un déséquilibre des forces dans l’Indopacifique. Et cela malgré les onze groupes aéronavals de l’US Navy, celle-ci devant être en mesure de répondre aux sollicitations d’autres commandements militaires américains, en particulier ceux dédiés à l’Europe et au Moyen-Orient.

Ce déséquilibre pourrait être encore accentué avec le navire d’assaut amphibie de Type 076, dont le premier exemplaire, le CNS Sichuan, vient d’entamer ses essais en mer. Ce navire est équipé d’une catapulte électromagnétique, censée lui permettre de lancer des drones de combat de « Type C ».

opex360.com