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mercredi 26 mars 2025

Les cyberattaques d’Iran et du Hezbollah contre Israël ont triplé depuis octobre

 

Le chef adjoint de la cyber-défense israélienne, Nitzan Amar, a déclaré mardi que les cyber-attaques contre Israël ont triplé depuis le déclenchement de la guerre avec le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, l’Iran et ses mandataires, parmi lesquels le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, qui se sont joints aux efforts de piratage informatique.

« L’année dernière n’a pas été une année normale, mais une année difficile et hors norme », a déclaré Amar, chef adjoint de la Direction nationale israélienne du cyber-espace (INCD), lors de la conférence mondiale Cybertech 2025 à Tel Aviv. « Depuis que la guerre a éclaté, nous avons observé une amplification massive des activités malveillantes de l’Iran et du Hezbollah ciblant les entités israéliennes. »

« Malgré les efforts de nos ennemis, aucune attaque contre une entité israélienne n’a, depuis le 7 octobre, porté atteinte ni à notre infrastructure nationale, ni à la liberté opérationnelle de Tsahal d’accomplir ses missions », a-t-il précisé.

Amar a averti qu’Israël avait enregistré une augmentation de 300 % des attaques par hameçonnage, la plus élevée jamais enregistrée, visant à « exploiter des informations, l’Internet des objets (IdO) et perturber la vie quotidienne des civils israéliens ».

Il a évoqué plusieurs types d’attaques, notamment l’exploitation rapide de failles de sécurité récemment découvertes, « des attaques DDoS d’une ampleur sans précédent » et des intrusions via des fournisseurs de services managés (MSP).

« En pleine guerre, nous avons lancé la mise en œuvre du programme Cyber Dome pour renforcer la cyberdéfense nationale », a poursuivi Amar. « Nous avons déployé des technologies défensives avancées qui ont joué un rôle essentiel dans l’atténuation de ces menaces. »

S’adressant à un public d’experts en cybersécurité, de représentants d’entreprises et de gouvernements et d’agences de cybersécurité venus de 50 pays, l’ancien directeur général du RIDC, Gaby Portnoy, a souligné l’importance de la coopération entre les gouvernements face à la menace croissante des cyberattaques parrainées par des États, en particulier par l’Iran.

« L’Iran peut attaquer Israël d’un simple clic, et le fait trois fois plus qu’avant, mais il peut aussi s’en prendre au Royaume-Uni, aux États-Unis, à l’Albanie, voire aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite. Et c’est ce que le monde a compris », a déclaré Portnoy, qui a quitté ses fonctions le mois dernier. « Chacun tente d’agir dans son coin, mais cela ne suffit pas. Il nous faut construire un front commun pour affronter ensemble nos agresseurs et le cyberterrorisme. »

Il s’est dit préoccupé par ce que pourrait représenter « un 7 octobre dans le cyberespace », s’interrogeant : « Sommes-nous prêts ? »

« Pour relever ce genre de défi, nous devons renforcer notre résilience, encourager une véritable culture du partage et accepter ensemble le changement », a-t-il ajouté. « Il ne s’agit pas seulement des infrastructures critiques. Il faut aussi penser à la chaîne d’approvisionnement, aux prestataires de services, ainsi qu’à l’ensemble des petites et moyennes entreprises. »

S’exprimant en marge de la conférence, le commissaire britannique au commerce pour l’Europe, Chris Barton, a déclaré au Times of Israel qu’il voyait de réelles opportunités de coopération entre le Royaume-Uni et Israël dans le domaine du cyberespace.

« L’une des raisons de ma visite est de témoigner du fort soutien du Royaume-Uni au peuple israélien », a-t-il déclaré. « Le cyberterrorisme est un risque et un défi communs, et c’est pourquoi il est crucial que nous travaillions ensemble. »

« Le Royaume-Uni et Israël sont des partenaires naturels pour réfléchir ensemble à l’approche à adopter, saisir les opportunités et mettre en commun leur expertise en matière de sécurité. Ainsi, dans nos échanges avec les partenaires européens ou sur la scène internationale, le Royaume-Uni et Israël peuvent faire front commun », a-t-il ajouté.

Barton a précisé que, sur le plan interentreprises, le Royaume-Uni cherchait à encourager les investissements israéliens, notamment dans le secteur technologique et du cyber, tout en incitant les entreprises britanniques à venir en Israël.

« Il est très important que les deux pays puissent apprendre l’un de l’autre : personne n’a le monopole du génie dans ce domaine », a-t-il fait remarquer. « Le secteur technologique britannique est très dynamique, avec plus de 2 000 entreprises actives dans le cyberespace, et 21 institutions académiques ayant une expertise pointue en cybersécurité. »

Plus de 400 entreprises technologiques israéliennes opèrent au Royaume-Uni, contribuant à hauteur d’environ 1 milliard de livres en valeur brute à l’économie britannique et créant environ 16 000 emplois au cours des huit dernières années, selon les données de l’ambassade britannique en Israël. Environ 80 de ces entreprises opèrent dans le secteur du cyber-espace, contribuant aux efforts du Royaume-Uni pour renforcer la résilience numérique dans l’ensemble de ses secteurs industriels.

« Au niveau gouvernemental, nous avons un rôle à jouer pour façonner une régulation intelligente, qui équilibre développement du secteur et exigences de sécurité », a conclu Barton. « D’où l’importance d’une collaboration entre États pour créer un cadre réglementaire adapté. »

« Nous allons bientôt voir les bénéfices de l’intelligence artificielle et d’autres technologies de pointe intégrés dans la gestion des entreprises et des services publics, et il nous faut veiller à ce que cela se fasse de manière sécurisée », a-t-il ajouté.

Sharon Wrobel

fr.timesofisrael.com