Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

samedi 5 septembre 2026

Une autre histoire nucléaire. La question des forces de courte portée

 

La publicité autour du missile Oreshnik à têtes multiples conventionnelles, le rappel de la dénonciation du traité INF sur les armes nucléaires à portée intermédiaire, les plans américains de retour d’armes nucléaires terrestres ou maritimes de portée moyenne et la saga passée autour de la portée des missiles 9M729 Novator (1) nous renvoient à la problématique des systèmes de théâtre, mais aussi du champ de bataille élargi. Ils soulignent également toute la complexité que représentent la catégorisation des systèmes sol-sol actuels (2) et l’appréhension de la dynamique en cours autour des armes nucléaires dites tactiques (3).

Cela rappelle concomitamment d’autres questionnements plus anciens. Ceux autour du dossier « mort-né » de la modernisation des forces nucléaires de courte portée américaines (dites SNF, de portée inférieure à 500 km dans la terminologie de l’époque, ou SRTNF) de la fin des années 1980. Il s’agissait d’un programme de modernisation des armes nucléaires tactiques planifié par Washington et proposé aux partenaires de l’OTAN lors des réunions du Groupe des plans nucléaires (GPN) des 28 avril et 27 octobre 1988, dans la foulée du démantèlement des euromissiles de théâtre (INF) qui avaient mis en lumière la complexité des interprétations des termes de couplage et de découplage (4), toujours d’actualité faut-il l’écrire. Il s’agissait, entre autres, de remplacer les missiles sol-sol Lance par des missiles ATACMS (Army tactical missile system) de plus longue portée et tirés depuis les lance – roquettes multiples M‑270 et les bombes nucléaires aéroportées par des missiles air-sol nucléaires TASM (Tactical air to surface missile) tirés à distance de sécurité.

Sous-entendu dans les plans américains, les réunions du GPN et les études du SHAPE dès 1986, il s’agissait d’encourager les membres de l’OTAN à poursuivre activement les options pour le déploiement additionnel d’avions à double capacité en mettant l’accent sur un allongement relatif de la portée des systèmes. À la réunion du GPN à Scheveningen les 27 et 28 octobre 1988, le groupe de haut niveau (HLG) recommanda de soutenir les efforts américains et britanniques pour répondre à la nécessité, reconnue, de pouvoir utiliser le TASM sur les avions à double capacité de l’OTAN, en remplacement des bombes thermonucléaires à gravité B‑61 modèles‑3 et‑4 à charge variable et à explosion différée à 31 ou 81 s. Le candidat finalement retenu pour le TASM fut la version tactique du missile SRAM‑2 de Boeing armant les escadrilles du Strategic Air Command, au détriment du projet de missile ASALM, dérivé du AQM‑127 SLAT (Supersonic low altitude target) de Martin Marietta.

Le budget américain de R&D et de planification prévoyait la production de 565 exemplaires, y compris les missiles de test. Ressemblant au SRAM‑2 stratégique, notamment pour ce qui concerne le hardware et le moteur – fusée à poudre de Hercules Aerospace Co, le TASM devait intégrer à la carte une charge nucléaire tactique (10 kt) ou une tête conventionnelle (5). Avec une capacité de changement de cap de 180° et un poids de 877 kg, ce missile stand-off devait pouvoir être lancé depuis les F‑111E, F‑15E Strike Eagle, F‑16 et Tornado (Royaume – Uni, RFA, Italie, Pays-Bas, Belgique, Grèce, Turquie) et cibler des objectifs protégés, durcis et mobiles jusqu’à 450 km de distance.

À ce programme américain était venu se greffer le remplacement des bombes à gravité britanniques WE‑177 par des SRAM‑T pouvant armer les Tornado de la Royal Air Force et les Sea Harrier de la Royal Navy (6). Il y eut même un projet de TASM‑X Extended Range pouvant parcourir plus de 1 000 km en mode inertiel qui, à l’époque, intéressa l’US Air Force, la Royal Air Force et l’armée de l’Air (avec l’ASLP) (7). Le projet de SRAM‑2 nucléaire fut finalement annulé par le président George Bush en septembre 1991 pour des motifs de financement, de difficultés industrielles et de contraintes géopolitiques (l’Allemagne refusait de les accepter sur son sol), entraînant dès lors le TASM dans sa chute (8).

Deux plans à distinguer

La complexité venait aussi de l’existence de deux plans. D’une part, le plan de restructuration et de modernisation permanente des armes nucléaires tactiques américaines dans le cadre du plan de Montebello (27 octobre 1983) (cf. encadré ci-dessous). Ce plan était tiré d’une étude du groupe de haut niveau qui, depuis 1977, analysait les besoins au maintien de la dissuasion en tenant compte de l’évolution des armements nucléaires et conventionnels. D’autre part, des propositions de réarmement compensatoire au traité SR/LRINF faisant suite à l’accord de Washington du 8 décembre 1987 sur les euromissiles.


Certaines propositions se recoupaient, mais, pour les chancelleries européennes, il était difficile d’avoir une vision clarifiée de la planification nucléaire américaine. Les positionnements furent divers. Mais déjà, pour d’aucuns, ces propositions de réarmement compensatoire pouvaient affaiblir l’esprit général d’ouverture (Reagan-Gorbatchev) de désarmement nucléaire sectoriel (euromissiles).

À l’instar du concept d’amélioration de la défense classique (CDI) dont il était à l’origine, le SACEUR (Supreme allied commander Europe) (9) mit aussi en avant la nécessité de moderniser les armes nucléaires tactiques. Pour le général Galvin et le secrétaire américain à la Défense Frank Carlucci, il fallait « maintenir les armes nucléaires tactiques en Europe et les moderniser : les États-Unis [devaient] réfléchir s’il [fallait] laisser les troupes américaines en Europe, puisque les SNF n’y seraient plus pour les appuyer (10) ». Les rivalités interarmes ont aussi pu jouer, avec le refus possible de l’US Army de dépendre de l’USAF dans le champ du nucléaire européen. Les propositions de compensation avancées furent les suivantes (1987) :

• pour l’US Air Force (11) :

– équiper les chasseurs – bombardiers de missiles nucléaires air-sol tirés à distance de sécurité (SRAM‑T TASM) d’une portée de 400 km (10 kt),

– déployer en Europe des bombardiers B‑52 armés de missiles de croisière ALCM,

– accueillir de 40 à 60 F‑111 américains supplémentaires à capacité nucléaire en Europe,

– déployer des F‑15E en rôle nucléaire,

– affecter les FB‑111 du Strategic Air Command à un rôle eurostratégique ;

• pour l’US Army :

– remplacer les missiles sol-sol Lance par un missile à double capacité d’une portée supérieure (200 à 400 km) et en quadrupler le nombre (programme Follow-on to Lance – FOTL),

– acquérir des missile tactiques ATACMS à capacité nucléaire pouvant être lancés par les MLRS ;

• pour l’US Navy :

– augmenter le nombre de SLBM américains affectés au SACEUR (400 têtes),

– déployer des missiles de croisière SLCM sur les sous – marins et les bâtiments de surface affectés au SACEUR.

Il y eut une période de sérieuses controverses sur l’opportunité ou non d’engager ces modernisations lors des réunions de l’OTAN, dont celle du GPN à Scheveningen en octobre 1988. Des oppositions se firent jour au sein de certains États européens membres de l’Alliance qui mettaient en avant la fin de la guerre froide et les avancées en matière de stabilisation nucléaire entre l’OTAN et l’ex-URSS (12). Modernisées, ces forces nucléaires auraient atteint la Pologne, sortie de la domination soviétique (13). De plus, et pour complexifier le tout, avec l’allonge des avions de frappe et la portée des missiles air-sol TASM, on introduisait une nouvelle catégorie de forces nucléaires de portée intermédiaire dont le volet sol-sol avait été éliminé dans le cadre du traité sur les euromissiles.


Les programmes SNF furent finalement annulés, dépassés qu’ils étaient par la rapidité du processus de détente entre l’Est et l’Ouest, l’augmentation importante de la profondeur acquise (« recul du front » et « armes nucléaires sans cibles »), les nouvelles capacités modernes de frappes conventionnelles pouvant remplacer les SNF de courte portée, l’inquiétude au sujet du terrorisme nucléaire, la politique gorbatchévienne et la désintégration du Pacte de Varsovie (14). S’ajoutèrent bon nombre de débats politico – militaires au sein des pays de l’Alliance atlantique, qui ne furent pas toujours sereins au sein du GPN, de Bruxelles à Scheveningen, de Kananakis à Taormina (15).

L’argumentaire principal, à l’époque, était que le recours massif au nucléaire tactique en Centre Europe afin de répondre à une offensive conventionnelle massive russe avait de moins en moins de fondement. Le « front militaire » s’était « dématérialisé » et le glacis russe en Europe de l’Est avait perdu son support idéologique puis militaire. Les estimations en matière de délais d’alerte augmentèrent considérablement vu les réductions conventionnelles unilatérales russes et les promesses, à l’époque, autour de la Conférence sur les forces conventionnelles en Europe (CFE‑1).

En vérité, les différents programmes de R&D en matière de missiles nucléaires évoluèrent dans un environnement politique et diplomatique extrêmement mouvant, les repères en matière de menace devenant, à l’époque, complètement flous. En 1988, les Soviétiques eux – mêmes, par la voix du ministre des Affaires étrangères Édouard Chevardnadze, défendirent l’idée d’une option « triple zéro » sur les SNF, soit leur élimination complète (16). Ce qui contrevenait à la logique dissuasive otanienne de suffisance, vu l’asymétrie géostratégique.

Il y eut en amont les mesures unilatérales américaines de retrait et de destruction des armes nucléaires terrestres (obus, mines de démolition, ogives pour missiles Lance) entérinées lors de la réunion du GPN de Taormina, en octobre 1991. Cela aboutit à l’élimination de 80 % de ces systèmes nucléaires à courte portée en Europe. Les mesures unilatérales lancées par le président américain George H. Bush le 27 septembre 1991 avaient pour objet d’inviter les Soviétiques à décider rapidement la destruction de leurs propres stocks de manière aussi unilatérale, ce qui fut entériné avec les déclarations de Mikhaïl Gorbatchev du 5 octobre 1991 et de Boris Eltsine en janvier 1992.

Ces mesures furent renforcées par l’annonce du retrait et de la destruction quasi complète des armes nucléaires maritimes (missiles de croisière à charge nucléaire TLAM‑N, charges nucléaires anti – sous – marines, bombes aéroportées navalisées) et leur stockage partiel et temporaire dans les sanctuaires américains et russes.

Le 2 juillet 1992, le président Bush annonçait que les États-Unis avaient achevé, comme cela avait été convenu, le retrait de toutes les SNF terrestres et navales basées à l’étranger et qu’ils entameraient leur destruction, le reste étant placé en réserve. Ils suivaient en cela les mesures prises par l’ex-URSS où, le 6 mai 1992, le dernier convoi de munitions nucléaires tactiques stationnées dans certaines républiques de la Communauté des États indépendants (CEI) fut transféré en Russie pour démantèlement : munitions d’artillerie, têtes pour missiles tactiques, mines nucléaires, armes nucléaires antinavires. La réciprocité ne fut pas totale.

Relevons que, par la suite, le Royaume – Uni (concerné aussi par un TASM pour la RAF) et la France adoptèrent également, pour les mêmes raisons géopolitiques, des mesures de contraction de leurs arsenaux nucléaires tactiques allant vers l’élimination ou la mise sous cocon des systèmes d’armes terrestres ou maritimes (Lance, Pluton, Hadès, charges nucléaires de profondeur ASM, bombes WE‑177). L’argumentaire américain sur le refus de voir une OTAN totalement dénucléarisée face à une Russie nucléaire (tactique) aboutit, en fin de compte, au maintien de seules armes nucléaires aéroportées parallèlement à la modernisation des feux conventionnels.

Le caractère unilatéral puis partagé des retraits et des éliminations nucléaires s’expliquait par l’extrême complexité qu’il y avait à contrôler et à vérifier juridiquement les engagements concernant des milliers de charges, y compris le refus de voir des inspecteurs évoluer dans de multiples environnements militaires adverses (17). Des pourparlers sur le retrait/élimination des SNF auraient été fastidieux, complexes et lents au moment où le contexte géopolitique exigeait rapidité et confiance. Les obus et les systèmes à très courte portée devenaient inutiles. Reste qu’il n’a pas été possible de déterminer si l’objectif de désarmement nucléaire tactique « à la carte » avait finalement été atteint conformément aux engagements des parties et particulièrement ceux pris par Moscou.

De cette histoire des SNF (18) et des relances actuelles autour du retour des armes nucléaires tactiques et de théâtre sur fond de tensions OTAN-Russie – les allonges de portée étant recherchées –, nous retiendrons combien, en notre temps où la confiance et la transparence entre les acteurs est absente, et où l’on attend de nouvelles mesures de sécurité partagée, il est essentiel de garantir une dissuasion suffisante et crédible, d’origine européenne et de proximité.

Notes

(1) Nom de code OTAN : SSC-8.

(2) Philippe Langloit, « Quelques perspectives sur le missile sol-sol », Défense & Sécurité Internationale, hors-série no 60, juin-juillet 2018.

(3) Tiphaine de Champchesnel, « Les armes nucléaires tactiques réhabilitées ? », Étude no 105, IRSEM, avril 2023.

(4) André Dumoulin, « Couplage ou découplage ? l’éternel refrain », Revue militaire suisse, no 4, 2025.

(5) Duncan Lennox (dir.), Jane’s Strategic Weapon Systems, Jane’s defence Data, Jane’s Information group, Londres, 1990.

(6) « British-American TASMania, Nuclear Notebook », The Bulletin of the Atomic Scientists, novembre 1992, p. 47.

(7) André Dumoulin, « L’avènement des missiles de théâtre », Avianews international, octobre 1990.

(8) Jane’s Defence Weekly, 19 octobre 1991, p. 708.

(9) Cf. Keith F. Mordoff, « NATO Defense Ministers Affirm Need For Coventional Weapons Upgrades », Aviation Week and Space Technology, 7 décembre 1987 ; « NATO’s Conventional Defense Improvement Initiative – A new approach to an old challenge », NATO Sixteen Nations, juillet 1986.

(10) Nouvelles atlantiques, no 1990, Agence Europe, Bruxelles, 10 février 1988, p. 2.

(11) Cf. Martin Streetly, « USAFE strike capability after INF », Jane’s Defence Weekly, 20 août 1988.

(12) David Fouquet, « TASM poses new political problems », Jane’s Defence Weekly, 24 juin 1989, p. 1309.

(13) André Dumoulin, « Nucléaire : la Belgique aux premières loges », Le Vif/L’Express, 4 mai 1990.

(14) Pour davantage de détails, voir : Hans Binnendijk, « NATO’s nuclear modernization dilemma », Survival, no 3-4 IISS, mars-avril 1989, p. 137 et suiv. ; Catherine M. Kelleher, « The debate over the modernization of NATO’s short range nuclear missiles », Sipri Yearbook, 1990.

(15) Marcel Scotto, « Les questions conflictuelles sont renvoyées à plus tard », Le Monde, 22 avril 1989 ; Pierre Lefevre, « Missiles à moderniser : l’OTAN suspend son élan », Le Soir, 21 avril 1989 ; Ronald D. Asmus, « West Germany faces nuclear modernization », Survival, novembre-décembre 1988, p. 499 et suiv. ; Günther Nonnenmacher, « Nervosité atlantique. Des malentendus persistent au sein de l’OTAN », Frankfurter Allgemeine Zeitung für Deutschland, 25 février 1988 ; Nick Fiorenza, « Modernisation nucléaire. Le dilemme de l’OTAN », Avianews International, mars 1989, p. 24-25.

(16) Catherine M. Kelleher, « The debate over the modernization of NATO’s short-ranger nuclear missiles », art. cité ; Sir Hugh Beach, « The case for the third zero », The Bulletin of the Atomic Scientists, décembre 1989, p. 14-15 ; Sergei Kortunov, « Negotiating on nuclear weapons in Europe », Survival, no 1, IISS, janvier-février 1991, p. 45 et suiv. ; Pavel Payev et coll., « Is a Third Zero Attaignable? », International Affairs, avril 1990, p. 3 et suiv.

(17) Pour la complexité de la vérification : Owen Greene et Patricia M. Lewis, « Tactical Nuclear Weapons: Reductions, Control and Verified Dismantlement », Verification Report 92, p. 61 et 70 ; William D. Bajusz et Lisa D. Shaw, « The forthcoming “SNF negotiations” », Survival, no 4, IISS, juillet-août 1990, p. 342 et suiv.

(18) Jesse James, « Tactical Nuclear Modernization-The NATO Decision That Won’t Go Away », Arms Control Today, décembre 1988, p. 19 et suiv. ; Hans Binnendijk, « NATO’s nuclear modernization dilemma », art. cité ; Daniel Colard, « Le débat atlantique sur les SRNF : modernisation et/ou négociations ? », Arès, Université de Grenoble, 1989, p. 232 et suiv. ; Dan Plesch, « NATO’s New Nuclear Weapons », Basic Report no 1, The British-American Security Information Council, janvier 1988 ; Jeffrey Record et David B. Rivkin Jr, « Defending post-INF Europe », Foreign Affairs, printemps 1988, p. 735 et suiv. ; Leon V. Sigal, « The Case For Eliminating Battlefield Nuclear Weapons », Arms Control Today, septembre 1989, p. 15 et suiv.


André Dumoulin

areion24.news

L’homme que le Hamas ne voulait pas voir capturé vivant

 

Israël a capturé mardi à Gaza-ville Moueïn al-Arabid, présenté comme un haut responsable sécuritaire du Hamas. Menée en plein jour par le Shin Bet sous couverture aérienne, l’opération tranche avec la stratégie d’éliminations ciblées privilégiée depuis le 7 octobre 2023 et suggère un intérêt accru pour l’exploitation du renseignement humain.

Un responsable présenté par Israël comme l’un des hommes les plus recherchés du Hamas a été extrait vivant de Gaza-ville mardi, à l’issue d’une opération menée en plein jour par le Shin Bet. La capture de Moueïn al-Arabid relance la question de savoir si Israël change de méthode face aux cadres du mouvement islamiste.

Une arrestation en plein cœur de Gaza-ville

Selon un communiqué du bureau du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, des forces spéciales du Shin Bet et de l’armée de l’air ont interpellé Al-Arabid près de son domicile, dans le secteur d’Al-Katiba, à l’ouest de la ville. 

L’opération, menée sous le commandement Sud de l’armée israélienne, a duré plusieurs heures et s’est accompagnée d’une dizaine de frappes aériennes destinées, selon l’armée israélienne, à neutraliser les menaces pesant sur les forces engagées, rapporte Ynet. La Défense civile de Gaza fait état d’au moins quatre morts, dont trois enfants, dans les frappes qui ont accompagné le raid.

Des images diffusées par la chaîne qatarie Al Jazeera, relayées par Ynet, montrent une camionnette blanche d’où des hommes armés ouvrent le feu au moment de la capture.

Qui est Moueïn al-Arabid ?

Netanyahou le décrit comme «l’un des plus hauts responsables du Hamas», chargé de dissimuler et déplacer les otages israéliens, de cacher des cadres du mouvement et de reconstruire ses capacités opérationnelles. 

Le ministre de la Défense, Israël Katz, le présente comme le responsable du contre-espionnage et du renseignement interne de l’organisation.

Cette version est contestée côté palestinien. Une source sécuritaire à Gaza, citée par l’AFP, dément tout rôle d’Al-Arabid dans la gestion des otages et affirme que sa mission se limitait à superviser les efforts visant à combattre les collaborateurs d’Israël. Une autre source, interrogée par Al Jazeera et relayée par Ynet, va plus loin en contestant jusqu’à son identité: l’homme capturé serait un officier subalterne, et non le chef de l’appareil de sécurité intérieure lui-même.

Des sources du Hamas et des factions de Gaza, citées par le site égyptien Masrawy, ajoutent qu’Al-Arabid ne se limitait pas à la direction de l’appareil de sécurité intérieure: il siégeait aussi dans un comité chargé de superviser le travail sécuritaire du mouvement et de sa branche armée, les brigades Ezzedine al-Qassam. Ces mêmes sources lui attribuent un rôle dans l’arrestation de dizaines de collaborateurs présumés d’Israël après la découverte d’une précédente infiltration d’une force spéciale israélienne en 2018.

Le déroulé du raid, tel que rapporté par Masrawy, diffère légèrement de la version israélienne: une force spéciale se serait introduite avant l’aube dans une petite villa où résidait Al-Arabid. Deux de ses fils auraient ouvert le feu sur les soldats au moment de l’irruption, qui auraient riposté à courte distance, tuant son épouse et blessant grièvement les deux fils ainsi que deux gardes du corps, avant qu’Al-Arabid lui-même ne soit blessé et emmené. Ce récit reste à traiter au conditionnel, la source restant une attribution générique à des factions palestiniennes non identifiées.

Une opération préparée depuis plusieurs jours

Selon deux sources de terrain citées par le quotidien Asharq Al-Awsat, la force israélienne opérait déjà dans le secteur depuis plusieurs jours avant l’assaut. L’une d’elles précise que le véhicule détruit par l’aviation pendant le retrait appartenait à la force elle-même: laissé sur place au moins deux jours avant l’opération, il aurait servi à des missions de surveillance du domicile d’Arabid. 

Le dispositif reposait sur une camionnette et un autre véhicule chargé de légumes en guise de couverture, avant qu’un groupe pénètre dans la maison pendant qu’un second sécurisait les abords. Le retrait s’est ensuite fait à moto et en véhicule, sous couverture aérienne.

Pourquoi une capture plutôt qu’une élimination

Le choix de ramener Al-Arabid vivant plutôt que de l’éliminer par une frappe ciblée n’est pas anodin. Une analyse d’i24NEWS avance que ce choix reflète l’intérêt du renseignement israélien pour ce qu’Arabid pourrait révéler sur la chaîne de commandement restante du Hamas, ses réseaux de surveillance interne et l’emplacement d’autres cadres. L’opération constitue un échec sécuritaire cuisant pour le mouvement, d’autant qu’elle aurait impliqué une coopération avec des milices locales anti-Hamas.

L’AFP précise que ces forces incluaient la milice connue sous le nom d’Abou Shabab, présentée comme le plus grand groupe paramilitaire anti-Hamas de la bande de Gaza. Son fondateur, Yasser Abou Shabab, a toutefois été tué en décembre 2025 dans un règlement de comptes interne selon le Times of Israel. La milice est aujourd’hui dirigée par Ghassan Douhine.

Un précédent vieux de seize ans

Un cas comparable existe dans l’histoire du conflit, mais dans un tout autre contexte. En mars 2010, Israël avait arrêté Maher Uda, un commandant fondateur de la branche armée du Hamas en Cisjordanie, recherché depuis plus de dix ans, lors d’un raid près de Ramallah. L’opération avait été rendue possible par une coopération sécuritaire avec l’Autorité palestinienne, et le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum avait dénoncé une coordination sécuritaire jugée dangereuse avec l’occupation.

Ce précédent reste toutefois d’une nature très différente de la capture d’Al-Arabid: il s’agissait de la Cisjordanie, en période de relative accalmie, avec le concours actif de l’Autorité palestinienne, et non d’un raid mené en plein Gaza-ville pendant un cessez-le-feu contesté et sous couverture aérienne massive. 

Depuis le 7 octobre 2023, le mode opératoire dominant d’Israël face aux cadres du Hamas a plutôt été l’élimination par frappe ciblée, ce qui fait de la capture d’Arabid une rupture de méthode observable.

Mario Chartouni

icibeyrouth.com

La Corée du Nord et les États-Unis sont sur le point de reprendre le dialogue


Un parlementaire sud-coréen, citant des informations provenant des services de renseignement du pays, a déclaré qu'il y avait des signes indiquant que la Corée du Nord et les États-Unis étaient sur le point de reprendre le dialogue.

Après avoir pris connaissance d'un rapport du Service national de renseignement sud-coréen (NIS), le député a déclaré qu'il existait des indices d'une telle possibilité, mais qu'aucun contact spécifique entre Pyongyang et Washington n'avait été confirmé.

« Concernant la possibilité d'un sommet entre la Corée du Nord et les États-Unis, certaines estimations indiquent que des pourparlers pourraient avoir lieu à tout moment », a déclaré le député Youn Kun-young aux journalistes lors d'une conférence de presse.

Le mois dernier, le président américain Donald Trump a exprimé son souhait de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un dans le courant de l'année, après avoir ordonné une réduction significative de l'ampleur des exercices militaires conjoints annuels entre les États-Unis et la Corée du Sud. Les deux dirigeants se sont rencontrés à trois reprises, en 2018 et 2019.

Pyongyang n'a pas encore réagi directement aux gestes de bonne volonté de Trump, tout en continuant de critiquer ce qu'elle considère comme la politique hostile des États-Unis envers la Corée du Nord.

Selon M. Youn, concernant la récente proposition du président Lee Jae-myung de négocier avec Pyongyang pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée (1950-1953), le NIS a déclaré n'avoir eu aucun contact avec la partie nord-coréenne.

M. Youn a également indiqué aux journalistes que le NIS estime que la Corée du Nord continue de prendre des mesures pour préparer la succession de Jue Ae, la fille de Kim Jong Un.

« Si elle apparaît fréquemment dans les médias d'État, c'est parce qu'elle est en cours de désignation comme successeur », a déclaré le député.

Des photos publiées par les médias d'État nord-coréens montrent Ju-ae accompagnant fréquemment son père à des événements importants, notamment le 73e anniversaire de l'accord d'armistice.

Concernant les informations faisant état du déploiement de troupes supplémentaires par la Corée du Nord en Ukraine , le député Youn a déclaré que le NIS évalue actuellement cette possibilité comme « très faible ».

Auparavant, Kim Yo Jong, la sœur du président Kim Jong Un, avait rejeté les affirmations du président ukrainien Volodymyr Zelensky selon lesquelles Pyongyang prévoyait de déployer 50 000 soldats supplémentaires en Russie pour soutenir son allié.

Après avoir pris connaissance du rapport du NIS, le député Yoo Yeong-ha a déclaré que l'agence avait également obtenu les plans d'un missile nord-coréen et des documents internes relatifs au Parti des travailleurs au pouvoir, sans toutefois préciser de quoi il s'agissait.

tienphong.vn

Qu'a proposé John Ratcliffe lors de sa visite en Russie ?

 

La proposition la plus importante est un sommet trilatéral entre le président américain Donald Trump, le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Zelensky.

La source a indiqué que l'objectif du voyage était de déterminer si les services de renseignement russes pouvaient faciliter la reprise des négociations sur l'Ukraine.

Trump lui-même avait auparavant qualifié la visite de « quasi routinière », mais avait reconnu « qu'il pourrait y avoir un résultat quelconque ».

Gazeta.Ru a ensuite analysé la possibilité d'une réunion trilatérale entre les dirigeants de la Russie, des États-Unis et de l'Ukraine.

« La visite du directeur Ratcliffe visait en partie à déterminer si les responsables du renseignement russe pouvaient aider à persuader Poutine de faire un pas vers la reprise des pourparlers avec l'Ukraine, sous l'égide des États-Unis. »

Le 28 août, des responsables américains ont informé Zelensky des entretiens du directeur Ratcliffe en Russie et ont proposé un sommet trilatéral », a rapporté Gazeta.Ru, citant Axios.

Par ailleurs, selon Axios, lors de leur visite en Russie, les dirigeants de la CIA ont évoqué la possibilité de reprendre les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit en Ukraine.

L'article affirme également qu'à la suite de ces contacts, le directeur de la CIA a considéré le chef du renseignement russe, Alexandre Bortnikov, comme un interlocuteur constructif, capable de jouer un rôle important dans la reprise du processus de négociation.

Visite secrète

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu en Russie le 25 août. Il s'est rendu en Russie à bord d'un avion militaire Boeing C-17 Globemaster III équipé d'un module de commandement spécial.

Cette visite était si secrète que même certains hauts responsables du gouvernement américain n'en avaient pas connaissance.

Le lendemain, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a confirmé que des contacts avaient effectivement eu lieu entre les services de renseignement russes et américains.

Il a toutefois précisé que le dirigeant du Kremlin, Vladimir Poutine, n'avait pas rencontré le directeur de la CIA, John Ratcliffe.

« Bien entendu, le président Poutine a été immédiatement informé de tout », a déclaré Peskov.

Selon Peskov, le chef du Service de renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a également confirmé la rencontre avec le directeur de la CIA, Ratcliffe, en Russie. Les deux parties ont discuté de questions relatives à la coopération entre les services de renseignement.

« Dans le travail des agences de renseignement, les rencontres entre dirigeants, que ce soit en personne ou en ligne, font partie intégrante de notre métier. »

« Je dois vous dire que je rencontre presque chaque semaine le chef d'un service de renseignement ou d'une organisation spéciale de chaque continent. Ainsi, ma rencontre avec le directeur John Ratcliffe s'inscrivait dans le cadre de notre processus de travail », a déclaré Naryshkin.

Qu'a dit M. Trump à ce sujet ?

Plus tôt, Axios, citant ses propres sources, avait rapporté que le directeur de la CIA aurait averti la Russie que les États-Unis ne pouvaient tolérer une attaque contre l'OTAN, en particulier contre la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie.

Toutefois, le président Donald Trump, commentant la visite, a déclaré que le directeur de la CIA n'avait transmis aucun avertissement des États-Unis à la Russie.

« M. Ratcliffe rencontre son homologue russe environ tous les six mois. Ils entretiennent d'excellentes relations et il n'y a rien d'inhabituel à cela. Il s'est rendu sur place dans le cadre d'un voyage de routine. Je ne veux décevoir personne », a déclaré le président Trump.

Le président Trump a déclaré que son administration « travaillait d'arrache-pied » pour mettre fin à la guerre en Ukraine et a souligné qu'« il pourrait y avoir un résultat quelconque » suite à la visite du directeur de la CIA en Russie.

« Nous voulons voir la fin de la guerre en Ukraine », a ajouté le président américain, précisant qu'il n'était pas inquiet d'une éventuelle attaque russe contre les pays de l'OTAN.

« Je ne suis pas du tout inquiet. Il n'y a aucun problème », a déclaré Trump.

Un sommet trilatéral est-il envisageable ?

En janvier 2026, l'administration américaine a déclaré que la perspective d'une rencontre bilatérale entre le président Vladimir Poutine et Zelensky ou de pourparlers trilatéraux impliquant les présidents de la Russie, de l'Ukraine et des États-Unis n'était « plus si lointaine ».

Auparavant, le président russe Vladimir Poutine avait lui-même déclaré être disposé à rencontrer le président Zelensky si ce dernier venait en Russie.

« C’est tout à fait possible. Je ne l’ai jamais exclu, si la réunion est bien préparée et peut aboutir à des résultats positifs », a déclaré le dirigeant russe en 2025.

En juin, Zelensky a publié une lettre ouverte à son homologue russe, proposant une rencontre privée pour mettre fin au conflit.

Plus tard, l'assistant du président russe, Yuri Ushakov, a également indiqué que si Zelensky était intéressé par des négociations avec le président Poutine, il pourrait venir à Moscou, et Poutine a fait une offre correspondante au président Trump lors d'un appel téléphonique le 14 juin.

« Si le chef du gouvernement ukrainien continue d'explorer la possibilité d'une rencontre avec le dirigeant russe, alors, comme je l'ai dit précédemment, s'il souhaite le rencontrer, qu'il vienne à Moscou », a déclaré le vice-président Ouchakov.

L’Ukraine a toutefois rejeté à plusieurs reprises la possibilité d’une rencontre entre le président Vladimir Poutine et Vladimir Zelensky en Russie.

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Les renseignement danois disent que la Russie prépare une attaque de sabotage

 

Le service de renseignement russe prépare activement des opérations de sabotage visant des entreprises du secteur de la défense danois, a rapporté mercredi l’émetteur public DR, citant le service de renseignement danois.

« Nous avons vu que les entreprises danoises étaient également la cible de plans de sabotage concrets de la part de la Russie, et que les services de renseignement russes préparaient activement des opérations de sabotage visant l’industrie de la défense en Danemark », a déclaré Emil Graesholm, chef de la contre-intelligence à l’Agence danoise de renseignement et de sécurité (PET), selon Anadolu (3/9).

En attendant, dans un article du journal danois Berlingske, Graesholm a déclaré que les autorités avaient dévoilé des plans précis de la Russie pour des opérations de sabotage contre des entreprises danoises.

« Par conséquent, ce n’est pas seulement un rappel que cela pourrait se produire un jour en Danemark. Nous voyons déjà la planification maintenant. Très concrètement », a-t-il dit.

Selon PET, les entreprises susceptibles d'être ciblées comprennent celles du secteur de la défense liées à l'aide militaire à l'Ukraine.

Le service de renseignement a déclaré avoir identifié des « exemples concrets » des tentatives de la Russie de recruter des citoyens ordinaires danois via les médias sociaux et d'autres plateformes en ligne.

Ces individus peuvent être invités à accomplir des tâches telles que la photographie d'entreprises ou d'installations à utiliser dans la planification d'opérations de sabotage, a déclaré le PET.

« La situation est très grave si les citoyens ordinaires danois aident les services de renseignement russes - délibérément ou non », a déclaré Graesholm.

Le PET a déclaré qu'il travaillait en étroite collaboration avec l'Agence de renseignement de la défense danoise et l'Agence danoise de sécurité sociale et de préparation, et qu'il fournissait régulièrement des informations actualisées sur les évaluations des menaces aux districts de police.

« Nous continuons de fournir des informations aux entreprises et à certaines organisations industrielles sur l’image de la menace, et avec d’autres autorités, nous avons donné des conseils sur des mesures de sécurité spécifiques », a expliqué Graesholm.

Il a ajouté que l'industrie de la défense devait largement prendre les "mesures de sécurité nécessaires" pour se protéger.

Graesholm a déclaré que PET considérait que la menace était assez concrète pour être mise en garde publiquement.

« L’identification et la préparation sont si concrètes que nous avons senti le besoin de transmettre le message que c’est une menace à laquelle il faut répondre sérieusement », a-t-il ajouté.

En attendant, la Confédération danoise de l’industrie a déclaré qu’elle prenait au sérieux l’évaluation du PET et entretenait des communications étroites avec les autorités compétentes.

« Cette nouvelle image de la menace exige une attention accrue de la part des entreprises, mais aussi une attitude calme et proportionnée », a déclaré Rasmus Anderskouv, directeur de la sécurité et de la préparation à l’organisation.

Anderskouv a déclaré que les entreprises devaient évaluer le niveau de risque spécifique auquel elles étaient confrontées et veiller à ce que leurs mesures de sécurité et de préparation aux urgences fonctionnent correctement.

Parallèlement, Flemming Splidsboel, chercheur principal à l'Institut danois d'études internationales, a qualifié l'annonce de PET de grave et a qualifié la menace de « nouvelle », « concrète » et « sophistiquée ».

En même temps, l’ancien chef de l’analyse de la Direction de l’intelligence de la défense Jakob Kaarsbo a déclaré que la décision de PET de parler publiquement pourrait avoir pour objectif de signaler à la Russie que les autorités danoises sont au courant de leurs activités.

voi.id