Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies, vidéos ou articles d'auteurs d'attentats, afin d'éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est les combattre !

mardi 16 octobre 2018

Affaire Khashoggi : Ryad lâche ses agents pour préserver la famille royale


Ryad pourrait admettre que Khashoggi a été tué

Tôt dans la matinée, M. Trump avait évoqué cet échange dans un tweet. «Je viens de parler au roi d'Arabie saoudite qui dit tout ignorer de ce qui a pu arriver à notre citoyen saoudien (...) J'envoie immédiatement notre secrétaire d'Etat pour rencontrer le roi», avait-il écrit.

Le président américain Donald Trump a suggéré que la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi «pourrait être le fait d'éléments incontrôlables» et a dépêché son secrétaire d'Etat Mike Pompeo à Ryad pour tenter de faire la lumière sur cette affaire. Après s'être entretenu lundi par téléphone avec le roi Salmane d'Arabie saoudite de la disparition du journaliste, M. Trump a émis une nouvelle hypothèse. «Je ne veux pas spéculer à sa place, mais il m'a semblé que, peut-être, cela pourrait être le fait d'éléments incontrôlables. Qui sait ?», a-t-il déclaré à la presse.

Les autorités turques ont fouillé lundi le consulat saoudien à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Jamal Khashoggi. Selon des responsables turcs, le journaliste a été assassiné par des agents saoudiens, ce que Ryad dément.

Un convoi de six voitures est arrivé au consulat sous haute sécurité peu après 19h00 (18h en Suisse), a constaté une journaliste de l'AFP sur place. Les policiers, certains en uniforme et d'autres en civil, sont immédiatement entrés dans le bâtiment. Un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille était arrivé au consulat près d'une heure avant la police turque.

A l'issue d'une perquisition sans précédent d'une durée de huit heures, les membres de l'équipe turque ont regagné leurs véhicules et ont quitté les lieux. Ils ont emporté des échantillons, notamment de la terre du jardin du consulat, a déclaré un responsable présent sur place. Cette fouille intervient au lendemain d'un entretien téléphonique entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane au cours duquel ils ont évoqué le cas de Jamal Khashoggi.

Des médias américains ont rapporté lundi que l'Arabie saoudite envisageait de reconnaître que Jamal Khashoggi est mort lors d'un interrogatoire qui aurait mal tourné à son consulat à Istanbul.

Selon «CNN», citant deux sources anonymes, Ryad préparerait un rapport dans lequel il tenterait de minimiser son implication dans la disparition du journaliste. Le rapport, avance l'une de ces sources, conclurait que l'opération a été menée «sans autorisation ni transparence» et que «les personnes impliquées seront tenues pour responsables». Selon le «Wall Street Journal», cela permettrait à la famille royale de «se dédouaner d'une implication directe» dans la mort de M. Khashoggi.

L'éditorialiste saoudien, critique du pouvoir de Ryad et qui s'est exilé aux Etats-Unis en 2017, s'était rendu au consulat saoudien d'Istanbul le 2 octobre pour des démarches administratives en vue de son prochain mariage avec une Turque, Hatice Cengiz. Il n'a plus été revu depuis.

Ryad assure qu'il a quitté la représentation diplomatique, mais les responsables turcs affirment le contraire et certains responsables accusent les autorités saoudiennes d'avoir fait assassiner le journaliste dans le consulat par un groupe d'agents envoyés spécialement à cette fin. M. Erdogan a pressé à plusieurs reprises, en vain, les autorités saoudiennes de présenter des images prouvant que M. Khashoggi avait bel et bien quitté le consulat.

Selon l'agence de presse étatique turque Anadolu, après ces discussions mardi, M. Pompeo devait se rendre en Turquie mercredi pour y rencontrer le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a appelé pour sa part à une enquête approfondie et transparente, déclarant que le Canada est «très inquiet» de la disparition du journaliste.

«Enquête crédible»

Jusqu'à présent, l'Arabie saoudite a démenti toute implication dans l'éventuel meurtre du journaliste, un critique du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui collaborait notamment avec le «Washington Post».

M. Trump, un grand allié de Ryad, avait pour la première fois samedi estimé possible une implication de l'Arabie saoudite dans sa disparition et l'avait menacée d'«un châtiment sévère».

L'Arabie saoudite a promis dimanche de riposter à d'éventuelles sanctions. «Nous rejetons entièrement toute menace ou tentative d'affaiblir (le royaume), que ce soit via des menaces d'imposer des sanctions économiques ou l'usage de pression politique», a déclaré un haut responsable saoudien cité par l'agence de presse saoudienne SPA.

Paris, Londres et Berlin ont demandé une «enquête crédible». «Défendre la liberté d'expression et une presse libre, et assurer la protection des journalistes sont des priorités essentielles pour l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France», ont déclaré dans un communiqué commun les ministres des Affaires étrangères de ces pays.

Des investisseurs boudent

Lundi matin, la Bourse saoudienne est repartie à la hausse au lendemain d'une sévère chute sur fond de tensions liée à la disparition de M. Khashoggi. Alors que les investisseurs s'enthousiasmaient encore il y a quelques semaines des pharaoniques projets économiques du prince héritier, l'affaire Khashoggi semble en avoir refroidi certains.

Le milliardaire britannique Richard Branson a annoncé geler plusieurs projets dans le royaume. Des partenaires prestigieux ont annoncé ne plus participer au «Davos du désert», la deuxième édition de la conférence «Future Investment Initiative», organisée du 23 au 25 octobre à Ryad.

Les dernières en date de ces personnalités sont les PDG des sociétés de gestion d'actifs Blackrock et Blackstone, respectivement Larry Fink et Steve Schwarzman, selon des personnes familières du dossier. Le PDG de JP Morgan, James Dimon, ne s'y rendra pas non plus, selon la banque américaine.

La liste des participants, initialement publiée sur le site de l'événement, n'était plus trouvable lundi. Cher au prince héritier, l'événement est boudé par des médias comme le «Financial Times», le «New York Times» et «The Economist», mais aussi par le patron d'Uber.

AFP

Anjem Choudary; prédicateur islamique placé sur liste noire par Berne


Anjem Choudary, 51 ans, ayant fait allégeance au groupe Etat islamique (EI), a été ajouté à l'ordonnance instituant des mesures à l'encontre des personnes et entités liées à Oussama ben Laden, au groupe Al-Qaida ou aux talibans, a annoncé mardi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Le prédicateur d'origine pakistanaise est l'une des principales figures du Londonistan, surnom donné à la mouvance radicale islamiste installée dans la capitale britannique au début des années 2000.

Il avait été condamné en septembre 2016 à 5 ans et demi de prison pour avoir appelé à soutenir l'EI. Conformément à la législation britannique, il pourrait être libéré ces prochains jours, après avoir purgé la moitié de sa peine.

ATS

Le renseignement français pourra se passer des logiciels de l’américain Palantir pour le traitement massif des données




Collecter massivement toutes sortes d’informations ne sert à rien si l’on n’est pas en mesure de les exploiter, c’est à dire de les analyser afin d’en tirer des conclusions. En 2016, et ne trouvant pas de systèmes français ou européens, la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI], le service de renseignement intérieur français, a attribué à l’entreprise américaine Palentir Technologies un contrat de 10 millions d’euros pour se doter des outils nécessaires au traitement de données. Ce qui a suscité une polémique.

En effet, attribuer un marché à Palantir Technologies dans le domaine du renseignement, c’est, pour ses détracteurs, faire entrer le loup dans la bergerie étant donné que cette entreprise a, en 2004, bénéficié de fonds de la CIA au moment de sa création par Peter Thiel, Alex Karp et Nathan Gettings. Et si les banques et les assurances font partie de ses clients, elle cultive aussi une certaine proximité avec le renseignement, les forces armées et les services de police d’outre-Atlantique.

Proche du président Trump, son co-fondateur, Pieter Thiel, a décrit le fonctionnement de Palantir [dont le nom vient des « pierres de vision elfiques » du Le Seigneur des Anneaux, de J.R.R Tolkien] dans son livre « De zéro à un, comment construire le futur« .

« En plus d’aider à repérer des terroristes, les analystes utilisant le logiciel de Palantir ont été en mesure de prédire là où des insurgés installent des engins explosifs improvisés en Afghanistan, de permettre d’instruire des dossiers de délits d’initiés de grande ampleur, de démanteler des réseaux de pornographie infantile partout dans le monde, de soutenir les centres américains de contrôle et de prévention des maladies dans la lutte contre les épidémies d’origine alimentaire et de faire économiser des centaines de millions de dollars par an aux banques et au gouvernement [américain] grâce à un dispositif de détection avancée de la fraude », a ainsi écrit celui qui a aussi créé Paypal avec Elon Musk [le fondateur de Tesla et de SpaceX].

Prédire les crimes et les délits à venir… L’écrivain de science fiction Philip K. Dick l’avait imaginé dans son livre « Minority Report « … Palantir Technologies l’a en quelque sorte réalisé.

Récemment, le nom de Palantir Technologies a été mêlé à celui de Cambridge Analytica, cette entreprise ayant collecté et exploité, à leur insu, les données de millions d’abonnés au réseau social Facebook, lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

Aussi, à plusieurs reprises, Guillaume Poupart, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations [ANSSI], a fait part de ses réticences à l’égard des logiciels de Palantir Technologies.

« On peut certes s’interroger sur certains logiciels comme ceux de Palantir […] Il va de soi qu’il faut par exemple déconnecter les logiciels Palantir, qui permettent d’effectuer des recherches dans les données, car il est hors de question que l’éditeur de Palantir ait accès aux données opérationnelles traitées par le logiciel. Or, c’est de plus en plus compliqué : de nombreux éditeurs logiciels, en effet, dégagent leur plus-value en fournissant non plus un simple CD-ROM comme autrefois mais un système à distance, en cloud, qui, pour fonctionner, ne doit plus se trouver chez le client mais chez l’éditeur, ce qui soulève de nombreuses questions », avait ainsi expliqué M. Poupard aux députés de la commission de la Défense.

Plus récemment, au Sénat, il s’est fait plus pressant. « Pour ce qui est de l’exploitation de données massives non structurées, j’avoue ne pas comprendre pourquoi l’on n’est pas capable de faire un Palantir européen. Cela ne me paraît pas hors de portée. Ceux qui dirigeront le monde demain sont ceux qui seront capables de posséder les données et de savoir comment les traiter. Renoncer au traitement des données nous condamne à être des vassaux. Le temps presse. »

Finalement, cette alternative aux logiciels Palantir que le directeur de l’ANSSI appelait de ses voeux existe désormais. Et elle est française.

Ce 16 octobre, le Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres [GICAT] a en effet annoncé que le « Cluster Data Intelligence« , une structure réunissant 22 entreprises spécialisés créée en décembre 2016, est en mesure de proposer une offre « cohérente, souveraine, modulaire, compétitive, répondant concrètement aux besoins, avec un coût de possession transparent, à disposition des services de renseignement et entreprises ayant des problématiques liées au Big Data. »




Et d’ajouter : « Cette offre souveraine peut répondre aux besoins et contraintes de l’administration et entreprises françaises, mais elle peut également bénéficier à d’autres pays à la recherche de solutions ‘indépendantes’, représentant ainsi une véritable opportunité à l’export pour les industriels français. »

Cela étant, la Direction générale de l’armement [DGA] conduit un autre programme visant à permettre le traitement massif de données. Appelé « Artemis », il a été confié en novembre 2017 aux sociétés Capgemini et Athos-Bull, ainsi qu’au groupement Thales/Sopra-Steria.

« Dès mi-2019, le cloud Artemis permettra d’inviter des partenaires innovants pour tester l’intégration de leurs modules de traitement et applications. À partir du second semestre 2019, des versions Lab’ équiperont les sites du ministère des Armées pour effectuer des évaluations des nouveaux algorithmes sur des données réelles dont le contrôle sera assuré en toute sécurité. Une première version du système sera fournie fin 2019 et des déploiements pilotes suivront en 2020 à Brest, Rennes et en région parisienne puis sur l’ensemble des réseaux du ministère des Armées », a récemment expliqué la DGA, après un forum dédié à ce sujet.

« À terme, l’écosystème Artemis a vocation à faire émerger des applications utilisant l’intelligence artificielle pour le traitement massif de données qui permettront au combattant de se concentrer sur les informations importantes afin de pouvoir prendre des décisions rapides et efficaces », a-t-elle ensuite indiqué.

dimanche 14 octobre 2018

Affaire Khashoggi : la montre qui a fait capotée l'opération qui devait restée secrète


« C’est comme dans ‘Pulp Fiction’ »


Le consulat d'Arabie Saoudite à Istambul


Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, qui devait réaliser des démarches administratives dans les locaux du consulat d’Arabie saoudite en Turquie, aurait été assassiné dans les deux heures qui ont suivi son arrivée dans les locaux. Un meurtre commis sur ordre de la Cour royale et dont Erdogan a rapidement été mis au courant.

Selon les renseignements turcs, et ce malgré le démenti catégorique de Mohammed bin Salman, Khashoggi aurait ensuite été démembré à la scie par des agents spécialement venus pour faire le travail. Au nombre de quinze, ces agents saoudiens étaient arrivés sur deux vols de la Sky Prime Aviation le 2 octobre dernier, jour de la disparition du journaliste, avant de repartir vers Riyad quelques heures après. Parmi eux, notamment, un expert des autopsies « vraisemblablement présent pour aider à démembrer le corps ».

Selon le NYT, les services de renseignements turcs ont bel et bien obtenu une vidéo de l’assassinat par les Saoudiens du journaliste porté disparu. C’est en tout cas ce qu’assure Kemal Ozturk, chroniqueur dans un journal pro-gouvernemental turc.

Les États-Unis savaient

Le Washington Post, qui s'appuie sur des rapports des services de renseignements américains, affirme que l'Arabie saoudite avait l'intention de ramener Jamal Khashoggi dans son pays, afin de le placer en détention. Quinze membres d'une équipe de sécurité saoudienne aurait été envoyés à Istanbul dans ce but.



Les hommes entré et reparti d’Istanbul le 2 octobre 2018, jour de la disparition de Jamal Khashoggi, tous travaillaient pour le gouvernement saoudien 


Chef de la médecine légale saoudienne
et expert en autopsie                                                                    Lieutenant Air Force
Source: Sabah et responsables turcs

1- Naif Hassan S. Alarifi (1986)
2- Salah Muhammed A Tubaigy (1971)
3- Mansur Othman M. Abahüseyin (1972)
4 - Meshal Saad M Albostani (1987)
5- Saif Saad Q Alqahtani (1973)
6- Muhammed Saad H. Alzahrani (1988)
7- Abdulaziz Muhammed M. Alhawsawi (1987)
8- Badr Lafi M. Alotaibi (1973)
9- Türki Müşerref M. Alsehri (1982)
10- Halid Aedh G. Altaibi (1988)
11- Thaar Ghaleb T. Alharbi (1979)
12- Fahad Shabib A. Albalawi (1985)
13- Waleed Abdullah M. Alsehri (1980)
14- Mustafa Muhammed M. Almadani (1961)
15 - Maher Abdulaziz M. Mutreb (1971)


Selon Sabah, qui cite "des sources fiables appartenant à un service de renseignements spécial", le journaliste a activé sa montre connectée Apple Watch qu'il portait quand il est entré dans le bâtiment. Celle-ci était synchronisé électroniquement avec l'iPhone qu'il a donné à sa fiancée avant d'entrer dans le bâtiment. Des membres des services de renseignements saoudiens s'en sont rendus compte après sa mort et ont utilisé ses empreintes digitales pour supprimer certains fichiers, mais d'autres ont pu être récupérés sur son téléphone, poursuit-il.

"Les moments où Khashoggi a été interrogé, torturé et assassiné ont été enregistrés dans la mémoire de l'Apple Watch", écrit l'auteur de l'article de Sabah, précisant que la montre était synchronisée avec son iPhone, qu'il a confié à sa fiancée avant d'entrer au consulat.

Les autorités turques détiennent des preuves audio et vidéo de l’assassinat du journaliste dans le consulat saoudien, où l'on entendrait sa voix et celle d'hommes lui parlant en arabe, ainsi que des sons qui laisseraient entendre qu'il aurait été torturé.

Le mardi 2 octobre, le commando saoudien de quinte personnes seraient arrivés dans deux vols séparés à Istanbul, ayant réservé dans deux hôtels à proximité du consulat, ils ne dormiront finalement pas dans leurs chambres et repartiront le soir même pour Ryad. Il aurait même apporté avec eux une scie à os. "Un air de Pulp Fiction", selon une source proche de l'enquête. Le corps démembré aurait ensuite été "mis dans des caisses avant d'être transféré par avion hors du pays", selon une source au Washington Post.

Des responsables turcs ont déclaré savoir à quel moment et à quel endroit dans le bâtiment le journaliste saoudien a été assassiné. « Nous savons quand Jamal a été tué, dans quelle pièce il a été tué et où il a été emmené pour être démembré. Si la police scientifique est autorisée à entrer, elle sait exactement où aller », a déclaré une source turque à MEE.

Des preuves médico-légales ont notamment été recueillies lors de fouilles du réseau d’égouts relié au bâtiment du consulat saoudien.

Une opération "HOMO"

MEE révèle les circonstances de la disparition du journaliste, dans ce qui ressemble à un guet-apens, tel que dévoilées par ses sources : « Khashoggi s’est rendu pour la première fois au consulat le vendredi 28 septembre et a rencontré un diplomate saoudien dans le but d’obtenir les papiers dont il avait besoin.

Le diplomate saoudien l’a confié à un membre des services de renseignement saoudiens, qui a déclaré que le consulat n’était pas en mesure de fournir ce dont il avait besoin ce jour-là, mais qu’il pourrait revenir la semaine suivante, selon la source.

Khashoggi a quitté le bâtiment vendredi avec le numéro de téléphone du responsable des renseignements.

Mardi dernier, Khashoggi a téléphoné au consulat le matin et demandé s’il devait toujours s’y rendre. On lui a répondu que les documents étaient prêts, selon la même source. Son rendez-vous était fixé à 13 h.

Une demi-heure avant, pendant la pause déjeuner au consulat, tous les membres du personnel local sont sortis pour leur pause habituelle d’une heure. Alors qu’ils partaient, on leur a demandé de prendre leur après-midi car une réunion diplomatique de haut niveau était prévue au consulat, selon notre source ».

Entré au consulat à 13 h 14 (la vidéo ci-dessous l’atteste), « il a été accueilli par un fonctionnaire et conduit dans le bureau du consul général. Peu de temps après, deux hommes sont entrés dans la pièce et ont traîné Khashoggi hors du bureau, dans une autre pièce où ils l’ont tué » indique la source de MEE, sans préciser comment il a été tué. « Le corps  a ensuite été traîné dans une troisième pièce et démembré ».

Parmi les vingt-deux voitures immatriculées au consulat, trois ou quatre sont retenues dans l’enquête sur le meurtre. L’un des véhicules aurait quitté le bâtiment du consulat à 15 h 15 et se serait rendu à plusieurs centaines de mètres, à proximité du domicile du consul général, rapporte encore MEE, qui croit comprendre que le procureur général envisage maintenant de fouiller le jardin du consul général pour savoir si les restes du corps de Khashoggi y sont enterrés.

Une autre source turque a affirmé à MEE que « le consul général n’avait pas quitté son domicile depuis trois jours et avait annulé tous ses rendez-vous ».

Cette source a également indiqué que « la police turque voulait perquisitionner la résidence et emmener toutes les voitures enregistrées au consulat dans un lieu sûr pour les examiner, mais les Saoudiens n’ont pas donné leur autorisation ».

Une source a également déclaré à MEE que les Saoudiens avaient emporté avec eux tous les disques durs de la salle des caméras de surveillance du consulat à leur sortie du bâtiment.

Les Saoudiens ont également annulé mardi une proposition qu’ils avaient initialement faite de permettre à la police scientifique turque de se rendre sur les lieux.

Une source saoudienne a déclaré à Reuters que selon les services de renseignement britanniques, ils avaient tenté de droguer Khashoggi à l’intérieur du consulat et que cela se serait terminé en overdose.

Cette source a précisé que les informations provenaient d’une source des renseignements britanniques. Contacté par Reuters, les services en question n’ont pas commenté. Interrogé sur cette version des faits, un responsable saoudien a vivement démenti : « Cette mort n’est pas vraie ».

Les saoudiens démentent sans apporter de preuve

Les autorités saoudiennes ont fermement démenti toute implication dans sa disparition et ont affirmé qu'il avait quitté le consulat peu de temps après son arrivée. Cependant, ils n’ont présenté aucune preuve corroborant leur affirmation et affirment que les caméras vidéo de la société n’enregistraient pas à l’époque.

«Les services turcs sont extrêmement compétents, notamment en ce qui concerne les menaces ou les incidents internes», a déclaré Thad Troy, cadre supérieur de la société d'intelligence économique Crumpton Group et ancien dirigeant de la CIA avec une expérience en Turquie.

"Les Saoudiens auraient été extrêmement naïfs de croire qu'ils pourraient s'en sortir", a-t-il déclaré, notant que les services de renseignement des deux pays avaient déjà entretenu des "relations étroites".

Mardi, des responsables saoudiens ont commencé à contacter leurs homologues turcs pour des entretiens secrets sur la résolution du problème. Les Saoudiens ont déclaré à Washington qu’ils pensaient pouvoir régler la question, selon des responsables turcs et américains informés des discussions.

Ryad, qui a accepté de participer à l'enquête et une délégation saoudienne est arrivée vendredi en Turquie.

Conclusions

Si les 15 hommes ont effectivement tué M. Khashoggi sur l'ordre de la cour royale saoudienne, ainsi que l'ont indiqué des responsables turcs, la facilité avec laquelle ils semblent avoir été identifiés laisse à penser qu'ils ont peu fait pour dissimuler leurs traces. Et cela suggère qu'ils ont été négligents ou qu'ils souhaitaient que leurs actions soient découvertes - peut-être pour intimider les autres.

Sabah a publié des photographies de tous les 15 Saoudiens. Une semble être Salah Muhammad al-Tubaigy , le chef de preuve médico - légale et un expert autopsie dans la direction de la sécurité publique du ministère de l' Intérieur. Une photo d'un homme entrant dans l'aéroport Ataturk et représentée à Sabah semble correspondre aux photos partagées en ligne de M. Tubaigy.

Salah Muhammad al-Tubaigy


Un autre Saoudien identifié à Sabah, Meshal Saad al-Bostani, semble être un lieutenant de l'armée de l'air saoudienne, né en 1987. Une photo d'un homme à l'aéroport semble correspondre à celle du profil Facebook d'un homme du même nom qui a dit-il a étudié à l'Université de Louisville.

Des responsables des services de renseignement américains ont déclaré au Washington Post qu'ils se sont vu présenter des enregistrements vidéo et audio du meurtre du dissident saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de sa propre nation à Istanbul.

Selon des responsables des services de renseignements cités par le journal The Post , les enregistrements capturent les moments qui ont précédé et décrit ce qu'ils ont décrit comme la mort violente de M. Khashoggi.

TF121

samedi 13 octobre 2018

Daesh a lancé une contre-attaque dans région d’Hajine


Le dernier compte-rendu des opérations publié par l’État-major des armées [EMA] indique que la force Chammal a connu une activité soutenue au cours de ces derniers jours. Ainsi, depuis l’Irak, les 3 CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155mm] des artilleurs de la Task Force « Wagram » ont réalisé 18 missions de tirs entre le 3 et le 9 octobre pour appuyer l’offensive menée par les Forces démocratiques syriennes [FDS, alliance arabo-kurde, ndlr] contre les positions de Daesh [État islamique ou EI] dans le secteur de Hajine, en Syrie.

Durant la même période, les Rafale de l’armée de l’Air ont effectué trois frappes au nord d’Abou Kamal, également en appui des FDS. Au total, les avions engagés dans l’opération Chammal ont effectué 18 sorties.

Sans doute que le prochain compte-rendu de l’EMA fera état d’une activité encore plus soutenue pour les militaires français engagés au Levant, étant donné que, depuis le 10 octobre, Daesh a lancé une contre-offensive afin de desserrer l’étau des FDS autour de Hajine, qui est l’un de ses derniers bastions en Syrie, dans la province de Deir ez-Zor.

Le 10 septembre, les FDS, avec l’appui de la coalition dirigée par les États-Unis, ont lancé une nouvelle phase de l’opération Roundup, qui vise à réduire les derniers positions encore tenues par Daesh en Syrie, dans une poche d’une vingtaine de kilomètres.

Seulement, la progression est aussi lente que difficile, en raison des mines et autres engins explosifs improvisés laissés par les jihadistes, qui seraient environ 3.000, ainsi que de la complaisance d’une partie de la population à l’égard de l’EI.

Les opérations des FDS pourraient donc encore être ralenties par cette contre-offensive lancée par Daesh, favorisée par une tempête de sable qui rend plus compliquées les missions d’appui aérien menée par la coalition anti-EI.

Daesh « a réussi à avancer sur le terrain », aidé par les conditions climatiques qui ont « empêché l’aviation de la coalition de mener des frappes » ciblant les jihadistes, a en effet indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], qui a également affirmé que 35 combattants des FDS avaient été faits prisonniers par les jihadistes. Cette information a toutefois été démenties par l’alliance arabo-kurde.

En revanche, cette dernière a confirmé l’attaque d’un camp de déplacés et affirmé qu’un « groupe de civils » avait été enlevés par Daesh. Selon l’OSDH, « plus d’une centaine de familles », dont celles d’anciens membres de l’organisation jihadiste ayant fait défection, seraient concernées. Toutes auraient été emmenées à Hajine.

Les FDS ont évoqué des affrontements qui ont « duré plusieurs heures » et fait état de pertes dans leurs rangs. Ce 12 octobre, elles ont également signalé d’intenses combats sur l’axe al-Bagous-al-Bahra-Hajine. Profitant, là-encore, d’une tempête de sable, Daesh « a lancé une attaque massive et violente sur un grand nombre de points de concentration de nos combattants », ont-elles indiqué. « Nos forces ont réagi à toutes les attaques terroristes, faisant des dizaines de morts et de blessés » parmi les jihadistes », a-t-elle ensuite assuré.

Selon un reportage publié cette semaine par l’hebdomadaire Le Point, le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, se cacherait à Hajine. De quoi renforcer la détermination des jihadistes face aux FDS… À moins que les contre-attaques de ces derniers jours ait pour objectif de l’exfiltrer vers un autre endroit.

Affaire Khashoggi : les Saoudiens dépensent 110 milliards de dollars par an en équipements militaires




Conséquences économiques

L'affaire Khashoggi faisait vendredi des remous dans le monde des affaires, dont certains grands noms prennent leurs distances avec l'Arabie Saoudite, au risque de compromettre les ambitieux projets économiques de son prince héritier.

L'éditorialiste critique du pouvoir saoudien et collaborateur du Washington Post n'a plus donné de signe de vie depuis son entrée le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Des responsables turcs ont affirmé qu'il y avait été assassiné par des agents saoudiens. Ryad dément et maintient, sans preuve à l'appui, qu'il a quitté le bâtiment. L'affaire risque de provoquer une crise diplomatique et fait craindre des répercussions économiques.

Le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, a annoncé sa décision de geler plusieurs projets d'affaires avec le royaume, qui lui avait pourtant donné un poste de conseiller dans le tourisme et promis d'investir un milliard de dollars dans ses projets de tourisme spatial.

«Si ce qui a été rapporté à propos de la disparition du journaliste Jamal Khashoggi est véridique, cela changerait radicalement les perspectives d'affaires de tous les Occidentaux vis-à-vis du gouvernement saoudien», a souligné M. Branson dans un communiqué publié jeudi soir.

Si les Etats-Unis, traditionnels alliés de Ryad, ont réclamé des explications à l'Arabie saoudite, le président Donald Trump a toutefois d'ores et déjà exclu un gel des ventes d'armes américaines en guise de sanctions.

Les Saoudiens «dépensent 110 milliards de dollars en équipements militaires et sur des choses qui créent des emplois (...) dans ce pays. Je n'aime pas l'idée de mettre fin à un investissement de 110 milliards de dollars aux États-Unis» qu'ils risqueraient de «dépenser en Russie ou en Chine», a-t-il lancé depuis la Maison Blanche jeudi.

«Davos du désert»

Mais des grands noms de l'économie mondiale et des médias, censés participer à la deuxième édition du sommet «Future Investment Initiative», du 23 au 25 octobre à Ryad, ont commencé à prendre leurs distances.

Ce «Davos du désert», en référence à la réunion chaque année du gratin des affaires dans les Alpes suisses, sert de vitrine aux très ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Sauf que sa liste d'invités se réduit. New York Times, CNN, LA Times, Viacom ou The Economist: plusieurs médias partenaires ont annulé leur venue. Et le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi, n'ira pas à Ryad «à moins qu'une série de faits considérablement différents n'émerge» sur la disparition du journaliste saoudien, a-t-il dit à des journalistes, selon l'agence Bloomberg - elle même partenaire de l'événement. Le fonds souverain saoudien avait investi 3,5 milliards de dollars en 2016 dans la compagnie de VTC.

Le géant allemand Siemens, dont le patron Joe Kaeser est également invité au sommet, n'a pour l'instant pas annulé sa participation mais le groupe a fait savoir à l'AFP qu'il «surveillait la situation de près».

Sur son site internet, «Future Investment Initiative» annonce également la venue de la patronne du FMI Christine Lagarde, du patron de la grande banque américaine JP Morgan, Jamie Dimon, ou encore du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, qui ne se sont jusqu'ici pas exprimés sur leur participation.

Côté français, les dirigeants de BNP Paribas, Société Générale, Thales, EDF et AccorHotels, entre autres, sont annoncés.

Que ces têtes d'affiche viennent ou pas, l'ambiance s'est de toute façon singulièrement rafraîchie depuis l'édition 2017 du «Davos du désert». L'Arabie Saoudite avait alors sorti le grand jeu, à coups de lions en hologrammes et de robots qui parlent, pour éblouir 3.500 chefs d'entreprise.

L'enjeu va bien au-delà du prestige: Mohammed Ben Salmane, dit «MBS», a besoin d'embarquer les grands patrons et investisseurs mondiaux à bord de son pharaonique projet «Vision 2030», censé transformer le premier exportateur de pétrole mondial en géant du numérique et des services.

Le fonds souverain saoudien multiplie pour ce faire les investissements dans différents secteurs d'activité comme les voitures électriques avec Lucid, un concurrent de Tesla, ou le tourisme spatial avec Virgin.

Pour financer le tout, l'Arabie Saoudite compte mettre sur le marché 5% du géant pétrolier Aramco, ce qui pourrait rapporter pas moins de 100 milliards de dollars selon MBS. Un temps envisagée pour cette année, cette fusion monstre a finalement été repoussée à fin 2020, au plus tôt.



Washington se distancie (légèrement) de leur allié (indispensable) Saoudien

L'affaire Khashoggi continue de faire des vagues. Le président américain Donald Trump a estimé que l'Arabie saoudite pourrait être derrière la disparition du journaliste Jamal Khashoggi et que si tel était le cas, son pays infligerait un «châtiment sévère» au royaume, tout en continuant d'exclure une limitation des ventes d'armes.

«Pour l'instant, ils démentent (leur implication) et la démentent vigoureusement. Est-ce que ça pourrait être eux? Oui», a dit le président dans un entretien à la chaîne CBS, enregistré jeudi et diffusé samedi.

Si l'Arabie saoudite s'avérait effectivement responsable, il y aurait «un châtiment sévère», a-t-il ajouté dans cet entretien dont la totalité sera diffusée dimanche soir.

M. Trump a affirmé que le sujet était particulièrement important «parce que cet homme était journaliste».

Mais, interrogé sur les options envisagées, le président américain a dit ne pas être partisan d'une limitation des ventes d'armes au royaume, ce qu'il avait déjà dit précédemment.

«Je vais vous donner un exemple, ils commandent des équipements militaires. Tout le monde à travers le monde voulait cette commande. La Russie la voulait, la Chine la voulait, nous la voulions. Nous l'avons eue, et nous l'avons eue entière», a-t-il dit.

«Je vais vous dire ce que je ne veux pas faire. Boeing, Lockheed, Raytheon, je ne veux pas nuire aux emplois. Je ne veux pas perdre une commande pareille», a-t-il ajouté, estimant qu'il y avait «d'autres moyens de punir».



Série d'articles critiques de Jamal Khashoggi

Jamal Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis il y a un an, craignant que ses opinions ne lui valent des représailles. Il a quitté l'Arabie en septembre 2017 quand les autorités l'ont sommé de cesser de s'exprimer sur Twitter.

Au cours de l'année écoulée, il a écrit une série d'articles publiés par le Washington Post, dans lesquels il dénonçait l'attitude de Ryad à l'égard du Qatar et s'indignait de la guerre au Yémen, de la répression politique ou de la censure.


AFP

jeudi 11 octobre 2018

Jamal Khashoggi: le film des événements


Voici le film des événements depuis la disparition du journaliste Jamal Khashoggi après son entrée au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre. M. Khashoggi s'était exilé aux Etats-Unis l'année dernière, redoutant une arrestation après avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'intervention militaire de Ryad au Yémen.

2 octobre: entre au consulat

A 13H14 heure locale (10H14 GMT) Jamal Khashoggi entre au consulat saoudien à Istanbul, selon une image de caméra de surveillance publiée par le quotidien américain Washington Post, avec lequel il collabore.

Il a rendez-vous pour obtenir «un document saoudien certifiant qu'il n'était pas déjà marié», selon sa fiancée turque, Hatice Cengiz. Depuis, il n'a pas donné signe de vie. «Ses amis l'avaient mis en garde», raconte son ami Yasin Aktay, également conseiller du président Recep Tayyip Erdogan. «Mais lui disait que (les autorités saoudiennes) ne pouvaient rien lui faire en Turquie».

3 octobre: porté disparu

Le rédacteur en chef de la rubrique opinion du Washington Post, Eli Lopez, indique être dans «l'incapacité de joindre Jamal (...) nous sommes très inquiets». Sa fiancée campe devant le consulat en quête de nouvelles. «Selon les informations dont nous disposons» il «se trouve au consulat», indique la présidence turque.

4-5 octobre: dénégations saoudiennes

Ryad affirme que Jamal Khashoggi a disparu après avoir quitté le consulat. L'ambassadeur saoudien est convoqué par le ministère turc des Affaires étrangères. «D'après ce que j'ai compris, il est entré et est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr», déclare à l'agence Bloomberg le prince héritier saoudien, invitant les autorités turques à «fouiller» le consulat.

Dès que l'affaire éclate, des comptes Twitter pro-saoudiens accusent pêle-mêle le Qatar, rival régional de Ryad et allié d'Ankara, la Turquie, les Frères musulmans ou encore la fiancée de mener une machination pour discréditer l'Arabie saoudite.

6 octobre: tué dans le consulat?

Des responsables turcs affirment que selon les premiers éléments de l'enquête, M. Khashoggi a été tué à l'intérieur du consulat par une équipe de Saoudiens arrivés à Istanbul par avion et repartis le jour même. Ryad dément fermement.

7 octobre : Erdogan attend

Les autorités turques demandent à l'ambassadeur saoudien de pouvoir fouiller le consulat, selon la chaîne privée NTV. Le président turc Recep Tayyip Erdogan dit attendre le résultat de l'enquête avant de se prononcer. «Le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses avant d'être transféré par avion hors du pays» affirme le Washington Post, citant un responsable américain briefé par ses homologues turcs.

8 octobre: pressions sur Ryad

Recep Tayyip Erdogan met les autorités saoudiennes au défi de «prouver» que le journaliste avait quitté le consulat.

Le président américain Donald Trump se dit «préoccupé» par sa disparition. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo appelle Ryad à «soutenir une enquête approfondie» et à la transparence.

9 octobre: le consulat sera fouillé

L'Arabie saoudite a donné son feu vert pour une fouille du consulat par les services de sécurité turcs, selon la diplomatie turque. La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World rapporte que les autorités soupçonnent des Saoudiens d'être repartis avec les images de vidéosurveillance du consulat.

10 octobre: enlèvement?

Des images de vidéo-surveillance, diffusées par des médias turcs montrent l'arrivée à Istanbul de Saoudiens soupçonnés d'avoir conduit l'opération contre le journaliste. Elles montrent aussi un van entrer dans le consulat le 2 octobre puis se rendre à la résidence du consul toute proche. La veille, certains médias avaient évoqué la possibilité que le journaliste ait été enlevé et amené en Arabie saoudite.

Le Washington Post affirme que les services de renseignement américains avaient connaissance d'un projet saoudien, impliquant le prince héritier, consistant à attirer le journaliste dans un piège pour l'arrêter.

«Nous n'étions pas informés à l'avance de la possible disparition de M. Khashoggi», affirme le département d'Etat. Donald Trump réclame des explications à l'Arabie saoudite sur le sort du journaliste. Il dit être en contact avec la fiancée de M. Khashoggi, qui a demandé son aide.

11 octobre: Erdogan s'impatiente, Trump s'en mêle(un peu)

Le président turc réclame de nouveau des images de surveillance du consulat prouvant que le journaliste est ressorti, alors que les Saoudiens affirment que leurs caméras ne fonctionnaient pas ce jour-là. La fouille du consulat n'a toujours pas eu lieu.

Donald Trump a réclamé mercredi des explications à l'Arabie saoudite sur le sort d'un journaliste saoudien disparu depuis plus d'une semaine à Istanbul, après la révélation d'éléments accréditant la thèse de sa capture ou de son assassinat par des agents de son pays.

Le président des États-Unis a déclaré mercredi à la presse à Washington s'être entretenu «au plus haut niveau» avec les Saoudiens, et ce «plus d'une fois», au sujet de Jamal Khashoggi, qui n'a plus donné signe de vie depuis qu'il est entré dans le consulat saoudien d'Istanbul le 2 octobre.

«Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n'aimons pas ça» et «nous voulons savoir ce qu'il se passe là-bas», a-t-il assuré. «Ce ne serait pas une bonne chose du tout» si une implication des Saoudiens s'avérait, a-t-il dit tard dans la soirée à la chaîne Fox News.

La Maison Blanche a précisé que deux des plus proches conseillers du président, son gendre Jared Kushner et le responsable du conseil de Sécurité nationale John Bolton, avaient parlé mardi au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, avant un nouvel appel du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo pour «réitérer» les demandes de Washington: «des détails» sur la disparition et «la transparence du gouvernement saoudien concernant l'enquête».

Interrogé sur la réponse de Ryad à ces requêtes, le département d'Etat américain s'est réfugié derrière des «conversations diplomatiques privées», prenant soin de ne pas condamner frontalement les autorités saoudiennes à ce stade. Donald Trump a également dit être en contact avec la fiancée du journaliste, Hatice Cengiz, qui avait demandé son aide et celle de son épouse Melania pour «faire la lumière» sur cette affaire. Le royaume wahhabite est l'un des plus proches alliés des Etats-Unis.

En parallèle, des sénateurs américains, républicains et démocrates, ont activé une loi qui oblige Donald Trump à rendre des conclusions sur ces faits au Congrès américain d'ici 120 jours. S'il établit qu'un ressortissant étranger s'est rendu coupable d'une exécution sommaire, de torture ou d'autres atteintes aux droits de M. Khashoggi, alors Washington pourra imposer des sanctions contre cette ou ces personnes.

Selon le «Washington Post», les services de renseignement américains avaient intercepté, avant sa disparition, des communications entre responsables saoudiens évoquant son enlèvement.

Le journaliste de 59 ans, qui avait choisi de vivre aux Etats-Unis, avait fait part à plusieurs de ses amis de sa méfiance à l'égard de propositions qui lui auraient été faites par des responsables saoudiens. Il se serait vu offrir une protection ou même un emploi de haut niveau.

Le journal souligne qu'une implication personnelle de Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime saoudien, pourrait se révéler embarrassante pour l'administration Trump si elle était confirmée. Le prince héritier entretient des liens étroits avec de hauts responsables américains, au premier rang desquels Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump.

Interrogé par les journalistes, le porte-parole adjoint du département d'Etat Robert Palladino a affirmé mercredi que les Etats-Unis n'étaient pas informés de menaces pesant sur Jamal Khashoggi. «Bien que je ne puisse pas m'exprimer sur les questions de renseignement, je peux catégoriquement dire que nous n'étions pas informés à l'avance de la possible disparition de M. Khashoggi», a-t-il dit.

Déplorant une réaction américaine timorée, Sarah Margon, de l'organisation Human Rights Watch, estime que Washington «dispose des outils pour répondre rapidement, c'est une question de volonté politique». Reporters sans frontières appelle de son côté à une «enquête internationale indépendante», soulignant que plus de 15 journalistes et blogueurs saoudiens ont été arrêtés «dans la plus grande opacité» depuis un an.

AFP

Le Hong-20, le nouveau bombardier stratégique chinois




En 2016, le général Ma Xiaotian, alors chef d’état-major de la composante aérienne de l’Armée populaire de libération [APL] confirma les rumeurs qui circulaient à l’époque au sujet du développement d’un bombardier stratégique de nouvelle génération, appelé H-20. « Vous aurez bientôt l’occasion de le voir », avait-il dit, sans donner plus de précisions, à l’occasion du 70e anniversaire de l’école d’aviation du Nord-Est.

Mais deux ans plus tard, ce nouvel appareil n’a toujours pas officiellement été présenté. Cependant, les choses semblent se préciser. Ainsi, en mai dernier, son constructeur présumé, Xian Aircraft Industrial Corporation, s’inspira d’une publicité diffusée par Northrop Grumman au sujet de du bombardier B-21 Raider (qui est encore confidentiel) à l’occasion de la finale du SuperBowl 2015, afin de suggérer que le développement du H-20 était alors à un stade avancé.

Sur les images ainsi diffusées, l’on pouvait voir la silhouette d’un appareil ayant la forme d’une aile volante, recouverte d’un drap. Ce qui donnait des indices sur le concept retenu par l’état-major chinois. En 2015, un article publié par le quotidien officiel chinois China Daily avait révélait qu’il y avait deux « écoles » : l’une misait sur un bombardier supersonique pour pénétrer les défense adverses (à l’image des Tu-160 russes et des B-1 Lancer américains) tandis que l’autre estimait qu’il fallait privilégier la survivabilité et une longue distance de pénétration, c’est à dire un avion furtif.

Visiblement, ce serait donc la seconde hypothèse qui a été privilégiée. Ce qu’a semblé confirmer, en août, un documentaire diffusé par CCTV, la télévision d’État chinoise, au sujet de ce futur bombardier. En effet, des images d’un appareil furtif et présenté comme étant le H-20 [ou Hong-20] furent montrées à cette occasion.

On en était resté là jusqu’à la publication, le 9 octobre, d’un article du quotidien Global Times [lié au Parti communiste chinois, ndlr] au sujet de ce H-20. Citant des experts militaires, dont Song Zhongping, le journal a affirmé que le premier vol d’essai de ce bombardier « devrait avoir bientôt lieu. »

« Généralement, le développement des équipements et des armements de l’Armée de libération du peuple est hautement confidentiel », a relevé Song Zhongping. Mais la communication à son sujet, comme lors du documentaire télévisé d’août dernier, laisse entendre que les « tests des systèmes de pression hydraulique, d’alimentation en électricité et d’avionique sont sans doute terminés », a-t-il ajouté.

« La nouvelle génération de bombardiers peut transporter plus de bombes que les H-6K, bénéficier de la furtivité et être en mesure de frapper des cibles à distance de sécurité », avait auparavant expliqué cet expert militaire, en avril dernier.

Les détails sur ce H-20 sont peu nombreux. Selon les sources, il serait doté de deux ou de quatre moteurs et pourrait emporter entre 10 et 20 tonnes de munitions (dont un version aéroportée du missile de croisière CJ-10K) tout en ayant une autonomie comprise entre 5.000 et 7.500 km.

Daesh aurait mis la main sur des bonbonnes de chlore en Syrie


La Défense russe affirme que des djihadistes de Daesh se sont emparé de bonbonnes de chlore lors d'une attaque visant un autre groupe islamiste, le Front al-Nosra, dont plusieurs membres auraient été tués.

Le 10 octobre, le général de l'armée russe Vladimir Savtchenko, chef du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, a rapporté que la veille, un groupe affilié à Daesh avait mené une attaque contre les islamistes du Front al-Nosra, liés à al-Qaïda (désormais rebaptisé Hayat Tahrir al-Cham), dans la localité d'Al-Lataminah, dans l'ouest du pays. Lors de cet assaut, les djihadistes se seraient emparé de deux bonbonnes de chlore. Quatre combattants d'al-Nosra et deux membres du groupe controversé Casques blancs ont été tués dans l'attaque, selon les informations du centre russe.

Le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie a en outre accusé les pays occidentaux d'avoir, par leurs «actions irresponsables» permis à des «substances chimiques [de se retrouver] dans les mains des terroristes de l'Etat islamique, dont les actions sont impossibles à prédire».

Par le passé, la Russie a accusé à plusieurs reprises les groupes armés rebelles de préparer des mises en scène d'attaques chimiques afin d'en imputer la responsabilité à Damas, le tout avec la complicité, selon Moscou, de gouvernements occidentaux.

La police aérienne totale sera assurée fin 2020



La police aérienne pourra être assurée dès 2019 tous les jours de 6h00 à 22h00. En attendant que les deux jets soient disponibles 24/24 heures plus d'un an plus tard. Des tests seront menés la semaine prochaine, a indiqué jeudi le Département fédéral de la défense.

La limitation de l'activité de la police aérienne aux heures de bureau avait fait grand bruit. Le Parlement avait exigé une disponibilité complète. Celle-ci sera atteinte en quatre étapes.

Depuis début 2016, deux avions se sont tenus prêts pendant 50 semaines à intervenir du lundi au vendredi de 8h00 à 18h00. A partir de janvier 2017, la disponibilité a été étendue à 365 jours par an.

Dès le 1er janvier prochain, les jets seront prêts à intervenir de 6h00 à 22h00, période pendant laquelle 90% du trafic aérien passe au-dessus de la Suisse. La couverture 24/24 heures sera assurée dès fin 2020. Ce pourrait déjà être le cas auparavant pendant une période limitée en cas de besoin ou dans le cadre d'une mission.

Pendant la période d'opérabilité, deux avions de combat armés sont prêts à décoller dans un délai de 15 minutes au maximum. Ils peuvent intervenir si des aéronefs violent la souveraineté de l'espace aérien ou commettent de graves infractions aux règles du trafic.

Les jets peuvent aussi être utilisés pour des contrôles ponctuels d'avions officiels appartenant à des Etats étrangers qui ont besoin d'une autorisation pour survoler la Suisse, ou pour pour des missions d'entraînement.

L'armée procédera à des tests du 15 au 19 octobre. Il est possible que, pendant cette période, des vols aient lieu en dehors des horaires réguliers de service, éventuellement même au milieu de la nuit.

Le site principal est Payerne (VD). Lorsque la piste est fermée, les avions décolleront depuis Emmen (LU) ou Meiringen (BE). Compte tenu d'une disponibilité accrue, il faudra s'attendre à des vols bruyants en dehors des périodes habituelles.

Les Forces aériennes brillent dans l'Oberland





L'aviation militaire suisse a donné un aperçu de ses compétences en terrain alpin lors du traditionnel tir aérien sur l'Axalp (BE). Le programme a été un peu adapté à cause de forts vents.

Les sauts en parachute ont par exemple été annulés, explique Jürg Nussbaum, chef de la communication de l'armée de l'air. Quelque 7000 à 8000 fans d'aviation ont assisté à des démonstrations des avions de chasse suisse F/A-18 et F-5E (Tiger). C'est la dernière fois qu'un Tiger procédait à des tirs sur l'Axalp.

Le Conseil fédéral a en effet demandé, dans le message sur l'armée 2018, que les systèmes d'armement désormais inutiles soient mis hors service. Cette mesure concerne 27 des 53 Tiger. Les 26 Tiger restants continueront d'être utilisés pour des tâches secondaires.

ATS