Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies ou d'articles d'auteurs d'attentats, pour éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est combattre le djihadisme !

vendredi 17 novembre 2017

La mafia voulait la peau de Carla Del Ponte


L'attentat manqué contre le juge anti-mafia italien Giovanni Falcone en 1989 visait également Carla Del Ponte, affirmait en 2002 un «repenti». Selon lui, la mafia avait «juré d'éliminer» la magistrate tessinoise, jugée «trop curieuse».

La mafia souhaitait faire «d'une pierre, deux coups», déclarait l'ancien mafieux Nino Giuffre le 4 décembre 2002 lors d'un procès à Caltanissetta, en Sicile. Elle voulait éliminer à la fois Mme Del Ponte, alors substitut du procureur du Sottoceneri (Sud du Tessin), et le juge Falcone, expliquait-il selon le procès-verbal de l'interrogatoire.

Selon lui, la Suisse était «pratiquement un endroit sûr» pour la mafia, en particulier au début des années 80. Le territoire de la Confédération servait notamment au blanchiment de l'argent du trafic de drogue aux Etats-Unis, qui était ensuite rapatrié en Italie.

Carla Del Ponte était toutefois «trop curieuse». Sous son influence, «la justice a commencé à s'intéresser aux personnes qui étaient en contact avec la Suisse», avait raconté le repenti lors du procès en appel de cet attentat.

Près de 60 kilos d'explosifs

Le 20 juin 1989, Carla Del Ponte s'était rendue en Sicile avec le juge d'instruction Claudio Lehmann pour discuter du dossier de blanchiment d'argent de la «Pizza Connection». La police a découvert et désamorcé à temps un sac de 58 kilos d'explosif sur le parcours que devaient emprunter les trois magistrats lors d'une promenade près de la villa du juge Giovanni Falcone.

Mme Del Ponte avait à l'époque expliqué qu'elle avait refusé au dernier moment l'invitation à la promenade, préférant se rendre en excursion à Palerme. Présenté comme le commanditaire de cet attentat, le boss mafieux Toto Riina avait été condamné à 26 ans de prison en octobre 2000. Le juge Falcone a été tué en 1992 dans un attentat également attribué à la mafia.

Témoignant lors du procès en mars 1999, Mme Del Ponte avait dit avoir reçu des menaces avant sa visite en Italie. Après l'attentat manqué, elle a reçu un nouvel avertissement à son retour à Lugano. Un inconnu à l'accent sicilien lui a téléphoné en disant: «Vous avez vu ce qui s'est passé? Comportez-vous bien!»

Neymar obligé de déménager pour sa sécurité


La villa n'est pas assez sécurisée. [CHRISTOPHE SIMON / AFP]


Selon le Parisien, Neymar a été obligé de déménager de sa maison des Yvelines pour des raisons de sécurité.

En août dernier, à son arrivée au PSG, l’attaquant s’était installé dans une somptueuse villa sur les hauteurs de Bougival, commune cossue des Yvelines. Après y avoir passé quelques mois, Neymar a dû quitter la demeure pour une autre habitation située dans les environs. En cause : des risques pour sa sécurité.

Intrusions dans la propriété

Le quotidien rapporte en effet que des individus sont parvenus à s’introduire dans la propriété. Ce, malgré le mur d’enceinte de près de 1,70m de haut et la présence d’un gendarme affecté à la sécurité du quartier, dans lequel vivent plusieurs personnalités.

Des voisins ont également rapporté que des pompiers ont profité d’une intervention dans une maison mitoyenne pour «observer» ce qui se passait au domicile de Neymar.

Pour l'heure, la nouvelle adresse de la star du PSG n'a pas été dévoilée.

« El Chapo » et les avions 7


Le Honduras est devenu la première patrie d’accueil des avions chargés de drogue venue de l’Apure:  elle-même descendue des sommets de production colombiens.  Mais qui effectue réellement ces transports ?  Des colombiens, des honduriens, des vénézuéliens et parfois aussi quelques pilotes venus de Belize, du Guatemala, du Salvador ou du Nicaragua, voire du Costa-Rica ou du Panama.  Mais aussi, on s’en doute, quelques pilotes américains, des personnes tentées par l’aventure, ou bien aussi des sbires de la CIA ?  

Etant donné le fort poids du passé dans la région, on est fort tenté d’imaginer la seconde solution.  Oui, mais voilà, à ce jour, on n’avait trouvé aucun exemple de pilote US pris dans la tourmente.  La faute très certainement à une communication hondurienne bien contrôlée par Washington, à coup sûr.  Jusqu’au jour où on tombe sur un véritable joyau :  un aveu, avec la découverte d’un pilote et trafiquant américain, révélé au hasard d’un blog d’un médecin-évangéliste qui aurait mieux fait de se taire, semble-t-il… puisqu’on peut y ajouter sans hésiter les preuves flagrantes d’une collusion évidente entre l’armée et la police du pays avec les trafiquants !


En avril 2017 encore, un appareil bimoteur s’est écrasé à Brus Laguna au Honduras avec 600 kilos de coke à bord (ici à droite).  L’avion portait une fausse immatriculation panaméenne se terminant par 1572.  Les paquets de coke découverts à bord portaient comme marque reconnaissable F1R… et une petite croix gammée rouge !!!   L’armée relève deux corps calcinés dans les débris.  Il avait été précédé par un autre avion, tombé en janvier.  L’appareil était visiblement cette fois un avion à turbopropulseurs au vu de ses échappements, et non un Cessna.  Un autre angle de vue du crash révélant encore un Conquest (toujours grâce à ses énormes pipes d’échappement passant au dessus de l’aile et bien visibles dans les vestiges):


Le très intriguant témoignage du pasteur de la Fondation Cornerstone


Des crash à répétions et un témoignage fort surprenant, car plutôt inattendu.  En juin 2016, un pasteur évangéliste américain, chirurgien de formation, ici à gauche avec sa femme Rosane, Jefferson McKenney, le fondateur de Cornerstone, rédige à Loma de Luz un étrange texte et le met en ligne sur le net.  Pourquoi, on ne le sait pas :  il souhaite montrer semble-t-il la très grande miséricorde de son seigneur, sans doute, qui aurait selon lui accordé son pardon au mauvais exemple qu’il va nous décrire par la suite.  Car ce qu’il raconte est plutôt… gênant, et même très gênant :  c’est l’histoire du décès d’un pilote de narco-trafic, mais il est … américain celui-là, et personne n’en avait entendu parler avant, bien sûr !


On peut remercier le pasteur McKenney qui nous livre ici une piste très inquiétante dans son besoin inextinguible de tout relier à sa foi.  Lisons donc ce témoignage, sinon candide au moins ahurissant :  «Le pilote».  Pour des raisons qui deviendront évidentes, je vais l’appeler ainsi et laisser son nom en dehors (…).  Le pilote est venu nous voir au milieu de la nuit il y a quelques semaines.  Il n’avait ni portefeuille ni passeport, aucune identification quoi que ce soit.  Il pourrait nous dire son nom.  Il a dit qu’il était originaire de Californie.



Et, il a dit qu’il était pilote. C’était tout ce qu’on pouvait sortir de lui.  Il nous a été apporté et a été déposé par des Honduriens (un Cessna 206 aux volets striés – comme celui-ci, retrouvé brûlé dans la Mosquitia- était-ce le sien ?). L’histoire, c’est qu’on l’a trouvé errant à Jutiapa  (c’est dans l’Atlántida au Honduras, pas loin de la côte, c’est à 21,8 km seulement de l’hôpital ), la ville la plus proche sur la route pavée et les principales lignes de bus, et certains habitants ont vu qu’il était blessé et que qu’il devait être amené à l’hôpital.  Quand il est arrivé, le pilote était assez incohérent et ne pouvait pas (ou ne voulait pas) nous dire comment il avait fait pour être ainsi brûlé.  Mais gravement brûlé il l’était, avec presque la moitié de la surface de son corps brûlée en profondeur.  Et, les brûlures avaient l’air d’avoir quelques jours.  Nous avons appris plus tard qu’il est arrivé à Loma de Luz le troisième jour après l’accident d’avion.  Nous avons aussi appris plus tard qu’il s’agissait d’un avion d’un cartel de drogue apparemment non répertorié et non autorisé qui s’est écrasé dans une partie éloignée de la Mosquitia, une vaste zone sans piste, juste à l’est de Colón (en fait c’est à 80 km à l’est).  Bien sûr, presque toutes les parties de La Mosquitia sont éloignées: pas de routes, pas de communication, juste des marais, des broussailles et de la jungle pendant cent kilomètres dans n’importe quelle direction. »  L’avion(…)… a été retrouvé écrasé et brûlé à environ 185 miles d’ici » (ce qui fait près de 300 km et ce qui semble beaucoup trop !).  Le pasteur, plutôt imprécis géographiquement, donc, continue : « Après un travail d’enquête avec l’aide de l’ambassade des États-Unis, nous avons appris que le pilote était en effet un citoyen américain ».  Le pilote, touché gravement aux reins, hélas, ne survivra pas, c’est le côté tragique de l’affaire.  « Lorsqu’un hôpital américain l’a accepté son ex-épouse alléguée a insisté sur le fait qu’il devait été emmené au Mexique (où l’Air Evac ne pouvait pas aller).  Ces retards dans l’obtention de sa dialyse ont été fatals pour le pilote.  Il est mort tranquillement et en paix à Loma de Luz, une semaine après le crash. »  L’homme avait donc des liens avec le Mexique, en prime.  Voilà qui ne surprend pas vraiment !  Sans s’en rendre compte, le bon pasteur chirurgien vient de révéler quelque chose dont on se doute depuis des lustres.  Mais dont on n’avait jamais obtenu de témoignage pour le prouver.  Les missions humanitaires des évangélistes volants sont aussi des viviers à pilotes casse-cous, ce dont ont besoin régulièrement les trafiquants pour renouveler leurs stocks, vu le taux de mortalité du métier.

Retrouver son appareil, « en mission pour le seigneur » ?


On s’y écrase beaucoup à cet endroit, à l’évidence.  Le 14 mai, l’armée aurait découvert un avion incendié posé sur une piste clandestine de 1 000 mètres de long sur 20 à 30 mètres de large.  Les autorités avaient relevé l’endroit précis (au 15°27’25″4. N et 84°37’28″9 W).  Selon les autorités, un avion aux feux clignotants aurait survolé la municipalité d’Ahuas, dans la municipalité de Gracias a Dios, ce soir-là.


Un endroit où le trafic à lieu depuis des années, en fait.  Et à vrai dire, à Ahuas même, on ne s’embête même pas à dissimuler deux belles pistes de terre, (puisque sur Google Earth on les aperçoit clairement) pour recevoir des petits appareils… avec pas loin un avion, monomoteur à aile haute… et même un hangar pour le ranger (au 15°28’14.50″N et  84°20’56.20″O) !  On a même photographié l’oiseau en vol (ci-dessus).  C’est celui… des missionnaires américains du MAG (Missionary Air Group) qui font fonctionner un hôpital local, la  Clinica Evangelica Morava.  Selon les missionnaires eux-mêmes, ils possèdent deux Cessna 206 similaires.


C’est toute une organisation en fait.  Les Evangélistes savent d’organiser pour faire affluer les dons et entretenir ainsi une petite flotte d’avions d’aide humanitaire au Honduras.  Ils sont plusieurs sur le créneau.  Les avions de MAG sont préparés par MMS aviation, tel le N307AC visible ici (a gauche) dans son hangar.  En novembre 2012 ils annonçant livrer en plus le N9719Z a Rus Rus; autre localité présentant un autre hôpital de MAG.  Une vidéo montre l’appareil en action (dans le montage vidéo ici on peut apercevoir la piste de Rus Rus).  Diverses sociétés évangéliques US disposent d’avions pour ce genre de mission :  ici, Great Commission Air de Dundee, dans le Michigan, équipée d’un Cessna 337, qui souhaite recruter des pilotes pour aider Haiti (vue ici au Guatemala). 

Une autre société évangélique américaine, Compass Aviation, se charge même de retaper les pistes et de former des pilotes.  Les missionnaires participeraient-il indirectement au trafic en approvisionnant en pilotes compétents pour se poser en brousse voilà bien la question…  Se rendent-ils comptent qu’ils favorisent aussi les trafiquants ? Ici tout un reportage sur une autre expédition d’un missionnaire, vers Bara Putuka et Coco ou Uhi notamment et Puerto Lempira, la « capitale » de La Mosquitia, à bord du N4847Z et à Wauplaya, sur une autre piste encore.  Le secteur en pullule.  Au point que des pistes inconnues sont aperçues au passage !!  Un vrai paradis, pour trafiquants, que ce pays !!!

Un crash nocturne, ou un avion incendié une fois posé ?


A Ahuas, éloigné de tout, c’est en effet le TurboLet HR-AWA d’Aerocaribe de Honduras qui ravitaille le lieu ou emporte les passagers à partir d’une des deux pistes tracées.  A  23 heures, notre avion de trafiquant avion s’est mis à voler plus bas et des avions auraient décollé pour l’intercepter au dessus de Brus Laguna.  A 0h20 du matin une boule de feu a été ensuite aperçue.  Au matin, les militaires ont retrouvé les restes calcinés de l’appareil.  Ils ont aussi arrêté sur place deux personnes encore munies de lampes, qui ont certainement aidé à l’atterrissage de l’avion.  Des trous faits dans le sol laissent entendre que des corps auraient pu être enterrés, ce qui n’a pas eu le temps d’être sondé, selon les premiers témoignages recueillis par la presse.  Ce ne serait donc pas obligatoirement l’avion de notre américain.  Reste donc encore à le trouver, ce fameux appareil… ci-dessous la piste de Rus Rus telle qu’elle apparaît aux visiteurs désireux de s’y poser :



Des photos sont alors parues progressivement, mais elles ne correspondent pas à la description de l’appareil du pasteur :  sur les premières éditées, à côté des débris d’un avion couché sur le flan, et non incendié, on peut voir 24 fûts contenant 375 gallons d’essence, ainsi que des restes de sacs rouges ayant contenu de la drogue.



Les photos montrées de ce crash du 14 mai sous l’intitulé de « deuxième avion » dans la Prensa (qui serait tombé le même jour plusieurs visibles ici dans ce chapitre) révèlent qu’il s’agit d’un Piper Navajo qui s’est écrasé, reconnaissable à ses moteurs Lycoming IO540 et a son coffre avant avant resté ouvert après la chute (une autre série de clichés apparaît ici, notée au 24 janvier 2017).




Mais le même article ajoute que le 7 mai précédent, « un autre avion de narco-trafiquants » serait tombé dans la même zone.  L’article précisant que pour ce cas précis-là, le copilote blessé, avait été transféré à Columbus, où il était finalement décédé.  Le copilote, et non le pilote… voilà qui devient une piste intéressante, car l’autre aurait été vivant.


Mais le problème de la presse, c’est qu’elle a tendance à mélanger les photos que lui octroie l’armée hondurienne.  Résultat, elle mixe souvent les cas de crashs pour illustrer son propos. A nous de faire le tri !  Comme au Venezuela, on peut se demander si parfois ce n’est pas voulu pour alimenter la confusion sur le trafic.  En examinant en détail les clichés apparus à partir du 14 mai 2016, on constate qu’en fait il n’y a pas deux, mais  trois lots distincts, et donc trois appareils également.

Discerner et déterminer le bon appareil



Une seconde série de clichés, dont une fournie par notre fameux pasteur (cf le chapitre précédent), nous donne une piste bien meilleure pour retrouver  l’appareil de notre pilote américain.  Le premier cliché montre un soldat penché sur un moteur semble-t-il, muni d’une seule hélice indéterminée (un autre cliché plus précis nous indiquera une hélice de marque McCauley) et une autre photo des débris qui semblent ceux d’un avion retourné.  L’analyse du premier nous indique qu’on y distingue le dessous d’un bloc moteur de monomoteur Cessna 210, la fourche du train (rentrant) avant, caractéristique, étant reconnaissable.  Confirmation avec le deuxième cliché dont les éléments visibles coïncident avec le même appareil (le 210 possède en effet une vitre arrière de plafond plus à l’arrière et moins large que sur les autres modèles, sur la comparaison la photo de l’avion brûlé a été retournée pour mieux pouvoir comparer). 


Une dernière photo confirme les découvertes : celle de la porte d’accès à gauche de l’appareil, qui nous apprend que le Cessna 210 qui s’est écrasé et a été incendié portait une livrée blanche avec des rayures épaisses bleues bien parallèles, entourées de chaque côté d’un mince filet gris. Une décoration de type ancien sur ce genre d’avion; mais assez semblable à celle des avions des missionnaires.


En tout cas, c’est peut-être bien là l’appareil que pilotait notre américain !!! Restent les autres photos mélangées, qui semblent montrer un appareil bien plus imposant. D’avoir mélangé ses clichés avec les deux autres est difficilement considérable comme fortuit, en effet.  Aurait-on cherché à dissimuler quelque chose, et quoi ?

En fait, on découvre grâce à d’autre détails confondants que le troisième appareil crashé est différent encore : a ffichant une grande quille mince arrière sur un fond plat et des hublots de visite circulaires à l’arrière, ses débris évoquent fortement un bon vieux Beechraft 99, vieux routier du transport postal aux USA  (chez Ameriflight) !!!


Pour parfaire l’idée, en novembre 2016, la police intercepte deux pick-up qui transportaient des paquets de cocaïne vers une piste clandestine, dans la ville de Cofradia, à environ six kilomètres au sud-est de Bagaces, dans le Guanacaste.  Si l’avion lui échappe, hélas, il reste sur place les 18 balles de cocaïne, pour environ 1,6 million de dollars (il y en a 432 kilos au total).  Plus intéressant encore :  à côté des bidons il y a aussi une camionnette, un pickup monté sur un châssis Hilux et et un deuxième  Toyota Hilux blanc, modèle 2008, qui apparaît comme étant « enregistré au nom d’un Américain » selon la presse.  Décidément, ils semblent être bien présents au Honduras, ceux-là. Dans un pays où c’est la CIA qui remet au pouvoir le président, au cas où…  ou l’expulse au Costa-Rica, comme en 2009 !!!  Et sur place, on trouve toujours des pilotes ou des organisateurs de trafic d’origine américaine !!!  Et des missionnaires équipés d’avions comme ceux qu’utilisent les trafiquants !!!


Des missionnaires qui posent des problèmes inattendus en effet, parfois au Honduras :  le 1er juin 2017, d’eux d’entre eux, David James Waschko (39 ans) et Philip J. Waschko (88 ans) se retrouvent au tribunal à Roatan, au Honduras, avec comme charges contre eux « pornographie » et « trafic de drogue ».  Le journal qui relate l’affaire conclut « qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé au Honduras où des missionnaires et des organisations religieuses ont été reconnus coupables de crimes sexuels, ce qui accroît la méfiance à l’égard de ces visiteurs venant «du sud de la frontière».  D’autres étrangers sont mis en cause :  le 15 avril 2016, la presse révèle les noms des membres d’un drôle de groupe, arrêté par la police : il comprend 5 colombiens mais aussi un roumain et même… un canadien.  Les sept auraient tenté de détourner un pilote hondurien habitant Résidence Monserrat, à Tres Ríos de La Unión, pour pouvoir leur transporter de la cocaïne !  La police révèle les paquets qui devaient être ainsi transportés. Ils portent le numéro 500 (ou 5 fois trois zéros, au choix, mais ça ressemble plutôt et tout bêtement au logo de la.. Fiat du même nom !).  Si les paquets font 1 kilo comme à l’habitude, il en avait en tout cas pour 12 kilos de coke.

L’évidence de la collusion avec l’armée hondurienne 


A force de voir des arrestations rater, ou des saisies ne se faire qu’à moitié, on finit par se dire que les trafiquants ont soudoyé tout le monde.  L’armée hondurienne aurait-elle échappé à leur emprise ?  « C’est Inside Crime, repris ici par le Criterio.hn, qui finit par dire son octobre 2016 ce que tout le monde a pu constater : selon les responsables anti-stupéfiants dont l’identité est gardée en réserve et les rapports militaires consultés par les médias, les trafiquants de drogue dans cette zone exercent non seulement un contrôle sur la communauté mais aussi sur les militaires. En échange de leur permettre de passer des expéditions de drogue sans tracas, les trafiquants offrent des incitations aux militaires, comme des paiements en espèces et l’accès à des événements sociaux et des prostituées prépayées. Par exemple, les trafiquants paient jusqu’à 100 000 dollars US par avion pour éviter d’être détectés par le radar et US 65 000 dollars pour que l’on envoie pas des jets pour intercepter les vols de drogue, dit le magazine.  Dans un cas rapporté en 2011 par le journal, une équipe secrète d’agents étrangers de lutte contre les stupéfiants a offert un contre-amiral  200 000 dollars dollars pour permettre le passage d’une cargaison de drogue.  Le fonctionnaire a accepté l’offre.  Cependant, les paiements pour les militaires de quitter leurs régions sont apparemment plus élevés.  Un officier a raconté comment il avait été transféré de La Mosquitia après avoir reçu un message téléphonique anonyme concernant un paiement de 350 000 dollars pour quitter son secteur.  Le responsable de la Force nationale de sécurité inter-institutionnelle (FUSINA), dans le département de Gracias a Dios, fait partie de la région de La Mosquitia.  Peu de temps après, un brigadier général lui a ordonné de quitter immédiatement la zone.  Ce même fonctionnaire a déclaré que plus tard il a été faussement incriminé pour avoir accepté les paiements d’un trafiquant de drogue bien connu.  En plus de fermer les yeux, les officiers de l’armée à La Mosquitia auraient également fourni des armes et transmis des instructions et des ordres aux trafiquants de drogue.  Les sources consultées par El Heraldo affirment toutefois que la collusion officielle à La Mosquitia ne concerne pas seulement le personnel militaire, mais aussi la police, les juges, les procureurs et les personnalités politiques. »   Le site cite un rapport par le journal El Heraldo noter que malgré la présence des forces armées du Honduras à La Mosquitia, une région éloignée située sur la côte de la mer des Caraïbes, à la frontière avec le Nicaragua, la région reste un actif couloir de trafic de drogue ».


La collusion devenue trop flagrante aboutit en octobre 2016 à un clash. Un capitaine de l’armée, Santos Orlando Rodríguez, est renvoyé sur des accusations de trafic de drogue. Il aurait été débusqué lors d’une opération antidrogue effectuée dans la région du Rio Plátano.  Dans la presse, il n’hésite pas à balancer :  il  déclare que les forces armées l’ont expulsé car il avait mis en cause Tony Hernandez, le frère du président de la République, impliqué selon lui dans le trafic de drogue. Rodriguez se réservant le droit de faire d’autres révélations tout aussi explosives.  Comme exemple de la collusion politique, on avait surtout retenu le cas de l’implication le 14 août 2014 dans la Mosquitia encore, d’un hélicoptère Bell B-206L-1, appareil plutôt rare dans le trafic de cocaïne car coûteux et d’entretien délicat.  Enregistré comme N-86AF au Etats-Unis et TG-LON au Guatemala (et recouvert d’une fausse immatriculation adhésive US !)


Il avait été intercepté à Brus Laguna après que le pilote et l’ingénieur de vol avaient réussi fui protégés par 14 hommes armés, venus pour emporter 600 kg de drogue dans un bateau à proximité. L’hélicoptère assez ancien (il datait de 1975) avait été annoncé comme mis en vente à Tucson au Texas chez un broker (Western Aviation) au tarif de 350 000 dollars.  Selon un autre rapport, l’appareil est tombé sur une piste de terre appartenant à un frère d’un politicien de la zone…


Dans la même zone, sur une piste clandestine située au 15°42’00 » N et au 84°35’00 » O, avait reçu également ce même jeudi 14 août, un bimoteur Beechraft Super King.  L’avion devait y faire tranquillement le plein protégé par pas moins de 40 hommes armés. Mais il avait en fait raté son atterrissage, en plantant la roue avant dans la piste détrempée.  La photo du crash, le nez planté dans la boue, montrait une immatriculation en N70AJ.  A bord, il y avait 15 bidons de 20 litres de kérosène.  L’avion emporte jusque 1600 kg de carburant, on lui en rajoutait ainsi à peu près 300.  Le 17 mars 2014 il avait effectué un vol New-Orleans – Cancun, au Mexique… décidément tout part de là !!!

Le jet oublié de La Ceiba



D’autres types d’avions encore ont été utilisés pour le trafic :  les jets, ce qui est en quelque sorte un retour aux sources (rappelez-plus les Learjet des années 80-90 expliqués plus haut dans la démonstration).  Ça commence  cette fois par un… bateau.  Et par une saisie de ballots de coke en bord de mer.  Dans Cayos de Vivorillo une île située  au nord Puerto Lampira et Uhi, en septembre 2013, dans un endroit, au nord de la Mosquitia (et donc toujours au même endroit, à peu près !), où 775 kilos de cocaïne viennent alors d’avoir été saisis :  21 ballots de 25 kg chacun, et dans le bateau prêt à partir une douzaine de barils de carburant… Deux personnes ont été arrêtées et envoyées à la base militaire de Caratasca, deux honduriens :  Antonino Wrist Lucas et Kork Anderson (qui seraient frères en fait, en photo ici à gauche).


Or tous deux tous deux originaires… de Roatan. Ah, tiens, on y revient ! Selon les autorités, le canot s’apprêtait à partir là-bas, pour que la drogue soit ensuite acheminée aux Etats-Unis (en 2015 on fera à nouveau la même « découverte » avec l’arrestation de Wilter Neptaly Blanco Ruíz).  De la drogue venue par avion, dans un premier temps, le plus souvent.  A l’intérieur du pays, neuf pistes clandestines avaient alors été détectées dans le secteur de la Mosquitia, et le ministre-adjoint de la Défense, Carlos Fúnez .. avait même donné à l’occasion le chiffre ahurissant de quelques « 200 pistes clandestines répertoriées dans le pays, « dont environ 60 ou 70 ont été détruites » …


Les journaux rappelant qu’en 2011 ont atterri dans le pays environ 156 avions légers apportant plus de 50 tonnes de cocaïne, alors qu’en 2012 ce nombre était de 65… Mais la drogue ne vient pas de là, de petits appareils cette fois-là.  Du moins on l’imagine, car le week-end précédent, le 1er septembre, drôle de surprise à La Ceiba Golosón, le plus gros aéroport de la région, c’est un jet et non un Beechcraft 200 qui s’était posé tranquillement vers 3 h de l’après midi sans aucune autorisation (il est ici à droite).  Un Raytheon-BAE 125, immatriculé N125DH, qui n’était pas vraiment de première jeunesse :  fabriqué en 1971 il  en était alors à son 11 eme enregistrement (il a été surtout N57BH, puis N523M chez Marathon Oil Company et N400GP chez Citation Builders) ! 

Les deux pilotes qui en sont descendus sont des mexicains, ils s’appellent Luis Fernando Zepeda Chavarria (âgé de 38 ans) et Arturo Fajardo Bonilla (âgé de 40 ans), qui se disent venir de Toluca au Mexique.  Les pilotes sont donc naturellement arrêtés.  Ce qui intrigue c’est que l’appareil est très sale extérieurement, il a les pneus pleins de boue et dedans… deuxième surprise, tous ses sièges ont été démontés.  Sa carlingue est vide !  Un narco-appareil de plus à l’évidence !!!  Mais dedans pas de trace de cocaïne à bord, alors que les chiens renifleurs ont senti quelque chose, traces d’un transport récent…  Un troisième larron est arrêté dans la foulée :  il s’agît de Angel Peña Martínez qui lui se prétend le propriétaire de l’appareil, dont il réclame la restitution.  Mais les deux pilotes sont déjà repartis, libérés par un juge plutôt arrangeant, repartis au Mexique par un vol commercial classique.  Avant, ils avaient pu dire aux autorités « qu’ils étaient tout simplement payés pour piloter l’avion et laisser quelqu’un d’autre venir le reprendre ».  Ah tiens, voilà un procédé bien… hondurien, est-on tenté de dire en songeant aux autres avions « laissés » de la sorte en attendant qu’on vienne les faire voler…Mais on apprend vite aussi que  » les pilotes ont été libérés le soir même ; mais l’enquête est en cours, selon les autorités », ce qui évoque un laxisme évident sur place, ou pire encore une belle compromission… voire un versement occulte comme il est de coutume.  Les voici libres en tout cas.  Coup de théâtre le 5 décembre qui suit :  on apprend que les deux procureurs qui avaient libéré les deux pilotes ont eux-mêmes été arrêtés, et que deux pilotes venus tranquillement rechercher l’avion en ont été empêchés par les forces de l’ordre !!! 

Selon la presse il aurait s’agit en plus des deux mêmes individus !!!  Il semble qu’on se soit ravisé entre temps en haut lieu…  Selon un journal des « poches de sang » (pour transfusion) avaient été découvertes à bord :  étaient-elles destinées à soigner un narco-trafiquant blessé ?  Or Chavarria est bien un pilote confirmé par la FAA, qui habite… Mexico.


Comme son collègue Bonilla, qui habite aussi… Mexico.  L’enquête menée ici par « hondurasculturepolitics »; remarque que l’avion appartenait selon lui à Aero Investments LLC, dont l’adresse d’enregistrement est celle de Thomes Street, dans « a little Cayman Island on the Great Plains ».  Bref, un coquille vide !!!  Il remarque que la firme possède aussi le GulfStream, enregistré N366JA qu’un certain Barack Obama a utilisé pour se rendre en Afhanistan avant d’être élu, et un Aero Commander 685 « 9 seat prop plane », N74CP, un avion revendu malgré qu’il ait eu un accident au Texas juste auparavant (l’avion avait perdu toute sa puissance moteur en décollant, un incident qui s’était déjà passé en vol deux jours auparavant !).


Acheté par un dénommé  Guajardo ?

Le dernier vol enregistré de l’appareil concerné datait du 8 août 2013, il avait décollé d’Ontario au Canada pour Tijuana au Mexique, au bord de la frontière. avec les USA.


L’avion figurait en revanche dans une liste de vente chez un broker Business Aircraft Management Inc, au nom de Gordon S.Johnson comme contact.  Il était donné pour un peu plus de 7000 heures de vol et 5175 atterrissages : une belle carrière déjà… de petits vols.  En fait,  « hondurasculturepolitics » s’est trompé :  le certificat d’achat  obtenu ici (ci-dessous) du BAE-Raytheon 125 (Hawker 400) a été signé du nom de Tomas M. Guajardo, celui-ci l’a obtenu 14 août 2013 :  l’homme se prétend citoyen américain.  Il faudra attendre l’année suivante pour que la FAA daigne le radier de ses listes le 28 août 2014.


« Guajardo » ??? comme nouveau et dernier propriétaire en vue de l’appareil ???  Voilà un nom qui rappelle bien des choses : Rafael Aguilar Guajardo, mort en avril 1993, était un des seigneurs mexicain de la drogue, au départ un ancien commandant de la police fédérale de la Direction de la sécurité fédérale (DFS) au Mexique, qui avait mal tourné et co-fondé le Cartel de Juarez. Rafael Aguilar Guajardo avait remplacé en 1987 Pablo Acosta Villarreal auprès de Amado Carrillo Fuentes, « le roi du ciel« .  Le même Amado Carrillo Fuentes le fera plus tard assassiner, déclenchant alors une violence sans noms entre rivaux de cartels.  Guajardo avait en effet été assassiné devant sa femme et ses enfants, dans un restaurant alors qu’il revenait d’une balade en bateau à Laguna Nichupté… « Tomas M. » a-t-il un lien de parenté avec l’ancien trafiquant ?


L’avion, ne tout cas, n’a jamais été réclamé depuis. Il est toujours sur le tarmac de la Cieaba, et toujours démuni de ses sièges intérieurs. 


On a bien tenté de le vendre aux enchères, via la OABI, mais il semble qu’il n’ait pas trouvé d’acheteur alors qu’il avait été mis à l’écart du tarama. Après cinq ans passés dehors, il ne vaut en fait plus grand chose (il avait dû être acheté dans les 250 000 dollars, le prix actuel du XB-MYA mexicain, ici à droite, un bon candidat pour un futur crash au Venezuela !).  En comparaison, le Falcon d’Afflelou a déjà été scrappé… ou en tout cas revendu pour pièces détachées là-bas, à Punta Cana.

Retour sur le cas du Gulfstream de 2006


Cette histoire de jet abandonné attendant qu’on vienne le chercher, cela en avait rappelé une autre.  Celle du fameux Gulfstream découvert au tout début de la présidence de Manuel Zelaya (il venait d’être investi en janvier 2006), abandonné à Tocontin (ici en photo).  Le Gulfstream immatriculé XB-JPL, valant 4 millions de dollars, piloté par  Federico Rivielo et Carlos Enrique Messner… (ce dernier étant, on l’apprendra après un des pilotes « attitré » de Guzman !!!).  Or en octobre 2015, neuf ans après les faits, donc, un parlementaire Hondurien, Mario Pérez, nommé président de la Commission multipartite chargée d’enquêter sur les affaires de corruption révèle qu’effectivement l’avion abandonné à l’aéroport Toncontin de Tegucigalpa en 2006 a été envoyé par le narcotrafiquant mexicain Joaquin « El Chapo » Guzman.  Il raconte en effet « qu’il l’avait appris lors des entretiens préliminaires qu’il avait eu avec le procureur général Oscar Fernando Chinchilla. « Le procureur nous a dit que les enquêtes menées par les autorités mexicaines ont indiqué que les pilotes avaient déclaré que cet avion a été envoyé au Honduras sous les ordres de Guzman, qui avait appelé ses pilotes pour leur ordonner d’amener l’avion mystérieux au Honduras « , a-t-il dit.  Perez a également expliqué que le procureur Chinchilla lui a dit que « bien sûr cet avion a été envoyé à un fonctionnaire de ce gouvernement (administration Zelaya) ».  Pour une fois c’était dit !!!! El Chapo faisait donc bien des cadeaux à 4 millions de dollars aux hommes politiques du Honduras !!!

Les intrigantes vidéos des avions de surveillance US

TF121