dimanche 26 mars 2017

Qari Yasin a été neutralisé


Un important responsable d’Al-Qaïda, Qari Yasin, a été tué le 19 mars par une frappe de drone américaine en Afghanistan, a annoncé samedi dans un communiqué le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis.

Qari Yasin, un Pakistanais originaire de la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest, était accusé de nombreux attentats commis au Pakistan.

Il était en particulier accusé d’avoir organisé l’attentat du 20 septembre 2008 contre l’hôtel Marriott d’Islamabad, qui avait fait des dizaines de morts dont deux militaires américains.

On attribue aussi à Qari Yasin la responsabilité d’une attaque commise en 2009 contre un autobus qui transportait l’équipe de cricket du Sri Lanka à Lahore, dans l’est du Pakistan, dans laquelle six policiers pakistanais et deux civils avaient été tués. Six membres de l’équipe avaient été blessés.

« La mort de Qari Yasin est une preuve que les terroristes qui défigurent l’islam et visent délibérément des innocents n’échappent pas à la justice », a déclaré M. Mattis dans son communiqué.

Le Pentagone a indiqué que Qari Yasin avait été tué par une frappe américaine dans la province de Paktika, située dans l’est de l’Afghanistan et frontalière du Pakistan.

Ibrahim Arouna « Malam » Dicko, numéro 2 d’Ansarul Islam a été neutralisé


Le 16 décembre 2016, un détachement burkinabè du Groupement des forces armées anti-terroristes (GFAT) était attaqué par une quarantaine d’hommes lourdement armés à Nassoumbou, une localité située dans le nord-ouest du Burkina Faso, à seulement une trentaine de kilomètres de la frontière malienne. Selon un bilan officiel, douze soldats y laissèrent la vie.

Cet assaut fut revendiqué dix jours plus tard par un nouveau groupe jihadiste : Ansarul Islam, fondé par le prédicateur radical Ibrahim « Malam » Dicko. Proche du malien Hamadoun Koufa, le chef de la katiba Macina, liée à Ansar Dine, ce dernier avait été arrêté par les militaires français de l’opération Serval, près de Tessalit, à la fin de l’année 2013, avant d’être libéré par les autorités maliennes deux ans plus tard et de rejoindre Djibo, au Burkina Faso.

Après l’attaque de Nassoumbou, disposant certainement de bases arrières au Mali, en particulier à Douna et à Selba, Ansarul Islam a multiplié les expéditions punitives et les menaces contre la population civile. Et, rapidement, Ibrahim « Malam » Dicko est devenu l’ennemi public n°1 à Ouagadougou, où l’on craint l’implantation de ce groupe jihadiste dans le nord du pays.

Lors d’une cérémonie marquant l’entrée en service de 200 motos aux policiers et aux gendarmes burkinabé pour leur permettre de patrouiller dans la région convoitée par Ansarul Islam, le ministre de la Sécurité, Simon Campaoré, a rappelé sa détermination : « Il n’est pas question de céder la moindre parcelle de notre territoire à des gens pour qu’ils dictent leur loi » et « il faut leur rendre coup pour coup ».

Justement, le 23 mars, le Groupement des forces armées anti-terroristes et les gendarmes burkinabè ont porté un rude coup à Ansarul Islam en menant une opération importante dans la région de Djibo.

« Le leader terroriste Arouna Dicko a été abattu lors d’une opération au cours de la nuit de mercredi à jeudi à Petéga (25 km de Djibo) », a en effet affirmé un officier burkinabè, d’après l’AFP. Une autre source militaire a précisé que « plusieurs autres personnes, environ une vingtaine, ont également été interpellées sur différents sites. » Et d’ajouter : « Ces arrestations permettront sans doute de procéder à d’autres interpellations encore. »

Âgé d’une cinquantaine d’année, Arouna Dicko était probablement le numéro deux d’Ansarul Islam. Du moins, il était l’un des plus proche lieutenants de « Malam ».

En tout cas, cette opération est une « première victoire de notre armée sur ces terroristes au Sahel », s’est réjouie la source militaire burkinabè citée par l’AFP.

samedi 25 mars 2017

Les Russes sont « sur le terrain » en Libye


Forces spéciales russes


Depuis l’installation à Tripoli, sous l’égide des Nations unies, d’un gouvernement d’union nationale (GNA) conduit par Fayez al-Sarraj, celui qui, issu du Parlement élu en juin 2014, s’était replié à al-Baïda, dans l’est de la Libye, a perdu la reconnaissance de la communauté internationale dont il pouvait se prévaloir jusqu’alors.

Soutenu par une partie des milices armées originaires de Misrata, le GNA est officiellement le seul interlocuteur reconnu par les Occidentaux. C’est en effet à sa demande que Washington a lancé l’opération Odyssey Lightning afin de fournir un appui aérien à ses troupes, alors engagées dans une offensive visant à chasser la branche libyenne de l’État islamique (EI) de Syrte. En outre, Paris participe actuellement à la formation de la garde présidentielle libyenne, répondant ainsi au souhait exprimé par M. al-Sarraj.

Toutefois, Paris ne fait pas qu’apporter son soutien au GNA puisqu’elle appuie aussi le maréchal Khalifa Haftar, le chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), laquelle dépend du gouvernement d’al-Baïda. Et cela afin de l’aider à chasser les éléments jihadistes de la Cyrénaïque (est de la Libye). Ce soutien a été mis en évidence dans des conditions dramatiques, avec la mort, en juillet 2016, de trois sous-officiers du Service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Mais le maréchal Haftar, exilé aux États-Unis jusqu’à la chute du colonel Kadhafi, est soutenu par d’autres pays, comme l’Égypte, les Émirats arabes unis et la Russie. La nature du soutien de Moscou n’est pas seulement fait que de mots et de promesses.

Début mars, le dirigeant d’une société militaire privée russe, RSB Group, a reconnu avoir envoyé des démineurs dans l’est de la Libye. Puis, quelques jours plus tard, il a été rapporté la présence de forces spéciales russes en Égypte, non loin de la frontière libyenne. Cette information a toutefois été officiellement démentie par Le Caire et Moscou.

Seulement, cette activité militaire russe en Libye a été confirmée par le général américain Tom Waldhauser, le chef du commandement militaire pour l’Afrique (US Africom), lors d’un point presse du Pentagone.

« Les Russes ont la volonté d’exercer leur influence à l’intérieur de la Libye. Ils sont sur le terrain », a affirmé le général Waldhauser. « Nous regardons ce qu’ils font avec une grande inquiétude. En plus de leur activité militaire, nous avons vu de récentes activités commerciales, qu’il s’agisse de pétrole ou d’armes », a-t-il ajouté.

Le même général Waldhauser a aussi admis que des militaires – un « petit nombre » – des forces spéciales américaines sont aussi présents en Libye, avec pour mission de surveiller les mouvements de la branche libyenne de l’État islamique. En outre, les États-Unis bénéficient d’une base en Tunisie, d’où ils peuvent décoller leurs drones de surveillance.

« Nous allons maintenir une force qui a la capacité de produire du renseignement, de travailler avec les différents groupes en cas de besoin » afin d' »aider le GNA à attaquer des cibles du groupe État islamique », a expliqué le général Waldhauser.

Cela étant, comme l’influence du GNA est nulle dans une grande partie du pays – son autorité est même contestée à Tripoli même par des groupes armés se réclamant du gouverment de salut national de Khalifa Al-Ghwell, au pouvoir entre 2014 et 2016 – l’action américaine se concentre sur l’ouest de la Libye, où le général Waldhauser a estimé les effectifs de l’EI à un grosse centaine de combattants. « Ils essaient juste de maintenir une présence (…) Ils ne vont pas constituer des groupes importants qui sont des cibles évidentes », a-t-il dit.