Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies des auteurs d'attentats, pour éviter d'éventuels effets de glorification posthume, les rendre anonymes, c'est combattre Daech

dimanche 23 avril 2017

Pyongyang menace de couler l'USS Carl Vinson


Le porte-avion Carl Vinson. (Photo: Keystone)


La Corée du Nord menace de couler le porte-avions étasunien, alors que deux contre-torpilleurs japonais ont entamé un exercice avec le groupe aéronaval. Canberra et Wellington durcissent le ton face à Pyongyang qui menace aussi l'Australie de frappe nucléaire.

Donald Trump a ordonné il y a deux semaines au porte-avion Carl Vinson de faire route vers la Corée en pleine escalade des tensions avec Pyongyang. Washington n'a pas précisé depuis cette date où se trouvait l'escadre, le vice-président Mike Pence se contentant de dire samedi qu'il serait sur zone «d'ici quelques jours».

L'arrivée du Carl Vinson pourrait coïncider avec le 85e anniversaire de la création de l'Armée populaire de Corée (du Nord), mardi. Une célébration qui pourrait être l'occasion d'une nouvelle démonstration de force de la part de Pyongyang et peut-être d'un sixième essai nucléaire.

«Nos forces révolutionnaires sont en ordre de combat pour couler le porte-avions américain à propulsion nucléaire d'une seule frappe», a assuré dimanche le journal du parti unique au pouvoir en Corée du Nord, «Rodong Sinmun».

Comparant le navire de guerre à un «gros animal», le journal ajoute que sa destruction servirait «d'exemple pour montrer notre force militaire».

Déploiement nippon

La montée des tensions entre Pyongyang et Washington inquiète les pays de la région. Après la Corée du Sud, qui a annoncé le déploiement prochain du système antimissile américain THAAD, des députés du parti au pouvoir au Japon ont appelé le Premier ministre Shinzo Abe à équiper le pays d'armes capables de détruire les capacités de lancement de missiles nord-coréens.

En attendant, deux bâtiments de la marine nippone ont quitté la côte ouest du Japon vendredi pour aller à la rencontre du groupe aéronaval étasunien, afin de mener des exercices conjoints, a annoncé l'armée japonaise.

De source au fait des manoeuvres, on indique que les bâtiments japonais devraient escorter le groupe naval américain au moins jusqu'en mer de Chine orientale. Cela constituerait aussi un moyen d'accroître la pression sur Pékin, dont Donald Trump a salué jeudi les efforts accrus pour contrôler «la menace nord-coréenne».

Suivre les Etats-Unis «suicidaire»

L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont de leur côté durci le ton dimanche face à la Corée du Nord, qui a aussi menacé Canberra de frappe nucléaire. Cette nouvelle inflexion intervient alors que Mike Pence achève une tournée asiatique, qui l'a conduit entre autres en Corée du Sud, au Japon et en Australie.

«Si l'Australie persiste à suivre les pas des Etats-Unis pour isoler et étouffer la Corée du Nord, cela serait suicidaire», avait déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l'agence officielle KCNA.

La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop, qui avait auparavant qualifié la Corée du Nord de «menace grave», doit «réfléchir à deux fois aux conséquences», a ajouté le porte-parole.

Dimanche, Julie Bishop a estimé que la Corée du Nord devrait «investir dans le bien-être de ses citoyens qui souffrent de longue date, plutôt que dans des armes de destruction massive».

«Intentions maléfiques» fustigées

De son côté, le ministre néo-zélandais de la Défense Gerry Brownlee a accusé Pyongyang d'avoir des «intentions maléfiques».

La Corée du Nord rêve de mettre au point un missile balistique intercontinental capable de porter le feu nucléaire sur les Etats-Unis. Elle a mené cinq essais nucléaires, dont deux en 2016.

Au Japon, Mike Pence a promis à la Corée du Nord une réponse «écrasante» en cas d'attaque, tandis que Pyongyang a menacé de tirer des missiles «chaque semaine». Le vice-président étasunien a toutefois jugé samedi que la crise coréenne pouvait encore être réglée pacifiquement grâce à l'engagement de la Chine.

ATS

Hommage à Xavier JUGELE


2017
Le gardien de la paix Xavier Jugelé est abattu lâchement par un terroriste de l'organisation Etat Islamique alors qu'il se trouve en opération de sécurisation. Il avait 37 ans.



Jeudi 20 Avril 2017. Un équipage de la 32ème Compagnie d'Intervention de la Préfecture de Police est en faction face au N°102 de l'Avenue des Champs-Élysées dans le 8ème arrondissement de Paris. Il a pour charge la surveillance du service culturel de l'Ambassade de Turquie dans un contexte de tensions internationales.

Vers 20h50, un véhicule Audi monté par un individu s'arrête à hauteur du fourgon administratif. Il en sort muni d'une arme d'épaule automatique et tire aussitôt en direction des policiers toujours postés dans leur véhicule. Assis en position de chauffeur, le gardien de la paix Xavier Jugelé, trente-sept ans, est atteint mortellement par des projectiles. L'assaillant est abattu Rue de Berri, au terme d'une brève mais très intense fusillade. Cette soudaine attaque faisait également trois autres blessés : deux policiers et une touriste allemande.

Dans la soirée, l'organisation terroriste État Islamique revendique l'attentat visant directement les forces de l'ordre : "L'auteur de l'attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'Etat islamique". Dans le véhicule conduit par le terroriste, des éléments d'identité désigne un certain Karim Cheurfi, trente-neuf ans : individu très défavorablement connu des services de police. Les enquêteurs retrouvent également un Coran et une lettre manuscrite où il justifie l'action de l'État islamique en Syrie.

Cheurfi était par ailleurs visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers et avait été arrêté en février 2017, avant d'être remis en liberté par la justice faute de preuves matérielles. En outre, il avait déjà été condamné en 2005 à quinze ans de réclusion criminelle pour tentatives d'homicides volontaires sur un policier, un élève gardien de la paix et le frère de celui-ci, en Seine-et-Marne. Il obtenait par le jeu des remises de peines automatiques un régime de semi-liberté en 2012, puis une libération conditionnelle l'année suivante, rapidement révoquée par une série de délits. Il sortait de prison en octobre 2015.

Originaire de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), Xavier Jugelé est entré dans la Police Nationale en 2010 après avoir servi quelques années dans la Gendarmerie. Il effectuait ses dernières vacations au sein de la Direction de l'Ordre Public et de la Circulation et devait rejoindre le Service de Coopération Technique Internationale de Police le mois suivant.

Décrit comme un policier serviable et bon vivant, il appréciait la musique, le théâtre, et l'art en général. Fan de concerts, il a par ailleurs tenu a être présent lors de la réouverture du Bataclan. Engagé auprès de l'association LGBT Flag!, il était pacsé et sans enfant. Sensible et volontaire, il avait coeur à assurer la protection des salons liés à l'association et s'était également porté volontaire pour des opérations extérieures Frontex, notamment par deux fois pour sécuriser les flux migratoires depuis la Grèce.

La 32ème compagnie d'intervention organise une cagnotte solidaire à cette adresse.


Toutes nos condoléances à la famille 
du policier lâchement abattu.
Soutiens à 300% les forces de l'ordre. 
Vous faites un travail formidable. 
Ne cédez pas! 

TF121
Semper Fidelis

C'st inhabituel que Daech revendique aussi rapidement un attentat que celui des Champs-Elysées


La hâte inhabituelle avec laquelle l'Etat islamique (EI) a revendiqué la fusillade de Paris, semblant même se tromper sur l'identité de l'auteur, suggère que l'organisation radicale tente d'en amplifier l'impact. L'EI attend 24 heures ou parfois quelques jours avant de clamer sa responsabilité.

Après ce délai, elle publie par son agence de propagande Amaq des revendications une fois que de nombreux détails ont déjà filtré publiquement sur les circonstances et les auteurs. L'EI a ainsi revendiqué deux semaines plus tard le meurtre d'un adolescent à Hambourg, en octobre 2016. Il avait aussi attendu deux jours pour s'attribuer la paternité de l'attentat de Nice, le 14 juillet de la même année.

Mais jeudi, la revendication est arrivée à peine quelques heures après la fusillade sur les Champs-Elysées, «bien plus rapidement» que d'habitude, remarque Charlie Winter, chercheur au centre international d'études sur la radicalisation et la violence politique au King's College de Londres.

Pas de nom

«Plus la revendication est publiée rapidement après une attaque, plus l'organisation peut amplifier» son retentissement, estime-t-il. Pour les attentats commis en Europe, le groupe de djihadistes ne donnait en général pas le nom des auteurs se contentant de les qualifier de «soldats» de l'EI. Mais celle de jeudi prétendait que l'auteur avait pour surnom Abou Youssef al-Belgiki (le père de Youssef le Belge).

La police française a elle indiqué que l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui résidait en banlieue parisienne et était connu de la police et de la justice pour des faits de violence. Ses voisins ont décrit à l'AFP un homme nourrissant une «haine» contre la police et «psychologiquement atteint», mais pas radicalisé.

La confusion sur un auteur belge a aussi existé en raison d'un signalement à la France d'un Anversois jugé dangereux. Mais le parquet fédéral belge a «exclu» vendredi l'existence d'un lien entre cet homme et l'attentat.

Anguille sous roche

Il y a «deux hypothèses», a avancé le porte-parole du parquet fédéral belge. Ou bien «il existe bien quelque part un Abou Youssef al-Belgiki - et nous cherchons à l'identifier - ou bien l'EI a profité du fait que l'Anversois était dans les médias, surtout français, jeudi soir pour revendiquer l'attentat» en citant son nom, a-t-il poursuivi, sans trancher.

«La volonté inhabituelle de l'EI de fournir un soi-disant (surnom) après la fusillade de Paris suggère qu'il pourrait y avoir anguille sous roche», dit Jade Parker, une experte sur le mouvement ultraradical.

«Que l'EI ait été au courant (de l'attaque), ait confondu l'assaillant avec quelqu'un d'autre ou ait simplement commis une erreur stupide, tout cela reste à voir», ajoute cette associée de recherche principale à TAPSTRI, une société privée du contre-terrorisme.

Pour un autre expert sur les djihadistes, Amarnath Amarasingam, l'identification par Amaq de l'assaillant et sa présentation comme un «combattant» de l'EI signifie que le groupe «croyait que quelqu'un qu'il connaissait avait commis l'attaque».

Message manuscrit

«C'est probablement pour cela qu'il était suffisamment sûr pour l'identifier», estime ce chercheur au groupe de réflexion de l'Institute for Strategic Dialogue à Londres.

La police française a indiqué qu'un papier portant un message manuscrit prenant la défense de l'EI avait été retrouvé près du corps de l'assaillant. Dans ses opérations de propagande, l'EI a appelé les assaillants en Occident à laisser de tels messages après leurs attaques pour permettre au groupe de les revendiquer.

Mais la rapidité de la revendication suggère que l'EI avait été au courant de cette attaque et de l'identité de son auteur présumée. «Ce que la revendication démontre sans aucun doute est que l'assaillant était en communication directe avec quelqu'un ayant un contact direct avec Amaq», selon M. Winter.

Les djihadistes «ont peut-être cru qu'un tel devait commettre l'attaque et, finalement, quelqu'un d'autre l'a commise ou bien il s'agirait d'une erreur tout court» sur le nom de l'auteur, dit-il.

ATS