Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies, vidéos ou articles d'auteurs d'attentats, afin d'éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est combattre le djihadisme !

vendredi 17 août 2018

Arrestation de 48 membres du cartel Jalisco Nouvelle Génération dans le Chiapas




Les autorités mexicaines ont arrêté 48 membres du cartel Jalisco Nouvelle Génération, l'un des plus puissants du Mexique, lors d'opérations menées dans le Chiapas, un Etat du sud-est du Mexique, a indiqué jeudi le procureur de l'Etat. «Ils ont été arrêtés alors qu'ils se dirigeaient vers le Guatemala», a expliqué lors d'une conférence de presse Javier Lopez Gonzalez, le procureur de cet Etat frontalier.

Une opération conjointe de la police locale, nationale et de l'armée mexicaine a permis ces arrestations. Dans un premier temps, dix hommes ont été interpellés à Tuxtla Gutiérrez, la capitale de l'état du Chiapas. Les 38 autres membres du cartel ont été arrêtés à Comalapa, une ville située à la frontalière avec le Guatemala. Le procureur a assuré que ce cartel n'est pas présent au Chiapas.

Le cartel Nouvelle Génération, qui sévit dans l'état de Jalisco, sur la côte Pacifique du Mexique, est considéré comme l'un des plus puissants depuis l'arrestation de leaders d'autres organisations criminelles comme le cartel de Sinaloa, dirigé pendant 25 ans par le narcotrafiquant Joaquin «El Chapo» Guzmán, dont le procès doit s'ouvrir en novembre aux Etats-Unis.

Les cartels mexicains, dont celui de Sinaloa, ont étendu leur présence au-delà du Mexique. Ils sont notamment présents au Guatemala.

TF121

Combien de membres de Daesh se dissimulent dans les rangs des réfugiés ?


Contre-espionnage allemand: Daech s'applique à enrôler des réfugiés



Allemagne

Une jeune Yézidie, Ashwaq Haji, affirme avoir rencontré en février son bourreau dans un supermarché allemand. Traumatisée, cette Irakienne est retournée dans son pays qu'elle avait pourtant fui après s'être échappée de la maison du djihadiste, qui l'avait réduite à l'état d'esclave sexuelle.

Des milliers de femmes de la minorité Yézidie d'Irak ont été enlevées, tuées ou utilisées comme esclaves sexuelles par le groupe Etat islamique (EI) quand il s'est emparé d'un tiers du pays à l'été 2014, notamment du foyer historique des Yézidis sur les monts Sinjar (nord-ouest).

Enlevée le 3 août 2014, Ashwaq Haji est parvenue le 22 octobre de la même année à s'enfuir de la maison d'un djihadiste, irakien qui se faisait appeler Abou Houmam.

Cet homme l'avait achetée «pour cent dollars», raconte-t-elle à l'AFP, lors d'une visite au sanctuaire Yézidi de Lalich, à une soixantaine de km de la ville de Mossoul, dans le nord de l'Irak. Autour d'elle, ils sont des centaines à commémorer l'un des nombreux massacres subis par cette minorité kurdophone adepte d'une religion ésotérique monothéiste, particulièrement persécutée par l'EI.

La mère et le petit frère d'Ashwaq ont eux aussi été captifs un temps. Mais en 2015, tous les trois se sont installés à Schwäbisch Gmünd, une bourgade à 50 km de Stuttgart, dans le cadre d'un programme du gouvernement allemand pour les réfugiés irakiens. Le père, Haji Hamid, 53 ans, est resté en Irak.

A Schwäbisch Gmünd, Ashwaq raconte qu'elle suivait des cours d'allemand et voulait trouver un travail. Mais le 21 février 2018, elle dit avoir aperçu dans un supermarché un homme descendre d'une voiture et l'appeler par son nom avant de s'adresser à elle en allemand.

«Il m'a dit qu'il était Abou Houmam, je lui ai dit que je ne le connaissais pas et il s'est mis à me parler en arabe», affirme à l'AFP la jeune fille vêtue de noir, en signe de deuil pour ses cinq frères et sa soeur portés disparus depuis leur enlèvement par des djihadistes .

«Il m'a dit: 'ne me mens pas, je sais très bien que tu es Ashwaq et que tu vis en Allemagne avec ta mère et ton frère', il m'a même donné mon adresse et d'autres détails de notre vie» en Allemagne.

Aussitôt, la jeune fille a contacté la police locale. «Ils m'ont dit que c'était un réfugié comme moi en Allemagne et m'ont donné un numéro à appeler si jamais il s'en prenait à moi», poursuit-elle.

La police judiciaire du Bade-Württemberg a indiqué récemment sur Twitter avoir «ouvert une enquête le 13 mars 2018», ajoutant toutefois que l'enquête ne pouvait «se poursuivre pour le moment, la témoin (Ashwaq) n'étant pas joignable pour répondre aux questions».

Le parquet fédéral s'est «penché sur la question», confirme à l'AFP un porte-parole. «Mais jusqu'ici, au regard des éléments de preuves disponibles, nous n'avons pas pu identifier avec la certitude nécessaire l'auteur présumé».

Le parquet allemand a ouvert de nombreuses enquêtes pour terrorisme, crime contre l'humanité ou crime de guerre contre des réfugiés ou des demandeurs d'asile soupçonnés d'être impliqués dans des exactions commises par des groupes djihadistes en Irak, en Syrie ou en Afghanistan.

Les témoignages d'autres réfugiés sont régulièrement utilisés tout comme les publications sur les réseaux sociaux par les inculpés eux-mêmes.

Ashwaq affirme à l'AFP avoir visionné avec la police allemande les images de vidéosurveillance du supermarché où a eu lieu la rencontre, et dit être prête à communiquer ses coordonnées mais qu'elle ne se rendra plus en Allemagne.

De crainte de recroiser son bourreau, elle a quitté l'Allemagne fin mars avec sa mère et son frère pour le nord de l'Irak, où elle dit toujours vivre dans la peur car Abou Houmam a, raconte-t-elle, de la famille à Bagdad.

Depuis le camp de déplacés où il est installé dans le Kurdistan irakien, son père avoue avoir eu du mal à laisser son épouse et ses enfants revenir, après trois années de règne djihadiste, , en Irak.

«Quand sa mère m'a dit qu'elle avait vu ce djihadiste, (...) je leur ai dit de revenir, l'Allemagne n'étant visiblement plus un lieu sûr pour eux», affirme-t-il à l'AFP.

Mais la vie n'est toujours pas simple pour Ashwaq, comme pour les 3.315 Yézidis qui ont réussi à s'échapper de l'emprise des djihadistes . Autant d'autres sont toujours captifs ou portés disparus, selon les chiffres officiels.

«Toutes les survivantes ont des volcans en elles, prêts à exploser», prévient Sara Samouqi, une psychologue qui suit de nombreux Yézidis. «Ashwaq et sa famille vivent dans des conditions terribles».

Une fille de 14 ans violée par un Afghan en pleine journée dans le centre de Hambourg

Au sein de l’Allemagne de la chancelière démocrate-chrétienne Angela Merkel, les agressions sexuelles commises par les migrants sur les femmes allemandes sont légion. Un cas survenu dans la ville de Hambourg, deuxième cité du pays, est emblématique de l’insécurité sexuelle qui règne outre-Rhin.

Une fille de 14 ans a été poursuivie et violée en plein centre de cette métropole. Le lieu des faits est la Mönckebergstraße, qui compte parmi les dix rues commerçantes les plus fréquentées du pays. Le samedi, plus de 9.000 passants par heure flânent au sein de cette artère.

Ce samedi 11 août 2018, dans la matinée, un Afghan âgé de 30 ans, connu de la police pour divers faits, a accosté l’adolescente à la gare principale aux environs de 9 heures, en se comportant comme s’il la connaissait depuis longtemps. L’individu a suivi l’adolescente et l’a abordée à plusieurs reprises. Près du grand magasin d’électronique Saturn, il l’a tirée dans l’entrée d’une maison et l’a violée, malgré le fait que la victime s’est défendue.

La fille s’est rendue ensuite à la gare principale avant de prendre un métro vers la station Hoheluftbrücke, suivie par son agresseur. Elle a couru vers la station d’essence Aral située sur la Hoheluftchaussee et y a demandé de l’aide. La police est arrivée et a appréhendé l’Afghan.

Ce dernier était fortement imbibé d’alcool et a commis, dans le passé, de nombreux délits dans les domaines du vol, des blessures corporelles, de la drogue et des insultes.

Une autre agression s’est déroulée dans la même ville. La police de Hambourg confirme que, le jour précédent dans le quartier de Barmbek-Nord, un délit sexuel a été commis. Un homme au physique méditerranéen et aux cheveux sombres, âgé de 19 à 23 ans, a, aux environs de 23 h 15, attaqué une femme de 39 ans par-derrière. Lorsque celle-ci s’est retrouvée au sol, elle s’est défendue fortement. L’agresseur s’est enfui.

Une semaine auparavant, à Trostberg, en Bavière, un Érythréen a agressé sexuellement, sur une plaine de jeux, une jeune fille et a jeté au sol, en le blessant, un jeune garçon venu au secours de la victime. L’agresseur avait, auparavant, importuné sexuellement plusieurs femmes, dont une avec exhibitionnisme et tentative de vol d’un téléphone portable. Lors de l’arrestation de cet individu, un policier a été blessé.

Évidemment, les prédateurs sexuels venus d’outre-mer peuvent, une fois confondus par les forces de l’ordre, compter sur la clémence de magistrats bobos qui leur trouvent toutes sortes de circonstances atténuantes. Ainsi, un Afghan ayant commis, à Augsbourg, en Bavière, des agressions dans les trams, qualifiées par la justice d’abus sexuels sur mineurs, sur sept filles âgées de 10 à 12 ans, a quitté la prison après y avoir passé sept mois. Il était arrivé chez sa tante en Iran sans ses parents lorsqu’il était un jeune enfant. Il y récoltait des déchets en plastique et avait été frappé si fort par un homme qu’il a perdu l’usage d’un tympan. Il ne sait ni lire ni écrire et, malgré, tous les efforts, n’est pas en mesure d’apprendre l’allemand.

Chaque jour, la liste des victimes de la politique migratoire du gouvernement allemand s’allonge.

Etats-Unis

Les autorités américaines ont arrêté un membre présumé de l'organisation Etat islamique (EI) entré aux Etats-Unis en tant que réfugié irakien, soulevant des interrogations sur l'efficacité des procédures de contrôle des demandeurs de ce statut.

Omar Ameen, 45 ans, a été arrêté mercredi à Sacramento, en Californie, par l'équipe spéciale de lutte contre le terrorisme de la police fédérale (FBI), trois mois après qu'un juge irakien a émis à son encontre un mandat d'arrêt pour le meurtre d'un policier en 2014, a indiqué le ministère américain de la Justice.

Originaire de Rawa, dans la province d'al-Anbar, M. Ameen est entré aux Etats-Unis en 2014 après avoir obtenu le statut de réfugié. Il a récemment fait une demande de «carte verte», qui permet de travailler et de résider de façon permanente dans le pays.

Selon les autorités irakiennes, M. Ameen appartiendrait à deux groupes djihadistes --Al-Qaïda en Irak et à l'EI- et aurait contribué à poser des engins explosifs artisanaux.

Elles l'accusent également d'avoir tué par balle un policier à Rawa le 22 juin 2014, au lendemain de la prise de la ville par l'EI. Ce meurtre présumé est à l'origine d'une demande d'extradition émanant de Bagdad.

«M. Ameen a caché son appartenance à ces groupes terroristes lorsqu'il a demandé à obtenir le statut de réfugié et, plus tard, lorsqu'il a fait sa demande de carte verte aux Etats-Unis», a indiqué le ministère américain de la Justice.

Son cas pourrait conforter la décision controversée du président américain Donald Trump à l'automne 2017 de réduire considérablement le nombre de réfugiés accueillis aux Etats-Unis chaque année.

Il a fixé le quota à 45'000 pour l'année fiscale courant jusqu'au 30 septembre, un plus bas historique depuis le lancement de ce programme en 1980 - contre 110'000 lors de la dernière année du mandat de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Mais le total pourrait être bien inférieur au quota pour cette année: seulement 18'565 réfugiés avaient été acceptés par les Etats-Unis au 10 août, selon les chiffres du département d'Etat américain.

AFP

jeudi 16 août 2018

Centre de formation des services de renseignements attaqué à Kaboul


Deux assaillants ont attaqué jeudi une base et un centre de formation des services de renseignement afghans à Kaboul. Ils ont tenu en respect les forces de sécurité pendant près de sept heures avant d'être abattus.

'L'opération de nettoyage est terminée', a annoncé le porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai. 'Deux assaillants étaient impliqués. Tous deux ont été tués. Il n'y a pas d'autres victimes.' Selon le porte-parole de la police de Kaboul, les assaillants ont utilisé des lance-roquettes et des armes automatiques.

Les deux hommes étaient montés dans un immeuble en construction, d'où ils avaient visé un camp d'entraînement du NDS, les services de renseignement afghans. Ils ont ensuite échangé des tirs pendant des heures avec les forces de sécurité afghanes venues les déloger, ont raconté plusieurs responsables.

Le personnel du centre a trouvé refuge dans une zone protégée du complexe alors que des échanges de tir et des explosions étaient entendus dans un bâtiment en construction près du site.

Semaine sanglante

L'assaut, qui n'a pas été revendiqué à ce stade, intervient au terme d'une semaine déjà sanglante pour l'Afghanistan. Il s'est produit moins de 24 heures après un attentat-suicide qui a coûté la vie à moins 37 personnes contre une école d'un quartier chiite de Kaboul. L'attaque a été revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Des lycéens pour la plupart âgés de 16 à 18 ans, d'après l'Unicef, y préparaient les concours d'entrée de l'enseignement supérieur. 'Des enfants ne sont pas, et ne doivent jamais être, les cibles de violences', a souligné l'agence onusienne, qui a qualifié l'attentat de 'déplorable'.

'Viser délibérément des civils et des lieux d'éducation est un crime de guerre', a dénoncé Amnesty international dans un communiqué. Les gouvernements occidentaux qui renvoient les migrants afghans 'par milliers' vers leur pays d'origine, qui n'est 'sans aucun doute (...) pas sécurisé', commettent des 'violations du droit international', a ajouté l'ONG.

'Mort aux négociations fantômes'

Les proches et les familles de neuf victimes, très émus, ont assisté jeudi matin à un enterrement collectif. Une pelleteuse a creusé neuf tombes dans le sol aride. Certains pleuraient, d'autres étreignaient les cercueils.

'Mort à votre cessez-le-feu et à vos négociations de paix fantôme', a hurlé l'une des personnes présentes, en référence aux velléités de négociations de Kaboul avec les talibans pour mettre un terme à 17 années de guerre. 'Ils tuent nos personnes éduquées. Tous les jours, ils nous tuent', a-t-elle lancé.


Les insurgés sont sous pression depuis des mois pour accepter d'ouvrir des négociations de paix avec le gouvernement afghan. Ils avaient observé en juin un cessez-le-feu inédit de trois jours à l'occasion de la fin du ramadan, relançant les espoirs de paix après 17 ans de guerre

'Les talibans vont essayer d'avoir l'ascendant pendant ces discussions, donc on ne peut pas exclure davantage d'attaques d'ici à un cessez-le-feu', a indiqué l'analyste Rahimullah Yusufzai, spécialiste des talibans.

'C'est la saison des combats et les talibans voudront accumuler les victoires avant l'hiver', a-t-il ajouté. La milice islamiste avait lancé jeudi dernier un assaut sur Ghazni, que l'armée afghane, appuyée par des raids aériens américains, a mis plusieurs jours à repousser. D'après l'ONU, des rapports font état de 150 civils tués dans ces combats.

Les insurgés ont aussi réussi à s'emparer mardi d'une base militaire dans la province de Faryab (nord-ouest), dans laquelle au moins 100 militaires étaient stationnés.

D'après la mission de l'ONU en Afghanistan (Manua), le conflit a tué près de 1700 civils sur les six premiers mois de l'année, un record en dix années de conflit. La moitié de ces victimes sont mortes dans des attentats, attribués majoritairement à l'EI.

ATS

Trump a révoqué l'habilitation secret défense de John Brennan


Le président américain Donald Trump a révoqué l'habilitation secret défense de l'ancien chef de la CIA John Brennan, un ex-proche conseiller du président démocrate Barack Obama fréquemment critique du milliardaire républicain.

Cette habilitation, dont la révocation a été annoncée mercredi par la porte-parole de l'exécutif Sarah Sanders, donne aux hauts responsables qui en bénéficient accès à des informations sensibles et confidentielles, même après avoir cessé leurs fonctions.

Mme Sanders a lu un communiqué de M. Trump, dans lequel il justifiait sa décision par «les risques faisant courir la conduite et le comportement erratiques» de John Brennan. «Historiquement, les anciens chefs du renseignement et des agences de sécurité étaient autorisés à conserver un accès aux informations classées secret défense», a-t-elle rappelé, en soulignant que cette tradition est désormais remise en cause. «M. Brennan a des antécédents qui jettent un doute sur son objectivité et sa crédibilité», a assuré Mme Sanders.

John Brennan a réagi en évoquant une décision «faisant partie d'une volonté plus large de supprimer la liberté d'expression et de punir les critiques». L'ancien patron de la CIA a condamné un «abus de pouvoir» du président américain. «Si les habilitations secret défense venaient à devenir un outil politique dans les mains d'individus comme M. Trump, cela enverrait je pense un message très inquiétant aux membres actuels du gouvernement, peut-être aux anciens responsables qui bénéficient toujours de leur habilitation, ainsi qu'à la prochaine génération de professionnels du renseignement et de la sécurité nationale», a-t-il déclaré sur MSNBC.

Avec ces annonces mercredi, la Maison Blanche a peut-être tenté d'opérer une diversion, le président étant empêtré dans une polémique déclenchée par une ancienne conseillère en relations publiques, Omarosa Manigault Newman, qui a dressé ces derniers jours le portrait acide d'un Donald Trump «raciste» et «misogyne».

Le sénateur démocrate Mark Warner a ainsi dénoncé une stratégie de «détournement de l'attention» doublée d'un «dangereux précédent» visant à punir les personnes critiques du président.

Ancien patron de la CIA de 2013 à 2017, John Brennan reste une voix respectée sur l'échiquier politique américain, se montrant en même temps peu avare en critiques de M. Trump. Le mois dernier, il avait éreinté le locataire de la Maison Blanche après sa rencontre à Helsinki avec son homologue russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle le milliardaire américain avait adopté une posture conciliante vis-à-vis du maître du Kremlin.

«Trahison»

M. Brennan avait estimé que la «performance» de Donald Trump à Helsinki n'était «rien de moins qu'un acte de trahison». «Non seulement les propos de Trump étaient imbéciles, mais il est totalement dans les mains de Poutine», avait-il tweeté.

John Brennan a par ailleurs à de maintes reprises réaffirmé la réalité d'une ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, réfutant les doutes avancés par M. Trump sur la question.

Sarah Sanders a précisé que M. Trump envisageait de retirer leur habilitation à d'autres anciens hauts fonctionnaires de l'ère Obama, dont l'ex-chef de la police fédérale James Comey, devenu sa bête noire. Elle avait d'ailleurs préparé le terrain le mois dernier, en affirmant que certains de ces hauts responsables avaient «politisé et, dans certains cas, monnayé leurs fonctions publiques et leurs habilitations secret défense».

Une même révocation pourrait être appliquée à James Clapper, directeur du renseignement jusqu'à début 2017, ainsi qu'à Michael Hayden, ex-patron de l'Agence nationale de sécurité (NSA) puis de la CIA. Sont également menacés Susan Rice, qui était conseillère en sécurité nationale de Barack Obama, et Andrew McCabe, ancien adjoint puis directeur par intérim du FBI jusqu'en août 2017. Tous ont ouvertement critiqué le président républicain depuis sa prise de fonctions en janvier 2017.

AFP

L’incroyable scénario du meurtre de Kim Jong-nam


Pendant des mois, à la barre, elles ont répété toutes les deux cette version des faits. Elles n’étaient pas au courant, ni qu’il s’agissait du demi-frère du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, ni que le produit avec lequel elles l’ont entarté, à une borne d’enregistrement du terminal low cost de l’aéroport de Kuala Lumpur, était l’un des agents neurotoxiques les plus efficaces, le VX. Les meurtrières présumées de Kim Jong-nam, qui vivait en exil et avait critiqué l’ascension de son frère, soutiennent qu’elles croyaient à un autre vidéo gag, comme tous ceux qu’elles avaient tournés les mois précédents. Et qu’elles ont appris sa mort bien après le reste du monde, lors de leur arrestation, trois jours après ce 13 février 2017.


Les deux suspectes: Siti Aisyah et Doan Thi Huong.
Daniel Chan



Elles étaient deux mais disent qu’elles ne se connaissaient pas. L’une, Doan Thi Huong, est Vietnamienne. L’autre, Siti Aisyah, est Indonésienne. Elles ont cette vie très banale en Asie du Sud-Est: issues de familles de paysans, elles montent vers les grandes villes à l’âge adulte.

La vie au bar Seventeen Cowboys

L’une quitte son village à 18 ans pour poursuivre des études de pharmacie à Hanoï, mais abandonne vite et devient hôtesse dans un bar, le Seventeen Cowboys, où les serveuses portent un chapeau du Far West et des shorts très courts – certaines acceptent ensuite des relations contre de l’argent ou un smartphone. L’autre quitte l’Indonésie pour s’installer à Kuala Lumpur, travaille dans un spa où l’on vend davantage que des massages, et de temps à autre dans un bar connu pour la prostitution, le Beach Club.

L’attrait des farces sur YouTube

C’est ainsi qu’elles sont mises en relation – l’une par l’intermédiaire d’un chauffeur de taxi, l’autre par l’entremise d’une patronne de bar, l’une dans la capitale vietnamienne et l’autre dans celle de la Malaisie – avec des hommes disant réaliser des vidéos de canulars diffusées sur YouTube. Les farces: appliquer de la lotion hydratante pour bébé de la marque Johnson sur leurs mains puis l’étaler sur le visage d’inconnus. Le succès sur internet est garanti, leur assurent ces gens qui se présentent comme des producteurs sud-coréens.

Non seulement elles sont payées une centaine de dollars par opération, mais il n’y a à coucher avec personne, et elles pourraient passer des vies pénibles à celles d’actrices reconnues. «Tout a été fait pour les mettre en confiance, leur faire croire qu’elles deviendraient des comédiennes célèbres, qu’elles voyageraient dans de nombreux pays», soutient Hisyam Teh Poh Teik, l’avocat malaisien de la Vietnamienne.

Le premier tour

Doan Thi Huong réalise timidement son premier tour au centre commercial Lotte de Hanoï, filmée par ces pseudo-producteurs dont l’un se fait appeler «Mister Y». Même chose dans les galeries commerciales de Kuala Lumpur pour Siti Aisyah, encadrée par un certain «James», qui se dit Japonais mais est en réalité Nord-Coréen. Les promesses de voyages à l’étranger, qui peut-être feront leur gloire, se réalisent: James emmène l’Indonésienne, qui se fait surnommer «Alice», au Cambodge. A l’aéroport de Phnom Penh, il lui présente un «Mister Chang» qui dit être Sud-Coréen, mais l’enquête révélera qu’il est du Nord.

Les commanditaires de l’assassinat pensaient-ils que Kim Jong-nam ferait étape à ce moment-là au Cambodge? Ou voulaient-ils seulement que des supérieurs basés là-bas évaluent les recrues? Siti Aisyah fait trois caméras cachées à l’aéroport de Phnom Penh contre 600 dollars (600 francs), puis encore quatre de retour à Kuala Lumpur.

Nouveau gag: faire une bise

«Mister Y» et un autre homme, «Hanamori», censé être Japonais, emmènent Doan Thi Huong à Kuala Lumpur début janvier 2017. On lui confie un nouveau gag: faire un bisou sur la joue à un Occidental dans un supermarché. Le coup n’est pas très réussi, l’homme s’agace, lui dit froidement qu’elle doit faire erreur. Elle rentre à Hanoï, touche 20 dollars pour ce canular et 250 dollars présentés comme salaire mensuel.

Un mois plus tard, le 4 février, ses «producteurs» renvoient la Vietnamienne à Kuala Lumpur. De son côté, l’Indonésienne poste un message sur son compte Facebook le 7: «Dernier jour de tournage, j’espère que j’aurai gagné leur confiance et que mon contrat sera renouvelé.» Le 12 au soir, Siti Aisyah célébrait son anniversaire, dont la date tombait la veille, au Hard Rock Cafe de Kuala Lumpur.

Le jour de l’attaque contre Kim Jong-nam

Le matin suivant, elle était à l’aéroport avec Chang. Ils prennent un café dans une buvette, puis Chang l’emmène derrière un pilier proche des enregistrements d’Air Asia. Il lui désigne un homme en particulier, lui dit qu’une autre fille participera à ce gag. Le liquide a une odeur différente de la lotion Johnson. C’est Doan Thi Huong qui l’applique la première. «Mister Y m’a juste dit que c’était de l’huile et que je devais me frotter les mains et les garder fermées puis aller faire la vidéo humoristique», expliquera-t-elle aux juges, selon les procès-verbaux. La défense de Siti Aisyah soutient qu’aucune vidéo ne permet d’établir qu’elle a appliqué le produit sur Kim Jong-nam, et que c’est à l’accusation de le prouver.

Les deux vont se laver les mains, et partent chacune prendre un taxi. Siti Aisyah reprend son quotidien à Kuala Lumpur. A Doan Thi Huong, «Mister Y» a dit de ne pas le déranger le lendemain, qu’il aurait beaucoup à faire, mais de revenir à l’aéroport le surlendemain. Ce qu’elle fera. C’est alors qu’elle est interpellée par la police. Elle indique aux policiers qu’elle réside chambre 410 au Sky Star Hotel. Ils y trouvent le t-shirt «LOL» et la jupe bleue qu’elle portait sur les vidéos de surveillance, mais qu’elle ne semble pas avoir cherché à détruire. Ils y détectent du VX. Doan Thi Huong se présente comme une actrice. Elle pense que c’est une autre caméra cachée, n’y comprend rien, trouve le temps long au poste, puis demande qu’on la paie et qu’on la laisse partir.

Le choc des gros titres

Selon son avocat, Hisyam Teh, ce n’est que le troisième jour, lorsque la police lui montre la une des journaux, avec les gros titres sur l’assassinat de Kim Jong-nam et la photo de celui qu’elle a surpris, qu’elle prend conscience des faits. «Elle a été absolument effondrée», raconte Hisyam Teh. «C’est très simple, elle n’avait ni l’intention ni la conscience de l’acte», qui seraient nécessaires pour établir l’intentionnalité constitutive d’un meurtre, souligne l’avocat.

De son côté, Siti Aisyah sera arrêtée à son salon de massage trois jours après la mort de Kim Jong-nam. «Elle était retournée faire du shopping entre-temps, et retournée au boulot», dit son avocat, Gooi Soon Seng. «C’était une travailleuse sociale, poursuit-il par euphémisme. Elle travaillait la nuit, se reposait le jour, elle ne suivait pas les infos. Elle a été totalement choquée, ne comprenait pas la gravité de ce qu’il se passait.»

Et de s’interroger: si elle avait su qu’elle avait tué, en plein jour, en plein aéroport, sous les caméras de surveillance, dans un complot aux ramifications internationales, n’aurait-elle pas pris la fuite? Et aurait-elle touché les branches de ses lunettes pour les repositionner si elle avait su ce qu’elle avait sur les mains?

Ces suspects que la Malaisie a laissés filer

Absents au procès, les quatre Nord-Coréens avaient aussitôt décollé de Kuala Lumpur et rejoint Pyongyang via Djakarta, Dubaï et Vladivostok. La Malaisie a également laissé filer du personnel de l’ambassade nord-coréenne soupçonné d’avoir participé à la mise en place – un véhicule acheté par l’ambassade a emmené les fugitifs à l’aéroport le 13 février au matin. Il y avait des ressortissants malaisiens à Pyongyang, que la République populaire démocratique de Corée n’aurait pas laissés rentrer sinon, de sorte que la Malaisie a rapidement plié.

«On ne voit ce type d’assassinat que dans les films de James Bond, et les deux filles n’ont pas été choisies comme boucs émissaires», a déclaré le procureur Wan Shaharuddin Wan Ladin. Il voit là un scénario «ingénieux» de leur défense pour les innocenter. Les juges doivent décider aujourd’hui 16 août s’ils considèrent les deux jeunes femmes coupables ou non. La sentence sera prononcée plus tard. Le meurtre en Malaisie est passible de la peine de mort.

Harold Thibaul 
Le Monde

mardi 14 août 2018

Daesh compterait encore 20.000 à 30.000 combattants en Irak et en Syrie


Peu avant de quitter la tête des forces françaises engagées dans la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, le général François Parisot avait estimé qu’il fallait encore deux ou trois mois aux Forces démocratiques syriennes [une alliance arabo-kurde soutenue par le coalition, ndlr] pour venir à bout des dernières positions tenues par l’État islamique [EI ou Daesh] sur la rive orientale de l’Euphrate, en Syrie.

Pour autant, cela ne voudra pas dire que le combat sera terminé. En Irak, où la fin des combats contre elle a été proclamée le 10 décembre 2017 par le Premier ministre, Haider al-Abadi, l’organisation jihadiste a renoué avec la guérilla et les attentats dans les régions qu’elle contrôlait jusqu’alors. Ce mouvement avait été anticipé devant l’avancée des troupes irakiennes soutenues par la coalition.

Ainsi en est-il dans les régions de Kirkouk, où les jihadistes se dissimulent dans les grottes et les tunnels creusés dans les monts Hamrin, de Diyala et de Salaheddine. Pour contrer cette guérilla, Bagdad a lancé, début juillet, l’opération « Vengeance pour les martyrs » entre l’axe Diyala-Kirkouk et la frontière avec l’Iran. D’ailleurs, la semaine passée, les Rafale de l’armée de l’Air basés en Jordanie ont eu à intervenir à deux reprises pour détruire des pick-up de l’EI, « en appui des opérations de sécurisation de l’armée irakienne ».

En Syrie, où il cherche à maintenir les dernières positions qui lui restent dans l’est, en particulier dans la province de Deir ez-Zor, l’EI a mené une série d’attaques et d’attentats qui ont fait, fin juillet, près de 250 tués dans la région méridionale de Soueïda. Et il a enlevé une trentaine de personnes appartenant à la communauté druze, puis diffusé la vidéo montrant la décapitation de l’un des otages, un étudiant de 19 ans.

L’État islamique est « une hydre dont il faudra en permanence contrôler qu’elle ne soit pas en train de se réveiller », notamment en Irak et en Syrie, avait expliqué le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées, lors d’un passage sur l’antenne de CNEWS, en mai dernier.

Mais la grande question est de connaître le nombre de combattants sur lesquels l’EI peut encore compter, après ses revers militaires et financiers (l’organisation a perdu une partie substantielles de ses sources de revenus). Or, depuis qu’il a proclamé son « califat », en juillet 2014, personne n’a vraiment pu s’accorder sur le niveau de ses effectifs.

En juin 2016, le directeur de la CIA, qui était alors John Brennan, avait avancé que Daesh disposait de 18.000 à 23.000 combattants. Un niveau largement en-deçà de l’évaluation faite par des responsables irakiens, qui parlèrent de 100.000 à 200.000 combattants. L’EI occupe un tiers de l’Irak et un tiers de la Syrie, avec une population entre 10 et 12 millions de personnes sur 250.000 kilomètres carrés, la même taille que la Grande-Bretagne. Cela donne aux djihadistes un large potentiel de recrutement », avait alors expliqué Fuad Hussein, chef du cabinet de Massoud Barzani, le président de la région autonome du Kurdistan irakien.

Quant aux combattants étrangers de Daesh, le directeur du Comité contre le terrorisme des Nations unies évalua leur nombre à 30.000, en juillet 2016. Cette évaluation correspondait peu ou prou à celle faite six mois plus tôt par le Soufan Group.

Depuis, Daesh a donc perdu la quasi-totalité de son emprise territoriale et subi des pertes importantes. Cependant, à en croire un rapport des Nations unies, il disposerait encore de forces relativement importantes, tant en Irak qu’en Syrie. En effet, selon le document, l’organisation jihadiste y compterait encore entre 20.000 et 30.000 combattants.

Cet effectif serait réparti à « proportion grossièrement égale » entre l’Irak et la Syrie, avec une « partie importante de milliers de combattants terroristes étrangers », dont le flux d’arrivée est « pour ainsi dire tari ».

Pour le rapport – et les faits récents le confirment – l’EI est « toujours capable de mener des attaques sur le territoire syrien » et même s’il « contrôle plus totalement de territoire en Irak », il « reste actif grâce à des cellules dormantes. »

Le document explique que l’État islamique fonctionne maintenant en « réseau » et que la discipline imposée par son chef Abou Bakr al-Baghdadi est « intacte ». Ce dernier « reste en position d’autorité », avance-t-il.

Par ailleurs, un certain nombre de combattants de Daesh ont quitté le Levant pour rejoindre d’autres zones de conflit, comme par exemple l’Afghanistan ou le Yémen, où il compterait jusqu’à 500 fidèles (contre 6.000 pour al-Qaïda dans la péninsule arabique – AQPA). L’organisation est également présente en Libye, avec 3.000 à 4.000 sympathisants.

Si le nombre d’attentats a diminué en Europe, avance le rapport, les « moteurs sous-jacents du terrorisme sont toujours présents et peut-être plus raffinés que jamais. » Et cette situation pourrait durer jusqu’à ce l’EI se réorganise et qu’al-Qaïda « augmente son activité terroriste internationale ou que d’autres organisations émergent dans l’arène terroriste. »

Les talibans s'emparent de la base militaire de Chenaya


Des insurgés talibans se sont emparés d'une base militaire du nord de l'Afghanistan, tuant au moins 14 soldats, ont indiqué mardi des responsables. Le sort de dizaines d'autres demeure incertain.

Les talibans ont pris le contrôle de la base de Chenaya, située dans le district de Ghormach dans la province de Faryab, au terme de plusieurs jours de combats intenses, a indiqué Mohammad Hanif Rezaee, porte-parole de l'armée pour le nord du pays.

Au moins 100 militaires se trouvaient sur le site au début de l'attaque dimanche, selon lui. «C'est une tragédie que la base soit tombée aux mains des ennemis. Des soldats ont été tués, d'autres capturés et certains se sont enfuis dans les collines à proximité», a-t-il dit.

Un élu local, Hashim Otaq, a fait état de 14 soldats tués et d'une quarantaine d'autres capturés. Une trentaine de combattants islamistes auraient perdu la vie.

Munitions et chars pris par les talibans

Les insurgés se sont emparés de chars et de munitions entreposés dans la base de Chenaya, a expliqué Mohammad Tahir Rahmani, qui dirige le conseil provincial. «Nous n'avons pas été en mesure de pénétrer dans la base. De grandes parties de la base sont toujours contrôlées par les talibans», a-t-il dit.

Selon Tahir Rahmani, la base est tombée alors que ses occupants réclamaient depuis plusieurs jours du renfort et un soutien aérien de Kaboul, sans succès. «Ils (les autorités) étaient trop occupés avec Ghazni», a-t-il souligné.

L'assaut sur Ghazi continue

L'assaut sur Chenaya coïncide en effet avec celui lancé jeudi soir par les talibans sur la ville de Ghazni (est), qui se poursuivait toujours mardi. L'inquiétude monte quant au sort des civils pris au piège de la bataille.

L'ONU a fait état d'informations non confirmées selon lesquelles plus de 100 civils auraient été victimes des violences depuis jeudi soir. Selon un habitant, se présentant sous le nom d'Abdullah, les talibans tuent ceux qui refusaient de les aider. Les habitants risquent en outre d'être touchés par les raids aériens conduits par les forces étasuniennes en soutien aux Afghans.

Un élu de Ghazni, Shah Gul Rezaye, a indiqué que certaines zones de la ville avaient été reprises. Mais dans d'autres, «les talibans ont positionné leurs combattants dans des bâtiments élevés pour tirer sur les forces de sécurité», a-t-il dit.

ATS

lundi 13 août 2018

La « guerre électronique » prend de plus en plus d’importance dans les opérations navales


La frégate Chevalier Paul


La Syrie est devenue « l’environnement de guerre électronique le plus agressif de la planète », confiait, en avril dernier, le général Raymond Thomas, le chef de l’US Special Operations Command [USSOCOM], lors d’un colloque sur le renseignement géospatial [GEOINT]. Et d’évoquer des cas de brouillage de communications entre des avions de la coalition anti-jihadiste, dirigée par les États-Unis. Le fonctionnement de drones aurait même été perturbé par des systèmes russes, à en croire les confidences faites à NBC par des responsables militaires américains.

Évidemment, la guerre électronique concerne également les opérations terrestres. Lors de l’exercice Zapad 2017, mené par les forces russes et biélorusses, il fut rapporté que les signaux de téléphonie mobile et GPS avaient été « brouillés » dans les pays baltes et en Norvège.

Dans le sud-est de l’Ukraine [Donbass], où des séparatistes pro-russes affrontent les troupes gouvernementales, il a été mis en évidence un recours systématique aux moyens de guerre électronique. Ce qui explique que la mission d’observation de l’OSCE [Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe] perd régulièrement ses drones dans la région…. D’où les efforts de l’US Army pour réduire son retard dans ce domaine (pour lequel elle n’investissait, jusqu’à présent que 0,8% de son budget).

Il faut dire que la Russie a beaucoup investi dans de telles capacités au cours de ces dernières années. Y compris, apparemment, pour les opérations navales. En témoigne, par exemple, le brouillage des signaux GPS en mer Noire (spoofing).

Commandant le NATO Maritime Group 1 lors de l’exercice BALTOPS 18, le commodore Søren Thinggaard Larsen, de la Marine royale danoise, a souligné que les navires russes ont observé les manoeuvres des unités de l’Otan à distance. Toutefois, pour ne pas leur donner d’informations, des mesures spécifiques ont été prises, comme celle ayant obligé les marins des bâtiments engagés à mettre leurs téléphones mobiles en mode avion afin d’éviter tout « piratage » à distance.

Dans un entretien donné à VOA, l’amiral John Richardson, le chef des opérations navales de l’US Navy, a évoqué cette question de la guerre électronique, sans pour autant donner de détails. Ainsi, a-t-il affirmé, les marins américains « doivent se défendre des dispositifs de brouillage électronique russes, comme ceux utilisés en Syrie. »

Pour rappel, la plupart des navires américains sont dotés du système de guerre électronique AN​/ SLQ-32, dont la première version a été mise en service dans les années 1970. Le programme Advanced Electronic Electronic Warfare System (AIEWS) avait été lancé en 1996 pour le remplacer, avant d’être annulé six ans plus tard, en raison de coûts trop élevés. Il est désormais question du Surface Electronic Warfare Improvement Program (SEWIP) Block 2, testé en 2014 à bord du Littoral Combat Ship USS Freedom.

Ces systèmes de brouillage ont été utilisés, toujours d’après l’amiral Richardson, dans les eaux internationales. « Maintenant, c’est une partie émergente de nos activités », a-t-il insisté. « Ces technologies perturbatrices […] vont vraiment jouer un rôle décisif dans les combat à venir et nous devons nous assurer que nous allons investir également dans ce domaine », a-t-il affirmé.

L’amiral Richardson n’est pas le premier a faire état de cette menace. Son prédécesseur, l’amiral Jonathan Greenert, l’avait déjà évoquée en 2013, en expliquant que les brouilleurs, détecteurs de signaux et autres composants bon marchés « faciliteraient l’action de forces hostiles sur le spectre électro-magnétique ».

Outre les forces russes, l’Armée populaire de libération (APL) investit également dans ce type de capacité, en particulier en mer de Chine méridionale, dont la quasi-totalité est revendiquée par Pékin, sans fondement juridique. Des équipements destinés à brouiller les radars et les communications ont en effet été installés sur des îlots militarisés dans cette partie du monde. Le porte-avions USS Roosevelt en aurait été la cible, au printemps dernier. « Le simple fait que certains de vos équipements ne fonctionnent pas est déjà une indication que quelqu’un essaie de vous bloquer », avait expliqué un pilote de l’US Navy à GMA News Online.

dimanche 12 août 2018

Assassinat d’un scientifique syrien, le Mossad montré du doigt


Dimanche dernier, le général syrien Aziz Esber a été assassiné dans la ville de Masyaf, dans le centre de la Syrie. Son véhicule a explosé, le tuant sur le coup, ainsi que son chauffeur. L’attentat a aussitôt été revendiqué par le groupe islamiste Tahrir al-Cham, nouveau nom d’Al-Nosra, c’est-à-dire d’Al-Qaïda. Personne ne croit à cette revendication. Le général était un homme très protégé et les islamistes sont bien incapables de monter des attentats aussi sophistiqués. Pour eux, seuls les kamikazes tiennent lieu de stratégie.

Les Syriens et les Iraniens ont immédiatement accusé le Mossad israélien. Ceci n’a rien d’absurde, car le général Esber, avant d’être un militaire, était un scientifique. Physicien de formation (il aurait, notamment, étudié en France), il était un membre important du Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS). Cette entité est notamment chargée du programme de missiles sophistiqués pouvant permettre à l’armée syrienne de frapper un objectif à plusieurs centaines de kilomètres de distance.

Très lié aux Iraniens, Esber était depuis longtemps dans le viseur des Israéliens. Ces derniers ont naturellement refusé de commenter l’assassinat, mais le ministre de l’Information a tout de même déclaré, à propos d’Esber : « Je suis absolument ravi qu’il ne soit plus de ce monde. »

C’est le très sérieux New York Times qui a relancé le dossier en affirmant que c’est bien le Mossad qui a procédé à l’opération : « Aziz Esber était l’un des plus importants experts syriens en fusées, responsable de la mise en place d’un arsenal de missiles guidés qui étaient capables d’atteindre avec une précision extrême des villes israéliennes situées à des centaines de kilomètres. » Le journal ajoute que c’est le quatrième scientifique assassiné au Proche-Orient par le Mossad depuis quatre ans.

Contrairement à ce qui a été annoncé dans un premier temps, ce n’est pas une bombe placée sur le trajet du véhicule qui a tué Esber, mais un explosif situé à l’intérieur, dans l’appui-tête. Méthode déjà utilisée par le Mossad…

Par cet attentat, Israël n’aurait pas seulement voulu éliminer un spécialiste des missiles. Il aurait aussi montré aux Iraniens qu’ils n’étaient pas en sécurité en Syrie. Esber était très lié avec eux, et plusieurs scientifiques iraniens travaillaient avec lui au CERS.

Comme Netanyahou l’a récemment rappelé à Poutine, l’exigence d’Israël est qu’aucun Iranien ne soit présent sur le sol syrien – militaire ou scientifique. Les Russes ont finalement obtenu des Iraniens un retrait de 85 kilomètres du plateau du Golan. Israël viendrait, ainsi, de signifier clairement qu’il exige beaucoup plus.

On connaît la redoutable efficacité du Mossad dans l’assassinat ciblé. Mais il en faut certainement plus pour intimider l’Iran. Il a perdu des milliers d’hommes dans la lutte contre les islamistes sunnites et, à l’orée de la victoire, il ne compte pas se soumettre aux diktats israéliens.

Antoine de Lacoste

Roberto Moyado Esparza, alias «el Betito» a été capturé





Il avait perdu 30 kilos, s'était fait poser des implants capillaires mais cela n'a pas suffi: le chef présumé du plus puissant groupe criminel de Mexico a été reconnu et arrêté, ont annoncé jeudi les autorités.

«La personne arrêtée avait subi une intervention chirurgicale consistant à réduire la taille de l'estomac et avait perdu 30 kilos pour modifier son apparence physique afin de ne pas être reconnue», a déclaré lors d'un point presse Renato Sales, le chef de la Commission nationale de sécurité.

«On le soupçonne de diriger des activités de vente de drogue au détail, d'extorsion, de vols, d'enlèvements et de blanchiment d'argent, entre autres, plus particulièrement dans le centre de la capitale (...) Il est également sous le coup d'une enquête pour plusieurs homicides», a-t-il ajouté.

Roberto Moyado, alias «el Betito» (diminutif de Roberto), 37 ans, dirigeait l'«Union de Tepito», gang qui opère dans la mégapole mexicaine de plus de 20 millions d'habitants.

La bande criminelle, dont le nom vient d'un quartier difficile du centre de Mexico, serait en lien avec des cartels comme Jalisco Nueva Generacion, afin de distribuer de la drogue dans les rues de la capitale, selon les autorités et les analystes.

Ce n'est pas le premier criminel mexicain à tenter de modifier son apparence pour échapper à la police : en 1997, un important baron de la drogue, Amado Carrillo Fuentes, surnommé «Le seigneur des cieux», était mort au cours d'une opération de chirurgie plastique à Mexico.

TF121