Sauf avis de recherche, nous ne publions plus de photographies, vidéos ou articles d'auteurs d'attentats, afin d'éviter d'éventuels effets de glorification posthume. Les rendre anonymes, c'est les combattre !

vendredi 23 août 2019

Quelques images satellite récente d'Olenya Guba confirmant certaines hypothèses



De nouvelles images satellites récemment mises à disposition sur Google Earth confirment que les enclos des bélugas de la marine russe ont été déplacés vers une position plus stable près de l'entrée de la base sous-marine secrète d'Olenya Guba (Оленья Губа) sur la péninsule de Kola. Ces enclos étaient probablement impliqués dans la découverte de la baleine en Norvège en mai. En outre, ces images confirment que le sous-marin hôte de la mission spéciale BS-64 Podmoskovye est rentré à sa base d’origine à Olenya Guba peu de temps après l’accident du sous-marin de Losharik le 1er juillet.

Olenya Guba, qui signifie la baie des cerfs, est la principale base d’opération de la 29e brigade de sous-marins de la flotte du Nord. Cette unité exploite une gamme de sous-marins aux missions spéciales pour GUGI (Direction générale de la recherche en haute mer). D'autres navires actifs de GUGI, notamment le "navire de recherche" hydrographique Yantar, énigmatique et controversé, y sont également basés.

Les deux enclos pour bélugas qui ont été emmenés à Olenya Guba plus tôt cette année et ont été déplacés des quais situés à proximité du hangar du sous-marin vers un nouvel emplacement situé près de l'entrée de la baie.


Il est maintenant confirmé que les deux enclos ont été transférés de Tonya Bay en avril de cette année et très certainement avant l’arrivée du Beluga en Norvège. Cela confirme la théorie selon laquelle la baleine s'est probablement échappée pendant ou peu de temps après le déménagement. Les images de Tonya Bay maintenant sur Google Earth:



En juillet, des images apparaissant sur les médias sociaux russes semblaient indiquer un projet de construction de trois enclos pour bélugas sur une nouvelle jetée, encore plus proche de l'entrée de la baie, à proximité de la position actuelle. Ces documents n'ont pas été vérifiés mais semblent crédibles:



Le BS-64 est rentré à Olenya Guba moins d'une semaine après l'accident de Losharik


Les nouvelles images confirment également que le BS-64, le sous-marin hôte du Losharik lors de l'accident du 1er juillet, qui a coûté la vie à 14 hydronautes russes (sous-mariniers d'élite en plongée profonde), est rentré à Olenya Guba peu après que les corps soient déposés à Severmorsk. Le sous-marin a en réalité quitté Severomorsk quelques jours avant le passage de ce satellite. Le sous-marin midget Losharik s’est toutefois rendu à Severodvinsk où il attend des réparations majeures:

Le BS-64 (en haut) et le BS-136 (en bas) à leur embarcadère habituel à Olenya Guba. 8 juillet 2019

La Corée du Sud s’en remet aux États-Unis pour le partage de renseignements avec le Japon


S’ils ont beaucoup de points communs, à commencer par le parapluie militaire américain dont ils bénéficient tous les deux, le Japon et la Corée du Sud ont aussi des désaccords profonds, comme, par exemple, au sujet des rochers Liancourt [Dokdo ou Takeshima], lesquels sont revendiqués par Tokyo alors qu’ils ont administrativement rattachés à l’île sud-coréenne d’Ulleungdo. Et c’est sans compter sur les contentieux hérités de l’histoire, et surtout de l’occupation nippone de la péninsule coréenne de 1910 à 1945.

Cependant, et selon le principe affirmant qu’il vaut mieux regarder les motifs de rapprochement plutôt que les facteurs de division, Tokyo et Séoul signèrent, en novembre 2016, un accord visant à faciliter le partage d’informations entre leurs services de renseignement respectifs, sans avoir à passer par les États-Unis qui, jusqu’alors, servaient de courroi de transmission.

« Notre sécurité se trouvera renforcée par le fait que nous puissions utiliser les capacités de renseignements japonaises pour faire face aux menaces nord-coréennes grandissantes », fit valoir, à l’époque, le ministère sud-coréen de la Défense, au sujet de cet accord sur « la sécurité générale des informations militaires » [GSOMIA].

Cela étant, cette entente fut mal accueillie par l’opinion publique sud-coréenne, pour qui cette coopération avec le Japon était « non patriotique » et « humiliante ». Quant aux dirigeants nord-coréens, ils la qualifièrent de « trahison » au profit de « l’ennemi juré du peuple coréen ».

Mais les opposants à cet accord peuvent désormais se réjouir : le gouvernement sud-coréen a en effet décidé d’y mettre un terme unilatéralement.

« Nous avons décidé qu’il n’était pas dans l’intérêt national de maintenir l’accord qui a été signé avec l’objectif d’échanger des renseignements militaires sensibles », a ainsi annoncé un responsable sud-coréen, le 22 août.

Il faut dire que les relations entre les deux pays ont connu une brusque dégradation, début août, avec la décision de la justice sud-coréenne d’exiger d’entreprises nippones d’indemniser des Sud-Coréens qu’elles avaient forcés de travailler dans leurs usines durant l’occupation japonaise. En retour, Tokyo a retirer la Corée du Sud de sa liste des pays bénéficiant d’un traitement de faveur. En retour, Séoul a fait la même chose.

Quoi qu’il en soit, la décision sud-coréenne au sujet du GSOMIA été vivement dénoncée par les autorités japonaises.  »

« Je dois dire que la décision de mettre fin à ce pacte par le gouvernement sud-coréen est une totale erreur de jugement de la situation de la sécurité régionale et est extrêmement regrettable », a affirmé Taro Kono, le ministre japonais des Affaires étrangères « Nous ne pouvons accepter les affirmations de la partie sud-coréenne et nous allons protester vivement auprès du gouvernement de Corée du Sud », a-t-il ajouté.

Son homologue à la Défense, Takeshi Iwaya, a fait valoir que cet accord était « vital » pour la sécurité régionale et que sa suppression allait « rendre la coopération bilatérale en matière de défense plus difficile. » En outre, a-t-il rappelé, le GNOSIA permettait un « échange d’informations approfondi et prudent entre les deux parties » lors « des séries de lancements de missiles nord-coréens ».

Car la menace nord-corénne n’a évidemment pas disparu par enchantement… Ces dernières semaines, Pyongyang a enchaîné les tirs de missiles balistiques à une fréquence que l’on n’avait plus vu depuis plusieurs mois. Et, si l’on en croit le renseignement japonais, cité par le quotidien Yomiuri, les  ingénieurs nord-coréens auraient fait des progrès susbstantiels en matière de miniaturisation des têtes nucléaires. Son homologue sud-coréen avait énoncé une conclusion quasi-similaire en janvier dernier…

Par ailleurs, les États-Unis ont dit regretter la fin du GNOSIA. « Nous exhortons chacun des deux pays à continuer à coopérer, à maintenir le dialogue. Il est certain que les intérêts communs du Japon et de la Corée du Sud sont importants. Nous espérons que ces deux pays vont pouvoir remettre leur relation là où elle doit être », a commenté Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine.

Quant au Pentagone, il a exprimé sa « profonde inquiétude et sa déception après la décision du gouvernement Moon de refuser de maintenir l’accord » de partage de renseignements avec le Japon.

Finalement, il n’y avait sans doute guère matière à s’inquiéter autant… Car, finalement, la Corée du Sud continuera de partager ses informations avec le Japon, mais via les États-Unis. En clair, on retrouvera ainsi la situation qui prévalait avant novembre 2016…

« En lieu et place de l’accord, la Corée du Sud va dorénavant utiliser activement le canal trilatéral d’échange d’informations, avec les États-Unis comme intermédiaire », a en effet annoncé Kim Hyun-chong, un responsable de la sécurité nationale à la présidence sud-coréenne.

Traduire c'est trahir ? Ces erreurs d'interprétation qui ont changé (ou pas) l'histoire


Les relations internationales ne tiennent parfois qu'à un fil. Elles sont ainsi fortement dépendantes de la qualité des traductions des déclarations des dirigeants du monde. Certaines erreurs en la matière ont eu de lourdes conséquences. Florilège.

«Traduttore, traditore», l'expression italienne signifiant «traducteur, traitre» pointe les infidélités de l'exercice délicat de la traduction d'une langue à une autre. Une mise en garde doublement valable en matière de politique internationale.

A titre d'exemple récent, lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron au fort de Brégançon le 19 août, la traduction simultanée destinée au pool de journalistes francophones a sensiblement différé de celle proposée par RT France, ce que nombre de téléspectateurs et d'internautes n'ont pas manqué de remarquer. Si la traduction transmise par les autres médias français était moins précise que celle de notre média, les conséquences en termes géopolitiques et diplomatiques de ces approximations ne devraient pas être bien lourdes. Cela n'a pas toujours été le cas dans l'histoire. En effet, les erreurs de traduction ont pu avoir des retombées non négligeables, voire  dramatiques dans certains cas.

Les bombardements de Hiroshima et Nagasaki auraient pu être évités

Présentée par les linguistes comme la plus grave erreur de traduction de tous les temps, l’interprétation du terme japonais «Mokusatsu» est au cœur d'un des pires massacre du 20e siècle : le largage par les Etats-Unis de bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945.

Répondant à l'exigence des alliés de déposer immédiatement et «sans condition» les armes pour mettre fin à la Seconde Guerre mondiale, faute de quoi, «le Japon subira une destruction rapide et totale», le gouvernement nippon a eu le malheur d'utiliser dans sa réponse le terme polysémique de  mokusatsu, traduit trop rapidement par la presse par «ignorer avec mépris».

«Cet ultimatum [des Alliés] n’est rien d’autre qu’une reprise de la Déclaration du Caire. Pour le gouvernement [japonais], il n’a donc pas de valeur en soi ; nous avons décidé de le "mokusatsu". Et de poursuivre résolument nos efforts pour conduire cette guerre au succès», aurait répondu le Premier ministre de l'époque Kantaro Suzuki.

En réalité, pressé par des journalistes de réagir à l'ultimatum allié, Kantaro Suzuki aurait employé le terme controversé pour dire : «sans commentaire pour le moment». Mais le terme choisi ayant un double sens décisif, il a funestement été compris dans son acception de «mépris».

Résultat, le président américain Harry Truman, qui reçoit la déclaration japonaise comme «un dédain silencieux», appuie sur le bouton rouge enclenchant un carnage sans précédent : le bombardement nucléaire de Hiroshima le 6 août 1945 fera entre 95 000 et 166 000 morts sur une ville de 340 000 habitants et celui de la ville de Nagasaki (195 000 habitants), le 9 août, ôtera la vie de 60 000 à 80 000 âmes.

Le 2 septembre 1945, le Japon signait officiellement son acte de capitulation mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale. Si les deux bombes nucléaires ont sans doute précipité cette signature, elle était, selon nombre d'observateurs, inéluctable.

D'autre part, bien au delà d'une décision impulsive face au «mépris» japonais, les bombardements atomiques du Japon ont servi aux Américains à faire une démonstration de force vis-à-vis du reste du monde et en particulier, de l'Union soviétique.

Le cas du référendum soudanais

Autre exemple marquant d'une erreur de traduction aux conséquences politiques : en février 2010, Ban Ki-moon, alors Secrétaire général des Nations Unies, semblait rompre avec cinq années de politique de l'ONU à l'égard du Soudan, déclarant dans une interview à deux agences de presse françaises qu'il tenterait d'empêcher le plus grand pays d'Afrique de se diviser en deux lors d'un référendum en 2011. «Nous allons travailler dur pour éviter une possible sécession», avait rapporté l'AFP.

Or, en réalité, Ban Ki-moon avait déclaré aux journalistes français qu'il était en faveur d'un Soudan unifié, affirmant : «Nous allons essayer de travailler dur pour rendre cette unité attrayante». Mais il n'a jamais dit qu'il travaillerait activement pour s'y opposer. La suite de la citation exacte du Secrétaire général était : «Nous travaillerons très étroitement pour ne pas avoir de conséquences négatives découlant de cette sécession potentielle ou éventuelle».

La mauvaise traduction des propos de Ban Ki-moon a déclenché un incident majeur au Soudan. Les dirigeants du sud du pays ont accusé le Secrétaire général de s'immiscer dans la décision du Sud de déterminer son propre avenir politique.

L'ONU a ensuite dû faire des pieds et des mains pour assurer que toute suggestion selon laquelle elle aurait pu prendre une position pouvant préjuger de l’issue du référendum soudanais était «fausse».

Jimmy Carter a-t-il abandonné les Etats-Unis ?

Anecdote plus cocasse, fin 1977, le président américain Jimmy Carter en visite en Pologne est accompagné par un interprète russe qui parlait polonais, mais qui n’avait pas la formation professionnelle nécessaire pour interpréter dans cette langue.

A travers la traduction très approximative de celui-ci, les Polonais ont ainsi pu entendre le président Carter affirmer qu’il avait «abandonné» les Etats-Unis et expliquer vouloir «connaître charnellement» le peuple polonais. En réalité, Jimmy Carter évoquait simplement le moment où il avait quitté son pays pour se rendre en Pologne le matin-même, et déclarait plus loin vouloir entendre les «aspirations pour l’avenir» des Polonais. Ces erreurs ont évidemment fait le bonheur des médias des deux pays.
Le traducteur, pourtant très réputé, fut naturellement congédié après cet épisode.

«Nous allons vous enterrer»

Une autre traduction approximative avait aussi nourri les hostilités au plus fort de la guerre froide. Ainsi, en 1956, le président du Conseil des ministres d'URSS, Nikita Khrouchtchev, avait prononcé un discours dans lequel une phrase a été traduite en anglais par «nous allons vous enterrer». Eu égard au contexte ultra-tendu de l'époque, cette phrase a été comprise comme une menace d’attaque nucléaire. Une traduction correcte aurait dû être : «nous vous survivrons» ou encore «nous vaincrons». Pas vraiment amical certes, mais pas aussi menaçant.

«Rayer Israël de la carte»

En 2005, les agences de presse internationales et en premier lieu la prestigieuse agence Reuters ont affirmé que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait appelé à «rayer Israël de la carte», nourrissant les soupçons que l'Iran était en train de développer l'arme nucléaire dans ce dessein.

Le 25 octobre 2005, le président iranien – qui participait à une conférence intitulée «Le monde sans le sionisme» – avait déclaré que beaucoup pensaient qu'il n'était pas possible «d'avoir un monde sans les Etats-Unis et le sionisme». Il poursuivait : «Mais vous savez que ce sont un but et un slogan réalisables». Pour étayer ses propos, le président iranien mentionne alors la chute dans l'histoire récente de plusieurs régimes que personne ne pouvait imaginer voir disparaître à l'instar de l'URSS. A la fin de son discours, le dirigeant iranien ajoute : «L'Imam [Khomeiny] a annoncé que le régime occupant Jérusalem devait disparaître de la page du temps.»

Dans cette allocution, à aucun moment Mahmoud Ahmadinejad ne formule les mots «rayer», «carte» ou «destruction d'Israël». Mais il a fallu attendre 2012 pour que les autorités israéliennes admettent qu'il n'avait jamais prononcé cette phrase.

Le bouton rouge offert par Hillary Clinton à Sergueï Lavrov

Le 6 mars 2009 à Genève, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a offert au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, un petit boîtier contenant un bouton rouge portant l'inscription reset, ou remise à zéro, pour symboliser la relance des relations entre leurs deux pays.

«J'ai un cadeau pour vous qui symbolise ce que le président Obama, le vice-président Biden et moi-même avons dit : nous voulons repartir à zéro et nous allons le faire ensemble», avait déclaré Hillary Clinton.

Devant la moue circonspecte qui s'affiche sur le visage du chef de la diplomatie russe en découvrant l'objet, la secrétaire d'Etat américaine poursuit : «Nous avons travaillé dur pour trouver le bon mot en russe. Est-ce qu'on a réussi ?», demande Hillary Clinton. «Vous vous êtes trompés», rétorque Sergueï Lavrov.

«Cela devrait être "perezagrouzka" et il y a écrit "peregrouzka", ce qui veut dire "en surcharge"», explique le ministre russe. Et les deux diplomates d'éclater de rire...

Sergueï Lavrov a néanmoins promis de poser le cadeau sur son bureau, et les deux responsables ont posé pour les caméras en appuyant ensemble sur le bouton.

Le Palais fédéral n'est pas assez protégé




Le Palais fédéral à Berne doit être mieux protégé contre d'éventuelles attaques terroristes. Une douzaine de blocs de béton seront disposés à cette fin sur le trottoir au côté nord du bâtiment.

Les terroristes cherchent des endroits avec une forte présence médiatique, a déclaré vendredi Peter Winkler, chef de projet à l'Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL). Il s'exprimait sur les ondes de Radio SRF.

Il s'agit de trouver un équilibre entre «la poursuite de la vie sur la Place fédérale et une sécurité minimale, afin qu'on ne puisse pas facilement précipiter un véhicule dans les entrées principales du Palais», a-t-il expliqué.

L'Office fédéral de la police (Fedpol) avait évoqué cette mesure de sécurité supplémentaire en raison du risque terroriste élevé prévalant dans toute l'Europe. Elle a désormais été décidée par la Délégation administrative du Parlement et sera mise en place cet automne, a précisé M. Winkler.

ATS

Un pilote dépressif d'EasyJet a été mis en arrêt de travail par la compagnie


«Je pensais que j'allais rencontrer du monde, me faire des amis avec les collègues»... «Ma vie c'est de la merde depuis que je suis né»... «Je vais probablement me suicider». Ces aveux inquiétants ont été postés par un Genevois dans une conversation entre un groupe d'amis sur WhatsApp, entre fin juillet et début août. L'un d'eux, inquiet, a décidé d'alerter l'employeur du dépressif.

C'est que ces propos funestes ont été proférées par un pilote de ligne de la compagnie easyJet. Et le spectre du drame mortel de la compagnie Germanwings, en 2015, hante toujours les esprits (lire l'encadré).

Pour easyJet, le sujet est évidemment sensible, entre le souci de préserver l'anonymat du collaborateur dépressif et les normes de sécurité pour les passagers et le personnel. «Nous confirmons que ce pilote est en arrêt de travail depuis quelques jours, conformément à nos procédures, durant notre enquête. Nous lui avons également offert notre soutien entre-temps», indique une responsable communication d'easyJet pour la Suisse, l'Autriche et l'Allemagne.

Evaluation médicale obligatoire chaque année

Du côté de l'Office fédéral de l'aviation civile (Ofac), on précise tout d'abord que seule l'entité easyJet Suisse est sous sa surveillance directe. Mais pas easyJet UK (basé en Grande-Bretagne) ni easyJet Europe (basé à Vienne). Le porte-parole, Antonello Laveglia, explique: «Il existe sur notre site une liste de médecins, désignés par l'Ofac, chez qui les pilotes désirant conserver leur licence, et donc le droit de voler, doivent se rendre pour des contrôles et une évaluation tous les 6 mois à un an maximum.» Ces médecins ont alors l'obligation d'informer l'Office fédéral en cas de craintes ou même du moindre doute sur un individu. Cela peut aussi concerner la consommation de drogues par exemple. La personne sera alors prise en charge par un psychiatre de l'Ofac pour une autre expertise. Une trentaine de cas par an seraient soulevés par les médecins mandatés à l'Office fédéral.

Quant à la porte-parole d'easyJet, elle souligne que sa compagnie aérienne offre un soutien à ses collaborateurs par le biais d'un programme d'aide aux employés (EAP), ainsi que du programme Pilot Peer Support. «Nous proposons aussi un service complet de santé au travail dans tout notre réseau britannique et européen, rajoute-t-elle. Tous les pilotes sont titulaires d'une licence délivrée par les organismes de réglementation de l'aviation et, dans ce cadre, sont soumis à des évaluations médicales régulières et approfondies, y compris des évaluations de santé mentale.»

La Slovenie recrute des espions à coup de pub


Les services de renseignement de Slovénie ont fait paraître pour la première fois dans la presse slovène une publicité pour recruter de nouveaux agents afin de rajeunir et moderniser l'agence d'espionnage de ce pays issu de l'ex-Yougoslavie.

Cette annonce s'adresse à «ceux qui sont intéressés par les domaines du renseignement et de la sécurité, qui sont motivés par les défis et prêts à s'adapter aux méthodes de travail spécifiques de l'agence», a précisé l'Agence slovène de renseignement et de sécurité (SOVA) dans une publicité publiée dans le quotidien Delo et d'autres journaux.

Les candidats, qui doivent obligatoirement avoir la nationalité slovène, se voient proposer divers postes. Les différentes missions concernent le recueil d'information grâce au traitement de sources secrètes, l'échange de renseignements avec les pays étrangers, et la rédaction d'analyses ou de prévisions.

«Nous avons recruté très peu de nouveaux agents au cours des dernières années, et avec le développement rapide des technologies et l'évolution des menaces et des risques relatifs à la sécurité, l'agence doit se renforcer et se renouveler avec un nouveau personnel plus jeune», explique la SOVA dans un communiqué envoyé à l'AFP.

L'agence a choisi de recourir à une publicité afin «d'améliorer la transparence et atteindre un public plus large».

Des années d'austérité ont rogné le budget de l'agence dont la réputation a été ébranlée en 2015 avec l'éclatement d'un scandale d'écoutes téléphoniques qui a affecté le processus d'arbitrage entre la Slovénie et la Croatie destiné à résoudre un différend frontalier.

AFP

jeudi 22 août 2019

Les services russes doivent arrêter de nous prendre pour des oies blanches




Le nouveau chef du SRC demande à ses agents de prendre davantage de risques. Notamment pour le contre-espionnage. Le Vaudois Jean-Philippe Gaudin a repris la direction du Service de renseignement en juillet 2018, il explique pourquoi il lui faut davantage de moyens. 

Monsieur Gaudin, dès votre entrée en fonction à la tête du Service de renseignement de la Confédération, il y a 1 an, vous avez été confronté à un cas d’espionnage russe.

Ah! les deux hackers russes! Le travail de notre service a effectivement été considérable. Nous les avions identifiés suite à une opération qu’ils avaient menée à l’hôtel Alpha Palmiers à Lausanne contre des représentants de l’Agence mondiale antidopage. Notamment grâce aux possibilités de la nouvelle loi, nous avons pu les pister.

Comment?

Par exemple en traçant téléphones et cartes de crédit, ou en plaçant des balises GPS. Tout ce que je vous dis là a déjà été rendu public. Donc les deux hackers n’étaient pas seulement à Lausanne, mais aussi à Rio au même moment où le CIO a été hacké, en Malaisie alors que les autorités enquêtent sur l’avion abattu au-dessus de l’Ukraine en 2014, etc. Leur présence à ces différents endroits ne devait rien au hasard car il s’agissait de deux agents du renseignement militaire russe qui faisaient partie d'une unité spéciale cyber.

Américains et Britanniques ont rendu hommage au Service de renseignement suisse, pour une fois...
Pour une fois que cela se sait. J’ai été forcé de communiquer car les Hollandais allaient le faire. Ils étaient tombés sur du matériel qui devait servir à une opération de renseignement contre le laboratoire de Spiez.

Comment ont réagi vos homologues russes?

Ils n’ont pas forcément apprécié, mais ils comprennent que les mentalités changent et que certains services communiquent de façon plus transparente que par le passé. La liaison avec les services de renseignement étrangers existe toujours. Même dans les pires moments, il faut que les services de renseignement gardent le contact entre eux.

Cette opération contre les agents russes a-t-elle mobilisé beaucoup de moyens? On voit par exemple que 170 des 193 mesures de surveillance nécessitant approbation ont été menées dans le cadre d’opérations de contre-espionnage.

Toutes ces mesures ne concernent pas forcément de l’espionnage étatique. Mais il est vrai que l’opération à laquelle vous faites référence était prioritaire. Concrètement, j'ai même dû enlever certains moyens à d'autres opérations.

Le fait de rendre cette affaire publique a-t-il arrêté l’espionnage des Russes?

Bien sûr que non. Voyez-vous, la Russie est en train de redevenir une grande puissance militaire d'influence et elle met les moyens qu'elle veut pour y parvenir. Le président Poutine a restructuré son gouvernement et ses services de renseignement afin de restaurer ses forces armées. Il a fait un effort colossal également dans la modernisation de ses armes nucléaires etc. Dans ce but, la Russie utilise aussi l'espionnage ou des opérations d'influence et de propagande, etc. Quand ils font ça en Suisse et que le Service de renseignement de la Confédération l’apprend, il faut siffler la fin de la récréation.

Vous écrivez aussi dans le rapport de situation que les trois services russes sont présents dans notre pays. Peut-on l’accepter?

Ils sont accrédités et bénéficient d’une protection diplomatique. Maintenant, là aussi, il faut arrêter de nous prendre pour des oies blanches! Lorsque vous avez affaire à un colonel du GRU (ndlr. Service de renseignement militaire russe) qui s'est fait renvoyer d'Allemagne et que, plus tard, il arrive en Suisse et veut se faire accréditer, cela ne va pas non plus.

Et qu’est-ce qui se passe?

Eh bien suite au refus de ce diplomate, deux semaines plus tard, l'ambassade de Suisse à Moscou se voir refuser une accréditation. Car les Russes appliquent une mesure de réciprocité, même si notre diplomate n’a rien à se reprocher et ne travaille pas pour les renseignements. Là, vous voyez bien le problème pour un petit pays comme la Suisse. A ce rythme, il n’y aura bientôt plus un Suisse dans notre ambassade à Moscou…

Et alors? Que faire?

Plutôt que de se contenter d’observer ou carrément de détourner le regard, comme ça a pu être le cas dans le passé, nous agissons au moins dans les situations sérieuses, où le représentant d’un pays étranger a franchi une ligne à ne pas dépasser. Je veux rendre sa souveraineté à la Suisse.

Les services de renseignement chinois mènent aussi des opérations sur sol suisse. Quels sont leurs intérêts?

C'est de l'espionnage plutôt économique. En règle générale, les Chinois essayent d'acquérir de l'information technologique là où elle leur manque… mais ça commence à devenir rare. Dans plus en plus de domaines, ce ne sont plus les ingénieurs américains ou européens qui sont à la pointe, mais les Chinois. Cela dit, à chaque fois qu’une entreprise suisse est en vente, des informations d’insiders sont susceptibles d’intéresser les acquéreurs potentiels. Et en ce moment, comme les entreprises chinoises achètent beaucoup, le risque est peut-être un peu plus marqué de ce côté-là. Il faut bien comprendre que le renseignement chinois n’agit pas sur un horizon de temps bloqué sur une législature de quatre ans, mais plutôt sur 30 ans, voire davantage.

Et vous voulez que le Service de renseignement soit davantage actif?

Oui j'ai clairement dit que je veux encore plus d’opérationnel. Le Service renseignement de la Confédération doit aller davantage dans la direction de l'anticipation. Il se doit d’être proactif. Il faut par exemple plus de courage dans nos analyses, plus de prise de risque. J’attends d’un analyste qu’il ne se contente plus d’observer ce qui vient de se produire, mais qu’il tente de prédire ce qui pourrait arriver et présente différents scénarios. Qu’il me dise: voilà comment la situation en Iran pourrait tourner. C’est sur la base de ce genre d’analyses que nos politiques pourront s’appuyer pour prendre des décisions.

Et si vous vous trompez?

Le renseignement n'est pas une science exacte. Il faut cesser d’attendre d’être certain à cent pour cent, car souvent il est déjà trop tard. Le SRC doit aller de l'avant et devenir plus opérationnel. Nous devons aller chercher l'information pour assurer justement la souveraineté de la Suisse. La souveraineté de la Suisse, ce n'est pas d’être alignée sur les grandes puissances.

Et sur le terrain, vous voulez que vos agents prennent aussi plus de risques?

Une certaine prise de risque opérationnelle, oui, mais dans le respect strict de la loi. Je resterai intransigeant là-dessus. Le premier parmi les employés qui s’aventurerait au-delà de cette limite, c’est le licenciement avec effet immédiat. Donc là, il n'y a pas de prise de risque.

Vous demandez également davantage de moyens pour votre service alors que vous avez déjà obtenu 28 postes supplémentaires. Pourquoi?

J’ai effectivement demandé une augmentation substantielle de nos effectifs. Nous vivons dans une situation internationale qui se détériore et qui ne va certainement pas s'améliorer dans les prochaines années. En plus, on nous demande d’être plus incisifs, on nous attribue la nouvelle mission de lutter contre les opérations d’influence: je ne peux pas le faire sans personnel supplémentaire. Aujourd’hui déjà, en raison du manque de moyens, je dois au bas mot renoncer à une opération sur deux.

En octobre auront lieu les élections fédérales. Risque-t-on une opération d’influence russe par exemple?

Aujourd’hui, il n’existe aucun indice concret d'opérations qui auraient été menées contre notre pays. Mais le fait est que nous sommes en année électorale et la bonne tenue du scrutin est notre priorité pour le moment. Cela dit, la décentralisation du système politique helvétique est un gage de stabilité. Influencer le vote dans vingt-six cantons serait très compliqué. D'ailleurs quand vous tentez d’expliquer le système politique suisse à des collègues étrangers, ils ont un peu mal à la tête en sortant de la voiture... En revanche, des opérations d'influence pourraient avoir lieu sur des initiatives ou des référendums. Prenons par exemple l'achat du nouvel avion de combat: il pourrait y avoir effectivement une nation ou une autre intéressée à ce que la Suisse n'achète pas d'avions de combat.

Le gouvernement américain a fait pression pour que ses partenaires interdisent les antennes 5G du fabricant chinois Huawei. Vous avez été invité devant une commission parlementaire. Qu’avez-vous expliqué?

Si on avait écouté les Américains, nous aurions dû dire non à Huawei. Mais j’ai pu relativiser ce risque, en expliquant simplement qu’il fallait certes rester vigilant et ne pas mettre tous les œufs dans le même panier.

La motivation de cette interdiction s'inscrit dans le cadre de la guerre économique entre les USA et la Chine?

Si j'ai pu laisser entendre cela, c’est parce que j'ai ici une équipe de division “cyber” qui est venue m'expliquer qu’il ne fallait pas peindre le diable sur la muraille. Aujourd'hui nous sommes suivis par énormément de pays d'Europe. Mais si vous voulez assurer cette souveraineté, il faut avoir les moyens. Il y a beaucoup de pays, aujourd'hui, qui n'ont pas les moyens de contrôler les informations qu'on leur donne. Certains reçoivent une information soit de l'Otan, soit des Etats-Unis et ils vont directement chez leur ministre avec cette information. Mais en Suisse, nous ne sommes pas alignés-rangés derrière d’autre pays.

Le Service de renseignement suisse est aujourd’hui un peu moins dépendant des Etats-Unis?
Je ne peux pas répondre à cette question. Pourquoi? Parce je n’ai pas assez de recul. Les Etats-Unis ont été et restent un partenaire important, mais ce n'est pas le seul partenaire du SRC. Nous avons d’autres partenaires tout aussi importants. Vous savez, en matière de renseignement, il n’y a pas d’amis. Il n’y a que des intérêts. Nous travaillons avec les Américains quand nos intérêts sont les mêmes.

Raphael Moser

La menace «cyber» plane sur le sommet du G7


Plus de 13.000 policiers et gendarmes vont assurer ce week-end la sécurité de Biarritz et des alentours. Parmi eux, une task force dédiée à la cybersécurité. Espionnage, fuite de données confidentielles ou infiltration des systèmes sensibles de santé ou d’énergie, toutes les attaques sont envisagées.

La sécurité au cœur du G7 ne se limite pas aux 13.200 policiers et gendarmes déployés à Biarritz et ses alentours. En plus des troubles à l’ordre public et du terrorisme, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, a en effet clairement identifié le risque cyber parmi les trois principales menaces qui pèsent sur le sommet. Le système d’information propre au G7, tout comme l’informatique de la ville et des infrastructures clés (santé, énergie, eau, transport) sont potentiellement la cible des hackers, qu’ils soient simples pirates altermondialistes ou au service de puissances étrangères.

« En nous installant à Biarritz, nous partons du principe que l’environnement est déjà compromis et qu’il faut donc revoir la sécurité informatique de bout en bout », confie un consultant spécialisé. Pour toutes les forces en présence, l’essentiel du projet de sécurisation numérique doit répondre à trois fondamentaux : assurer la confidentialité des données et des échanges, garantir leur intégrité et maintenir leur disponibilité. Concernant les menaces, elles sont assez simples à décrire : l’espionnage et la fuite de données, les opérations de déstabilisation (détournement ou blocage de sites internet) et enfin les attaques vers des infrastructures sensibles.

Premier à être visé, le système d’information propre au G7 fait l’objet d’une attention toute particulière. Si les méthodes et le processus de sécurisation ressemblent à ce qui est mis en place chaque jour auprès des entreprises, la mise en œuvre opérationnelle s’effectue dans un cadre bien plus restreint et surtout sur un laps de temps très bref. Pour ces infrastructures temporaires, déployées dans un contexte international et comportant des enjeux de débits importants, il s’agit dans un premier temps d’analyser les risques et les menaces, d’anticiper les scénarios d’attaques, de mesurer leur probabilité de succès et d’en calculer les impacts sur le système d’information.

Un enjeu aussi humain

Cette étape réalisée, il s’agit ensuite d’apporter des recommandations, de valider des déploiements de solutions de firewalls, d’abonnements anti-DDos (pour éviter que les serveurs ne se bloquent) et d’installer des systèmes de chiffrement des données ou des communications. L’ensemble peut être complété par la mise en place de sondes qui vont constamment scanner et analyser les flux de données.

L’enjeu est aussi humain, avec le déploiement d’équipes, prêtes à intervenir en cas d’incident, qui auront l’œil rivé sur les écrans – certaines positionnées dans des centres de surveillance hautement sécurisés. Il s’agit d’éviter tout blocage, toute défiguration ou détournement de sites ou autres piratages qui pourraient porter atteinte à l’image des dirigeants politiques présents.

Mais les attaques de premier niveau peuvent aussi laisser la place à des piratages bien plus redoutables. Moins fréquentes parce plus sophistiquées et faisant appel à des compétences très pointues, ces attaques peuvent atteindre certains services vitaux de la ville ou de la région et créer le chaos dans la fourniture d’énergie, d’eau ou de soins par exemple. C’est là tout le rôle de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) que d’accompagner les opérateurs concernés à se prémunir face à ces menaces.

Ecouter son « voisin de chambre »

Un autre risque sérieux pèse sur les délégations elles-mêmes. Loin de tomber dans l’espionnage primaire, la tentation est grande d’aller écouter ou de « pomper » des informations chez ses « voisins de chambre ». Les équipes des délégations sont habituées à ce type de sommet et viennent souvent « dépoussiérer » les lieux quelques jours avant le sommet pour être certaines de ne pas être écoutées par des micros ou filmées par des caméras clandestines. Les plus prévenants débarquent même avec des équipements entièrement vierges voire neufs.

Dès qu’ils arrivent sur un site, explique un expert, les Etats Unis vérifient qu’ils n’ont pas été piégés. Ils chiffrent toutes leurs communications, mettent en place des tentes spécifiques eu sein même de la chambre d’hôtel avec des dispositifs de générateur de bruits, de blindages électroniques qui recréent une cage de Faraday, empêchant les ondes de fuir au dehors de cet espace. Une véritable bulle sécurisée.

Un exercice grandeur nature pour les services de renseignements qui peuvent non seulement tester leurs systèmes de défense mais également évaluer les méthodes d’attaques de leurs « homologues ». « Il nous arrive d’en laisser passer certains pour analyser leurs scénarios d’intrusion, pour voir les informations qui les intéressent, c’est le grand jeu des services de renseignement. On le fait plutôt avec des nations amies. Face aux pays plus sensibles, nous bloquons tout, dès la première incursion repérée », témoigne un expert.

Des exercices menés régulièrement

Le monde cyber risque donc d’être très actif au cours des prochains jours du côté de Biarritz. A l’instar des policiers et gendarmes présents sur le terrain, les équipes se sont bien entraînées au cours de l’été, élaborant moult scénarios d’attaques et les réponses adaptées. Elles ont aussi eu l’occasion d’éprouver leurs forces à l’occasion d’autres grands événements internationaux comme le Sommet de Paris en 2015.

« Il est difficile de quantifier le nombre d’attaques. Cela se chiffre certainement par milliers sur une journée. Mais la plupart sont de petite envergure et le fruit de pirates peu chevronnés. Ce qui nous intéresse c’est l’attaque qui réussira à percer la carapace ou qui attendra des systèmes d’information périphériques. Là il faut quand même y mettre de gros moyens et disposer de compétences pointues », se rassure un consultant spécialisé.

Rappelons enfin que les pays du G7 collaborent depuis un moment sur ce phénomène cyber. Au printemps dernier, la Banque de France a ainsi organisé un test grandeur nature avec ses homologues en simulant une infection transfrontalière dans le secteur financier. « Les menaces cyber sont la preuve que nous avons besoin de plus de multilatéralisme et de plus de coopération entre nos pays », avait insisté à l’époque le ministre français des Finances, Bruno Lemaire. Une coopération qui se poursuit donc à Biarritz.

Karin Keller-Sutter appelle à frapper fort contre les hooligans


La ministre suisse de la justice Karin Keller-Sutter appelle villes et cantons à frapper fort contre les violences commises en marge des matchs de football. "Il faut plus de courage dans la lutte contre les hooligans", déclare-t-elle dans la Neue Zuercher Zeitung.

"Pour venir à bout des hooligans, il suffit d'appliquer les lois. Tout est déjà disponible: droit pénal, procédure pénale, loi sur les explosifs et concordat sur les hooligans. La boîte à outils est sur la table", explique la conseillère fédérale PLR dans un entretien diffusé jeudi par le journal alémanique. "Il faut seulement avoir le courage d'utiliser ces instruments".

La St-Galloise demande aux cantons d'agir avec leurs corps de police et leur ministère public. Les villes, compétentes en matière de police, sont également en partie obligée de participer à la lutte, ajoute-t-elle.

Collusion entre clubs et fans

Mme Keller-Sutter estime que les menaces et les intimidations contre ceux qui prennent des mesures sont un frein à l'action. "J'en ai fait l'expérience", indique l'ancienne ministre de la justice et de la police du canton de St-Gall. Elle pointe également la dépendance et la collusion d'intérêts entre les clubs et les supporters. "Il existe une grande proximité entre les intérêts économiques, le sport, la culture et la politique. Cela rend plus difficile la prise de mesures énergiques".

La ministre des sports, Viola Amherd, a récemment fait des déclarations similaires. Au début juillet, la PDC valaisanne a convenu avec des représentants du monde du football d'améliorer la coopération entre les clubs et les autorités. Il a également été décidé lors de cette réunion de mettre en oeuvre plus systématiquement des mesures telles que l'interdiction de stade.

Au bord des terrains, les violences se poursuivent. Mercredi dernier, par exemple, un père de famille a été agressé sous les yeux de ses deux enfants par un fan du FC Zurich après le match du club local contre le FC St-Gall alors qu'il montait dans un bus. Gravement blessé à la tête, l'homme âgé de 40 ans a été transporté à l'hôpital.

ATS

Le peuple danois peut être très fier de sa première ministre


Non M. Trump, le Groenland n'est pas à vendre !
Les Etats-Unis le sont-ils ?

Mette Frederiksen & Donald Trump
La fierté danoise contre l'arrogance étatsunienne


Quand, la semaine passé, le Wall Street Journal a révélé que le président américain, Donald Trump, s’était enquis de la possibilité d’acquérir le Groenland, territoire danois bénéficiant d’une large autonomie par rapport à Copenhague, on pouvait penser que la rédaction du quotidien économique avait un peu forcé sur le Tapanel supérieur [ou l’Aquavit]. Mais c’eût été lui faire un mauvais procès d’intention… car le chef de la Maison Blanche a depuis confirmé ses intentions…

« C’est juste quelque chose dont nous avons parlé. Le Danemark en est le propriétaire. Nous sommes de très bons alliés avec le Danemark. Nous protégeons le Danemark comme nous protégeons de grandes parties du monde. Alors l’idée est venue et j’ai dit que certainement, je serais [intéressé par un achat]. Stratégiquement, c’est intéressant […] Nous évoquerons le sujet avec eux, mais ce n’est pas une priorité », a ainsi affirmé M. Trump, le 19 août.

« Essentiellement, c’est une grosse transaction immobilière. [Le Groenland] fait beaucoup de mal au Danemark parce qu’ils perdent environ 700 millions de dollars chaque année pour l’entretenir… Et stratégiquement, pour les États-Unis, ce serait bien », a-t-il ajouté.

Plus vaste île du monde après l’Australie et appartenant physiquement au continent nord-américain, le Groenland fut découvert, selon les sagas vikings, par Snaebjörn Galti, puis colonisé par Erik le Rouge. Les Inuits, estime-t-on, s’y seraient établis vers 1250.

Aux XVIIIe siècle, convoité, un temps, par le Royaume-Uni [qui y renonça finalement après avoir considéré qu’il n’avait pas de valeur stratégique et qu’il présentait plus d’inconvénients que d’intérêts], le Groenland fut maintenu dans l’orbite du Danemark. Seulement, à partir de 1823 [et la doctrine dite « Monroe »], les États-Unis commencèrent à s’intéresser à ce territoire, estimant qu’il appartenait à leur « sphère de sécurité ». D’où une première proposition d’achat qu’ils adressèrent à Copenhague en 1867. Contrairement à la France [avec la Louisiane] et la Russie [avec l’Alaska], le Danemark refusa.

Mais les États-Unis, sans doute encouragés par l’achat des Indes occidentales danoises [Îles Vierges] dans les Antilles, en 1917, revinrent à la charge 80 ans plus tard. Alors qu’il abrita des bases météorologiques allemandes lors de la Seconde Guerre Mondiale, le Groenland venait alors de prendre encore plus d’importance dans le cadre de la Guerre Froide. Une telle transaction était une « nécessité militaire », selon les stratèges américains. Malgré un échange de territoires en Alaska et 100 millions de dollars [de l’époque] en or, Copenhague opposa un nouveau refus.

Cela étant, les États-Unis obtinrent un accès privilégié au Groenland, sans avoir eu céder des territoires et des lingots au Danemark. À partir de 1953, ils y installèrent la base de Thulé [encore active aujourd’hui] ainsi que cinq autres emprises secrètes, devant préfigurer un réseau de sites de lancement de missiles balistiques nucléaires, dans le cadre du projet Iceworm. Mais ce dernier fut finalement abandonné en 1967. Seulement, le changement climatique a remis ces installations [Camp Century, ndlr] devant les projecteurs : l’accélération de la fonte des glaces menaçant d’exhumer les restes de cette base [ainsi que ses déchets] plus vite qu’attendu…


Vexé par le refus du Danemark de vendre le Groenland, M. Trump annule une visite à Copenhague


Le changement climatique pourrait expliquer l’intérêt de M. Trump pour le Groenland… En effet, l’Arctique redevient un enjeu pour les grandes puissances. La Russie en a fait une priorité stratégique. Et la Chine s’y intéresse de très près.

« L’Arctique est une région sur laquelle nous devons vraiment nous concentrer et investir avant tout. Ce n’est plus une zone tampon. […] La Chine et la Russie y ont établi une assise sensiblement plus solide, le long des approches nord des États-Unis et du Canada » et il faut donc « prendre des mesures actives pour assurer notre capacité à détecter, contrecarrer et contrecarrer les menaces potentielles dans cette région », avait ainsi résumé le général Terrence O’Shaughnessy, de l’US Northern Command, en février dernier, lors d’une audition parlementaire.

Si la Russie a renforcé ses moyens militaires dans le Grand Nord, en réactivant des bases de l’époque soviétique, la Chine joue la carte économique pour y affirmer sa présence. Et notamment en profitant de la décision de Copenhague de donner davantage d’autonomie au Groenland en donnant le contrôle de la gestion de ses ressources. Or, ces dernières sont prometteuses : l’île recèlerait 25% des réserves mondiales de terres rares [des métaux stratégiques, que ce soit pour l’électronique et l’armement] ainsi que d’autres ressources potentielles [hydrocarbures, uranium, fer, cuivre, zinc, etc].

Pour exploiter ces ressources, les autorités du Groenland ont alors misé sur la Chine, multipliant les contacts avec leurs homologues chinoises. Évidemment, à Pékin, on fait grand cas de ce territoire : en 2016, la plus grande base de données d’articles scientifiques rédigés en mandarin « comptait plus de de 800 articles consacrés en partie ou en totalité au Groenland », souligne un article de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du minsitère des Armées [DGRIS].

L’intérêt de la Chine ne se limite pas aux ressources minières. En juin, Copenhague, avec l’appui de Washington, a réussi à évincer le groupe China Communications Construction Company [CCCC] d’un appel d’offres pour l’extension des aéroports internationaux de Nuuk, Ilulissat et Qaqortoq, d’une valeur de 483 millions d’euros. Pour expliquer son retrait, CCCC ont mis en avant « les difficultés d’obtention de visas pour ses ingénieurs. »

Les États-Unis ont « manifesté un regain d’intérêt pour l’île, promettant d’y investir dans des projets aéroportuaires ainsi qu’en matière de santé, d’éducation, de recherche et de tourisme », a commenté Rahbek-Clemensen, chercheur à l’Académie de la défense du Danemark, cité par l’AFP.

Mais pour Washington, l’intérêt pour le Groenland n’est pas qu’économique : il est avant tout militaire, comme l’a souligné Luke Coffey, analyste à l’Heritage Foundation. « La Russie est dans son bon droit lorsqu’elle développe ses activités militaires chez elle, puisqu’elle possède la moitié du territoire arctique. Le problème, c’est qu’il n’y a aucune garantie que la Russie restera à l’intérieur de ses frontières », a-t-il dit, à l’AFP. Aussi, a-t-il ajouté, « le Groenland est absolument vital pour la défense et la sécurité de l’Amérique du Nord. »

Voilà ce qui motiverait les intentions de M. Trump. Reste que le Groenland n’est pas à vendre.

« Le Groenland est riche en ressources précieuses […]. Nous sommes prêts à faire des affaires, pas à vendre » le territoire, a en effet répondu le ministère groenlandais des Affaires étrangères. Et la tonalité est la même à Copenhague. D’où le courroux de M. Trump à l’égard de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen.

« Le Danemark est un pays très spécial avec des gens incroyables mais étant donné les commentaires de la Première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre prévue dans deux semaines à un autre moment », a ainsi affirmé M. Trump, via Twitter. Et la Maison Blanche a confrmé que la visite du président américain à Copenhague a été « annulée à ce stade ».

Cette bouderie a évidemment été mal prise à Copenhague. « Sans aucune raison Trump considère qu’une partie (autonome) de notre pays est à vendre. Ensuite il annule de manière insultante une visite que tout le monde était en train de préparer. Est-ce que des morceaux des Etats-Unis sont à vendre? L’Alaska? Merci de montrer plus de respect », a réagi Rasmus Jarlov, l’ex-ministre conservateur du Commerce et de la Croissance.

Cependant, Mme Frederiksen a donné le sentiment de na pas vouloir en rajouter. Après s’être dite « contrariée et surprise » par la décision de M. Trump, elle a assuré que le « Danemark et les Etats-Unis ne sont pas en crise » et que l’invitation adressée au chef de la Maison Blanche « restait valable ».



Egger Ph.