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jeudi 29 octobre 2026

Poutine manœuvre pour la création d’une OPEP du gaz

 

Ce 27 octobre, le président russe a ouvert, à Moscou, le 8e sommet du forum des pays exportateurs du gaz, en accueillant l’émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le président iranien Massoud Pezechkian, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb et de nombreux représentants de pays africains.

Les pays qui composent le Forum des pays exportateurs de gaz

L’organisation intergouvernementale est une plateforme, mise en place il y a 25 ans déjà, qui a pour objectif l’échange d’expériences et d’informations entre l’ensemble de ses membres. Le forum compte 12 pays membres : l’Algérie, la Bolivie, l’Égypte, la Guinée équatoriale, l’Iran, la Libye, le Nigérian, le Qatar, la Russie, Trinité-et-Tobago, les Émirats arabes unis, et le Venezuela. Huit pays ont le statut d’observateur : l’Angola, l’Azerbaïdjan, l’Irak, la Malaisie, la Mauritanie, le Mozambique, le Pérou et le Sénégal.

Le gaz, un enjeu planétaire

Profitant de la suspension des sanctions américaines sur le gasoil jusqu’au 24 avril 2027, la Russie tente de se positionner sur un marché très volatile, souvent affecté par les soubresauts géopolitiques, comme l’étranglement des détroits d’Ormuz et de Bab el Mandeb dans la guerre qui oppose les États-Unis à l’Iran.

Dans un futur proche, le marché du gaz va devenir un enjeu planétaire. Même le Qatar, pourtant producteur, vient de signer un accord à long terme pour acheter du gaz américain. Le département chargé de l’énergie aux États-Unis évoque l’achat, par l’émirat du Golfe, de 4 millions de tonnes métriques par an de gaz naturel liquéfié (GNL) au producteur américain Cheniere Energy, premier mondial.

Le président Poutine s’est entretenu, en marge du forum, avec le président iranien Massoud Pezechkian, sans doute pour mutualiser leurs efforts et coordonner leurs actions. Les deux pays se trouvent dans la même tranchée face aux sanctions internationales.

Poutine veut une OPEP du gaz

Bénéficiant pour quelques mois encore de la levée temporaire des sanctions sur son gasoil, la Russie, à travers ce sommet sur le gaz, déploie une démonstration diplomatique de grande envergure. Son message est celui-ci : seul Moscou peut contribuer à la stabilisation des approvisionnements de gaz cet hiver dans une conjoncture persistante de tensions. Plusieurs sujets ont été abordés lors de ce sommet, comme la question du marché mondial, la sécurité énergétique, mais aussi la gestion des contrats à long terme et la diversification.

Les thèmes abordés n’ont pas été choisis au hasard. L’objectif de la Russie est de préparer l’après-guerre en Ukraine et de créer un cadre de coopération entre les pays exportateurs afin de s’imposer sur le marché mondial. Selon le Kremlin, les membres du forum représentent 70 % des réserves confirmées par les experts, assurent 38 % de la production commercialisée et 42 % des exportations de GNL. Après le rapprochement des points de vue, Poutine veut mettre sur pied une structure regroupant les pays producteurs, afin de jouer un rôle déterminant dans l’approvisionnement, la stabilité du marché et le contrôle des prix.

L’adoption de la « Déclaration de Moscou »

Le principal appel de la Russie vise à réunir les participants sur des points cardinaux tels que le rejet des sanctions unilatérales, la concertation comme instrument de réponse aux crises du marché du gaz, l’évaluation commune des situations et la coordination des actions appropriées. 

mondafrique.com