Le Service allemand de contre-espionnage militaire (MAD) a averti lundi que le risque de sabotage impliquant des « agents de faible niveau » recrutés par des services étrangers avait considérablement augmenté, estimant que l’Allemagne constituait une cible prioritaire de l’espionnage russe.
Les services de renseignement russes ont intensifié leurs activités contre l’Allemagne en raison de sa « position géostratégique », de la modernisation de ses forces armées et de l’acquisition de nouveaux systèmes d’armement, indique le MAD dans son rapport annuel.
Selon le MAD, les agents russes ont longtemps opéré depuis l’ambassade et les consulats sous couverture diplomatique. Après l’expulsion de nombre d’entre eux à la suite du déclenchement de la guerre russo-ukrainienne en 2022, les services russes ont dû trouver d’autres moyens de poursuivre leurs opérations en Allemagne.
« Pour répondre à ce besoin de renseignement, la Russie a complété ses capacités “classiques” de collecte d’informations par des méthodes alternatives, comme le recours à des “agents de faible niveau” », précise le rapport.
Ces agents sont souvent dépourvus de formation en matière de renseignement et certains peuvent même ignorer qu’ils exécutent une mission pour un service étranger. Ils peuvent être recrutés sur internet sans avoir besoin d’être infiltrés, leur emploi pouvant déjà leur donner accès à un site sensible.
Le service cite notamment des survols de sites militaires par des drones, des incendies criminels, dont l’un visant des véhicules de la Bundeswehr, ainsi que des tentatives d’ingérence visant des navires de la marine allemande en maintenance dans un chantier naval. La plupart de ces actes présumés de sabotage ont « très probablement été initiés par la Russie », selon le MAD.
Le sabotage vise non seulement à inquiéter la population et les décideurs, mais aussi à endommager ou détruire des installations et à perturber leur fonctionnement, poursuit le rapport.
« Le sabotage est particulièrement efficace lorsqu’il peut également bénéficier d’une couverture médiatique, afin de motiver ses propres partisans et de mettre en évidence les faiblesses de l’adversaire », ajoute-t-il.
Moscou a rejeté à plusieurs reprises les accusations de sabotage, d’incursions de drones et d’espionnage dans les pays européens soutenant l’Ukraine. Le Kremlin juge ces allégations non étayées et accuse les gouvernements occidentaux d’alimenter une « hystérie antirusse ».
Les responsables russes affirment que Berlin et ses alliés n’ont présenté aucune preuve publique à l’appui de ces accusations et leur reprochent de les utiliser pour accentuer la confrontation avec Moscou.
Ayhan Şimşek