Rita Flores, ancienne membre de Pussy Riot, affirme avoir travaillé pendant plus de deux ans pour le FSB, les services de sécurité intérieure russes. Dans une interview diffusée sur la chaîne YouTube de son avocat Dmitri Zakhvatov, l'artiste assure avoir été forcée de collaborer.
Sous le nom de code «Harley», elle aurait été chargée de dresser des profils détaillés d'artistes russes et d'opposants politiques. À partir de début 2024, ses contacts au FSB lui auraient versé 50'000 roubles par mois, soit environ 475 francs. Elle aurait auparavant touché 30'000 roubles.
«Ils ont menacé de tuer ma famille»
Rita Flores, de son vrai nom Margarita Konovalova, affirme que tout a commencé après une perquisition de son appartement à Moscou, en février 2023.
Des agents du FSB l'auraient alors forcée à signer un accord de coopération. Selon son récit, ils auraient menacé de la poursuivre pour des publications sur les réseaux sociaux concernant de possibles crimes de guerre russes en Ukraine. Elle assure également que ses proches ont été menacés de mort.
«Ils ont essayé de me recruter avec toutes sortes de menaces et d'insultes, notamment en menaçant de tuer ma famille», raconte-t-elle.
Pendant plus de deux ans, Flores affirme avoir volontairement saboté certaines missions. Elle aurait notamment simulé des conflits avec plusieurs personnes qu'elle devait surveiller, afin de retarder leur éventuelle arrestation.
Trois millions de roubles pour attirer son ex dans un piège
Selon elle, la situation bascule à la mi-2025. Le FSB lui aurait demandé d'attirer son ancien compagnon et ex-membre de Pussy Riot, Piotr Verzilov, dans un café en Serbie.
Des agents russes infiltrés auraient alors prévu de l'enlever et de le tuer. Flores affirme qu'on lui a proposé trois millions de roubles, soit environ 28'600 francs, pour participer à l'opération. «C'est à ce moment-là qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible», explique-t-elle. «J'ai compris jusqu'où ils étaient prêts à aller.»
Elle refuse et fuit la Russie
Flores assure avoir finalement refusé de participer au projet, tout en faisant patienter ses contacts du FSB. Elle s'est ensuite tournée vers l'avocat spécialisé dans les droits humains, Dmitri Zakhvatov.
Selon son récit, l'homme d'affaires russe en exil Leonid Nevzlin l'a finalement aidée à quitter la Russie, à la mi-août. En décembre dernier, un tribunal de Moscou a classé Pussy Riot comme «organisation extrémiste», interdisant toute activité du collectif en Russie.
Karin Leuthold