Selon des informations publiées par le média espagnol OKDiario ce lundi 3 aout 2026, le Centre national de renseignement (CNI) aurait averti à plusieurs reprises le ministère de l'Intérieur d'un risque d'afflux migratoire massif depuis le Maroc, plusieurs semaines avant que la situation ne dégénère.
D'après ces informations, le point de bascule serait survenu après une décision de la Cour suprême espagnole rendue le 8 juillet dernier, qui a mis fin au renvoi immédiat de migrants atteignant à la nage les côtes de Sebta et Melilla ou des demandeurs d'asile vers le Maroc, sans procédure individuelle ni examen de leur situation. Cette décision aurait créé un vide juridique et administratif exploité par des réseaux de trafic d'êtres humains pour inciter et organiser des tentatives d'entrée massives.
Des sources proches de la sécurité de l'État espagnol, citées par la radio Cadena Ser, affirment que les services de renseignement ont transmis de nombreux avertissements au département dirigé par le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska avant le déclenchement de la crise, sans toutefois pouvoir déterminer la date précise d'un assaut massif à la frontière.
Toujours selon ces sources, le ministère de l'Intérieur aurait sous-estimé ces alertes, la frontière de Ceuta étant, selon elles, insuffisamment dotée en moyens de sécurité pour faire face à un scénario de cette ampleur. Un climat de tension serait même apparu au sein du CNI après que le ministre Grande-Marlaska a publiquement affirmé que son département n'avait reçu aucune information des services de renseignement sur une entrée massive comme celle survenue le 30 juillet 2026.
De son côté, le ministère de l'Intérieur espagnol rejette fermement cette version des faits, affirmant n'avoir reçu, selon ses propres termes, « aucun type d'avertissement ou d'alerte » de la part du renseignement espagnol. Le ministre Grande-Marlaska a lui-même déclaré qu'aucun rapport du CNI n'indiquait la possibilité d'une situation telle que celle survenue le 30 juillet. Le département reconnaît néanmoins avoir constaté, depuis la mi-juillet, une hausse des arrivées par la nage à Ceuta, et affirme avoir renforcé le dispositif de contrôle frontalier en conséquence, sans en préciser les modalités.
Cette controverse relève avant tout d'un différend interne aux institutions espagnoles, opposant les services de renseignement au ministère de l'Intérieur sur la question de la transmission et du traitement des alertes sécuritaires. Le gouvernement espagnol lui-même a par ailleurs tenu à souligner, dans plusieurs déclarations récentes, le caractère excellent de la coopération migratoire avec le Maroc, écartant toute responsabilité des autorités marocaines dans la recrudescence des entrées, et pointant plutôt du doigt les réseaux criminels de traite des êtres humains qui chercheraient à tirer parti du vide juridique créé par la décision de la Cour suprême espagnole.
Ces informations, à ce stade, reposent sur des sources anonymes citées par la presse espagnole et n'ont pas fait l'objet d'une confirmation officielle par les institutions concernées.