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samedi 8 août 2026

L’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie ont scellé un accord de défense mutuelle inédit

 

En septembre 2025, alors que l’Iran venait d’être visé par l’opération israélienne «Rising Lion» ainsi que par un raid mené par des bombardiers stratégiques américains B-2 Spirit, l’Arabie saoudite signa un accord de défense mutuelle avec le Pakistan, seul pays du monde musulman doté d’un arsenal nucléaire.

Visiblement, le royaume saoudien voulait d’autres garanties de sécurité que celles apportées par les États-Unis au titre du Pacte du Quincy, signé le 14 février 1945. Et il les a donc trouvées en se mettant sous la protection du parapluie nucléaire pakistanais, qu’il avait d’ailleurs en partie financé.

«Le nucléaire fait partie intégrante de cet accord, et le Pakistan se souvient que le royaume a largement financé son programme nucléaire et l’a soutenu lorsqu’il était sous sanctions», avait en effet confirmé Ali Shihabi, un analyste proche du pouvoir saoudien sollicité par l’AFP, à l’époque.

Pour rappel, devenu une puissance dotée en 1998, le Pakistan disposerait d’environ 170 ogives nucléaires. Son arsenal s’appuie sur des missiles sol-sol de moyenne portée, comme l’Ababeel [2 200 km] et le Shaheen-III [2 700 km] ainsi que sur une composante aéroportée, avec deux escadrons de JF-17 Thunder et un autre de F-16, capables de mettre en œuvre le missile de croisière Ra’ad [350 km de portée]. Enfin, Islamabad est en train de développer le missile mer-sol Babur III [450 km de portée] pour ses sous-marins de la classe Hangor, de conception chinoise.

Quoi qu’il en soit, cette alliance vient d’accueillir un troisième membre, à savoir la Turquie.

En effet, le 7 août, le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane, le Premier ministre pakistanais, Muhammad Sharif et le président turc, Recep Tayyip Erdoğan ont scellé un pacte de défense mutuelle lors du sommet de Makkah Al-Mukarramah [la Mecque].

Le fait que cet accord ait été signé dans cette ville peut être perçu comme étant un message d’unité adressé au monde musulman. D’autant plus que le rapprochement entre Riyad et Ankara aurait été impensable il n’y a pas si longtemps encore, leurs relations étant à couteaux tirés, en raison de leurs nombreux différends [affaire Khashoggi, mise au ban de du Qatar, proche allié de la Turquie, par les monarchies du golfe Persique, opposition entre la doctrine Wahhabite et celle des Frères musulmans, etc.].

Cependant, la détente entre les deux pays s’amorça en juillet 2023, l’Arabie saoudite ayant passé une importante commande de drones de conception turque. Elle avait été favorisé par le relatif effacement des États-Unis au Moyen-Orient durant le mandat du président Biden ainsi que par la guerre en Ukraine.

«Tandis que l’Arabie saoudite a fait preuve de prudence et ne s’est pas fermement rangée derrière l’une ou l’autre des parties au conflit, celui-ci met la Turquie dans une position embarrassante consistant à soutenir l’Ukraine sans s’opposer à la Russie», avait relevé la Fondation pour la recherche stratégique [FRS], dans une note publiée à l’époque. Cette situation, «intenable sur le long terme», ne fait qu’accroître la «nécessité»pour Ankara de «se rapprocher de ses voisins moyen-orientaux», dont Riyad, avait-elle ajouté.

Dans le détail, selon le communiqué conjoint publié par les trois pays signataires, l’accord de la Mecque «vise à renforcer la dissuasion collective face à tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre les trois». En outre, «il prévoit le renforcement de la coopération en matière de défense […] dans tous les domaines».

Le communiqué ne précise pas si ce pacte de défense mutuelle tient compte de l’arsenal nucléaire pakistanais. A priori, il n’y aurait aucune raison pour que ce soit le cas, la Turquie étant couverte par la force de frappe de l’Otan.

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