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mercredi 12 août 2026

La Russie serait derrière le drone explosif retrouvé à l’aéroport de Leipzig

 

Qui a placé un drone explosif à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne, dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 août ? Une semaine après la découverte de l’objet sur le tarmac, la piste russe semble se préciser. Selon des sources au sein du renseignement américain citées par The Wall Street Journal, l’appareil appartiendrait à la Russie.

L’engin, auquel avait été fixé un puissant explosif, s’est retrouvé dans l’enceinte de l’aéroport de Leipzig-Halle, un hub stratégique pour le transport de matériel militaire allemand et destiné aux alliés de l’Otan et à l’Ukraine, sans que l’on sache comment.

Une « nouvelle dimension de menace »

D’après le scénario rapporté par le journal allemand Die Zeit, le drone aurait volé directement en direction d’un avion-cargo ukrainien de type Antonov. Des images de vidéosurveillance montrent l’engin percuter une aile de l’appareil vers 19h30 et des traces relevées sur celle-ci seraient compatibles avec ce scénario. Pour une raison encore inconnue, l’explosif n’a cependant pas détoné.

Berlin, qui évoque une « nouvelle dimension de menace » et un possible « scénario d’attaque hybride » sans avoir désigné de suspect évoque la piste d’une implication possible de « puissances étrangères ». L’ambassadeur d’Ukraine à Berlin a, lui, clairement pointé la Russie.

Une hypothèse que semblent valider les renseignements américains. Selon le Wall Street Journal, des responsables américains ayant eu accès aux renseignements sur l’affaire estiment que le drone appartenait probablement aux forces russes. CNN, qui cite un responsable de la défense américaine en Europe, rapporte de son côté que Washington aurait établi un lien avec le service de renseignement russe, de par la présence de matières explosives suggérant une fabrication de nature militaire.

Des traces ADN auraient également été retrouvées sur le drone. Selon The Bild, il pourrait correspondre à un échantillon prélevé après l’explosion d’un colis incendiaire dans un centre DHL du même aéroport en juillet 2024. Cinq hommes soupçonnés d’être impliqués dans une série d’envois de colis incendiaires sont actuellement jugés en Lituanie, rappelle The Guardian. Les procureurs les accusent d’avoir été recrutés par les services de renseignement russes.

« Un tout autre niveau »

La prudence de Berlin sur l’identité du responsable pourrait notamment s’expliquer par les conséquences d’une attribution officielle à la Russie. « Si cela devait être qualifié comme un acte d’agression, c’est-à-dire une attaque militaire de la Russie contre les infrastructures critiques (de l’Allemagne), alors nous serions au bord d’entrer dans un état de guerre », analyse auprès de la chaîne n-tv Wolfgang Schröder, politologue à l’université de Kassel.

« Une approche prudente est adoptée ici, précisément parce que l’objectif est d’éviter d’être entraîné dans le conflit, ce qui reviendrait à en faire une question de sécurité européenne – une question de sécurité de l’OTAN – et cela porterait certainement l’implication de l’Allemagne dans le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine à un tout autre niveau », précise-t-il.

De son côté, l’ambassade russe a rejeté ces accusations, dénonçant une « provocation montée de toutes pièces ». Par ailleurs, un jour après l’incident de Leipzig, des drones ont été repérés au-dessus d’une installation militaire de l’ouest de l’Allemagne abritant des composants destinés aux systèmes américains de défense antiaérienne Patriot.

Lundi, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a ordonné de porter à 300 le nombre de policiers fédéraux spécialisés dans la lutte contre les drones. « Le ministre (de l’Intérieur, Alexander Dodrindt) ordonnera aujourd’hui à la police fédérale de porter à 300 le nombre des forces spéciales engagées dans l’unité antidrones », a déclaré une porte-parole du ministère, Sonja Kock, lors d’un point presse régulier du gouvernement allemand à Berlin. Cette unité comptait jusqu’ici environ 130 personnes.

Le nombre de sites dédiés à la lutte contre ces appareils passera également de quatre à huit, afin « d’être présents autant que possible sur l’ensemble du territoire allemand » et de pouvoir intervenir rapidement, a ajouté la porte-parole.

 Julie Bernichan 

leparisien.fr