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mercredi 8 juillet 2026

Mali : les djihadistes relancent l’offensive à Anéfis

 

Plus de deux mois après l’offensive du 25 avril, le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont relancé les hostilités en frappant simultanément plusieurs localités maliennes. Trois jours après le début des combats, la situation demeure évolutive. Au fil des heures, Anéfis s’est imposée comme le principal théâtre d’affrontements.

Les combats éclatent simultanément à Anéfis dans la région de Kidal (voir l’image ci dessus) , à Gao et à Sévaré, mais aussi à Konna et Kouakourou dans le centre du pays.

Comme Mondafrique l’écrivait le 26 juin dernier, depuis plusieurs semaines une nouvelle offensive d’envergure était annoncée au Mali. Gao, Tombouctou, Mopti, Sévaré, Anéfis, voire Bamako figuraient parmi les cibles évoquées. Les autorités maliennes s’y attendaient et les Russes d’Africa Corps aussi.

Lorsque les premières attaques sont lancées à l’aube du 4 juillet contre plusieurs positions militaires, le scénario semble d’abord rappeler celui du 25 avril. Ce jour-là, le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) avaient créé la surprise en multipliant les attaques coordonnées à travers le pays. La chute de Kidal, la mort du ministre de la Défense Sadio Camara et les lourdes pertes infligées aux FAMa avaient alors provoqué un véritable choc politique et militaire.

Le 4 juillet s’est déroulé différemment. Dans la capitale épargnée, les assauts n’ont pas produit l’effet de sidération observé au printemps. Cependant, l’offensive à l’intérieur du pays n’en a pas été moins importante et une nouvelle fois, elle a été minutieusement préparée.

Le scénario du 4 juillet 

Le 4 juillet à l’aube, le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont lancé une série d’attaques au Nord, au Centre et au Sud du Mali.  Les combats éclatent simultanément à Anéfis dans la région de Kidal, à Gao et à Sévaré, mais aussi à Konna et Kouakourou dans le centre du pays. Plus au sud, la prison de Kéniéroba, située à 80 km de Bamako, est également visée. Dans la journée, l’état-major malien affirme avoir repoussé les attaques menées à Konna, Kouakourou et Somadougou grâce à l’appui de l’aviation et des éléments d’Africa Corps. Quelques heures plus tard, le JNIM revendique plusieurs opérations menées à Kéniéroba, Kouakourou, dans la région de Konna, à Sofara ainsi que plusieurs attaques contre les chasseurs dozo et le bombardement de Léré. Un élément retient toutefois l’attention : l’organisation ne mentionne pas Anéfis. Or, trois jours après le début de l’offensive, c’est toujours autour de cette localité que se concentrent les combats les plus importants.

Anéfis, le verrou du Nord

Située à 240 kilomètres de Gao, Anéfis occupe une position stratégique sur l’axe menant vers Kidal. Depuis la perte de cette dernière le 25 avril, la reconquête de Kidal est devenue un objectif politique majeur pour les autorités maliennes. Dans ce contexte, le contrôle d’Anéfis revêt une importance particulière. Sans cette localité, toute perspective de retour à Kidal est compromise.

C’est là que se concentrent actuellement les principaux combats. Le JNIM et ses alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA) contrôlent la ville mais pas le camp militaire où demeurent retranchés les soldats maliens et les éléments d’Africa Corps. Les affrontements se poursuivent et la situation évolue d’heure en heure.

Si l’encerclement devait durer, l’hypothèse de nouvelles négociations ne pourrait être exclue. Lors de l’offensive du printemps, les Russes avaient quitté Kidal puis Tessalit dans le cadre d’accords négociés. Selon une source sécuritaire, ils s’étaient alors engagés à évacuer dans les deux mois les camps de Tessalit, Aguelhock et Anéfis. Or ce délai est désormais dépassé et seul Tessalit a effectivement été abandonné.

Cette situation explique en partie l’intensité des combats actuels. Pour Africa Corps, un nouveau retrait après Kidal et Tessalit constituerait un revers difficile à assumer. Pour le JNIM et le FLA, la prise d’Anéfis apparaît au contraire comme une étape cruciale dans la poursuite de leur agenda militaire et politique.

L’agenda du JNIM

À ce stade, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de l’offensive du 4 juillet qui est toujours en cours. Les combats se poursuivent à Anéfis, tandis que de nouveaux affrontements sont signalés dans le grand camp militaire de Gao.

Selon plusieurs contacts maliens, les groupes armés poursuivent toujours le même objectif : provoquer la chute des autorités maliennes. En réalité, il ne s’agit que de finir le travail commencé le 25 avril. En effet, malgré plusieurs succès militaires, le JNIM et ses alliés n’étaient pas parvenus à atteindre leur but : faire tomber le président Assimi Goïta.

Mais cette fois, la méthode est différente. Là où l’offensive du 25 avril visait à provoquer en une journée un choc politique et militaire pour précipiter l’effondrement du pouvoir, celle du 4 juillet paraît s’inscrire dans un temps plus long. La bataille d’Anéfis, les combats qui se poursuivent à Gao et la pression exercée simultanément sur plusieurs fronts suggèrent une campagne appelée à se prolonger.

Maïssata Koné-Dubois

mondafrique.com