Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

dimanche 12 juillet 2026

L’Australie mise sur le magazine Vogue pour recruter de nouveaux agents

 

L'ASIS, service de renseignement extérieur australien, mène une campagne de communication inédite pour élargir son recrutement, avec un objectif assumé : attirer davantage de femmes et de profils issus de la tech.

L'un des services de renseignement les plus discrets au monde s'affiche désormais au grand jour. L'Australian Secret Intelligence Service (ASIS), chargé du renseignement extérieur australien, multiplie depuis quelques semaines les apparitions publiques pour recruter, avec une cible précise : les femmes issues des métiers de la tech et des sciences, selon la chaîne publique australienne ABC

Le signe le plus visible de ce virage s'est manifesté début juin lorsque l'agence est devenue partenaire de Vogue Codes, un sommet dédié aux femmes dans les sciences et la technologie organisé par Vogue Australia. Elle a aussi ouvert un compte Instagram, refondu son site et envoyé sa directrice générale, Kerri Hartland, s'exprimer sur des podcast. 

Une main-d'œuvre diversifiée 

Kerri Hartland est l'une des trois seules personnes de l'agence dont le nom peut être rendu public. Dans une déclaration à ABC, elle a résumé sa démarche. « Nous ne cherchons pas seulement des qualifications, nous cherchons des qualités », a-t-elle expliqué, citant les compétences relationnelles et la capacité à capter l'ambiance d'une pièce. Un autre bon connaisseur des services australiens, cité anonymement par ABC, résume l'enjeu de façon plus abrupte : « On ne peut pas se contenter de recruter des intellos coincés. » L'agence dit vouloir « une main-d'œuvre diversifiée » dont les points de vue renforcent son action.

Ce défi n'est pas propre à l'Australie. Le MI6 britannique et la CIA peinent eux aussi à attirer une nouvelle génération, le premier visant également les femmes des filières scientifiques. Chris Taylor, chercheur à l'Australian Strategic Policy Institute, souligne la concurrence du secteur privé sur un marché très tendu de jeunes talents. Il pointe une contrainte propre au métier : l'interdiction, y compris après le départ du service, de rendre son travail public. Impossible, donc, de célébrer ses réussites sur les réseaux sociaux, à rebours d'une époque qui valorise la reconnaissance.

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