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vendredi 5 juin 2026

Les députés suisses veulent une étude sur une éventuelle prolongation des F/A-18 Hornet au-delà de 2030

 

Le 1er juin, le département suisse de la Défense, de la Protection de la population et des Sports [DDPS] a annoncé que le projet «Prolongation de la durée d’utilisation des avions de combat F/A-18», lancé en 2017 avec une enveloppe de 450 millions de francs suisses [CHF], venait d’être mené à son terme par l’Office fédéral de l’armement [Armasuisse] et RUAG. Désormais les trente appareils de ce type encore en dotation disposent d’un potentiel de 6 000 heures de vol, ce qui permettra de patienter jusqu’à la mise service des F-35A commandés en 2022.

Seulement, après le quiproquo sur la notion de «prix fixe» entre Berne et Washington, le calendrier des livraisons de ces derniers est incertain. Et cela en raison des priorités de l’actuelle administration américaine mais aussi du contexte politique en Suisse, l’achat de F-35A étant source de polémiques.

Cela étant, fin mai, Armasuisse a fait savoir que Lockheed Martin avait commencé l’assemblage du premier F-35A suisse, à Marietta [Géorgie].

«Les huit premiers F-35A destinés à la Suisse doivent, à partir du milieu d’année 2027, être utilisés pour la formation des pilotes suisses à la Ebbing Air National Guard Base en Arkansas, aux États-Unis. Les premiers avions sont ensuite attendus en Suisse à partir de la mi-2028», a-t-il précisé à cette occasion.

Quoi qu’il en soit, ce 4 juin, pour parer toute éventualité, le Conseil national, c’est-à-dire la chambre basse du Parlement suisse, a adopté, à une large majorité, un postulat demandant d’étudier une éventuelle prolongation des F/A-18 Hornet au-delà de 2030. Même chose pour les F-5 Tiger, mais seulement jusqu’à la fin de la décennie.

En mars, le conseiller national Markus Schnyder [UDC, droite] avait affirmé que l’achat de F-35 «soulevait des questions» et qu’il fallait par conséquent des «solutions transitoires» car la Suisse ne pouvait «pas se permettre le moindre vide sécuritaire». Il a servi les mêmes arguments lors du vote de ce jour, en insistant sur le «risque d’une réduction critique de la capacité opérationnelle des avions de combat». Aussi, ne rien faire serait «négligent et dangereux».

L’an passé, déjà, la Commission de la politique de sécurité du Conseil national avait plaidé en faveur d’une nouvelle prolongation des F/A-18 Hornet, en se basant sur des déclarations de Peter Merz, alors chef des forces aériennes suisses [lesquelles furent démenties par la suite]. L’un de ses membres avait estimé possible de les maintenir jusqu’en 2035, voire 2037, en leur donnant 1 000 heures de vol de potentiel supplémentaires. Le coût de cette opération avait été estimé à au moins 800 millions de francs suisses.

Le DDPS avait alors catégoriquement rejeté cette éventualité. «Les investissements nécessaires pour les rénovations indispensables dans les domaines de la structure, des moteurs, des sous-systèmes et de l’avionique s’élèveraient à environ 1,75 milliard de francs suisses. On sait par expérience que le risque de dommages structurels augmenterait en outre de manière constante avec le vieillissement des avions», avait-il fait valoir, en soulignant que la Suisse allait être l’un des derniers pays à exploiter des F/A-18 Hornet à l’horizon 2030 et que, partant, leur entretien serait beaucoup plus compliqué à assurer.

Le ministre suisse de la Défense, Martin Pfister, a avancé les mêmes arguments suite au dernier vote du Conseil national. Prolonger les F/A-18 et les F-5 n’est «ni judicieux sur le plan militaire ni justifiable sur le plan économique», a-t-il dit. Toutefois, il a assuré qu’il prendrait le postulat «au sérieux».

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