L'Iran a estimé lundi que l'opération américaine de sauvetage d'un aviateur pourrait avoir servi de couverture pour «voler de l'uranium enrichi», arguant de «nombreuses zones d'ombre».
Vendredi, Téhéran avait annoncé avoir abattu un jet de combat américain. Si le premier pilote a rapidement été retrouvé, le sort du deuxième pilote est resté incertain pendant presque tout le weekend. Dimanche, Donald Trump a finalement annoncé que le pilote recherché avait été secouru.
Plusieurs zones d'ombre
Côté iranien, l'armée dit l'avoir «déjouée», sans pour autant démentir clairement le sauvetage de l'aviateur. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a estimé lundi qu'il y avait «de nombreuses questions et zones d'ombre» au sujet de l'opération.
«La possibilité d'une opération de duperie visant à voler de l'uranium enrichi ne doit absolument pas être écartée»
Esmaïl Baghaï
porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien
«La zone où la présence du pilote américain a été communiquée, dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (sud-ouest), est très éloignée de la zone où ils ont tenté d'atterrir ou souhaitaient faire débarquer leurs forces dans le centre de l'Iran», a-t-il déclaré lors d'un point de presse hebdomadaire. «La possibilité d'une opération de duperie visant à voler de l'uranium enrichi ne doit absolument pas être écartée», a-t-il ajouté.
Une opération «désastreuse»
Dans le centre de l'Iran se trouve notamment une usine de traitement d'uranium dans la province de Yazd. Esmaïl Baghaï a qualifié l'opération de sauvetage de «désastre» pour Washington, l'armée iranienne affirmant que ses forces avaient détruit deux hélicoptères Black Hawk et deux avions de transport militaire C-130.
D'après elle, les appareils ont essuyé des tirs, les forçant «à faire un atterrissage d'urgence dans la province d'Ispahan (centre). L'armée américaine a ensuite dû «bombarder massivement les appareils abattus», a-t-elle indiqué dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat.
D'après des médias américains, deux des avions censés ramener l'aviateur et ses sauveteurs en lieu sûr sont restés bloqués sur une base isolée en Iran et ont dû être détruits pour les soustraire aux forces iraniennes.
Les principales zones d'ombre et questions en suspens :
- Le sort des appareils US : L'armée iranienne affirme avoir détruit des hélicoptères Black Hawk, tandis que des médias américains rapportent que deux C-130 de sauvetage ont été bloqués sur une base isolée et volontairement détruits pour éviter leur capture, qualifiant l'opération de « désastre » logistique.
- Les accusations iraniennes : Téhéran évoque une « opération de duperie » américaine visant à voler de l'uranium enrichi, plutôt qu'un simple sauvetage, et signale des frappes près de sites sensibles.
- La vulnérabilité de la mission : L'opération a impliqué des vols à basse altitude en territoire hostile, une méthode lente et très exposée, contredisant la facilité apparente de la réussite.
- Localisation et tirs : La localisation du pilote dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, éloignée de la zone de saut initiale, ainsi que le signalement de tirs et de 5 morts dans le sud-ouest de l'Iran par des médias locaux, soulèvent des questions sur les combats réels.
- Désinformation : Les opérations de la CIA, incluant de possibles manœuvres de désinformation, rendent flous les détails exacts de la traque de 36 heures du pilote.
AFP