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mercredi 22 avril 2026

Le viol comme arme de guerre : une stratégie délibérée, au cœur des conflits contemporains

 

Longtemps perçu comme une conséquence inévitable du chaos des guerres, le viol est en réalité utilisé comme une arme à part entière et s’inscrit dans des doctrines militaires virilistes. Comment a-t-il été utilisé dans les conflits contemporains ? Comment lutter contre son usage ?

Dans l’imaginaire collectif, la guerre entraine inévitablement le chaos, la brutalité et la perte de respect de toute norme. Le viol, dès lors, y serait une conséquence inévitable, un débordement masculin sur fond de désordre. Cette représentation, profondément ancrée, repose pourtant sur une construction culturelle spécifique : celle d’une sexualité masculine conquérante et incontrôlable où la possession du corps féminin devient une récompense (1). Elle réduit principalement la violence sexuelle dans la guerre à un acte commis par des hommes contre des femmes, banalise le viol en le légitimant, et dépolitise des actes qui relèvent en réalité de choix individuels ou tactiques.

Pourtant, l’idée d’un viol inhérent à la guerre ne résiste ni à l’analyse historique ni aux faits. Dès la Rome antique, la conquête militaire s’accompagne généralement d’une prise de possession totale qui passe aussi par les corps (2). Les règles de la guerre prévoient que les hommes des villes assiégées soient massacrés, tandis que les femmes — parfois les enfants — subissent l’outrage du viol, considéré comme l’équivalent féminin de la mort des combattants (3). Les femmes sont perçues non comme des individus, mais comme les biens de l’ennemi livrés aux vainqueurs comme une récompense attendue et légitime. De la même manière, la période 1930-1945 voit l’expansion impérialiste du Japon s’accompagner d’un système de prostitution militaire euphémisé sous le nom de « femmes de réconfort » (ianfu) (4). Ce dispositif, rigoureusement encadré par les autorités militaires et présenté comme visant à prévenir les débordements, repose en réalité sur la réduction en esclavage sexuel de milliers de femmes, soumises à une surveillance médicale et logistique quotidienne (5). Ces exemples témoignent que ces pratiques ne relèvent pas de pulsions incontrôlées, mais qu’elles s’inscrivent plutôt dans des doctrines militaires virilistes qui valorisent la prédation et la possession (6).

À partir des années 1990, un double phénomène transforme la compréhension des violences sexuelles en temps de guerre. D’une part, les conflits contemporains révèlent une fonction nouvelle assignée au viol. Il ne s’agit plus seulement d’un moyen de conquête militaire, mais d’un mécanisme de destruction ciblée, dirigé contre un groupe dans son ensemble, comme en témoignent le conflit au Rwanda et la guerre en ex-Yougoslavie. Par ailleurs, ces pratiques ne relèvent plus exclusivement des armées régulières : elles deviennent une pratique courante de groupes armés, paramilitaires ou terroristes facilitée par l’impunité, l’éclatement des structures de commandement et la diffusion d’idéologies radicales. D’autre part, cette évolution s’accompagne d’une visibilité nouvelle. Portée par les mobilisations féministes, les études de genre, le travail des ONG, la médiatisation des conflits et les témoignages de victimes, cette dynamique brise le silence et révèle l’ampleur systémique des violences sexuelles. Elle entraine une mobilisation de la communauté internationale et une reconnaissance juridique progressive de ces crimes. Pourtant, malgré cette prise de conscience, les Nations Unies continuent d’en documenter l’augmentation. En 2023, des actes de violence sexuelle ont été signalés dans au moins 20 contextes de conflit armé. Ce constat impose d’aller au-delà de la seule qualification juridique, pour interroger les conditions de leur emploi, les effets qu’ils produisent et les réponses que les acteurs internationaux peinent encore à construire de manière cohérente.

Pour comprendre cette réalité complexe et ses multiples manifestations, il convient d’abord de préciser ce que recouvre la notion de violences sexuelles liées aux conflits. Les Nations Unies définissent ces violences (Conflict-related sexual violence, CRSV) comme « des actes ou des modes opératoires de viol, d’esclavage sexuel, de prostitution forcée, de grossesse forcée, de stérilisation forcée, ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, commis contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons » (7).

Cette définition extensive révèle d’emblée la complexité du phénomène, qui dépasse largement le seul viol pour englober un continuum de violences sexuelles instrumentalisées. Cette approche inclusive reconnait que les violences sexuelles en temps de guerre touchent toutes les catégories de population, remettant en question la vision traditionnelle qui cantonnait ces violences aux seules femmes. Elle permet surtout de saisir comment ces violences s’adaptent aux contextes spécifiques de chaque conflit, tout en révélant leurs objectifs stratégiques constants. Car c’est précisément cette diversité d’emplois qui fait de la violence sexuelle une arme si redoutable dans les conflits contemporains.

Les objectifs multiples d’une arme de destruction massive

Une arme génocidaire : Rwanda et ex-Yougoslavie

Le génocide rwandais de 1994 et les conflits en ex-Yougoslavie (1991-2001) marquent un tournant dans la compréhension des violences sexuelles comme levier de destruction de groupes entiers. Au Rwanda, les femmes rwandaises ont été soumises à ces crimes à grande échelle, perpétrés par les membres des milices hutues, par exemple les Interahamwe, mais aussi par d’autres civils et par les soldats des Forces armées rwandaises (8). L’un des traits les plus caractéristiques du génocide rwandais fut le recours délibéré à des agresseurs séropositifs, chargés de contaminer leurs victimes. Selon les Nations Unies, environ 67 % des survivantes de viols recensées pendant le génocide étaient séropositives, un taux six fois supérieur à la moyenne nationale de l’époque (9). Le viol s’est ainsi mué en arme de destruction biologique, au service d’un projet génocidaire planifié visant à empêcher toute régénération du groupe ethnique ciblé (10).

En ex-Yougoslavie, les camps de viol mis en place par les forces serbes révèlent une approche tout aussi méthodique (11). Les femmes bosniaques et croates y sont détenues jusqu’à ce que leurs grossesses soient suffisamment avancées pour rendre l’avortement impossible, les contraignant à donner naissance à des enfants conçus dans la violence. Cette méthode vise à « purifier ethniquement » les territoires en détruisant les liens communautaires et en imposant une descendance « ennemie » aux groupes ciblés (12).

Ces deux exemples illustrent comment le viol devient un outil de génocide culturel et biologique, visant non seulement à détruire des individus, mais aussi à annihiler l’existence même de groupes ethniques ou religieux. Ces actes acquièrent ainsi une dimension collective, transformant chaque viol en attaque contre l’ensemble de la communauté.

Un moyen de répression politique : Syrie et Iran

La répression des mouvements de contestation politique révèle une autre dimension opérationnelle dans le recours aux violences sexuelles. En Syrie, dès les premières manifestations de 2011, le régime de Bachar el-Assad a fait du viol un dispositif de terreur dans ses centres de détention (13). Les Nations Unies et les organisations de la société civile ont documenté l’usage de ces pratiques contre des hommes, des femmes mais aussi des adolescentes, ciblées non pour leurs actes, mais en raison de leur lien familial avec des opposants présumés (14). Cette pratique dépasse le cadre de la torture individuelle : elle vise à détruire psychologiquement les victimes et à envoyer un message d’intimidation aux opposants politiques.

En Iran, la répression du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » a donné lieu à des crimes sexuels contre les manifestants détenus. Entre 2022 et 2023, les forces de sécurité iraniennes ont commis des viols, des viols collectifs et d’autres violences sexuelles à l’encontre d’au moins 45 personnes, incluant des femmes, des hommes et des enfants âgés de 12 ans (15). Les témoignages recueillis révèlent que ces violences étaient perpétrées par les membres des pasdarans (gardiens de la révolution), de la force paramilitaire Bassidj et du ministère du Renseignement. L’utilisation de ces violences s’inscrit dans une logique répressive visant à briser physiquement et mentalement les manifestants et à décourager leur engagement.

Un mécanisme d’exploitation économique : de la République démocratique du Congo à Haïti

Les conflits en République démocratique du Congo (RDC) et la crise haïtienne illustrent comment ces actes s’inscrivent dans des logiques économiques prédatrices. Dans l’Est de la RDC, les groupes armés qui contrôlent les sites miniers utilisent le viol comme moyen de domination territoriale et économique. Les femmes qui travaillent dans ou près des mines, ou qui transitent par ces zones, subissent des violences sexuelles systématiques, créant des espaces de terreur où les populations, paralysées, ne peuvent contester ni le contrôle des ressources ni leur travail forcé (16). Le viol devient ainsi un dispositif de gouvernance prédatrice facilitant l’exploitation minière.

En Haïti, la multiplication des enlèvements accompagnés de violences sexuelles s’inscrit dans une économie criminelle structurée. Les gangs, qui contrôlent environ 80 % de Port-au-Prince, selon les estimations des Nations Unies de 2024, utilisent ces violences pour « instiller la peur, punir, subjuguer et infliger la douleur aux populations locales », tout en extorquant des rançons (17).

Cette diffusion témoigne de la banalisation d’une arme devenue transversale, adoptée par des acteurs aux motivations diverses. Cette évolution interroge les cadres de protection existants, conçus pour des conflits interétatiques, face à des violences perpétrées par des entités hybrides opérant dans des espaces d’effacement étatique.

Une stratégie de destruction des sociétés : en Ukraine, l’aboutissement d’une doctrine militaire russe éprouvée

Le conflit en Ukraine — de l’annexion de la Crimée en 2014 à l’invasion de février 2022 — révèle l’application d’une doctrine militaire russe forgée lors des guerres d’Afghanistan (1979-1989) et de Tchétchénie (1994-1996, 1999-2009), où les violences sexuelles ont été systématiquement employées comme arme de guerre.

En Afghanistan, les forces soviétiques ont développé l’usage du viol comme arme de répression contre l’insurrection. Dans les villages soupçonnés de soutenir la résistance, les soldats violaient délibérément les femmes devant leurs parents masculins pour maximiser l’humiliation collective et briser les codes d’honneur traditionnels afghans (18). Les guerres de Tchétchénie ont marqué l’évolution vers des formes plus structurées : établissement de camps de viol, violences systématiques lors des fouilles dans les villages et dans les centres de détention, viols et tortures d’hommes visant à les rendre stériles, s’attaquant ainsi à leur masculinité et à leur capacité reproductive (19).

L’Ukraine représente l’application à grande échelle de cette doctrine, avec une spécificité majeure : le ciblage massif des hommes. Sur les 376 cas de violences sexuelles documentés par l’ONU entre février 2022 et aout 2024, 262 concernent des hommes, soit près de 70 % (20). Cette prédominance masculine révèle une instrumentalisation calculée des normes de genre ukrainiennes. Dans une société où la masculinité traditionnelle et le rôle de défenseur de la patrie occupent une place centrale, l’armée russe s’attaque à l’identité masculine des prisonniers, retournant contre eux les codes de virilité qui structurent la résistance ukrainienne. Les méthodes employées — électrocution génitale, menaces de castration, viols collectifs, nudité forcée — visent à miner la cohésion sociale et la capacité de résistance de la société ukrainienne dans son ensemble.

Des conséquences multidimensionnelles

Les violences sexuelles liées aux conflits génèrent des conséquences qui dépassent largement le traumatisme individuel pour affecter l’ensemble des sociétés touchées. Sur le plan individuel, les victimes subissent des traumatismes physiques et psychologiques durables, souvent aggravés par la stigmatisation sociale et le rejet familial. Ces actes détruisent la confiance en soi, génèrent des troubles post-traumatiques complexes et compromettent la capacité des victimes à reconstruire leur vie.

Sur le plan familial, ces violences brisent les liens conjugaux et parentaux, créent des tensions intergénérationnelles et nuisent à la transmission des valeurs et des traditions. Les enfants nés du viol posent des défis particuliers : souvent rejetés par leurs communautés, ils se trouvent confrontés à des questions identitaires douloureuses.

À l’échelle sociale, ces crimes détruisent la cohésion communautaire, alimentent les cycles de vengeance et compromettent la réconciliation post-conflit. Ils renforcent les inégalités de genre, fragilisent les structures sociales traditionnelles et créent des clivages durables au sein des sociétés.

Sur le plan économique, ces violences génèrent des conséquences particulièrement lourdes pour les survivantes et survivants. L’exclusion professionnelle constitue un défi majeur : blessures physiques, traumatismes psychologiques et stigmatisation sociale créent des barrières à l’emploi et à l’indépendance financière. Les survivantes sont souvent expulsées de leurs foyers et privées de soutien familial, les rendant économiquement vulnérables. Cette exclusion économique pousse de nombreuses survivantes vers des secteurs informels et dangereux : travail précaire, migration forcée ou prostitution de survie, augmentant les risques de traite et de revictimisation.

Réponses judiciaires et défis persistants

Les institutions internationales ont progressivement développé un arsenal juridique pour lutter contre ces crimes. Les tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda ont établi des précédents majeurs en qualifiant le viol de crime contre l’humanité et d’acte constitutif de génocide. Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (1998) a renforcé ce cadre en incluant explicitement ces violences parmi les crimes relevant de sa compétence.

Cette évolution juridique s’accompagne d’initiatives politiques, notamment l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2000 et de ses résolutions successives, qui reconnaissent l’impact disproportionné des conflits sur les femmes et appellent à leur participation aux processus de paix. La création du poste de représentant spécial du secrétaire général chargé des violences sexuelles liées aux conflits témoigne de cette prise de conscience institutionnelle.

Cependant, malgré ces avancées, l’impunité demeure la norme. Les capacités limitées pour enquêter sur les violences sexuelles en conflit, conjuguées aux préjugés de genre profondément enracinés, entravent l’efficacité et la sensibilité des autorités judiciaires. Dans les zones de conflit, l’effondrement des systèmes judiciaires nationaux paralyse toute poursuite locale. À l’échelle internationale, le manque de coopération étatique entrave l’extradition des suspects et l’accès aux preuves, certains États refusant de poursuivre ces crimes ou de collaborer avec les juridictions internationales.

La prévention reste également lacunaire. Malgré les mécanismes d’alerte précoce et le développement de systèmes de monitoring, les acteurs internationaux rencontrent des difficultés pour intervenir efficacement afin de prévenir ces violences. Les réponses demeurent largement réactives, se concentrant sur la répression a posteriori plutôt que sur la protection.

Enfin, les défis de la réconciliation et de la reconstruction post-conflit révèlent les limites de l’approche purement juridique. La justice transitionnelle, malgré ses innovations, peine à répondre aux besoins spécifiques des victimes de ces crimes et à contribuer efficacement à la réconciliation sociale. La nécessité d’approches holistiques, combinant justice, vérité, réparations et garanties de non-répétition, s’impose progressivement, mais leur mise en œuvre demeure complexe et couteuse.

Face à ces défis, la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits exige une transformation profonde des approches institutionnelles, privilégiant la prévention, renforçant les mécanismes de réponse rapide et développant des stratégies de reconstruction sociale adaptées aux spécificités de ces violences. Cette nécessité devient d’autant plus cruciale face à l’affaiblissement des droits de l’homme, en particulier la remise en question des droits des femmes et des filles. Dans un contexte d’érosion des normes de droit international, le soutien aux organisations de la société civile devient vital. Les acteurs locaux, souvent les premiers à documenter les violences et à accompagner les survivantes et survivants, constituent des remparts essentiels contre l’impunité. Seule une mobilisation durable et coordonnée de l’ensemble des acteurs internationaux permettra de briser le cycle de l’impunité et de lutter contre l’emploi de la violence sexuelle comme arme de guerre.

Les « femmes de réconfort », un système d’esclavage sexuel de masse

Dans les année 1930 et 1940, l’armée impériale japonaise a mis en place un système de « femmes de réconfort », afin, officiellement, de réduire le nombre de viols sur le front et d’empêcher la propagation des maladies sexuellement transmissibles parmi les soldats. Selon les historiens, le nombre de victimes de ce système serait estimé à plusieurs centaines de milliers de femmes issues des colonies japonaises et des territoires occupés et installées par l’armée japonaise dans des « stations de confort » dans toutes les zones de guerre. Ces femmes étaient bien souvent « recrutées » célibataires, souvent mineures, au travers de faux recrutements, de recrutement forcés, d’enlèvements ou de tromperies. Ce sujet demeure une plaie ouverte dans les relations entre le Japon et la Corée — ancienne colonie japonaise où les recherches sur le sujet ont été les plus poussées. Depuis 1993, une protestation publique a lieu chaque mercredi autour d’une statue disposée devant l’ambassade du Japon à Séoul, dans le but d’obtenir justice du gouvernement japonais pour ces faits. T.D.

Notes

(1) Muriel Salmona, Violences sexuelles : les 40 questions-réponses incontournables, Dunod, 2015, p. 58.

(2) Michèle Battesti, « Le viol, une arme de guerre multiséculaire ? », dans Jean Baechler, Marion Trévisi (dir.), La Guerre et les Femmes, Hermann, 2018, p. 95.

(3) Pascal Payen, Les Revers de la guerre en Grèce ancienne. Histoire et historiographie, Belin, 2012, p. 175.

(4) Muta Kazue, « The ‘comfort women’ issue and the embedded culture of sexual violence in contemporary Japan », Current Sociology, vol. 64, n°4, 2016, p. 621.

(5) C. Sarah Soh, The Comfort Women: Sexual Violence and Postcolonial Memory in Korea and Japan, The University of Chicago Press, 2008.

(6) Bob Tadashi Wakabayashi, « Review: Comfort Women: Beyond Litigious Feminism », Monumenta Nipponica, vol. 58, n°2, 2003, p. 243.

(7) Nations Unies, Handbook for United Nations Field Missions on Preventing and Responding to Conflict-Related Sexual Violence, 2020, p. 73.

(8) Human Rights Watch, Shattered Lives: Sexual Violence during the Rwandan Genocide and its Aftermath, 24 septembre 1996.

(9) Maggie Zraly, Sarah E. Rubin, Donatilla Mukamana, « Motherhood and Resilience among Rwandan Genocide-Rape Survivors », Ethos, vol. 41, n°4, décembre 2004, p. 411-439.

(10) Jennifer M. Hentz, « The Impact of HIV on the Rape Crisis in the African Great Lakes Region », Human Rights Brief, vol. 12, n°2, 2005, p. 12-15.

(11) Doris E. Buss, « Rethinking ‘Rape as a Weapon of War’ », Feminist Legal Studies, vol. 17, n°2, 2009, p. 149.

(12) Nations Unies, International Criminal Tribunal for the former Yugoslavia (ICTY), « Press Releases » : Dragoljub Kunarac, Radomir Kovac, Zoran Vukovic (IT-96-23 & 23/1), 22 février 2001.

(13) Nations Unies, International, Impartial and Independent Mechanism (IIIM), « The Syrian Government Detention System as a Tool of Violent Repression: Detention Report », 2024.

(14) Cécile Andrzejewski, Leïla Minano, Daham Alasaad, « How the Assad Regime Used Child Rape as a Weapon of War », Zero Impunity, 2022 (publication Mediapart, 7 février 2017).

(15) Amnesty International, « Iran : le viol comme arme de répression du régime », 6 décembre 2023.

(16) Alexandre El Meouchi, Carla Laudien, Katie Maloan, « Perspectives on a Decades-Long Emergency: Analyzing the Conflict-Mining-Sexual Violence Triangle and International Initiatives in the Kivus », Institut des hautes études internationales et du développement, 7 juillet 2023, p. 6.

(17) Conseil de sécurité des Nations Unies, « Bureau intégré des Nations Unies en Haïti : Rapport du Secrétaire général », S/2024/742, 15 octobre 2024.

(18) Aisha Ahmad, « Afghan Women: The State of Legal Rights and Security », Policy Perspectives, vol. 3, n°1, janvier-juin 2006, p. 25-41.

(19) Bolya, La profanation des vagins, Le Serpent à Plumes, 2005, p. 118-120.

(20) WWoW, Women’s Information and Consultative Center (WICC), Stand Speak Rise Up!, « White Paper: Conflict-related sexual violence in Ukraine: Where are we now? », 2024.

Léa Darves-Bornoz

areion24.news