Les autorités chinoises ont demandé aux entreprises nationales de cesser d’utiliser les logiciels de cybersécurité fabriqués par une dizaine d’entreprises américaines et israéliennes pour des raisons de sécurité nationale, ont déclaré mercredi deux sources au fait de la situation.
Alors que les tensions commerciales et diplomatiques s’intensifient entre la Chine et les États-Unis, et que les deux pays se disputent la suprématie technologique, Pékin entend remplacer les technologies occidentales par des alternatives nationales.
Selon ces sources, les entreprises américaines dont les logiciels de cybersécurité ont été interdits sont VMware, propriété de Broadcom, ainsi que Palo Alto Networks et Fortinet. Côté israélien, on compte Check Point Software Technologies.
Reuters n’a pas été en mesure de déterminer combien d’entreprises chinoises avaient reçu la notification, émise selon les sources ces derniers jours.
Selon les deux sources, les autorités chinoises ont exprimé leur inquiétude quant au fait que ces logiciels pourraient collecter et transmettre des informations confidentielles à l’étranger. Elles ont refusé d’être nommées en raison du caractère sensible de la situation.
Au moment de la mise sous presse de cet article, l’autorité chinoise de régulation de l’internet, l’Administration chinoise du cyberespace, et le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information n’avaient pas répondu aux demandes de commentaires. Les quatre entreprises n’ont pas non plus répondu aux questions de Reuters.
Préparatifs en cours pour la visite de Trump
Les États-Unis et la Chine, qui sont engagés dans une trêve commerciale fragile, se préparent à la visite du président américain Donald Trump à Pékin, prévue en avril.
Même avant le retour au pouvoir de Trump en janvier 2025, les relations entre les fournisseurs étrangers de cybersécurité et la Chine étaient tendues.
Alors que l’Occident et la Chine s’affrontent au sujet des efforts de la Chine pour développer ses secteurs des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle, des analystes chinois ont déclaré que Pékin s’inquiétait de plus en plus du risque que tout équipement occidental puisse être piraté par des puissances étrangères.
Elle a donc cherché à remplacer les équipements informatiques et les logiciels de traitement de texte occidentaux.
Les principaux fournisseurs de cybersécurité du pays sont notamment 360 Security Technology et Neusoft.
Certaines des entreprises américaines et israéliennes menacées d’interdiction ont à plusieurs reprises dénoncé des opérations de piratage informatique chinoises, ce que la Chine a nié.
Le mois dernier, Check Point a publié un rapport sur une opération de piratage informatique prétendument liée à la Chine visant un « bureau gouvernemental européen » non identifié. En septembre, Palo Alto a publié un rapport alléguant qu’une opération de piratage informatique chinoise visait des diplomates du monde entier.
Une empreinte chinoise significative
Au fil des ans, ces entreprises ont acquis une présence significative en Chine.
Selon son site web, Fortinet possède trois bureaux en Chine continentale et un à Hong Kong. Le site web de Check Point répertorie des adresses d’assistance à Shanghai et à Hong Kong. Broadcom répertorie six sites en Chine, tandis que Palo Alto en compte cinq, dont un à Macao.
Les entreprises de cybersécurité emploient souvent d’anciens agents des services de renseignement. Elles travaillent généralement en étroite collaboration avec les institutions de défense de leur pays respectif et leurs produits logiciels ont un accès illimité aux réseaux d’entreprises et aux appareils individuels. Selon les analystes, cela constitue, du moins en théorie, un tremplin pour l’espionnage ou le sabotage.
Israël se méfie également de la technologie chinoise
L’an dernier, l’armée israélienne a ainsi interdit à toutes les voitures chinoises d’entrer dans les bases militaires, invoquant la crainte que leurs caméras et leurs systèmes connectés puissent être utilisés à des fins de collecte de renseignements. Depuis, Tsahal a pris des mesures supplémentaires pour empêcher les officiers supérieurs d’utiliser des voitures chinoises.