Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

vendredi 30 août 2013

Le rôle d’Israël dans l’annonce de l’attaque contre la Syrie



Selon le site internet du magazine Foreign Policy du 28 août 2013, la NSA aurait intercepté les communications entre le chef de l’unité syrienne des armes chimiques et un haut responsable du ministère syrien de la Défense. Ce dernier était paniqué après l’attaque chimique ayant coûté la vie à 1 429 personnes [1].

Cette information, largement diffusée par la presse atlantiste, a contribué à accroître la certitude affichée par les États occidentaux en la culpabilité de la Syrie.

Pourtant, la source de l’intoxication n’est pas états-unienne : la veille, 27 août, la chaîne de télévision Jewish News One annonçait que les interceptions avait été réalisées par Tsahal [2].

De son côté, une source militaire syrienne a confirmé, antérieurement à l’attaque, la présence d’officiers de Tsahal à Douma (zone contrôlée par la Brigade de l’islam) d’où les deux obus contenant des produits chimiques (mais pas nécessairement des gaz de combat) ont été tirés.

L’emballement occidental est ensuite le fait de quelques individus liés à Israël, sous l’impulsion du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.



[1] « Exclusive : US Spies say intercepted calls prove Syria army used nerve gas », Foreign Policy, 28 août 2013.
[2] « Tsahal indique que [le] gouvernement syrien est responsable », Jewish One, 27 août 2013.



L’administration Obama valide une intox israélienne



Le ministre de la Défense Chuck Hagel, le secrétaire d’État John Kerry, la conseillère de sécurité nationale Susan Rice et le directeur national du Renseignement James Clapper ont tenu une réunion à huis clos sur la Syrie avec des leaders du Congrès, jeudi 29 août 2013.

Selon le représentant Elliot Engel, qui préside la minorité démocrate à la Commission des Affaires étrangères, l’administration Obama a confirmé l’interception de communication du gouvernement syrien attestant sa responsabilité dans les attaques chimiques du 21 août, telle que révélée par Foreign Policy.

Or, ces « interceptions » sont en réalité d’origine israélienne [1].

Elliot Engel est un militant sioniste. Membre de l’US Committee for a Free Lebanon qui organisa la « Révolution du Cèdre » [2], il rédigea, en 2002, le Syria Accountability and Lebanese Sovereignty Restoration Act (Loi sur les comptes que la Syrie doit rendre et la restauration de la souveraineté libanaise), autorisant le président des États-Unis à entrer en guerre contre la Syrie sans avoir à repasser devant le Congrès. Ce texte, adopté par le Congrès et signé par George W. Bush, est toujours en vigueur.

[1] « Le rôle d’Israël dans l’annonce de l’attaque contre la Syrie », Réseau Voltaire, 30 août 2013.
[2] « Les plans de l’US Committee for a Free Lebanon », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 8 mars 2005.