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samedi 31 août 2013

Des armes chimiques en Syrie ? Une "absurdité totale", selon Poutine


Le président russe demande aux États-Unis de fournir des preuves de l'usage de gaz toxiques le 21 août. 

Vladimir Poutine, le 26 août 2013. © SIPA 


Vladimir Poutine a affirmé samedi à des journalistes que les accusations d'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien étaient "une absurdité totale". "Les forces syriennes sont à l'offensive et cernent l'opposition dans plusieurs régions. Dans ces conditions, fournir un tel prétexte à ceux qui appellent à une intervention armée serait une absurdité totale", a déclaré le président russe aux journalistes à Vladivostok, en répondant à une question sur l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime syrien.

Le président russe a appelé Washington à fournir les preuves, en soulignant que "l'interception de conversations quelconques ne pouvait pas servir de base pour la prise de décisions fondamentales, notamment le recours à la force contre un État souverain". "Concernant la position de nos amis américains, qui affirment que les troupes gouvernementales [syriennes] ont utilisé [...] des armes chimiques et disent avoir des preuves, eh bien, qu'ils les montrent aux enquêteurs des Nations unies et au Conseil de sécurité", a dit M. Poutine. "S'ils ne le font pas, cela veut dire qu'il n'y en a pas", a-t-il ajouté. Il s'agit de la première réaction publique de Vladimir Poutine au rapport des services de renseignements américains accusant le régime du président Bachar el-Assad d'avoir utilisé des armes chimiques lors d'une attaque dans les faubourgs de Damas, le 21 août, qui a provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes.

Paris et Washington prêts à agir 

Les États-Unis et la France appellent à agir contre le régime du président Assad, le président américain Barack Obama évoquant une action militaire "limitée". Pour sa part, Moscou accuse les rebelles d'avoir utilisé des armes chimiques pour discréditer le gouvernement. La Russie, qui soutient le régime de Damas depuis le début du conflit il y a deux ans et demi, a bloqué jusqu'ici avec la Chine toute décision au Conseil de sécurité de l'ONU qui viserait à lancer une action punitive contre le président Bachar el-Assad.

Les enquêteurs de l'ONU sur les armes chimiques sont par ailleurs arrivés au Liban samedi matin après avoir quitté Damas. Le pouvoir syrien a aussi dit qu'il s'attendait à une frappe occidentale à tout moment après le départ samedi de ces experts, Paris et Washington se montrant déterminés à agir contre le régime syrien accusé d'avoir tué des centaines de personnes dans cette attaque chimique.