Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mercredi 9 novembre 2011

Des forces alliées étaient déployées en Lybie dès la mi-février

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Selon Nathalie Guibert dans Le Monde, les états-majors français et britannique ont négocié le partage des eaux libyennes entre leurs sous-marins un mois avant l’intervention de l’OTAN, soit dès le début des troubles à Benghazi.


Le quotidien indique en outre que quatre sous-marins nucléaire d’attaque (SNA) ont été déployés au large de la Libye durant l’opération « Protecteur unifié ». L’un d’entre eux aurait opéré des missions de renseignement dès la fin février.

Ces informations corroborent partiellement ce que le Réseau Voltaire a pu constater sur le théâtre d’opération : des forces régulières françaises et britanniques, mais aussi italiennes, ainsi que des forces irrégulières saoudiennes, ont été déployées dès le 17 février 2011. Elles ne réagissaient pas au massacre du 15 février (durant la manifestation des nassériens et des marxistes pour une constitution), mais accompagnaient la manifestation du 17 février (celle des senussis contre les caricatures de Mahommet).

Les activités des sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) sont en général discrètes, mais les tensions budgétaires actuelles ont une heureuse conséquence sur la communication militaire. La Marine, dont le chef d'état-major est un sous-marinier, n'entend pas être sacrifiée lors des arbitrages à venir. En jeu, la commande future de six SNA Barracuda- que tous les experts considèrent comme le nombre minimum pour maintenir nos capacités (voir mon post sur le sujet ).

Sous la signature de ma consoeur Nathalie Guibert, Le Monde consacrait hier un article au "rôle discret des sous-marins français dans les opérations en Libye". Un article que l'on peut lire ici et qui bénéficie des meilleures sources au sein d'Alfost, le commandement des sous-marins.

La Marine confirme donc que des SNA ont participé, en permanence, à des missions de renseignement, en immersion périscopique, devant les côtes libyennes, à la manière de ce qu'ils avaient déjà fait, en 1999, devant les côtes du Montenegro (bouches de Kotor) contre la marine serbe.

On apprend surtout que quatre SNA ont été engagés dans cette opération, dont un à deux reprises. C'est la raison pour laquelle les SNA n'ont pas pu être déployés dans l'Atlantique durant quatre mois, comme l'avait confié le chef d'état-major de la marine aux députés. Avec un taux de disponibilité de 60%, la Marine dispose en permanence de trois ou quatre SNA. En fait, toute la flotte disponible a été essentiellement engagée en Libye. Les opérations ont débutées fin février - avant le déclenchement de la guerre - et se sont achevées le 25 octobre. Huit mois au total.

Il y a donc eu cinq patrouilles de SNA pour assurer la permanence : soit une présence opérationnelle de sept semaines en moyenne pour chaque SNA. Sept semaines devant les cotes libyennes, au plus près de la surface et en plein été, cela peut être long, très long...
Jean-Dominique Merchet
Secret défense