Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

samedi 3 octobre 2026

L’Europe face à la guerre hybride des services de renseignement russes

 

Le 22 avril, Vladimir Poutine a redonné le nom de Félix Dzerjinski à l’Académie du Service fédéral de Sécurité — anciennement connue sous le nom d’École supérieure du KGB, dont il est sorti diplômé au début des années 1980. Dzerjinski fut le directeur fondateur des services de sécurité de la Russie soviétique, la Tchéka, qui devint synonyme de la Terreur rouge et servit de précurseur au KGB et à l’appareil de sécurité russe actuel. Ce symbole puissant rappelle l’importance des agences de renseignement russes et leur rôle, directement lié à la sécurité mondiale.

En effet, une part importante de l’action extérieure de Moscou est planifiée et menée par des personnes formées dans les académies de renseignement et de contre-espionnage, les diplomates de carrière jouant un rôle secondaire. Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas la diplomatie traditionnelle, mais des « mesures actives » : des opérations de renseignement largement secrètes visant à façonner le contexte international de manière favorable à Moscou. Souvent qualifiées dans la presse de « guerre hybride », ces mesures actives ne doivent pas être assimilées aux actions secrètes à l’américaine. Elles s’inscrivent plutôt dans la culture pathologique et les traditions historiques des tchékistes — issues de l’héritage de Dzerjinski — et se caractérisent par des contraintes juridiques minimales et un contrôle réglementaire limité.

À la suite de son invasion à grande échelle en février 2022, les services de renseignement de la Russie ont laissé passer certaines opportunités tout en en identifiant de nouvelles, adoptant une posture plus agressive en Europe, que Moscou considère comme le théâtre arrière élargi de sa guerre contre l’Ukraine. Un examen de l’évolution de ces services et de leurs tactiques depuis 2022 met en évidence leur recours à des manœuvres audacieuses, parfois téméraires, ainsi que la place toujours prépondérante occupée par « Iron Felix » [Djerzinski] dans leur culture stratégique. L’Europe, qui est au centre de leurs préoccupations, doit bien comprendre les services russes pour pouvoir répondre à leur agressivité.

Les services de renseignement russes depuis 2022

Les agences de renseignement et de sécurité russes ont non seulement réorienté leurs priorités vers le soutien à l’effort de guerre, mais elles sont également passées en mode de crise. Les sanctions occidentales et le renforcement des contrôles de contre-espionnage en Europe et en Amérique du Nord ont ainsi contraint Moscou à adapter son mode opératoire.

Une description classique de l’architecture des services de renseignement russes attribue souvent le renseignement extérieur au Service des renseignements extérieurs (SVR), le contre-espionnage intérieur au Service fédéral de sécurité (FSB) et le renseignement militaire à la Direction principale de l’état-major général (GRU). Dans la pratique, cependant, l’écosystème des services de renseignement russes est bien plus complexe et les domaines se chevauchent. De plus, il est géré de manière centralisée par Vladimir Poutine.

Tout d’abord, le renseignement extérieur n’est pas l’apanage exclusif du SVR. Le FSB, dont la mission première est de maintenir l’ordre intérieur, mène depuis longtemps des activités de renseignement extérieur, notamment par l’intermédiaire de son 5e Service. Avant 2022, le 5e Service, chargé des opérations dans l’espace postsoviétique, déployait des agents sous couverture diplomatique dans les ambassades russes de dizaines de pays (1). Mais depuis 2022, le champ d’action du 5e Service s’est considérablement élargi. Au-delà de contribuer à la mise en place d’administrations d’occupation sur les territoires ukrainiens, il s’est attaché à perturber l’aide occidentale à l’Ukraine et à déstabiliser la situation sociopolitique dans les pays dits « hostiles », qui comprennent tous les alliés de l’OTAN. Des enquêtes ont ainsi établi un lien entre le 5e Service et l’assistant d’un député de l’AfD en Allemagne qui cherchait à faire obstacle au transfert de chars Leopard 2 vers l’Ukraine (2), ainsi qu’avec un agent russe en France qui a tenté de fomenter des troubles autour d’événements majeurs tels que les Jeux olympiques de Paris (3).

Dans la vision du monde russe — profondément marquée par les traditions tchékistes de l’ère soviétique —, les menaces internes sont par défaut associées à des acteurs extérieurs. La conviction de longue date selon laquelle « toutes les ramifications des actions subversives de l’ennemi proviennent des pays capitalistes » persiste dans la doctrine contemporaine du renseignement (4). Les élites russes chargées de la sécurité continuent de considérer les mouvements d’opposition et les dissidents comme étant contrôlés par les services de renseignement occidentaux cherchant à fomenter des « révolutions de couleur » en Russie. Cette perception sous-tend les activités du 2e Service du FSB — successeur de la tristement célèbre 5e Direction du KGB — qui surveille et neutralise ceux qu’il qualifie d’« extrémistes », notamment les militants de l’opposition et les journalistes indépendants. Avec près d’un million de Russes ayant fui à l’étranger après 2022, ces efforts s’étendent au-delà des frontières de la Russie, donnant lieu à ce que les observateurs occidentaux décrivent comme une répression transnationale. 

Cependant, les opérations de renseignement politique et d’influence stratégique, en particulier dans les États voisins — une priorité pour Poutine —, ont toujours été gérées par des instances relevant de l’administration présidentielle. Avant 2022, la Direction présidentielle des relations interrégionales et culturelles avec les pays étrangers, composée en grande partie d’agents des services de renseignement, menait des opérations d’influence dans l’ensemble de l’espace ex-soviétique. En outre, la Direction présidentielle pour la coopération transfrontalière gérait les entités pseudo-séparatistes connues sous le nom de « Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk » et supervisait le renseignement politique ciblant l’Ukraine.

Moscou ayant officiellement abandonné les accords de Minsk trois jours avant de lancer l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, et plusieurs anciens pays soviétiques s’éloignant de plus en plus de Moscou, ces deux directions présidentielles ont été supprimées en aout 2025 et remplacées par une « Direction présidentielle pour le partenariat stratégique et la coopération » nouvellement créée. Son champ d’action s’étend désormais au-delà des États postsoviétiques pour inclure certains pays du Sud (5).

Les services de renseignement russes, y compris les directions présidentielles, utilisent systématiquement d’autres agences gouvernementales, des organisations sociales et des entreprises privées comme couvertures opérationnelles. Les opérations d’information, en particulier dans les environnements en ligne, sont souvent confiées à des « technologues politiques » — des professionnels de la communication spécialisés dans le façonnage de l’opinion publique. Lors des élections législatives hongroises d’avril, une équipe de technologues politiques, qui aurait opéré sous la supervision de Sergueï Kirienko, premier adjoint du chef de l’administration présidentielle, a ainsi été chargée de soutenir la candidature du Premier ministre sortant Viktor Orbán pour un nouveau mandat.

À la suite de l’invasion à grande échelle, les services de renseignement russes ont intensifié leur utilisation des canaux culturels et universitaires pour approcher des étrangers et cultiver des « compatriotes » russophones à l’étranger. Un manuel de formation du KGB datant de l’ère soviétique — l’utilisation des délégations et du tourisme pour les activités de renseignement — soulignait que lorsque les conditions opérationnelles pour les résidences « légales » se détériorent (6), Moscou devrait étendre l’utilisation des « canaux du tourisme et des échanges culturels et scientifiques » à des fins de renseignement.

Historiquement, la « diplomatie culturelle » russe a rarement fonctionné indépendamment des services de renseignement. L’Association pan-soviétique pour les relations culturelles avec les pays étrangers (VOKS) de l’ère soviétique, dont les successeurs sont Rossotrudnichestvo et l’Association russe pour la coopération internationale (RAMS), menait non seulement des activités de propagande auprès des étrangers, mais complétait également la collecte de renseignements soviétiques à des fins opérationnelles et de recrutement.

Mais ces dernières années, les activités de renseignement russes se sont de plus en plus concentrées sur ce qu’on appelle le « Sud global », c’est-à-dire les pays qui maintiennent une position neutre concernant la guerre entre la Russie et l’Ukraine. La Fondation Gorchakov a donc lancé un nouveau programme « InteRussia », ciblant les jeunes professionnels des pays des BRICS et d’autres pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine (7).

L’expulsion de centaines de diplomates russes — dont beaucoup sont des agents de renseignement — a également accru l’importance des « clandestins », qui opèrent à l’étranger sans couverture diplomatique, en assumant des identités fictives de citoyens des pays cibles ou de pays tiers. En 2024, Poutine, qui considère les clandestins comme « des personnes spéciales qui ont consacré leur vie à la Patrie », a personnellement accueilli les clandestins à leur retour à Moscou à la suite d’un échange de prisonniers.


Les mesures actives russes en Europe

Si la guerre d’agression à grande échelle contre l’Ukraine a bouleversé bien des choses pour les services de renseignement russes, leurs opérations clandestines en Europe étaient déjà nombreuses avant 2022. On peut citer les assassinats du déserteur du FSB Alexandre Litvinenko (2006) et du commandant géorgien Zelimkhan Khangoshvili (2019), le sabotage du dépôt de munitions de Vrbětice en Tchéquie (2014), la campagne de piratage et d’ingérence « Bronze Night » contre l’Estonie (2007), la tentative de coup d’État du GRU au Monténégro (2016) ou les tentatives de manipulation de l’élection présidentielle française (2017).

Tout comme l’invasion à grande échelle de l’Ukraine a représenté une escalade de la part de la Russie, le Kremlin a également choisi, après 2022, d’étendre ses activités subversives à travers l’Europe. Selon des estimations basées sur des sources ouvertes, les activités de guerre hybride menées par la Russie en Europe sont passées d’une moyenne de quelques-unes seulement entre 2018 et 2021 à plusieurs dizaines par an depuis 2022 (8).

Cette intensification s’explique par la volonté du Kremlin de dissuader les Européens de continuer à soutenir la résistance ukrainienne. En 2023, Moscou aurait transformé l’unité 29155 du GRU — connue pour ses opérations d’assassinats et de sabotage en Europe — en une nouvelle « Direction des activités spéciales » (SSD). De plus, Poutine a créé le « Centre 795 », un nouveau service autonome dédié aux assassinats politiques et aux enlèvements à l’étranger (9).

Les conditions opérationnelles ont également changé. Avec plus de 600 agents de renseignement expulsés depuis 2022, les services de renseignement russes ont trouvé plusieurs moyens de regagner le terrain perdu. Au cœur de ces efforts de reconquête se trouvent les organisations de façade présumées, qui abriteraient des agents de renseignement russes opérant sous des couvertures telles que « chercheur », « journaliste » ou « entrepreneur », entre autres. Bon nombre de ces techniques trouvent leur origine dans les méthodes soviétiques, à l’époque où le KGB utilisait les universités, les journaux et d’autres couvertures légitimes pour blanchir l’identité de ses agents. Les liens avec des mouvements politiques marginaux et des organisations criminelles fournissent des réseaux locaux tout prêts par lesquels la communication et le recrutement peuvent également s’effectuer.

Depuis 2022, on observe une tendance croissante au recrutement et à la gestion d’agents par le biais des réseaux sociaux. Disposant de moyens financiers modestes et bénéficiant d’un soutien et d’une formation minimaux de la part de leurs responsables, ces agents ont parfois été qualifiés de « jetables ». Néanmoins, nombre d’entre eux ont été impliqués dans des affaires très médiatisées, telles que le complot visant à assassiner Armin Papperger, PDG de la société allemande Rheinmetall (10).

Si l’audace de ces opérations et l’utilisation des réseaux sociaux apportent une certaine nouveauté à ces affaires, il existe également une continuité. Comme le souligne Clément Renault (11), ces opérations reflètent la hiérarchie opérationnelle traditionnelle des réseaux de coordination d’agents russes — voire soviétiques. En effet, l’affaire des « mains rouges » en France, initialement présentée comme un exemple d’agents « jetables », s’est avérée par la suite faire partie d’un effort plus large, combinant un réseau hiérarchique traditionnel avec un recrutement décentralisé via les réseaux sociaux. 

L’affaire Jan Marsalek illustre bien cette approche. Selon les procureurs britanniques, Marsalek, un citoyen autrichien, dirigeait un réseau d’espionnage chargé de surveiller des membres de l’opposition russe et des militaires ukrainiens en formation en Europe. Il était également chargé de mener des opérations d’influence au profit de la Russie. Le réseau était composé de six citoyens bulgares résidant au Royaume-Uni, dans le cadre d’une opération qualifiée par la police antiterroriste britannique de « complot complexe et de grande envergure » et de « menace grave » pour le pays (12). Marsalek a également réussi à infiltrer les services de renseignement intérieurs autrichiens, le BVT, devenant ainsi un atout extrêmement précieux. Recruté à l’origine par le GRU vers 2014, Marsalek semble avoir été transféré par la suite au FSB, probablement en raison de son intérêt pour les opérations de contre-espionnage extérieur — une prérogative du FSB (13).

Les opérations dans le domaine de l’information sont omniprésentes. Selon le SEAE, l’Ukraine est la première cible des campagnes russes de manipulation de l’information. Vient ensuite la France, un pays pris pour cible par le Kremlin car sa situation politique est perçue comme un maillon faible de l’OTAN à exploiter. Cela dit, tous les pays européens ont été touchés.

Dans ce contexte, les événements les plus visés sont les élections et autres événements politiques sensibles, où la polarisation peut être amplifiée et exploitée. Un cas récent révélateur est celui de l’opération médiatique « Voice of Europe », conçue pour polariser les audiences et subvertir les débats européens de manière dissimulée, en particulier avant les élections du Parlement européen de 2024. Dirigé par Viktor Medvedchouk, un proche de Poutine, et Artem Marchevsky, un collaborateur du FSB, ce média a été conçu pour passer pour une organisation ostensiblement indépendante, tout en diffusant des messages pro-russes depuis l’intérieur de l’UE avec le soutien de députés européens de divers pays, dont la France et l’Allemagne.

Les cyberattaques — menées par des pirates informatiques sous-traitants ou par les services de renseignement eux-mêmes — ont également entrainé des couts considérables. Les attaques par ransomware, visant en particulier les infrastructures critiques, ont été les plus perturbatrices. À cet égard, le pays le plus visé a été la Pologne, dont le réseau de transport constitue une artère vitale pour l’Ukraine. En 2025, elle est devenue le pays au monde le plus visé par des cyberattaques, la plupart provenant de Russie. Le cout pour l’économie polonaise est estimé à plusieurs centaines de millions de zlotys (14).

Perspectives et réponses

Les dommages humains et économiques causés par les opérations secrètes russes en Europe ne sont certes pas comparables à ceux infligés par ce pays à l’Ukraine, mais ils ont néanmoins contribué à amener le Continent à repenser ses priorités en matière de sécurité nationale.

Les États situés en première ligne ont démontré comment la résilience peut contribuer à atténuer le risque lié aux opérations clandestines russes. L’éducation aux médias atténue le risque lié aux FIMI (Foreign Information Manipulation and Interference, manipulation de l’information et ingérence étrangères). Une législation et des ressources adéquates pour soutenir les forces de l’ordre permettent à l’État de déjouer les complots de sabotage et d’espionnage sur son territoire. Une culture de la préparation apporte la résilience nécessaire pour que la société ne perde pas son esprit de résistance et sa volonté de se défendre contre la guerre cognitive russe. De nombreux développements positifs ont eu lieu au sein du gouvernement et de la société. Par exemple, grâce au développement progressif mais réel de ses communautés OSINT et de défenseurs, la France est passée du statut de retardataire à celui de leader dans la lutte contre les FIMI, l’agence d’État VIGINUM et l’écosystème d’ONG et d’universités qui l’entoure apportant l’envergure et les capacités nécessaires pour soutenir les efforts paneuropéens. 

Les services de renseignement russes continuent néanmoins de s’adapter. À la suite d’une série de révélations, Moscou a pris des mesures pour renforcer la protection des données personnelles des officiers et agents de renseignement. Des modifications législatives adoptées en février 2025 ont élargi les pouvoirs du FSB, lui accordant l’accès à des bases de données non gouvernementales et le droit de traiter des données pouvant inclure des informations sur leurs lieux de résidence, leurs véhicules, de factures téléphoniques et d’autres identifiants — des données qui avaient auparavant permis à des médias d’investigation tels que The Insider d’identifier de nombreux agents russes. Ces mesures pourraient considérablement élargir la capacité des services de renseignement russes non seulement à protéger leurs agents contre toute exposition, mais aussi à potentiellement manipuler ou induire en erreur les services européens et les journalistes d’investigation.

En conclusion, les services de sécurité européens et russes resteront engagés dans un jeu du chat et de la souris dans un avenir prévisible. Le défi pour l’Europe consiste à dissuader la Russie de recourir à ses mesures les plus destructrices — sabotage, cyberattaques paralysantes et assassinats — et à garder une longueur d’avance sur leur adaptation. Si la lutte contre le sabotage et l’espionnage nécessite des mesures de protection renforcées, les domaines de pointe tels que l’utilisation de l’IA pour soutenir les campagnes de désinformation exigeront une surveillance étroite de l’évolution technique des moyens russes. Tant que les services russes garderont leur regard si fermement tourné vers l’Europe, la vigilance restera essentielle.

Notes

(1) https://​rus​.postimees​.ee/​8​2​1​6​4​7​9​/​i​n​t​e​r​v​y​u​-​k​a​k​-​g​e​n​e​r​a​l​-​f​s​b​-​k​o​t​o​r​o​g​o​-​p​u​t​i​n​-​o​t​p​r​a​v​i​l​-​n​a​-​p​e​r​e​g​o​v​o​r​y​-​s​-​u​k​r​a​i​n​o​y​-​s​v​y​a​z​a​n​-​s​-​e​s​t​o​n​iey

(2) « Exclusive: Far-Right German Parliamentary Aide Tasked by Russia with Stopping Leopard Tanks to Ukraine », The Insider, 4 aout 2023 (https://​theins​.ru/​e​n​/​p​o​l​i​t​i​c​s​/​2​6​4​014) ; Roman Dobrokhotov et al., « The Far-Right Bundestag Aide and His Rapping FSB Case Officer », The Insider, 1er février 2024 (https://​theins​.info/​e​n​/​p​o​l​i​t​i​c​s​/​2​6​8​805).

(3) Christo Grozev et al., « Michelin Red Star: The Insider Reveals Identity of Arrested Russian Chef-Agent Who Planned ‘Destabilizing’ Acts at Paris Olympic Games », The Insider, 25 juillet 2024.

(4) Sanshiro Hosaka, « Cold War Active Measures », in Rubén Arcos et al (dir.), Routledge Handbook of Disinformation and National Security, Routledge, 2023, p. 49.

(5) https://​www​.vedomosti​.ru/​p​o​l​i​t​i​c​s​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​2​0​2​5​/​0​8​/​2​9​/​1​1​3​5​2​3​9​-​a​p​-​p​o​y​a​v​i​t​s​y​a​-​u​p​r​a​v​l​e​nie

(6) Par exemple, lorsque des agents des services de renseignement russes opérant sous couverture diplomatique sont expulsés.

(7) « InteRussia » (https://​interussia​.com).

(8) Charlie Edwards et Nate Seidenstein, « The Scale of Russian Sabotage Operations Against Europe’s Critical Infrastructure », IISS, 19 aout 2025.

(9) Christo Grozev et al., « Lost in Translation: How Russia’s New Elite Hit Squad Was Compromised by an Idiotic Lapse in Tradecraft », The Insider, 13 mars 2026.

(10) https://​www​.newyorker​.com/​m​a​g​a​z​i​n​e​/​2​0​2​6​/​0​2​/​0​9​/​t​o​-​b​u​i​l​d​-​a​-​f​ire

(11) Clément Renault, « Red Hands in Paris: A Small Act of Vandalism in a Big Russian Strategy », War on the Rocks, 20 novembre 2025.

(12) https://​www​.counterterrorism​.police​.uk/​g​r​o​u​p​-​o​f​-​s​i​x​-​c​o​n​v​i​c​t​e​d​-​o​f​-​s​p​y​i​n​g​-​f​o​r​-​r​u​s​s​i​a​-​j​a​i​l​e​d​-​f​o​r​-​t​o​t​a​l​-​o​f​-​5​0​-​y​e​a​rs/

(13) https://​theins​.press/​e​n​/​i​n​v​/​2​8​4​980

(14) Lidia Kurasińska, « Poland Is Counting The Cost Of Russia’s Escalating Sabotage Campaign », Forbes, 27 février 2026.

Sanshiro Hosaka

Ivan U. K. Klyszcz

areion24.news