Un logiciel espion conçu pour mettre sur écoute et extraire des informations sensibles a récemment été découvert sur les téléphones de deux hauts responsables de la campagne électorale de Gadi Eisenkot, a rapporté mercredi la chaîne N12.
En raison des informations sensibles que la campagne traite pour le compte du parti d’opposition d’Eisenkot, Yashar, le quartier général de la campagne a récemment mis en place un protocole de sécurité strict, imposant des contrôles quotidiens de cyber-sécurité et des analyses des téléphones pour certains membres du personnel, y compris ses plus hauts responsables.
Selon le reportage, la société de sécurité privée engagée par la campagne a détecté des logiciels malveillants à deux reprises lors de ces analyses. Les appareils personnels d’Eisenkot n’ont pas été compromis, a-t-elle précisé.
Ces logiciels malveillants comprenaient des logiciels d’écoute téléphonique et des outils de suivi d’activité, a rapporté le média israélien.
Selon les derniers sondages, le parti Yashar d’Eisenkot devrait devenir la première force politique à la Knesset à l’issue des élections d’octobre, juste devant le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud. Cependant, les partis sionistes opposés à Netanyahu sont, selon les sondages, à deux ou trois sièges de la majorité de 61 sièges requise à la Knesset, qui en compte 120.
Malgré ces violations apparentes, la campagne d’Eisenkot n’a pas porté plainte auprès de la police, a indiqué N12, et a préféré renforcer ses mesures de cyber-sécurité et poursuivre les analyses quotidiennes des appareils des hauts responsables.
La chaîne n’a pas précisé qui pourrait être responsable de l’installation du logiciel espion ni à quel moment les appareils ont été compromis.
Ces dernières années, les responsables politiques et leurs collaborateurs sont de plus en plus souvent la cible de tentatives de piratage et d’installation de logiciels malveillants sur leurs appareils. Dans bon nombre de ces cas, des groupes liés à l’Iran ont revendiqué ces actions, même si la chaîne N12 n’a pas établi de lien avec l’Iran dans cette affaire.
En janvier, le collectif de pirates informatiques Handala, lié à la République islamique d’Iran, a publié des photos et des vidéos qu’il affirmait avoir volées sur le téléphone de l’ancienne ministre Ayelet Shaked.
Un mois plus tôt, Handala avait affirmé avoir piraté les téléphones du chef de cabinet du Premier ministre, Tzahi Braverman, et de l’ancien Premier ministre, Naftali Bennett.
Dans ces trois cas, le collectif de hackers a diffusé des photos, des vidéos et des documents qu’il affirmait avoir obtenus à partir de ces appareils.
Bennett avait alors nié que son téléphone ait été piraté, mais avait admis que des pirates informatiques avaient accédé à son compte Telegram.
Toujours en décembre 2025, les députés du Likud Tally Gotliv et Moshe Saada ont signalé au responsable de la sécurité de la Knesset qu’ils soupçonnaient leurs téléphones d’avoir été piratés.
Par ailleurs, au cours des deux dernières années, des dizaines d’Israéliens, dont plusieurs soldats et réservistes, ont été inculpés d’espionnage au profit de l’Iran. Dans de nombreux cas, des agents iraniens ont recruté des Israéliens via les réseaux sociaux, notamment sur Telegram, en leur promettant une rémunération.
Les responsables iraniens confient généralement à leurs recrues des tâches relativement banales au départ, telles que des actes de vandalisme ou la prise de vidéos dans des lieux publics, qui dégénèrent ensuite en infractions plus graves, parfois même violentes.