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lundi 27 juillet 2026

Le général Patrick Justel va prendre les rênes de la Direction du renseignement militaire français

 

Le 25 juillet, lors de la cérémonie du Triomphe de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan [AMSCC], le général Pierre Schill a transmis le glaive de commandement au général Jacques Langlade de Montgros, l’ancien directeur du renseignement militaire devenant ainsi le nouveau chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], comme cela avait été annoncé en juin.

Au cours de ces cinq dernières années, le général Schill s’est attaché à transformer l’armée de Terre en profondeur en réorganisant sa chaîne de commandement et en renforçant sa capacité à combattre au sein d’une coalition. Et cela en mettant l’accent sur le «commandement par intention», basé sur l’esprit d’initiative, la responsabilisation et la confiance, ainsi que sur l’innovation. Son successeur creusera le sillon qu’il a tracé.

«J’aborde ce commandement avec fierté, détermination et confiance. L’armée de Terre est forte des soldats qui servent dans ses rangs, en France, outre-mer et à l’étranger avec la même exigence et le même sens du service. Ma priorité est de préparer notre armée aux défis de demain afin qu’elle demeure forte et donc crainte, prête à remplir toutes les missions que la France lui confiera», a assuré le général de Montgros, pour sa première prise de parole en qualité de CEMAT.

Cela étant, il restait à connaître le prochain directeur du renseignement militaire. C’est désormais chose faite : le général Patrick Justel, major général de l’armée de Terre [MGAT] depuis août 2025, a en effet été nommé à ce poste lors du Conseil des ministres de ce 27 juillet. Un nomination logique au regard de son parcours.

Né à Madrid il y a 54 ans, le général Justel a la particularité de n’avoir pas été admis à l’École spéciale militaire [ESM] comme la plupart de ses pairs… mais à l’École polytechnique, en 1992.

Ayant finalement décidé, à l’issue de sa scolarité, de rejoindre les rangs de l’armée de Terre, et plus précisément ceux de l’arme des Transmissions, il fut affecté à la 3e section de la 14e Compagnie de transmissions parachutiste [CTP] entre 1995 et 1997.

«J’ai choisi l’arme des transmissions, attiré par le renseignement, la guerre électronique, la maîtrise des technologies et la précision opérationnelle – des domaines qui m’ont toujours passionné», a d’ailleurs confié le général Justel, dans un entretien accordé à Haguenau Terre de réussites, en décembre dernier.

Chef de détachement ISTAR [Intelligence, Surveillance, Target Acquisition & Reconnaissance] en Afghanistan, l’officier a une histoire particulière avec le 54e Régiment de Transmissions de Haguenau puisqu’il en a été le chef de corps en 2011 et 2013, après avoir été le chef du bureau opérations instruction de cette unité de l’armée de Terre spécialisée dans la guerre électronique de théâtre.

À l’issue de son temps de commandement, il rejoint l’État-major des armées [EMA] puis la Direction des ressources humaines de l’armée de Terre [DRHAT] en tant que chef du bureau pilotage et synthèse.

Auditeur de la 67e session du Centre des hautes études militaires [CHEM] et de la 70e session de l’Institut des hautes études de la défense nationale [IHEDN], il est affecté à l’état-major de l’armée de Terre [EMAT], au sein duquel il a d’abord été chargé de l’innovation avant d’être nommé adjoint du sous-chef opérations aéroterrestres et promu général de brigade. Alors qu’il était inspecteur de l’armée de Terre, il devient le premier transmetteur à occuper le poste de major général de l’armée de Terre [soit le numéro deux du général Schill, ndlr] en août 2025.

Pour rappel, créée en 1992 et désormais forte de plus de 2 100 agents militaires et civils, la Direction du renseignement militaire [DRM] est notamment chargée de fournir les informations nécessaires à la planification et à la conduite des opérations tant au niveau stratégique et que tactique. Pour cela, elle collecte et exploite les signaux électromagnétiques, l’imagerie spatiale et aérienne, le renseignement d’origine humaine, le cyberespace et les données obtenues par ses partenaires français et étrangers.

En novembre 2025, le général de Montgros avait expliqué que les missions de la DRM pouvaient se résumer en trois points : déchiffrer le chaos du monde, préparer la décision de l’autorité politique et préparer l’action militaire. «Le renseignement vise avant tout à réduire l’incertitude dans un monde de dissimulation», avait-il souligné.

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