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lundi 6 avril 2026

Les forces spéciales américaines ont mené une opération audacieuse pour récupérer le navigateur du F-15E

 

Les forces américaines engagées dans l’opération «Fureur épique», menée contre le régime iranien depuis maintenant plus d’un mois, ont connu des moments compliqués lors de ces dernières heures.

Ainsi, le 3 avril, après la destruction d’un avion de détection et de commandement aéroportés E-3G Sentry lors d’une frappe iranienne effectuée contre la base aérienne «Prince Sultan», en Arabie saoudite, un hélicoptère de transport lourd CH-47 Chinook a été irrémédiablement endommagé par une munition téléopérée alors qu’il se trouvait sur le tarmac d’une base aérienne koweïtienne.

Le même jour, l’US Air Force a perdu un avion d’attaque A-10 Warthog au-dessus du détroit d’Ormuz, celui ayant été apparemment abattu par les forces iraniennes. Son pilote a pu être récupéré rapidement. Plus tôt, un F-15E «Strike Eagle» du 494th Fighter Squadron s’était écrasé dans la région de Kohguilouyeh-et-Bouyer-Ahmad [sud-ouest de l’Iran], dans des circonstances qui restent encore à établir.

Signe que l’équipage de l’appareil avait pu s’éjecter à temps [contrairement aux affirmations iraniennes], l’US Air Force déclencha immédiatement une mission de type CSAR [Combat Search and Rescue], des images montrant un avion HC-130J Combat King II et deux hélicoptères HH-60W Jolly Green II ayant été diffusées via les réseaux sociaux.

Les missions de type CSAR font partie des opérations les plus complexes et les plus dangereuses dans la mesure où elles supposent de s’infiltrer en territoire hostile et d’intervenir dans une zone où les forces adverses, en alerte maximale, sont également à la recherche de l’équipage de l’avion abattu.

Quoi qu’il en soit, celle lancée peu après la perte du F-15E permit de localiser et, surtout, de récupérer le pilote de l’appareil. Lors de son sauvetage, deux hélicoptères furent touchés par des tirs iraniens. Mais cela n’eut aucun conséquence sur la suite de la mission.

Restait alors à en faire autant pour le navigateur officier systèmes d’armes [NOSA], alors que les autorités locales venaient de promettre une «généreuse» récompense à quiconque permettrait de le capturer. Évidemment, l’image d’un aviateur américain fait prisonnier ne pouvait que servir la propagande du régime iranien.

D’ailleurs, alors que les opérations de recherche étaient encore en cours, le Corps des gardiens de la révolution a diffusé, via les réseaux sociaux, une photographie censée montrer l’interrogatoire du «major Smith», le NOSA américain. Sauf qu’elle était fausse. Et pour cause.

En effet, dans nuit du 3 au 4 avril, le site d’information Axios a été le premier à rapporter que le second membre de l’équipage du F-15E venait d’être récupéré lors d’une «opération menée par une unité commando spécialisée» ayant «bénéficié d’une importante couverture aérienne». Et d’ajouter : «Les forces américaines ont déclenché un feu nourri et toutes ont quitté l’Iran».

«NOUS L’AVONS RETROUVÉ !» a ensuite confirmé le président Trump, via le média social Truth Social. «Ces dernières heures, l’armée américaine a mené l’une des opérations de recherche et de sauvetage les plus audacieuses de l’histoire des États-Unis pour l’un de nos officiers les plus remarquables, qui se trouve être un colonel très respecté. Je suis ravi de vous annoncer qu’il est désormais SAIN et SAUF !» a-t-il poursuivi. Et cela alors qu’il était «traqué par nos ennemis qui se rapprochaient d’heure en heure», a relevé le chef de la Maison Blanche.

Selon ses explications, «des dizaines d’avions, dotés des armes les plus redoutables au monde», ont été impliqués dans cette mission. Cela étant, l’officier a été blessé [sans doute lors de son éjection]. «Mais il s’en remettra», a rassuré M. Trump, avant d’affirmer que «c’est la première fois, de mémoire militaire, que deux pilotes américains sont secourus séparément en plein territoire ennemi».

Cette opération de sauvetage a également mobilisé des moyens de la CIA, selon Fox News.

«Avant de localiser le NOSA [ou WSO pour l’US Air Force] et de permettre son sauvetage, la CIA a d’abord mené une campagne de désinformation en Iran pour faire croire que les forces américaines l’avaient déjà retrouvé et l’exfiltraient par voie terrestre. Alors que les Iraniens étaient désorientés et ne comprenaient pas ce qu’il se passait, l’agence a utilisé ses capacités uniques et exceptionnelles pour localiser l’aviateur américain […] qui s’était caché dans une crevasse», a raconté Jennifer Griffin, une journaliste de Fox News, via le réseau social X.

Ce récit a été confirmé par Axios et le New York Times, lequel a précisé que «des centaines de membres des forces spéciales» ainsi que «des hélicoptères, des capacités de renseignement cybernétiques, spatiales et autres» ont été mobilisés.

Cependant, il est rare que les opérations les plus audacieuses, même quand elles ont été minutieusement préparées, ne soient pas l’objet d’impondérables. Et celle qui vient d’être menée n’y a pas échappé puisque deux avions de transport [des HC-130J ?] n’ont pas pu redécoller d’un point de ravitaillement en carburant [FARP – Forward Arming and Refuelling Point] établi sur le territoire iranien. Aussi ont-ils été détruits sur place par les forces spéciales américaines. Trois autres appareils ont donc été envoyés sur place pour les exfiltrer, avec le NOSA du F-15E.

Reste que, comme l’a confié un haut responsable du Pentagone au New York Times, cette mission de sauvetage aura été «l’une des plus difficiles et complexes de l’histoire des opérations spéciales américaines, compte tenu du terrain montagneux, des blessures du pilote et de l’arrivée des forces iraniennes sur les lieux».

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