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vendredi 10 avril 2026

Le chemin vers l’indépendance coréenne : histoire d’un cas unique dans l’Histoire

 

En aout 2025, la Corée célébrait le 80e anniversaire de sa libération. Tout au long de l’occupation japonaise, les Coréens n’ont jamais cessé leur lutte pour l’indépendance, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Corée. Plaçant l’identité nationale et l’unité au-dessus de toute idéologie, les militants coréens ont démontré une capacité sans précédent de résistance et de lutte, faisant du mouvement d’indépendance coréen un cas unique dans l’Histoire.

Du XIXe et au XXe siècle, l’ordre mondial était divisé en deux, avec d’un côté l’impérialisme et de l’autre côté, les colonies. Parmi ces colonies se trouvait la Corée, qui a connu une colonisation difficile et très particulière. En effet, contrairement au Vietnam, qui était loin de la France ou à l’Inde, qui était loin du Royaume-Uni, la Corée a connu une domination directe par une puissance voisine. La domination coloniale japonaise, qui va s’étaler de 1910 à 1945, va être très forte en raison de la politique mise en place par Tokyo, visant à effacer l’identité nationale coréenne par le biais d’une politique d’assimilation forcée, afin d’intégrer la péninsule dans l’Empire japonais. C’est en résistance à cette politique que les Coréens vont s’engager dans des mouvements d’indépendance.

La spécificité du cas coréen vient notamment du fait que la création du mouvement d’indépendance va être très rapide et que le pays mettra 51 ans seulement pour retrouver son indépendance. À titre de comparaison, les Philippines auront besoin de 440 ans, l’Indonésie 330 ans, le Vietnam 300 ans et l’Inde 91 ans. 

La Corée face aux appétits impérialistes

La dynastie Joseon [1392-1897], qui a résisté au commerce et aux relations diplomatiques avec les puissances occidentales, finit par signer en 1876, sous la contrainte, le traité inégal de l’ile de Ganghwa avec le Japon. À partir de là, Joseon a commencé à établir des relations diplomatiques avec les puissances occidentales, et à adopter de nouvelles cultures dans le cadre du processus de modernisation. Cependant, ces événements ont également accéléré le pillage de ses droits par les puissances étrangères.

En effet, afin d’asseoir sa domination sur l’Asie orientale, le Japon déclenche la guerre sino-japonaise en 1894, puis la guerre russo-japonaise en 1904. La Corée va alors devenir un champ de bataille et le Japon, vainqueur des deux conflits, va pouvoir dominer la Corée avec l’approbation des nations impérialistes.

La prison de Seodaemun, témoignage de la résistance coréenne

Ouverte par l’Empire japonais le 21 octobre 1908, sous le nom de prison de Gyeongseong, elle était à l’époque la plus grande prison moderne du pays. Construite dans le but d’arrêter et de réprimer les Coréens qui luttaient pour retrouver leur souveraineté nationale pendant la période coloniale japonaise, elle a servi de lieu d’oppression et de punition pour les Coréens, et de nombreux indépendantistes y ont été emprisonnés et y ont trouvé la mort, comme Yu Gwan-sun, la « Jeanne d’Arc » coréenne. Rebaptisée « prison de Seodaemun » le 5 mai 1923, elle fonctionna comme prison coloniale jusqu’à la libération, le 15 aout 1945. D’une superficie initiale de 1600 m², elle a été agrandie et rénovée à plusieurs reprises, pour atteindre une superficie de 51 200 m² dans les années 1930, en raison de la forte augmentation du nombre de prisonniers politiques suite au mouvement d’indépendance. D’une capacité initiale de 500 détenus — principalement des combattants qui s’étaient opposés par les armes à l’invasion japonaise —, elle va, après l’annexion forcée de 1910, accueillir principalement des membres de mouvements de résistance armée et d’associations secrètes. En 1919, le mouvement d’indépendance du 1er mars a entrainé une augmentation rapide du nombre de détenus. En 1943, la prison accueillait 23 532 détenus dans des conditions extrêmement difficiles. Après la libération de la Corée, la prison sera utilisée par le régime dictatorial de Park Chung Hee (1962-1979) pour emprisonner de nombreux militants démocrates. La prison de Seodaemun, qui est désormais un musée, aura fonctionné pendant plus de 80 ans, de 1908 à 1987. T.D.

Le traité d’Eulsa, signé le 17 novembre 1905 entre l’empire du Japon et l’empire de Corée (1), viendra faire tomber le premier domino de la souveraineté coréenne en établissant un protectorat du Japon sur la Corée, qui se trouve privée par la force de ses droits diplomatiques et de sa souveraineté nationale. Il sera suivi du traité d’annexion de la Corée de 1907, qui renforce la mainmise de Tokyo sur la péninsule et prépare l’annexion complète du pays, qui a lieu en 1910 et ne prendra fin que le 15 aout 1945.

La Corée sous occupation japonaise

Cherchant à développer sa colonie, l’Empire japonais va construire des chemins de fer et des routes, et étendre les villes coloniales afin d’assurer sa domination coloniale et son expansion. Les propriétaires fonciers et les entreprises qui ont su s’adapter à ces politiques et à l’évolution du marché ont prospéré, grâce aux fonds mobilisés et distribués par les Japonais pour développer d’abord l’agriculture, puis l’industrie. En revanche, la majorité des Coréens, métayers et ouvriers, n’ont pas pu échapper à la misère.

Si le peuple coréen a découvert une nouvelle éducation et un large éventail de cultures apportées par le Japon et l’Occident, les jeunes allant à l’école dans le but d’obtenir une meilleure situation socio-économique étaient confrontés à des politiques éducatives discriminatoires et à la censure des médias de masse.

Imposant une administration militaire rigide dans le but d’effacer l’identité nationale coréenne, Tokyo va contrôler la langue et l’écriture coréennes, déformer l’histoire et réprimer les religions coréennes, qui unifiaient les Coréens. La liberté de la presse, de réunion et d’expression sont alors sévèrement restreintes. Les autorités japonaises souhaitant faire des Coréens des sujets impériaux du Japon, la politique d’assimilation forcée va s’intensifier dans les années 1930, contraignant les Coréens à adopter des noms japonais et à parler uniquement japonais dans les écoles et dans la vie publique.

L’Empire japonais va également recruter des Coréens pour l’aider dans ses projets de colonisation, mais aussi les mobiliser de force pour l’effort de guerre. En effet, à partir du début de la Seconde Guerre mondiale, il va transformer la Corée en zone d’urgence de guerre et, sous prétexte de la loi sur la mobilisation nationale, il va exploiter la main-d’œuvre et les ressources coréennes pour les mobiliser pour la guerre. Plus de 200 000 Coréens vont être déportés vers le Japon, la Chine, la Russie, les côtes du Pacifique et l’Asie du Sud-Est, victimes de la conscription forcée, de la mobilisation forcée et de l’esclavage sexuel par l’armée japonaise qui va installer des « stations de réconfort » dans toutes les zones de guerre, y compris en Corée, en mobilisant des femmes provenant de ses colonies et des zones occupées. Les femmes coréennes, mobilisées par l’usage de la violence, de l’enlèvement et d’autres méthodes douteuses, seront alors contraintes à l’esclavage sexuel (2).

Le mouvement du 1er mars : le début d’une nouvelle ère

Face à cette domination coloniale brutale et sauvage, les Coréens vont néanmoins conserver l’espoir de l’indépendance, et le 1er mars 1919 va marquer le début d’une nouvelle ère. Ce jour voit en effet la naissance d’une des premières manifestations populaires coréennes contre l’occupation japonaise. La mort de l’ancien roi Gojong va servir d’élément déclencheur et le 1er mars 1919, des centaines de milliers de personnes se réunissent au parc de la Pagode pour écouter la lecture d’un Manifeste de l’indépendance. Le mouvement va grandir et se propager rapidement, avec entre 1500 et 1800 manifestations dans le pays, pour un total de participants estimé entre 800 000 et 2 millions de personnes (3). Cependant, malgré le caractère pacifiste des manifestations, elles seront bien souvent violemment réprimées, entrainant de nombreuses arrestations (près de 47 000) et causant plus de 7000 morts comme à Jeamni, où des soldats de l’Armée impériale japonaise font entrer dans une église 29 Coréens soupçonnés d’être liés aux manifestation du Mouvement du 1er mars avant de les fusiller et d’incendier l’église pour détruire les preuves du massacre (4).

Les Coréens ont ainsi proclamé leur indépendance et la liberté de la Corée dès le 1er mars 1919. Ce mouvement historique, malgré la campagne de désinformation menée par le Japon (5), a démontré au monde entier le bien-fondé de l’indépendance et de la liberté de la Corée. Il a constitué un tournant décisif qui a uni le peuple coréen autour de l’indépendance et a, dans une large mesure, annulé la domination culturelle japonaise.

Les 33 représentants nationaux qui ont proclamé l’indépendance ont été arrêtés par la police japonaise et emprisonnés à la prison de Seodaemun. De nombreuses personnalités qui avaient organisé des manifestations dans tout le pays furent conduites à la prison de Seodaemun pour y être torturées. À cette époque, la prison de Seodaemun comptait près de 2000 détenus, ce qui inquiéta les autorités japonaises, qui en profitèrent pour agrandir considérablement la prison (voir encadré p. 84).

Par la suite, les autorités japonaises durent réprimer de nombreux autres mouvements, comme celui du 10 juin 1926, lorsque 300 000 personnes issues de tous les horizons se rassemblèrent à l’occasion de la cérémonie funéraire de l’empereur Sunjong, et où 500 à 600 étudiants scandèrent en chœur « Vive l’indépendance ! » ; ou entre 1927 et 1930, lorsque les Japonais durent réprimer à cinq reprises un vaste mouvement anti-impérialiste mené par les communistes coréens de la région de Kando, arrêtant environ 5000 personnes.

Le gouvernement provisoire, fer de lance de l’indépendance du pays

Formé un mois après le mouvement du 1er mars 1919, le gouvernement provisoire de la république de Corée s’établit en exil à Shanghaï. En effet, après des tractations, le gouvernement provisoire coréen à Shanghaï, le Conseil national coréen en Extrême-Orient russe et le gouvernement provisoire Hanseong à Séoul décident de ne former qu’un seul gouvernement unifié. Celui-ci s’établit dans la concession française de Shanghaï. L’indépendance avait été déclarée lors du mouvement d’indépendance du 1er mars, mais il était difficile de trouver un endroit où la mettre en œuvre. Cependant, sur la base de l’esprit révolutionnaire de liberté, d’égalité et de fraternité, la France a autorisé les militants indépendantistes à mener leur plan d’action au sein de sa concession et le gouvernement provisoire coréen y sera actif pendant environ 13 ans, d’avril 1919 à avril 1932.


Le gouvernement provisoire coréen a été confronté à une crise dans les années 1920 et dans les années 1930, mais les partis politiques ont continué à se développer en se divisant et en se regroupant, et le Congrès provisoire fonctionnait autour des partis politiques. En 1937, lorsque la guerre sino-japonaise éclata, les forces indépendantistes s’unirent pour lutter contre le Japon. La raison pour laquelle le gouvernement provisoire coréen a pu diriger le mouvement d’indépendance en tant qu’institution suprême pendant 27 ans est qu’il bénéficiait du soutien de nombreuses personnes tant au niveau national qu’international. En effet, des mouvements se sont développés partout où il y avait une diaspora coréenne, que ce soit en Russie, en Chine, au Japon, aux États-Unis ou dans les pays européens. S’il y avait une communauté de diaspora coréenne, elle s’est engagée dans les mouvements d’indépendance. Certains Coréens qui avaient émigré vers des pays comme Cuba et le Mexique ont également participé à des mouvements d’indépendance. Les étudiants coréens en France, mais aussi les ouvriers coréens en Russie ont tous été impliqués dans des mouvements d’indépendance.

En 1932, le gouvernement provisoire de la République de Corée quitte Shanghaï pour échapper aux forces japonaises et traverse le continent avant de retrouver la liberté à Chongqing en 1945. Depuis sa fondation jusqu’à la libération, en tant qu’institution représentant le peuple coréen, le gouvernement provisoire coréen va persévérer dans la conduite du mouvement d’indépendance. Sur le plan administratif, un bureau des communications et des transports est créé pour coordonner l’administration à l’étranger et un système d’association de colons est mis en place pour diriger les communautés coréennes à l’étranger. Sur le plan militaire, des guerres d’indépendance vont être menées en partenariat avec l’Armée indépendante en Mandchourie et le gouvernement provisoire coréen va faire preuve de leadership dans la lutte contre le Japon grâce à sa coopération militaire avec la Chine. 

Résistance et lutte armée

Les Coréens n’ont pas attendu l’annexion du pays par le Japon en 1910 pour entrer en lutte contre l’impérialisme japonais. En effet, de 1894 à 1910, les opérations des activistes dans tout le pays ont retardé la colonisation japonaise de la Corée et ont joué un rôle important dans la consolidation et l’élévation de l’esprit national du peuple coréen. Après le traité d’Eulsa en 1905, les luttes armées pour défendre la souveraineté nationale se succédèrent. En 1907, un groupe d’assassins fut formé dans le but d’éliminer les cinq traitres de l’Eulsa. En 1909, le premier résident-général japonais en Corée, Ito Hirobumi, est assassiné dans la gare de Harbin, alors sous contrôle russe (voir encadré p. 87).

Pendant la période coloniale, les militants indépendantistes coréens vont s’installer en Mandchourie et dans la province maritime de Sibérie, où ils vont établir des bases pour leurs troupes. Ils vont également créer des institutions autonomes, des écoles et des camps d’entrainement pour les combattants dans les régions où résident des Coréens. En effet, les ressortissants coréens ont mené une lutte armée contre les impérialistes japonais tant dans leur pays qu’à l’étranger.

À la suite du mouvement d’indépendance du 1er mars 1919, les Coréens vont encore renforcer leur engagement envers l’objectif de retrouver leur indépendance. Certains activistes vont organiser un corps d’armées indépendantistes et déclarer la guerre aux impérialistes japonais. Les activités des armées indépendantistes comprenaient parfois des escarmouches avec les troupes japonaises basées en Mandchourie et dans la province maritime de Sibérie, bien que la plupart de leurs activités consistaient en une guérilla sur le territoire coréen pour détruire des installations japonaises.

À la suite de ces actions, les Japonais élaborèrent un plan d’opération de représailles avec un grand nombre de troupes. Sous le faux prétexte que leur consulat en Mandchourie avait été attaqué, ils envoyèrent plus de 20 000 soldats dans l’Ouest et le Nord du Gando. Les armées indépendantistes coréennes combattirent les troupes japonaises dans la vallée de Qingshanli, où ces dernières auraient subi d’importantes pertes (si le gouvernement provisoire coréen annonce plus de 1200 morts au combat et 2100 blessés, ces chiffres seront plus tard remis en cause). Après cette défaite, les troupes japonaises ripostèrent en massacrant les membres des communautés coréennes qui avaient aidé à organiser les armées indépendantistes et détruisirent leurs bases, puis brûlèrent toutes les écoles, églises et bâtiments publics de la région.

Le 19 avril 1923, alors que l’armée japonaise souhaite profiter de l’anniversaire de l’empereur Hirohito pour célébrer la victoire de la bataille de Shanghaï contre l’armée chinoise, l’indépendantiste coréen Yoon Bong-gil, représentant le gouvernement provisoire coréen, fait exploser une bombe, dissimulée dans une bouteille d’eau, qui va tuer un général de l’armée impériale japonaise, le chancelier du gouvernement auprès des résidents japonais de Shanghaï, et blesser grièvement d’autres officiels japonais. Yoon Bong-gil, arrêté sur place, sera exécuté au Japon le 18 décembre 1923. Le dirigeant chinois Tchang Kaï-chek déclara à son sujet : « ce jeune patriote coréen a accompli ce que des dizaines de milliers de soldats chinois n’ont pas réussi à faire ».

Le gouvernement provisoire de la République de Corée souhaitant constituer une armée composée de compatriotes vivant dans le pays et à l’étranger, une école militaire sera créée en 1919. En juillet 1920, rêvant de créer une armée de l’air, elle fonde une école de formation de pilotes coréens à Willows, près de San Francisco, aux États-Unis. En 1934, une classe spéciale pour les Coréens est créée à l’école militaire chinoise afin de former des cadres pour l’armée indépendante. Enfin, le 17 septembre 1940, est créée à Chongqing l’Armée de restauration coréenne (Hanguk Gwangbokgun), lancée en tant qu’armée officielle du gouvernement provisoire coréen. Lorsque le Japon étend la guerre du Pacifique en attaquant Pearl Harbor, le gouvernement provisoire coréen déclare immédiatement la guerre au Japon. L’Armée de restauration coréenne prendra alors part à la guerre du Pacifique et combattra l’armée japonaise au sein des forces alliées jusqu’à la capitulation de l’Empire japonais, le 15 aout 1945.

La libération et la division

Le 15 aout 1945 marque l’aboutissement de décennies de lutte contre la domination japonaise, notamment au travers d’un mouvement d’indépendance qui a dépassé les frontières de la péninsule. Mais en décembre 1945, les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de l’URSS et du Royaume-Uni se réunissent à Moscou afin de discuter de la question de l’indépendance de la Corée. L’accord final prévoyant la mise en place d’un gouvernement provisoire démocratique en Corée ainsi que l’instauration d’une tutelle, les citoyens coréens, désireux d’établir immédiatement un État indépendant quelle que soit leur idéologie politique, vont d’abord vivement protester contre la tutelle proposée. Cependant, le Parti communiste coréen va faire volte-face et commencer à soutenir l’intégralité de la décision prise lors des pourparlers ministériels.

À la suite de la décision prise lors de la conférence de Moscou, deux commissions mixtes américano-soviétiques se réunirent afin d’établir un gouvernement provisoire en Corée, mais elles échouèrent alors que la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique s’intensifiait et la Corée ne put pas éviter la division de la péninsule. L’administration militaire soviétique commença en Corée du Nord le 8 septembre 1945, tandis que les forces américaines établirent un gouvernement militaire en Corée du Sud. Parallèlement, toutes les tentatives visant à former un gouvernement unifié par le biais d’un mouvement de coalition gauche-droite et de pourparlers intercoréens échouèrent également. En novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies va alors adopter une résolution établissant un gouvernement unifié par le biais d’élections générales dans les deux Corées sous la supervision de l’ONU. Cependant, l’Union soviétique rejette la visite en Corée du Nord de la Commission temporaire des Nations Unies sur la Corée, en signe de protestation contre la décision unilatérale des États-Unis de renvoyer la question à l’ONU. Finalement, seule la Corée du Sud organise des élections générales le 10 mai 1948. L’Assemblée nationale constituante, composée de 198 législateurs, donne officiellement au pays le nom de République de Corée et promulgue la Constitution le 17 juillet. Le premier gouvernement de la République de Corée voit le jour.

La Corée reste donc divisée en deux États au niveau du 38e parallèle. Si cette division ouvrira la voie, peu de temps après, à la guerre de Corée qui ravagera le pays pendant trois ans, l’histoire du combat pour l’indépendance coréenne vient néanmoins démontrer la volonté d’un peuple pour son droit à la liberté, la préservation de sa culture et servira de fondement aux années ultérieures de démocratisation et d’industrialisation de la Corée du Sud.

Notes

(1) Les « cinq traitres d’Eulsa » est le surnom donné aux hauts fonctionnaires de l’Empire coréen ayant signé le traité.

(2) Les chiffres varient selon les estimations, mais la Korean Central News Agency propose le chiffre de 200 000 femmes coréennes contraintes à l’esclavage sexuel.

(3) La population coréenne était à l’époque d’environ 16 à 17 millions de personnes.

(4) https://​english​.hani​.co​.kr/​a​r​t​i​/​e​n​g​l​i​s​h​_​e​d​i​t​i​o​n​/​e​_​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​/​1​9​3​6​0​9​.​h​tml

(5) https://​www​.dbpia​.co​.kr/​J​o​u​r​n​a​l​/​a​r​t​i​c​l​e​D​e​t​a​i​l​?​n​o​d​e​I​d​=​N​O​D​E​1​0​5​0​4​563

Thomas Delage 

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