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dimanche 1 mars 2026

Le drone neutralisé près du porte-avions Charles de Gaulle provenait du navire espion russe Jigouliovsk

 

Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de déterminer avec une certitude absolue l’origine des drones aériens observés à de nombreuses reprises aux abords de sites sensibles [aéroports, infrastructures énergétiques, emprises militaires, etc.] tant en Europe qu’aux États-Unis. Aussi, la déclaration que viennent de faire les autorités suédoises après un incident de ce type concernant le porte-avions Charles de Gaulle est une première.

Pour rappel, le 25 février, un drone aérien a été «neutralisé» par les forces suédoises à environ 7 nautiques du navire amiral de la Marine nationale, alors en escale à Malmö [sud de la Suède].

Peu après, le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a affirmé que le drone en question venait «probablement de Russie» étant donné qu’un «navire russe se trouvait à proximité immédiate au moment des faits». Une allégation que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a catégoriquement rejetée.

«Si vous rapportez correctement les déclarations [celles du gouvernement suédois, ndlr], à savoir que le drone est russe parce qu’il y avait un navire russe à proximité, alors cette déclaration est tout à fait absurde», a-t-il dit, tout en confessant qu’il ne connaissait «pas les détails de cet incident».

Pour autant, l’état-major des forces armées suédoises a confirmé l’origine russe de ce drone, ce dernier ayant été observé alors qu’il décollait du navire de renseignement Jigouliovsk [classe «Alpinist»] qui transitait alors, sans doute opportunément, dans le détroit d’Öresund.

«C’est lors de la visite du porte-avions français Charles de Gaulle à Malmö que le navire de renseignement électromagnétique russe Jigouliovsk est entré dans les eaux territoriales suédoises, conformément au droit international. Le navire suédois HSwMs Rapp, présent dans la zone pour protéger et surveiller le porte-avions, s’est alors approché du Jigouliovsk afin de contrôler son passage dans le détroit. À cette occasion, les systèmes embarqués du HSwMs Rapp ont détecté une activité liée à un drone à proximité et ont déclenché des contre-mesures pour le neutraliser», a-t-il détaillé.

Le HSwMs Rapp [classe Tapper] est un petit patrouilleur de 62 tonnes, armé de deux mitrailleuses lourdes de 12,7 mm et donc, visiblement, d’un système de lutte antidrone.

«Après analyse des données techniques, les forces armées peuvent déterminer qu’il s’agit d’un drone ayant effectué un vol non autorisé, ce qui constitue une violation», a poursuivi l’état-major suédois. Et de préciser que, en faisant décoller un drone, le Jigouliovsk n’avait pas respecté les règles applicables aux navires militaires en transit dans les détroits, comme celui de l’Öresund. Actuellement, il se trouve en mer Baltique.

« Ce type d’action n’est pas surprenant de la part des Russes. Mais il s’agit d’un incident grave qui souligne l’importance d’une vigilance constante. Nos unités ont agi de manière exemplaire et professionnelle», a fait valoir Mme l’amiral Ewa Skoog Haslum, qui commande les opérations des forces armées suédoises.

Quoi qu’il en soit, le Charles de Gaulle n’est pas le premier porte-avions à avoir fait l’objet d’une tentative d’approche de ce type. En novembre 2024, un engin non identifié, de 1,5 mètre sur 1,5 mètre, avait été observé près du HMS Queen Elizabeth, alors en escale à Hambourg. L’appareil était parvenu à échapper à l’équipe de lutte antidrone de la Bundeswehr dépêchée sur place en prenant la direction du terminal portuaire de Tollerort, détenu en partie par des intérêts chinois.

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