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lundi 2 mars 2026

La France se dit prête à contribuer à la défense des pays visés par les attaques iraniennes

 

En réponse aux opérations «Fureur épique» et «Rugissement du lion», lancées respectivement par les États-Unis et Israël au moment précis où le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei tenait une réunion avec la plupart de ses subordonnés dans un complexe sécurisé de Téhéran, le régime iranien a tiré plusieurs salves de missiles et de drones Shahed vers l’État hébreu ainsi que vers les pays de la région abritant des emprises militaires américaines, à savoir le Qatar, Bahreïn [où est implanté le siège de la 5e flotte de l’US Navy], le Koweït, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. Mais pas seulement.

En effet, deux missiles balistiques ont été tirés par l’Iran «en direction» de la République de Chypre, naguère menacée par le Hezbollah libanais, inféodé à Téhéran. Mais à en croire John Healey, le secrétaire britannique à la Défense, cette action n’aurait pas été délibérée.

«Nous sommes désormais assez certains qu’ils n’étaient pas destinés à frapper Chypre, mais cela montre à quel point nos bases, notre personnel militaire et les civils, sont actuellement en danger», a-t-il en effet déclaré, sans donner plus de détails, le 1er mars. Cet incident «montre qu’il existe une menace très réelle et croissante de la part d’un régime qui frappe à tout-va dans la région. […] Cela exige que nous agissions de manière défensive», a-t-il estimé, à l’antenne de SkyNews.

Si le tir des deux missiles balistiques ne visait pas spécialement Chypre, par ailleurs membre de l’Union européenne [UE], il en est allé autrement avec le drone «kamikaze» Shahed qui s’est abattu, sans causer de dégâts importants, sur la base aérienne britannique d’Akrotiri, durant la nuit du 1er au 2 mars.

«Notre dispositif de protection dans la région est au niveau le plus élevé», a fait valoir le ministère britannique de la Défense [MoD], après avoir confirmé cet incident.

Cela étant, les Forces françaises aux Émirats arabes unis [FFEAU] ont également été visées, la base navale où elles sont implantées, à Abu Dhabi, ayant été touchée par deux drones Shahed iraniens.

Le ministère émirien de la Défense a précisé que les engins s’étaient écrasés sur un «entrepôt de la base navale d’Al Salam, provoquant un incendie dans deux conteneurs de matériel divers». C’est «un acte flagrant d’agression et une flagrante violation de la souveraineté nationale et du droit international», a-t-il fustigé.

«Un hangar de notre base navale, mitoyenne de celle des Émiriens, a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d’Abu Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n’est à déplorer. La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d’heure en heure», a confirmé Catherine Vautrin, la ministre des Armées.

Au-delà de cette frappe contre la base navale d’Abou Dhabi, les attaques iraniennes contre les Émirats arabes unis concernent la France étant donné que les deux pays sont liés par un accord de défense signé en 2009.

«Le Gouvernement de la République française s’engage à participer à la défense de la sécurité, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de l’État des Émirats arabes unis» et «à déployer les moyens et dispositifs définis en commun de nature à dissuader tout État qui tenterait de menacer la sécurité, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’État des Émirats arabes unis», stipule l’article 4 de cet accord.

Quoi qu’il en soit, dans une déclaration conjointe publiée le 1er mars, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne se sont dits prêts à «mener des actions défensives nécessaires et proportionnées» face aux attaques iraniennes afin de «détruire à la source» les capacités militaires de l’Iran. Ce qui est un concept assez curieux… puisqu’il n’est pas question pour ces trois pays de se joindre aux États-Unis et à Israël. «Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région», ont-il ajouté.

Ce qu’a fait le Royaume-Uni, un Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force ayant abattu un drone Shahed iranien qui s’approchait de l’espace aérien du Qatar.

Si les intentions de l’Allemagne restent à préciser, au regard de sa posture militaire dans la région, la France s’est dite prête à contribuer à la défense des pays du golfe Persique ainsi qu’à celle de la Jordanie, qui abrite quatre Rafale [et probablement un drone MQ-9 Reaper] engagés par l’armée de l’Air & de l’Espace dans l’opération Chammal.

«Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu’ils n’avaient pas choisie – Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie – la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête […] à participer à leur défense», a en effet déclaré Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse donnée ce 2 mars.

«Près de 400 000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région» a-t-il poursuivi. «À notre connaissance, aucune victime française n’est à déplorer à ce stade. Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c’est possible, ce qui n’est pas le cas dans tous les pays concernés», a expliqué le chef du Quai d’Orsay.

En attendant, étant donné que les rebelles houthistes, proches du régime iranien, ont annoncé la reprise de leurs attaques contre le trafic maritime en mer Rouge, l’UE a annoncé le renforcement de l’opération navale ASPIDES, qu’elle vient de reconduire jusqu’au 28 février 2027. Visiblement, ce renfort sera fourni par la Marine nationale.

«Deux navires militaires français viendront renforcer dans les prochains jours cette mission, composée actuellement de trois navires de guerre, dont déjà un français», a en effet indiqué un diplomate de l’UE à l’AFP.

Pour le moment, si cette hypothèse a pu être avancée par BFMTV, on ignore si le groupe aéronaval formé autour du porte-avions Charles de Gaulle va interrompre son déploiement en mer Baltique pour gagner la Méditerranée orientale.

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