Récemment, l’Iran comptait environ 155 navires, en comptant ceux de la composante navale du Corps des gardiens de la révolution [IRGC], pour la plupart affectés à des bases navales donnant sur le golfe d’Oman, la plus importante étant celle de Bandar Abbas. Évidemment, compte tenu des menaces de Téhéran de bloquer le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondiale, la neutralisation de la flotte iranienne est l’une des principales priorités de l’opération «Fureur épique», lancée par les États-Unis le 28 février.
Pour autant, ce détroit est de facto fermé étant donné que les assureurs ont annulé leur couverture contre les risques de guerre pour les navires commerciaux qui seraient tentés de s’y aventurer. Et cela alors que, dès les premières heures de l’opération «Fureur épique», les principales bases navales iraniennes, du moins celles situées dans le golfe d’Oman, ont été durement touchées par les frappes américaines.
Selon un communiqué de l’US CENTCOM, le commandement américain chargé du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, les onze navires iraniens qui se trouvaient dans le golfe d’Oman ont tous été mis hors de combat.
«Il y a deux jours, le régime iranien disposant de onze navires dans le golfe d’Oman. Aujourd’hui, il n’en a plus un seul. Le régime iranien harcèle et attaque la navigation internationale dans le golfe d’Oman depuis des décennies. Cette époque est révolue. La liberté de navigation maritime est le fondement de la prospérité économique américaine et mondiale depuis plus de quatre-vingts ans. Les forces américaines continueront de la défendre», a en effet affirmé l’US CENTCOM, via le réseau social X.
Les dégâts infligés à une partie de la flotte iranienne ont été confirmés par l’imagerie satellitaire. Parmi les navires touchés figurent le porte-drones IRIS Shahid Bahman Bagheri et le bâtiment «polyvalent» IRIS Makran, lesquels se trouvaient au mouillage à Bandar Abbas.
Admis au service actif au sein de l’IRGC il y a un peu plus d’un an, l’IRIS Shahid Bahman Bagheri était un ancien porte-conteneurs de 40 000 tonnes, connu naguère sous le nom de «Perarin». Il était censé être en mesure de tirer des «missiles de longue portée» et d’accueillir des hélicoptères. Selon les responsables iraniens, il disposait également de capacités en matière de guerre électronique. Enfin, il pouvait déployer des vedettes de type Achoura.
Quant à l’IRIS Makran, également mis en œuvre par l’IRGC, il s’agissait d’un ancien pétrolier de 100 000 tonnes transformé en navire militaire destiné à soutenir des actions dites asymétriques. Il pouvait mettre en œuvre au moins cinq hélicoptères, des drones de type VTOL et des vedettes rapides. La Marine nationale avait eu tout le loisir de l’observer en 2022, quand il fut repéré, avec la frégate IRIS Dena, dans la zone économique exclusive [ZEE] de la Polynésie française.
En outre, plusieurs frégates appatenant aux classes Bayandor, Alvand et Jamaran, ont été touchées, tant à Bandar Abbas qu’à Konarak [située à l’entrée du détroit d’Ormuz].
Cela étant, si la flotte iranienne a été durement frappée, elle n’a pas encore été mise totalement hors de combat : elle dispose encore d’au moins une vingtaine de mini sous-marins [classe Ghadir, 125 tonnes de déplacement] et une trentaine de vedettes et de patrouilleurs d’attaque. Ce qui est encore suffisant pour perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Et c’est sans compter sur les drones «kamikazes» et les missiles antinavires susceptible d’être lancés depuis la côte.