L’épilogue d’un feuilleton judiciaire hors norme. Après plus de 20 ans d’enquêtes et de blocages liés à l’affaire des frégates de Taïwan, la Suisse a restitué près de 670 millions de dollars à la famille de Bruno Wang, indique «Le Matin Dimanche». En cause? L’impossibilité d’établir formellement l’origine pénale d’une grande partie de ces fonds.
L’origine de cette fortune remonte aux grands contrats d’armement conclus au début des années 90 entre la France et Taïwan. Ces contrats comprennent, entre autres, la vente de frégates et d’avions de combat. En marge de ces accords, près de 920 millions de dollars de commissions occultes ont été versés à Andrew Wang, le père de Bruno, via des comptes en Suisse.
Le dénouement d'une saga complexe
La justice helvétique a gelé les avoirs familiaux à la demande de Taïwan, ouvrant alors une saga judiciaire complexe. Si 266 millions ont depuis été rendus à Taïwan (et en partie à la Suisse), une part substantielle des fonds est restée juridiquement indéterminée. En l’absence de condamnations et face à l’essoufflement des procédures, Berne a finalement tranché en 2021 en faveur des héritiers.
En 2019, la Cour suprême de Taïwan a statué que Bruno Wang, sa mère et ses frères et sœurs étaient des «tiers n’ayant pas pris part» à la commission d’un quelconque crime.
Installé sur les rives du Léman, Bruno Wang est toujours recherché par Taïwan sans avoir jamais été condamné. Son exil vaudois risque de perdurer quelques années encore.
Eva Lombardo