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lundi 9 mars 2026

Comment de faux recruteurs chinois ciblent des responsables politiques sur LinkedIn

 

Les services de renseignement britanniques ont alerté les parlementaires après la découverte de profils LinkedIn liés au renseignement chinois. Derrière des offres de conseil bien rémunérées, l’objectif serait de collecter des informations non publiques.

Le profil est soigné, la photo, celle d’une jeune femme souriante, le nom anglicisé. Amanda Qiu se présente comme directrice d’un cabinet de recrutement basé à Pékin, avec six ans d’expérience et des intérêts affichés pour le ministère britannique des Transports. Shirly Shen, elle, co-dirige une association censée aider des étudiants à découvrir la Chine, depuis Hangzhou. Deux profils LinkedIn en apparence anodins, sauf que le renseignement britannique affirme qu’ils appartiennent à des officiers du renseignement chinois.

Mardi 18 novembre 2025, le service de contre-espionnage britannique a diffusé une alerte officielle auprès des membres du Parlement, transmise par les présidents de la Chambre des communes et de la Chambre des lords. Message : ces deux profils ont été utilisés pour approcher « à grande échelle » des élus et des pairs, dans le but de collecter des informations non publiques sur le gouvernement et ses politiques.

Le ministre de la Sécurité, Dan Jarvis, a confirmé l’opération devant les Communes dans la journée. « Il s’agit d’une tentative clandestine et calculée d’une puissance étrangère d’interférer dans nos affaires souveraines », a-t-il déclaré. Selon lui, la campagne est conduite par un groupe d’officiers du renseignement chinois agissant derrière des sociétés-écrans ou de faux recruteurs.

« Expert du politique ou de l’économie »

Les cibles sont d’abord sollicitées pour rédiger des rapports géopolitiques en qualité de « consultants indépendants ». Le paiement proposé peut atteindre 20 000 euros, en espèces ou en cryptomonnaie. Les informations demandées doivent être « non publiques », « sensibles », « en temps réel » ou « off the record ». Des signaux d’alerte listés dans la fiche d’information que le MI5 a jointe à son message.

L’ambassade de Chine à Londres a rejeté l’ensemble des accusations, les qualifiant de « pure fabrication et de diffamation malveillante ». Ce n’est pas la première fois que ce type d’affrontement éclate entre Pékin et Londres sur le terrain de l’espionnage.

Martin Lagrave

parismatch.com