Derrière le parcours de recrutement et les premières missions d’Ahmad M., les éléments de l’enquête révèlent désormais l’ampleur du dispositif mis en place, ainsi que la nature précise des renseignements transmis au Mossad et leurs conséquences directes sur le terrain.
De la transmission de rapports de renseignement à l’acheminement de matériel et de fonds, l’acte d’accusation détaille un système structuré d’échange d’informations ayant contribué à des frappes ciblées au Liban. Les aveux du prévenu et les preuves techniques mettent en lumière un rôle opérationnel au cœur d’un réseau d’infiltration aux implications sécuritaires majeures.
Rapports de renseignement
Le lendemain, Ahmad M. a de nouveau rencontré son employeur, Michael Lima, après avoir rejoint le lieu de rendez-vous en empruntant plusieurs taxis, à la demande de ce dernier, afin de déjouer toute éventuelle surveillance. Lors de cet entretien, Michael Lima lui a clairement indiqué que les rapports qu’il préparait étaient directement transmis au Mossad.
Ahmad M. a ainsi acquis la certitude qu’il collaborait effectivement avec ce service, rencontrant ses officiers et leur fournissant des informations et des rapports de renseignement contribuant à des opérations de nature hostile à l’encontre du Liban.
À l’issue de la rencontre, Michael Lima lui a remis une somme de 1 100 euros.
Ahmad M. a reconnu qu’à retour au Liban, il avait bien acheté les lignes téléphoniques convenues et envoyé deux cartes SIM en Suède à l’adresse fournie par Michael Lima.
Avant son départ, Michael Lima lui avait également demandé de transporter une valise jusqu’au Liban. À l’aéroport de Milan, une personne est venue placer cette valise à côté de la sienne, qu’il a ensuite transportée jusqu’à son domicile au Liban.
À l’ouverture de la valise, Ahmad M. a trouvé un ordinateur portable ainsi que trois appareils électroniques dont il ignorait la nature. Conformément aux instructions reçues, il a remis ces équipements à un individu rencontré dans le quartier d’Al-Ouzai, arrivé à moto.
Une femme à l’aéroport
Lors de son retour au Liban en 2022, Michael Lima lui a demandé de transporter une boîte et de la remettre à son arrivée. Une femme s’est présentée à l’aéroport de Milan au moment du départ et a déposé la boîte sur sa valise. Une fois au Liban, Ahmad M. a constaté qu’elle contenait un téléphone mobile et une carte SIM allemande, qu’il a remis à une personne dans la région de Jounieh.
Par la suite, il a garé son véhicule en bord de route, transmis sa localisation à Michael Lima accompagnée d’une photographie des lieux, puis s’est éloigné quelques minutes. À son retour, il a découvert sur le siège un paquet contenant 350 euros.
De plus, conformément aux instructions de Michael Lima, il a remis deux cartes SIM, achetées précédemment, à un individu rencontré dans le quartier d’Ain El-Mreissé, avant de se rendre dans la region de Rmeilé, où il a remis une enveloppe blanche contenant 200 euros à une autre personne arrivée à moto.
Le voyage en Israël
Ahmad M. a également reconnu qu’au début du mois de septembre 2022, il avait rencontré Michael Lima à Milan, qui l’a conduit à l’aéroport, via un couloir privé non accessible au public. Ils ont ensuite embarqué sur un avion privé transportant une vingtaine de passagers.
Alors qu’il commençait à s’interroger sur leur destination, Michael Lima l’a rassuré en lui indiquant qu’ils se rendaient en Israël. Après environ deux heures de vol, l’appareil a atterri et son téléphone portable lui a été confisqué.
Ils ont ensuite rejoint un appartement où Ahmad M. a séjourné durant trois jours. Au cours de cette période, il a été soumis à un nouveau test au détecteur de mensonges, à l’aide d’un dispositif plus sophistiqué que les précédents.
Il a été interrogé sur de nombreux sites situés dans le Liban-Sud, à partir d’un écran affichant des cartes tridimensionnelles détaillant les positions du Hezbollah.
Il a également suivi une formation portant sur les techniques de ciblage et d’approche de personnes affiliées au Hezbollah, les protocoles de rencontre avec ses contacts, la prise de photographies, ainsi que les comportements à adopter dans son environnement afin de ne pas éveiller de soupçons.
Durant son séjour, il a rencontré une jeune femme, Lina, de nationalité libanaise, recrutée depuis plusieurs années. Il a précisé l’avoir retrouvée à Milan en 2024, lorsqu’il lui a remis l’un des appareils transportés depuis le Liban, conformément aux instructions de Michael Lima.
Photographie des sites du Hezbollah
Après son retour à Milan, Ahmad M. a rencontré à deux reprises son employeur, Michael Lima, fin 2023 et en février 2024. Ces entretiens ont porté sur la collecte d’informations supplémentaires relatives aux circuits de financement du Hezbollah au Liban, notamment les modalités d’introduction des fonds, les bureaux chargés de leur distribution, ainsi que certaines activités commerciales menées pour son compte.
À son retour au Liban, il a été chargé de photographier plusieurs sites ciblés par l’armée israélienne, notamment quatre emplacements situés à proximité du marché de Nabatié, dans la région de Kfarjoz, au rond-point de Nabatié et le long de la route de Brayké. Pour mener à bien cette mission, Michael Lima lui a remis un dispositif électronique de petite taille, semblable à une clé USB, à connecter à son téléphone lors de la prise de vue.
Ahmad M. a perçu 800 euros à l’issue de la première rencontre et 1.000 euros après la seconde
À son arrivée au Liban, il a effectivement photographié les sites désignés et a ensuite acheminé ce dispositif, ainsi qu’un autre appareil électronique, du Liban vers Milan, sur instruction de Michael Lima.
Sa dernière rencontre avec Michael Lima a eu lieu en novembre 2024, en Grèce. À cette occasion, ce dernier lui a indiqué son intention de regagner définitivement le Liban et lui a demandé de photographier des sites ayant été visés par des frappes aériennes israéliennes. Une mission pour laquelle Ahmad M. a perçu 800 euros.
Mouvements du Hezbollah et de la population
Le prévenu a reconnu que les informations fournies au Mossad israélien durant la période de contact, ainsi que la transmission du «courrier mort», se déclinent comme suit:
- Des informations détaillées sur les membres du Hezbollah, leurs familles, leurs numéros de téléphone, leurs lieux de résidence et leurs moyens de transport;
- Des données relatives aux aides financières distribuées par le Hezbollah, aux centres de distribution et de réception des fonds, ainsi qu’aux mécanismes d’acheminement de l’argent vers le Liban;
- Des informations sur les engins et bulldozers utilisés dans le Sud, ainsi que sur les expositions spécialisées, notamment celle de Diab dans la zone de Zefta–Mseilha, qui a été ultérieurement bombardée et détruite par l’aviation israélienne;
- Des renseignements concernant les propriétaires des succursales du supermarché Ramal au Liban-Sud et dans d’autres régions;
- Des informations sur plusieurs établissements, dont l’hôpital Ragheb Harb à Toul, l’hôpital du Sud dans le marché de Nabatié, l’hôpital Al-Rassoul Al-Azam à Beyrouth, l’hôpital Bahman dans la banlieue sud, ainsi que sur des installations industrielles (usine de batteries au lithium à Kfar Sir, usine de câbles électriques à Tefahta, entreprise d’embouteillage d’eau), dont les propriétaires seraient affiliés au Hezbollah;
- Des données sur les caméras de surveillance installées dans sa localité d’Ansar et ses environs ;
- Des informations sur les déplacements nocturnes des habitants et sur les mouvements militaires du Hezbollah dans la région;
- Des renseignements sur les déplacés de 2024 issus des villages frontaliers et sur les aides financières qui leur sont accordées.
Camps du Hezbollah et ses fonds
En janvier 2025, à la suite d’un appel de Michael Lima, le prévenu a fourni des informations sur le salon de «Kinyar» spécialisé dans les engins lourds à Ansariyé, qui avait été visé par une frappe israélienne, afin de vérifier s’il restait opérationnel ainsi que le niveau d’activité sur le site. Il a alors confirmé la poursuite de son activité, avant qu’un bombardement intensif, en septembre 2025, n’entraîne sa fermeture.
En mai 2025, il a également transmis des informations sur une maison située à Ansar, louée à des membres du Hezbollah et utilisée, selon ses dires, pour entreposer des armes, des munitions et du matériel militaire, avant qu’elle ne soit à son tour ciblée par l’aviation israélienne.
Il a en outre envoyé des photos et des vidéos de sites bombardés ainsi que de lieux supposés abriter des camps, des armes et des fonds du Hezbollah. Pour ces opérations, il a perçu 500 euros, déposés dans une enveloppe laissée à l’intérieur d’un véhicule stationné sur la route de Khaldé.
Ahmad M. a également reconnu avoir procédé à des inspections de cibles désignées par Michael Lima avant les frappes, puis à des vérifications après bombardement afin d’évaluer l’efficacité des opérations, notamment sur des dépôts d’armes, des centres de ravitaillement ou des entrepôts. Le nombre total de sites inspectés et photographiés dépasserait une trentaine.
Vidéos
Il ressort de l’analyse technique des deux téléphones saisis à Ahmad Makhdar qu’ils étaient utilisés pour communiquer avec ses contacts, Rami Mourad et Michael Lima
Lors des interrogatoires, le prévenu a confirmé ses premières déclarations, reconnaissant les faits qui lui sont reprochés. Il a précisé que le montant total des sommes perçues de ses contacts liés au Mossa, en contrepartie de la transmission d’informations, de photographies et de vidéos, ainsi que pour le transport du «courrier mort», s’éleverait à environ 10.000 euros.
Que dit le droit?
Les éléments exposés dans la section des faits, corroborés par l’analyse technique des téléphones du prévenu Ahmad Mohamad Makhdar ainsi par ses aveux circonstanciés, réitérés lors des interrogatoires, établissent qu’il a entretenu des contacts avec le Mossad israélien et agi pour son compte moyennant rémunération.
Il ressort de l’enquête qu’il a transmis à ses officiers traitants des informations sensibles, des coordonnées, des photographies et des vidéos, assuré le transport de « courrier mort » et fourni un appui logistique, contribuant ainsi à l’identification de cibles ayant conduit à la mort de ressortissants libanais.
Ces faits sont constitutifs des crimes prévus et réprimés par les articles 278, 283 et 284, ainsi que 549, combiné avec l’article 219 du Code pénal.
Par ailleurs, le fait pour le prévenu d’avoir pénétré sur le territoire israélien et d’y avoir séjourné durant trois jours, période au cours de laquelle il a suivi des formations sécuritaires dispensées par des officiers du Mossad, constitue le délit prévu à l’article 285 du Code pénal.
En outre, la transmission de photographies et d’informations relatives à des cibles, ayant contribué à la destruction de bâtiments et de biens à la suite de frappes aériennes israéliennes, relève du délit prévu aux articles 732 et 219 du Code pénal.
Il convient également d’ordonner l’ouverture d’une enquête permanente afin d’établir l’identité complète des personnes dénommées Rami Mourad et Lina.
Par ces motifs, le Parquet militaire a décidé:
1 – D’inculper le prévenu Ahmad M., dont l’identité a été précisée ci-dessus, des crimes visés aux articles 278, 283, et 284 ainsi que 549, combiné avec l’article 219 du Code pénal, et de délivrer un mandat d’arrêt à son encontre.
2 – De le poursuivre pour les délits visés aux articles 285 et 732, combinés à l’article 219 du Code pénal.
3 – De joindre le délit au crime en raison de leur connexité.
4 – De le renvoyer devant la Cour militaire permanente.
5 – De lui faire supporter les frais et dépens.
6 – D’émettre un mandat de recherche permanent en vue d’établir l’identité complète des dénommés Rami Mourad et Lina.
7 – De transmettre le dossier au parquet militaire pour dépôt devant la juridiction compétente.
Les premiers interrogatoires menés par les services de sécurité à la suite de son arrestation, ainsi que les aveux qu’il a clairement formulés, indiquent que «Ahmad M.» incarne l’un des modèles les plus dangereux d’agents recrutés par Israël, dans lesquels le Mossad a investi pendant des années. Les résultats de ces opérations se sont traduits par des assassinats, des éliminations ciblées et la destruction d’infrastructures appartenant au Hezbollah et à ses proches, tant au Liban-Sud que sur l’ensemble du territoire libanais.
Un parcours discret, étalé sur plusieurs années, de l’Italie à l’Allemagne puis jusqu’en Israël, témoigne des efforts déployés par le Mossad israélien pour recruter ce ressortissant libanais, «Ahmad M.», devenu un atout jugé particulièrement rentable au regard des nombreux objectifs sécuritaires atteints.
Il s’est ainsi imposé comme un «agent de confiance», exécutant fidèlement les ordres de ses recruteurs et accomplissant avec rigueur les missions qui lui étaient confiées: repérage de sites et de positions du Hezbollah, localisation de dépôts d’armes, et transmission de coordonnées d’installations de fabrication de drones. Il n’a pas épargné les habitants de son village d’Ansar, à Nabatiyé, en particulier ceux affiliés au Hezbollah, qui ont été pris pour cibles lors de frappes aériennes et d’opérations de liquidation.
L’agent d’Ansar n’est ni le premier ni le dernier infiltré par Israël au sein du Hezbollah. Les premières investigations, corroborées par ses aveux devant la juge d’instruction militaire Ghada Abou Alouane, montrent qu’ «Ahmad M.» faisait partie des agents les plus dangereux, impliqué dans des assassinats ciblés et la destruction d’infrastructures du Hezbollah et de ses proches à travers tout le Liban.
L’acte d’accusation, publié en exclusivité par Houna Loubnan, révèle des épisodes particulièrement graves du rôle joué par cet individu, ayant entraîné des victimes dans le Liban-Sud.
Informations personnelles
Selon les informations disponibles, le 27 janvier 2026, «Ahmad M.» a été arrêté sur la place de Nabatié par les services de renseignement libanais, après avoir été repéré puis placé sous surveillance. Cette arrestation est intervenue dans le cadre de suivi de mouvements suspects liés aux services de renseignement israéliens, révélant des contacts directs avec le Mossad. Deux téléphones portables ont été saisis lors de son interpellation, dont l’un équipée d’une carte SIM italienne. Lors de son interrogatoire, Ahmad M. a reconnu qu’en janvier 2020, une personne l’avait contacté via Messenger se présentant sous le nom de Rami Mourad, originaire de Zahlé. Ce dernier lui avait proposé une collaboration, qu’il avait acceptée, lui transmettant de ce fait ses informations personnelles ainsi que ses comptes électroniques.
Un mois plus tard, cette personne l’a recontacté via WhatsApp, affirmant travailler dans le domaine de la comptabilité et disposer de réseaux en Europe susceptibles de collaborer avec lui dans des activités commerciales. Il lui avait alors demandé de rester disponible en vue d’opportunités futures.
Affiliation politique et partisane
Ahmad M. a précisé avoir été ensuite contacté via WhatsApp par un numéro étranger, par une personne se présentant comme Michael Lima, de nationalité brésilienne. Celui-ci s’était présenté comme l’employeur évoqué par Rami Mourad, souhaitant lancer une activité commerciale. Il lui avait alors demandé des informations personnelles le concernant, ainsi que sur sa famille.
Début 2021, Michael Lima a repris contact avec Ahmad M., après son retour en Italie s’enquérant de sa situation familiale, de son affiliation politique, ainsi que du contexte politique et sécuritaire au Liban, notamment de la présence du Hezbollah dans sa région natale du sud. Les échanges se sont poursuivis jusqu’à ce que Rami Mourad, en coordination avec Michael Lima, lui propose une rencontre en Italie. Celle-ci a eu lieu début août 2021 à Turin, sur la place Castello, durant environ trois heures, et a porté principalement sur les perspectives de collaboration avec Michael Lima.
Rencontres à Milan
En septembre 2021, Michael Lima a recontacté Ahmad M. via WhatsApp afin de convenir d’une nouvelle rencontre. Ils se sont retrouvés à Milan, conformément à un rendez-vous fixé à l’avance.
La discussion a d’abord porté sur un projet d’activité commerciale entre le Liban et l’Europe, incluant la création d’une plateforme en ligne. Toutefois, l’échange a progressivement dérivé vers des questions de nature sécuritaire, portant sur la situation sociale, politique et sécuritaire au Liban.
Les interrogations se sont focalisées sur le Hezbollah, ses bases, ainsi que l’aide qu’il fournit à ses partisans. Face à l’orientation de ces questions, Ahmad M. a compris que son interlocuteur travaillait pour le Mossad. Malgré cela, il a poursuivi la collaboration, fournissant des informations sensibles, notamment sur des membres du Hezbollah, leurs lieux de résidence, leurs numéros de téléphone, ainsi que sur des véhicules et bulldozers utilisés dans le Liban-Sud, y compris les identités de leurs propriétaires.
Il a par ailleurs rédigé un rapport détaillé à partir de ces informations, en sollicitant certains de ses contacts au Liban, qu’il a ensuite transmis à Michael Lima, en échange de la somme de 500 euros.
Test du détecteur de mensonges
Le deuxième rendez-vous avec Michael Lima s’est tenu à Milan, où celui-ci a conduit Ahmad M. dans un bâtiment abritant plusieurs salles de réunion. Ahmad M. y est resté environ une heure, jusqu’à l’arrivée d’une personne se présentant comme originaire d’Afrique du Sud. À ce moment, Michael Lima a quitté les lieux, prétextant des engagements professionnels, laissant Ahmad M. seul avec cette personne pendant deux heures.
Durant cet entretien, ce dernier l’a interrogé sur les noms des commerçants d’engins et bulldozers mentionnés dans le rapport qu’il avait précédemment remis à Michael Lima.
Ahmad M. a ensuite été soumis à un test du détecteur de mensonges afin de s’assurer de la véracité de ses déclarations. Un dispositif a été placé sur sa poitrine et son avant-bras droit, relié à un appareil électronique, tandis qu’il devait répondre à une série de questions en restant détendu, sous surveillance de ses réactions physiologiques.
À l’issue du test, qui a duré environ une heure et demie, il a été informé qu’il l’avait réussi avec succès et qu’il pouvait poursuivre leur collaboration. Une somme de 800 euros lui a été remise à cette occasion.
Environ trois mois plus tard, selon ses déclarations, Michael Lima a repris contact avec lui et l’a rencontré à Cologne (Köln), en Allemagne. Il l’a conduit dans une pièce isolée, où Ahmad M. a été mis en présence d’un individu s’exprimant en dialecte libanais. L’entretien a duré près de trois heures, au cours desquelles de nombreuses questions lui ont été posées.
Par la suite, Michael Lima l’a de nouveau soumis à un test du détecteur de mensonges, cette fois centré sur les noms des familles de sa ville natale, sur les membres du Hezbollah y résidant, leurs familles, l’emplacement de leurs habitations ainsi que les moyens de transport qu’ils utilisaient.
À l’issue de cette rencontre, Michael Lima lui a explicitement révélé être un officier du Mossad et lui a demandé de poursuivre sa collaboration. Ahmad M. a accepté. Il a alors reçu pour instruction, à son retour au Liban, d’acheter six lignes de téléphonie mobile (trois auprès de l’opérateur Alfa et trois auprès de Touch) enregistrées sous des identités anonymes.
Youssef Diab