Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mercredi 25 décembre 2019

L'épouse d'un agent américain accusée du décès d'un motocycliste a fui la justice britannique




L'épouse d'un agent du renseignement américain, qui a obtenu l'immunité diplomatique après un accident dans lequel un adolescent, Harry Dunn, a été tué, a été accusée d'avoir causé la mort par conduite dangereuse, a annoncé le Crown Prosecution Service (CPS)

Anne Sacoolas, dont le mari était basé dans une base aérienne américaine du Northamptonshire, est revenue en Amérique après que la voiture qu'elle conduisait serait entrée en collision avec la moto de la jeune femme de 19 ans à l'extérieur le 27 août.

La suspecte de 42 ans a déclenché une controverse internationale après avoir revendiqué l'immunité diplomatique – bien que le ministère des Affaires étrangères ait déclaré plus tard que le mari de Mme Sacoolas n'était pas un diplomate inscrit dans un rôle reconnu.

L'infraction de mort par conduite dangereuse est passible d'une peine maximale de 14 ans de prison.

Maintenant que le CPS a autorisé la police du Northamptonshire à inculper Mme Sacoolas, les procureurs ont entamé une procédure d'extradition, mais rien ne garantit que les autorités américaines accepteront le processus.

La famille de Harry Dunn poursuit l’épouse de Jonathan Sacoolas

Seule photo publique de Jonathan Sacoolas


La famille d’un jeune motard mort après un accident de la route en Angleterre va poursuivre aux Etats-Unis la conductrice en cause, épouse d’un diplomate américain, et le gouvernement de Donald Trump qui refuse de l’extrader, a indiqué mardi 29 octobre un porte-parole de la famille.

Harry Dunn, 19 ans, a été mortellement blessé dans la collision de sa moto avec une voiture dans le Northamptonshire le 27 août.

La conductrice du véhicule, Anne Sacoolas, 42 ans, roulait du mauvais côté de la chaussée en sortant d’une base militaire américaine où était stationné son mari. Sur place, elle avait coopéré avec les policiers et a été soumise à un alcootest. Les policiers avaient décidé de ne pas l’arrêter. Le lendemain, elle a invoqué l’immunité diplomatique et est repartie aux Etats-Unis le 15 septembre dans un avion de l’US Air Force avant d’avoir été interrogée par la police britannique et malgré les demandes du bureau des Affaires étrangères britannique de lever l’immunité.

Les parents du jeune homme, Charlotte Charles et Tim Dunn, exhortent depuis les Etats-Unis à lever l’immunité d’Anne Sacoolas pour qu’elle retourne en Grande-Bretagne afin d’y être jugée.

« Nous engageons des poursuites au civil contre Mme Sacoolas et les Etats-Unis pour des dédommagements ainsi que contre l’administration Trump pour sa conduite hors-la-loi et sa tentative de dissimulation », a indiqué dans un communiqué le porte-parole de la famille, Radd Seiger.

« Une fugitive en fuite »




Le gouvernement américain « est fermement décidé non seulement à violer les lois internationales, les règles et les conventions sur l’immunité diplomatique mais n’a aucune considération ni souci du bien-être de la famille de Harry, ni aucune intention réelle de trouver une solution », a ajouté Radd Seiger, qui se trouve actuellement aux Etats-Unis où l’affaire figure parmi les dossiers à traiter de l’administration Trump.


Anne Sacoolas « a reconnu sa responsabilité (dans l’accident) donc cela la rend responsable d’un grave crime. C’est une fugitive en fuite », a-t-il déclaré à l’AFP, indiquant qu’un procès pénal aux Etats-Unis n’était « pas une option ».

Cette affaire, qui rencontre un fort écho au Royaume-Uni, a provoqué des tensions entre Londres et Washington.

Donald Trump a évoqué un « accident horrible », le mettant sur le compte de la fatalité et de la difficulté pour un automobiliste américain de s’habituer à la conduite à gauche en Grande-Bretagne.

La visite de Charlotte Charles et Tim Dunn à la Maison-Blanche, le 15 octobre, a provoqué une polémique quand Donald Trump a incité en vain les parents de Harry à rencontrer Mme Sacoolas, qui se trouvait dans une pièce à côté entourée de photographes.

Enquêteurs aux Etats-Unis

Radd Seiger avait alors dénoncé une « opération de communication » du président américain.

Charlotte Charles avait ensuite affirmé être prête à rencontrer Anne Sacoolas, mais uniquement « sur le sol britannique ». Elle « doit revenir (en Angleterre) et affronter le système judiciaire », avait-elle souligné.

La famille a déjà entamé des poursuites contre le gouvernement britannique, qu’elle accuse d’avoir laissé la conductrice quitter le pays.

La police anglaise a annoncé il y a une semaine l’envoi prochain d’enquêteurs aux Etats-Unis pour interroger Anne Sacoolas.