George Soros, né György Schwartz le 12 août 1930 à Budapest, puis György Soros ([ˈɟøɾɟ], [ˈʃoɾoʃ]),
est un financier milliardaire américain d'origine hongroise
Il est devenu célèbre pour ses activités de spéculation sur les devises et les actions, qui ont marqué l'histoire des bourses de valeurs puis par ses activités de philanthropie. Il est à l'origine des hedge funds apparus dans les années 1970, qui se distinguent dès la bulle financière japonaise. Il est actuellement président de Soros Fund Management, basé à New York, qui gère en 2012, 25 milliards de dollars pour lui, sa famille et ses fondations. Il a fondé l'Open Society Institute, devenu en 2010 Open Society Foundations, dont il est le président.
Sa jeunesse
Soros, né György Schwartz, est le fils de l'écrivain espérantophone Tivadar Soros (alias Teodoro Ŝvarc) dont l'œuvre Maskerado ĉirkaŭ la morto écrite originalement en espéranto et qui relate ses expériences pendant l'occupation nazie à Budapest a été traduite dans plusieurs langues (anglais, russe, allemand, hongrois et turc). Cependant George et son frère Paul ne semblent pas être des espérantophones natifs, leur activité dans le domaine est, en tous cas, inexistante.
Il naît en Hongrie. Il a 13 ans quand l'Allemagne nazie envahit la Hongrie, en mars 1944. Bien que sa famille soit juive, il échappe à la déportation grâce à la protection d'un employé de ministère qui le fait passer pour son filleul. Il vit en Hongrie jusqu'en 1946, date à laquelle il fuit l'occupation soviétique en se rendant à un congrès d'espéranto.
Soros émigre au Royaume-Uni en 1947 où il entreprend des études d'économie à la London School of Economics. Il obtient un bachelor of science en 1951 et un PhD en 1954 en philosophie et commence à travailler, la même année, dans une petite maison de courtage de la City londonienne fondée par deux associés hongrois. Parallèlement il accepte des petits boulots tels que maître nageur, vendeur de souvenirs, porteur de bagages. Il se rend aux États-Unis en 1956 pour, selon ses dires, gagner assez d'argent à Wall Street pour devenir écrivain et philosophe. Il travaille successivement comme analyste dans plusieurs petites sociétés financières: F.M. Mayer and co, Wertheim and co puis Arnold and S. Bleichroeder. Chez Arnold and S. Bleichroeder il est analyste et gère pour la première fois un fonds d'investissement d'arbitrage sur les matières premières. Il crée en 1969 son premier propre fonds offshore dans les Antilles à Curaçao le fonds Quantum Fund of Funds. Il gère son fonds depuis New York avec sa société de gestion le Soros Fund Management LLC.
Il investit dans son fonds ses propres économies en plus de l'argent de ses premiers investisseurs qui sont principalement la Banque Rothschild Paris et Heldring & Pierson. Le fonds spécule successivement sur le marché actions obligataires puis les devises surtout à partir de 1973 avec la fin du système de taux change fixes.
Dans la première partie de sa carrière, il fait le pari de l'explosion de la bulle financière sur les actions japonaises de la seconde partie des années 1980, mais trop tôt pour gagner de l'argent.
« L'homme qui fit sauter la banque d'Angleterre »
En 1992, alors que l'Angleterre s'enfonce dans une crise économique, il semble clair à Soros que la situation de la livre sterling est intenable.
La livre sterling à cette période est dans un régime de change lié : le Système Monétaire Européen (SME). Ce système induit premièrement une valeur presque fixe de la livre (relativement aux autres monnaies européennes), celle-ci, en raison de la crise, devient trop élevée ; et deuxièmement le niveau des taux d'intérêt se retrouve trop dépendant de ceux de la Bundesbank. Ce système est l'ancêtre de l'Euro. L'Allemagne avait besoin de taux d'intérêt élevés, l'Angleterre de taux faibles. Soros parie sur le fait que la Banque d'Angleterre ne peut résister à plus de pression sur sa monnaie et qu'elle sera forcée de sortir la livre du SME. Ceci provoquerait en particulier une chute importante de la valeur de la livre.
Le 16 septembre 1992 (« mercredi noir »), Soros vend à découvert 10 milliards de livres, pariant donc à la baisse sur cette monnaie. Il provoque, par cette opération, une pression telle sur la livre que la Banque d'Angleterre sort sa devise du Système Monétaire Européen.
La plus-value qu'en aurait tiré Soros serait d'environ 1,1 milliard de dollars. Il est alors surnommé pour cela « l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre ».
Durant la crise financière asiatique de 1997, dans des circonstances similaires, le premier ministre malais de l'époque Mahathir bin Mohamad accuse Soros de spéculer sur le ringgit.
À l'inverse, il se trompe dans d'autres circonstances et reperd des montants importants dans la spéculation contre d'autres monnaies.
Revenus et fortune
George Soros a gagné 3,3 milliards de dollars en 20096.
L'homme a ses paradoxes. En quarante ans, George Soros accumule une fortune estimée à 20 milliards de dollars en 2012, selon le classement du magazine Forbes (22e fortune du monde). Il reconnaît pourtant que le système financier actuel est néfaste pour le développement des pays les plus pauvres.
En 2016, convaincu que les marchés dégringoleraient après l'élection de Donald Trump, il parie à la baisse sur l'évolution des indices américains. Il perd dans les semaines qui suivent près de 1 milliard de dollars sur les marchés.
Soros a plusieurs résidences : il vit à New York dans un appartement de 16 pièces dans l'Upper East Side et possède deux propriétés aux États-Unis, l'une à Southampton (Long Island) et l'autre à Bedford (Comté de Westchester).
Philanthropie
Soros utilise une partie de sa fortune pour des activités philanthropiques. Il aurait consacré, selon les calculs de la revue américaine Worth, 2 milliards de dollars à ses fondations présentes dans plus de 30 pays. En 1979, Soros aida financièrement les étudiants noirs de l'université du Cap en Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. Lors de l'éclatement de l'Union Soviétique, George Soros est connu pour avoir proposé à chaque scientifique la somme de 500 dollars pour ne pas partir vendre leur savoir au plus offrant, notamment à cause des risques de diffusion de technologies nucléaires. En 1991, il est à l'initiative de la création de l'Université d'Europe centrale en Hongrie, visant à favoriser l'émergence d'une élite centre-européenne au moment où l'Union Soviétique s'effondre. Il fonde en 1993 l'Open Society Institute, devenu Open Society Foundations en 2010, dont l'objectif affiché est de promouvoir le développement des sociétés démocratiques et ouvertes. Ces investissements sont principalement destinés aux pays en voie de développement ou en cours de reconstruction sociale : pays de l'ancienne Union soviétique, Afrique, Amérique du Sud, Asie. Il s'est aussi engagé à donner 250 millions de dollars à l'université d'Europe centrale. En 2009, la fondation de Soros a financé une étude sur le contrôle au faciès en France. Cette étude a été menée par des chercheurs du CNRS. En 2011, il a financé sans motivation déclarée, une étude controversée sur des discriminations dont seraient victimes les musulmans de Marseille. Toutefois, faute d'une méthodologie sérieuse, les résultats n'ont pas de portée scientifique. En 2012, sa fondation fait un don de 35 000 euros au Collectif contre l'islamophobie en France.
George Soros a donné un million de dollars pour une proposition qui vise à légaliser la marijuana en Californie, État américain où le cannabis à usage médical est autorisé depuis 1996. Quatorze autres États ont adopté des mesures en faveur d'un certain degré de décriminalisation du cannabis.
George Soros finance également à hauteur de 100 millions de dollars Human Rights Watch, sur 10 ans, à partir de septembre 2010. L'ONG s'est quant à elle engagée à trouver un dollar de don pour chaque dollar prêté par l'Open Society Foundations.
Condamnation pour délit d'initié
Condamné pour délit d'initié dans l'affaire de la Société générale qui avait vu le gouvernement socialiste de la fin des années 1980 fermer les yeux sur la tentative d'OPA menée par Georges Pébereau et Robert Lyon, président de la Caisse des dépôts, sur une banque privée, Soros se pourvoit en cassation. Le jugement est toutefois confirmé et il est condamné à payer une amende de 940 500 euros. Ayant fait un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme en 2011 en alléguant une violation de l'article 7 de la Convention européenne des droits de l'homme, il en est débouté.
Accusation de spéculation financière
George Soros a été critiqué pour avoir spéculé contre les bandes de fluctuation du SME (Système monétaire européen), qu'il critiquait comme enrichissant mécaniquement la spéculation et l'encourageant. Les bandes de fluctuations ont été élargies en juillet 1993, à 15 % contre 2,25 %, après ces spéculations, qui ont valu à Georges Soros un ressentiment important de la part de tous les partisans français du "franc fort", ainsi qu'en Grande-Bretagne, où il avait auparavant spéculé contre la livre.
Ses détracteurs critiquent le rôle joué par Soros à travers son fonds d'investissement Quantum Fund, domicilié à Curaçao (Antilles néerlandaises) un paradis fiscal régulièrement dénoncé par le Groupe d'action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI), qui regroupe plusieurs gouvernements, comme étant l'un des plus importants centres de blanchiment d'argent issu du narcotrafic. En opérant à partir de Curaçao, Soros n'a pas uniquement évité de payer des impôts, mais il a aussi caché la nature de ses investisseurs et l'utilisation de leur argent. Pour autant, aucune accusation de blanchiment n'a jamais été formulée contre lui.
Ses détracteurs l'accusent de spéculer sur l'Euro comme il l'avait fait avec la Livre Sterling. Ils le soupçonnent donc d'être en partie à l'origine des crises financières européennes actuelles, ceci afin de prêter par la suite de l'argent à l'Europe à des taux d’intérêt très élevés.
Accusation d'influence politique
En janvier 2008, The Times révèle que George Soros a financé une étude de la prestigieuse revue scientifique The Lancet sur le nombre de victimes durant la guerre d'Irak. Cette étude, réalisée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et dirigée par Les Roberts, professeur d'épidémiologie à l'université Columbia, indique que la guerre d'Irak a causé 650 000 morts. The Times cite une autre étude du The New England Journal of Medicine, basée sur des hypothèses plus prudentes, qui évoque le chiffre d'au moins 151 000 victimes.
Il aurait financé Avaaz.org , auquel il est reproché un manque de neutralité de ses pétitions.
En avril 2017, il participe au financement de la surveillance des fake news par le site allemand Correctiv (en) à hauteur de 100 000 euros.
Accusation d'ingérence étrangère
Il cofinance, avec la National Endowment for Democracy, l'Open Society Foundations et Freedom House, le groupement politique serbe Otpor, entraînant des activistes du monde entier à renverser des gouvernements opposés aux intérêts des États-Unis.
Il déclare à la chaîne de télévision CNN en mai 2014, que sa fondation a pris une part importante dans les événements d'Euromaïdan en Ukraine entre l'automne 2013 et le printemps 2014. Il s'agit de l'International Renaissance Foundation créée en Ukraine en 1990. Les autorités américaines l'accusent d'avoir mené des activités illégales en Ukraine visant à saper le processus de transition du pays vers un fédéralisme que soutiennent Barack Obama, Vladimir Poutine et Angela Merkel. Il se trouve en effet en contradiction avec un ordre exécutif signé par le président américain en 2014 qui « considère que les actions et les politiques des personnes qui minent les processus et les institutions démocratiques en Ukraine - menacent sa paix, sa sécurité, sa stabilité, sa souveraineté et son intégrité territoriale - [...] constituent une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis ».
Certains l'accusent, sous couvert de philanthropie, d'établir des positions dominantes à travers le monde à des fins de profit personne. C'est le cas du Premier ministre Viktor Orbán qui souhaite se débarrasser des ONG qu'il finance.
Philosophie
Soros est le disciple de Karl Popper avec qui il entretenait une correspondance. Le nom de sa fondation, Open Society Foundations, est d'ailleurs une référence à l'ouvrage de Popper, La Société ouverte et ses ennemis.
Soros contre Bush et contre Trump
George Soros est l'auteur de plusieurs livres, dont l'avant-dernier, « The Bubble of American Supremacy », est une critique virulente contre le gouvernement de George Bush. Il investit 12 millions de dollars pour s'opposer à la réélection de George Bush, ce qui peut étonner, sachant que c'est lui qui sauve George Bush fils de la faillite en 1990, et qu'il fait partie des très nombreux investisseurs du Groupe Carlyle de George Bush père. Ce groupe gère le portefeuille de la famille Bush, et est le 11e fournisseur du Pentagone.
Fervent soutien d'Hillary Clinton, dont il est l'un des plus importants donateurs, pendant la campagne électorale américaine, il s'investit très activement contre Donald Trump par la suite. Le New York Times montre ainsi que George Soros soutient financièrement plus de 50 'partenaires' de la Marche des Femmes qui a lieu à Washington le jour de la prise de fonction du Président américain. Pour le quotidien, cette marche de protestation présentée comme une « marche des femmes » est avant tout une marche des femmes qui sont anti-Trump.
Soros et l'Europe
En octobre 2011, George Soros adresse une lettre ouverte aux dirigeants de la zone euro publiée dans le Financial Times, les sommant de répondre à la crise de la monnaie unique par plus d'Europe. La lettre a été signée par 95 autres personnalités européennes comme Javier Solana, Daniel Cohn-Bendit, Andrew Duff, Massimo D'Alema ou Emma Bonino.
En 2015, il appelle l'Europe à prêter à l’Ukraine une somme de l'ordre de 20 milliards de dollars, car « l’attaque de la Russie contre l’Ukraine est indirectement une offensive contre l’UE et ses principes de gouvernance. (…) Les membres de l’UE sont des pays en guerre, et ils doivent commencer à agir comme tels, c'est-à-dire modifier leur engagement en faveur de l'austérité budgétaire, et reconnaître qu'il vaut mieux pour eux aider l’Ukraine à se défendre plutôt qu'espérer ne pas avoir à défendre l'UE eux-mêmes.
Une pétition visant à désigner George Soros comme terroriste
Les signataires, qui l'accusent de vouloir déstabiliser les Etats-Unis, demandent aussi la saisie de ses biens.
Une pétition lancée le 20 août sur le site officiel de la Maison Blanche visant George Soros fait le buzz sur internet. Plus de 70 000 personnes ont signé le texte demandant que le milliardaire soit classé comme terroriste après avoir «essayé de déstabiliser et commis des actes de sédition contre les Etats-Unis et leurs citoyens».
Pour signer la pétition, c'est ici.
«Soros a créé de multiples organisations dans le seul but [...] de détruire le gouvernement américain», ajoute l'auteur de la pétition.
Le ministère de la Justice américain est ainsi sollicité pour «déclarer George Soros ainsi que toutes ses organisations et leurs membres terroristes, et saisir tous ses fonds personnels et ceux de ses organisations».
Le premier amendement de la constitution américaine garantit le droit de pétition de ses citoyens. A l'heure d'internet, une plate-forme a été créée afin de faciliter la procédure de sollicitation du gouvernement. Si un texte recueille 100 000 signatures en 30 jours, la Maison Blanche s'engage à le soumettre aux experts politiques appropriés et à fournir une réponse officielle. La date butoir pour cette pétition est le 19 septembre.
Mais près d'une dizaine de pétitions qui ont atteint ce seuil attendent encore d'être étudiées par l'administration américaine, dont une demandant que le mouvement antifasciste soit classé comme organisation terroriste.
George Soros est régulièrement accusé de déstabiliser des gouvernements par le biais de ses ONG, dont la plus connue est l'Open Society. Récemment, le gouvernement israélien et le gouvernement hongrois se sont plaint des activités du milliardaire dans leurs pays.
TF121
