Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mercredi 20 juillet 2016

Trois militaires français tués en Libye lors d'une mission de renseignement




Le 19 juillet, des responsables militaires libyens proches du général Khalifa Haftar, cités par l’agence Associated Press, ont affirmé que deux commandos des forces spéciales françaises avaient été tués deux jours plus tôt dans la chute d’un hélicoptère touché par un missile sol-air SA-7 tiré par une milice islamiste implantée dans la région de Benghazi

Dans un premier temps, l’état-major français a refusé de commenter cette information. Puis, ce 20 juillet, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé le décès en « service commandé » non pas de deux mais de trois sous-officiers en Libye, sans toutefois préciser les circonstances dans lesquelles ces militaires ont perdu la vie.

Dans le communiqué, le ministre dit saluer « le courage et le dévouement de ces militaires engagés au service de la France qui accomplissent, tous les jours, des missions dangereuses contre le terrorisme. »

Peu avant, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait confirmé la présence des forces spéciales françaises en Libye, afin de lutter contre la branche libyenne de l’État islamique (EI ou Daesh) . Elles « sont là, bien sûr, pour aider et faire en sorte que la France soit présente partout pour lutter contre les terroristes », avait-il affirmé.

Lors d’un déplacement au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier (Dordogne), le président Hollande a évoqué l’action menée par la France en Libye.

« La Libye connaît également une instabilité dangereuse. C’est à quelques centaines de kilomètres seulement des côtes européennes. Et en ce moment-même, nous menons des opérations périlleuses de renseignement. Trois de nos soldats qui étaient justement dans ces opérations viennent de perdre la vie dans le cadre d’un accident d’hélicoptère. Je leur rends hommage aujourd’hui devant vous », a ainsi déclaré le chef de l’État.

La DGSE durement frappée

En fait, les éléments français présents sur place en Libye, qui appartiennent également au Commandement des opérations spéciales (COS), conduisent des missions variées. Celles-ci consistent essentiellement en du soutien et de la formation aux forces militaires libyennes fidèles au Premier ministre investi par les instances internationales, et soutenu par les grands pays occidentaux, Fayez el-Sarraj. Selon nos sources, la formation des troupes libyennes « peut aller jusqu'à de l'accompagnement » par les forces françaises, c'est-à-dire aux combats directs contre les islamistes. Mais celles-ci se trouvent en nombre très limité sur le sol libyen : pas plus de quelques dizaines de soldats. François Hollande a personnellement décidé l'envoi de ces forces clandestines de la DGSE en Libye et son état-major particulier dirigé par l'amiral Bernard Rogel en assure le suivi opérationnel.

Il faudra attendre quelque temps pour connaître les conditions précises de la mort de ces hommes, de même que leur affectation exacte. Selon toute vraisemblance, ils étaient membres du service Action, sans doute du Centre parachutiste d'instruction spécialisée (CPIS) basé à Perpignan. Cette même unité avait déjà perdu trois hommes en 2013 en Somalie, dont l'otage Denis Allex et deux de ses camarades venus pour le sauver. C'était jusqu'alors le plus lourd bilan dans une opération des services secrets français depuis la guerre d'Algérie.