Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

dimanche 17 juillet 2016

"Attentat" de Nice ou passage à l'acte d'un déséquilibré ? La revendication de Daesh


Un fou selon les faits actuels, 
un terroriste pour les médias et les politiques



Il aura fallu 36 heures pour que Daech, via son agence Amaq revendique "l'attentat" de Nice


"un soldat" ayant répondu "favorablement à l'appel". "«L'auteur de l'opération (...) menée à Nice en France est un soldat de l'Etat islamique. Il a exécuté l'opération en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition qui combat l'EI»"


Jusqu'ici, l'EI a toujours fait la distinction entre «soldat» et «sympathisant», entre «revendication» et communiqué de «félicitations». Ici, «le message est un peu contradictoire», car si la revendication présente le tueur de Nice comme un «soldat», laissant présager une forme d'allégeance à l'EI, l'organisation précise plus vaguement qu'il a agi «en réponse aux appels» de l'EI. En 2014, le porte-parole officiel de l'organisation Abou Mohammed Al-Adnani encourageait à utiliser n'importe quelle arme disponible, notamment les «voitures», pour tuer.

«La revendication est vague et ne permet pas de savoir si l'attentat a été commandité ou seulement inspiré des appels à frapper la France, lancés par l'EI», remarque aussi Yves Trotignon, ancien analyste du service antiterroriste de la DGSE. L'organisation n'est «pas forcément commanditaire» des attentats qu'elle revendique.

«Quand une revendication intervient, dans la plupart des cas, le communiqué est suivi d'éléments de preuve, des photographies ou vidéos permettant d'accréditer un lien entre le terroriste et l'organisation». Dans le cas de Nice; il n'y a rien.

La tentation est grande de considérer que Daech fait de la récupération, que ce n'est pas vraiment l'organisation jihadiste qui est derrière ce massacre et que ce communiqué s'inscrit dans une logique opportuniste.

"L’EI n'a jusqu'à présent encore jamais fait une revendication opportuniste"

À tire d'exemple, l'organisation jihadiste n'a jamais revendiqué le crash de l'avion EgyptAir, alors qu'elle en aurait tiré un bénéfice énorme en termes d'impact sur les opinions publiques occidentales.

Autre exemple, lorsqu'un attentat est commis par proximité idéologique avec Daech, l'organisation se contente de "saluer" l'action mais pas de la revendiquer, même si elle peut qualifier ses auteurs de "soldats du califat", comme on a pu le voir pour la tuerie de San Bernardino. Dans le cas de Nice, il s'agit bien d'une attaque en bonne et due forme, diffusée via Amaq et en plusieurs langues. Ce qui montre qu'il y a bien un lien (si ténu soit-il) entre Mohamed Lahouaiej Bouhlel et Raqqa. "Il y a sûrement des liens et s’ils revendiquent, ça veut dire qu’ils ont des preuves de ces liens et qu’ils vont les feuilletonner" martèle le spécialiste David Thomson. "Daech n'organise pas, Daech insuffle un esprit terroriste contre lequel nous combattons", précise le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.


Aucune preuve d'allégeance retrouvée par les enquêteurs pour l'instant

Pour l'heure, les enquêteurs n'ont pas trouvé la moindre trace d'une allégeance de l'intéressé envers l'EI (Daesh). "Il semble" que l'auteur de l'attentat de Nice se soit "radicalisé très rapidement", a déclaré samedi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, évoquant "un attentat d'un type nouveau" qui "montre l'extrême difficulté de la lutte antiterroriste".

Au stade actuel des choses, rien ne permet de dire qu’il s’agit d’un acte terroriste islamiste.

TF121