Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

samedi 9 février 2013

20 ans de prison pour un officier canadien espion russe


L’enseigne de vaisseau de deuxième classe Jeffrey Paul Delisle, âgé de 41 ans, appartenait à l’armée canadienne.

Depuis 2007, il était en poste dans un centre canadien de communication et de renseignement à Halifax en Ecosse. Une base qui bénéficie de l’appui de bâtiments de la marine royale canadienne pour écouter et surveiller le nord de l’Atlantique. Autrement dit, la Russie faisait partie de ses principaux dossiers de travail.

Parmi les nombreuses faiblesses du personnage résidaient des difficultés financières auxquelles il faisait régulièrement face. Il était divorcé depuis 2010 et son profil psychologique était considéré comme fragile. Sa hiérarchie limitait donc les responsabilités qui lui étaient confiées. Sa fonction l’autorisait tout de même à avoir accès à des données militaires secrètes. De fait,  Jeffrey Paul Delisle constituait une cible idéale à retourner pour les services russes souhaitant en savoir plus sur les activités de renseignement de pays de l’OTAN. L’argent constituait l’appât le plus attrayant pour la victime des services russes.

Le couperet tombe le 14 janvier 2012 lors de son arrestation par le contre-espionnage canadien qui a relevé la supercherie grâce à une information d’un pays allié, sans savoir lequel. Il était notamment accusé d’avoir transmis des informations confidentielles de la plus haute importance à la Russie. Détenu au centre correctionnel d’Halifax en Nouvelle-Ecosse, il a été condamné aujourd’hui à vingt ans de prison et s’est vu infliger également une amende de 111 187 dollars, le montant de ses rétributions reçues de la Russie.

Pendant toutes ces années,  Jeffrey Paul Delisle a fourni des renseignements sur les activités d’espionnages et d’écoute du Canada, de l’Australie (ASIS), des Etats-Unis (NSA) et de la Grande-Bretagne (GCHQ). Il copiait les données sur un disque dur miniature envoyé une fois par mois en Russie. Il s’agit de la plus lourde condamnation en matière d’espionnage pour le Canada.