Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

jeudi 19 janvier 2012

Un détachement de l'armée assure désormais la protection de l'ambassade de Suisse à Tripoli

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Le Conseil fédéral a confirmé mercredi l'engagement de militaires d'élite à la place des mercenaires de l'entreprise Aegis. Le Parlement devra donner son aval rétroactif.

Le détachement est composé de membres du commandement des forces spéciales de l'armée, soit le détachement de reconnaissance de l'armée 10 (DRA 10) et le détachement spécial de la police militaire (S spéc PM). Il sera opérationnel ces prochains jours, a-t-on appris auprès du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Pour des «raisons de sécurité», les services de Didier Burkhalter refusent de préciser combien de militaires se rendront en Libye. En décembre, le Département de la défense citait le chiffre de vingt soldats au maximum.

Le détachement sera équipé d'armes légères, qui ne pourront être utilisées «qu'en dernier recours et de façon proportionnelle, pour la légitime défense et l'état de nécessité de la représentation et de son personnel».

Un an au plus

L'engagement, placé sous la responsabilité du DFAE, est prévu pour une phase de six mois. Cela correspond à la période prévue pour l'organisation des premières élections nationales libyennes. Au gré de l'évolution de la situation, le Conseil fédéral pourra le prolonger pour six mois de plus «au maximum».

Les soldats suisses ont notamment la tâche de protéger le personnel de l'ambassade et le bâtiment. Ils doivent également conseiller la mission dans l'optimisation des mesures de protection.

La situation s'est stabilisée depuis la fin des combats entre rebelles et loyalistes. Dans la zone où se trouve l'ambassade de Suisse, elle est considérée comme étant relativement tranquille. Mais les représentations étrangères doivent faire face à des risques liés aux tensions et aux conflits entre les milices ainsi qu'à la présence d'un nombre important d'armes au sein de la population, selon le DFAE.

100'000 francs par mois

Le transfert de la protection de l'ambassade aux troupes d'élites de l'armée permettra d'économiser des moyens, selon le DFAE. Les coûts, 600'000 francs pour six mois, seront financés par les Affaires étrangères.

Lors de la réouverture de l'ambassade à Tripoli, à mi-octobre, la Suisse avait fait appel à l'entreprise de sécurité privée Aegis, déjà présente sur place. Cet engagement avait été fortement critiqué, notamment par la commission de politique de sécurité du Conseil des Etats.

Le Parlement se prononcera en mars. La loi prévoit l'approbation, même rétroactive, des Chambres fédérales lorsque la durée d'un engagement militaire à l'étranger dépasse trois semaines.

ATS