Le mandat d'Atalante, l'opération de l'Union européenne contre la piraterie dans la Corne de l'Afrique, pourrait "évoluer" dans les prochaines semaines. Depuis le 20 décembre, la question est sur l'agenda du Comité politique et de sécurité (Cops), la plus haute instance de l'UE sur les affaires de défense. L'idée est de pouvoir intervenir "sur le rivage" et non plus seulement en mer ; en clair de pouvoir frapper les bases logistiques des pirates sur les cotes somaliennes.
Tout le monde s'accorde sur le fait qu'Atalante ne permet pas d'éradiquer la piraterie, à peine de la contenir. Quatre bateaux et trois avions de patrouille maritime montrent le pavillon de l'UE dans cette zone. Ils font partie d'un ensemble plus vaste, de 20 à 30 bâtiments de toute nationalités. Et la piraterie continue.
Mais tous les observateurs le savent : la solution de la piraterie est à terre. Mais la France plaide pour une approche globale - qui ne consiste pas seulement "à taper trois dépôts" de pirate, comme le dit un proche du dossier. Même s'il faudra peut-être en passer par là.
(On lira en complément le dossier que le magazine Raids consacre dans son dernier numéro à la Guerre secrète dans la corne de l'Afrique.)
Jean-Dominique Merchet
Secret Défense