Dans le court laps de temps entre la capture du leader déchu et sa mort, Mohammed Saba a eu la chance de parler à Kadhafi au sujet de sa ville natale de Misrata et de ce qu'il avait fait pour le pays. M. Saba a parlé à «BBC News» de la peur du chef d'Etat au cours de leur conversation et de sa propre frustration sur la mort de l'ancien leader.
«Au début, je pensais que c’était quelqu'un d'autre. Qu'il ressemblait à Kadhafi», dit Mohammed. Mais très vite, il a eu la certitude qu'il était debout, en face de l'ancien dictateur lybien.
«Qu'ai-je fait pour vous? Qu'est-ce que j'ai fait pour le peuple de Misrata?»
Apparemment, Kadhafi a cru à tort qu'il était ici pour être avec des combattants loyaliste de Misrata. Il dit: «Qu'ai-je fait pour vous? Qu'est-ce que j'ai fait pour le peuple de Misrata?». Ma réponse a été que beaucoup de gens ont été tués et de nombreuses maisons détruites.
Selon Saba, il parlait très doucement et priait pour sa vie: «Il a dit, "ne me tue pas! Ne me frappe pas!". On pouvait voir la peur sur lui. J'ai dû rire quand j'ai vu combien il était effrayé.»
«Les circonstances de la mort Kadhafi restent floues»
L'homme qui avait dirigé ce pays d'Afrique du Nord pendant 40 ans avec une main de fer, pouvait à peine se tenir, selon Saba. «Kadhafi a exhorté les hommes à prendre soin de lui.»
Les circonstances de la mort du leader lybien restent cependant floues pour le témoin: «Il y avait tant de gens là-bas» dit-il, «Je ne sais pas comment il est mort. J'ai été surpris quand j'ai entendu qu'il est mort. Je ne voulais pas ça!»
Kadhafi est décédé en Octobre 2011 peu après son arrestation par les rebelles libyens. Apparemment, il a été lynché puis on lui a tiré dans la tête. On ignore encore qui a tiré le coup fatal. Aucune des nombreuses rumeurs n’ont pu être confirmées jusqu'ici.
La gangrène menace Seif al-Islam s'il n'est pas soigné
Seif al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen arrêté le 19 novembre dans le sud du pays, pourrait développer une gangrène si ses blessures ne sont pas soignées, a déclaré lundi à l'AFP le médecin ukrainien qui l'a examiné.
«Ses blessures sont graves mais quand je les ai vues, elles n'étaient pas gangrenées. Elles peuvent le devenir si elles ne sont pas soignées», a déclaré le Dr Andreï Mourakhovsky, qui a fait un pansement à la main droite du prisonnier au lendemain de son arrestation.
Une semaine après cette première visite, le Dr Mourakhovsky a exprimé son inquiétude: «J'avais été appelé par le conseil militaire. J'ai nettoyé la blessure et j'ai fait un pansement. Maintenant, il faut refaire un nouveau pansement. Le chef du conseil militaire a dit qu'il allait m'appeler mais ils ne l'ont toujours pas fait».
Seif al-Islam Kadhafi a raconté avoir été blessé à la main droite dans une attaque de l'Otan un mois avant son arrestation, a précisé le médecin. L'index et le pouce ont «des os fracturés et des tissus» endommagés, et devront être amputés de leur partie supérieure. Le majeur est moins gravement touché.
lgü