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lundi 14 janvier 2019

La Suisse a reçu du FBI, 9'000 annonces de cas de pédopornographie en 2018


Le FBI a signalé l'an dernier à la Suisse environ 9000 cas présumés de pédopornographie, un record. Après analyse, l'Office fédéral de la police (fedpol) en a transmis moins de 10% aux autorités cantonales concernées.

En 2018, la Suisse a reçu du service fédéral de police américain FBI environ 9000 annonces de cas potentiels de pédopornographie sur internet, a indiqué dimanche à Keystone-ATS Cathy Maret, cheffe de la communication de fedpol, confirmant une information de la NZZ am Sonntag.

Il s'agit de personnes vivant en Suisse soupçonnées d'avoir téléchargé de la pornographie infantile sur ou depuis leur ordinateur via des fournisseurs d'accès internet américains.

«La consommation sur internet augmente»

La Suisse reçoit depuis 2014 les annonces des providers américains qui sont obligés de dénoncer aux autorités les cas présumés de pédopornographie. Cette année-là, le FBI avait transmis 484 annonces à la Suisse, une année plus tard plus de 2000. Ce chiffre n'a cessé de croître pour s'établir à 5404 en 2017 puis 9000 en 2018.

«Cette hausse ne veut pas nécessairement dire qu'il y a de plus en plus de pédocriminels, précise Cathy Maret. Les spécialistes pensent que le nombre de pédocriminels dans la population est plus ou moins stable. C'est la consommation sur internet qui augmente». De plus, les providers annoncent davantage de cas au FBI.

Les filtres qu'ils utilisent sont larges et entraînent «beaucoup de déchets», poursuit Cathy Maret. Et d'expliquer que sur les quelque 9000 annonces reçues l'an passé, fedpol en a transmis après analyse moins de 10% aux autorités cantonales compétentes.

Fedpol transmet également des annonces aux cantons sur la base de ses propres recherches. Pour ce faire, elle utilise des enquêtes sous couverture, mais aussi le logiciel P2PScan développé par Action Innocence. Ce logiciel permet de scanner les réseaux peer to peer afin d'identifier les utilisateurs qui téléchargent et partagent des contenus à caractère pédosexuel, explique fedpol sur son site.

Fedpol ne dispose pas encore de statistique finalisée sur le nombre d'annonces transmises en 2018, indique Mme Maret. En 2017, l'instance fédérale en a fait parvenir 150 aux cantons, 149 un an plus tôt. La majorité des annonces relayées par fedpol concerne toutefois l'étranger: 847 cas en 2017, 599 en 2016.

Des images diffusées via un serveur de la Confédération

L'Office fédéral de la police (Fedpol) a reçu en avril dernier un signalement du FBI concernant un cas présumé de pédopornographie. L'enquête des autorités suisses a révélé qu'une personne avait téléchargé des photos montrant des enfants nus et des actes d'ordre sexuel avec des enfants sur un serveur de l'Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication, écrit ce lundi le «Tages-Anzeiger». Le suspect est un employé du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) en Italie, révèlent le quotidien alémanique et «24 heures» dans leur édition de lundi.

Plus de huit mois plus tard, le dossier en est quasiment au même stade. En cause: de longs débats entre les enquêteurs de la Confédération et ceux du canton de Berne pour savoir qui doit se charger de l'affaire. Le Tribunal pénal fédéral (TPF) a finalement décidé le 4 décembre dernier d'attribuer le cas aux autorités cantonales bernoises.

Toujours en fonction

Or, malgré cette décision en justice, aucune procédure pénale n'a encore été engagée à ce jour. Les autorités de poursuite pénale du canton de Berne se disputent en effet désormais pour savoir lequel de ses services se chargera du dossier.

Selon plusieurs sources émanant du DFAE, l'employé soupçonné occupe actuellement toujours son poste. On ignore s'il sait qu'il est dans le viseur de la justice. À l'heure actuelle, rappelle le «Tages-Anzeiger», il est nécessaire de respecter la présomption d'innocence.

Contacté par le «Tages-Anzeiger» et par «24 heures», Tilman Renz, port-parole du DFAE, affirme: «Le DFAE a été informé d’un cas présumé pouvant correspondre à l’affaire jugée par le TPF. Cependant, le DFAE ne sait pas s’il s’agit bien du cas en question, car il n’est pas informé de cette affaire.» Si une procédure pénale devait bel et bien être engagée sur des soupçons fondés, le DFAE promet qu'il prendrait des mesures en conséquence. Il dit ne tolérer aucun comportement criminel de la part de ses employé

ATS