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vendredi 13 avril 2018

Pourquoi le Japon est-il si efficace dans sa lutte contre les homicides?


Sans doute parce qu'il contrôle strictement la vente d'armes depuis trois siècles nous apprend Libération.

Pour posséder une arme, il faut passer par treize étapes telles que présenter un casier judiciaire vierge ou obtenir un certificat médical avec évaluation psychologique et dépistage de drogues ou encore séparer l'arme de ses munitions. Seuls les fusils de chasse et les carabines à air comprimé sont commercialisés aujourd'hui, sous conditions bien sûr. L'Université de Sydney publie des chiffres révélateurs: on compte 0,6 armes à feu pour 100 habitants au Japon contre 101,5 aux Etats-Unis.

8 personnes tuées en 2015

En 2015, 8 personnes ont été tuées par armes à feu sur l'archipel asiatique. Un peu plus de trois fois plus en 2016 en raison de règlements de comptes entre yakuzas. Encore une fois la comparaison est frappante avec les Etats-Unis qui comptent 14'415 homicides par balle en 2016 pour 325 millions d'habitants (le Japon en compte un peu plus de 125 millions). Les raisons de cette culture du «zéro arme» est liée à l'histoire. Cela fait trois siècles que les autorités du pays leur font la chasse. Chikao Uranaka, sociologue spécialiste de la police, interrogé par Libération explique que «la première campagne de grande ampleur remonte à 1588, quand le seigneur de guerre Hideyoshi Toyotomi, dans un effort d'unification du pays, a choisi de désarmer les paysans, qui étaient à l'origine de nombreuses révoltes.»

Désarmer pour unifier

Les samouraïs eux-mêmes se détournent du fusil pour privilégier le sabre. Plusieurs campagnes de désarmement vont ensuite se succéder. En 1876 après la guerre de Boshin, qui avait permis le retour des armes dans la population, le Japon décide d'interdire leur possession. Puis en 1945, après la capitulation du pays lors de la deuxième guerre, les Américains procèdent à une confiscation des armes à feu, ainsi que les sabres ou les katanas. En 1958, aucune personne ne doit posséder d'armes à feu ou de sabre sans autorisation, ce qui explique, depuis ce jour, la rareté des tueries au pays du soleil levant.