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vendredi 24 novembre 2017

Le déserteur nord-coréen retrouvé avec une «quantité énorme» de parasites


Blessé alors qu'il franchissait la frontière, un soldat a été soigné dans un hôpital de Corée du Sud où les médecins ont dû traiter une maladie parasitaire importante. En 2015, des chercheurs avaient estimé le mauvais état de santé des Nord-Coréens à partir de l'examen de plusieurs transfuges.

C'est un drame qui en dit long sur les conditions de vie et la santé des Nord-Coréens. Lundi, un déserteur de l'armée nord-coréenne a traversé la zone démilitarisée dans le secteur de Panmunjom pour rejoindre la Corée du Sud. Blessé par des tirs des soldats nord-coréens, le déserteur parvient tout de même à traverser la frontière et à s'abriter près d'un bâtiment avant d'être récupéré par trois militaires sud-coréens.

L'homme est alors soigné par les médecins qui découvrent dans ses intestins une «quantité énorme» de vers, rapporte la BBC . Le plus long mesure 27 cm. «Je n'ai jamais rien vu de tel en vingt ans de carrière en tant que médecin» a déclaré à la presse Lee Cook-Jong, le médecin sud-coréen qui a pris en charge le blessé, dont l'état est aujourd'hui stabilisé.

«La Corée du Nord est un pays très pauvre et, comme tous les pays pauvres, a de nombreux problèmes de santé», explique à la BBC le professeur Andrei Lankov de l'université Kookmin, à Séoul. «Les docteurs sont très peu formés et travaillent avec des équipements obsolètes.»
Des indices sur l'état de santé des Nord-Coréens

En 2015, des chercheurs sud-coréens ont étudié les dossiers médicaux de transfuges nord-coréens. Ils ont constaté des taux élevés d'hépatite B, d'hépatite C et de tuberculose. Ils ont également observé un nombre important de maladies parasitaires.

Ces parasites sont transmis à l'homme par de la nourriture contaminée, par des morsures ou piqûres d'animaux ou d'insectes. Ils peuvent également passer directement par la peau.

Dans le cas de ce soldat, les médecins privilégient la première hypothèse. Selon la BBC, la Corée du Nord utilise encore des excréments humains comme engrais. Si ces excréments ne sont pas traités et sont utilisés sur des légumes destinés à être consommés crus, les parasites peuvent alors pénétrer les organismes.

L'équipe médicale a également indiqué à Reuters qu'elle avait retrouvé du maïs dans l'estomac du blessé. Le maïs importé de Chine fait partie du régime de base des Nord-Coréens. C'est la seule solution apportée par le Pyongyang à la famine qui frappe le pays depuis les années 1990.
D'après l'ONU, 18 millions de Nord-Coréens,70% de la population, manquent de nourriture.

Les gardes remplacés après la spectaculaire évasion de leur collègue

La défection de Oh, un militaire du pays de Kim Jong-un de 24 ans hospitalisé en Corée du Sud après avoir été blessé par balles lors de sa fuite éperdue le 13 novembre, a poussé Pyongyang à remplacer les gardes à cet endroit de sa frontière. Cette spectaculaire évasion coûte leur place à plusieurs dizaines de gardes nord-coréens, selon la presse du sud.

"Nous avons repéré des signes selon lesquels tous les gardes nord-coréens postés dans la zone commune de sécurité (JSA) ont été remplacés immédiatement après la défection", rapporte le quotidien Chosun Ilbo, qui cite des sources gouvernementales. 

Selon le journal, en temps normal, entre 35 et 40 Nord-Coréens sont postés dans la JSA, à Panmunjom, seul secteur de la Zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corées où les deux armées rivales se font face. "Ils vont probablement être tenus pour responsables de ne pas avoir été capables d'empêcher la défection", poursuit le quotidien.

La Corée du Nord fortifie la zone

Il est très rare que des militaires nord-coréens passent au Sud par la JSA, qui est une attraction touristique majeure pour les étrangers visitant la Corée du Sud. Mais comme tous les lundis, aucune visite guidée n'avait lieu le 13 novembre.

Les images de caméras de vidéosurveillance de cette défection, rendues publiques mercredi, montraient d'abord la jeep conduite par le soldat roulant à vive allure sur une route totalement déserte menant depuis le côté Nord au village frontalier de Panmunjom, avant de s'immobiliser tout près de la ligne de démarcation. On voyait ensuite le militaire sortir du véhicule et se lancer dans une course folle vers le Sud, poursuivi par plusieurs soldats nord-coréens lui tirant dessus.

La plupart des Nord-Coréens s'étaient arrêtés avant de franchir la démarcation, mais l'un d'eux l'a brièvement traversée, dans ce que le Commandement des Nations unies en Corée (UNC) a décrit mercredi comme une violation de l'accord d'armistice de 1953.


Probablement pour empêcher de futures défections, l'armée nord-coréenne a commencé à fortifier la zone par laquelle Oh est passé. Un cliché posté sur Twitter par l'ambassadeur par intérim des Etats-Unis en Corée du Sud, Marc Knapper, montre six ouvriers creusant une profonde tranchée du côté nord-coréen de la ligne de démarcation sous le regard de trois militaires. La Corée du Nord aurait par ailleurs fermé un pont menant à Panmunjom que le militaire avait franchi en jeep sans être arrêté, a affirmé une source militaire sud-coréenne citée par le Chosun Ilbo.