Les premiers des 120 CAESAR aujourd’hui en Ukraine ont été déployés en juin 2022. Il est donc permis, avec trois ans de recul, d’émettre quelques réflexions sur la performance du système. L’analyse proposée porte sur la capacité de la pièce à survivre sur le champ de bataille d’aujourd’hui et donc principalement sur l’architecture système.
Dans les années précédant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, de nombreux observateurs estimaient que, pour un conflit de haute intensité, seuls les canons blindés chenillés, ou au moins tourellés, seraient adaptés. Peut-être influencés par les nombreuses opérations de contre – insurrection auxquelles le CAESAR avait participé avec succès, ils pensaient que ce type de canon était limité à ce type de conflit. Or l’Ukraine contredit ces préconceptions : mi‑2024 le taux de destruction du CAESAR s’élevait à 11 % contre 33 % pour les blindés chenillés (1) et certains autoportés tourellés à roues (2).
Des hypothèses ont été émises pour faire coïncider la réalité avec les préjugés, telles que « les blindés chenillés sont engagés plus près de l’ennemi », mais nos contacts réguliers avec les artilleurs ukrainiens ont invalidé ces assertions et il se trouve même que la 148e brigade d’artillerie, qui met en œuvre les deux versions du CAESAR, est la première sur quinze au classement des unités d’artillerie ukrainiennes équipées de 155 mm dans la mission de contre – batterie en 2025 (3). Nous estimons que la raison principale de la performance du CAESAR dans un contexte de haute intensité, et en particulier d’une pratique de la contre – batterie entièrement nouvelle, réside dans son architecture.
Une contre-batterie entièrement transformée
Pendant la guerre froide, la détection des pièces d’artillerie dépendait presque entièrement des radars de trajectographie. L’observation aérienne était inenvisageable à cause de la densité des défenses sol-air des deux côtés. Dès lors, pour augmenter les chances de survie d’une pièce d’artillerie, chaque seconde gagnée à la sortie de batterie était essentielle. Les coordonnées fournies par ces radars étant à l’époque relativement imprécises, les tirs de contre – batterie devraient couvrir une large zone avec un volume important d’obus. Un coup au but était une rareté, il était beaucoup plus probable qu’une pièce d’artillerie autoportée soit atteinte par des éclats : il était donc important qu’elle soit blindée. Dans ce contexte, le tir sous protection était logiquement considéré comme essentiel. L’automatisation s’inscrit dans ce cadre et vise à accélérer les opérations.
Trois décennies de contre – insurrection ont suivi, pendant lesquelles les futurs conflits de haute intensité étaient imaginés selon ces principes. Nous avons donc assisté, en particulier dans la dernière décennie, et y compris depuis 2022, à l’accroissement important de la taille d’une majorité des nouvelles pièces d’artillerie. Le critère de la rapidité de sortie de batterie était quasi devenu le critère de sauvegarde unique, au mépris de la discrétion et du camouflage.
La guerre de haute intensité est réapparue en Europe en 2022, mais, depuis le début du conflit, la contre – batterie s’est révélée entièrement différente de ce qui avait été imaginé et qui avait présidé à la conception des canons les plus récents. En particulier, 90 % des pièces d’artillerie sont aujourd’hui détectées par des drones et, dans 75 % des cas, sont détruites par des Munitions téléopérées (MTO). Les paramètres relatifs à la sauvegarde des pièces sont donc radicalement transformés. Pourtant, nombre d’idées antérieures subsistent, en partie à cause de l’usage du terme de contre-batterie qui sous – entend que la possibilité de frapper l’artillerie adverse ne peut que succéder au tir de celle‑ci (4).
Les principales caractéristiques des pièces d’artillerie pour survivre sur le champ de bataille d’aujourd’hui
Paramètres de sauvegarde dans la zone de déploiement des canons
Le moyen de frappe prédominant contre les pièces d’artillerie est les MTO. La notion de précision qui s’applique à ces munitions dépasse celle que l’on conçoit pour les munitions d’artillerie ou aériennes : elles permettent de frapper une partie très précise du système d’arme. Nous sommes entrés dans l’ère de l’ultraprécision. Les MTO FPV (First person view) sont des drones quadricoptères capables de voler à basse vitesse. Ils peuvent viser une partie aussi étroite que le tube ou la culasse (5), ou entrer dans le véhicule. Les munitions rapides, telles que le Lancet, doivent viser une partie plus volumineuse du véhicule, telle que la cabine ou la tourelle. Toutes ces munitions peuvent aisément frapper des véhicules en mouvement. C’est parce qu’obus ou roquettes étaient incapables de poursuivre un objectif mobile qu’il était autrefois essentiel de frapper une pièce aussi vite que possible après l’avoir localisée.
Frapper un objectif avec une MTO offre beaucoup plus d’options, mais leur capacité d’emport en explosif est réduite : la majorité des Lancet n’en contiennent que 3 kg (6). Leur rôle est donc le plus souvent de chercher à provoquer une explosion des munitions transportées par la pièce d’artillerie. Or, au sein d’une force terrestre, peu de véhicules transportent autant d’explosif et de poudre qu’une pièce d’artillerie. Lorsque les munitions transportées détonent, l’explosion est catastrophique ; lorsque seuls les 3 kg de la MTO explosent, les dégâts sont le plus souvent réparables.
Le premier facteur différenciant les pièces d’artillerie est donc désormais leur capacité à se déplacer sans munitions et à pouvoir tirer des munitions prédéployées sur une position de tir par un autre vecteur (7). Certaines pièces – comme le M‑109 ou le CAESAR – sont en mesure de le faire grâce à leur architecture et au nombre de personnels qui les servent, alors que d’autres ne le peuvent pas, comme la plupart des canons automatisés, où l’introduction des munitions dans les systèmes de chargement se fait une par une. Une pièce d’artillerie qui transporte ses munitions et leurs charges est une bombe roulante dont le détonateur est une MTO (8). Si elle transporte 40 obus explosifs, cela représente 320 kg d’explosif et 840 kg de charges propulsives (9), soit près de 400 fois plus de matière active qu’une MTO contenant 3 kg d’explosif.
Le moyen de détection et de localisation des pièces d’artillerie prédominant étant le drone, nous sommes désormais dans l’ère de la transparence du champ de bataille. Ils peuvent être orientés par les radars de trajectographie ou par les capteurs acoustiques après un tir, mais eux seuls sont capables de détecter un canon à tout moment, sans qu’il ait eu à tirer. Ces pièces peuvent certes être détectées par un drone alors qu’elles sont sur la position de tir : la rapidité de sortie de batterie reste donc importante, car elle permet d’empêcher que l’ennemi ait de temps de riposter avec son artillerie. Mais toute pièce qui quitte la position de tir en moins d’une minute après le dernier coup échappe à un tir de contre – batterie classique, si le tir a duré une minute (10).
La fumée des tirs attire souvent l’attention des drones, ce qui fait dire à certains artilleurs qu’il est encore nécessaire de quitter la position de tir aussi rapidement que possible. Mais aujourd’hui, plus que les quelques secondes gagnées à la sortie de batterie, le facteur le plus important est que le canon quitte la position de tir sans aucune munition ni charge à bord.
Puisque le drone peut détecter une pièce à tout moment, d’autres phases de la manœuvre de l’artillerie rendent désormais les canons plus vulnérables : le réapprovisionnement en munitions et en carburant. Certaines pièces d’artillerie mettent jusqu’à 40 minutes pour se réapprovisionner en munitions manuellement ou avec un ravitailleur automatisé. S’il est décidé qu’un CAESAR 6 × 6 emporte ses munitions, il ne faudra qu’une minute à son équipe de pièce pour le réapprovisionner. Cette différence est due au fait que les canons automatisés ne disposent que d’une alvéole de chargement permettant le chargement d’un obus à la fois, alors qu’il est possible de réapprovisionner plusieurs obus en même temps sur les systèmes à casiers latéraux, en fonction du nombre de personnels.
De plus, certaines pièces d’artillerie ne peuvent se réapprovisionner sans la présence immédiate d’un véhicule de réapprovisionnement spécialisé (11), à cause par exemple du positionnement élevé de l’alvéole à munitions. La présence d’un tel véhicule, qui transporte en général une centaine de munitions, soit environ 3 t de matière active (12), représente un risque considérable pendant un délai suffisant pour permettre de déclencher des frappes d’artillerie. L’architecture de certaines pièces d’artillerie permettrait de charger des obus et charges disposés à terre, mais leur faible effectif – parce qu’automatisées – impose la présence d’un véhicule de munitions, souvent automatisé.
De nombreuses vidéos prises en Ukraine montrent des pièces détruites pendant le réapprovisionnement en munitions, à proximité de leur ravitailleur. Il en existe également un grand nombre montrant une pièce d’artillerie ou un char détruits à proximité d’une citerne à carburant pendant un ravitaillement. Certaines pièces blindées chenillées mettent plus de 15 minutes à se réapprovisionner en carburant, ce qui est long près d’une citerne contenant 5 000 à 10 000 l (13). Deux larges véhicules côte à côte nécessitent de l’espace et sont plus facilement détectables.
Depuis la motorisation des forces armées, les phases de réapprovisionnement en carburant ont toujours été particulièrement vulnérables et, de ce fait, recherchées par l’adversaire. Un autre héritage de la guerre froide conduit certains à souhaiter un système permettant à l’équipe de pièce de « tirer sous protection », mais il n’est pas logique de chercher à être protégé pendant une phase de tir qui ne dure que deux minutes et demie et d’accepter que l’équipe soit dehors pendant 10, voire 40 minutes à la vue des drones lors des réapprovisionnements. À cause de la vulnérabilité des pièces à ce moment-là, il est nécessaire d’effectuer ces opérations de plus en plus loin de la ligne des contacts, là où les MTO ont un temps de survol réduit. Ces pièces d’artillerie sont donc beaucoup moins disponibles pour effectuer des missions de tir, à cause du temps de réapprovisionnement et surtout, parce qu’elles sont trop éloignées de la ligne de front.
Paramètres de sauvegarde par rapport à la disponibilité des axes logistiques
Désormais, drones, MTO, artillerie de longue portée, munitions guidées, bombes planantes, mines déposables par roquettes ou drones font peser une menace quasi permanente sur les axes logistiques (14) dans la profondeur. Alors qu’autrefois un véhicule avait des chances raisonnables de survie à partir de quelques kilomètres de la zone des contacts, il peut désormais être atteint avec précision et à faible coût. Tout véhicule, et pas seulement les systèmes d’armes, est donc une cible potentielle. L’infrastructure qui ne risquait que des frappes surfaciques à peu de distance et au succès aléatoire risque désormais des frappes précises, destructrices, lointaines et parfois à faible coût. Les flux logistiques ne sont plus garantis et le conflit actuel montre qu’ils sont une cible majeure.
Pour la capacité artillerie, indépendamment des autres fonctions opérationnelles, il est clair que la protection dépend désormais plus des moyens antidrones que de l’épaisseur de blindage. Une artillerie fortement blindée dépend de flux logistiques très volumineux et est donc plus vulnérable face à cette nouvelle menace.
La logistique en carburant est devenue un objectif prioritaire. Les dépôts très loin du front, tout comme les citernes, sont des objectifs faciles à détruire. Le CAESAR 6 × 6 est le 155 mm 52 Cal. autoporté le plus léger au monde et, dans ses deux versions, figure parmi les autoportés qui consomment le moins de carburant. Un blindé chenillé consomme sept fois plus que le CAESAR et, s’il est tributaire d’un véhicule de ravitaillement en munitions blindé, l’ensemble consomme 14 fois plus de carburant, ce qui nécessite des moyens logistiques décuplés, en véhicules et en personnels. Une pièce d’artillerie sans carburant ne peut pas se déplacer et ne peut donc pas tirer.
La logistique des munitions d’artillerie est également un objectif prioritaire. La première conséquence de l’omniprésence des drones et des MTO est que l’attrition des munitions est beaucoup plus importante que dans les conflits précédents. Il est donc nécessaire de constituer des stocks plus volumineux qu’autrefois, ce qui pèse sur les budgets d’acquisition. De plus, tout véhicule qui manifestement transporte des munitions d’artillerie est ciblé, et tout particulièrement les véhicules de ravitaillement spécialisés, leur silhouette étant le plus souvent caractéristique. Pour cette raison, les munitions sont actuellement transportées par les deux adversaires dans des véhicules banalisés et en très faible quantité afin de ne pas risquer une perte volumineuse.
Enfin, la disponibilité opérationnelle devient un paramètre de survivabilité. Le taux de disponibilité opérationnelle des canons fortement automatisés est deux fois inférieur à celui de canons qui ne le sont pas, comme le CAESAR ou l’AS90. Ils doivent donc être réparés plus fréquemment et, pour ce faire, être transportés vers l’arrière, parfois sur porte – chars, via des axes logistiques sous surveillance quasi permanente de l’ennemi. À l’été 2024, des unités de maintenance ukrainiennes interdisaient l’évacuation de véhicules avant minuit et après quatre heures du matin. Devoir attendre de longues heures pour les évacuer réduit encore la déjà faible disponibilité de matériels trop fragiles.
Plus globalement
L’omniprésence des drones a un pouvoir dissuasif qui impacte fortement la manœuvre de l’artillerie. Dans un secteur où la présence d’un drone ennemi a été détectée, il est essentiel qu’une pièce d’artillerie reste silencieuse. Une partie de la mission de contre-batterie est donc réalisée puisque son but est d’empêcher l’artillerie ennemie de tirer. Cela rappelle le pouvoir dissuasif des avions de patrouille maritime alliés envers les sous – marins allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale (15). À l’arrivée d’un avion, le sous – marin plongeait, réduisant ainsi sa vitesse. Il ne pouvait plus suivre le convoi. Il n’était pas forcément nécessaire de le détruire pour l’empêcher de nuire.
Le drone est plus dissuasif que la MTO, puisqu’il permet de déclencher soit une frappe de MTO, soit une frappe d’artillerie, avec par exemple des obus guidés par laser contre une position enterrée dans laquelle se trouve une pièce d’artillerie. Seul un nombre important de pièces permet de disposer de multiples solutions de tir. Un nombre réduit de pièces (à cause de leur coût d’acquisition élevé) contraindra de choisir entre ne pas exécuter la mission ou risquer la destruction de certaines d’entre elles. C’est là l’un des avantages du CAESAR, dont le coût d’acquisition représente entre un quart et la moitié de celui des pièces automatisées. Il s’agit de l’un des effets indirects de la simplicité de son architecture. Alors que nous sommes entrés dans l’ère de l’attrition, précédemment décrite, ce paramètre est plus important que jamais.
Un nombre élevé de pièces pourra également compenser l’indisponibilité technique de celles en réparation, en permettant de disposer de canons de rechange. La principale cause de panne est l’abondance de capteurs électroniques, plus présents dans les canons automatisés. Une autre cause d’indisponibilité des pièces est l’arme elle-même, à cause de l’usure ou de la fragilité éventuelle de la culasse. C’est l’un des points forts du CAESAR, dont la culasse à vis a prouvé sa robustesse, y compris à longue portée, ce qui est particulièrement important pour les 155 mm 52 Cal (16). Si plusieurs pièces ont une architecture inspirée de celle du CAESAR, son arme est unique et l’un des facteurs contribuant à son excellente disponibilité opérationnelle.
Les partisans des canons automatisés estiment que l’automatisation a précisément pour but de compenser le manque d’effectifs et donc que des pièces de rechange ne pourraient être armées. Les équipes de pièces de ces systèmes automatisés dont le taux de disponibilité est faible pourraient armer des systèmes de rechange pendant les réparations, mais leur coût élevé ne permet pas d’envisager des matériels de rechange. Surtout, un matériel immobilisé deux fois plus de temps pour réparations nécessite deux fois plus de maintenanciers. Ajoutons enfin que certaines pièces d’artillerie automatisées qui dépendent d’un véhicule de ravitaillement en munitions automatisé cumulent la fragilité des deux systèmes. Si chaque système n’est disponible que 30 % du temps, il est peu probable que les périodes d’indisponibilité coïncident.
Beaucoup de pièces d’artillerie continuent aujourd’hui d’être développées comme si la guerre en Ukraine n’avait jamais existé, basées sur des paramètres de sauvegarde antérieurs à 2022. L’excellente survivabilité du CAESAR en Ukraine malgré, peut-on dire, son très bon niveau de disponibilité opérationnelle, est due à son architecture particulièrement bien adaptée aux conditions de la contre – batterie moderne. Cette architecture a été imaginée au début des années 2000, donc bien avant la généralisation des drones et l’apparition des munitions planantes, et c’est presque par hasard qu’elle se trouve la mieux adaptée aux conditions de la guerre d’aujourd’hui. Le plan d’équipement de l’artillerie ukrainienne de novembre 2024 comportait, pour la partie canons autoportés, 91 % de CAESAR et de Bohdana (17). Si cette architecture n’était pas adaptée, après trois ans de guerre, la proportion serait tout autre.
Si les moyens antidrones vont s’améliorer, drones et MTO vont modifier durablement la contre – batterie, et les caractéristiques de simplicité et de robustesse du CAESAR continueront d’être un atout. Surtout, les nouveaux moyens accentuent les niveaux d’attrition des matériels terrestres (véhicules, munitions, carburants) jusqu’à des distances importantes de la ligne des contacts. Dans cette nouvelle guerre d’attrition, l’un des mérites du CAESAR est de permettre à la fois la masse et de conserver des ressources pour la lutte antidrone ou pour l’acquisition de drones, de MTO et de munitions d’artillerie. Plus que jamais, l’équilibre des budgets d’acquisition des équipements de défense est à la fois nécessaire et complexe à réaliser ; et dans ce domaine aussi, le CAESAR est particulièrement bien adapté à la guerre moderne.
Notes
(1) Aujourd’hui, cette proportion est estimée à 15 % pour le CAESAR et à plus de 50 % pour les blindés chenillés et autres systèmes tourellés.
(2) Le faible pourcentage de destruction de quelques systèmes est dû à une très faible disponibilité opérationnelle. Évaluer la capacité à survivre d’un système d’armes est inséparable de la prise en compte de sa disponibilité opérationnelle : que dire d’un système fort peu détruit, mais qui passerait l’essentiel du temps dans les ateliers de réparation ?
(3) La performance de cette unité commandée par le colonel Lanovyi est principalement due à l’excellence des artilleurs qui la composent, mais peut-être pour une certaine part aussi à la qualité du CAESAR.
(4) Le terme de contre-artillerie paraît plus juste.
(5) Ce qui suffit à neutraliser une pièce.
(6) Même si de nouvelles versions peuvent contenir jusqu’à 5 kg.
(7) Contre-intuitivement peut-être, le premier avantage du CAESAR est que l’équipe de pièce peut tirer depuis l’extérieur. Elle peut le faire parce que l’ordinateur de tir se situe à l’arrière, et parce qu’elle comprend 4 ou 5 personnes.
(8) Cela s’applique aussi aux lance-roquettes, qui sont toujours frappés sur le pod munitions par les MTO.
(9) Une pièce emportera rarement 100 % d’obus explosifs, plutôt de l’ordre de 80 %, mais le nombre de charges sera toujours le même. Le réapprovisionnement en munitions se fera avant que la pièce ait tout tiré, peut-être à 25 % de capacité, ce qui représente toujours un volume de matière active considérable.
(10) Il faut notamment tenir compte de la durée de trajet du projectile, des délais de désignation de l’unité de tir, de la mise en batterie du canon ennemi…
(11) En 1943, le ciblage et la destruction des sous-marins ravitailleurs en munitions et en carburant, les MilchKühe, a fortement réduit l’efficacité des U-Boots. Patrick Beesly, Very Special Intelligence: The Story of the Admiralty’s Operational Intelligence Centre, 1939-1945, Seaforth Publishing, 2020, p. 384-385.
(12) Le K10, par exemple, transporte 104 obus, et donc potentiellement 832 kg d’explosif et 2 184 kg de poudre.
(13) De nombreux blindés chenillés contiennent près d’une tonne de carburant.
(15) Peter Padfield, War Beneath the Sea, John Wiley&Sons Ltd, Londres, 1998.
(16) Le volume de la chambre contenant la poudre propulsive est plus important.
(17) Pour 3 % de blindés chenillés et 6 % de canons automatisés.
Olivier Fort
