Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

samedi 11 avril 2026

Les Renseignements US indiquent que la Chine s’apprête à livrer des systèmes de défense aérienne à l’Iran

 

Les services de renseignement américains ont indiqué que la Chine s’apprête à livrer de nouveaux systèmes de défense aérienne à l’Iran dans les prochaines semaines, a signalé CNN, qui a cité les propos tenus par trois personnes au fait des récentes évaluations faites par les services de renseignement.

Le média a noté que ces renseignements révèlent que Téhéran pourrait profiter de la trêve pour reconstituer ses stocks de systèmes d’armement.

Deux de ces sources ont expliqué à CNN que Pékin utilisait un pays tiers pour acheminer les armes afin de dissimuler leur provenance.

Pékin dément et dénonce des accusations infondées

Face à ces informations, l’ambassade de Chine à Washington a fermement rejeté toute implication. Un porte-parole a assuré à CNN que Pékin n’avait «jamais fourni d’armes à aucune des parties au conflit». Les autorités chinoises appellent par ailleurs les États-Unis à «s'abstenir de formuler des allégations sans fondement, d'établir des liens de manière malveillante et de céder au sensationnalisme». 

CNN observe également qu'un transfert direct d’armes, de la part de Pékin, «marquerait une nouvelle étape» et même une forme «d’escalade». Mais une source citée par le média américain, tempère toutefois, s’interrogeant sur l’intérêt qu’aurait la Chine à s’impliquer plus directement dans le conflit au Moyen-Orient. Pékin pourrait aussi arguer que les systèmes de défense aérienne «soient de nature défensive plutôt qu’offensive».

Et ainsi se distinguer de Moscou, dont le soutien à Téhéran a été plus concret, avec le partage «de renseignements qui ont permis à l’Iran de mener des attaques ciblées contre les troupes et les installations américaines au Moyen-Orient», relève CNN.

fr.timesofisrael.com

La Hongrie aurait fourni des renseignements à l’Iran sur l’attaque des bipeurs

 

La Hongrie aurait fourni à la République islamique d’Iran des renseignements sur l’attaque israélienne de 2024 menée au moyen de bipeurs piégés contre des membres du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Le Washington Post a indiqué mercredi avoir obtenu une transcription du gouvernement hongrois d’un appel téléphonique daté du 30 septembre 2024 entre le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto et son homologue iranien Abbas Araghchi. Au cours de cet échange, Szijjarto aurait informé Araghchi que les services de renseignement de Budapest avaient déjà pris contact et partageraient toutes les informations recueillies dans le cadre de leur enquête sur l’incident. Le Post a précisé que la transcription avait également été vérifiée par une agence de renseignement occidentale.

Ce contact, initié par Szijjarto, est intervenu peu après l’explosion, le 17 septembre, de milliers de bipeurs utilisés par des membres du Hezbollah au Liban. L’attaque avait fait au moins 12 morts et blessé près de 3 000 personnes proches du groupe terroriste.

À l’époque, la Hongrie s’était retrouvée sous les projecteurs, la société taïwanaise dont la marque figurait sur les appareils ayant indiqué que ceux-ci avaient été fabriqués sous licence par une entreprise hongroise.

Szijjarto aurait alors cherché à écarter toute implication de la Hongrie dans l’attaque. Selon la transcription, il aurait déclaré à Araghchi que les bipeurs « n’ont pas été fabriqués en Hongrie, qu’ils ne sont jamais passés par la Hongrie et qu’aucune entreprise hongroise n’a jamais eu de lien physique avec ces appareils. Nous n’avons donc rien à voir avec cela ! »

Araghchi, pour sa part, a exprimé sa gratitude, déclarant à Szijjarto qu’il lui était « très reconnaissant de tout ce que vous faites ».

La volonté de la Hongrie de coopérer avec la République islamique d’Iran, principal soutien du Hezbollah, semble en contradiction avec la position officielle du pays, considéré comme l’un des alliés les plus fiables d’Israël en Europe. Budapest s’est souvent rangée du côté d’Israël dans les forums internationaux et entretient des liens étroits avec les dirigeants israéliens et américains.

Le mois dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a apporté son soutien au Premier ministre hongrois Viktor Orbán en vue des élections nationales, affirmant que ce dirigeant « s’était révélé être un véritable pilier ».

Lors d’une visite en Hongrie, le vice-président américain JD Vance a également affiché son soutien à la campagne électorale d’Orbán, déclarant lors d’un rassemblement pro-Orbán qu’il était à Budapest « pour l’aider dans cette campagne électorale ».

Un ancien responsable de la Maison Blanche a confié au Post que, même si la Hongrie a pu chercher à apaiser les tensions avec Téhéran à la suite de l’attaque, cette initiative va à l’encontre de sa politique pro-Israël affichée publiquement.

« La Hongrie est l’un des pays les plus favorables à Israël dans sa politique officielle. C’est l’un des rares pays à voter systématiquement avec les États-Unis lorsque le reste de l’Europe s’abstient », a-t-il ajouté.

L’article souligne que ces échanges ont suscité des inquiétudes parmi les responsables occidentaux, notamment au regard de la position plus large de la Hongrie, qui entretient également des liens avec Moscou, un allié clé du régime iranien.

fr.timesofisrael.com

vendredi 10 avril 2026

Géopolitique de la jeunesse

 

Pérou, Népal, Indonésie, Madagascar ou encore Maroc : les jeunes générations de ces pays se sont mobilisées en 2025. Rassemblées sous le dénominateur commun de la « Gen Z », comment présenter ce mouvement et définir les cadres de son action ?

La « Gen Z » identifie, selon certains chercheurs, les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 (1). Les modes d’action de cette jeunesse, qui met en avant le marqueur générationnel, sont régulièrement associés à l’usage des réseaux sociaux. En effet, c’est la toute première génération qui est née avec ces outils numériques et qui a grandi en parallèle de ce développement technologique. De façon quasi innée, elle possède une forme d’agilité dans l’usage du numérique par rapport aux générations précédentes. Elle est également reliée par des symboles communs : le drapeau de la série One Piece, la nature de ses revendications, son répertoire d’actions, virtuelles ou réelles. Néanmoins, derrière ce mot générique de « Gen Z », des cadres et des spécificités nationales restent visibles.

Les mobilisations de jeunes générations prennent place dans des contextes nationaux et des systèmes politiques variés. Ont-elles des points communs notables ?

Dans la majorité des cas observés, il s’agit de pays du « Sud global » ayant une longue tradition de luttes coloniales et postcoloniales propres : par exemple, le chercheur Alex de Jong montre comment le mouvement népalais de 2025 se situe dans la continuité des espoirs déçus du soulèvement de 1990, qui avait transformé le pays en monarchie constitutionnelle multipartite (2). La dynamique contemporaine, toutefois, ne peut pas être comprise sans composer avec un deuxième élément : les effets d’imitation entre ces pays, qui posent la question de l’unité des mobilisations en cours. Des effets de mimétisme avaient déjà été observés avec les précédents mouvements des années 2010. C’était le cas dans des pays du Maghreb, avec les printemps arabes (2011-2012), au Sénégal et au Burkina Faso, avec les printemps africains (2012-2014), ou encore en Asie, à Hong Kong, en 2014 puis en 2019. D’autres mouvements sont survenus après la pandémie de Covid-19, notamment au Sri Lanka en 2022, et au Bangladesh en 2024.

Si l’on observe la structure de toutes ces sociétés, on peut immédiatement remarquer qu’il s’agit globalement d’États jeunes, au double sens du terme : historiquement, mais aussi sur le plan démographique. Selon les estimations consultées, il y a à chaque fois au moins un quart de leur population issue de la « Gen Z » (3). Au Maroc, en 2024, elle constituerait environ 30 % de la population (37,9 millions) ; au Népal, 9 millions sur 30 millions d’habitants ; quant à Madagascar, l’âge médian est de 21,3 ans (2024). Il n’est en rien étonnant que des mobilisations de la jeunesse éclatent dans ces pays.

Par ailleurs, l’urbanisation et le niveau d’éducation sont partout en hausse, malgré de fortes inégalités en la matière. En effet, le deuxième trait saillant d’unité est le fait que l’ensemble de ces sociétés se caractérise par de très fortes inégalités socioéconomiques et politiques. Une partie de la population est perçue comme étant privilégiée, voire ultra-privilégiée, face à une immense majorité qui n’a parfois pas accès à des biens et services essentiels, comme la santé au Maroc ou l’électricité à Madagascar.

Si les systèmes politiques sont semblables, les revendications portées d’un pays à l’autre le sont-elles aussi ?

Il s’agit d’un troisième élément d’unité entre tous ces pays : on retrouve partout, et en premier lieu, des accusations de mal-gouvernance, perçue au prisme de la corruption, des privilèges des élites et d’un fossé grandissant entre gouvernants et gouvernés. Ce sont des mouvements qui réclament des avancées semblables et qui, tous, dénoncent des inégalités matérielles, mais aussi politiques.

Le décalage entre les élites et le peuple pourrait rappeler celui formulé dans le slogan « Nous sommes les 99 % », porté par des mouvements disparates au début des années 2010, comme les Indignés et Occupy Wall Street, mais aussi par des mouvements d’étudiants chiliens en faveur d’une nouvelle politique éducative, qui se sont étendus en Amérique du Sud. Cette polarisation renvoie à une double inégalité, économique et politique. Les chercheurs Albert Ogien et Sandra Laugier ont observé partout dans le monde, en 2014, la répétition de mouvements lancés ou investis par la jeunesse autour d’un seul mot d’ordre : la démocratie. À leurs yeux, cette notion recouvre un vaste éventail de revendications, allant de la probité des gouvernants jusqu’à la critique de l’érosion du système représentatif là où il existe (4). Selon un autre chercheur, Angelo Montoni Rios, réclamer la démocratie permet aux militants de formuler une demande à laquelle le plus grand nombre de citoyens pourrait adhérer, tout en assumant le caractère spontané, apartisan et majoritairement non violent de ces protestations (5). C’est pour cela que ces causes, que nous avons définies avec Valérie Becquet comme « démocratiques » au sens premier du terme, relèvent de demandes d’égalité réelle entre citoyens face à des systèmes souvent formellement démocratiques mais accusés de privilégier certaines catégories de la population au détriment d’autres, un trait accentué par le néolibéralisme défendu par les élites au pouvoir.

En 2025, une dynamique semblable se retrouve dans tous les cas étudiés : au-delà des inégalités sociales et économiques, les jeunes réclament une véritable association à la chose publique et une égalité réelle entre citoyens. Ils dénoncent d’abord des décisions perçues comme injustes : par exemple, la priorité donnée aux stades plutôt qu’aux hôpitaux ou à l’éducation au Maroc ; l’accès à l’eau et à l’électricité au Madagascar. Mais cela s’accompagne d’une contestation plus large des régimes eux-mêmes. Le fait que le mouvement « GenZ 212 » au Maroc soit allé jusqu’à demander au roi Mohammed VI de changer de gouvernement, ou encore qu’une Première ministre népalaise ait été désignée via une consultation sur Discord, illustre cette aspiration à reprendre la parole et à intervenir directement dans le jeu politique.

En somme, pour toute une partie de la jeunesse, il s’agit de remettre au centre du jeu l’idée d’égalité et d’horizontalité (un citoyen égale une opinion, et éventuellement une voix) et de dénoncer des inégalités croissantes à travers les symboles mêmes du pouvoir et de la décision politique.

Les prémices du mouvement sont-elles à trouver dans les luttes au Bangladesh ou au Kenya en 2024 ?

Le terme Gen Z était déjà apparu au Kenya en 2024. C’était alors la première fois que des contestations étaient explicitement présentées sous un prisme générationnel et l’étiquette Gen Z, d’après mon collègue XN Iraki de l’Université de Nairobi (6). Au Bangladesh aussi, l’étiquette a été employée pour caractériser les protestations de l’été (7).

En 2024, la contestation des privilèges accordés à certaines catégories de la population était déjà au cœur des revendications : d’un côté, le système des quotas au Bangladesh (8) ; de l’autre, la loi de finances au Kenya. Rappelons que, dans ce pays d’Afrique de l’Est, 80 % de la population a moins de 35 ans, que le taux d’urbanisation et le niveau d’éducation augmentent, tandis que les inégalités sociales demeurent. Un autre point de comparaison évident, surtout avec le Kenya, est une contestation des jeunes liée à l’exhibition de la richesse des gouvernants : elle va de pair avec les dénonciations contre la corruption, qui ont également marqué les luttes plus récentes, par exemple avec une vidéo TikTok montrant un jeune Népalais qui étale sa richesse sous un « arbre de Noël » de cadeaux de luxe.

Le contexte post-pandémique dans lequel interviennent toutes ces mobilisations a également son importance. Les jeunes concernés sont hyperconnectés et favorisent une utilisation des réseaux sociaux à des fins d’auto-organisation. Plus que des digital natives (personnes nées entre les années 1980 et 2000 et ayant grandi dans un environnement numérique), les jeunes de la Gen Z sont de véritables social network natives, car ils sont nés dans l’ère du développement des réseaux sociaux.

Doit-on s’attendre à voir le phénomène perdurer et de nouveaux foyers émerger ? Quid de l’Europe ?

Certains symboles ont déjà été repris en Europe et aux États-Unis. Le drapeau de One Piece est apparu dans des mobilisations propalestiniennes, ainsi qu’aux États-Unis pour le « No Kings Day » (9). Néanmoins, il serait imprudent de faire des prévisions sous un angle uniquement générationnel. En effet, ce prisme est toujours à double tranchant.

Premièrement, il existe une Gen Z très mobilisée, ce qui laisse entendre qu’il est possible d’aborder ces mobilisations sous le prisme de la nouveauté : la revendication d’identité collective, confortée par la lecture médiatique de l’usage des réseaux sociaux, peut renvoyer à une nouveauté, à quelque chose d’inédit. Or, une lecture plus approfondie des mobilisations de la jeunesse dévoile que les mobilisations de la Gen Z ne sont ni une nouveauté dans l’histoire ni une nouveauté depuis l’arrivée d’Internet. Les travaux de l’historien Eric Hobsbawm montrent que, dès les années 1960, des diffusions de styles de la jeunesse américaine via les moyens de communication de l’époque ont contribué à diffuser certaines idées contestataires (10). De même, certains travaux consacrés aux années 1968 démontrent que, par exemple, parmi des pays aussi différents que le Japon, l’Italie, l’Allemagne, les États-Unis et la France, il existe un socle commun de revendications (anti-autoritarisme, anti-impérialisme, contestation de la guerre au Vietnam, etc.) (11). Plus récemment encore, les printemps arabes et les printemps africains ont été appréhendés sous ce même prisme générationnel. Ce n’est finalement pas nouveau de vouloir inscrire une mobilisation dans une certaine génération, tout en affirmant que c’est la première à se mobiliser.

La deuxième faille d’une lecture trop générationnelle consiste à se recentrer sur le prisme de l’unité de cette génération. Parmi tous ces jeunes, il se peut que ce qui les caractérise en termes d’unité soit uniquement une période de naissance. Or, cela est insuffisant pour en faire à proprement parler une génération avec des caractéristiques communes.

La caractéristique d’unité de la Gen Z touche peut-être au fait qu’elle a des pratiques numériques très développées, qu’elle a grandi dans l’ère des réseaux sociaux, et qu’elle partage donc des références culturelles communes, le tout dans un monde de plus en plus globalisé. Néanmoins, en observant de plus près cette génération et ce qui la compose, elle est finalement tout sauf unie. Il existe en son sein des unités de génération : des micro-unités de génération qui se mobilisent également, mais qui sont en forte opposition avec d’autres unités de la même génération.

Ainsi, il est encore trop tôt pour dresser un portrait précis de ceux qui se mobilisent actuellement, ou qui se sont mobilisés dans les mois précédents, dans ces différents contextes. Aujourd’hui, il existe une division entre catégories sociales de la jeunesse, selon qu’elle soit privilégiée ou non. Néanmoins, concernant les jeunes mobilisés, ce n’est pas inédit de leur part de se revendiquer porte-parole d’une génération entière.

Au-delà de ces mouvements qui ont fait l’actualité en 2025, quel portrait plus général peut-on tirer de la jeunesse des années 2020 ? Doit-on la qualifier d’engagée, d’après les marches mondiales pour le climat ou les campus engagés pour la Palestine ?

La Gen Z n’est ni plus engagée, ni plus unie dans l’engagement. Chez les jeunes, il existe toujours une certaine indifférence face aux mouvements de contestation. Une recherche effectuée en Italie en 1969-1970, c’est-à-dire au pic des années 1968 dans le pays, montre que seuls 22 % des 15-24 ans déclaraient être engagés politiquement à l’époque (12). Or, les années 1968 sont, d’un certain point de vue, l’archétype de la mobilisation des jeunes dans l’histoire. Ces chiffres montrent pourtant que cet engagement était beaucoup plus faible que ce qui est généralement mis en avant. De même, aujourd’hui, cette prétendue unité de la génération est mise à mal si l’on prend l’exemple des mobilisations propalestiniennes. Celles-ci reflètent des divisions anciennes, entre supporters et opposants à un certain nombre de thématiques. Autrement dit, bien qu’il y ait des jeunes engagés sur les campus pour la cause palestinienne (notamment aux États-Unis), d’autres jeunes ne se sont pas du tout engagés pour cette cause, tandis que d’autres encore s’engagent en soutien à Israël.

Globalement, il est difficile d’appréhender immédiatement si une génération est plus engagée qu’une autre, plus unie qu’une autre. C’est plutôt une continuité de ce qu’on a pu observer par le passé, avec des fractions de générations engagées pour certaines causes. En l’occurrence, ce sont des causes qui renvoient à une demande pour plus d’égalité et de démocratie.

Dans quelle mesure les outils numériques contribuent-ils à cet engagement ?

Les réseaux sociaux et l’usage du numérique offrent des possibilités quant à plus d’horizontalité et d’égalité dans les mouvements de la Gen Z. D’une part, la circulation de l’information est avantagée, notamment par le détournement de l’usage général des applications, réseaux sociaux et plateformes (tels que Discord, TikTok, Telegram), en un usage particulier qui favorise davantage d’auto-organisation. Cela témoigne de l’horizontalité de ces mouvements, limitant d’autre part le contrôle que peut exercer le pouvoir sur eux. Les mobilisations prépandémie à Hong Kong (2019-2020) sont un bon exemple des différents usages qui peuvent être faits des outils numériques. Néanmoins, l’angle de la nouveauté sur l’usage du numérique n’est ni absolu ni inédit, puisque les printemps arabes ont été surnommés « la révolution Twitter » en leur temps. Aujourd’hui, il faudrait plutôt parler de révolutions TikTok ou Discord, mais les modalités et l’usage des réseaux sociaux à des fins d’organisation restent les mêmes.

Il existe trois principaux effets du numérique et de son utilisation. Le premier : la transmission, c’est-à-dire la circulation de l’information et de la mémoire militante, sans intermédiaires médiatiques ou organisationnels. Cela concerne aussi les symboles : on a des exemples de transmissions, y compris au nord de la planète, notamment des techniques qui étaient celles de Hong Kong, à savoir l’idée de faire de petits groupes de manifestants (les soi-disant « manifestations sauvages »). Cette pratique est apparue dans les manifestations contre la réforme des retraites en France, ainsi que d’autres techniques de construction de barricades, qui ont ressurgi dans le mouvement « Bloquons tout », le 10 septembre.

Le deuxième effet : l’expérimentation de l’égalité au travers de la plateforme, notamment par une culture particulièrement diffusée dans ces générations, à savoir celle du jeu vidéo qui, au travers de la répartition des rôles, apprend aux jeunes à collaborer entre eux. Ce dernier aspect se manifeste aussi bien dans la rue qu’à l’arrière-plan. C’est une clé de lecture importante pour comprendre les idées qui se sont diffusées dernièrement, non seulement celle de la convergence des luttes, mais aussi celle concernant la diversité des modes d’action. Lors du mouvement altermondialiste notamment, l’idée qu’il ne fallait pas juger entre les formes les plus violentes, comme un black bloc, et des formes plus pacifiques de manifester, a vu le jour. Ce qui apparait, c’est une division du travail manifestant sous des formes auto-organisées.

Enfin : la rapidité avec laquelle se diffusent les informations pratiques, notamment les lieux de rendez-vous et les cibles, a été déterminante. Elle contribue sensiblement à rendre ces mouvements peu et difficilement contrôlables par les autorités.

Notes

(1) Élodie Gentina, Marie-Ève Delécluse, Génération Z : Des Z consommateurs aux Z collaborateurs, Dunod, 2018 ; Lucile Cassé, Alexis Le Blanc, Marie-Pierre Cazals, « Qui sont les jeunes de la “génération Z” ? », Nouvelle revue de psychosociologie, n°37, p. 157-170 (https://​doi​.org/​1​0​.​3​9​1​7​/​n​r​p​.​0​3​7​.​0​157).

(2) Alex de Jong, « Népal : le soulèvement vient de loin », Contretemps, 19 septembre 2025 (https://​www​.contretemps​.eu/​n​e​p​a​l​-​s​o​u​l​e​v​e​m​e​n​t​-​v​i​e​n​t​-​d​e​-​l​o​i​n​/​#​_​f​tn1).

(3) The World Factbook.

(4) Albert Ogien, Sandra Laugier, Le principe démocratie : Enquête sur les nouvelles formes du politique, La Découverte, 2014.

(5) Angelo Montoni-Rios, « Radicalisation de l’action collective et jeunesse populaire : construction du politique et résistances au Chili », thèse de doctorat en sociologie, EHESS, 2009.

(6) XN Iraki, « Troubles au Kenya : les raisons économiques profondes qui ont fait descendre la génération Z dans la rue », The Conversation, 2 juillet 2024 (https://​tinyurl​.com/​4​2​5​2​4​f9e).

(7) ARTE Reportage, « Bangladesh : la révolution de la génération Z », YouTube, 28 octobre 2024 (https://​www​.youtube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​E​F​z​D​8​M​W​k​APQ).

(8) En juin 2024, le gouvernement rétablit le système de quotas, favorisant certains cercles, pour obtenir des emplois gouvernementaux particulièrement prisés.

(9) Journée nationale de protestation aux États-Unis contre les politiques de l’administration Trump, le 18 octobre 2025.

(10) Eric J. Hobsbawm, L’âge des extrêmes : Histoire du court XXe siècle (1914-1991), Le Monde diplomatique/éditions Complexe, 1999. Seconde édition : Le Monde diplomatique/André Versaille éditeur, 2008. Troisième édition : Le Monde diplomatique/éditions Agone, 2020 (édition originale : The Age of Extremes: The Short Twentieth Century, 1914-1991, Michael Joseph Editions, 1994).

(11) Isabelle Sommier, La violence révolutionnaire, Presses de Sciences Po, 2008.

(12) Alessandro Cavalli (dir.), Giovani oggi, Il Mulino, 1984, p. 82-83.

Paolo Stuppia

Alicia Piveteau

areion24.news

Londres dit avoir mis en échec une opération sous-marine russe contre des infrastructures critiques

 

Ayant pourtant une longue histoire dans ce domaine, commencée avec les «mousquemers» au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale et poursuivie par le Groupe des bathyscaphes du commandant Georges Houot, la Marine nationale a fait de la réappropriation des capacités permettant d’agir dans les grandes profondeurs l’une de ses priorités, en raison, entre autres, de la dépendance sans cesse accrue de l’activité économique aux infrastructures sous-marines [câbles de télécommunications, gazoducs, etc.]. D’où l’importance de la stratégie ministérielle pour les fonds marins, dévoilée en février 2022.

La menace sur les infrastructures sous-marines s’est depuis amplifiée. Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, ce 9 avril, le chef d’état-major de la Marine [CEMM], l’amiral Nicolas Vaujour, a ainsi évoqué l’envoi de drones sous-marins [loués auprès de Kongsberg pour le moment] pour voir ce qu’ont «pu faire les bâtiments, notamment russes, qui passent au-dessus de nos câbles assez régulièrement». Et d’ajouter : «Quand un bateau reste trop longtemps sur nos câbles, on va voir ce qu’il s’est passé, de manière à détecter et faire réparer au besoin l’ensemble de ces capacités».

Si les récents dégâts infligés – involontairement ou non – à des infrastructures sous-marines ont été le fait de navires civils, la Direction principale des opérations en eaux profondes [GUGI] du ministère russe de la Défense déploie régulièrement des «navires de recherche» près de câbles de télécommunications. Le Yantar est sans doute le plus actif d’entre eux.

Ainsi, en janvier 2025, le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, dénonça les activités du Yantar en affirmant qu’il avait été surpris en train de «rôder au-dessus d’infrastructures sous-marines critiques» pour le Royaume-Uni. Et que, en conséquence, il avait autorisé un sous-marin nucléaire d’attaque de la Royal Navy à faire surface près du navire de la GUGI. Et cela afin de «lui montrer clairement que nous surveillions secrètement chacun de ses mouvements».

«Le Yantar est un navire espion russe utilisé pour recueillir des renseignements et cartographier les infrastructures critiques du Royaume-Uni», avait insisté M. Healey, à la Chambre des communes, avant d’annoncer des changements dans les règles d’engagement de la Royal Navy afin de lui permettre de s’approcher encore plus près des navires russes suspects.

Visiblement, l’avertissement lancé par le responsable britannique à la Russie n’a pas eu l’effet escompté car, plus d’un an après, la GUGI a récidivé… mais en changeant d’approche.

En effet, selon les explications données par M. Healey, lors d’une conférence de presse organisée ce 9 avril, la Royal Navy et ses partenaires auraient surveillé, pendant un mois, trois sous-marins russes alors qu’ils évoluaient près de câbles et de pipelines sous-marins situés dans la zone économique exclusive [ZEE] du Royaume-Uni.

Cette opération russe, censée être secrète, aurait principalement visé les infrastructures énergétiques. «Les pipelines sous-marins fournissent la moitié du gaz qui chauffe nos foyers et 99 % du trafic international de données passe par des câbles de télécommunication», a souligné M. Healey. «Pour ces raisons, les fonds marins représentent une cible importante pour nos adversaires», a-t-il insisté.

La surveillance de ces trois sous-marins a mobilisé la frégate HMS St Albans, le pétrolier ravitailleur RFA Tidespring, des hélicoptères Merlin ainsi que des avions de patrouille maritime P-8A Poseidon de la Royal Air Force [RAF]. Les moyens alliés engagés dans cette opération de surveillance n’ont pas été précisés.

«L’activité russe a eu lieu alors que les yeux de beaucoup étaient tournés vers le Moyen Orient», a dit M. Healey, suggérant ainsi qu’elle venait de se produire. Elle a impliqué, selon lui, un sous-marin nucléaire d’attaque de type Akula ainsi que deux sous-marins appartenant à la GUGI, qu’il n’a pas nommés. Il pourrait s’agir du BS-136 Orenburg et du BS-64 Podmoskovye, l’un et l’autre étant en mesure de déployer un sous-marin nucléaire de poche.

Le ministère britannique de la Défense [MoD] a livré quelques détails supplémentaires.

«Des avions et des navires de guerre britanniques ont repéré il y a plusieurs semaines un sous-marin d’attaque russe pénétrant dans les eaux internationales du Haut-Arctique et ont suivi son activité 24 heures sur 24. Il a rapidement été établi que le sous-marin avait été déployé à titre de diversion et le Royaume-Uni a travaillé en étroite collaboration avec ses alliés – dont la Norvège – pour identifier et surveiller d’autres unités navales sous-marines russes de la Direction principale de la recherche en eaux profondes [connue sous le nom de GUGI] menant des activités suspectes au-dessus d’infrastructures sous-marines critiques ailleurs», a-t-il expliqué.

Et d’ajouter : «Le Royaume-Uni et ses alliés ont lancé une campagne d’actions ouvertes pour s’assurer que les unités russes savaient qu’elles étaient surveillées et qu’elles n’opéraient plus clandestinement comme [le président] Poutine l’avait prévu. Les unités de la GUGI et le sous-marin de classe Akula sont par la suite rentrés chez eux, n’ayant pas réussi à mener à bien leur opération en secret».

Au passage, le MoD a publié une image satellitaire de la base navale russe d’Olenia Gouba, point de départ de cette opération qu’il a dénoncée.

Quoi qu’il en soit, M. Healey a répété quasiment les mêmes propos qu’il avait tenus l’an passé au sujet du Yantar. «Tout en agissant pour défendre nos intérêts et nos alliés au Moyen-Orient, nous luttons contre les menaces croissantes qui pèsent sur l’Otan dans le Grand Nord, nous maintenons un soutien indéfectible à l’Ukraine et nous protégeons notre patrie, le Royaume-Uni. À Poutine, je dis ceci : nous vous voyons, nous voyons vos agissements au-dessus de nos infrastructures sous-marines. Sachez que toute tentative de les endommager sera intolérable et aura de graves conséquences», a-t-il en effet prévenu.

opex360.com

L’agence de renseignement canadienne devrait-elle s’inspirer davantage de la CIA?

 

Des têtes pensantes du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) soutiennent que de recueillir des renseignements à l’étranger permettrait à l’agence de tirer parti de sa «présence et de son expertise existantes», mais pourrait également entraîner toute une série de problèmes. C’est ce qu’on découvre dans une note interne.

La note indique que doter le SCRS des capacités d’un service de renseignement humain à l’étranger — à l’instar de la CIA américaine ou du MI6 britannique — pourrait soulever des questions de gouvernance, de responsabilité et de protection de la vie privée quant à ce qui constitue une menace, ainsi que quant à la possibilité de cibler des Canadiens.

La Presse canadienne a utilisé la Loi sur l’accès à l’information pour obtenir cette note, qui a été rédigée par le SCRS en amont d’une table ronde organisée par des universitaires en juin dernier.

Parmi les personnes invitées à cette table ronde de trois heures à l’Université d’Ottawa figuraient des hauts responsables actuels et anciens des services de renseignement, ainsi que des universitaires s’intéressant à la sécurité et aux affaires internationales.

La porte-parole du SCRS, Magali Hébert, a confirmé que le directeur de l’agence, Dan Rogers, avait assisté à la réunion.

La relation avec les États-Unis

L’ancien conseiller en matière de sécurité nationale et de renseignement, Vincent Rigby, l’un des organisateurs de la table ronde, a déclaré que le moment était venu de réexaminer la question de l’élargissement de la collecte de renseignements étrangers par le Canada, compte tenu de la situation périlleuse dans le monde et du besoin croissant d’informations économiques.

«Nous n’avons pas d’allié fiable au sud pour le moment », a dit M. Rigby lors d’une entrevue. «Certains iraient même jusqu’à dire que nous avons affaire à un acteur étatique hostile aux États-Unis, et que nous ne pouvons donc pas nécessairement compter sur eux pour obtenir des renseignements.»

Wesley Wark, chercheur principal au Centre for International Governance Innovation, a assisté à la majeure partie de la table ronde. Il s’est dit frappé par l’ouverture d’esprit et — dans certains cas — le soutien total des participants à l’idée que le Canada lance un service de renseignement extérieur.

«Le ton général de la discussion était que nous devrions prendre cette question au sérieux. Nous devrions l’étudier», a-t-il déclaré. «C’était la discussion la plus porteuse d’espoir à laquelle j’ai jamais assisté depuis toutes ces années que je réfléchis à cette question.»

Le Centre de la sécurité des télécommunications, l’agence canadienne de cyberespionnage, recueille des renseignements étrangers par des moyens électroniques, tandis qu‘Affaires mondiales Canada, la Défense nationale et les Forces armées canadiennes fournissent certains rapports, note la note de service du SCRS.

Le SCRS est autorisé à recueillir des renseignements au Canada et à l’étranger sur les menaces à la sécurité telles que le terrorisme et l’espionnage. Il est autorisé à recueillir des renseignements étrangers — des informations sur les activités, les capacités et les intentions de personnes, d’organisations et d’États étrangers — uniquement au Canada, et non à l’étranger.

Le contenu de la note

La note indique que dans «un contexte géopolitique incertain», la demande du Canada pour ce type de renseignements étrangers pourrait augmenter.

«Le Canada ne peut apprendre et agir que dans une mesure limitée grâce à ses moyens de collecte et à ses pouvoirs actuels, et s’est historiquement appuyé sur des partenariats avec ses alliés pour certains rapports de renseignement étranger», précise la note.

De nombreux alliés du Canada au sein du G7 et des «Five Eyes» collectent des renseignements humains à l’étranger et prennent des mesures pour promouvoir leurs intérêts, ajoute la note.

La note indique que la mise en place d’une capacité canadienne de renseignement humain à l’étranger permettrait au gouvernement de promouvoir les intérêts géopolitiques, sécuritaires, économiques et autres du Canada à l’échelle mondiale.

M. Rigby a dit que l’étape clé consistait à déterminer quel type de renseignements le Canada pourrait avoir besoin que ses agents et ses sources recueillent à l’étranger, et comment s’y prendre.

La note identifie trois options principales pour la mise en place d’une capacité de renseignement à l’étranger. Ottawa pourrait créer un nouveau service dédié au renseignement humain à l’étranger, ou développer des capacités de renseignement à l’étranger au sein du SCRS qui seraient à terme transférées à une nouvelle organisation, ou encore attribuer de manière permanente des capacités de renseignement à l’étranger élargies au SCRS.

Un nouveau service de renseignement humain à l’étranger aurait un mandat clair et des normes de responsabilité, et s’intégrerait bien dans les structures de politique étrangère dirigées par Affaires mondiales Canada, indique la note.

Elle précise également qu’une agence autonome serait très coûteuse et que sa mise en place nécessiterait un effort initial considérable qui retarderait son fonctionnement de plusieurs années. Cette option serait également «très perturbatrice» pour le travail actuel de la communauté de la sécurité et du renseignement, indique la note.

D’autre part, le renforcement des capacités de renseignement étranger au sein du SCRS en vue de leur transfert ultérieur pourrait être réalisé par le biais de modifications législatives simples et «peu perturbatrices», tout en tirant parti des atouts existants du SCRS, indique la note.

L’inconvénient de cette approche serait un processus long et fastidieux qui mobiliserait une grande partie de l’énergie de la communauté du renseignement «pendant au moins les cinq prochaines années», précise-t-on.

Confier des capacités de renseignement extérieur élargies au SCRS présenterait des avantages similaires à ceux du modèle d’incubation, indique la note.

Les inconvénients perçus — notamment les préoccupations concernant la gouvernance, la responsabilité, la protection de la vie privée et le «chevauchement des mandats» — semblent découler du fait que le SCRS devrait jongler entre son rôle traditionnel de renseignement de sécurité et un nouveau rôle de renseignement extérieur.

Chacune des trois options doit s’accompagner de ressources afin de minimiser les perturbations des mandats et des activités existants, précise la note.

Mme Hébert a soutenu que tout avis du SCRS sur l’évolution des capacités de renseignement du Canada ou de la législation qui les régit «serait fourni au gouvernement sous forme d’avis protégé».

Diverses propositions visant la création d’un service canadien de renseignement étranger font l’objet de débats depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Un article récemment publié par l’ancien analyste du renseignement Alan Barnes explique comment ce débat, qui dure depuis des décennies, a été influencé par les contributions d’alliés proches, les préoccupations budgétaires et les rivalités internes au sein du gouvernement fédéral.

Le débat a également porté sur la crainte que l’image de «gentil garçon» et de «médiateur impartial» du Canada ne soit ternie par des manœuvres sournoises à l’étranger.

«C’est exactement pour cela que je pense qu’un débat public est nécessaire, et qu’il faut expliquer clairement aux Canadiens ce que serait – et ce que ne serait pas – un service de renseignement humain à l’étranger au Canada», a souligné M. Rigby.

«Je ne pense pas que nous devrions avoir un service de renseignement étranger qui renverse des pays en Amérique latine, ou qui se livre à d’autres actes répréhensibles», a-t-il ajouté. «Nous n’essayons pas de reproduire la CIA, nous n’essayons pas de reproduire le MI6. Ce sera une solution made-in-Canada.»

Les libéraux de Mark Carney n’ont pas mis en avant l’idée d’un nouveau service de renseignement extérieur comme moyen d’aider le Canada à tracer une voie plus indépendante dans le monde face à des relations très tendues avec les États-Unis.

M. Carney a expliqué en septembre dernier qu’une nouvelle politique de sécurité nationale serait publiée «en temps voulu». Le gouvernement n’a toujours pas publié une telle stratégie.

M. Wark a indiqué que les participants à la table ronde s’étaient accordés sur le fait que la création d’un service de renseignement extérieur serait une décision politique.

«Il faudra qu’un premier ministre s’engage dans cette voie et décide que c’est quelque chose que le Canada doit faire», a-t-il dit.

M. Wark a ajouté qu’une capacité de renseignement extérieur permettrait non seulement au Canada de s’affranchir de sa dépendance vis-à-vis des États-Unis, mais l’aiderait également à établir des partenariats en matière de renseignement avec d’autres pays, en fournissant une justification quant à «pourquoi ils voudraient coopérer avec nous».

Jim Bronskill

noovo.info