Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

dimanche 29 mars 2026

Trump ou la guerre sans boussole

 

Entre provocations, contradictions et mise en scène permanente, Donald Trump brouille les repères au cœur de la guerre contre Iran. À force d’affirmations démenties et de postures changeantes, la parole américaine s’érode, au moment même où la situation internationale exige clarté, cohérence et maîtrise stratégique.

Il y a, d’abord, la question du ton. Et celle, indissociable, du contexte. En pleine guerre, devant un parterre d’investisseurs réunis dans un forum soutenu par l’Arabie saoudite, Donald Trump choisit de s’en prendre publiquement au prince héritier Mohammed Ben Salmane.

Le propos, en apparence anecdotique, est en réalité révélateur. Le président américain entame son intervention par des éloges, qualifiant MBS de « grand homme » avec lequel il affirme avoir noué des liens solides. Mais très vite, le récit bascule. Trump relate une conversation privée qu’il décide d’exposer : le prince lui aurait confié qu’un an auparavant, les États-Unis étaient « un pays mort », avant de devenir « le pays le plus important au monde ».

C’est dans la reformulation de cette scène que réside le basculement. Trump insiste sur le fait que Mohammed Ben Salmane « ne pensait pas que cela arriverait » et surtout « qu’il devrait me lécher les bottes ». Il prolonge ensuite cette mise en scène en suggérant que le prince croyait avoir affaire à un « président raté », désormais contraint de revoir son jugement.

Ce passage n’est pas un simple trait d’humour. Il révèle une conception profondément personnalisée des relations internationales, où l’alliance stratégique cède la place à une logique de domination interpersonnelle. Or, dans un contexte de guerre, cette théâtralisation fragilise la lisibilité et la solidité des partenariats.

Le récit d’une victoire contestée

Parallèlement, Donald Trump martèle une autre idée : l’Iran serait « en train de supplier » pour obtenir un accord. Cette affirmation est répétée avec constance, comme pour imposer une lecture univoque du rapport de force.

Mais cette narration se heurte à un démenti frontal de la part de Téhéran, qui nie toute demande de négociation et conteste la réalité même de discussions en cours.

Nous sommes ici face à deux récits incompatibles. Peut-être relèvent-ils tous deux d’une stratégie de bluff, pratique classique en temps de guerre. Chaque camp cherche à projeter une image de maîtrise et à influer sur les perceptions adverses.

Toutefois, la répétition insistante d’une version systématiquement contredite affaiblit celui qui la porte. Une parole qui doit sans cesse être réaffirmée face au démenti finit par susciter le doute.

Au-delà de cet épisode, c’est l’ensemble de la communication présidentielle qui apparaît traversé par une instabilité structurelle.

Donald Trump affirme que l’Iran souhaite négocier, tout en assurant qu’il n’est « pas pressé » de conclure. Il évoque des échanges « productifs », alors même que Téhéran nie tout contact. Il alterne entre menaces d’escalade et ouvertures diplomatiques, sans ligne directrice clairement identifiable.

Cette oscillation permanente ne produit pas un effet de dissuasion. Elle installe une incertitude diffuse, qui fragilise la capacité des États-Unis à envoyer des signaux cohérents.

OTAN et Ormuz : l’ambivalence stratégique

Les déclarations relatives à l’OTAN en offrent une illustration particulièrement nette. Donald Trump suggère que les États-Unis pourraient ne plus honorer leur engagement de défense : « Nous dépensons des centaines de milliards de dollars pour les protéger… mais au vu de leurs actions, je suppose que nous n’avons plus à l’être, n’est-ce pas ? »

Cette mise en cause intervient précisément au moment où Washington sollicite le soutien de ses alliés pour sécuriser le détroit d’Ormuz.

Le contraste est frappant. D’un côté, un appel à la solidarité stratégique ; de l’autre, une remise en cause de son principe même. Cette ambivalence affaiblit mécaniquement la cohésion de l’alliance et brouille le message adressé tant aux partenaires qu’aux adversaires.

À cela s’ajoute la séquence du « détroit de Trump ». En évoquant la nécessité d’ouvrir ce passage stratégique, le président glisse ce lapsus — ou cette provocation — avant de se corriger, puis d’affirmer qu’« avec lui, il n’y a pas d’accidents ».

Ce moment, à la fois léger et troublant, illustre une difficulté plus profonde : celle de maintenir un registre présidentiel à la hauteur des enjeux. Car le détroit d’Ormuz n’est pas un simple symbole. Il constitue un point névralgique du commerce énergétique mondial, dont la perturbation affecte l’ensemble de l’économie internationale.

Une guerre mal calibrée

Ces dérives discursives renvoient à une question plus fondamentale : celle de l’évaluation initiale du conflit.

L’offensive américaine semble avoir été conçue comme une démonstration de force rapide, susceptible de contraindre l’Iran à céder. Or, la réalité observée suggère une dynamique différente.

L’Iran ne cherche pas l’affrontement frontal décisif. Il privilégie une stratégie d’usure, fondée sur la durée, la dispersion et la perturbation indirecte. Le blocage du détroit d’Ormuz en constitue une illustration majeure.

Dans ce type de configuration, le temps devient un facteur déterminant. Et il apparaît aujourd’hui davantage favorable à Téhéran qu’à Washington.

La conséquence directe de cette situation est une érosion progressive de la crédibilité américaine.

Lorsque la parole officielle est perçue comme fluctuante, voire contradictoire, elle perd de sa force normative. Elle cesse d’être un repère stable pour devenir un élément parmi d’autres dans le jeu des perceptions.

Or, la crédibilité constitue un pilier essentiel de la puissance. Elle conditionne la capacité à dissuader, à rallier, à structurer les alliances.

Un précédent préoccupant

Au-delà du cas américain, une interrogation plus large s’impose.

Si le président de la première puissance mondiale adopte une posture aussi instable — mêlant provocation, contradiction et personnalisation extrême — que peut-on attendre des dirigeants de puissances moins structurantes ? Le risque est celui d’un effet de diffusion. La norme se délite au sommet, et avec elle les cadres implicites qui régulent les comportements étatiques.

Donald Trump ne se contente pas de conduire une guerre : il en redéfinit les modalités discursives.

Mais à force de contradictions et de mises en scène, la parole présidentielle cesse d’être un instrument de puissance pour devenir un facteur d’incertitude.

Et cette incertitude n’est pas neutre. Elle peut, à elle seule, accélérer le glissement vers un désordre dont nul ne maîtriserait plus les contours.

mondafrique.com

Whatsapp, Signal, Telegram... ces messageries grand public inquiètent les services de renseignement

 

Elles s’appellent Signal, Telegram ou WhatsApp. Ces messageries instantanées que nous sommes nombreux à utiliser seraient particulièrement ciblées par les cyberattaques.

L’avertissement n’est pas anodin car il émane d’une publication officielle fin mars 2026 du très officiel Centre de coordination des crises cyber (C4) effectuée en commun avec la DGSE et la DGSI, les services de renseignement extérieur et intérieur français, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et le Commandement de la cyberdéfense (ComCyber) du ministère des Armées.

Tous sont catégoriques concernant la recrudescence de campagnes d’attaques visant les comptes de messageries instantanées appartenant à des responsables politiques et des hauts fonctionnaires français.

Le sujet n’est pas nouveau puisqu’au regard des risques déjà constatés, François Bayrou, alors Premier ministre avait en juillet 2025 signé une circulaire imposant aux agents de l’État d’utiliser à partir du 1er septembre 2025 exclusivement l'application tricolore Tchap.

Usurpation d'identité et espionnage

Les attaquants cherchent à amener leur interlocuteur à leur laisser avoir accès à leur compte en liant leur téléphone au profil de leur victime. C’est notamment le cas pour Signal et WhatsApp. La future victime reçoit un message l’invitant à rejoindre un groupe de discussion sur un sujet qui la concerne ou l’intéresse.

En cliquant sur un QR code, en pensant s’inscrire à cette nouvelle communauté, il déclenche à son insu la liaison de son compte personnel avec le téléphone de l’attaquant. Celui-ci reçoit donc les messages et peut publier en usurpant l’identité du compte piraté.

Dans d’autres cas, on reçoit un prétendu message émanant du service "Support" de Signal. Il vous est demandé de fournir vos identifiants au nom d’une opération de contrôle technique. Là encore, le pirate est à même désormais d’utiliser le compte comme s’il en était le gestionnaire légitime. Il faut donc régulièrement vérifier dans les paramètres de l’application qu’il n’existe pas d’autres appareils jumelés avec votre compte.

Des piratages constatés dans tous les pays

En février dernier, les services de renseignement allemand sonnaient l’alerte, et furent relayés par leurs homologues néerlandais début mars. Le 20 mars 2026, le FBI publiait une mise en garde concernant des opérations iraniennes contre les utilisateurs de la messagerie Telegram.

L’idée étant que ces actions offensives servent aussi bien à espionner les conversations, que de manipuler les sujets de discussion dès lors que ces messageries sont aujourd’hui souvent utilisées comme des réseaux sociaux à part entière.

De quoi inciter à ne pas scanner de QR codes partagés sur ces plateformes et à vérifier par un autre canal l’identité de l’émetteur d’un message dont la teneur est surprenante ou inhabituelle.

Très mal noté lors de ses évaluations, le futur pistolet des forces suisses fait polémique

 

En décembre dernier, l’Office fédéral de l’armement [Armasuisse] fit savoir que le pistolet Sig Sauer venait d’être sélectionné aux dépens du Glock G45 Gen 5 et du SFP9 proposé par Heckler & Koch et qu’un premier lot de 50 000 exemplaires allait être commandé pour remplacer progressivement les P75 actuellement en dotation au sein des forces armées suisses.

«L’utilisation du SIG Sauer P320 est très répandue au sein des armées, des autorités gouvernementales et des services de police suisses et étrangers, et il s’agit d’un système d’armes qui a fait ses preuves. Dans le cadre des essais techniques, un protocole d’essai standardisé et reconnu a été appliqué et le SIG Sauer P320 a satisfait à tous les aspects liés à la sécurité lors des tests», avait justifié Armasuisse.

Seulement, plusieurs affaires ont nui à la réputation du SIG Sauer P320.

En 2017, la police de Dallas ordonna à son personnel de ne plus utiliser cette arme car celle-ci était susceptible de faire feu en cas de chute, ce qui amena Sig Sauer à lui apporter des corrections.

Publiée six ans plus tard par le Washington Post, une enquête fit état de cent cas de tirs accidentels impliquant un P320. Et d’avancer que quatre-vingts personnes, dont trente-trois agents appartenant à dix-huit services de police différents, avaient été blessées. Au moins trente-cinq de ces incidents auraient été causés par des armes acquises après 2017, donc supposées avoir été modifiées.

En juillet 2025, l’Air Force Global Strike Command [AFGSC] décida de suspendre temporairement l’utilisation des pistolets M18 [désignation du P320 au sein des forces américaines, ndlr] après un incident mortel survenu à la base aérienne «F.E. Warren» [Wyoming] et ordonna une inspection complète de toutes les armes de ce type.

Plus tard, un aviateur fut arrêté pour entrave à la justice et, surtout, pour avoir commis un homicide involontaire en lien avec cet incident. Si les M18 furent ensuite remis en service, il apparut toutefois que 191 d’entre eux nécessitaient des réparations à cause d’une «usure anormale» de certaines pièces.

Quoi qu’il en soit, ces incidents n’ont donc pas empêché le P320 de remporter l’appel d’offres émis pour remplacer les P75 des forces suisses. Pour autant, cette décision fait polémique, après que le site d’information Watson a révélé les résultats des évaluations menées par Armasuisse.

Si ces derniers avaient été pris en compte, alors le choix se serait porté sur le Glock 45 Gen 5, celui-ci ayant obtenu une note globale de 7/10. Quant au P320, il a reçu la note de 1/10. Soit la plus basse possible. Ainsi, sa précision a été jugée insuffisante [à cause d’un guidon surdimensionné masquant une partie de la cible] tandis que son ergonomie le rend «difficile à maîtriser».

«Le réarmement de la détente a été décrit comme à peine perceptible, ce qui entraîne des erreurs en situation de stress» et le «relèvement de l’arme après le tir » est si prononcé qu’il “complique fortement la réacquisition rapide de la cible. Cela a notamment entraîné, chez des tireuses ne disposant pas d’une forte musculature, des problèmes médicaux, en particulier des douleurs au poignet nécessitant de porter des bandages», rapporte Watson.

L’évaluation a aussi déterminé que la culasse du P320 «ne se refermait souvent pas automatiquement», obligeant ainsi le tireur à «la pousser manuellement vers l’avant», ce qui serait susceptible «d’entraîner des erreurs fatales en situation de combat». En outre, le pistolet de Sig Sauer aurait tendance à s’user «prématurément». Enfin, «sa maintenance» et «son nettoyage» se sont avérés «laborieux et compliqués».

Dans ces conditions, pourquoi le P320 a-t-il été choisi ? Dans son communiqué publié en décembre, Armasuisse donne une partie de la réponse.

«Une évaluation globale en termes de politique d’armement et d’économie a toutefois révélé des avantages substantiels pour le modèle SIG Sauer P320 dans des domaines pertinents. De plus, l’analyse de la valeur d’usage a montré que les systèmes d’armes évalués sont certes quasiment équivalents en termes d’utilité globale, mais qu’ils diffèrent considérablement en termes de coûts totaux», a-t-il en effet expliqué.

En clair, le P320 a été choisi parce qu’il sera fabriqué en Suisse et qu’il a été estimé que ses défauts pouvaient être corrigés.

«Le gouvernement veut renforcer l’industrie d’armement helvétique pour des raisons économiques et liées à l’indépendance sécuritaire du pays. Les armes devraient ainsi être produites en Suisse, dans une filiale de l’entreprise située dans le canton de Schaffhouse», a résumé la RTS. «Le chef de l’armement semble miser sur cette arme controversée principalement parce que SIG Sauer s’est engagé à la produire en Suisse, s’inscrivant dans la stratégie de défense du Conseil fédéral», a confirmé le journal Blick.

Membre du Conseil des États [chambre haute du Parlement], Charles Juillard [Centre] a admis les défauts du P320. Mais, a-t-il dit à la RTS, ils ont été constatés sur des armes issues «de chaînes de production américaines», alors que les pistolets destinés aux forces helvétiques seront fabriqués «en Suisse».

Sous réserve que la commande soit confirmée par le Parlement, Sig Sauer va devoir améliorer le P320 conformément aux exigences techniques dictées par Armasuisse. Puis, a conclu Watson, les livraisons des premières armes devraient commencer en 2028.

opex360.com

Attentat déjoué à Paris devant la Bank of America

 

Un attentat à l'engin explosif a été déjoué samedi à Paris devant l'établissement bancaire américain Bank of America grâce à l'intervention de policiers qui ont interpellé un homme s'apprêtant à allumer le dispositif, a appris l'AFP auprès de sources proches du dossier. 

Les faits se sont déroulés vers 03h30, rue La Boétie, dans le centre de Paris, devant les locaux de la Bank of America. Des policiers y ont interpellé un homme qui venait de déposer un engin explosif artisanal, selon des sources proches du dossier. Il a été placé en garde à vue, a confirmé le Parquet national antiterroriste (Pnat). Le Pnat, qui s'est saisi immédiatement, a précisé avoir ouvert une enquête notamment pour «tentative de dégradation par incendie ou moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste».

L'engin explosif était composé d'un bidon transparent de cinq litres de liquide, probablement un hydrocarbure, et d'un système de mise à feu, selon une des sources. La charge était composée d'un pétard d'environ 650 grammes de poudre explosive, selon les premiers éléments.

Recruté sur Snapchat pour 600 euros

L'homme interpellé sur les lieux était accompagné par un deuxième individu qui a pris la fuite, en courant. Selon les premiers éléments, les deux hommes étaient arrivés à pied devant la banque. Pendant que le premier déposait le dispositif, le second a pris du recul pour, semble-t-il, faire des photos ou une vidéo avec son portable.

L'homme interpellé a affirmé être mineur et de nationalité sénégalaise, selon la même source qui a précisé que son identité était en cours de vérification. Il a expliqué, selon une autre source policière, avoir été recruté via l'application Snapchat pour réaliser cette opération moyennant la somme de 600 euros. Lorsque les policiers qui patrouillaient l'ont interpellé, il s'apprêtait à allumer le dispositif avec un briquet.

«Nous sommes au courant de la situation et nous communiquons avec les autorités÷ françaises, a indiqué un porte-parole de la banque, basée à Charlotte en Caroline du Nord, dans l'est des Etats-Unis.

Nuñez fait le lien avec le Moyen-Orient

Sur X, le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié les faits d'«action violente à caractère terroriste». Il a souligné que «la vigilance demeur(ait) plus que jamais à haut niveau» en félicitant les policiers pour leur intervention et leur «mobilisation».

Samedi soir, il a fait le «lien» entre l'attentat déjoué visant à Paris la Bank of America et la guerre au Moyen-Orient. Il a dit voir des «similitudes» entre cette action et des opérations menées ces derniers jours dans d'autres pays européens et revendiquées par un groupuscule. S'exprimant sur BFMTV, Laurent Nuñez a expliqué que «cette affaire (faisait) penser à des actions similaires qui se sont déroulées dans d'autres pays européens». Et d'ajouter: «je fais le lien avec les actions menées dans les pays voisins (...) qui ont abouti» et ont été suivies de «revendications d'un groupuscule qui faisaient référence au conflit». 

Un groupuscule «Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya» (Hayi) a revendiqué ces derniers jours plusieurs attaques contre la communauté juive, en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. A chaque fois, les vidéos de ces opérations ont été diffusées sur des chaînes Telegram considérées par les services comme proches des Gardiens de la révolution islamique iranienne.

Le ministre a fait remarquer que dans le cas de l'attentat déjoué à Paris, l'un des hommes en cause, mais en fuite, était en train de filmer l'action au moment où son complice s'est fait interpeller par les policiers en patrouille. Il a donné quelques indications sur l'homme interpellé, en affirmant qu'il était un délinquant de «droit commun». Le ministre a évoqué une opération menée par des «proxies» (intermédiaires, ndlr) de l'Iran.

«Il y a un certain nombre de services iraniens qui sont susceptibles de mener des actions telles que celle-là au moyen de 'proxy'. Est-ce que c'est le cas au cas d'espèce? Je n'en sais rien du tout», a-t-il dit, mais, a-t-il ajouté, «je peux vous dire qu'il y a une grosse similitude entre cette action et ce qui s'est passé dans d'autres pays européens». «Je ne pointe pas un commanditaire (...) mais il y a quand même une suspicion», a-t-il dit.

Appels à la vigilance extrême

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le ministre a multiplié les appels à la «vigilance extrême» des forces de l'ordre particulièrement pour protéger les opposants iraniens, leurs locaux associatifs, les lieux de culte juifs ainsi que les intérêts américains et israéliens, tous identifiés comme cibles potentielles d'actes terroristes. Pour ce faire, Laurent Nuñez a demandé une mobilisation renforcée des forces de l'ordre avec un engagement plus conséquent des forces de l'opération Sentinelle, notamment dans les gares et les lieux publics connaissant une forte affluence.

Jusqu'ici, aucun projet d'attentat ou attentat n'avait été mis au jour et déjoué en France depuis le début de la guerre. Cette opération déjouée est la «concrétisation de la menace iranienne contre les intérêts américains et israéliens partout en Europe, identifiée par les autorités» depuis le début de la guerre, a commenté une autre source proche du dossier.

Si la France n'est pas en elle-même une cible, le gouvernement et les services mettent en garde, depuis le début de la guerre, contre le risque d'actions à caractère terroriste pouvant viser tout ce qui a trait aux Etats-Unis et à Israël sur le territoire.

AFP

vendredi 27 mars 2026

Vaste opération du ministère de la Sécurité d'État chinois visant des dizaines d'employés de l'UE et de l'Otan

 

Une vaste opération d'espionnage des services secrets chinois et visant des personnels européens ou de l'Otan via de faux profiles LinkedIn a été mise au jour, a indiqué vendredi 27 mars une source sécuritaire européenne. Cette opération a été menée par le ministère de la Sécurité d'État chinois, a précisé cette source à l' AFP , confirmant des informations du média français Intelligence Online et de médias belges.

Des dizaines de personnes ayant travaillé dans des institutions européennes ou à l'Otan ont été approchées sur la plateforme professionnelle LinkedIn par des espions chinois qui avaient créé de faux profils, a expliqué cette source. Plusieurs d'entre elles ont été recrutées, en France, Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas et Italie. Avec cette opération, "de nombreuses informations et renseignements importants ont pu parvenir à la Chine", a déclaré vendredi à l' AFP la ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, confirmant des propos tenus auprès du journal belge L'Echo.

L'un des faux profil LinkedIn particulièrement actif portait le nom de "Kevin Zhang" et prétendait être à la tête d'une société de conseil fictive, "Oriental Consulting", implantée à Hong Kong. Dans un premier temps, les espions commandaient aux personnes recrutées des rapports ou notes d'analyse rémunérées , avant de leur demander des informations non publiques voire "classifiées". Les personnes recrutées étaient rémunérées plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d'euros.

Sanctions contre la Chine et stratégie sur Taïwan

Les thèmes intéressants les services chinois portaient en priorité sur les sanctions et autres mesures de l'Union européenne ciblant la Chine ou encore sur la stratégie de l'Otan en Asie, notamment vis-à-vis de Taiwan.

"Au fil des ans, grâce à un système ingénieux, divers fonctionnaires, universitaires et autres personnalités influentes à travers le monde ont été approchés par ce qui s'est avéré être un agent des services de renseignement chinois", a détaillé la ministre belge de la justice.

"Alors qu'autrefois, de telles missions étaient principalement menées par des 'spécialistes', Internet et les nombreuses plateformes de réseaux sociaux constituent aujourd'hui un vivier pour les grandes puissances qui, de manière sournoise et contre rémunération, convainquent des personnes de se livrer à l'espionnage et de diffuser de la propagande", a-t-elle encore dit.

Des services de renseignement en Europe ont alerté à plusieurs reprises sur ce type d'opération d'espionnage menée par la Chine. En novembre 2025, le service britannique de renseignement intérieur (MI5) avait alerté les parlementaires sur des tentatives d'espionnage de la Chine à leur encontre. Le MI5 avait dénoncé le comportement d'agents chinois et communiqué aux parlementaires les noms de deux recruteurs suspects opérant notamment sur des plateformes en ligne, par exemple LinkedIn. Ces accusations avaient été démenties par la Chine.

L'ex-directeur de la DGSE (renseignement extérieur français), Bernard Emié, avait dénoncé en 2023 lors d'une audition parlementaire une "opération d'espionnage massive engagée depuis 2014 -et sans doute avant- par les services chinois de renseignement à travers les réseaux sociaux, notamment LinkedIn, où plus de 17.000 Français ont été 'tamponnés' (approchés)".

boursorama.com