Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

jeudi 1 octobre 2026

Attentat de Reyhanlı : un planificateur capturé par le renseignement turc

 

Le Service du renseignement turc (MIT) a capturé Omer al-Hatip, l’un des auteurs syriens de l’attentat terroriste de Reyhanlı en en Türkiye en 2013 qui avait fait 53 morts, alors qu’il s’apprêtait à fuir vers l’Europe par voie maritime.

Selon des sources sécuritaires, Omer al-Hatip, recherché par notice rouge, a participé à la planification et à l’organisation des attentats de Reyhanlı. Il assurait également la coordination entre les auteurs de l’attaque et des membres des services de renseignement fidèles à Bachar al-Assad.

Omer al-Hatip a mis en relation Yusuf Nazik, qui préparait des actions contre la Türkiye, avec Kifah Melhem en 2013. Les détails de la planification de l’attentat ont été fixés lors de ces rencontres.

Dans un premier temps, Omer al-Hatip et Yusuf Nazik sont entrés en Türkiye depuis Hatay en février 2013, avant l’attaque, afin de déterminer les points où l’action serait menée. Ils auraient obtenu l’approbation de Kifah Melhem, alors basé à Lattaquié.

Avant la date de l’attentat, en mai 2013, Omer al-Hatip s’est rendu avec Temir Dukancı à la branche de Lattaquié de l’Emn El Askeri (renseignement militaire) pour récupérer le matériel destiné au dispositif explosif.

Le véhicule piégé a été conduit à Reyhanlı par Temir Dukancı et Yusuf Nazik, puis fait exploser à distance. Immédiatement après les attentats, Omer al-Hatip a conduit Temir Dukancı et Yusuf Nazik, qui s’étaient enfuis en Syrie, à la branche de Lattaquié de l’Emn El Askeri.

Omer al-Hatip et les autres auteurs de l’attentat ont été récompensés financièrement par le régime de Bachar al-Assad.

Le MIT a suivi la piste étape par étape

Le MIT a lancé des investigations pour capturer les auteurs dès le lendemain de l’attentat de Reyhanlı. Comme pour les autres suspects, les activités d’Omer al-Hatip en Syrie ont été étroitement surveillées.

Le MIT a intercepté Omer al-Hatip alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays par mer pour rejoindre l’Europe, avant de le ramener en Türkiye.

Parmi les autres auteurs et planificateurs de l’attentat, Yusuf Nazik a été capturé en 2018, Cengiz Sertel en 2024, tandis que Muhammed Dib Koralı et Temir Dukancı l’ont été en 2025.

Le général de division Kifah Melhem, qui avait donné l’ordre de l’attentat de Reyhanlı, a été nommé en février 2024 par Bachar al-Assad à la tête du Bureau de la sécurité nationale.

Il se serait enfui à l’étranger après la chute du régime d’Assad.

aa.com.tr

Le MI5 appelle des universitaires à rompre leurs liens avec un institut de recherche chinois

 

Le service de renseignement intérieur britannique, le MI5, a appelé mercredi les établissements universitaires à cesser de collaborer avec un institut de recherche chinois, qu’il accuse de liens avec les services de renseignement de Pékin.

Dans un message «d’alerte espionnage» mis en ligne mercredi, le MI5 assure avoir «établi que le China General Technology Research Institute (CGTRI)(…) entretient des liens étroits avec le ministère chinois de la Sécurité d’État, le service de renseignement civil et de sécurité chinois».

Il ajoute que la «mission première» du CGTRI est de «financer des recherches universitaires visant directement à renforcer les capacités techniques d’espionnage» du ministère de la Sécurité d’État chinois, et qu’il représente «une menace pour la sécurité nationale britannique».

Selon le MI5, «plus de 100 chercheurs» liés à des établissements britanniques «ont contribué» à des programmes financés par cet institut.

En conséquence, «il est vivement conseillé aux établissements universitaires britanniques de réexaminer sans délai toute collaboration en cours ou envisagée avec le CGTRI», prévient-il.

Et il évoque les «possibles conséquences pénales» dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale, si ses recommandations ne sont pas suivies.

L’ambassade de Chine à Londres a rejeté ces accusations, les décrivant comme «imaginaires et purement inventées» par le MI5. Son porte-parole a indiqué à l’AFP que des «protestations solennelles» avaient été adressées auprès des homologues britanniques.

Cette alerte intervient alors que Londres accuse régulièrement Pékin d’espionnage et d’ingérence politique. En novembre 2025, le MI5 avait alerté les parlementaires britanniques sur des tentatives d’espionnage de la Chine à leur encontre.

En juin dernier, l’alliance des services de renseignement des «Five Eyes», qui regroupe notamment le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada, avait accusé des espions chinois de cibler sur des sites d’offres d’emploi des fonctionnaires, militaires et les personnes ayant accès à des informations classifiées ou confidentielles.

Au Royaume-Uni, le gouvernement travailliste arrivé au pouvoir en 2024 s’est efforcé d’améliorer les relations bilatérales avec Pékin, après des années de crispations, mais affirme que la Chine reste une «menace» pour la sécurité nationale du pays.

noovo.info

Dubaï-Tel-Aviv : le vol qui a frôlé la catastrophe

 

Le vol FZ1073 devait relier Dubaï à Tel-Aviv comme flydubai le fait quotidiennement depuis la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et Israël. Mercredi 30 septembre, cette liaison devenue l’un des symboles les plus concrets des accords d’Abraham a pourtant basculé en quelques secondes dans un scénario catastrophe.

Le Boeing 737 évolue à plus de 30.000 pieds lorsqu’une violente altercation éclate dans le cockpit. Selon les autorités israéliennes, le copilote poignarde le commandant de bord, Smit Machchhar, un ressortissant indien, puis tente de faire s’écraser l’appareil. Ce dernier point repose encore sur le récit des autorités israéliennes et devra être confirmé par l’enquête. La chute de l’avion, elle, est enregistrée par les données de vol : près de 14.000 pieds perdus en moins de trente secondes, selon les données de Flightradar24 citées par Reuters. L’Associated Press rapporte une chute de quelque 33.000 à 17.000 pieds en environ une minute. 

Les signaux envoyés par l’appareil donnent la mesure de la situation. Après le début des brusques variations d’altitude, le transpondeur passe au code 7700, qui signale une urgence générale, puis au 7500, réservé à une intervention illicite à bord. L’appareil se dirige brièvement vers l’espace aérien jordanien avant de revenir vers l’Arabie saoudite et de demander un atterrissage d’urgence à Tabuk. À bord, la bataille pour reprendre le contrôle de l’avion est déjà engagée.

Quelques secondes entre le vol et la catastrophe

Le commandant est au sol, ensanglanté. Selon le récit fourni à Reuters par un porte-parole de Benjamin Netenyahu, il réussit néanmoins à actionner le mécanisme permettant d’ouvrir la porte du cockpit. Des passagers et des membres d’équipage y pénètrent et maîtrisent le copilote. L’un des passagers ayant participé à l’intervention, Asaf Rajuan, arrivera à Tel-Aviv avec une blessure encore visible au front. Un autre, Yaniv Hayun, est présenté par le bureau du Premier ministre israélien comme l’un de ceux qui sont entrés dans le cockpit. 

C’est alors qu’intervient un concours de circonstances déterminant. Deux autres pilotes de flydubai se trouvent à bord du FZ1073. Reuters les décrit comme une « seconde paire » de pilotes de la compagnie. Flydubai précise de son côté que l’appareil a été sécurisé par des membres d’équipage en service voyageant à bord. Une fois le copilote neutralisé, ces pilotes peuvent reprendre la conduite de l’avion et permettre son atterrissage à Tabuk, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite. 

La question s’impose d’elle-même : que se serait-il passé s’ils n’avaient pas été présents ?

La succession des événements montre à quel point l’issue a tenu à plusieurs circonstances exceptionnelles. Le commandant blessé reste suffisamment conscient pour permettre l’ouverture du cockpit. Des passagers et des membres d’équipage réussissent à neutraliser l’agresseur. Deux pilotes qualifiés sont disponibles pour reprendre les commandes d’un appareil qui vient de connaître une chute vertigineuse. Le crash a donc été évité. Mais pourquoi le copilote a-t-il agi ? C’est ici que les faits établis s’arrêtent.

Benjamin Netenyahu affirme que le copilote a tenté de précipiter l’avion vers le sol. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a parlé d’une « tentative d’attentat jihadiste ». Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir a lui aussi immédiatement inscrit l’événement dans le registre terroriste. Mais aucune conclusion d’enquête disponible au 1er octobre ne permet d’établir ce mobile. Flydubai a demandé d’éviter toute « spéculation prématurée » et affirme que les raisons profondes de l’incident restent inconnues. Le régulateur émirati de l’aviation civile parle pour sa part d’un « incident de sécurité » qui a été maîtrisé. 

Selon un responsable israélien cité par Reuters, le copilote serait omanais. Là encore, la prudence s’impose. Oman n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël, mais aucun élément rendu public ne permet d’établir un lien entre la nationalité du copilote et son geste. Son identité complète, ses motivations et les circonstances ayant précédé l’agression restent à déterminer. 

La faille vient-elle du cockpit ?

L’incident déplace brutalement la question de la sécurité aérienne. Depuis les attentats du 11-Septembre, une grande partie des dispositifs de protection est conçue pour empêcher une menace extérieure d’atteindre le cockpit. Le FZ1073 pose le problème inverse : que faire lorsque la menace vient de l’un de ceux auxquels l’accès au poste de pilotage est précisément réservé ?

Une première question concerne l’arme utilisée. Reuters n’a pas pu déterminer quel objet a servi à poignarder le commandant. Deux pilotes travaillant au Moyen-Orient, mais pas pour flydubai, ont expliqué à l’agence que les pilotes passent normalement des contrôles comparables à ceux des passagers et ne devraient donc pas pouvoir embarquer avec un couteau ou une arme à feu. D’autres objets présents à bord pourraient cependant devenir des armes. Reuters cite notamment les couteaux métalliques éventuellement utilisés pour le service des repas ou la hache de secours présente dans de nombreux cockpits. 

Il faudra donc déterminer ce qui a réellement été utilisé avant de parler d’une défaillance des contrôles à Dubaï.

L’autre question est celle du contrôle des équipages eux-mêmes. L’Agence européenne de la sécurité aérienne a rappelé à Reuters que la certification et la surveillance de flydubai relèvent de l’Autorité générale de l’aviation civile des Émirats arabes unis, notamment pour les exigences concernant les équipages et leur aptitude à voler. 

Israël a déjà annoncé qu’il renforcerait ses propres vérifications. Doron Spielman, porte-parole du bureau du Premier ministre, a indiqué que les autorités entendaient désormais connaître plus précisément l’identité des pilotes desservant Israël et procéder à des contrôles de sécurité supplémentaires. 

L’affaire rappelle inévitablement une autre catastrophe provoquée depuis l’intérieur d’un cockpit. En mars 2015, le copilote du vol Germanwings 9525 avait volontairement dirigé un Airbus A320 vers les Alpes françaises après avoir empêché le commandant de bord de revenir aux commandes. Les 150 personnes présentes dans l’avion avaient péri. Les circonstances du FZ1073 sont différentes et son mobile n’est pas établi, mais la même vulnérabilité réapparaît : les dispositifs destinés à rendre le cockpit inaccessible peuvent aussi compliquer l’intervention lorsque le danger s’y trouve déjà. 

De Dubaï à Tabuk, la géopolitique s’invite à bord

La destination du vol donne enfin à l’incident une dimension qui dépasse largement la sécurité aérienne.

Depuis 2020, les vols directs entre Dubaï et Tel-Aviv constituent l’une des traductions quotidiennes des accords d’Abraham. Les Émirats arabes unis ont développé avec Israël des relations économiques, diplomatiques et sécuritaires étroites. Malgré les guerres et les bouleversements qui ont secoué la région depuis le 7 octobre 2023, flydubai continue d’assurer quotidiennement cette liaison, très fréquentée par les Israéliens. 

Si l’enquête établissait que le copilote a choisi d’agir précisément parce que l’avion se dirigeait vers Israël, l’affaire prendrait donc une tout autre dimension. Elle poserait la question de la vulnérabilité des liaisons aériennes devenues emblématiques de la normalisation entre Israël et certains États arabes. Si, au contraire, un mobile personnel ou sans rapport avec la destination était établi, cette lecture politique perdrait une grande partie de sa pertinence.

Pour l’instant, les enquêteurs doivent précisément départager ces hypothèses.

Un autre acteur s’est retrouvé, presque malgré lui, au centre de l’affaire : l’Arabie saoudite. Le FZ1073 a trouvé refuge dans un pays qui ne possède toujours pas de relations diplomatiques avec Israël. Les autorités saoudiennes ont autorisé son atterrissage à Tabuk, pris en charge les blessés et les passagers et ouvert une enquête. Mais Riyad a également rappelé les limites de cette coopération d’urgence.

Selon deux sources sécuritaires citées par Reuters, l’Arabie saoudite a refusé une demande israélienne visant à permettre à des avions militaires de venir récupérer les passagers. L’armée de l’air israélienne se préparait à envoyer des Super Hercules. Ce sont finalement des appareils de flydubai qui ont assuré leur transfert vers Israël.

L’épisode illustre la relation particulière entre Riyad et Israël. L’Arabie saoudite permet depuis plusieurs années à certaines liaisons israéliennes d’utiliser son espace aérien et peut coopérer lorsqu’une urgence l’exige. Elle n’a cependant pas rejoint les accords d’Abraham et continue de lier une éventuelle normalisation à une perspective politique pour les Palestiniens. 

L’enquête saoudienne sera donc essentielle. Elle devra reconstituer ce qui s’est exactement passé dans le cockpit, déterminer la nature de l’arme, établir les gestes effectués sur les commandes et surtout éclaircir le mobile du copilote.

Une question demeure au centre de toutes les autres : le FZ1073 a-t-il été visé parce qu’il reliait Dubaï à Tel-Aviv, ou sa destination n’a-t-elle joué aucun rôle dans l’agression ?

La réponse déterminera la portée véritable de l’affaire. Pour l’heure, une seule conclusion peut être tirée sans extrapolation : un avion transportant plus de 170 personnes a perdu près de 14.000 pieds en quelques secondes au cours d’une agression dans son cockpit, et la catastrophe a été évitée par une succession d’interventions aussi rapides qu’exceptionnelles.

Sur une ligne aérienne devenue l’un des symboles les plus visibles du rapprochement israélo-émirati, l’épisode ne pouvait rester une simple affaire de sécurité aérienne.

mondafrique.com

Les Américains au mieux avec le général Mounir Zahi

 

Les récents bouleversements à la tète du contre espionnage algérien (DGSI), la branche la plus puissante des services, témoigne de la très forte influence américaine à Alger. Le général Hassan qui en était le patron et qui passait pour un interlocuteur privilégié de Paris depuis les années noires (1992-1998), en a été évincé au printemps dernier. Son remplacement par un gradé très proche des Américains, le général Zahi, témoigne de la vitalité des relations entre l’Algérie et les États-Unis qui sont souvent mal évaluées par les observateurs. Les deux pays coopèrent étroitement au Sahel, notamment au Mali, en ne laissant à la France d’Emmanuel Macron qu’un rôle désormais marginal.

Alors que les relations franco-algériennes connaissent apparemment une embellie, un coup de tonnerre s’est produit le 18 mai dernier qui relativise le réchauffement entre Paris et Alger. Le patron de la sécurité intérieure et du contre espionnage, le général-major Abdelkader Aït Ouarabi, connu sous un surnom, « Hassan », comme la plupart des patrons des services en Algérie, qui passait pour un ami des Français depuis les années noires des maquis islamistes entre 1992 et 1998, a été débarqué de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Connu comme un des éléments très proche du général Mohammed Medien, alias « Toufik », le véritable patron de l’Algérie jusqu’à son renvoi en 2015, avec lequel il entretient une relation familiale, le général Hassan est remplacé … par son adjoint, le général Mounir Zahi, adoubé notamment par les Américains qui ont favorisé sa promotion spectaculaire.

Joe Biden à la manoeuvre

Au départ, c’est l’administration démocrate du président Biden qui initie le rapprochement avec Alger. Le budget militaire algérien est passé en effet de 9,1 milliards pour 2021 à 22,7 milliards en 2023. Ce qui avait fait réagir les élus américains, à leur tête le sénateur de Floride Marco Rubio, l’actuel secrétaire d’État aux affaires étrangères de Trump, exigeant des sanctions contre l’Algérie dans le cadre de la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act). Étrangement, les Républicains de retour au pouvoir ont mis leurs menaces en sourdine et ont compris l’intérêt de se concilier les bonnes dispositions du pouvoir algérien.

Le général Zahi, promu en mai dernier directeur de la direction générale de la sécurité intérieure, n’est pas issu des services du renseignement. Il a toujours évolué au sein des forces aériennes comme expert de la défense du territoire. Détaché de son corps d’origine, il est placé par le chef d’État major, le général Chengriha, au sein du département de coopération internationale au ministère de la défense. Sa mission était le reprendre les fils des relations dégradées avec Washington depuis le début du Hirak en février 2019 jusqu’ à la sortie de la fin de la pandémie mondiale du Covid 2021.

L’administration Biden n’a pas mis en exécution la proposition des neuf sénateurs Républicains de sanctionner l’Algérie. Des projets de coopération et de manœuvres militaires communes, notamment navales, ont été lancés. Dépêché aux États unis pour encadrer le projet du dialogue militaire commun entamé en décembre 2023 à Washington, le général Mounir Zahi propose un partenariat win to win. Ce haut gradé préside, côté algérien, une réunion de haut niveau, avec du côté américain, la sous secrétaire à la défense par intérim pour les affaires africaines Jennifer Zakriski.

L’armement russe mis en concurrence

Les discussions ne se sont pas limitées uniquement aux projet de coopération militaire. Pour la première fois des débats portant sur l’industrie militaires et l’acquisition de nouvelles technologies de défense par l’Algérie ont été abordés sans complexe. L’homme de confiance de Chengriha a fait bonne impression face aux Américains expliquant la volonté de son pays à vouloir diversifier les fournisseurs de l’armée cantonnés jusqu’alors à Moscou et moderniser l’appareil militaire par des dispositifs de défense les plus performants sur le marché mondial.

En février 2024, le général Mounir Zahi avait été l’initiateur d’une réunion à Alger entre le ministre de la justice, Mohammed Reggaz et l’ambassadrice américaine à Alger à l’époque, Elizabeth Moore Aubin, portant sur la coopération dans la lutte anti terroriste, blanchiment d’argent et la criminalité transfrontalière. La volonté affichée d’établir des passerelles de coopération afin de renforcer des liens militaires et judiciaires au-delà de la collaboration européenne en méditerranée et sur le continent Africain. 

Le résultat positif du travail du général Zahi est couronné de succès avec la visite du général Michael LANGLEY, commandant des forces américaines pour l’Afrique (AFRICOM), le 22 janvier 2025, qui signait un protocole d’accord de coopération militaire soulignant le rôle stratégique de l’Algérie dans la stabilité régionale en Afrique du nord et au Sahel.

Malaise au sein de la DGSI

Une période de stabilité pourra-t-elle débuter à la tète de la DGSI? Il serait grand temps. Le poste du directeur au sein de la DGSI est devenu l’antichambre de la prison au sein des services secrets déstructurés qui ont connu, ces dernières années, une totale régression alors qu’ils éraient la colonne vertébrale du régime et son assurance vie contre toute remise en cause interne ou face aux menaces externes. En dix ans, la DGSI a vu défiler sept directeurs centraux. Ce turn over témoigne de l’instabilité régnante au sein de l’un des services le plus important du pays. Ces dernières années, les nominations sont souvent guidées plus par le partage des postes au sein des clans au pouvoir que par les aptitudes et les compétences.

Parachuté à la tête de la DGSI en 2022 qu’il quitte deux plus tard vaincu par la maladie, le général major Djamel Kehal Medjdoub avait été condamné à trois ans de détention, le 2 décembre 2015, lorsqu’il dirigeait la direction générale de la sécurité et de la protection présidentielle (DGSPP) sous le règne de Bouteflika.

Son successeur, le général Abdelkader Heddad, alias Nacer El Jen, n’a pas un parcours plus brillant. En fuite en Espagne durant les purges entamées en 2013 par le chef d’état major Gaid Salah, ce haut gradé revient au pays en 2019 après le changement à la tête du haut commandement de l’armée pour reprendre la direction du centre de répression Antar. Il sera propulsé à la tête de la direction de la DGSI.

Il en est de même du Général Abdelkader Ait Ouarabi alias Hassan. Arrêté le 27 juin 2015 dans le cadre de l’intervention du SCORAT dans l’affaire de l’intervention de cette unité d’élite dans la prise du centre gazier à Tinguentourine. Jugé et emprisonné pour cinq ans, il reprend du service à la tête de la DGSI le 22 mai 2025 pour être congédié le 18 mai 2026. Quant au général Wassini Bouazza, il a été nommé à la tète du contre espionnage sous le règne de Gaïd Salah, avant d’être condamné à seize ans de prison. 

Le ballet improbable de tous ces généraux qui passent des plus hautes fonctions de l’État à la prison de haute sécurité de Blida fait un peu désordre. Le fait de placer un gradé estimé à l’étranger et non issu des services de renseignement à la tète du contre espionnage pourrait ramener un peu de stabilité au cœur de l’institution militaire

Nicolas Beau

mondafrique.com

Assistez à un cours du soir inédit sur le monde du renseignement, dans l’auditorium du Monde ou depuis chez vous

 

Un rendez-vous hebdomadaire à partir du 17 novembre, animé par Jacques Follorou, journaliste au Monde et spécialiste des services secrets

Jacques Follorou, journaliste au Monde, anime un cours du soir en cinq sessions consacré aux espions.

A partir du 17 novembre, il proposera une plongée dans un univers parallèle, que l’on croyait en déclin depuis la fin de la guerre froide. Des services de renseignement russes aux opérations retentissantes du Mossad israélien, en passant par les assassinats ciblés orchestrés par la DGSE, le XXIe siècle a montré que le renseignement reste au cœur des enjeux de sécurité nationale des Etats, qu’ils soient démocratiques ou autoritaires. Un voyage en cinq sessions à travers les grandes affaires du renseignement international, illustré en direct par le dessinateur de presse Sergio Aquindo, pour mieux comprendre cet axe incontournable de l’équilibre politique et stratégique du globe.

Ce rendez-vous hebdomadaire est à suivre à partir du 17 novembre 2026, dans les locaux du journal à Paris, ou depuis chez vous, en direct comme en replay.


Dates et horaires : 

mardi 17 novembre de 19h à 20h30

lundi 23 novembre de 19h à 20h30

mardi 1er décembre de 19h à 20h30

mardi 8 décembre de 19h à 20h30

mardi 15 décembre de 19h à 20h30


Pour retrouver l’ensemble des informations et effectuer votre réservation, rendez-vous sur le site du Monde Ateliers.

  • Cours du soir sur le renseignement : « Au cœur de l’espionnage : la ruse au service du pouvoir »
  • Une session par semaine à partir du 17 novembre, de 19h à 20h30
  • Dans l’auditorium du Monde ou à distance, en direct et en replay
  • organisé par Le Monde Ateliers

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