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mardi 19 mai 2026

Frappes sol-sol :Taïwan peut-il contester le contrôle de son détroit par la Chine ?

 

Taïwan fait face à une dégradation de la maîtrise de ses approches, où la Chine jouit désormais d’une liberté de manœuvre totale. Aussi les capacités de frappes sol-sol s’imposent-elles comme l’une des options possibles de contre-attaque pour Taïwan, qui poursuit discrètement leur développement depuis les années 1990. Toutefois, trois enjeux technologiques s’imposent à tout acteur développant des capacités de frappe contre la terre : la portée, la précision et la survivabilité des missiles balistiques et de croisière et des drones.

Deux enjeux spécifiques s’y superposent. Premièrement, la mobilité du système, qui doit être optimale afin de permettre aux capacités de frappe taïwanaises de survivre aux offensives chinoises en changeant de position. Deuxièmement, l’inventivité de la Base industrielle et technologique de défense (BITD) taïwanaise qui doit développer, produire et moderniser rapidement des systèmes missiles, drones, roquettes destinés à frapper le continent chinois.

Le développement de capacités d’attaque sol-sol : une constante dans la stratégie taïwanaise

Le développement de capacités sol-sol par Taïwan remonte au début des années 1970 et est corrélé à son projet de disposer d’armes nucléaires. Ces deux efforts ont été menés par l’Institut national des sciences et technologies Zhongshan (NCSIST) (1). Toutefois, le développement d’armes nucléaires a cessé à la fin des années 1980 (2), à la suite de pressions américaines. Celui des capacités balistiques – les missiles Sky Horse

(天馬) et Ching Feng (青鋒) – s’en est alors trouvé ralenti, puisqu’il avait perdu sa vocation première. Il a progressivement retrouvé de la vigueur dans le contexte de la crise des missiles de 1995-1996, qui a rappelé la pertinence de l’usage de missiles de croisière et balistiques en cas de crise ouverte dans le détroit. Le développement de capacités balistiques reprit alors afin de frapper des cibles sur le territoire chinois. En parallèle, les progrès technologiques dans le ciblage ont permis de faire des missiles balistiques des armes de précision (3), ce qui profita au développement de programmes de missiles de croisière ; deux efforts toujours menés par le NCSIST dans le cadre de différents programmes.

Taïwan a pour objectif de créer « une interdiction multidomaine, une défense résiliente » (多域拒止、韌性防衛). La stratégie quadriennale de défense de 2025 (4) définit des « armes de frappe précise à long rayon d’action » (遠程精準打擊武器) comme éléments déterminants. Avec les capacités ISR et la création de commandements unifiés, ces armements – principalement des missiles balistiques et de croisière, des drones et de l’artillerie à longue portée – constitueront une « kill chain » (殺鏈) destinée à frapper des objectifs stratégiques disséminés sur le continent chinois.

Pour mener à bien cette stratégie, deux commandements organiques spécifiquement consacrés aux missions de frappe ont été créés. Le Commandement de la défense aérienne et des missiles de l’armée de l’air (空軍防空暨飛彈指揮部) fut constitué en 2017. Ce commandement organique a compétence en matière d’attaque sur le continent avec en dotation les missiles balistiques et de croisière actuellement déployés par Taïwan, et dispose aussi de capacités UAV en cours de livraison. Enfin, il a aussi pour mission d’assurer la défense aérienne du territoire.

Ce commandement sera complété par la création en juillet 2026 d’un Commandement du combat littoral (濱海作戰指揮部), dépendant de la marine, avec comme mission la surveillance des approches maritimes taïwanaises. Cette nouvelle unité englobe l’actuel escadron Hai Feng (中華民國海軍海鋒大隊), chargé du déploiement des missiles antinavires basés à terre ou sur lanceurs mobiles (Harpoon, Hsiung Feng II et III). Il ne peut être exclu que des missions de frappes sur le continent lui soient dévolues à terme.

Enfin, l’armée de terre taïwanaise a entamé le renouvellement de son artillerie à longue portée, et certaines de ses unités pourraient prendre part marginalement à des missions de frappes sur le territoire chinois, en particulier celles basées sur les archipels de Matsu et de Kinmen situés à proximité immédiate du continent chinois.

Les capacités de frappe sol-sol

Premièrement, Taïwan a lancé un programme de missile balistique. Le missile Sky Spear (天戟短程彈道飛), aussi nommé Sky Bow II B (天弓二B短程彈道飛彈) est un engin à courte portée (SRBM) développé par le NCSIST et dérivé du missile sol-air Sky Bow II (天弓二). Sa portée est estimée à 500 km, mais n’excède probablement pas 300 km. Il s’agit d’un missile de 1 150 kg à deux étages avec carburant solide, doté ou d’une tête explosive, ou d’une tête à sous – munitions. Déployé depuis 2001 et ayant fait l’objet d’un programme de modernisation en 2019, il est en mesure de frapper des cibles situées sur le littoral chinois, voire davantage dans la profondeur s’il est déployé sur les archipels de Matsu et de Kinmen jouxtant le continent. Taïwan a par ailleurs commandé 504 MGM‑140 ATACMS auprès de Lockheed Martin, en accompagnement de ses commandes de lance – roquettes multiples HIMARS passées depuis 2022. Le MGM‑140 est un missile balistique tactique à carburant solide, d’une portée de 300 km.

Deuxièmement, le NCSIST a développé simultanément le missile de croisière supersonique Hsiung Feng IIE (HFIIE, 雄風二E), sur la base des acquis accumulés dans le développement du missile antinavire Hsiung Feng II (HFII, 雄風二) dans les années 1990. Aussi appelé Hsiung Sheng (雄升), le HFIIE partage des composants avec le HFII, mais diffère dans son architecture et se rapproche plus du Tomahawk, notamment par son guidage GPS et son système de navigation TERCOM. Cet engin de 1 t est propulsé par un turbojet développé par le NCSIST (projet Kunpeng (鯤鵬計畫)) assisté par un booster à carburant solide au lancement, ce qui lui confère une portée variable entre 500 et 1 200 km. Il est déployé depuis 2004 et plus de 250 seraient en service dans deux versions en fonction de la portée. L’engin peut être déployé sur des lanceurs fixes ou mobiles, et disposerait de deux charges différentes : explosive ou à sous – munitions. Il a bénéficié d’un programme de modernisation en 2021 mené par le NCSIST dans le cadre du budget spécial 2022-2026 consacré au renforcement des capacités aériennes et navales (海空戰力提升特別預算) (5). En parallèle, 100 nouveaux missiles ont été commandés en 2022, poussant le NCIST à ouvrir une seconde ligne d’assemblage, partagée avec la production de missiles antinavires HFII (6). La portée du missile pourrait être améliorée et une nouvelle commande pourrait être notifiée prochainement au NCSIST. Constituant actuellement le fer de lance de la capacité sol-sol taïwanaise, l’engin aurait été aperçu pour la première fois en déploiement en 2025, alors que se tenait l’exercice chinois « Justice Mission 2025 ».

En parallèle, le NCSIST a discrètement entamé le développement du missile de croisière hypersonique Yun Feng (YF, 云峰飛彈), aussi appelé Ching Tien (擎天極音速巡弋飛彈). Avec un poids estimé entre 1,5 et 2 t, cet engin dispose d’une capacité d’emport supérieure, a une portée allongée (jusqu’à 2 000 km) et atteint une vitesse hypersonique grâce à un ramjet assisté d’un booster au décollage. Là où le HFIIE place à portée de tir l’ensemble des provinces côtières chinoises jusqu’à Qingdao, le YF est capable de frapper Pékin, notamment des cibles durcies grâce à sa charge semi – perforante à fragmentation. Une cinquantaine de missiles seraient actuellement déployés sur des lanceurs fixes et le NCSIST chercherait à en augmenter la cadence de production (7). Une nouvelle version nommée Yun Feng II (YFII, 云峰二型), plus rapide et dotée d’une capacité d’emport accrue serait en cours de développement. Cette nouvelle version sera déployée sur des véhicules mobiles.

Enfin, le NCSIST a noué avec l’entreprise américaine Anduril un accord de principe visant à développer un « missile de croisière autonome à bas coût » (低成本自主巡弋飛彈), dévoilé en septembre 2025 (8). Ce programme consiste à compléter l’emploi des HFIIE et YF par un engin plus petit et plus mobile : 16 missiles seraient transportés sur un seul véhicule lanceur, et pourraient être employés en essaim. L’engin serait assez proche du Barracuda‑500 développé par Anduril. Par ailleurs, son coût et sa facilité de production sont des critères mis en avant par le NCSIST afin d’élargir rapidement le stock actuel de missiles balistiques et de croisière, qui semble n’être pas assez suffisant pour soutenir plusieurs semaines de combat. Ce faisant, Taïwan renoue progressivement avec la coopération internationale dans la conception de ses capacités sol-sol, après une phase d’autarcie de trois décennies.

Troisièmement, Taïwan a commencé le développement de drones peu coûteux à long rayon d’action pouvant être employés comme des munitions rôdeuses. À l’instar de l’Ukraine ou de l’Iran, il tire les leçons de son rapport de force défavorablement disproportionné avec la Chine en s’orientant vers deux programmes actuellement menés par le NCSIST :

• le programme Chien Feng IV (勁蜂四型), développé en collaboration avec l’entreprise américaine Kratos Defense & Security Solutions, sur la base de son drone simulateur de cible MQM‑178 Firejet propulsé par deux turbojets. Présentée en septembre 2025, la version taïwanaise consisterait en un drone d’attaque dont la motorisation serait améliorée afin d’acquérir une haute manœuvrabilité ; la portée serait de 1 000 km et il pourrait délivrer une charge d’une centaine de kilos. Sa production devrait être lancée dans le courant de l’année 2026 (9) ;

• le programme Chien Hsiang (劍翔) consiste en une munition d’un rayon d’action similaire, mais d’une taille plus réduite. L’engin serait déployable à partir d’un véhicule mettant en œuvre plusieurs drones simultanément, et serait dévolu à des missions de destruction des capacités chinoises de défense aérienne. Sa taille réduite contribue à rendre l’engin facile à produire en quantité par le NCSIST.

Quatrièmement, des roquettes Mk66 à longue portée sont en cours de développement par le NCSIST. En plus des HIMARS en cours d’acquisition, l’armée de terre déploie des lance – roquettes multiples Thunderbolt 2000 (雷霆2000) depuis 1997, notamment sur les archipels de Matsu et de Kinmen.

Défis et développements futurs

Le NCSIST doit en premier lieu tirer profit de ses acquis en matière de développement de capacités sol-sol pour renforcer les capacités taïwanaises existantes. Il gère simultanément la R&D, la fabrication et les tests ainsi que le rétrofit de ces munitions en maintenant un haut niveau d’exigence confortant son statut d’acteur intégré en matière de munitions de frappe. Concrètement, il s’agit d’augmenter la cadence de production des nouvelles munitions tout en assurant simultanément le rétrofit du Hsiung Sheng. L’essentiel est de soutenir la croissance rapide de l’arsenal taïwanais en établissant sur l’île une chaîne de valeur autonome ; Taïwan ne peut pas se reposer sur l’approvisionnement en systèmes américains du fait des contraintes pesant sur l’industrie missilière américaine, qui rallongent les délais de livraison (10).

Les capacités taïwanaises de frappe sol-sol doivent également gagner en mobilité étant donné le manque de profondeur stratégique imposé par la géographie. Dans l’hypothèse où l’ensemble du dispositif ISR chinois serait déployé en cas de conflit, opérer sans être détecté constitue un défi en soi. Le NCSIST a ainsi lancé une réflexion visant à développer un tracteur – érecteur – lanceur (11) pour améliorer la mobilité des HFIIE – actuellement déployés sur remorque tractée – et des YF.

De plus, ces capacités doivent pouvoir percer les dispositifs chinois de défense aérienne en augmentant la manœuvrabilité et la vitesse des engins. Depuis 2024, le NCIST conduit des travaux visant à maîtriser la propulsion hypersonique en développant un prototype de scramjet ouvrant la voie aux vitesses hypersoniques (12), notamment dans le cadre du programme YFII.

Notes

(1) Le NCIST est à l’origine de la majorité des programmes d’armements développés à Taïwan. Située à mi-chemin entre agence gouvernementale et organisation privée, cette structure n’est consacrée qu’à la R&D et à la production de systèmes d’armes, et dispose d’une large autonomie en matière de recrutement et d’organisation.

(2) Eric Cheung, « How a CIA informant stopped Taïwan from developing nuclear weapons », CNN, 1er mars 2025.

(3) « MDI Missile Technology: Accelerating Challenges », IISS, décembre 2022.

(4) 中華民國114年四年期國防總檢討 (Quadriennal Defense Review), 中華民國國防部 (Ministry of National Defense), mars 2025.

(5) À Taïwan, l’exécutif a souvent recours à cette pratique consistant à faire voter un budget « spécial » décorrélé du budget annuel de la défense afin de financer des programmes d’armements jugés urgents.

(6) La capacité annuelle de production de ces deux missiles serait de 131 exemplaires. Tienbin Luo, «1200公里「雄昇飛彈」產製逾百枚 第二階段量產待層峰下令 » (Hsiung Feng IIA Anti-Ship Missile and Hsiung Feng IIA Missile Share Production Line, Annual Output Reaches 131 Units), Liberty Times, 7 juin 2025.

(7) Tianbin Luo, « 源頭打擊戰力推前到2000公里 傳擎天超音速巡弋飛彈已交空軍部署» (Strike capabilities extended to 2.000 kilometers at the source The Sky-Piercing hypersonic cruise missile reportedly delivered to the Air Force for deployment), Liberty Times, 11 novembre 2023.

(8) Jumin Tu,« 影一台車裝16枚 台美合作「低成本巡弋飛彈」可群攻轟爆敵軍» (16 Missiles Per Vehicle: Taïwan-US Collaboration on “Low-Cost Cruise Missile” Enables Massed Assault to Destroy Enemy Forces), Liberty Times, 18 septembre 2025.

(9) Tianbin Luo, « 「勁蜂四型」整合測試成功 可「高低配」掩護雄二E飛彈突穿攻擊 » (The JF-4 integrated test has been successfully completed. It can employ a “high-low formation” to provide cover for the H-2E missile’s breakthrough attack), Liberty Times, 6 février 2026.

(10) Jonathan Harman, « Taïwan’s Missile Production Program: a Success Two Years Ahead of Schedule », Global Taïwan Institute, 30 octobre 2024.

(11) Tianbin Luo, «2000公里新擎天飛彈 傳引進捷克12X12軍規輪型車輛 » (Developing a new Sky Missile with a range exceeding 2.000 kilometers Reportedly introducing Czech 12×12 military-grade wheeled vehicles), Liberty Times, 28 décembre 2024.

(12) Zhicheng Chen, « 加快推動極音速飛彈研發 軍方「超燃衝壓引擎」計畫曝光 » (Military Accelerates Hypersonic Missile Development with Supercharged Ramjet Engine Project Revealed), Liberty Times, 9 août 2024.

Roland Doise

areion24.news

Les renseignement allemands alertent sur une menace terroriste accrue en Europe

 

Les services de renseignement intérieurs allemands ont averti que l’Iran pourrait intensifier ses opérations contre des cibles en Europe une fois que le conflit avec Israël et les États-Unis se sera apaisé, notamment en menant des attaques contre des institutions juives et israéliennes, des dissidents iraniens et d’autres personnes considérées comme des opposants au régime.

Le Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV), les services de renseignement intérieurs allemands, a confié à Euractiv qu’il suivait des affaires impliquant des personnes basées en Allemagne qui s’étaient rendues en Iran pour suivre une formation militaire ou qui s’étaient autrement « mises au service » des autorités iraniennes.

« Ces activités font l’objet d’une enquête menée par la division de contre-espionnage du BfV », a indiqué l’agence.

« Le BfV estime qu’après la fin de la guerre, le régime iranien pourrait déployer ses services de renseignement pour traquer et cibler les opposants au régime, notamment les cibles (pro-)juives, (pro-)israéliennes et américaines, les dissidents iraniens et d’autres personnes considérées comme des « traîtres ». »

Alors que la campagne israélo-américaine a considérablement affaibli l’appareil sécuritaire iranien, les responsables des services de renseignement craignent que Téhéran ne réoriente ses ressources vers des opérations à l’étranger dès que la pression immédiate sur le régime se sera atténuée.

Selon le BfV, les services de renseignement iraniens sont prêts à recourir à des méthodes s’apparentant au terrorisme d’État. « Celles-ci vont des menaces à l’encontre des personnes ciblées aux opérations de surveillance menées en vue de préparer des complots d’attentat », a déclaré l’agence.

Ancien résident de Berlin, Ashkan K. s’est récemment installé à Téhéran et a appelé les Iraniens à l’étranger à « servir notre pays dans cette défense nationale. Les options sont nombreuses. »

Des sources des services de renseignement ont indiqué à Euractiv qu’il y avait eu au moins plusieurs dizaines de départs d’Allemagne vers l’Iran impliquant des personnes qui ont par la suite travaillé pour le compte du régime.

Parmi eux figurent deux hommes de Hambourg qui sont apparus dans une vidéo de propagande à un poste de contrôle de la milice Basij, armés de fusils d’assaut. L’un des deux hommes, connu sous le nom de Benjamin G., appartiendrait au cercle élargi de l’Institut islamique de Hambourg (IZH), longtemps considéré par les autorités allemandes comme le plus important avant-poste de Téhéran en Europe avant son interdiction en 2024.

Dans d’autres cas confirmés à Euractiv par des sources des services de renseignement, plusieurs personnes ayant quitté l’Allemagne pour l’Iran ont participé à des campagnes de propagande défendant le régime, appelant « tous les Iraniens, où qu’ils se trouvent », à « contribuer à la défense de la patrie ».

L’une des personnes apparaissant dans des vidéos de propagande diffusées depuis Téhéran est Aitak Barani, un résident de longue date en Allemagne et partisan du Hamas qui a été condamné à une amende à Francfort l’année dernière pour avoir glorifié les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre.

« Le niveau de menace abstrait que représentent les services de renseignement iraniens pour les cibles (pro-)juives et (pro-)israéliennes, ainsi que pour les personnes et les groupes d’opposition iraniens en Allemagne, reste élevé », a affirmé le BfV.

En ce qui concerne les activités terroristes soutenues par l’État, les services de renseignement iraniens s’appuient principalement sur des intermédiaires liés à des réseaux de criminalité organisée déjà actifs dans les pays cibles, a ajouté l’agence.

Dans le cadre d’une stratégie provisoire moins coûteuse, le régime s’appuie depuis mars 2026 sur une campagne de recrutement menée sous le nom de Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia (HAYI). Selon le BfV, HAYI utilise les réseaux sociaux au sein des cercles pro-iraniens et extrémistes chiites pour faire connaître ses activités.

« Son modèle repose sur des attaques peu sophistiquées mais de grande ampleur, menées par des recrues locales jetables – souvent de jeunes délinquants ou des mineurs – contactées via Snapchat ou Telegram et rémunérées de petites sommes d’argent », a expliqué le chercheur Adrian Shtuni à Euractiv. Shtuni a indiqué avoir recensé 17 attaques qu’il attribue à HAYI à travers l’Europe, la plupart impliquant des engins explosifs rudimentaires ou des incendies criminels nocturnes.

« En déployant de jeunes agents jetables et peu coûteux, les États ou les réseaux peuvent générer des menaces difficiles à prévoir ou à suivre, coûteuses à contrer et encore plus difficiles à neutraliser avec les méthodes antiterroristes conventionnelles », a-t-il déclaré, arguant que de telles opérations étaient bien moins coûteuses pour les Gardiens de la révolution iranienne que de former des agents professionnels ou de risquer une implication directe de l’État.

Selon lui, le flux constant d’incidents de bas niveau liés au HAYI risquait de submerger les services de sécurité européens en les obligeant à protéger des cibles vulnérables telles que les synagogues, les écoles et les centres communautaires, tout en surveillant un volume croissant d’activité en ligne et de pistes d’enquête.

« Une approche à deux volets à savoir un harcèlement à faible coût de type HAYI, potentiellement combiné à des complots plus sophistiqués menés par des rapatriés formés ou des cellules dormantes réactivées représente un risque plausible auquel les autorités européennes devraient se préparer. »

Vendredi, le ministère américain de la Justice a annoncé l’arrestation de Mohammad Baqer Al-Saadi, un haut commandant de la milice chiite irakienne Kataib Hezbollah et un facilitateur clé présumé derrière les opérations de HAYI.

« En l’espace de trois mois seulement, Mohammad Al-Saadi aurait dirigé 18 attentats terroristes à travers l’Europe – y compris contre des citoyens et des intérêts américains – et aurait prévu de mener une attaque similaire ici, dans notre pays », a déclaré James C. Barnacle Jr., directeur adjoint du FBI, après l’arrestation d’Al-Saadi par le FBI alors qu’il se rendait en Turquie.

Björn Stritzel

euractiv.com

Cuba met en garde contre «un bain de sang» en cas d’attaque

 

Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a averti lundi qu’une attaque américaine contre l’île provoquerait «un bain de sang», tandis que Washington a annoncé avoir sanctionné le renseignement cubain et une dizaine de hauts-responsables de l’île communiste.

Miguel Diaz-Canel a aussi souligné le droit «légitime» de son pays à riposter à une éventuelle agression des États-Unis, sur fond de fortes tensions entre La Havane et Washington.

Cuba a acquis plus de 300 drones militaires et évalue de possibles scénarios pour leur utilisation près de la base américaine de Guantanamo, dans l’est de l’île, a affirmé dimanche, le média américain Axios, citant des renseignements classifiés. Selon Axios, des responsables à Washington ont mis en garde contre une «menace croissante» du fait de la proximité de ces capacités.

Cuba a «le droit absolu et légitime de se défendre»

Le dirigeant cubain a réaffirmé que son pays «ne représent(ait) pas une menace et n’a(vait) ni plans ni intentions agressives» envers d’autres nations.

La Havane accuse Washington de préparer le terrain politique en vue d’une intervention militaire contre l’île, qui, si elle se matérialisait, «provoquerait un bain de sang aux conséquences incalculables», a dénoncé sur X Miguel Diaz-Canel. Sans directement évoquer la détention présumée de drones par son pays, le chef de l’État a revendiqué «le droit absolu et légitime de se défendre face à une offensive militaire».

L’hypothèse d’une attaque de Cuba contre les États-Unis n’a «aucun sens», a aussi déclaré lundi à l’AFP l’ambassadeur cubain à l’ONU, qui a accusé Washington de «fabriquer un prétexte» pour «justifier» une éventuelle action militaire.

Dans le même temps, le ministère américain des Finances a annoncé avoir ajouté le principal service de renseignement cubain, ainsi qu’une dizaine de hauts responsables du pays, à sa liste des entités et personnes sous sanction.

D’autres sanctions bientôt prononcées contre Cuba

Le président de l’Assemblée nationale cubaine et du Conseil d’État, Esteban Lazo, ainsi que trois ministres, de la Justice, de l’Énergie et des Communications, sont visés. Quatre généraux cubains, dont le chef du contre-espionnage militaire, Jose Miguel Gomez del Vallin, également député, font partie des nouvelles personnes inscrites sur la liste. Outre le renseignement, le ministère de l’Intérieur et la Police nationale révolutionnaire, accusés de réprimer violemment les manifestations, sont aussi à nouveau sanctionnés.

Dans un communiqué, le secrétaire d’État Marco Rubio, qui avait déjà annoncé, début mai, des mesures coercitives contre le conglomérat d’entreprises Gaesa, lié à l’armée, a averti que d’autres sanctions seraient prononcées prochainement contre Cuba.

Une inscription à la liste de l’OFAC – Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain – interdit à toute personne ou entreprise américaine, ou ayant une filiale aux États-Unis, de commercer ou faire des affaires avec les personnes ou entreprises sanctionnées. Elle entraîne par ailleurs le gel de l’ensemble des avoirs détenus directement ou indirectement aux États-Unis.

Plus de diesel ni de fioul

Outre l’embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington – qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane – impose à l’île depuis janvier un blocus pétrolier total, ayant autorisé l’arrivée d’un seul pétrolier russe.

Près de quatre mois après le début du blocus, la situation économique et énergétique de l’île s’est fortement dégradée. La semaine dernière, le gouvernement a reconnu qu’il n’avait plus de diesel ni de fioul pour alimenter les groupes électrogènes qui complètent la production électrique des sept centrales thermoélectriques du pays.

Cette situation a encore aggravé les délestages électriques, avec des coupures qui peuvent dépasser la vingtaine d’heures par jour dans la capitale et durer des journées entières en province. Ces interminables coupures ont provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs quartiers de La Havane.

Dans ce contexte particulièrement tendu, une nouvelle cargaison d’aide humanitaire en provenance du Mexique est arrivée lundi à Cuba. Il s’agit du cinquième envoi d’aide humanitaire par Mexico depuis février.

Donald Trump considère que l’île communiste, située à 150 kilomètres des côtes de la Floride, constitue «une menace exceptionnelle» pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a multiplié les menaces de «prendre le contrôle» de Cuba et a même évoqué l’envoi d’un porte-avions.

Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu récemment à La Havane pour une rencontre exceptionnelle avec de hauts responsables cubains, alors que les deux pays poursuivent leurs discussions, à l’un des moments les plus tendus de leurs relations bilatérales.

AFP

L’Allemagne préfère ArgonOS à Palantir pour ses services de renseignement

 

Les services de renseignement intérieurs allemands, le BfV, ont choisi le logiciel ArgonOS, développé par la société française d’IA ChapsVision, plutôt que Palantir, une entreprise américaine de sécurité de premier plan. C’est ce que rapporte Politico. Cette décision témoigne d’une tendance croissante en Allemagne à recourir à des solutions nationales pour les systèmes de sécurité sensibles.

Logiciel français sélectionné

Le président du BfV, Sinan Selen, avait déjà indiqué qu’il souhaitait réduire la dépendance vis-à-vis des technologies américaines telles que Palantir. ArgonOS est déjà utilisé par plusieurs organismes français, dont les services de renseignement intérieurs. La capacité du logiciel à traiter à la fois des données structurées et non structurées, ce qui facilite leur interprétation par les analystes, a été un facteur déterminant dans la décision du BfV.

Priorité à la souveraineté européenne

Marc Henrichmann, président de la commission parlementaire de contrôle des services de renseignement allemands, considère ce choix comme un pas vers la souveraineté numérique européenne. Il précise toutefois que les performances d’ArgonOS devront faire leurs preuves à long terme dans la pratique, la fonctionnalité primant sur l’origine.

Cette décision intervient alors qu’un débat fait rage en Allemagne sur le rôle de Palantir dans l’appareil de sécurité du pays. Bien que certaines forces de police utilisent déjà les logiciels Palantir et que le ministère de l’Intérieur envisage de les déployer pour les services de police fédéraux, des inquiétudes ont été exprimées concernant la protection des données, les droits fondamentaux et la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur américain.

Palantir défend sa position

Alex Karp, PDG de Palantir, a défendu son entreprise face au scepticisme allemand. Il a souligné l’utilisation mondiale de leurs logiciels dans des situations critiques en matière de sécurité. Il reconnaît le désir de disposer de systèmes indépendants, mais se demande si l’Allemagne peut se permettre de renoncer à la technologie de pointe de Palantir.

La mise en œuvre complète d’ArgonOS dépend de l’adoption des réformes prévues de la loi sur les services de renseignement en Allemagne. Ces réformes visent à étendre les capacités numériques du BfV, à rationaliser le partage de données avec les forces de police et à réviser la réglementation concernant la durée de conservation des données à caractère personnel.

fr.businessam.be

lundi 18 mai 2026

« La DZ Mafia » au coeur de la visite de Gerald Darmanin en Algérie

 

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, doit se rendre à Alger lundi 18 mai pour discuter de la coopération judiciaire entre la France et l’Algérie et en particulier des relais algériens de « la DZ Mafia », cette organisation criminelle qui fait la loi désormais à Marseille. Ces derniers mois, le réchauffement diplomatique entre les deux pays aura été été souhaité par Emmanuel Macron, et son ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, tous deux favorables à une reprise de la coopération avec Alger, notamment sur le plan sécuritaire.

Le Président français veut croire désormais que le brouillage de la ligne entre Paris et Alger a été imposé par « des postures de politique intérieure qui ont causé beaucoup de tort au deux pays ». Ce qui n’est pas faux !

Après plusieurs années de tensions entre la France et l’Algérie, les deux pays ont engagé en 2026 un réchauffement de leur coopération sécuritaire et judiciaire. Le ministre français de la Justice Gérald Darmanin se rend ce lundi à Alger avec, parmi les priorités affichées, la lutte contre la DZ Mafia et contre la criminalité organisée. Quelques mois plus tôt, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait déjà annoncé une relance de la coopération sécuritaire « à très haut niveau » entre les deux États.

« L’Algérie, un grand pays »

Le ministre français de l’Intérieur vante les retombées de ces retrouvailles dans un long entretien accordé, ce dimanche, à l’hebdomadaire « La Tribune ». « Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie. C’est un grand pays qui a un certain savoir faire en matière de renseignements et de sécurité. » Et d’ajouter:  » Il y a plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée qui sont concernées par la relation franco-algérienne ».

Signe positif, l’Algérie a délivré, ces derniers mois 150 laissez passer consulaires pour que la police française puisse expulser des délinquants de nationalité algérienne alors qu’Alger refusait, avant le mois de février, toute coopération. « Il reste 700 cas dans les centres de rétention administrative, a déclaré Laurent Nunez reçu à Alger cet hiver, mais la situation est revenu à la normale ». L’ homologue algérien du ministre français a donné le feu vert du rapatriement  des « harraga » de rentrer volontairement au pays.  Ce dossier devrait être soldé soldé au cours de l’année.

Lors de la campagne politiquement suspecte à l’Algérie avait été lancée par le très réactionnaire Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, le monde du renseignement français avait été très remonté contre le mauvais climat diplomatique entre les deux pays et s’était mobilisé pour une reprise de la coopération entre les deux pays, Laurent Nunez en tète. Ce Préfet proche d’Emmanuel Macron, issu d’une famille de pieds-noirs originaire d’Andalousie qui s’installe à la fin du XIX e siècle à Oran, n’a jamais oublié ses racines méditerranéennes. Ces derniers mois alors qu’il était encore à la tète du renseignement intérieur français, Laurent Nunez s’est battu pour sauver l’accord sur la coopération en matière de terrorisme, de toxicomanie et d’immigration signé lors du voyage officiel d’Emmanuel Macron à Alger 2022 sans grand écho dans les medias.

Discrète mais décisive, cette coopération a ouvert des échanges d’informations très sensibles dont Paris comme Alger n’avaient eu qu’à se féliciter et dont la diaspora algérienne en France, peuplée d’opposants et très surveillée, s’était inquiétée à l’époque. 

Sur les pas de Laurent Nunez

Ce lundi 18 mai, la visite du ministre de la justice, Gérald Darmanin revêt un caractère particulier, du fait qu’il est accompagné par une délégation de magistrats, composée du procureure nationale anticriminalité organisée (PNACO), Vanessa Perrée, ainsi que procureur national financier (PNF), Pascal Prache.  Gerald Darmanin devrait oeuvrer pour une relance de la coopération judiciaire en matière de narco trafic.  la « DZ Mafia », avec Plusieurs demandes françaises d’entraide judiciaire visent en effet des dirigeants de la « DZ mafia » qui est née dans les quartiers Nord de Marseille et dont une dizaine de dirigeants, protégés par une double nationalité, se trouveraient en Algérie, dont Mehdi Abdelatif Laribi, un des fondateurs de l’organisation criminelle

Originaire de la cité Bassens dans le 15e arrondissement de Marseille, Mehdi Laribi grandit dans un environnement social difficile avec son frère Lamine Laribi (« Tac »). Très tôt confronté à la délinquance, il quitte rapidement le système scolaire après plusieurs exclusions. Selon différentes sources, il commence par des vols et petits trafics avant de s’impliquer dans des réseaux criminels plus structurés.

Avant d’être identifié comme figure du grand banditisme, Mehdi Laribi est repéré par le réalisateur Karim Dridi. Il joue dans le film Khamsa, où son surnom « Tic » trouve son origine dans le personnage de « Rachitique ».

Dans les années 2010, les frères Laribi prennent une place importante dans le trafic de stupéfiants des quartiers nord de Marseille. Ils contrôlent plusieurs points de deal liés à la cité Bassens et à d’autres secteurs stratégiques. Leur influence contribue à la structuration progressive de ce qui deviendra la DZ Mafia.

En 2011, Mehdi Laribi est impliqué dans l’affaire dite du « barbecue marseillais », un triple homicide particulièrement violent lié au trafic de drogue. L’affaire marque durablement le narcobanditisme marseillais. Après plusieurs procédures judiciaires, il est condamné à dix ans de prison, tandis que son frère Lamine reçoit une peine plus lourde. Libéré en 2021, Mehdi Laribi tente de reprendre les territoires perdus pendant son incarcération avant de s’enfuir au Maghreb

Les enquêtes françaises sur la DZ Mafia portent beaucoup sur le blanchiment d’argent : commerces, immobilier, système informel de transfert de fonds de type « hawala », sociétés écrans, circulation de cash entre plusieurs pays. Une partie de cette lutte dépend donc d’échanges bancaires, judiciaires et policiers avec des États étrangers, dont l’Algérie. L’opération « Octopus » menée en 2026 a notamment mis en avant des circuits internationaux de blanchiment des Émirats à l’Algérie.

Monnaie d’échange

À Alger ce lundi, la négociation sera rude. Alger ne coopérera avec Paris que dans la mesure où le gouvernement français lui offre quelques compensations judiciaires. C’est ainsi que les magistrats algériens demandent l’extradition d’un ancien ministre, Abdeslam Bouchouareb, poursuivi pour corruption. Longtemps très lié à Emmanuel Macron et résidant au Liban qu’il a quitté ou en France où il possède un bel appartement, ce proche de l’ancien président Bouteflika avait amassé une immense fortune. Depuis plusieurs années, les autorités françaises n’ont pas donné suite aux démarches d’Alger.

Autre dossier sensible, un juge d’instruction français a émis le 25 juillet 2025 un mandat d’arrêt international contre Salaheddine Selloum, un militaire qui fut le premier secrétaire de l’ambassade d’Algérie à Paris. Selloum, qui a occupé ce poste entre 2021 et 2024, est soupçonné d’« appartenance à une association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de l’un ou plusieurs crimes », selon une source diplomatique à Paris. Pour l’instant, Alger n’a pas donné suite à cette requête.

Le nom de l’ancien diplomate est apparu dans l’information judiciaire ouverte après l’enlèvement d’Amir Boukhors, plus connu sous le nom d’Amir DZ. Ce lanceur d’alerte bien informé par certains clans au pouvoir à Alger ou par des opposants est une figure centrale de la scène politico-médiatique algérienne. Lanceur d’alerte redoutable et opposant constant au régime, il a longtemps alimenté ldepuis Paris es réseaux sociaux avec des révélations explosives sur des responsables civils et militaires algériens. Son enlèvement en région parisienne en 2024 dans des conditions rocambolesques a provoqué une crise diplomatique majeure entre Paris et Alger qui n’a pas trouvé d’issue judiciaire.

Christophe Gleizes, le grain de sable

Plus épineux encore, les retrouvailles franco-algériennes restent suspendues au cas du journaliste sportif  Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et dont les autorités françaises demandent l’élargissement avec insistance. Cette peine lui a été infligée en raison de ses contacts avec le MAK, le mouvement d’autodétermination kabyle dont le rôle est central au sein du principal club de football de Kabylie sur lequel le journaliste avait enquèté.

Ce mouvement proche des Marocains et des Israéliens est une des rares forces politiques organisées susceptibles de porter des coups au régime algérien dans une Kabylie traditionnellement rebelle. A ce titre, ses militants sont des dizaines à être emprisonnés, parfois torturés. Les magistrats algériens ont vu en lui un relais du MAK à Paris où réside le chef du mouvement et ancien chanteur kabyle qui tient table ouverte dans un petit bistrot du XXeme arrondissement. Ce que les proches et les avocats du journaliste démentent catégoriquement.

 Nicolas Beau

mondafrique.com