mardi 26 mai 2026

Pourquoi l'Indonésie s'appelle-t-elle ainsi ?

 

Inventé par un juriste et un linguiste britanniques au 19ème siècle, l’Indonésie ou « îles de l’Inde » n’est pas le nom retenu par la puissance coloniale qui la désigne sous l’appellation « Indes néerlandaises, » avant que le nom « Indonésie » ne devienne un marqueur du mouvement national au 20ème siècle. Une exception européenne dans un archipel où les noms d’origine sanskrite sont légion et où l’Indonésie moderne se représente à travers des symboles tirés de l’héritage hindou-bouddhique javanais.

Début 2026, lors d’une réunion de travail d’experts de différents pays asiatiques, l’un des participants se demandait pourquoi on trouve tant de noms de lieux indiens en Indonésie. Il citait comme exemple Jayapura, la capitale de la province indonésienne de Papua, qui lui rappelait le Jaipur indien, capitale de l’État du Rajasthan.

En Indonésie en effet, beaucoup de lieux ont un nom d’origine sanskrite, la langue des textes religieux de l’Inde. La plupart se trouvent dans l’île de Java, à commencer par Jakarta, la capitale, à l’origine Jayakarta, « acte victorieux. » C’est ainsi qu’un prince musulman de Cirebon, Fatahillah, avait rebaptisé en 1527, après l’avoir conquise, la cité de Kalapa, le port du royaume hindouiste de Pajajaran, allié aux Portugais. Ailleurs à Java, on trouve notamment les anciennes capitales de Surakarta et Yogyakarta (cette dernière nommée d’après l’antique cité indienne d’Ayodhya dans l’État d’Uttar Pradesh) et plusieurs autres villes. A Sumatra, on trouve Indrapuri, une ville dans la province d’Aceh, et (Siak Sri) Indrapura, capitale de la province de Riau, les deux noms signifiant « la ville d’Indra, » le roi des dieux dans le védisme, la religion des peuples qui ont envahi l’Inde du nord. À Kalimantan, la partie indonésienne de l’île de Bornéo, on trouve Martapura, « la ville des hommes. » A Bali on trouve Singaraja, « le roi des lions. »

De nombreux Indonésiens, notamment des Javanais, portent des noms d’origine sanskrite également. L’actuel président indonésien s’appelle Prabowo Subianto, deux noms javanais. Le premier nom vient du sanskrit prabhava ( प्रभव) qui signifie « puissance, force, majesté, dignité, efficacité. »

Six des huit présidents que l’Indonésie a eu jusqu’ici ont des noms javanais d’origine sanskrite : Soekarno, Soeharto, Megawati, Yudhoyono et Joko Widodo dit « Jokowi. » Ils sont javanais ou à moitié javanais. Les deux autres présidents, Bacharuddin Jusuf Habibie et Abdurrahman Wahid, également javanais ou à moitié javanais, ont des noms d’origine arabe. Habibie, dont la mère appartenait à la noblesse javanaise, avait un père originaire de Gorontalo, une région musulmane du nord de l’île de Sulawesi. Abdurrahman Wahid, qu’on appelait « Gus Dur, » appartenait à une famille de santri, mot qui à Java désigne un musulman orthodoxe.

Les trois sous-traditions de l’Islam javanais

Dans son ouvrage fondateur The Religion of Java, publié pour la première fois en 1964, l’anthropologue américain Clifford Geertz identifie trois « sous-traditions » dans l’islam javanais : celle des villages, celle des milieux marchands urbains et celle de l’ancienne aristocratie. Il décrit la religion des villageois javanais, appelés abangan, comme une « intégration équilibrée d’éléments animistes, hindouistes et islamiques, un syncrétisme de base javanais qui est la vraie tradition populaire de l’île. »

Les milieux marchands des villes observent « une exécution soigneuse et régulière des rituels de base de l’islam […]. » Ils pratiquent un islam qui se veut « plus pur. » Dans son livre Among the Believers: An Islamic Journey, paru en 1981, l’écrivain britannique V. S. Naipaul raconte un entretien qu’il a avec Gus Dur, qui lui explique que le mot santri vient du sanskrit shastri (शास्त्री), « lettré. » Pour désigner les adeptes d’un islam orthodoxe, la langue javanaise utilise un mot tiré de la langue de l’hindouisme.

La troisième sous-tradition est celle des priyayi, mot qu’on traduit par « nobles » et qui désignait les familles dans lesquelles le gouvernement colonial néerlandais recrutait les administrateurs de la population indigène de Java. Geertz voit « ses racines fondamentales dans les cours indo-javanaises de l’époque précoloniale. » L’Indonésie étant une république, il n’y a plus de priyayi. Mais leurs descendants s’efforcent de préserver les traditions culturelles de l’ancienne aristocratie javanaise que son prestige amène à adopter non seulement des personnes d’origine aristocratique des autres groupes ethniques indonésiens, mais également des nouvelles classes supérieures et des milieux artistiques et culturels.

Le prestige remonte à l’époque du royaume de Majapahit, situé dans l’est de Java, qui atteint son apogée au XIVe siècle. Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 à la gloire du roi Rajasanagara, qui a régné de 1350 à 1389, énumère une liste de quelque cent noms de lieux qui vont de « Lamuri, » aujourd’hui Lamreh dans le nord de Sumatra à « Ambwan, » c’est-à-dire Ambon dans les Moluques, et « Sorong, » une ville dans l’ouest de la Nouvelle-Guinée occidentale, c’est-à-dire pratiquement l’Indonésie actuelle, présentés comme des « contrées tributaires. »

L’emprise marchande des javanais

Les Javanais du XIVe siècle connaissaient un espace insulaire étendu sur lequel ils prétendaient exercer leur suzeraineté. Cette suzeraineté n’existait toutefois que dans leur esprit car ni Marco Polo, qui fait escale dans le nord de Sumatra en 1292, ni le voyageur marocain Ibn Battûta, qui y aborde en 1346, ne la mentionnent. Majapahit n’était pas un « empire, » mais le centre d’un réseau marchand de comptoirs auxquels il imposait des relations commerciales exclusives.

La renommée du royaume a pu ainsi s’étendre à tout l’archipel. Ainsi dans le sud de Sulawesi la grande épopée des Bugis, La Galigo, qui raconte la création du monde et aurait été écrite aux XIIIe et XIVe siècles, en fait mention. Dans le nord de Sumatra la Hikayat Raja-raja Pasai ou « histoire des rois de Pasai, » un texte dont l’écriture a dû être commencée dans les années 1380 et qui raconte l’arrivée de l’islam dans ce royaume, fait l’éloge de Majapahit. La grandeur de Majapahit était restée dans la mémoire de nombreux Indonésiens, y compris non-javanais. Elle sera d’ailleurs mobilisée par le mouvement national des années 1920-1930, en particulier par les écrivains. Ainsi Sanoesi Pane, un Batak du nord de Sumatra, publie en 1932 dans le magazine Timboel une pièce, Sandhyakala ning Majapahit (« Crépuscule sur Majapahit » en vieux-javanais, mais la pièce est en indonésien et a pour cadre le royaume javanais.

Le choix du nom pour l’archipel indonésien

« Indonésie, » lui, n’est pas un nom local. C’est un exonyme créé par des Européens, formé des mots du grec ancien Indos, le fleuve Indus, qui désigne par métonymie l’Inde, et nesos, qui veut dire « île. » Son sens est donc « îles de l’Inde. » Il n’est pas très ancien. On attribue sa création au milieu du XIXe siècle à deux Britanniques, le linguiste anglais George Windsor Earl et le juriste écossais James Richardson Logan. Dans un article intitulé « On the Leading Characteristics of the Papuan, Australian, and Malayo-Polynesian Nations » et publié en 1850 dans le Journal of the Indian Archipelago and Eastern Asia que Logan avait fondé à Singapour, Earl écrit : « Le temps est venu où un nom distinct est demandé avec urgence pour les races brunes de l’archipel indien… En adoptant le mot grec pour « îles » comme terminaison, ce pour quoi nous avons un précédent dans le terme « Polynésie, » les habitants de l’« archipel indien » ou « archipel malais » deviendraient respectivement les Indunésiens ou les Malayunésiens. » Dans le même numéro, Logan lui-même publie un article intitulé « Ethnology of the Indian Archipelago, » où il explique qu’il préfère le terme plus géographique d’« Indonésie, » pour remplacer l’expression « archipel indien, » qu’il considère « trop long pour qu’on l’admette à être utilisé dans un adjectif ou dans une forme ethnographique. »

« Archipel indien » est en effet un des noms sous lesquels à l’époque d’Earl et de Logan, les Européens désignaient l’actuelle Indonésie, comme par exemple dans la History of the Indian Archipelago du médecin et diplomate écossais John Crawfurd. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Néerlandais appelaient alors leur colonie Nederlandsch-Indië, c’est-à-dire « Inde néerlandaise. » Plus généralement, l’Asie du Sud-Est était traditionnellement perçue par les Européens comme un prolongement de l’Inde en raison de l’influence culturelle qu’ils y voyaient. Ainsi dans son Devisement du monde publié en 1298, Marco Polo nomme « Inde Mineure » la partie de l’Asie qui va de l’actuel Vietnam au sud-est de l’Inde.

Le naturaliste anglais Alfred Wallace utilise un autre nom pour le titre de son ouvrage The Malay Archipelago, « l’archipel malais, » paru en 1869. La « race malaise, » c’est-à-dire les « races brunes » dont parle Earl, était une des cinq « races » humaines qu’avait décrétées en 1795 l’anatomiste et naturaliste allemand Johann Friedrich Blumenbach (1752-1840), aux côtés de la « caucasienne » ou « blanche, » la « mongolienne » ou « jaune, » l’« éthiopienne » ou « noire » et l’« américaine » ou « rouge. » Cette « race malaise » était censée être constituée par les habitants de l’Indonésie, de la Malaisie et des Philippines actuelles.

Le terme de « race » n’a plus de pertinence scientifique. Quant au mot « malais, » il s’applique en fait d’abord à une langue, ou plutôt à un groupe de langues très proches les unes des autres, et aux populations qui parlent ces langues et habitent la côte orientale de Sumatra, la péninsule de Malacca, l’archipel de Riau et le littoral de Bornéo. Il ne saurait s’appliquer à l’ensemble de l’archipel indonésien.

Le nom « Indonésie » ne sera pas adopté tout de suite par le monde scientifique. Ce n’est qu’en 1877 qu’un anthropologue, le Français Ernest Hamy, emploie le mot « Indonésiens » pour désigner certaines populations « préhistoriques et « pré-malaises » dans l’archipel et non la population majoritaire. Quant aux Néerlandais, ils n’ont pas de terme spécifique et parlent d’inlanders, « indigènes. » Les mots « Indonésie » et « Indonésien » apparaissent dans des publications néerlandaises des années 1900. Le nouveau terme est désormais utilisé en concurrence avec les noms traditionnels de l’archipel, dans un sens à la fois anthropologique et géographique.

Le début du XXe siècle voit la naissance d’un mouvement qui va changer le destin de l’archipel et de ses habitants. Dans différents milieux à Java, des indigènes créent des associations dont les buts sont divers. En 1913 des hommes créent l’Indische Partij (« parti des Indes, » sous-entendu néerlandaises), qui réclame l’indépendance de la colonie. Ils publient un pamphlet bilingue malais et néerlandais, les deux langues officielles des Indes néerlandaises, qui ironise sur la commémoration du centenaire de la libération des Pays-Bas de l’occupation française. Ses dirigeants sont exilés aux Pays-Bas. L’un d’eux, un Javanais, Soewardi Soerjaningrat, de la famille princière du Pakualaman à Yogyakarta, journaliste, crée l’Indonesisch Pers-bureau ou « agence de presse indonésienne. »

Les inlanders ont enfin trouvé un mot pour se désigner eux-mêmes, leur pays que le colonisateur appelle Nederlands-Indië, et la langue qui doit les unir et que le colonisateur appelle « malais. » « Indonésie » va dès lors rapidement devenir un marqueur du mouvement national dans les Indes néerlandaises. Les différentes organisations indigènes à visée politique vont intégrer « Indonesia » dans leur nom. L’Indonésie est née, même si elle n’est encore que le rêve d’une élite indigène d’éducation européenne.

L’Inde inspiratrice

Visitant Java en 1927, le poète indien Rabindranath Tagore s’écrie : « I see India everywhere, but I don’t recognise it ! » En effet, d’une part l’ancienne culture indo-javanaise est toujours vivantes dans les cours princières de l’île, notamment dans les villes royales de Surakarta et Yogyakarta, et d’autre part, on voit à Java de nombreux monuments bouddhiques et hindouistes, dont les plus connus sont les temples de Borobudur bouddhique et Prambanan shivaïte.

L’étonnement de Tagore est compréhensible : les Javanais ont construit selon des conceptions locales, et se sont approprié les personnages des grandes épopées indiennes du Mahabharata (traduit en vieux-javanais au Xe siècle) et du Ramayana (traduit en vieux-javanais au IXe siècle) en leur donnant des traits, au propre et au figuré, locaux qu’on peut voir par exemple dans le wayang, le théâtre d’ombres javanais.

Les relations entre l’archipel indonésien et le sous-continent indien sont anciennes. Des textes indiens confirment l’existence de tels échanges, la grande épopée indienne du Ramayana, écrite entre le IIIe siècle avant notre ère et le IIème siècle de notre ère, mentionne le nom de « Suvarnadvipa, » « l’île de l’or, » identifiée comme étant Sumatra, et « Yavadvipa, » « l’île du millet, » c’est-à-dire Java. Peut-être dès le IVe siècle avant l’ère commune, des marins et commerçants de Java et de Sumatra naviguent vers l’ouest à la recherche de débouchés pour leurs produits issus de la mer et de la forêt. Ils abordent l’Inde, avec laquelle commence un courant d’échanges commerciaux à travers le golfe du Bengale.

Les habitants de l’ouest de l’archipel vont progressivement adopter des éléments culturels et religieux indiens, perçus comme porteurs de prestige. Ils font vraisemblablement venir d’Inde des savants pour initier les Indonésiens à leurs religions, hindouisme et bouddhisme. On a trouvé dans la province de Sulawesi occidental une statue du Bouddha en bronze dans le style d’Amaravati, originaire de cette ville dans l’État d’Andhra Pradesh, dans le sud-est de l’Inde. Dans l’est de Bornéo, on a trouvé des inscriptions en sanskrit qu’on a datées des alentours de l’an 400 de notre ère. Une inscription en sanskrit trouvée à l’est de Jakarta, qu’on a datée des alentours de 450, mentionne l’existence d’un roi objet d’un culte vishnouite (c’est-à-dire consacré à Vishnou). On a également découvert dans cette région des sites portuaires urbains et des constructions de culte bouddhique datant du Ve siècle. Au Ve siècle déjà, avec la coexistence des deux cultes, Java montre son adaptation au syncrétisme religieux.

On constate ainsi un passage d’une culture indigène à une culture hindou-bouddhique, comme des historiens néerlandais appellent la période de l’histoire de l’archipel qui va du VIIIe au XVe siècle, marquée par la construction de monuments religieux shivaïtes (c’est-à-dire consacrés à Shiva), vishnouites et bouddhiques. Au VIIIe siècle dans les plaines fertiles du centre de Java, l’essor de la riziculture permet l’émergence de royaumes prospères dont les souverains peuvent construire de grands monuments religieux, tels Borobudur bouddhique et Prambanan shivaïte. Le plus puissant des royaumes hindou-bouddhiques de l’archipel indonésien est sans conteste Majapahit, qui devait sa prospérité au monopole qu’il détenait sur l’exportation du riz produit par les plaines fertiles de Java.

Le XVe siècle voit l’essor de cités-États côtières en prise sur un réseau commercial maritime qui relie l’archipel, d’une part à la Chine, d’autre part à l’Inde et au Moyen-Orient. Ce commerce est dominé par des marchands musulmans. Dans l’archipel-même se développe un réseau centré sur Malacca, une principauté fondée sur la péninsule par Parameswara, un prince bouddhiste originaire de la cité de Palembang dans sud de Sumatra, dont les descendants deviennent musulmans. Cette montée en puissance des principautés musulmanes a pour corollaire le déclin des royaumes agraires hindou-bouddhiques de l’intérieur de l’île de Java.

Pourtant, à partir du XVIe siècle, des rois javanais musulmans feront de Majapahit une source de légitimité pour leur pouvoir. Ainsi, lorsque le royaume musulman de Demak dans le centre de Java conquiert l’est de l’île à partir de 1527, son souverain se proclame héritier de Majapahit. Cette revendication sera reprise au XVIIe siècle par le Sultan Agung du royaume javanais de Mataram et ses successeurs, également musulmans.

L’Indonésie indépendante a repris à son compte nombre d’éléments de la culture indo-javanaise. La devise de la République d’Indonésie, Bhinneka Tunggal Ika, est officiellement traduite en anglais par « unity in diversity. » Il s’agit en fait d’une phrase extraite d’une strophe du Sutasoma, un poème épique écrit en vieux-javanais par le poète de cour Mpu Tantular à la fin du XIVe siècle sous le règne de Rajasanagara, quand coexistaient deux cultes, le bouddhisme et le shivaïsme :


Bouddha et Shiva sont deux substances distinctes.

Ils sont distincts, mais comment les distinguer ?

Car Jina (Bouddha) et Shiva ne font qu’un.

Bien que distincts, ils sont un, il n’y a pas de vérité double.


L’emblème de l’Indonésie est Garuda, un oiseau fabuleux du panthéon hindouiste qui est la monture de Vishnou, un dieu de la Trimurti, aux côtés de Brahma et Shiva. Garuda est également le nom de la compagnie aérienne nationale. Le drapeau national est constitué de deux bandes horizontales, rouge en haut et blanc en bas. Cet étendard rouge et blanc est mentionné dans l’inscription dite « de Kudadu, » datée de 1294 et rédigée en vieux-javanais.


Le Garuda Pancasila, emblème de l’Indonésie. DR.


De Java, l’Indonésie a également adopté un nom « local » pour se désigner elle-même, Nusantara. Le Pararaton ou « Livre des rois, » un texte javanais écrit au XVIe siècle qui raconte l’histoire des rois de Singasari, également dans l’est de Java, et de Majapahit, mentionne l’expression nusantara, qui signifie « les autres îles » et désigne l’ensemble des îles qui va de Sumatra à l’ouest, aux Moluques à l’est, à l’exclusion de Java. Cette expression apparaît pour la première fois dans l’inscription dite « de Mula Malurung, » datée de 1255 et trouvée dans l’est de Java. Aujourd’hui, elle désigne l’ensemble de l’Indonésie, escamotant son sens « javacentriste. »

Pour revenir à l’Inde, l’Indonésie lui a emprunté une manière de saluer, appelée sembah, qui s’effectue en joignant les mains et qui n’est autre que le namaste indien.

L’Indonésie moderne se présente et se représente donc à travers des symboles tirés de l’héritage hindou-bouddhique javanais. Il ne s’agit pas pour autant de dire que l’Inde a « civilisé » l’Indonésie. Les ancêtres des Indonésiens ont adopté et adapté des éléments culturels d’origine indienne, que Tagore ne pouvait pas reconnaître parce qu’ils avaient été transformés par le syncrétisme javanais.

Anda Djoehana Wiradikarta

asialyst.com