Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

lundi 5 janvier 2026

Obama était écouté par le BND à bord d’Air Force One

 

“On n’espionne pas ses amis. Ça ne va pas du tout”, avait déclaré Angela Merkel en 2013, après les révélations de la mise sur écoute de son téléphone portable par l’agence de renseignements américaine (NSA). Or, dans un article publié le 4 janvier, Die Zeit révèle que le service fédéral de renseignements allemand (Bundesnachrichtendienst, BND) n’était pas plus exemplaire. Celui-ci aurait écouté des conversations du président américain Barack Obama pendant des années, sans autorisation préalable de la chancelière. “Les renseignements extérieurs interceptaient les conversations téléphoniques du président à bord d’Air Force One”, indique l’hebdomadaire.

Dans un livre paru ce lundi 5 janvier, le journaliste allemand Holger Stark explique que l’espionnage était facilité par des failles dans le système de cryptage des communications à bord de l’avion.

Les États-Unis ne figurant pas parmi les pays que le BND était censé surveiller, “les transcriptions des communications étaient consignées dans un dossier spécial, en un seul exemplaire. Ce dossier était cantonné à un cercle restreint d’individus triés sur le volet à la tête du BND, dont le directeur, ses adjoints, et le chef de service concerné.”

Des années de surveillance

Après lecture des documents, “les transcriptions devaient être détruites”, peut-on lire dans le Tagesspiegel. Et si c’était le cas “la plupart du temps”, ces éléments auraient tout de même été intégrés dans des évaluations de l’attitude américaine, transmises à la chancellerie. “Des comptes rendus oraux de la surveillance menée à bord de l’avion présidentiel étaient parfois effectués à la chancellerie”, informe un ancien haut responsable de l’administration allemande, interrogé par The Washington Post. Mais selon lui, “ces renseignements étaient présentés comme de simples infos accessoires, obtenues par hasard, et non comme le fruit d’une opération de surveillance ciblée”.

L’ancienne chancelière allemande n’était pas au courant de ces manœuvres, précise Die Zeit. D’ailleurs, “elle n’aurait jamais approuvé de telles méthodes”. Selon Holger Stark, l’opération de surveillance aurait cessé en 2014, après que le quotidien Süddeutsche Zeitung a révélé la mise sur écoute par le BND d’au moins une conversation d’Hillary Clinton quand elle était secrétaire d’État des États-Unis (2009-2013).

“On ne sait pas exactement quand a commencé [l’opération de surveillance du président américain], ni si George W. Bush, le prédécesseur d’Obama, en a également été la cible”, souligne le journaliste. Le cabinet d’Angela Merkel et le BND ont refusé de réagir à ces allégations.

courrierinternational.com