La Chine et la Russie partagent une histoire longue et complexe qui remonte au XVIIe siècle, lorsque l’expansion des Russes à travers la Sibérie les a conduits jusqu’à la côte Pacifique, mettant ainsi les deux empires en contact direct pour la première fois. Depuis, le passé continue de diviser.
Au fil des siècles, la Chine et la Russie ont partagé un même espace géopolitique, au sein duquel leurs relations ont oscillé entre accommodements pragmatiques et rivalités violentes, sur fond de déséquilibre structurel durable des rapports de puissance. Si elles sont parvenues à éviter une guerre frontale, elles n’ont toutefois pas échappé aux frontaliers liés aux griefs historiques hérités du XIXe siècle.
À cette époque, alors que la Chine s’affaiblissait, la Russie impériale en avait profité pour s’emparer de vastes territoires en Extrême-Orient et obtenir d’importantes concessions économiques sur le sol chinois. Bien que jamais mentionnés dans les discours officiels, ces griefs alimentent un sentiment antirusse en Chine qui refait parfois surface en ligne, y compris dans les commentaires des internautes chinois au sujet de l’invasion russe de l’Ukraine.
En Russie, cet héritage impérial nourrit l’ancienne hantise du « péril jaune », aujourd’hui ravivée par une extraordinaire disparité démographique et économique entre le Nord-Est chinois et l’Extrême-Orient russe, deux régions autrefois intégrées à un même ensemble — la Mandchourie. Ce passé colonial reste profondément ancré dans la mémoire collective russe et chinoise, et continue aujourd’hui d’alimenter les nationalismes revanchards de deux côtés de la frontière.
La rencontre inévitable aux confins de l’Eurasie
La Russie et la Chine présentent des trajectoires impériales étonnamment comparables. Toutes deux se sont constituées comme des empires continentaux, animés par une logique d’expansion territoriale fondée sur la conquête, l’intégration forcée de périphéries et l’exercice de différentes formes de domination coloniale. L’expansion de la Russie vers l’est débute au XVIe siècle : motivée par l’obsession de Moscou de protéger son territoire contre les attaques mongoles, mais aussi par la recherche de la route continentale vers l’Asie, elle se fait par la conquête lente mais brutale de la Sibérie, loin d’être un espace vide.
Au même moment, un processus similaire se déploie à l’autre extrémité du continent. En 1644, la Chine bascule sous la domination des Mandchous, peuple venu des steppes septentrionales, qui fonde la dynastie des Qing et entreprend une politique active d’expansion territoriale afin de consolider et sécuriser les frontières sans cesse repoussées vers le nord et l’ouest. Comme dans le cas russe, l’expansion chinoise repose largement sur la conquête militaire et l’imposition du statut tributaire aux populations locales.
Ces poussées simultanées ne pouvaient que se heurter : le point de friction se cristallise dans le bassin du fleuve Amour, région stratégique reliant l’intérieur du continent à l’océan Pacifique. Côté russe, cette avancée est largement le fait des cosaques, groupe social hétérogène à la solde de l’État russe, composé de paysans en fuite, d’aventuriers et qui servent à la fois comme éclaireurs, soldats de frontières et colons. Attirés par l’appât de l’« or mou » — les fourrures des renards des sables et des renards arctiques —, ils franchissent progressivement les confins sibériens en suivant le cours des fleuves et s’installent dans les régions limitrophes de l’Empire chinois.
En 1665, les cosaques fondent le premier avant-poste fortifié russe sur les rives de l’Amour : Albazine. Bien que marginale, cette implantation provoque une montée rapide des tensions dans la région. Les cosaques s’en prennent aux populations autochtones, pillent leurs villages et forcent certaines tribus à prêter l’allégeance au tsar. Or, ces communautés sont des tributaires de la dynastie des Qing. Elles se tournent donc vers Pékin et sollicitent l’intervention impériale afin de se débarrasser de ces Luocha — « démons mangeurs de la chair humaine » dans la tradition bouddhiste, terme repris par les chroniqueurs chinois pour qualifier les cosaques installés aux confins de la Mandchourie.
La réaction de Pékin ne se manifeste pas immédiatement : les forces mandchoues sont alors mobilisées ailleurs en Chine, occupées à mater les dernières résistances et à asseoir l’autorité de la nouvelle dynastie. Elle n’en est pas moins sans équivoque. En 1685, des troupes impériales sont dépêchées dans le bassin de l’Amour afin d’éliminer l’enclave russe d’Albazine. Les cosaques, peu nombreux et mal équipés — environ 1000 hommes disposant de seulement 300 mousquets — ne sont pas en mesure de résister à une armée Qing forte de près de 15 000 soldats et dotée d’une cinquantaine de canons de siège (1).
La défaite russe ouvre la voie à la signature du traité de Nertchinsk en 1689, premier accord diplomatique formel conclu entre la Russie et la Chine qui fixe le passage de la frontière entre les deux empires. Toutefois, puisqu’aucune des parties ne dispose alors d’une connaissance exacte de la géographie locale, ce tracé est loin d’être précis. En vertu de cet accord, les Russes démolissent Albazine et abandonnent l’ensemble du bassin de l’Amour au contrôle mandchou, ce qui les prive d’un accès direct à l’océan Pacifique. Par conséquent, le traité de Nertchinsk est considéré par la cour du Tsar comme un compromis inéquitable imposé sous la contrainte, tandis que la vallée de l’Amour se mue, dans l’imaginaire russe, en une sorte d’Eldorado perdu, appelé tôt ou tard à être reconquis.
En réalité, il est alors parfaitement impossible pour le tsar de projeter des effectifs suffisants dans cette région éloignée afin de s’opposer aux Qing. La Russie s’en tire relativement bien et conserve une partie des territoires que les Qing étaient pourtant en mesure de mettre sous leur contrôle effectif, dont Nertchinsk. Ils s’engagent également à ne pas établir des peuplements sur la rive nord de l’Amour, qui devient de facto une zone tampon entre les deux empires.
Autre évolution positive : ce règlement frontalier pose les bases d’un commerce frontalier fort lucratif, bien que strictement encadré par le second traité sino-russe conclu en 1728 à Kiakhta. L’État russe obtient le droit d’envoyer à Pékin une caravane tous les trois ans, alors que le commerce privé transfrontalier est cantonné au seul poste de Kiakhta. En revanche, les Qing acceptent l’établissement d’une mission orthodoxe permanente dans la capitale impériale. Dotée d’une école d’interprètes, celle-ci acquiert progressivement une fonction diplomatique de premier plan, servant de relais durable entre les deux empires et défendant les intérêts russes à une époque où aucune autre puissance occidentale ne dispose d’une représentation officielle auprès de la cour des Qing.
Le basculement des rapports de force au XIXe siècle
Cette position privilégiée se trouve remise en cause au XIXe siècle, lorsque la Grande Bretagne fait irruption par la force dans l’espace chinois. En bombardant les côtes de l’empire Qing, Londres impose en 1842 le traité de Nankin, premier des « traités inégaux », qui contraint Pékin à ouvrir cinq ports (Canton, Xiamen, Fuzhou, Ningbo et Shanghaï) au commerce étranger. S’ouvre alors ce que les historiens chinois appellent le « siècle d’humiliation », période durant laquelle les puissances occidentales dictent à la Chine leurs propres règles du jeu : elles contrôlent son commerce extérieur, orientent son développement économique et créent des concessions où les lois chinoises cessent de s’appliquer. Selon la rhétorique officielle, cette époque de dépendance coloniale se termine avec l’arrivée au pouvoir des communistes en 1949, alors qu’en réalité, la Chine regagne plusieurs de ses droits souverains dans les années 1920-1930, grâce aux efforts des diplomates du gouvernement nationaliste de Tchang Kaï-chek.
Paradoxalement, la Russie se retrouve parmi les grands perdants de cette ouverture forcée de la Chine vers le monde extérieur : le commerce terrestre sino-russe s’érode rapidement, incapable de résister à la concurrence des circuits maritimes dominés par la Grande-Bretagne. Pour la Russie, il devient alors impératif de trouver de nouveaux débouchés afin de compenser cette marginalisation progressive. En parallèle, la première guerre de l’opium (1839-1842) a révélé de manière brutale l’ampleur de la vulnérabilité militaire des Qing face aux armées occidentales modernes.
À ce chancèlement des Qing s’ajoute un profond bouleversement des équilibres géopolitiques en Asie. L’émergence de la puissance navale britannique dans le Pacifique est perçue par les Russes comme une menace pour leurs intérêts en Extrême-Orient. Convaincus que Londres nourrit des ambitions dans le bassin de l’Amour, les Russes intensifient leurs efforts d’exploration dans la région, en violation du traité de Nertchinsk. En 1850, ils franchissent un seuil décisif en hissant le drapeau russe à l’embouchure de l’Amour et en y fondant une colonie, Nikolaïevsk, baptisée en l’honneur du tsar Nicolas Ier (1825-1855). Quelques années plus tard, utilisant comme prétexte l’attaque de la base russe à Kamchatka par une escadre anglo-française (2), les Russes dépêchent plusieurs flottilles dans l’estuaire. L’objectif est sans ambiguïté : renforcer les avant-postes existants, en établir de nouveaux et récupérer l’ensemble des territoires situés au nord du fleuve, où les cosaques erraient avant le traité de Nertchinsk. Les Qing, dépourvus de forces militaires significatives en Mandchourie, leur armée étant mobilisée dans la lutte contre la rébellion des Taiping, une véritable guerre paysanne qui ravage alors le Sud de l’Empire, n’opposent aucune résistance à ces manœuvres.
En 1858, le gouverneur général de la Sibérie orientale, Nikolaï Muraviov, lance une expédition décisive à Aigun, siège du gouverneur militaire Qing où se trouve l’essentiel des forces chinoises dans la région. Sous la menace des canonnières, il y impose au gouverneur Yishan un traité visant à entériner le nouveau rapport de forces. Conscient de la situation difficile des Qing, pris en étau entre la rébellion Taiping et l’intervention anglo-française qui déclenche la seconde guerre de l’opium (1856-1860), Yishan signe le traité qu’il pense être un expédient temporaire.
Le traité d’Aigun transfère à l’Empire russe toutes les terres au nord de l’Amour et instaure une administration conjointe de la région entre la rivière d’Oussouri et la mer du Japon, dans l’attente d’une démarcation finale de la frontière. La Russie devient en outre la seule puissance étrangère autorisée à naviguer sur l’Amour et ses affluents. Ces gains sont confirmés par la Convention de Pékin (1860) qui clôture la seconde guerre de l’opium. Bien que la Russie n’intervienne pas militairement lors de ce conflit, elle parvient à s’immiscer dans les négociations diplomatiques qui l’entourent et à arracher de nouvelles concessions au gouvernement Qing, dont la plus importante est le transfert définitif des vastes territoires de la Mandchourie extérieure à la Russie. Ces accords sont bientôt suivis d’autres privilèges économiques et territoriaux : l’ouverture de la Mongolie et du Xinjiang à l’influence russe, la cession d’un territoire s’étendant du lac Zaïssan aux contreforts méridionaux de l’Altaï, le droit de construire et d’exploiter le chemin de fer trans-mandchourien, ainsi que l’obtention d’une base navale à Port-Arthur.
Les promesses non tenues des Bolchéviques
Après la Révolution de 1917, à mesure que l’Empire russe se disloque en descendant dans l’enfer de la guerre civile, la conjoncture semble offrir à la Chine une occasion unique de prendre sa revanche sur son grand voisin du Nord et de récupérer les droits et privilèges qu’il lui a arrachés sous la contrainte au XIXe siècle. C’est en partie dans cet espoir que les Chinois se joignent à l’intervention alliée en Sibérie (1918-1922), aux côtés du Japon, mais aussi — et peut-être surtout — afin de détacher de l’Empire russe en plein désarroi les territoires à l’est du lac Baïkal. En parallèle, les Chinois cherchent à remettre en cause le monopole russe sur la navigation fluviale frontalière établi par le traité d’Aigun : des navires à vapeur et même des canonnières chinoises apparaissent alors sur l’Amour et ses affluents, au grand dam des autorités russes locales incapables de contrer ces provocations, alors que l’anarchie s’installe à grands pas. Toutefois, la jeune République de Chine entre, elle-même aussi, dans une période de chaos politique, fragilisée par les luttes intestines entre les seigneurs de la guerre qui se taillent des fiefs provinciaux quasi-autonomes et rivalisent pour le contrôle du pouvoir central à Pékin.
À l’instar des autres puissances étrangères, le gouvernement chinois refuse de reconnaitre le régime bolchévique, malgré les promesses formulées par celui-ci d’abolir l’ensemble des privilèges impériaux russes en Chine. Animés par la ferveur des croisés, Lénine et ses collaborateurs sont convaincus de l’imminence d’une révolution socialiste mondiale. C’est dans ce contexte qu’est fondé, en mars 1919, le Komintern (Internationale communiste), et qu’est publié, en juillet de la même année, au nom de Lev Karakhan, vice-commissaire aux Affaires étrangères — un manifeste adressé « au peuple chinois et aux dirigeants de la Chine du Nord et du Sud ». Cette déclaration de Karakhan dénonce explicitement plusieurs traités inégaux imposés par l’Empire russe à la Chine et appelle les autorités chinoises à reconnaitre le nouvel État soviétique.
L’exemple du chemin de fer de l’Est chinois (CFEC)
Les Bolchéviques proclament également, dans la déclaration de Karakhan, vouloir renoncer, sans contrepartie, à tous les droits et concessions acquis par l’Empire russe en Mandchourie, y compris le chemin de fer de l’Est chinois (CFEC), un tronçon stratégique du Transsibérien traversant la région. Cet actif de première importance avait été obtenu en 1896 en échange de la promesse faite aux Qing d’apporter un appui face à la montée en puissance du Japon, dont les ambitions expansionnistes sur le continent apparaissaient alors avec une clarté croissante. Le CFEC ne se réduisait pas à une simple infrastructure de transport, il constituait un véritable « empire ferroviaire », exerçant son emprise sur un vaste ensemble de concessions minières et industrielles, d’exploitations agricoles ainsi que sur une flotte fluviale et des forces armées.
Si Pékin ne donne pas officiellement suite à cette déclaration, il dépêche néanmoins en Russie une mission non officielle dirigée par Zhang Zuolin, le tout puissant seigneur de la guerre du Nord de la Chine, qui contrôle alors une partie de la Mandchourie. Au cours des négociations, Zhang constate rapidement que les Bolchéviques n’entendent nullement transférer le CFEC à la Chine et proposent seulement une renégociation de ses modalités de gestion, une fois les relations diplomatiques normalisées. De fait, la version ultérieure de la déclaration de Karakhan ne comporte plus le passage relatif à la rétrocession de cette concession ferroviaire.
De retour en Mandchourie, Zhang Zuolin s’emploie alors à placer sous son autorité non seulement le conseil d’administration du CFEC, mais également l’enclave russe de Harbin, où se trouve son siège. Les résidents russes se voient désormais soumis au droit chinois, cantonnés à certains quartiers de la ville et privés de toute liberté de circulation en dehors de ces périmètres sans autorisation expresse de la police locale. Des temples bouddhistes et confucéens surgissent au milieu des villas de style européen, tandis que la rue Orthodoxe est rebaptisée rue de la Culture — autant de marqueurs symboliques de sa volonté de réinscrire cet espace, longtemps dominé par la présence russe, dans l’ordre souverain chinois.
Pour autant, sur le plan légal, la question du chemin de fer l’Est chinois reste en suspens. Elle fera l’objet d’intenses négociations, mais aussi d’un bref conflit frontalier en 1929 entre Pékin et Moscou, ce dernier refusant catégoriquement de renoncer à ses droits sur cette infrastructure stratégique. La question trouve finalement son dénouement après la victoire des communistes en Chine, avec la signature, en 1950, du traité sino-soviétique d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle. Qualifié par les dirigeants chinois de « vestige du colonialisme », le maintien de cet état de fait apparait alors foncièrement incompatible avec les objectifs proclamés du nouvel accord. Le transfert officiel du CFEC a lieu à la veille du Nouvel An 1953. Cet acte symbolique met un terme à près d’un siècle de présence, d’influence et d’ambitions impériales russes, puis soviétiques, en Mandchourie.
Un passé qui ne passe pas
Le traumatisme colonial subi pendant le « siècle d’humiliation » structure le récit historique officiel et joue un rôle fondamental dans la consolidation du sentiment national chinois. L’histoire des prédations russes occupe une place singulière : à la différence de Londres ou de Lisbonne, Moscou n’a pas restitué à Pékin les territoires acquis durant le siècle d’humiliation. Si ce ressentiment ne se traduit pas, pour l’instant, par des revendications officielles explicites, il s’exprime avec une véhémence particulière dans l’espace numérique. Les réactions suscitées par la diffusion, sur les réseaux sociaux chinois, d’une vidéo consacrée à la célébration du 160e anniversaire de la fondation de Vladivostok par l’ambassade de Russie à Pékin en offrent une illustration révélatrice. Certains internautes se sont alors contentés de rappeler aux diplomates russes qu’« une agglomération chinoise, Haishenwai (海參崴), existait déjà sur ce site avant l’annexion du territoire par la Russie à la faveur d’un traité inégal ».
Les prises de parole populaires, souvent mises en parallèle avec les rétrocessions de Hong Kong et de Macao, traduisent l’idée que les pertes territoriales du XIXe siècle ne relèvent pas d’un passé définitivement clos, mais d’une injustice historique susceptible, à terme, d’être corrigée. Ces expressions des affects collectifs ne manquent pas d’attiser, de l’autre côté de la frontière, des appréhensions alarmistes : la crainte d’être reléguée au rang de vassal de Pékin et de devoir céder le contrôle sur les ressources naturelles en Sibérie et dans l’Extrême-Orient russe, voire d’être envahi par le puissant voisin du Sud. Ces inquiétudes ne semblent guère apaisées par la rhétorique officielle sur l’« amitié sino-russe sans limites ». Ainsi, le gouverneur de la région de Primorié, dans l’Extrême-Orient russe, s’est récemment alarmé publiquement de ce qu’il perçoit comme des tentatives chinoises de plus en plus insistantes de « réécriture de l’histoire », cherchant à présenter sa région comme un territoire originellement chinois. Cette déclaration n’a toutefois trouvé aucun écho dans les médias officiels russes, en dehors de quelques relais nationalistes sur Telegram.
Le récit promu par le Kremlin d’une entente cordiale avec Pékin fondée « sur des principes inébranlables d’égalité, d’entraide et de soutien mutuel, ainsi que sur une amitié indéfectible entre les deux États et leurs peuples » (3) s’est mué en véritable dogme, que nul ose contester…
Notes
(1) Philip Snow, China and Russia: Four Centuries of Conflict and Concord, Yale University Press, 2023.
(2) Il s’agit de l’un des épisodes méconnus de la guerre de Crimée (1853-1856) qui oppose alors la Russie à la Grande-Bretagne, la France et l’Empire ottoman pour le contrôle des détroits turcs et des Balkans. Le gouverneur de la nouvelle colonie britannique de Hong Kong envoie à l’été 1854 une escadre pour harceler les Russes dans le Pacifique, qui tente initialement de remonter l’Amour. Ne trouvant pas l’estuaire, elle s’en prend alors à la base navale russe sur la péninsule du Kamtchatka.
(3) Président de la Russie, « Владимир Путин и Си Цзиньпин сделали заявления для СМИ [Vladimir Poutine et Xi Jinping ont fait des déclarations pour les médias] », Kremlin.ru, 8 mai 2025 (http://kremlin.ru/events/president/news/76873).
Olga V. Alexeeva