Des services secrets, nous ne savons que les échecs et rarement les succès. Si l'échec provoque l'anathème, l'ingratitude est fille de la victoire. Quand à la gloire, il faut l'oublier, elle est pour les autres...

mercredi 1 juillet 2026

Le régiment lourd-léger : vers un nouveau modèle de combat régimentaire

 

Cette réflexion part du constat, issu notamment du conflit en Ukraine, d’un blocage tactique menant à un certain immobilisme sur le front. Un blocage qui résulte directement de la prépondérance des feux indirects – drones ou artillerie – et de la saturation du terrain par des lignes défensives valorisées par le génie, qui rendent les percées et leur exploitation extrêmement difficiles. Un débat oppose dès lors l’obsolescence supposée des unités blindées-mécanisées face aux drones à la faiblesse supposée des capacités de feu des unités légères d’une part et, d’autre part, l’essaimage dangereux d’unités faiblement protégées à la concentration de moyens lourds dans un champ de bataille rendu transparent par les capteurs.

La notion de « transparence du champ de bataille » doit toutefois être nuancée. Si les capteurs multiplient les renseignements, ils ne permettent pas de déterminer totalement les intentions de l’adversaire et peuvent être neutralisés (destruction ou brouillage). Cette étude s’inscrit modestement dans la lignée des travaux du commandant Brossolet (Essai sur la non – bataille) (1), pour qui le corps de bataille français de l’époque est celui d’une puissance qui n’est plus une superpuissance et dont le rapport de force avec les Soviétiques dans le domaine conventionnel lui serait fondamentalement défavorable (2). Outre sa faiblesse, ce corps serait, selon lui, porteur d’une contradiction stratégique puisque, pour compenser son désavantage, il devait être en mesure de délivrer le feu nucléaire sur le champ de bataille (Brossolet écrit dans les années 1970), aussi vu comme un outil de signalement vis-à‑vis de l’ennemi. Il devait donc être capable de gagner des batailles, au besoin en ayant recours au nucléaire tactique, selon Brossolet, tout en étant capable de dissuader l’adversaire de continuer son action. Si la France a abandonné le nucléaire tactique, le problème pour les forces terrestres semble demeurer sous une forme presque similaire.

Préambule et postulats : le blocage tactique

Aujourd’hui, il est demandé aux forces armées, et dans notre cas aux forces terrestres, à la fois d’être à même de gagner toute une gamme de conflits sous le seuil nucléaire, mais pouvant aller jusqu’à un engagement majeur, et de contribuer aux différents signalements stratégiques, visant aussi bien à renseigner l’adversaire ou le potentiel ennemi sur la fermeté française qu’à le dissuader en lui montrant que la France dispose d’un large choix de réponses à engager avant le nucléaire, le but étant de ne pas laisser dans la riposte un trou béant entre la cartouche de 5,56 mm et le missile M51, qui ferait perdre beaucoup de crédit. Or une situation de blocage tactique apparaît avec la guerre en Ukraine. Bien entendu, ce blocage n’est pas nécessairement destiné à se reproduire, en tout temps et en tout lieu. Mais il convient d’être proactif pour s’en prémunir.

Il faut éviter que les forces terrestres ne se retrouvent inopérantes et privent les décideurs de leurs options conventionnelles dans le milieu terrestre. En outre, on pourrait même considérer que l’échec d’unités terrestres dans un affrontement conventionnel (et son caractère public) pourrait contraindre le décideur de niveau stratégique à être à l’initiative d’une nouvelle escalade pour compenser un échec manifeste. Des pistes ont déjà été évoquées et aboutissent à des mesures afin de redonner à l’armée de Terre des capacités d’appui – feu à longue portée, de la doter de drones de manière plus systématique, de redonner de l’autonomie à la brigade interarmes en lui allouant des moyens logistiques propres et d’exercer le niveau 2 (division) à de véritables engagements. Les propositions porteront ici principalement sur le niveau régimentaire, étant admis qu’il sera, au vu du modèle de force de l’armée de Terre, au cœur de toutes les formes et de tous les niveaux d’affrontements dans le milieu terrestre – et ce bien qu’il s’agisse également d’un échelon en pleine mutation.

La révolution de la 3D et la puissance de feu « démocratisée »

Une révolution majeure est en cours : pour la première fois, le fantassin au plus bas échelon accède à la troisième dimension via les drones, ce qui lui permet de manœuvrer dans plusieurs milieux. Cette « manœuvre des drones » doit être intégrée au même titre que la manœuvre des feux, car elle bouleverse les abaques d’engagement en termes de front et de profondeur, mais également en termes de délais. Le combattant n’est plus cloué au sol ; il peut saturer l’espace de capteurs et d’effecteurs avant même le contact physique.

Par ailleurs, la puissance de feu se démocratise. Comme le souligne Jack Watling, l’automatisation n’impose pas de réduire le nombre de combattants, mais d’augmenter toutes les capacités (notamment automatisées) qui les accompagnent (3). Un petit échelon « augmenté » par des drones peut modifier considérablement le rapport de force nécessaire à sa neutralisation. Dès lors, est-il pertinent de faire peser le choc initial sur des unités mécanisées au risque de les voir subir une attrition fatale dès le « temps 1 » de la mission ? Le temps qui doit voir la préparation de l’effet majeur serait celui-là même qui hypothéquerait sa réalisation. Il paraît plus judicieux de confier le modelage et la prise de contact à des unités légères pour réserver la masse blindée à l’exploitation de la rupture, là où sa vitesse et sa protection restent déterminantes dans la profondeur tactique. Il existe bien des échelons de découverte (sous-groupement de renseignement au contact et groupement d’aide à l’engagement blindé), mais, opérant sur un fuseau brigade, ils ne peuvent complètement prendre en compte la dissémination de cette nouvelle puissance de feu démocratisée.

Le régiment « lourd-léger » : une réforme de l’échelon de décision

La nécessité de porter cette réforme au niveau régimentaire plutôt qu’à celui de la brigade s’impose pour garantir la rapidité du processus décisionnel en contexte de haute intensité, ainsi qu’une bascule entre découverte et assaut plus fluide. Il ne s’agit pas d’un caprice qui vise à recréer le régiment comme unité de combat par fantasme passéiste et imposer un échelon parasite. Il part du constat de la menace : celle d’un ennemi léger qui, en très faible nombre – et donc dissimulable –, peut désormais neutraliser un volume bien plus grand d’unités lourdes, rapportée aux délais pour y apporter une réponse tactique au combat avant que les unités prises à partie ne soient détruites. Ces délais résultent notamment des processus décisionnels. Le processus décisionnel d’une brigade semble trop long par rapport à la menace et à sa réactivité, et plus lent que celui d’un bataillon, qui l’est lui-même déjà parfois trop. Les procédés de MEDO-T (Méthode d’élaboration d’une décision opérationnelle – Tactique) dite flash, de ce dernier, qui seraient sans doute généralisés en haute intensité, permettraient de compenser cette lenteur. Il semble ainsi plus facile, par exemple pour un chef de corps, d’engager sur ordre ses compagnies mécanisées dont les moteurs tournent déjà parce que son bataillon léger a rendu compte de la désorganisation entre le premier et le second échelon ennemi qu’à un brigadier d’organiser le dépassement d’un Groupement tactique interarmes (GTIA) par un autre.


En outre, faire porter cette réforme sur le régiment aiderait à mettre fin à une pyramide de Ponzi organisationnelle allant de pair avec le format GTIA. La Brigade interarmes (BIA) dispose de ses régiments de mêlée (trois d’infanterie et deux de cavalerie) et prélèverait en théorie des compagnies sur les uns pour les remplacer par des escadrons des autres. La problématique qui se pose est qu’actuellement, même à 100 % de disponibilité technique opérationnelle, beaucoup de régiments ne peuvent équiper que la moitié de leurs effectifs sur le véhicule majeur régimentaire, de sorte que, pour obtenir une BIA en format ternaire à deux GTIA infanterie et un GTIA cavalerie, il faudrait puiser dans le troisième régiment d’infanterie et le second régiment de cavalerie. Ceux-ci seraient alors inopérants, la brigade n’aurait pas de réserve, et les GTIA en son sein non plus.

Ainsi, partant de cet état de fait, la structure proposée reposerait sur une volonté de rupture et sur une différenciation claire entre trois bataillons organiques :

• le bataillon de découverte (durcir le léger). Ce segment repose sur une décision structurelle forte : la Compagnie d’appui (CA) mute pour armer de nouvelles compagnies légères fortement renforcées en drones, offrant un bataillon léger en ternaire utilisant des véhicules tactiques légèrement blindés. Leur mission est de s’infiltrer sur tout le fuseau pour désorganiser l’ennemi, isoler ses échelons et détruire ses propres dronistes. La CA est une compagnie non manœuvrante qui répartit ses capacités avant le combat, selon les ordres de l’état – major. Tous les savoir – faire en son sein seraient cruciaux pour ces compagnies légères : infiltration, raid commando, utilisation massive de drones d’attaque et de drones – suicides, couplage entre drones d’observation et missiles moyenne portée, tireurs d’élite pour la chasse aux opérateurs de drones notamment. La CA continuerait d’exister au quartier pour servir de pilier de formation sur les savoir – faire spécifiques précédemment évoqués, mais, au même titre que certaines de ses sections sont capables de basculer en format dit « voltige », elle serait engagée au combat en compagnie d’infanterie légère dronisée. Les autres effectifs seraient dégagés grâce, d’une part, au passage d’une compagnie mécanisée au format infanterie légère et, d’autre part, à celui des compagnies au format ternaire, en partant du postulat qu’il n’y a pas assez de véhicules majeurs pour toutes les équiper. Si cette réforme implique des réorganisations complexes, elle garde le mérite de se faire globalement à effectifs constants et sans nécessiter une montée en puissance sur le véhicule majeur régimentaire, car elle repose principalement sur une optimisation de l’existant ;

• le bataillon d’assaut (consolider le lourd). Ce bataillon basculé en ternaire regroupe les unités sur véhicules majeurs (VBCI, Leclerc) maintenues en réserve et étalées en zone arrière du régiment. Positionnées sous une bulle de défense sol-air, ces unités sont préservées pour l’instant décisif, pour un engagement après avoir identifié des couloirs de mobilité et, au besoin, les avoir créés. Certes, le format quaternaire est actuellement doctrinalement privilégié, mais d’autres paramètres sont à prendre en compte. Régulièrement, par contraintes en ressources humaines, les sections basculent en ternaire. La volonté d’usage du quaternaire repose principalement sur la recherche d’un dispositif décliné ainsi : appui, assaut, couverture, élément réservé. La démocratisation du drone rend envisageable, à terme, de confier des missions d’infanterie à des drones (couvrir, flanc – garder, intervenir), mobilisant moins de combattants. Opérant dans un environnement partiellement déjà nettoyé par des unités plus légères du bataillon de découverte, des compagnies, bénéficiant d’un rapport de force favorable, pourraient ainsi s’engager avec un pion tactique en moins. Quant aux sections, elles conserveront toujours la capacité à générer un quatrième pion par le regroupement des véhicules de combat si la situation tactique l’exige ;

• le bataillon d’appui et de soutien (protéger le rare). Entité distincte gérant la zone arrière, le BAS intègre le Train de combat régimentaire (TC2), le génie blindé (EBG (4) et SDPMAC (5)), l’artillerie organique (CAESAR), éventuellement un peloton de circulation pour accélérer l’engagement du bataillon de combat en réserve, afin de garantir l’autonomie du régiment et délivrer des effets via des capacités rares et précieuses, de manière optimale. L’intégration des capacités CAESAR au sein du régiment lourd-léger s’explique par plusieurs raisons. Le rééchelonnement dans la profondeur induit par la menace drone, qui doit amener un bataillon à considérer sa zone arrière jusqu’à 30 km au lieu de 20, va amener les unités d’artillerie à manœuvrer dans sa zone. Les bataillons d’artillerie aux ordres des brigades gagneraient sans doute à être structurés autour des lance – roquettes multiples. Le TC2 verrait quant à lui son bilan charge/moyens mieux réparti, avec un séquençage entre unités légères et lourdes qui maintiendrait le domaine « maintenance » régulièrement en intervention, mais avec la possibilité d’alterner les équipes. La fonction ravitaillement serait également concernée puisqu’elle reposerait dans un premier temps sur des unités légères avec davantage d’autonomie, puis sur des unités lourdes engagées directement dans la phase de combat à leur plein potentiel, là où le modèle actuel impose des anticipations fines sur le moment opportun pour réaliser un recomplètement des chars Leclerc, par exemple. La création de ce bataillon d’appui et de soutien qui travaillerait en transversal aurait également le mérite d’accélérer le processus décisionnel des bataillons de combat sans nuire nécessairement à la coopération interarmes.

La transition et la dissymétrie des temps de manœuvre

Une manœuvre tactique se décompose en trois temps centrés autour de l’effet majeur, qui est une action sur l’ennemi dans un cadre espace – temps donné et qui, bien exploitée, ouvre la victoire. Le temps 1 correspond à la préparation de l’effet majeur ; le temps 2, à la réalisation de cet effet (l’effort) ; et le temps 3, à l’exploitation et à la consolidation. Au vu de la démocratisation de la puissance de feu, engager des unités mécanisées dans la phase de préparation de l’effet majeur, c’est prendre le risque qu’elles soient neutralisées avant ou pendant sa réalisation, et donc incapables d’exploiter. Le temps de manœuvre de l’échelon de découverte est intrinsèquement plus long que celui de l’assaut, mais la même démocratisation de la puissance de feu permettrait à des unités légères de ne pas se contenter d’un simple modelage et de commencer elles – mêmes à réaliser l’effet majeur. La transition entre les deux devrait s’opérer dans une dynamique permettant de terminer l’effet majeur et de l’exploiter aussi rapidement. Cette question de la transition était déjà abordée dans les réflexions doctrinales sur les attendus du programme SCORPION au moment de la création des « échelons de découverte » et des « échelons d’assaut ». Pour gérer cette complexité sans saturer le chef, le concept de PC Miroir (déjà pratiqué) proposerait deux cellules réduites :

• un premier PC qui conduirait l’action du bataillon de découverte (temps présent) ;

• un second PC qui concevrait dynamiquement l’engagement futur du bataillon d’assaut (temps ultérieur).

Cette organisation permettrait une « stabilité intellectuelle » fondamentale : chaque bataillon peut concevoir une manœuvre reposant sur une capacité opérationnelle fiabilisée, là où la manœuvre est actuellement conçue alors même que le combat est déjà en cours et que l’on ne sait pas exactement quelle sera la capacité opérationnelle de l’unité à la fin de l’engagement. En fonction de la phase, le bataillon non engagé au combat entre dans une période de régénération partielle et d’élaboration de sa future manœuvre, suivant les indications du chef tactique qui donne ses intentions. Le chef dispose ainsi d’un outil dont il connaît la force réelle pour chaque phase du combat. En outre, ce format lourd-léger conserverait la possibilité d’intégrer la nouvelle mutation du commandement et contrôle encore en expérimentation, celle du « PC distribué », reposant sur de petits échelons de commandement étalés sur le front et la profondeur du dispositif, communiquant peu à la radio, mais utilisant un réseau de type Starlink.

De plus, une manœuvre tactique GTIA est déjà aujourd’hui un amalgame de différentes manœuvres spécifiques : une manœuvre de mêlée orientée sur des saisies de points clés et de contacts directs avec l’ennemi ; une manœuvre des feux pour l’artillerie consistant en une phase de conquête de la supériorité des feux sur l’ennemi (détruire son artillerie) et une phase d’appui, passant par une chaîne de commandement précise, avec ses propres délais. Le génie a également sa propre manœuvre lorsqu’il s’agit des opérations d’appui ou de contre – mobilité, avec là aussi ses délais. La manœuvre logistique, orientée sur la préservation du potentiel de combat, est marquée par des mouvements constants de boucles avant et arrière qui sont sur un autre tempo. La manœuvre globale des chefs tactiques étend donc l’harmonisation de toutes les précédentes.

À celles-ci s’ajoutera la manœuvre des drones, marquée par une phase, potentiellement lente, de préparation, d’infiltration et de recherche de l’ennemi qui sera suivie d’une livraison d’effets rapides ; mais également d’une manœuvre antidrone qui consistera sans doute à positionner des unités spécialisées sur des points clés du terrain pour appuyer un engagement terrestre. Que les chefs tactiques, du commandant d’unité au chef de corps, aient des connaissances fines des capacités et des effets interarmes est vital. Qu’ils ne soient pas surchargés et parasités en est une autre : qu’ils disposent sous leur commandement direct de bataillons réduits en taille et réactifs, au sein desquels ne cohabitent pas tous les tempos de manœuvre sans pour autant les priver d’effets actionnables, doit être au cœur de la réflexion.

La question du commandement

Un débat intellectuel oppose deux visions du commandement, incarnées par Anthony King d’une part et par Jim Storr de l’autre. Pour le premier, avec justesse, l’accroissement des tâches, de la méthode d’état – major ou des spécialités et des zones de responsabilités des unités au combat implique une densification des états-majors tactiques, qui se révèlent plus efficaces que leurs prédécesseurs. Jim Storr nuance cette affirmation en relevant à raison que, lors d’une crise ou d’une phase au tempo accéléré, le nombre de personnes actives amenées à peser dans la prise de décision tend à se réduire, rendant certains traitants temporairement inutiles. Un conflit majeur amènera quotidiennement ce genre de situation, transformant la situation de crise en situation nominale. Par conséquent, générer un modèle d’unité qui permettrait de prendre en compte cette tension et de tenter de la résoudre devient primordial.

En outre, pour peser dans une coalition, la France doit proposer un modèle capable de transformer un succès tactique en solution stratégique. Si, comme le conclut Alexandre Svetchine, la tactique est le pas de l’opératif (6), alors le régiment doit être ce pion de référence capable, par sa réactivité organique, d’exploiter au combat des succès tactiques pour développer une opération et, en amont, d’incorporer les innovations pour compenser sa faiblesse démographique. Il ne s’agit pas seulement des destructions causées, mais des risques que l’on accepte de prendre au contact, car ces risques paient politiquement. 

Notes

(1) Guy Brossollet, Essai sur la non-bataille (réédition), Éditions Jean Villequiers, Paris, 2022.

(2) Philippe Paul, « Notions sur le combat collaboratif », Revue de Doctrine des Forces Terrestres, 2019.

(3) Jack Watling, « Automation Does Not Lead to Leaner Land Forces », War on The Rocks, 7 février 2024.

(4) Engin blindé du génie.

(5) Système de déminage pyrotechnique pour mines antichars.

(6) Alexandr A. Svechin, Strategy, East View, Minneapolis, 1992 (réed. 2024).

Stéphane Jouai

areion24.news